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	<title>Richard RODGERS - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Richard RODGERS - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Renée Fleming : retour à Broadway</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/renee-fleming-retour-a-broadway/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Apr 2018 23:35:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après ses adieux dans la Maréchale, une nouvelle carrière s&#8217;annoncerait-elle pour Renée Fleming ? Le soprano américain avait déjà fait ses débuts au théâtre en 2015 dans Living on Love où elle incarnait&#8230; une diva ! Son rôle lui avait valu une nomination à la Drama League. Cette fois, Fleming s&#8217;attaque à un monument de la comédie musicale, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après ses adieux dans la Maréchale, une nouvelle carrière s&rsquo;annoncerait-elle pour <strong>Renée Fleming </strong>? Le soprano américain avait déjà fait ses débuts au théâtre en 2015 dans <em><a href="http://www.playbill.com/video/highlights-from-living-on-love-starring-opera-diva-renee-fleming-com-346764">Living on Love</a> </em>où elle incarnait&#8230; une diva ! Son rôle lui avait valu une nomination à la Drama League. Cette fois, Fleming s&rsquo;attaque à un monument de la comédie musicale, le célébrissime <em>Carousel</em> de Richard Rodgers sur un livret d&rsquo;Oscar Hammerstein II. Elle y incarnera Nettie Fowler, un rôle secondaire pour lequel Rodgers a toutefois composé une de ses plus émouvantes mélodies. Ce n&rsquo;est pas la première fois qu&rsquo;une chanteuse d&rsquo;opéra défend cette partition : en 1994, <a href="https://youtu.be/0JY7c0lT5Xc?t=38">Shirley Verrett avait également été Nettie Fowler sur la scène du Lincoln Center Theater</a>. Après une série de « previews » (ces avant-premières qui permettent de roder le spectacle avant que la critique ne soit admise à en rendre compte), <a href="http://carouselbroadway.com/#bios">la nouvelle production de Carousel connaîtra sa première le 12 avril prochain</a> à l&rsquo;Imperial Theater.</p>
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		<title>Susan Graham, de Gerolstein au Siam</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/susan-graham-de-gerolstein-au-siam/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 May 2014 22:14:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  En confiant The King and I (alias Anna et le roi en français) à Lee Blakeley, le Châtelet fait appel à un metteur en scène qui a déjà monté sur cette même scène A Little Night Music, Sweeney Todd, Sunday in the Park with George et tout récemment Into the Woods ; de Sondheim &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>
			 </p>
<p>			En confiant <em>The King and I</em> (alias <em>Anna et le roi</em> en français) à Lee Blakeley, le Châtelet fait appel à un metteur en scène qui a déjà monté sur cette même scène <em>A Little Night Music, Sweeney Todd, Sunday in the Park with George</em> et tout récemment <em>Into the Woods</em> ; de Sondheim à Rodgers et Hammerstein il n’y a qu’un pas en arrière dans le temps. Et en confiant à <strong>Susan Graham</strong> le rôle d’Anna Leonowens, Jean-Luc Choplin lui fera retrouver celui qui a guidé ses premiers pas sur scène dans une opérette française : c’est en effet le même Lee Blakeley qui fut chargé de mettre en scène <em>La Grande-Duchesse de Gerolstein</em> à Santa Fe l’été dernier. Après avoir longtemps hésité à interpréter un personnage qui lui semblait réservé aux chanteuses sur le retour, Susan Graham s&rsquo;est lancée franchement dans l&rsquo;opérette et la comédie musicale (et s’apprête à aborder des rôles nouveaux à l’opéra : Clairon dans Capriccio ou la comtesse Geschwitz dans Lulu). Des crinolines de la Grande-duchesse à celles d’Anna, il n’y a pas loin. En revanche, question cruciale : pour incarner le souverain du Siam, Lambert Wilson se fera-t-il raser le crâne pour mieux ressembler à Yul Brynner, immortel interprète du roi Mongkut ? [Laurent Bury] </p>
<p><em>The King and I</em>, Théâtre du Châtelet, Paris, du 13 au 29 juin</p>
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		<item>
		<title>RODGERS, Carousel — Paris (Châtelet)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tournez-vite-manege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Mar 2013 23:39:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Une pièce de l’écrivain américain Thornton Wilder, Notre petite ville, créée en 1938, racontait la terne existence journalière des habitants d’une petite ville américaine. Liliom de Ferenc Molnar, qui a servi d’argument à Carousel, n’est guère éloigné de ce thème : la vie des gens simples, leur incapacité à s’assumer, le suicide du « &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Une pièce de l’écrivain américain Thornton Wilder, <em>Notre petite ville</em>, créée en 1938, racontait la terne existence journalière des habitants d’une petite ville américaine. <em>Liliom </em>de Ferenc Molnar, qui a servi d’argument à <em>Carousel</em>, n’est guère éloigné de ce thème : la vie des gens simples, leur incapacité à s’assumer, le suicide du « héros » qui tourne mal, son voyage au ciel et son retour sur terre. Tout dégouline de bons sentiments, d’un américanisme primaire prémaccarthiste, qui devait ravir les spectateurs des années 50 qui venaient au théâtre retrouver leur petite vie étriquée : les gentils sont vraiment gentils, et les méchants affreusement méchants, cela se voit tout de suite, genre mauvaise série TV. Mais tout cela, aujourd’hui, nous laisse de marbre, et les bâillements se multiplient dans la salle. Question de culture, les anglo-saxons y sont peut-être plus sensibles.</p>
<p>			La musique est à l’image du sujet, sirupeuse et inintéressante, et la direction de <strong>Kevin Farrell</strong>, aussi efficace soit-elle, accentue les effets plus qu’elle ne les gomme. Par exemple, la scène du pique-nique est totalement insipide, et l’on se prend à rêver au « Catfish Row » de <em>Porgy and Bess</em>. Comment cette comédie musicale a-t-elle pu être élue la meilleure du siècle, alors qu’on en a vu au moins vingt – dans le seul domaine américain – qui lui étaient cent fois supérieures ? Il est vrai aussi que le film <em>White Christmas</em> est considéré outre-Atlantique comme un chef-d’œuvre…</p>
<p>			Un autre élément peut expliquer le manque d’intérêt de la représentation : la mise en scène de <strong>Jo Davies</strong>, qui traite tout au premier degré, comme une sorte de reconstitution historique de la création d’il y a 50 ans. Aucune mise en perspective, aucune invention, cela sent la naphtaline alors qu’une relecture plus contemporaine aurait peut-être pu sauver la production, pourtant hyper professionnelle.<br />
			 <br />
			Malgré les divertissements dansés, plutôt réussis bien que du genre « sous Gene Kelly », on attend avec résignation la fin d’interminables dialogues : bref, on s’ennuie ferme, tout en en ayant vraiment mauvaise conscience, tant les acteurs-chanteurs se donnent à fond. Mais malgré leurs efforts, leurs personnages restent inintéressants, Les artistes sont d’ailleurs fort inégaux, et même si <strong>Duncan Rock</strong> (Billy) et <strong>Kimy McLaren</strong> (Julie Jordan) font très honorablement leur travail, on ne peut pas dire que les autres participants, avec des voix et des bonheurs divers, emportent l’enthousiasme, car aucun n’émerge du lot : là où l’on aurait aimé des personnalités fortes, on nous a offert de gentils organisateurs : un coup d’épée dans l’eau.<br />
			 </p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
<p>
			 </p>
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			</item>
		<item>
		<title>RODGERS, The Sound of Music — Paris (Châtelet)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-bonheur-de-la-melodie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elisabeth Bouillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Dec 2011 09:21:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Le titre français de The Sounds of Music – « La Mélodie du bonheur » – dénature et enniaise cette comédie musicale engagée (Engaged Musical) à l’excellent livret*, basé sur une libre interprétation de l’autobiographie de Maria von Trapp. En effet, c’est bien « le son de la musique », traduction littérale de The Sounds of Music, qui est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<table align="center" border="0" cellpadding="0" cellspacing="15" summary="">
<tbody>
<tr>
<td> </td>
<td>
<p>Le titre français de The Sounds of Music – « La Mélodie du bonheur » – dénature et enniaise cette comédie musicale engagée (E<em style="background-color: initial">ngaged Musical)</em> à l’excellent livret<sup style="background-color: initial">*</sup>, basé sur une libre interprétation de l’autobiographie de Maria von Trapp. En effet, c’est bien « le son de la musique », traduction littérale de <em style="background-color: initial">The Sounds of Music</em>, qui est le moteur de l’intrigue. Si la gouvernante Maria gagne si vite le cœur des enfants Trapp, c’est qu’elle s’exprime avant tout en chantant. Cet apprentissage si fascinant de l’art des sons, par son intermédiaire, éveille très vite en eux une vocation tout en leur permettant de regagner l’affection de leur père, qui s’est privé de musique depuis la mort de sa femme. Enfin, le concert final de la famille Trapp devant les personnalités nazies, juste après l’<em style="background-color: initial">Anschluss</em>, au festival de « Kalztberg » (les Trapp gagnèrent effectivement un premier prix de musique au Festival de Salzbourg en 1936), endort les méfiances, ce qui permet au petit groupe de s’échapper dans les montagnes pour gagner la Suisse.</p>
<p>Sur le tulle/rideau de scène, <strong>Daniel Bianco</strong> a fait symboliquement peindre le Grossglockner ‒point culminant de l&rsquo;Autriche avec ses 3 798 m d&rsquo;altitude ‒ vu du Sud Ouest. Le décor de base, de belles parois en marbre blanc veiné de vert décorés de pilastres baroques très salzbourgeois (avec des parois coulissantes pour les intérieurs), qui peut paraître kitch à certains, s’ouvre sur un paysage de prairie verte en pente douce d’où émerge, ça et là, un rocher tranchant. Les costumes de <strong>Sarah Miles</strong> s’inspirent, pour Maria, le capitaine Trapp et les enfants, des <em>Tracht</em> du pays salzbourgeois, costumes traditionnels encore portés aujourd’hui pour les grandes occasions, que la costumière oppose aux tenues viennoises haute couture de la Baronne Elsa Schraeder, de l’ami Max, imprésario, et des invités.</p>
<p><strong>Emilio Sagi</strong> traite l’œuvre en opérette plutôt qu’en <em>musical</em>. Il omet la dimension danse, réduite à une aimable chorégraphie pour d’habiles non-danseurs, mais comme le ton est donné dès le départ, personne n’y pense. Sur le plateau, tout coule comme de l’eau de source. La direction d’acteurs, extrêmement soignée, respecte les intentions de cette comédie douce-amère, et tout particulièrement le credo de Hammerstein selon lequel la bonté est rédemptrice.</p>
<p>On reste subjugué tout au long du spectacle par le charme des chansons de Rodgers, merveilleux mélodiste, et de Hammerstein, l’un des meilleurs paroliers de Brodway. Rodgers les varie <em>ad libitum</em>, avec des modulations multiples, les faisant évoluer avec virtuosité en ensembles ou en chœurs. On en jouirait pleinement si la lourdeur et le peu d’inventivité de l’orchestration de Robert Russel Bennet ne contrastait avec la légèreté et la subtilité des mélodies aux teintes variées, opposant l’allégresse, l’insouciance et le bonheur qui règnent dans la petite société formée par Maria et les enfants, et la sombre inquiétude de Trapp devant la lâcheté de ses anciens amis lors de l’Anschluss (Hammerstein faisait partie de la Ligue anti-nazis). Autant <strong>Kevin Farrell</strong> brille par sa maîtrise à diriger la troupe des chanteurs, ne souffrant aucun décalage, donnant tous les départs, autant il peine à alléger l’orchestre, ne phrasant pas, accentuant même les flonflons. La balance voix/instruments manque aussi d’exactitude, ce qui gâche un peu de notre plaisir. Les solistes étant presque tous des chanteurs d’opéra, la sonorisation semble superflue.</p>
<p><strong>Katherine Manley</strong> incarne une Maria supérieure à celle, pourtant mythique, de Julia Andrews à laquelle la réelle Maria von Trapp reprochait « <em>sa convenance un peu guindée de jeune fille sortie des meilleures institutions</em> ». Sa voix souple, ronde, très expressive, sa large palette de nuances et d’intensité, son timbre lumineux irrésistible lui permettent de transcender le personnage. Elle gomme toute trace de sentimentalisme, mettant ainsi en valeur l’extrême générosité du personnage et sa force de caractère. <strong>Rebecca Bottone</strong> est une Liesl totalement crédible malgré sa différence d’âge avec les enfants. La voix possède la fraîcheur et la pureté souhaitée, la légèreté de ses déplacements, sa fine silhouette et son joli minois parachevant l’illusion de l’adolescence. La jeune <strong>Vanessa Starcevic</strong> en Louisa fait preuve d’une étonnante maturité vocale. Les autres enfants, aux voix enfantines pas encore timbrées, bien encadrés par leurs deux aînées, font preuve d’un grand naturel en scène. <strong>Lisa Milne</strong>, soprano lyrique à la voix ample et nuancée, est une excellente abbesse. <strong>Christine Arand</strong>, en Elsa Schraeder, et <strong>Nicholas Garrett</strong>, en Max Detweiler, tranchent sur les autres interprètes par leur interprétation plus standardisée.</p>
<p>Parmi les seconds plans, on remarque le beau baryton de <strong>James McOran-Campbell</strong>, sous-distribué en Rolf Gruber. <strong>William Dazeley</strong> en Capitaine Trapp convainc par la beauté de son timbre de baryton-basse aux aigus faciles et aux graves veloutés. Son personnage a plus de subtilités qu’il n’y paraît tout d’abord, et la force de conviction de l’ « Edelweiss<em> »</em> final (cette fleur est le symbole de la Résistance autrichienne), rajouté peu avant sa mort par Hammerstein lors de la tournée de rodage, gagne la salle entière et déchaîne les applaudissements. Le public s’en retourne chez lui tout esbaudi, et nous de même.</p>
<p> </p>
<p>* C’est en visionnant en 1956 la première adaptation cinématographique de l’autobiographie de Maria von Trapp que Rodgers et Hammerstein décidèrent de mettre cette histoire vécue en musique. Le producteur du film Leland Hayward avait déjà attribué l’écriture du livret aux deux scénaristes si bien que Hammerstein n’écrivit que les paroles des chansons.</p>
</td>
<td>
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</td>
</tr>
</tbody>
</table>
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			</item>
		<item>
		<title>RODGERS, The Sound of Music — Paris (Châtelet)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-triomphe-merite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Dec 2009 20:51:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il n’est pas si fréquent de pouvoir assister, aujourd’hui, à une représentation de The Sound of Music (Oublions le titre français, il est ridicule) et c’est une première à Paris. Depuis le film de Robert Wise, avec Julie Andrews, peu de théâtres s’y risquent. Raison de plus pour courir au Châtelet découvrir sur scène ce &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          Il n’est pas si fréquent de pouvoir assister, aujourd’hui, à une représentation de <em>The Sound of Music </em>(Oublions le titre français, il est ridicule) et c’est une première à Paris. Depuis le film de Robert Wise, avec Julie Andrews, peu de théâtres s’y risquent. Raison de plus pour courir au Châtelet découvrir sur scène ce chef d’œuvre de la comédie musicale américaine composé en 1959 par <strong>Richard Rodgers</strong> en collaboration avec son parolier <strong>Oscar Hammerstein II</strong>. C’est une production splendide à tous les niveaux. Le 13 décembre en matinée l’émotion était grande chez les spectateurs lors du salut final : 10 minutes d’applaudissements d’un public debout ! Impressionnant !</p>
<p> </p>
<p>Et il y a de quoi. Que ceux qui craindraient les excès kitch du metteur en scène <strong>Emilio Sagi</strong> soient rassurés. C’est du grand Sagi, à l’image d’une de ses réalisations les plus abouties : la mise en scène d’une grande zarzuela de la République espagnole, <em>La del Manojo de Rosas,</em> que l’Odéon avait programmée dans les années 90. Son grand métier du théâtre musical populaire « engagé » et sa passion pour le répertoire américain, en particulier l’œuvre de Rodgers &amp; Hammerstein, lui ont inspiré l’un de ses spectacles les plus forts et les plus émouvants. Dès le début, à l’écoute du chœur lointain des nonnes d’un couvent, magnifiquement chanté, hors scène par le chœur du Châtelet, on sait qu’on ne va pas assister à un divertissement anodin. Quelques minutes de méditation où sourd déjà cette émotion qui ne nous quittera plus, alors que va se dérouler entre rires et larmes l’histoire inspirée de la vie de Maria Rainer et de la Famille Trapp prises au piège de l’Anschluss nazi.</p>
<p> </p>
<p>Et puis quel plateau : de grands chanteurs d’opéra, de grands acteurs, une chorégraphie brillante et raffinée (<strong>Sarah Miles</strong>), un orchestre Pasdeloup galvanisé par son chef <strong>Kevin Farrell</strong> que les musiciens, jeunes et excellents, applaudissent à chaque entrée en fosse, tant il leur fait découvrir de richesses dans cette partition qu’il connaît bien. </p>
<p>Le décor magnifique de <strong>Daniel Blanco</strong> est impressionnant et astucieux : face à des cieux sereins ou tourmentés, l’herbe verte des collines descend vers l’avant scène dans un cadre architectural imposant où les tableaux s’enchaînent avec une fluidité toute musicale. Les costumes de <strong>Jesús Ruiz</strong> et les lumières de <strong>Caetano Vilela</strong> sont à l’unisson. Le miracle opère aussitôt : dès les premières notes, on a déjà oublié toute référence au film et à Julie Andrews !</p>
<p> </p>
<p>Il faut dire que <strong>Sylvia Schwartz</strong> est une Maria exceptionnelle: quelle belle voix de soprano aux aigus lumineux, quelle technique, quel art du chant et du théâtre et quel charme ! Elle incarne le personnage de Maria d’une manière très personnelle et en dessine subtilement toutes les facettes. A ses côtés, <strong>Rod Gilfry</strong> est, lui aussi, un Capitaine von Trapp de haute stature: on se souvient encore de son <em>Billy Budd</em> à Paris en 1996. Il donne ici une densité exceptionnelle au personnage du Capitaine. A l’écouter, on se rend compte qu’un tel ouvrage, dont la structure se rapproche de la grande opérette viennoise, est magnifié quand il est chanté par de tels interprètes. Son « <em>Edelweiss </em>» distillé à la fin comme un lied de Schubert arrache des larmes et déchaîne les applaudissements. A leurs côtés, <strong>Laurent Alvaro</strong>, baryton français à la voix ample et aux talents multiples, donne lui aussi, dans un anglais impeccable, une envergure insoupçonnée au personnage de l’imprésario Max Detweiler dont le badinage, voire le cynisme, cache une grande tendresse et une belle générosité. <strong>Kim Criswell</strong> est une Mère Supérieure drôle et touchante. Son air célèbre « <em>Climb every Mountain </em>» est bouleversant. Elle en domine sans problème la redoutable tessiture et la vaillance de son aigu final impressionne. L’insupportable baronne Schraeder est campée avec élégance par <strong>Christine Arand</strong>, Frau Schmidt (<strong>Lee Delong</strong>) est drôle à souhait et <strong>James McOran-Campbell</strong> incarne subtilement le nazisme ordinaire et rampant à travers le personnage du jeune facteur Rolf. Quant aux enfants, ils sont confondants d’aisance et de professionnalisme : ils ont droit, eux aussi à une belle ovation finale.</p>
<p> </p>
<p>C’est au deuxième acte que l’œuvre bascule dans le drame. Les nazis craignent la fuite des Trapp à l’étranger après leur concert au Festival de Klatzberg, placé sous haute surveillance. Emilio Sagi prend alors le risque de faire du public du Châtelet le public même du Festival. Il va jusqu’à placer des SA nazis dans la salle. Pari gagné : cela fonctionne au point de vous donner le frisson et de vous rendre complices. Quant à la scène finale, où Sagi aurait pu sombrer dans le grandiloquent, elle est tout simplement grandiose, à la mesure des œuvres de Rodgers &amp; Hammerstein dans lesquelles sous une apparente insouciance, il y a toujours un volcan qui sommeille.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>RODGERS, South Pacific — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-chef-doeuvre-a-voir-et-a-entendre-durgence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2009 05:32:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si vous faites bientôt un séjour à New York ne manquez pas South Pacific au Vivian Beaumont Theater, au Lincoln Center (Le théâtre se trouve à droite du Met). C’est l’une des plus belles réussites de théâtre musical actuellement à l’affiche à New York (depuis le 3 avril 2008). La production a reçu un nombre &#8230;</p>
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<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/un-chef-doeuvre-a-voir-et-a-entendre-durgence/">RODGERS, South Pacific — New York</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          Si vous faites bientôt un séjour à New York ne manquez pas <em>South Pacific</em> au Vivian Beaumont Theater, au Lincoln Center (Le théâtre se trouve à droite du Met). C’est l’une des plus belles réussites de théâtre musical actuellement à l’affiche à New York (depuis le 3 avril 2008). La production a reçu un nombre considérable de Tony Awards (les Oscars du Théâtre) dont celui du Meilleur acteur principal décerné au superbe baryton brésilien Paulo Szot.</p>
<p>Les Etats-Unis ont commencé depuis peu à revisiter leur patrimoine lyrique populaire en remontant leurs chefs d’œuvre avec un soin exceptionnel, et des artistes jeunes dont l’approche parvient souvent à donner un relief et une envergure insoupçonnés à des œuvres qu’on croyait simplement légères et insouciantes.</p>
<p>Les Français qui ont vu l’excellente production de <em>West Side Story</em> au Châtelet ont pu se rendre compte de ce travail.</p>
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<p>Il se trouve, de surcroît, que <em>South Pacific</em>, comme <em>West Side Story</em>, est un authentique chef d’œuvre. Il s’inscrit dans la grande tradition dite « classique » de l’âge d’or du « musical » américain, après la seconde guerre mondiale. La musique est superbe, d’un extrême raffinement et le travail de reconstitution minutieux accompli par l’équipe musicale du Vivian Beaumont Theater est digne d’éloges (précision importante : il s’agit d’un « public theater » en partie subventionné, « a not-for-profit theater » dont la qualité des spectacles est internationalement reconnue). L’orchestre, en fosse, est composé de musiciens hors pair qui jouent en tournus. La plupart d’entre eux passent du New York Philarmonic à Broadway, de Ligeti au « musical » avec le même enthousiasme communicatif (d’autant plus qu’ils sont intégrés à la mise en scène). Il n’est qu’à écouter l’ouverture pour se rendre compte du niveau élevé et du travail musical effectué : précision des attaques, virtuosité des différents pupitres, son homogène, etc. Leur parler à l’entracte et entendre le plaisir qu’ils ont à jouer en fosse tant de soirées consécutives laisse rêveur quand on connaît la mentalité de certains orchestres bien de « chez nous ». Cette ouverture d’esprit est à mettre au crédit de la vie musicale américaine en son ensemble et les Européens feraient bien de s’y ressourcer de temps en temps !</p>
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<p>C’est en 1949 que l’œuvre a été créée. L’action se passe à la fin de la deuxième guerre mondiale à l’époque du conflit américano-japonais dans les Îles Salomon entre 1942 et 1944. Le livret est une adaptation de deux des <em>Contes du Pacifique Sud</em> (Prix Pulitzer en 1948) de James A. Michener, qui avait pris part aux combats.</p>
<p>Œuvre militante composée juste après la guerre, et créée en 1949, <em>South Pacific</em> était alors, comme l’explique le metteur en scène Bartlett Sher, « une réponse à cette guerre et c’est devenue une œuvre de sauvegarde de la mémoire nationale, l’expression de la survie. C’est pour cela que le spectacle a un impact aussi profond…Et ce, alors que le pays est à nouveau en guerre dans un pays dont il n’a pas pris le temps de comprendre l’histoire et la culture ». Un an après la création, l’oeuvre recevait à son tour le Prix Pulitzer!</p>
<p>L’action se déroule, en huis clos, sur une petite île du Pacifique où est cantonné un régiment américain dans l’attente d’une éventuelle bataille avec les forces japonaises en présence. Nellie l’infirmière (superbe Laura Osnes, soprano léger, danseuse et comédienne, à la voix d’ange) est tombée amoureuse d’un Français, Emile de Becque, installé depuis plusieurs mois dans une plantation sur la colline. Alors que chez Michener, le personnage est anglais, c’est une idée géniale des librettistes d’en avoir fait cet héritier français de l’Esprit des Lumières. Emile a dû fuir la France occupée après avoir tué un homme (au service de l’occupant ?) qui voulait mettre la main sur son village. Si Nellie en est plutôt fière, elle décide bientôt de le fuir quand elle découvre qu’il a eu deux enfants d’une femme polynésienne décédée. Les préjugés racistes de la jeune fille, originaire de Little Rock dans l’Arkansas (le choix n’est pas anodin), ont eu raison de son amour.</p>
<p>C’est la basse italienne Ezio Pinza, qui a créé le rôle d’Emile. Par son beau timbre et son bel canto un rien monochromes et un jeu d’acteur très conventionnel, il faisait d’Emile un personnage trop lisse et un peu fade. Paulo Szot en fait au contraire un personnage complexe, un idéaliste tourmenté, un séducteur généreux et angoissé. Il donne, par sa fantastique présence et son jeu digne de l’Actor’s Studio, une épaisseur insoupçonnée et un charme très troublant au personnage. La voix généreuse du baryton d’opéra (comme dans Onéguine, Cosi ou Maria Golovin à l’Opéra de Marseille) sait trouver, quand il le faut, toute la palette de couleurs et de nuances du kammersänger pour faire ressortir les richesses de la partition. Toutes ces qualités réunies lui ont valu en 2008 ce Tony Award si mérité. La video est éloquente à cet égard comme le CD édité pour l’occasion.</p>
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<p>Le soir du 3 septembre c’était Bob Gallagher qui le remplaçait, avec un professionnalisme admirable applaudi par le public. Il ne manquait que ce petit plus, pas toujours explicable, qui fait la différence.</p>
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<p>A ces côtés Laura Osnes, construit elle aussi un personnage magnifique que le Français va mener, par la compassion et le courage, sur le chemin de la générosité et de l’amour. Après la vision idyllique de l’île et de la plantation, le décor superbe de Michael Yeargan fait basculer l’œuvre, petit à petit, dans la tragédie : un avion, d’abord, qui annonce des combats imminents, un camion militaire, ensuite, qui servira aussi de scène pour le théâtre aux armées (désopilant et émouvant Danny Bernstein) jusqu’aux manœuvres des troupes.</p>
<p>Désespéré par l’attitude de Nellie, Emile décide de rentrer dans les services secrets américains. Son camarade, le lieutenant Cable (le jeune et énergique Andrew Samonsky), qui avait refusé, lui aussi, l’amour d’une jeune polynésienne, meurt au combat. Emile sauve sa peau de justesse. Nellie est bouleversée en apprenant ce qu’il a fait. Il la trouve, à son retour, auprès des enfants, grandie, elle aussi, par ces tragiques événements qui lui ont enseigné l’amour. </p>
<p>Bartlett Sher a réalisé là une mise en scène exemplaire : pas un moment de relâchement dans ces trois heures de spectacle, une direction d’acteurs époustouflante (mention spéciale pour la délirante Bloody Mary polynésienne de Loretta Ables Sayre), une chorégraphie pleine d’inventions qui n’est jamais gratuite ou plaquée. Vous l’avez compris : un must si vous passez par New York !</p>
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