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	<title>Erik SATIE - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Erik SATIE - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>SATIE, Socrate et autres mélodies &#8211; Barbara Hannigan</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/satie-socrate-et-autres-melodies/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La récente &#160;publication du Erik Satie de par Christian Wasselin a été l’occasion de l’écoute de nombreux enregistrements, de son œuvre vocale tout particulièrement. Etrangement, nous avions oublié celui réalisé par Barbara Hannigan. On sait que si la soprano et cheffe canadienne chante le plus large répertoire depuis le baroque, c’est aux deux siècles passés &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La récente &nbsp;publication du <em>Erik Satie</em> de par <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/erik-satie-christian-wasselin/">Christian Wasselin</a> a été l’occasion de l’écoute de nombreux enregistrements, de son œuvre vocale tout particulièrement. Etrangement, nous avions oublié celui réalisé par <a href="https://www.forumopera.com/barbara-hannigan-prima-donna-et-plus-que-ca/"><strong>Barbara Hannigan</strong></a>. On sait que si la soprano et cheffe canadienne chante le plus large répertoire depuis le baroque, c’est aux deux siècles passés et à notre temps qu’elle emprunte ses œuvres de prédilection. Aussi, comme l’enregistrement était toujours disponible, il nous a paru intéressant d’en rendre compte, bien que publié en 2016. Le regretté <strong>Reinbert De Leeuw</strong>, un merveilleux pianiste, amoureux de Satie (1), que le chef a quelque peu éclipsé, participe à la réussite de cette réalisation.</p>
<p>Le programme en est éclectique, réservé exclusivement au Maître d’Arcueil. Une belle progression, qui évacue les chansons de caf’conc’ (de <em>Je te veux</em> à <em>Allons-y chochotte</em>), l’autre face de ce Satie-Janus, pour couvrir plus de trente ans de création. Il s’ouvre sur trois mélodies écrites en 1886, alors qu’il sort du Conservatoire les mains vides. Courtisant des modistes, le musicien de vingt ans avait fait la connaissance de Contamine de Latour (pseudonyme d’un poète, écrivain et journaliste espagnol quelque peu oublié). Leur compagnonnage sera riche en œuvres. C’est le symbolisme qui imprègne ces trois premières pièces, toutes adoptant des tempi lents ou très lents, contemporaines de la <em>Symphonie en ré mineur</em> de César Franck. Prosodie syllabique, souple, pour des harmonies riches qui ponctuent le chant, c’est déjà du Satie. Font suite, <em>Trois autres mélodies</em> où deux sur des textes de Condamine de Latour (1886, 1887) encadrent une <em>Chanson médiévale</em>, de 1906, signée Catulle Mendès.</p>
<p>Les deux premières, qui adoptent la même structure (3 parties identiques que seul le texte renouvelle), tous premiers essais, attestent les limites du jeune compositeur. Elles ne laissent pas indifférent, la clarté de l’émission, l’absence d’effet ou de surlignement traduisent déjà le dépouillement, l’ascèse qui marqueront l’art de Satie. La mélancolie de <em>Sylvie</em>, dont la mélodie se renouvelle<em>, </em>est bien traduite par la voix, inexorablement ponctuée au piano. Désabusée, la <em>Chanson</em> qui ouvre le second recueil, use du même procédé d’écriture que les deux premières de la précédente livraison. La <em>Chanson médiévale</em>, d’une extrême simplicité, marque une évolution. <em>Les Fleurs</em>, sur un beau poème, au sourire ému, ont également séduit <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">Melody Louledjian</a>, dont on préfère ici la fraîcheur naïve. La fascination exercée par Péladan fut de brève durée, mais nous vaut quelques pièces singulières, dont cette « <em>Hymne pour le «&nbsp;Salut drapeau&nbsp;» </em>du<em> «&nbsp;Prince de Byzance</em>&nbsp;», de 1891. En rien martiale, empreinte de mysticisme éthéré, la mélodie, d’une fluidité constante, avec une métrique changeante, mais à peine perceptible, confirme la pureté de l’émission comme la complicité constante du piano. A peine discerne-t-on ici ou là quelques intonations forcées, liées au caractère des chansons.</p>
<p>« Acte de piété, rêverie d’artiste, humble hommage » ainsi le compositeur présentait-il ce qui allait constituer son chef-d’œuvre, créé par Jeanne Bathori. A tort,<em> Socrate</em> paraît mal aimé des producteurs comme des programmateurs de concert. Depuis 1952 (René Leibowitz accompagnant Violette Journeaux), on dénombre seulement douze ou treize intégrales (2), dont peu de disponibles, très inégales, d’autant que trois versions s’en partagent la réalisation&nbsp;: avec piano, avec orchestre ou ensemble, enfin dans une singulière réduction, sans la voix, pour deux pianos de John Cage. Il faut ajouter <em>La mort de Socrate</em>, dernier volet de la trilogie, qui a fait l’objet de quelques gravures indépendantes. C’est fort peu, pour cette Passion de philosophe, lumineuse et d’autant plus émouvante que son récit bannit toute effusion. Socrate, « œuvre maîtresse » de Satie, déroute celui qui en attend ce mélange de facétie et d’ascèse qui caractérise son œuvre pour piano. Aux antipodes du cabaret et de la gouaille, ce n’est pas pour rien si Milhaud, Sauguet, et quelques autres s’en sont fait les avocats engagés. « Blanche et pure comme l’antique », la lecture que nous en donnent nos deux complices n’appelle qu’admiration. Comment résister à l’émotion, au charme fascinant de cette prose déclamée en musique, à peine postérieure au <em>Pierrot lunaire</em>&nbsp;? Même si la partition est écrite pour quatre voix (féminines), «&nbsp;Satie au fond, ne voulait qu’un seul personnage&nbsp;: un volume des <em>Dialogues</em> de Platon (&#8230;) entre les mains&nbsp;» (Anne Rey). C’est chose faite, admirablement. Evidemment, le récit de la mort de Socrate, débarrassé de tout pathos, sur la progression inexorable du temps marqué par la basse, atteint à la transfiguration, spirituelle. Avec gravité et simplicité, la cantatrice touche. <em>Le portait de Socrate</em>, qui introduit l’ouvrage, fait intervenir Alcibiade, puis Socrate, ici confiés à sa seule voix. <em>Les Bords de l’Illissus</em>, où Socrate et Phèdre s’entretiennent, sous leur prosaïsme apparent, chantent une nature souriante, à la sensualité fraîche. <em>La Mort de Socrate</em>, rapportée par Phédon, nous conte avec une sérénité tranquille, les derniers moments du « plus sage et du plus juste de tous les hommes ». Graves, sans la moindre emphase, le chant et le piano nous font partager l’émotion vraie, naturelle que porte une musique à nulle autre pareille. Est-il besoin de signaler que le français que nous écoutons avec ferveur n’a rien à envier à celui d’interprètes natifs ? Un enregistrement rare, essentiel.</p>
<ul>
<li>
<pre>(1) Reinbert de Leeuw fut un ardent défenseur de Satie, en même temps qu’Aldo Ciccolini, dont le témoignage discographique a éclipsé les autres interprètes, même d’égal talent.
(2) Suzanne Danco l’avait enregistré avec Darius Milhaud à la baguette, à Rome en 1954 (INA)&nbsp;; Henri Sauguet accompagna au moins deux chanteurs (Anne Laloë, pour Chant du Monde&nbsp;; et, auparavant, Paul Derenne, dans la seule <em>Mort de Socrate</em>).</pre>
</li>
</ul>
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		<title>Erik Satie (Christian Wasselin)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/erik-satie-christian-wasselin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour conclure, avec modestie, l’auteur s’interroge sur l’utilité d’un nouveau livre sur Satie, et trouve l’argument juste : « Oui, pour faire quelques pas avec lui d’Arcueil à Paris et retour », concluant plus loin « Avant d’être un musicien, Satie est peut-être un esprit. Oui. » Le contrat est parfaitement rempli, car le lecteur &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour conclure, avec modestie, l’auteur s’interroge sur l’utilité d’un nouveau livre sur Satie, et trouve l’argument juste : « Oui, pour faire quelques pas avec lui d’Arcueil à Paris et retour », concluant plus loin « Avant d’être un musicien, Satie est peut-être un esprit. Oui. » Le contrat est parfaitement rempli, car le lecteur est invité à mettre ses pas dans l’empreinte de ceux du misanthrope facétieux et déconcertant. On est sensible au fait que l&rsquo;auteur se soit imprégné des lieux, des images, des senteurs que connut Satie, comme du tissu relationnel dans lequel il s&rsquo;inscrivit. Ils sont restitués avec fidélité. Très sérieusement documentée, cette nouvelle biographie se lit avec délectation, comme un roman. La narration marque une pause à chaque oeuvre importante. Pour autant, le personnage ne livrera jamais tous ses secrets, tant sa personnalité complexe a fasciné tous ceux qui l’ont connu, et continue d’impressionner le musicien comme le mélomane, ou simplement le curieux de la vie parisienne du tournant de la Belle époque. Rares sont les artistes qui échappent à son emprise : écrivains et critiques, peintres et plasticiens, musiciens, et non des moindres, sans oublier ceux qui animèrent et hantèrent les cafés de Montmartre comme les autres, dont l’absinthe était prisée. Son œuvre, et l’influence qu’il exerça, continueront de séduire et d’interroger.</p>
<p>L’ouvrage se lit fort agréablement : les chapitres sont courts, l’écriture séduisante, et l’on découvre au détour de telle ou telle page un fait ou une relation que l’on ignorait, ou avait oubliée. L’iconographie, choisie avec pertinence, constitue un cahier inséré. Bien que l’ouvrage ne soit pas à vocation universitaire, l’appareil critique est conséquent : une riche chronologie, suivie d’une bibliographie quasi exhaustive, comme d’une discographie sélective. Ne font défaut qu’un index des noms et de œuvres. Un catalogue aurait été également bienvenu. Sans doute l’année en cours nous offrira-t-elle ce dernier. Comme le rappelle l’auteur, c’est à Ornella Volta que l’on doit la connaissance approfondie de l’homme (1), et les études et biographies (dont le bel ouvrage de Jean-Pierre Armengaud (Fayard, 2009) se sont multipliées. Ne doutons pas qu’à la faveur de la commémoration du centenaire de la disparition du musicien (2), les rééditions et nouvelles publications viennent les enrichir.</p>
<p>Pourquoi consacrer dans <em>ForumOpéra</em> une page à un compositeur dont la réputation se fonde principalement par l’œuvre pianistique, qui n’a laissé aucun ouvrage lyrique (3), que l’on ne chante qu’exceptionnellement, et encore sous forme de bis (ex. : <em>La Diva de l’Empire</em>, ou <em>Je te veux</em>) ? Simplement parce que <em>Socrate</em>, à lui-seul, justifierait le propos. N’oublions pas qu’il nous laisse une centaine de mélodies, dont une bonne moitié écrites à destination du cabaret (ce qui ne préjuge pas de leur qualité). Côté lyrique, s’il a entrepris une dizaine d’ouvrages (dont trois opérettes), les projets ont soit avorté, ou ont été abandonnés, parfois esquissés. La <em>Messe de pauvres</em>, et quelques chœurs nous sont parvenus. N’y a-t-il pas là matière à découverte ? Les enregistrements vocaux sont très rares, se comptant sur les doigts d’une main, et la plupart sont déjà anciens&#8230;</p>
<ul>
<li>
<pre>1. Après <em>Les écrits de Satie</em> (Champ libre, 1981), <em>Ornella Volta</em>, qui consacra sa vie à Satie, publia sa <em>Correspondance presque complète</em> (Fayard, 2000).
2. A signaler l’organisation d’un colloque international consacré à Erik Satie, en trois sites (Honfleur, Turin et Catane) en décembre prochain. Sylvie Douche en est la responsable (voir sur le site de la Société française de musicologie)... Il était né le 17 mai 1866, il y a 159 ans aujourd'hui.
3. « Mon rêve : être joué n’importe où, mais pas à l’Opéra » (cité p.102 ; source <em>Ecrits</em>, p.171)</pre>
</li>
</ul>
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		<title>Satie honoré loin d&#8217;Arcueil</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/satie-honore-loin-darcueil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Jul 2016 10:20:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Même si Arcueil, la ville où il trépassa, ne s&#8217;est pas toujours sentie d’humeur à l’honorer, Erik Satie a trouvé en sa région natale un cadre propice à la célébration de son cent-cinquantième anniversaire. Dans le cadre de la 22e édition des Promenades musicales en Pays d’Auge, Pont-l’Evêque fêtait ce dimanche 24 juillet l’enfant d’Honfleur &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Même si Arcueil, la ville où il trépassa, ne s&rsquo;est pas toujours sentie d’humeur à l’honorer, Erik Satie a trouvé en sa région natale un cadre propice à la célébration de son cent-cinquantième anniversaire. Dans le cadre de la 22<sup>e</sup> édition des Promenades musicales en Pays d’Auge, Pont-l’Evêque fêtait ce dimanche 24 juillet l’enfant d’Honfleur avec un programme en trois parties : d’abord à l’église de la ville, où le Kyrie de la <em>Messe des pauvres</em> était encadré par des pièces de Bach et de Couperin, ensuite au Cinéma-Théâtre où les mélodies de Satie encadraient des films de Méliès, et enfin avec un « Buffet blanc » accompagné d’improvisations jazzistiques. Blanc, parce que selon un des ses célèbres textes, Satie ne mangeait que des aliments blancs : il y avait donc bien de la « salade de coton » dans ce buffet, mais pas seulement. Entre <strong>Hector Cornilleau</strong> à l’orgue et <strong>Thierry Montier </strong>au piano jazz, <strong>Emmanuel Pleintel </strong>alternait ses différentes casquettes de récitant, pianiste et même chanteur, cependant que la soprano <strong>Anne-Aurore Cochet</strong>, d’abord angélique dans la <em>Messe des pauvres</em>, devenait la Diva de l’Empire en personne. Elle reviendra le 31 juillet à Bernay pour un concert intitulé « Un banquet pour Madame Bovary », conçu par Les Frivolités Parisiennes, qui se terminera nécessairement par un extrait de <em>Lucie de Lammermoor</em>. Il vous reste donc quelques soirées pour profiter de ce festival, notamment mercredi 27, où la mezzo <strong>Anna Reinhold </strong>et le luthiste <strong>Thomas Dunford</strong> interprèteront des pièces italiennes du XVII<sup>e</sup> siècle, dans le cadre majestueux du château de Canon. (<a href="http://www.lisieux-tourisme.com/actualite/promenades-musicales-en-pays-dauge-2016-le-programme-autour-de-lisieux/">Plus de renseignements</a>)</p>
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		<title>Hannigan &#8211; De Leeuw &#8211; Satie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/hannigan-de-leeuw-satie-la-vestale-a-arcueil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jun 2016 08:21:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sérieusement, vous imaginez Barbara Hannigan en train de chanter « Je te veux » ? S’encanailler dans « La Diva de l’empire » ? Impossible ! Comment celle qui s’est dévouée corps et âme aux partitions les plus exigeantes des XXe et XXIe siècles pourrait-elle s’abaisser à interpréter ces chansons de cabaret que Satie lui-même qualifiait de « rudes saloperies » ? A d’autres ! Si &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Sérieusement, vous imaginez <strong>Barbara Hannigan</strong> en train de chanter « Je te veux » ? S’encanailler dans « La Diva de l’empire » ? Impossible ! Comment celle qui s’est dévouée corps et âme aux partitions les plus exigeantes des XX<sup>e</sup> et XXI<sup>e</sup> siècles pourrait-elle s’abaisser à interpréter ces chansons de cabaret que Satie lui-même qualifiait de « rudes saloperies » ? A d’autres !</p>
<p>Si la vestale du contemporain sacrifie aux célébrations du 150<sup>e</sup> anniversaire du reclus d’Arcueil et met sur le marché un disque de mélodies d’Erik Satie, ce n’est évidemment pas pour y inclure ces pages-là, ni même « Le Chapelier » ou « La Grenouille américaine ». Seule concession aux rythmes ternaires, la « Chanson [à Mademoiselle Valentine de Bret] », qui valse bien un peu tout de même. A part cette plage, tout ce disque est consacré au Satie pur et dur, au Satie de jeunesse, d’obédience Rose+Croix, disciple de Joséphin Péladan, ou au Satie de vieillesse, complice de l’avant-garde des années 1920. C’est en 1886, le redoutable compositeur des <em>Trois Mélodies</em> à l’accompagnement impitoyablement répétitif, sur des paroles de José-Maria Patricio Contamine de Latour, son presque exact contemporain (cet écrivain d’origine espagnole est né et mort un an après Satie). C’est en 1891 l’auteur de l’<em>Hymne</em> mystico-gothique, conçu sur ses paroles de Satie lui-même pour accompagner le « Salut Drapeau » dans <em>Le Prince de Byzance</em>, drame romanesque en cinq actes, situé « à l’époque abstraite de la Renaissance » par le Sâr en personne. C’est en 1918 le musicien cubiste qui livre <em>Socrate</em>, œuvre « blanche et pure comme l’Antique » créée par Jane Bathori dans les salons de la princesse de Polignac.</p>
<p>Autrement dit, de l’austère, qui a tout pour plaire à Barbara Hannigan et à ce grand-prêtre de la musique contemporaine qu’est le chef néerlandais <strong>Reinbert de Leeuw</strong>, souvent entendu dirigeant des œuvres du XX<sup>e</sup> siècle et qu’on découvre ici en pianiste accompagnateur. Le français chanté de Barbara Hannigan est bon, et serait généralement assez intelligible à défaut d’être totalement idiomatique, si la soprano n’avait le fâcheux travers de laisser passer beaucoup trop d’air dans sa voix, de souffler souvent les notes plus qu’elle ne les chante, surtout dans la première partie du programme : il s’agit certes de « Chansons », mais ce n’est pas une raison pour imiter certaines vedettes de variété. Quand elle se dispense de ce maniérisme, Barbara Hannigan redevient infiniment plus compréhensible, et sa voix flexible retrouve toute sa chair. Au passage, regrettons qu’il n’existe toujours pas d’enregistrement moderne de la version pour petit orchestre, pour laquelle Satie prévoyait quatre voix de femme correspondant à chacun des personnages (Alcibiade, Socrate, Phèdre, Phédon).</p>
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		<title>Erik Satie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/erik-satie-insaisissable-satie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Apr 2016 05:26:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Satie n’a pas fini de nous questionner. En témoigne la récente bourde de l’élu FN de la mairie d’Arcueil à propos du compositeur, traitant celui-ci d’ « illuminé » et d’ « alcoolique », refusant de plus que les deniers publics de la mairie soient accordés à la mémoire de ce communiste ayant élu domicile dans sa ville pendant la majeure &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Satie n’a pas fini de nous questionner. En témoigne la récente bourde de l’élu FN de la mairie d’Arcueil à propos du compositeur, traitant celui-ci d’ « illuminé » et d’ « alcoolique », refusant de plus que les deniers publics de la mairie soient accordés à la mémoire de ce communiste ayant élu domicile dans sa ville pendant la majeure partie de sa vie. Si ce coup de gueule est bien entendu d’une bêtise incommensurable, il est néanmoins assez révélateur des problèmes posés par le compositeur énigmatique. En effet, Satie déroute. Plus on en apprend sur sa personnalité, composante indéfectible de son langage musical, moins on semble connaître et comprendre celui qui nous livrera des <em>Gymnopédies </em>comme de la musique de cabaret ou de cinéma.</p>
<p>L’ouvrage de <strong>Romaric Gergorin</strong> s’attelle donc à un travail ambitieux : nous aider à débroussailler « Esotérik » en revenant sur les étapes marquantes de la vie du compositeur. Le défi est relevé dans sa totalité, puisque la structure chronologique du livre nous permet de décrypter le chemin parcouru par Satie au travers de ses rencontres et de ses expériences.</p>
<p>L’opus du compositeur est assez modeste, et ses contributions à l’art de la voix sont également peu nombreuses. Mais ce n’est pas pour autant qu’elles manquent d’intérêt. En bon français côtoyant Debussy, Ravel et toute l’avant-garde artistique du XX<sup>e</sup> siècle, Satie s’illustre tout d’abord par la mélodie. Mais est-il bon de parler de « mélodie » dans le cas de Satie ? Les premiers essais de 1887, une série de cinq mélodies sur des textes de son ami Contamine de Latour, décrites par l’auteur comme des « <em>chansons frêles, dont l’accompagnement au piano, très épuré, est agencé en mosaïques</em> » peuvent en effet être rattachés à l’esthétique raffinée de la mélodie française. Ajoutons à cela les <em>Trois mélodies </em>publiées en 1917, avec un <em>Daphénéo </em>déroutant de simplicité, et Satie devient un «<em> mélodiste français </em>» accompli. Cependant, en fréquentant assidûment les cabarets parisiens, Satie s’imprègne de l’ambiance de la Belle-Epoque et nous livre en conséquence des chansons de cabarets bien plus légères telles que <em>Je te veux </em>(1903) ou  <em>La Diva de l’Empire </em>(1904), de « <em>rudes saloperies</em> » selon les dires du compositeur. Mais c’est dans son ouvrage lyrique majeur que le compositeur nous surprend le plus. Avec <em>Socrate</em>, « <em>quintessence de l’élévation spirituelle platonicienne </em>» selon Gergorin, Satie réalise le grand écart en déroulant un monologue blanc et pur, qui évoque tout autant la Grèce de Platon que le bouddhisme zen ou les motifs grisants du minimalisme américain.</p>
<p>Satie n’étant pas un compositeur comme les autres, l’analyse de sa musique ne peut se passer d’une connaissance approfondie du personnage. Cet excellent ouvrage introductif permet de situer le phénomène Satie dans son milieu musical (des cabarets aux Ballets suédois), social (le tout-Paris des années 1920) et philosophique (de la Rose-Croix au dadaïsme) au travers d’anecdotes réunissant les grands noms de l’avant-garde artistique. Le style de l’auteur est limpide et les termes techniques peu abondants, ce qui permet à cet ouvrage d’être apprécié du musicien chevronné comme de l’amateur curieux. Etablissant un catalogue exhaustif des œuvres du compositeur, Gergorin invite également le lecteur à creuser par lui-même en incluant une brève bibliographie et discographie (retenons un disque EMI paru en 1986 avec entre autres Mesplé, Gedda et Ciccolini pour les mélodies et un enregistrement de 1968 de <em>la Mort de Socrate</em> par Rosenthal et l’orchestre de l’ORTF).</p>
<p>A l’occasion de son cent-cinquantième anniversaire, le mage d’Arcueil nous démontre une fois de plus que sa musique ne se réduira jamais à une étiquette. Evidemment marquée de l’esprit fin-de-siècle, elle tient compte des courants philosophiques de son temps, mais le génie du compositeur dépasse la simple limite temporelle et géographique pour offrir une musique désincarnée, détachée de toute contrainte physique comme l’explique Gergorin : « <em>Ayant cherché à pénétrer l’épaisseur du temps comme sa surface, ayant construit des durées pour le déboîter, le diffracter, [Satie] a réussi à sortir sa musique de l’histoire ; et, le temps retrouvé, il était parti </em>».</p>
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		<title>Satie, l’exquis sesquicentenaire, à la Philharmonie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/satie-lexquis-sesquicentenaire-a-la-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Apr 2016 07:08:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si Dieu lui avait prêté vie, Erik Satie aurait cette année cent cinquante ans. La ville d’Arcueil fêtera dignement l’événement en mai-juin prochain, mais en attendant, la Philharmonie de Paris a eu l’excellente idée de présenter, jeudi 31 mars, un spectacle présenté à Aix-en-Provence en 2012 puis donné en tournée à divers endroits. Mis en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si Dieu lui avait prêté vie, Erik Satie aurait cette année cent cinquante ans. La ville d’Arcueil fêtera dignement l’événement en mai-juin prochain, mais en attendant, la Philharmonie de Paris a eu l’excellente idée de présenter, jeudi 31 mars, un spectacle présenté à Aix-en-Provence en 2012 puis donné en tournée à divers endroits. Mis en scène par <strong>Jean Bellorini</strong>, <em>Correspondance presque complète d’Erik Satie </em>associe textes parlés (des lettres du compositeur, le plus souvent à son frère cadet Conrad, qu’il surnommait « Pouillot ») dits par <strong>Jacques Hadjaje</strong>, pièces pour piano seul interprétées par <strong>Michalis Boliakis</strong> et mélodies. En 2012, le baryton Damien Pass était l’élément masculin : lui succède à présent l’excellent <strong>Guillaume Andrieux</strong>, sans doute plus à l’aise toutefois dans l’absurde lunaire de « L’Omnibus automobile » que dans la vulgarité revendiquée d’ « Allons-y, Chochotte ». On retrouvait en revanche la non moins brillante <strong>Léa Trommenschlager</strong>, soprano à l’ample voix majestueuse qui lui permet d’assurer les graves de « La Statue de bronze », parfaitement apte à s’encanailler dans les chansons de cabaret, capable de distiller « Je te veux » comme une déclaration d’amour. Espérons que le <em>Don Giovanni</em> que dirigera Mark Minkowski cet été à Drottningholm, dans lequel elle sera Elvire, viendra à Versailles comme <em>Les Noces de Figaro</em> du même cycle Mozart-Da Ponte !</p>
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