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	<title>Johann Friedrich REICHARDT - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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		<title>Bruno de Sá, Mille Affetti</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Oct 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;époque est décidément des plus curieuses pour l&#8217;industrie discographique de la musique classique. Alors que l&#8217;on continue de déplorer le manque d&#8217;intégrales lyriques, malgré les efforts récents de certaines maisons de disques, les récitals, eux, se multiplient à un rythme effréné. À titre d&#8217;exemple, depuis 2018, Jakub Józef Orliński sort un opus chaque année, et, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;époque est décidément des plus curieuses pour l&rsquo;industrie discographique de la musique classique. Alors que l&rsquo;on continue de déplorer le manque d&rsquo;intégrales lyriques, malgré les efforts récents de certaines maisons de disques, les récitals, eux, se multiplient à un rythme effréné. À titre d&rsquo;exemple, depuis 2018, Jakub Józef Orliński sort un opus chaque année, et, dans le cas présent, </span><b>Bruno de Sá </b><span style="font-weight: 400;">publie déjà, deux ans après </span><a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bruno-de-sa-roma-travestita-de-ci-de-sa/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">« Roma Travestita »</span></a><span style="font-weight: 400;">, un second récital chez Erato. Si l&rsquo;on comprend que ces parutions peuvent servir de cartes de visite, elles arrivent peut-être trop tôt dans la carrière de jeunes artistes encore en pleine maturation. Ce « Mille affetti » en est la plus parfaite illustration.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le CD cherche à mettre en lumière la richesse des sentiments et des émotions véhiculés dans certains airs d&rsquo;opéra <em>seria</em> de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Avec six morceaux en première mondiale, le récital brille avant tout par la rareté de son programme, dévoilant les trésors d&rsquo;une époque où les castrats, bien que toujours sollicités, étaient en plein déclin. On se réjouit ainsi de découvrir le </span><i><span style="font-weight: 400;">Mesenzio, re d’Etruria</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Cherubini, composé pour </span><a href="https://www.quellusignolo.fr/castrats/porri.html" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Francesco Porri</span></a><span style="font-weight: 400;"> et créé à Florence en 1782, ou encore la grande scène de l’</span><i><span style="font-weight: 400;">Andromeda</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Johann Friedrich Reichardt (Berlin, 1788). La redécouverte d’un </span><i><span style="font-weight: 400;">Turco in Italia</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Franz Seydelmann, antérieur d&rsquo;une vingtaine d’années à celui de Rossini, se révèle également savoureuse. Ici, le personnage de Selim – authentique basse bouffe chez Rossini – est confié à un castrat soprano ! Dans ce florilège de découvertes, l&rsquo;inclusion de l’</span><i><span style="font-weight: 400;">Exsultate, jubilate</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Mozart, déjà enregistré plus de 150 fois au disque, et accompagné d&rsquo;une vidéo de promotion dont on laissera le lecteur juger de la pertinence, interroge. Fallait-il vraiment ajouter cette œuvre à un programme si original, d’autant qu’elle constitue l’un des moments les moins inspirés du disque ?</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À l&rsquo;écoute de cet opus, on ressort avant tout impressionné par la performance technique du chanteur, plutôt que véritablement conquis ou ému. L&rsquo;investissement de Bruno de Sá est indéniable : il parvient à retranscrire les crescendos émotionnels des grandes scènes d’opéra, et rend palpable l’ambiguïté entre théâtralité et dévotion dans le </span><i><span style="font-weight: 400;">Salve Regina</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Zingarelli. Sa voix de soprano est fascinante à bien des égards : le registre aigu est d&rsquo;une facilité déconcertante et d&rsquo;une grande brillance, bien que parfois un rien strident et utilisé de manière excessive. On peut s’interroger sur l’opportunité de ce contre-ut tenu à la fin de l’aria de Cherubini, ou encore d&rsquo;un contre-mi bémol bien inutile dans la cadence de l’aria du </span><i><span style="font-weight: 400;">Turco in Italia</span></i><span style="font-weight: 400;">. Par ailleurs, si la maîtrise de la vocalise est remarquable, l&rsquo;équilibre entre les registres est parfois précaire, comme en témoigne l&rsquo;aria d&rsquo;</span><i><span style="font-weight: 400;">Andromeda</span></i><span style="font-weight: 400;">. De même, la partie grave de l’</span><i><span style="font-weight: 400;">Exsultate, jubilate</span></i><span style="font-weight: 400;"> semble échapper au chanteur, dévoilant une certaine fragilité dans ce registre. Plus gênant, </span><span style="font-weight: 400;">la voix un peu mince et légèrement acide de Bruno de Sá manque sensiblement de diversité dans les couleurs. Dans l&rsquo;aria « Lungi da te », extrait de </span><i><span style="font-weight: 400;">Mitridate</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Mozart et avec cor obligé, là où, en dix minutes, Cecilia Bartoli bouleversait en explorant toute une palette d&rsquo;émotions, la version de Bruno de Sá, qui semble interminable, laisse une impression d’uniformité.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;accompagnement orchestral, assuré par le vaillant </span><b>Wrocław Baroque Orchestra</b><span style="font-weight: 400;"> sous la direction de </span><b>Jaroslaw Thiel</b><span style="font-weight: 400;">, est quant à lui irréprochable. Les musiciens soutiennent le sopraniste avec finesse, et illustrent à merveille la fougue de l&rsquo;ouverture très </span><i><span style="font-weight: 400;">Sturm und Drang</span></i><span style="font-weight: 400;"> du </span><i><span style="font-weight: 400;">Tobia</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Mysliveček. Au final, cet album, bien que fascinant par son audace, reste inabouti. Mais Bruno de Sá, qui se prépare par exemple à incarner … Donna Elvira en 2025 au Komische Oper de Berlin, n’a sans doute pas dit son dernier mot…</span></p>


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		<title>Die Geisterinsel</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/die-geisterinsel-prospero-cest-sarastro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jan 2018 06:37:03 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Par quelle coïncidence <em>La Tempête </em>de Shakespeare a-t-elle bien pu inspirer (au moins) quatre opéras allemands dans les ultimes années du XVIII<sup>e</sup> siècle ? Certes, pour un mouvement romantique qui s’était donné comme enseigne le <em>Sturm und Drang</em>, une pièce de théâtre s’ouvrant sur un naufrage causé par un de ces « orages désirés » par les jeunes poètes avait de quoi séduire. Sous le titre <em>Die Geisterinsel </em>(« l’île des esprits »), quatre ouvrages lyriques ont ainsi vu le jour, dus à Johann Friedrich Anton Fleischmann, Friedrich Haack, Johann Rudolf Zumsteeg (ce dernier a fait l’objet d’une intégrale parue chez Carus en 2011) et Johann Friedrich Reichardt (1752-1814). Et quand on découvre le livret commun à ces quatre <em>singspiel</em>, on songe que <em>La Tempête</em> fournissait peut-être l’occasion de poursuivre dans la voie ouverte par Mozart avec <em>La Flûte enchantée</em>. En effet, quelques similitudes s’imposent : même sans Reine de la Nuit, Prospero le magicien fait inévitablement figure de Sarastro, Miranda est une autre Pamina, qui trouve son Tamino en la personne de Fernando, tandis que Caliban ferait un Monostatos très convaincant. Rien d’étonnant à cela, puisque le texte de Gotter, rédigé dès le milieu des années 1780, était initialement destiné à… Mozart.</p>
<p>De fait, la musique de Reichardt baigne elle aussi dans un climat passablement mozartien, et ce dès les premières mesures de l’ouverture, même s’il lui manque le souffle du génie. A noter, les effets créés par l’orchestre, tant pour la tempête que pour les esprits, ou pour la grande scène fantomatique du dernier acte. On trouvera beaucoup d’airs fort bien venus, en particulier pour le couple d’amoureux Miranda-Fernando, mais même Caliban a droit à de jolies choses à chanter. Malgré leur durée (une dizaine de minutes), les ensembles concluant les deux premiers actes peuvent paraître un peu décevants, surtout si l’on songe à ce que Mozart savait en tirer dans ses opéras. Malgré tout, le troisième acte offre un bel octuor peu avant son grand final articulé en vaudeville, récitatif accompagné et chœur.</p>
<p>Curieusement, cet enregistrement a attendu quinze ans avant de connaître les honneurs de la publication. Pourquoi CPO a-t-il tant tardé ? Mystère, à moins que la gloire internationale dont jouit désormais <strong>Barbara Hannigan</strong> y soit pour quelque chose. En 2002, la soprano canadienne n’était pas encore la star qu’elle est devenue, et elle chantait encore la musique du XVIII<sup>e</sup> siècle, ce qu’elle n’a du reste pas complètement cessé de faire, même si c’est aux compositeurs de notre temps qu’elle se consacre avant tout. Dans le rôle travesti de Fabio, elle fait valoir un timbre charmant, mais peut-être trop léger pour lui permettre d’aborder certains grands rôles du répertoire ; elle avait donc tout à gagner à se faire la grande prêtresse de la musique des XX<sup>e</sup> et XXI<sup>e</sup> siècles. A ses côtés, on retrouve aussi le nom point tout à fait inconnu du ténor <strong>Markus Schäfer</strong>, ici bien plus à sa place que dans la musique italienne et capable de rendre justice aux airs dévolus à Fernando. Le reste de la distribution se compose d’artistes dont la réputation ne semble pas avoir franchi les frontières du monde germanophone. On apprécie particulièrement la voix agile de la soprano <strong>Ulrike Staude</strong>, Miranda capable d’agilité, ou l’Ariel plus corsé – curieusement, pour un esprit – de <strong>Romelia Lichtenstein</strong>. Si <strong>Ekkehard Abele </strong>est un Prospero tout à fait satisfaisant, on se demande si une basse plus profonde n’aurait pas accentué l’autorité et l’aura du personnage. Quant à <strong>Tom Sol</strong> en Caliban, il sait se faire monstrueux dans les dialogues parlés (nombreux, c’est un singspiel) mais bien chantant dans ses airs.</p>
<p>S’il est peu probable que cette <em>Tempête</em>-là revienne durablement, au moins a-t-elle le mérite d’éclairer notre connaissance des contemporains de Mozart. Pour être moins médiatique que bien d’autres, le chef <strong>Hermann Max</strong> n’en a pas moins œuvré avec ardeur et dévouement en faveur de tout un répertoire germanique ancien et délaissé, ce dont il faut lui rendre grâce. </p>
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