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	<title>Federico RICCI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Federico RICCI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>Crispino e la Comare</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Feb 2016 06:00:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les frères Ricci, tous deux compositeurs réputés de l’école napolitaine, écrivirent ensemble quatre ouvrages lyriques, dont Crispino e la comare. Très populaire au XIXe siècle, chanté par les plus grandes voix, diffusé par les compagnies transalpines faisant des tournées internationales, ce dernier opéra bouffe de tradition italienne a pratiquement disparu des répertoires au siècle suivant, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les frères Ricci, tous deux compositeurs réputés de l’école napolitaine, écrivirent ensemble quatre ouvrages lyriques, dont <em>Crispino e la comare</em>. Très populaire au XIXe siècle, chanté par les plus grandes voix, diffusé par les compagnies transalpines faisant des tournées internationales, ce dernier opéra bouffe de tradition italienne a pratiquement disparu des répertoires au siècle suivant, malgré deux enregistrements (Marco della Chiesa, RAI, 1974 et Paolo Carignani, San Remo, 1994). C’est fort dommage, car l’ouvrage, écrit dans le droit fil de <em>L’Elisir d’amore</em> et de <em>Don Pasquale</em>, en a les mêmes qualités.</p>
<p>Le nom de Piave, attaché à celui de Verdi, est l’assurance d’un livret efficace. L’histoire n’aurait pas déparé les Foires parisiennes du XVIIIe siècle : Crispino, pauvre savetier pourchassé par son propriétaire qu’il ne peut payer, veut se jeter dans un puits. La Mort, voilée, l’en dissuade et lui promet la fortune à condition de se faire passer pour médecin, dont elle éclairera le diagnostic. Deux d’entre eux, appelés à secourir un maçon tombé d’un toit, Bortolo, le promettent à la mort. Crispino prédit sa guérison, qui intervient rapidement. Devenu riche grâce à sa réputation, il devient insolent et tyrannique à l’endroit de sa femme, Annetta, qui joue à la grande dame. La Comare l’entraîne aux enfers d’où il ne revient qu’après avoir promis d’être raisonnable… Ajoutez un Sicilien propriétaire de la maison de Crispino, riche, avare et libidineux, qui veut épouser sa propre nièce, aimée d’un Comte dont elle est éprise, et vous avez tous les ingrédients pour un aimable divertissement, qui ne peut que bien se terminer.</p>
<p>A l’écoute, on comprend ce qui put séduire les grands interprètes et les publics du XIXe siècle. Riche, soignée et variée à souhait, l’écriture musicale est toujours juste dans son expression dramatique. La partition comporte de beaux numéros propres à faire valoir la virtuosité des chanteurs. C’est là que la lecture qui nous est proposée trouve ses limites. Tous Italiens, ces derniers se produisent pour l’essentiel dans leur pays et maîtrisent évidemment une langue dont la compréhension est essentielle dans ce type d’ouvrage. Hélas, Annetta, rôle central, dépare l’ensemble.</p>
<p>Trois rôles principaux. Familier de Martina Franca, <strong style="line-height: 1.5;">Domenico Colaianni</strong> domine la distribution. Il campe un Crispino de qualité, en parfaite adéquation avec le rôle bouffe, sans les excès auquel il pourrait prêter. Voix claire, à la diction exemplaire, sa présence dramatique est toujours convaincante (la chanson du savetier, l’air « Io sono un po’ filosofo », tout le dernier acte.) Par contre n’est pas Adelina Patti qui veut… L’Annetta de <strong style="line-height: 1.5;">Stefania Bonfadelli</strong> est très en deçà des attentes. La Violetta de Zeffirelli a pris beaucoup de rides et a renoncé à sa carrière, à juste titre. Le timbre est aigre, l’émission souvent tendue, forcée, le vibrato difficile à supporter dans les aigus. Du début (sa cavatine « Istorie belle e legere ») au finale, la voix n’est plus qu’artifices, enlaidie. Oublions. <strong style="line-height: 1.5;">Romina Boscolo</strong>, la Comara, dès la scène du puits, s’affirme comme un beau mezzo, bien timbré, avec des graves profonds, égale dans tous les registres. Ses qualités d’articulation et de projection rares lui font trouver les accents justes. Une très grande voix, que l’on se réjouit de découvrir ici. Le début du dernier acte, dramatique, où La Comare et Crispino dialoguent est peut-être le sommet vocal et orchestral de l’ouvrage. Aucun rôle secondaire ne dépare, ni le Comte de <strong style="line-height: 1.5;">Fabrizio Paesano</strong>, ni sa nièce, Lisetta, dont le rôle a été écrit pour une mezzo, chantée ici fort correctement par une jeune soprano, <strong style="line-height: 1.5;">Lucia Conte</strong>, ni Fabrizio, campé par <strong style="line-height: 1.5;">Mattia Olivieri. </strong>Une mention spéciale pour Mirobolano, <strong style="line-height: 1.5;">Alessandro Spina</strong>, qui fait merveille, particulièrement dans le trio des médecins, au 2<sup>e</sup> acte. La voix est bien timbrée, sonore. Le débit est impeccable et la ligne de chant remarquablement soutenue. Les ensembles, fort nombreux (on retient en particulier le trio des médecins de l’acte 3), se remarquent par leur traitement toujours juste. Les rares récitatifs, accompagnés au piano forte, sont frais et inventifs. Le chœur, très en forme, intervient fréquemment, et sa qualité est indéniable. On n’en écrira pas autant de l’orchestre, attaché au festival, qui fait son travail, sans grâce, avec des cordes quelque peu triviales. Les couleurs sont insuffisantes. S’il le conduit avec souplesse et nervosité, <strong style="line-height: 1.5;">Jader Bignamini</strong>, jeune chef dont l’expérience symphonique est attestée, n’a certainement pas pu en obtenir davantage. Par contre sa direction des chanteurs et du chœur s’avère exempte de toute réserve. L’enregistrement public n’évite pas de trop nombreux bruits de scène, liés aux déplacements particulièrement. La prise de son, médiocre, ne sert pas l’ouvrage.</p>
<p>Les notes en italien et en anglais, ne proposent qu’ un simple résumé du livret, hélas. Puisse cet enregistrement convaincre nos directeurs de la pertinence de remonter un tel ouvrage, de grande qualité, avec une Annetta et un orchestre à la hauteur !</p>
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		<title>Corrado d&#039;Altamura</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/extractive-frustration/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Ponthir]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2009 12:20:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Opera Rara nous confie un nouvel opus dans sa collection Highlights avec ce premier enregistrement mondial de Corrado d’Altamura. Cette collection a surtout le mérite de permettre à la firme anglaise d’équilibrer sa mission artistique avec des réalités économiques. Certains titres ne nous sont pas toujours apparus d’une impérieuse nécessité. Il n’en est rien pour &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>	Opera Rara nous confie un nouvel opus dans sa collection <em>Highlights</em> avec ce premier enregistrement mondial de <em>Corrado d’Altamura</em>. Cette collection a surtout le mérite de permettre à la firme anglaise d’équilibrer sa mission artistique avec des réalités économiques. Certains titres ne nous sont pas toujours apparus d’une impérieuse nécessité. Il n’en est rien pour le présent enregistrement. Bien au-delà de l’hommage au très regretté Patric Schmidt qui affectionnait particulièrement cette partition, ce disque remet en lumière tout le talent de son compositeur, le cadet des frères Ricci, Federico, le hissant à la place de choix qu’il occupait au sein des compositeurs d’<em>opera serio </em>en ce milieu du XIX<sup>e</sup> siècle. Ricci et son frère, Luigi doivent leur peu de notoriété actuelle à leurs ouvrages légers, avec en figure de proue, <em>Crispino e la Comare</em>. Dame Joan ayant immortalisé son « Io non sono più l’Annetta ». Fatale notoriété réduisant les Ricci à des amuseurs publics ! Rara, une fois encore, remet Big Ben à l’heure, en permettant dans un enregistrement non dénué de réussites, de resituer le talent musical et dramatique de Federico Ricci au côté d’un Mercadante ou d’un Pacini.</p>
<p>	 </p>
<p>	Découvrir un disque Rara est toujours un moment de pur plaisir pour l’ensemble des sens. Le bonheur de posséder un bel objet, raffiné, apprécier le toucher d’un coffret soigné, la passionnante découverte de la mine d’informations historiques et iconographiques. On ne redira jamais assez pourquoi Opera Rara, à juste titre, est sans doute une des firmes de disques les plus aimées et respectées par les amateurs de Bel Canto. Au delà de ces premières satisfactions, le découpage opéré est judicieux, resserre vraisemblablement un drame dont toutes les pages ne possédaient sans doute pas la même profondeur (ce qui explique égoïstement notre frustration). Cette extraction essentielle permet également de donner quelque clarté à un scenario qui, ne nous en cachons pas, ne casse pas trois pattes à un canard : classique décor moyenâgeux où vont se tramer de malheureuses amours contrariées par moult quiproquos et imbroglios politiques, finissant immanquablement de manière sanglante. L’intérêt réside dans le fait que ce canevas théâtral permet à notre compositeur d’étaler tout son talent dans les différentes recettes musicales ayant cours : prélude, scène tripartite, duos d’amour, spectaculaire ensemble et scène finale dramatique. En résumé, du petit lait pour tout amateur de Bel Canto ! Et ma foi, Ricci n’a rien à envier à ses confrères plus reconnus. Si le mélodiste rencontre parfois quelque difficulté à conclure de bonnes idées thématiques, l’empêchant de signer des tubes alla Donizetti, son écriture ne manque ni de souffle, ni de panache, sa gestion des tensions au sein des grands ensemble est remarquable, par exemple, ainsi que sa caractérisation psychologique et affective des principaux protagonistes.</p>
<p>	 </p>
<p>	Une autre réussite de cet opus réside en la présence de la luxueuse phalange du Philharmonia Orchestra. Nous découvrions Roland Böer à sa tête, celui-ci remplit son office à satiété, réussissant le difficile exercice de donner une cohésion à ces différents extraits. Particulièrement appréciée, la palette dynamique et ainsi que les couleurs pour décrire les moments d’intimité ou le souffle des grandes scènes de masse.</p>
<p>	Vocalement, on ne pourra malheureusement pas passer sous silence, quelques insuffisances voire quelque raté. Les seconds plans sont parfaits dans leur emploi, bien distribués, adéquats de moyens et de caractérisation dans leur personnage.</p>
<p>	Dieu merci, le rôle titre de Corrado trouve en James Westman (découvert dans une précédente Imelda di Lambertazzi), un royal titulaire. Prions pour qu’Opera Rara qui a parfois des lubies de distributions assez incompréhensibles, conserve ce baryton dans ses petits papiers. Excessivement bien chantant, et cela est d’autant plus important dans un rôle ardu, réclamant l’école aristocratique de ce qui va préfigurer les grands barytons donizettiens voire verdiens dans la lignée des Luna, Westman est surtout superbe d’émotion tout en faisant montre d’un grand panache vocal.</p>
<p>	Nous aurions beaucoup aimé continuer dans ces superlatifs, malheureusement, la prestation de Dmitry Korchak est un raté total. Il nous confirme l’impression ressentie lors d’un récent Viaggio a Reims scaligère où même dans un emploi initialement plus adéquat, il ne nous présentait que l’image d’un coquelet s’époumonant sur ses ergots. Korchak trouvait déjà ses limites dans les farces en un acte de Rossini à Pesaro, le distribuer dans un emploi envisageant quasi un Oronte d’I Lombardi est une aberration ! Actuellement, pour avoir une idée du rôle de Roggero, on pourrait penser à un Meli des bons jours, ayant étudié sa partition et oubliant de jouer à Corelli… L’exercice gros plan du studio s’avère très douloureux. Aux prises avec d’énormes problèmes d’émission, la voix s’égare dans des sonorités franchement laides et une intonation plus que douteuse. Son couple avec Theodossiou (et elle en porte sa part de responsabilité) est un des plus improbables jamais légués à la postérité. Il retrouvera une certaine dignité au fil du disque, notamment dans les ensembles, mais pour l’amoureux transi, doublé du vaillant jeune premier, on repassera.</p>
<p>	 </p>
<p>	On peut comprendre à la lecture de la biographie de madame Theodossiou, pourquoi Opera Rara a porté son choix sur elle. Malheureusement, celle qui semble continuer à plaire pour des raisons qui nous échappent, à une partie du public de la péninsule italienne, ne signe pas une performance inoubliable. Dimitra Theodossiou a surtout le mérite de chanter encore après quelques bonnes saisons de fréquentation de rôles dont personne ne veut, les Verdi, principalement de jeunesse, où les échos belcantistes sont encore très présents et les grands emplois donizettiens dramatiques. Elle les aborde surtout avec une fougue et un engagement scénique plus qu’une véritable formation stylistique. Delizia préfigure ces emplois, c’est une évidence. La mission quasi impossible était de trouver une titulaire capable de rendre justice à Stuarda ou plus encore, à Lucrezia Borgia, tant plus d’une fois, l’empoisonneuse revient en tête à l’écoute du disque. Theodossiou se présente en petite forme vocale, armée d’un vibrato mettant à mal la juvénilité de sa donzelle. Ce que l’on voudrait nous faire avaler pour un timbre et un metallo, ne sont en fait que l’étalement de défauts vocaux, bouchonnant un médium sourd qui va très vite se déchirer vers les cimes pourtant raisonnables d’un aigu désormais compromis. Le duo féminin est sa plus belle réussite, basé surtout sur une thématique inspirée et une recette qui culminera avec Norma et Adalgisa. Malgré tout plus concernée que son ténor de partenaire, Theodossiou finira par emporter une certaine adhésion théâtrale aux oreilles de ceux capables de pardonner beaucoup et aisément.</p>
<p>	 </p>
<p>	Nous recommandons malgré tout chaleureusement ce disque, car il apporte une pierre précieuse à l’édifice permettant de comprendre le climat culturel de cette période. Avec toute une série de tenants et d’aboutissants, la plupart échappant au commun des mortels dont nous faisons partie, la problématique de l’évolution des distributions chez Rara reste entière et mériterait un article dont nous nous fendrons sans doute un jour. Dans le cas présent, la succession de l’immense Miricioiu à qui la firme doit ses meilleures intégrales dans le genre dramatique, reste un problème apparemment insoluble. Mais qui a dit qu’il était temps de remplacer Nelly Miricioiu ?&#8230;</p>
<p>	 </p>
<p>	 </p>
<p>	Signalons dans les projets importants de la firme une prochaine <em>Linda di Chamounix</em> proprement exaltante sur papier. Aux côtés des intégrales Devia et Gruberova, il était temps que l’on confie une tâche importante et judicieuse à la talentueuse <strong>Eglise Gutierrez</strong>. La fête devrait être totale avec un rarissime <strong>Ludovic Tézier</strong>, idéal de choix et d’école dans la lignée de ses Alphonse de <em>La Favorita</em> mais aussi <strong>Marianna Pizzolato</strong>, un des plus beaux mezzos travestis actuels (voir son Orsini récent à Liège) enfin, la révélation <strong>Stephen Costello</strong> alliant beauté scénique et de timbre. On nous trouvera plus dubitatif devant l’affiche de <em>Maria di Rohan, </em>pour les débuts raresques de <strong>Krassimira Stoyanova. </strong>S’improvise t on belcantiste le temps d’un concert quand bien même on est la plus admirable des lyriques mozartiennes et pucciniennes ?</p>
<p>	 </p>
<p>	 </p>
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