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	<title>Wolfgang Amadeus MOZART - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Wolfgang Amadeus MOZART - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART : Don Giovanni &#8211; Clermont-Ferrand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-clermont-ferrand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Apr 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette production de l’ « opéra des opéras » (Wagner) est maintenant aussi bien connue que rôdée (*). C’est peu dire que Jean-Yves Ruf s’est pleinement approprié l’ouvrage. On se souvient ainsi d’un Don Giovanni dijonnais et lillois (2013) dont il tirait les ficelles avec ses complices, qui l’accompagnent toujours dans une démarche minimaliste. Plus que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette production de l’ « opéra des opéras » (Wagner) est maintenant aussi bien connue que rôdée (*). C’est peu dire que <strong>Jean-Yves Ruf</strong> s’est pleinement approprié l’ouvrage. On se souvient ainsi d’un <em>Don Giovanni</em> dijonnais et lillois (2013) dont il tirait les ficelles avec ses complices, qui l’accompagnent toujours dans une démarche minimaliste. Plus que jamais, il évacue tout apparat, tout faste pour focaliser l’attention sur les protagonistes, dont la direction d’acteur est particulièrement fouillée. Pas de fosse, sur le plateau une formation au complet, qui va être intégrée à la dramaturgie.  Le choix a été de jouer sur deux plans : celui de l’orchestre, lieu de déambulations des acteurs, et une passerelle, en fond de scène, le plus souvent réservée aux nobles. La lisibilité musicale y gagne à la faveur d’une proximité renforcée avec le public. Une grande humilité dans une lecture qui laisse le spectateur libre de sa propre interprétation. Transcendance, expressionnisme ne sont ni évacués, ni soulignés, aucune référence à MeToo ni à Epstein. Au sortir de cette soirée, on est toujours porté par la magie musicale, servie par une distribution jeune, sans faiblesse, dont l’ardeur, la vivacité, comme l’engagement et l’écoute collective sont les maîtres mots. L’esprit de troupe est manifeste, lié à la fréquentation régulière et collective de l’ouvrage. <strong>Julien Chauvin</strong>, mozartien d’élection, insuffle l’énergie, les accents dramatiques, tout en gardant la souplesse des phrasés et les équilibres. L’ouverture, impressionnante, intensément dramatique, est la promesse d’une lecture inspirée, et l’on ne sera pas déçu, d’autant que les couleurs et la dynamique de ses musiciens sont confirmées. Seules relatives surprises : le tempo très rapide et la sécheresse des accents orchestraux de l’air « Ah chi mi dice mai », où Elvire exprime sa détresse, et l’absence de mise en évidence des trois orchestres requis pour le bal de la fin du premier acte, imperceptibles ce soir par le public non initié. L’attention portée au chant comme au drame est constante. Bien que placé au cœur de la démarche, et donc de plain-pied avec le public, jamais l’orchestre ne couvre les voix, ce qui est particulièrement méritoire. L’intelligence de son traitement mérite d’être soulignée, ainsi de la circulation des réparties entre les pupitres dans l’air du catalogue, vérité dramatique de l’air où Donna Anna se confie à Ottavio (« Or sai chi l’onore »)&#8230;</p>
<p>Les récitatifs secco sont toujours animés, car les chanteurs sont d’excellents comédiens, bien que soutenus par un piano-forte aussi scolaire qu’étique. Le chœur se réduit à un quatuor vocal. Ce qui fait bien peu, tant vocalement que scéniquement : les paysannes et paysans formant le cortège des futurs époux (« Giovinette che fate all’ amore ») se limitent à deux couples ; oubliées les brèves et puissantes vociférations des démons souterrains de la scène infernale où la punition divine s’accomplit, c’est de l’homéopathie musicale et dramatique. La frugalité gouverne la fête, le bal, les libations, et les spaghettis du festin nous laissent sur notre faim. L’ascèse est la règle. Seuls, les éclairages sobres et efficaces de <strong>Victor Egéa</strong>, et les mouvements du rideau de fond de scène permettent le renouvellement des situations.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/M0A5879-e1777288780511-1294x600.jpg" alt="" />© Yann Cabello</pre>
<p>Au cœur de l’action, un Don Giovanni accompli, et un Leporello sans gémellité avec son maître, ce qui renforce d’autant le comique de l’échange des tenues et des rôles.  « Ni héros, ni crapule sans nom » (J.-Y. Ruf), manipulateur et manipulé, le premier, qu’incarne <strong>Anas Séguin, </strong>croit régner sur son monde. Il en a l’arrogance, la prestance, le panache, la voix est mâle, gourmande et chargée de séduction et c’est un bonheur constant que son chant comme son jeu. Comédien hors-pair, <strong>Adrien Fournaison </strong>campe un Leporello jeune, gauche, soumis et rebelle, d’une grande justesse, servi par d’authentiques moyens vocaux et une diction exemplaire, y compris dans le débit le plus rapide. Plus qu’honorables, sans pour autant susciter l’enthousiasme, sont Donna Anna et Donna Elvira. <strong>Chantal Santon Jeffery</strong>, familière de l’emploi, compose une Donna Anna classique, d’une voix chaude et souple, d’une technique solide. <strong>Alix Le Saux</strong>, toute aussi familière d’Elvira, convainc en trouble-fête délaissée, ardente, possessive. Elle atteint la plénitude de ses moyens dans le « Mi tradi quell’alma ingrata » dont la vocalise sensuelle et triste est remarquablement conduite. Ni mièvre, ni efféminé, Don Ottavio prend ce soir une épaisseur psychologique et expressive. <strong>Abel Zamora </strong>est une heureuse découverte, belle émission, égale, aisée, d’une conduite admirable. Ses accents dans son duo consolateur avec Donna Anna, d’une grande justesse, avec ses couleurs propres, rejoignent ceux des grands. <strong>Nathanaël Tavernier</strong>, noble, impressionnant, a toutes les qualités requises pour l’emploi du Commandeur, tant dans le fatal duel que revenu d’outre-tombe. Particulièrement ovationné par le public, à juste titre, le couple de paysans. <strong>Michèle Bréant </strong>nous avait bouleversé, dans <em>les Dialogues des Carmélites</em> (Sœur Constance) à Nancy, en janvier. Elle se mue en Zerlina, petite fille bellinienne, fraîche et complexe, non sans ambiguïté. L’émission est aussi juvénile que le maintien, la sincérité apaisée du « Vedrai carino » relève du petit miracle. <strong>Mathieu Gourlet</strong>, dont on se souvient du formidable Osmin qu’il campait ici-même en 2023, nous vaut un Masetto d’exception, athlétique, robuste et puissant, jamais caricaturé, sympathique et juste. La souplesse, l’agilité, les nuances dynamiques sont au rendez-vous avec la projection. Un grand bravo !</p>
<p>Est-il besoin de souligner la qualité rare des ensembles (duos, quatuor, trio des masques, &#8230;amples finales de chaque acte) ? Toujours équilibrés, servis par une direction d’acteurs efficace, tous sont à retenir. Une soirée mémorable, à plus d’un égard.</p>
<pre>(*) créée à l’Athénée-Louis Jouvet le15 nov. 2024, elle est passée par Meudon, La Rochelle, Maisons-Alfort, Colombes, <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">Compiègne</a>, Massy, Tourcoing, Foix, Perpignan, avant d’arriver en Auvergne.</pre>
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		<title>MOZART, Don Giovanni – Dijon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-dijon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2026 06:35:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le grand auditorium de Dijon plein comme un œuf, le public pouvait découvrir ce dimanche le Don Giovanni mis en scène par Agnès Jaoui déjà proposé à l’automne dernier par l’Opéra de Toulouse, à l’initiative de cette coproduction très attendue. Thierry Verger et Pierre Venissac avaient à l’époque chroniqué le spectacle et ses deux &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le grand auditorium de Dijon plein comme un œuf, le public pouvait découvrir ce dimanche le <em>Don Giovanni</em> mis en scène par <strong>Agnès Jaoui </strong>déjà proposé à l’automne dernier par l’Opéra de Toulouse, à l’initiative de cette coproduction très attendue. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-toulouse/">Thierry Verger</a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-distr-b-toulouse/">Pierre Venissac</a> avaient à l’époque chroniqué le spectacle et ses deux castings. C’est à une troisième distribution que nous avons affaire ici, ce qui change sensiblement une œuvre où la caractérisation de chacun des personnages dépend fortement de la personnalité des chanteurs. L’opéra est ainsi servi avec une grande justesse par une metteuse en scène comédienne et chanteuse, dont la finesse d’observation de l’être humain est une évidence, à l’instar de ce qu’elle a pu démontrer au cinéma dans <em>Le Goût des autres</em>, par exemple, où elle parvenait à tirer le meilleur de son équipe.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_0779-_DonGiovanni_OperaDijon_MircoMagliocca-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-212216"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Mirco Magliocca</sup></figcaption></figure>


<p>Agnès Jaoui s’était expliquée de sa vision des protagonistes de <em>Don Giovanni </em>auprès de <a href="https://www.forumopera.com/agnes-jaoui-on-connait-tous-des-don-giovanni/">Clément Taillia</a> et l’on peut en apprendre davantage dans un <a href="https://www.calameo.com/read/00629793876c2f3bc0ada">entretien</a> donné ces jours derniers : la subtilité de cette approche des psychologies transpire et interpelle le spectateur. Décors, costumes, lumières et projections achèvent de ciseler cette conception de l’œuvre. Il en ressort une sensation d’être au théâtre, véritablement, avec une magnifique direction d’acteurs, mais également d’être au plus près de ces êtres de chair et de sang qui évoluent devant nous. Point d’effets spectaculaires et de trucs de mise en scène pour appâter le chaland, mais une véritable modestie dans la restitution des scènes : le chant et le texte, rien d’autre, peut-être, mais avec un art consommé. <br />On se délecte des décors d’<strong>Éric Ruf</strong>, sobres mais majestueux et ductiles, s’adaptant aux différentes configurations par simples rotations. Les costumes de <strong>Pierre-Jean Larroque</strong> sont eux aussi purs artifices de théâtre tout en ondoiements frémissants et gracieux, moires affriolantes rehaussées par d’élégants motifs fantaisistes, magnifiés par des jeux d’éclairages que <strong>Bertrand Couderc</strong> oriente du côté du nocturne, transformant cette folle journée en nuit profonde, noire et sépulcrale à souhait… Les vidéos de <strong>Pierre Martin Oriol</strong> aident à appuyer certains effets, comme ce clin d’œil que Méliès n’aurait sans doute pas boudé : la lune se transforme en visage rubicond tout sourire dehors, les ombres des personnages se font silhouettes dignes de l’<em>Intérieur </em>inquiétant de Degas, sortes de loups menaçants ou au contraire têtes décapitées projetées à ras du mur opposé. <br />Pas d’effet appuyé, donc, mais de multiples allusions et références, comme ce tableau à la charrette fleurie d’un mariage qu’on confondrait avec les visions des cartons de tapisseries du jeune Goya, toutefois annonciatrices des peintures noires à venir. C’est d’ailleurs à une Espagne qui oscille visuellement entre XVIIIe siècle et XIXe siècle que tend la mise en scène, à la fois intemporelle et ancrée dans un espace-temps familier, de Molière à Bluwal, en passant évidemment par les adaptations mozartiennes, celles de Losey en tête, qui nous plonge en plein XVIIIe siècle vénitien, sans oublier des incursions dans un répertoire plus gaulois, avec une scène digne de Cyrano, à travers le truculent « Deh vieni alla finestra ». Un univers familier, donc, mais avec son lot de surprises agréables, à commencer par l’artifice de la présentation du Commandeur, simple jeu de lumière sur une niche surélevée, mais terriblement efficace. C’est peu dire que cette mise en scène faussement sage et classique nous a emballée…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_1632_DonGiovanni_OperaDijon_MircoMagliocca-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-212214"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Mirco Magliocca</sup></figcaption></figure>


<p>La distribution est de premier plan et parfaitement homogène, mais c’est sans doute le Leporello d’<strong>Alejandro Baliñas Vieites</strong> qu’on retiendra, tant le personnage irradie et tient la dragée haute à son maître. Le baryton espagnol campe un valet tour à tour insolent et sage, truculent, drôle et irrésistible, d’une voix saine, insolemment puissante et bien timbrée. <br />Chère au cœur des Dijonnais (elle est née dans la ville), la ravissante soprano <strong>Catherine Trottmann</strong> est une Zerlina qui ne s’en laisse pas compter et en profite, habile interprète, pour glisser quelques ornements agiles et acrobatiques de son fait, pour la grande joie d’un public totalement conquis, comme on le comprend… Autre personnage féminin blessé, mais digne et majestueux, donna Anna est merveilleusement incarnée au plus près du drame (viol, deuil du père et harcèlement d’un amant pressé de consommer le mariage) par une <strong>Marianne Croux</strong> très en voix. La soprano franco-belge parvient à distiller le mal-être de son personnage avec la noblesse requise. <br />Dans le rôle d’une Elvira prête à tout passer à son pourtant irrécupérable époux (dont on sent que la personnalité a ce qu&rsquo;il faut pour énerver Agnès Jaoui), <strong>Karine Deshayes</strong> fait preuve de toute l’autorité dont elle est capable et transcende le rôle de victime pour dévoiler une femme et ses ambiguïtés, qui se débat dans ses contradictions en s’octroyant notre empathie. Une belle performance de plus à ajouter au palmarès plus que brillant de la mezzo. <br />Obligé de plier devant l’autorité du noble qui lui ravit sa belle le jour de ses noces, le baryton franco-allemand <strong>Frederic Mörth</strong> fait preuve de solidité tant dans le caractère que dans les graves sonores de son Masetto mieux que crédible. En commandeur, la basse <strong>Sulkhan Jaiani</strong> trouve un interprète idéal, glaçant et impérial à la fois. Et le ténor écossais <strong>Michael Gibson</strong> convainc aisément en Don Ottavio. <br />Reste le rôle-titre. Est-ce parce qu’Agnès Jaoui voit le séducteur comme une sorte de drogué désabusé et revenu de tout, obsédé par la seule consommation et son goût irréfréné pour l&rsquo;ensemble de ce qui porte jupon, toujours est-il que le Don Giovanni de <strong>Dario Solari</strong> nous apparaît trop unitaire et sans reliefs. Si l’on ne peut rien reprocher au baryton uruguayen au métier solide, son personnage peu reluisant se laisse constamment déborder par les autres chanteurs, la projection manquant par endroits de la force requise. Mais c’est là pinailler, car la voix est belle et la partition respectée à la lettre.</p>
<p>À la tête de l’<strong>Orchestre Dijon Bourgogne</strong>, la Viennoise <strong>Katharina Müllner </strong>parvient à servir la foisonnante partition mozartienne avec intelligence et humilité. Les tempi sont cohérents et majestueux, rapides quoique sans précipitation, toujours au service de l’immense œuvre de Mozart. Un bien beau spectacle…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-dijon/">MOZART, Don Giovanni – Dijon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>Discothèque idéale : Mozart – Die Zauberflöte (Jacobs, Harmonia Mundi – 2010)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/discotheque-ideale-mozart-die-zauberflote-jacobs-harmonia-mundi-2010/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2026 10:34:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre du cycle mozartien de René Jacobs, cette Flûte enchantée repose sur une conception dramaturgique élaborée : les dialogues parlés, intégralement conservés, sont retravaillés et intégrés dans un flux continu, enrichi d’interventions au pianoforte et d&#8217;effets sonores. Cette approche restitue la nature originelle du Singspiel et s’inscrit dans l’esprit du spectacle populaire voulu &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p data-start="327" data-end="880">Dans le cadre du cycle mozartien de <strong>René Jacobs</strong>, cette <em data-start="382" data-end="399">Flûte enchantée</em> repose sur une conception dramaturgique élaborée : les dialogues parlés, intégralement conservés, sont retravaillés et intégrés dans un flux continu, enrichi d’interventions au pianoforte et d&rsquo;effets sonores. Cette approche restitue la nature originelle du <em>Singspiel</em> et s’inscrit dans l’esprit du spectacle populaire voulu par Mozart et Schikaneder, dans un véritable théâtre pour l’oreille.</p>
<p data-start="327" data-end="880">La distribution séduit par sa jeunesse, sa vivacité et son homogénéité. <strong>Daniel Behle</strong> incarne un Tamino sensible, aux côtés de la Pamina lumineuse de <strong>Marlis Petersen,</strong> tandis que <strong>Daniel Schmutzhard</strong> prête à Papageno une verve naturelle. La Reine de la Nuit tranchante d’<strong>Anna-Kristiina Kaappola</strong> s’intègre pleinement à cet équilibre d’ensemble. Les deux trios &#8211; Dames et Knaben &#8211; impressionnent par leur perfection vocale et leur fusion des timbres.</p>
<p data-start="327" data-end="880">À la tête de l’<strong>Akademie für Alte Musik Berlin</strong>, Jacobs dirige avec une énergie constante et une inventivité inépuisable : précision des attaques, vivacité des contrastes, superbes couleurs des instruments anciens.</p>
<p data-start="327" data-end="880"><em>Daniel Behle (Tamino), Marlis Petersen (Pamina), Daniel Schmutzhard (Papageno), Sunhae Im (Papagena), Anna-Kristiina Kaappola (Königin der Nacht), Marcos Fink (Sarastro), Kurt Azesberger (Monostatos), Inga Kalna (Erste Dame), Anna Grevelius (Zweite Dame), Isabelle Druet (Dritte Dame), Konstantin Wolff (Sprecher)</em><br data-start="623" data-end="626" data-is-only-node="" /><em>RIAS Kammerchor Berlin, Akademie für Alte Musik Berlin, René Jacobs (direction)</em><br data-start="705" data-end="708" /><em>Harmonia Mundi, 2010</em></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><a href="https://www.forumopera.com/dossier/la-discotheque-ideale-de-lart-lyrique/"><img decoding="async" width="1024" height="355" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/vers-la-discotheque-ideale-2-1024x355.png" alt="" class="wp-image-207785"/></a></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>MOZART, La Flûte enchantée – Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-la-flute-enchantee-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Bordeaux nous propose une bien belle Flûte, en coproduction avec l’Opéra de Beijing, ce qui explique un certain nombre de choix artistiques pour une féerie à destination de publics très différents. La mise en scène de Julien Duval est plutôt épurée, contrastée, avec de superbes tableaux où les costumes, entre oripeaux et haute &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra de Bordeaux nous propose une bien belle <em>Flûte</em>, en coproduction avec l’Opéra de Beijing, ce qui explique un certain nombre de choix artistiques pour une féerie à destination de publics très différents. La mise en scène de <strong>Julien Duval</strong> est plutôt épurée, contrastée, avec de superbes tableaux où les costumes, entre oripeaux et haute couture, confèrent originalité et élégance à un plateau sobre et dépouillé, ce qui laisse la part belle à la musique. Entre Orient et Occident, avec des oppositions de matières (grottes minérales ou nature sublimée entre autres par des arbres suspendus à l’envers), de sentiments ou encore de couleurs (de la « haute note jaune » solaire et rayonnante que n’aurait pas reniée Van Gogh à des violets intenses, qu’un Michel Pastoureau associerait à la fois à la royauté, à la spiritualité et au luxe, teintées de mélancolie et de mystère), le spectacle se veut visuellement universel. Dans leur note d’intention, directeur du théâtre, metteur en scène et chef évoquent conjointement les figures complémentaires, le ying et le yang et autres oppositions plus ou moins manichéennes qui se rencontrent, évoluent et parfois fusionnent pour aboutir à quelque chose de différent. Il en résulte une poésie qui correspond bien à l’esprit mozartien, quand bien même certains aspects (le symbolisme franc-maçon, par exemple) auront été laissés de côté. Contrastant fortement avec les espaces dépouillés et abstraits, on retiendra avant tout le travail sur les costumes, pour se souvenir longtemps des robes à col auréole des trois dames, mettant somptueusement en valeur leur ligne et encore davantage leur carnation, ou encore la merveilleuse robe de bal en organdi aux mouvements d’une élégance folle lorsque la Reine de la nuit s’en va, furieuse, cernée de ses épaulettes surmontées de bougies, géniales pièces montées. Les prêtres sont vêtus de robes semblant des abat-jours éclairés de l’intérieur, tout comme ceux des hommes d’armes, robes vitraux spectaculaires. Telle une armée de revenants, le chœur des fidèles de Sarastro apparaît couvert d’éléments végétaux et de sortes de scrofules vertes qui rappellent Louis de Funès dans l’usine de chewing-gum avant que l’on ne comprenne qu’il s’agit de scarabées de toutes les formes, aux couleurs iridescentes, formant un tapis d’insectes mouvant impressionnant. Chaque costume est ainsi une création qui attire l’attention, multipliant les clins d’œil et les références (comme pour le plissé d’où émergent des bras de squelettes dignes à la fois des <em>Histoires de fantômes chinois</em> autant que des yokais des estampes japonaises). Les chorégraphies ainsi que les déplacements des solistes ou des groupes génèrent une grande fluidité aux scènes tout à fait au service de l’œuvre. On ne s’ennuie pas un instant et de nombreuses pistes de réflexion sont proposées à l’œil et à l’esprit.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20260323_LaFluteEnchantee_General_c_AnthonyRojo_26-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-211021"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Anthony Rojo</sup></figcaption></figure>


<p>Le plateau vocal est très satisfaisant, quand bien même plusieurs interprètes ont un fort accent ou une élocution appuyée, voire forcée, dans leur prononciation de l’allemand. Il est vrai que les germanophones ne sont pas majoritaires à Bordeaux. Ils le seront encore moins en Chine et les dialogues parlés ne seront pas une gêne. Il est toutefois à noter que le livret a été adapté pour correspondre à des normes actuelles non discriminatoires, ce qui lisse le propos mais l’amoindrit d’une certaine manière, les dialogues étant raccourcis. La soprano cubano-américaine <strong>Elena Villalón</strong> est une ravissante et énergique Pamina, courageuse, tourmentée puis triomphante, que l’on suit avec intérêt. Voix brillante et posée, la jeune femme parvient aisément à nous entraîner dans son parcours initiatique tout en coups d’éclats, avec une évidence et une autorité naturelle rassurantes. Le ténor italien <strong>Omar Mancini</strong> ne laisse pas la même impression ; vulnérable et apparemment poussé dans ses extrémités, son chant manque de relief dans l’émotion. Il apparaît presque plus timoré que Papageno au départ de son périple mais s’affirme tout de même et finit par convaincre. <strong>Julia Knecht</strong> est une Reine de la nuit toute en nuances dans sa première apparition, sublimée par un décor à la Cocteau, avant de laisser « der hölle Rache » bouillir en aigus éclatants et percutants de furie déchaînée à faire grimper aux rideaux (il y a d’ailleurs beaucoup à dire sur l’art des plissés et des tombers des drapés en tous genres de ce spectacle…). La soprano parvient à construire un personnage des plus intéressants, doté d’une grande brillance et d’une vraie intensité dramatique. Très applaudie, la basse <strong>Jean Teitgen</strong> nous gratifie de graves caverneux et prend son temps pour développer tout en rondeur et profondeur ses arias, malgré un vibrato bien ample. En poussin virevoltant et faussement maladroit, âme simple au grand cœur, le baryton <strong>Thomas Dolié</strong> fait fondre (et rire) l’auditoire avec un art consommé et une technique éprouvée : ce Papageno est absolument idéal. En couleur tagada avec fraise en guise de collier, <strong>Sofia Kirwan-Baez</strong> nous offre comme une friandise une Papagena délicieuse au timbre fruité. <strong>Mathias Vidal</strong> tire son épingle du jeu en Monostatos et <strong>Ugo Rabec</strong>, souffrant, n’assure que le rôle parlé, doublé en coulisses par <strong>Andoni Etcharren</strong> qui se sort mieux que bien du rôle de l’Orateur. Les trois dames, aux timbres bien distincts, s’accordent cependant avec brio (mention spéciale pour <strong>Axelle Saint-Cirel</strong>, dont on se souvient de la prestation aux Jeux olympiques de 2024). Les autres artistes complètent efficacement la distribution. Obligeant les artistes sur scène à se surpasser dans la projection, le chef <strong>Joseph Swensen</strong> parvient à restituer avec force et bel équilibre la richesse de la partition mozartienne, à la tête d’un orchestre très en forme. Une bien belle réussite…</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="🕯️🌙 La Flûte enchantée : Julien Duval en coulisses" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/3eRpgSnkoJg?start=1&#038;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="🪡 Dans les coulisses des costumes de La Flûte enchantée" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/_KB059xDKu4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>MOZART, Ascanio in Alba &#8211; TCE</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-ascanio-in-alba-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Mar 2026 04:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Composé juste après un opera seria époustouflant (Mitridate) et un superbe oratorio (La Betulia liberata), cet Ascanio in Alba est loin d&#8217;être l’œuvre la plus populaire de Mozart. Festa teatrale de circonstance (un mariage princier), elle contient bien des séductions et au moins un passage connu, le second air du berger Fauno, plus bel exemple de l’exubérante virtuosité de la partition. A &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span data-contrast="auto">Composé juste après un <em>opera seria</em> époustouflant (</span><i><span data-contrast="auto">Mitridate</span></i><span data-contrast="auto">) et un superbe oratorio (</span><i><span data-contrast="auto">La Betulia liberata</span></i><span data-contrast="auto">), cet </span><i><span data-contrast="auto">Ascanio in Alba </span></i><span data-contrast="auto">est loin d&rsquo;être l’œuvre la plus populaire de Mozart. <em>Festa teatrale</em> de circonstance (un mariage princier), elle contient bien des séductions et au moins un passage connu, le second air du berger Fauno, plus bel exemple de l’exubérante virtuosité de la partition. A l’orchestre d’abord, même s’il faut bien avouer que Mozart semble souvent utiliser des formules toutes faites, beaucoup de ritournelles se ressemblent et la direction uniformément vive de <strong>Christophe Rousset</strong> n’aide pas à les distinguer. Ses <strong>Talens lyriques</strong> sont ce soir encore la belle machine que l’on connait, précision et entrains jamais pris en défaut, l’ouverture est coruscante mais une mécanicité certaine s’installe vite tandis que les cordes éclipsent leurs collègues. Virtuosité chez les chanteurs ensuite : à l’exception du rôle-titre écrit pour un castrat en fin de carrière (alors que censé être le pendant du jeune marié !) à la partie plus simplement expressive, il faut des chanteurs hors pair pour faire vivre ce divertissement dont le livret est affligeant (action niaiseuse, poésie ras-des-pâquerettes et récitatifs interminables). Ce n’est pas vraiment le cas ce soir et trop se réfugient dans des poses compassées et surjouées.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">On commence par le <strong>jeune chœur de Paris</strong> dont les départs sont parfois flous mais qui offre une présence vivante à une musique des plus conventionnelles. La Vénus de <strong>Mélissa Petit</strong> est une technicienne très solide, aux aigus percutants mais le medium est en retrait et la projection limitée. <strong>Alasdair Kent</strong> est un belcantiste aussi énergique et audacieux que peu soigneux : à coté de nombreux aigus désagréables, il n’a pas l’étendue nécessaire à son second air dont les vocalises sont passablement savonnées, sans parler des trilles tout juste esquissés. En promise, <strong>Anna El-Khashem</strong> peine à convaincre dans son premier air mélancolique ; si le suraigu n’est pas son fort, ses vocalises au staccato très serré sont efficaces quoique peu gracieuses. Reste un beau medium et un jeu que l’on pourra trouver trop extérieur même s’il permet de faire vivre ses nombreux récitatifs accompagnés. En héros éponyme, <strong>Alisa Kolosova</strong> jouit de très beaux graves sonores et bien timbrés, l’actrice est investie, toutefois la chanteuse pourrait oser davantage, notamment aux da capi. Pour le berger Fauno <strong>Eleonora Bellocci</strong> souffre de suraigus stridents largement compensés par un timbre à la fois fumé et acidulé immédiatement reconnaissable et surtout une probité technique qui lui permet de bien focaliser sa voix sur toute la tessiture tout en osant des variations surprenantes, malgré une dernière cadence un peu décevante.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
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		<title>MOZART, La Finta Giardiniera &#8211; Bobigny (MC 93)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-la-finta-giardiniera-bobigny-mc-93/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Mar 2026 05:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On s’extasie en général sur l’âge de Mozart (18 ans) quand il compose La Finta Giardiniera pour le carnaval de Munich. C’est oublier que les rares génies de son genre ont des capacités autrement impressionnantes que les simples mortels et la maturité de (peu de) compositeurs de 60 ans. Et dans cette œuvre son génie &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On s’extasie en général sur l’âge de Mozart (18 ans) quand il compose <em>La Finta Giardiniera</em> pour le carnaval de Munich. C’est oublier que les rares génies de son genre ont des capacités autrement impressionnantes que les simples mortels et la maturité de (peu de) compositeurs de 60 ans. Et dans cette œuvre son génie éclate dès l’ouverture allègre pleine d’une vitalité contagieuse. Drame joyeux (dramma giocoso) en trois actes, avec airs, récitatifs et chœurs, dans le registre comique donc avec son décor de campagne, ses déguisements, son intrigue implexe axée sur les imbroglios causés par des histoires d’amour fantaisistes, ses quiproquos, ses péripéties faussement tragiques, ses scènes de reconnaissance et sa fin heureuse : trois mariages et un enterrement des espoirs de Don Anchise. La jeunesse caractérise aussi les artistes de <strong>l’Académie de l’Opéra de Paris</strong>, qui ont eu la bonne idée de le monter. Alors que s’est-il passé en ce premier soir de création avec la distribution A pour que nous ne soyons pas aussi enthousiaste que d’habitude ?</p>
<p>C’est que dès l’ouverture, l’orchestre composé d’étudiants de conservatoires et de musiciens de l’Académie peine à rendre justice au génie de la musique mozartienne, nous distillant un cidre un peu âpre plutôt que le champagne attendu. Sous la baguette de <strong>Chloé Dufresne</strong>, nouvelle directrice musicale du Philharmonique de Colorado Springs, quelques fausses notes mais surtout un manque de brillant plombe cette superbe partition. Sur scène, les jardiniers faux ou vrais, et leurs maîtres ou amoureux ont parfois de sérieux problèmes de justesse. Tous s’amélioreront, il est vrai, rapidement. Le trac des premières devrait disparaître dans les soirées suivantes – et avec l’expérience. Notons que la petite harmonie brille dès l’acte I, nous tirant brièvement d’un ennui qui ne disparaîtra qu’à la fin de l’acte II – avec la fameuse scène en forêt où les personnages tombent dans des états étranges, se confondant en nymphes et bergers. La mise en scène de <strong>Julie Delille </strong>est d’une abstraction un peu froide, évoquant plutôt <em>En attendant Godot</em> que le jardin « somptueux » du livret. En cause un peu trop de sérieux sans doute dans l’exégèse dramaturgique. Cette vision un peu trop sérieuse de la metteuse en scène, qui voit en cette Belle Jardinière un « portrait subtil des passions humaines » était-elle pertinente ? Il faudrait plutôt en exalter les nombreux plaisirs dispensés, de ceux qu’on espère dans le défoulement carnavalesque. Certes Mozart sait aussi faire naître nos émotions dans cette comédie des transgressions pour rire des classes sociales, caractéristiques du carnaval.</p>
<p>Le Podestat de <strong>Yu Shao</strong>, ténor invité, manque un peu de charisme, le Nardo du baryton <strong>Clemens Frank</strong> manque, lui, de projection mais pas de nuances et de fluidité. Son amante future est la soprano <strong>Sima Ouahman</strong>, une excellente Serpetta mutine et retorse à souhait, qui nous fait fortement penser pendant toute la soirée à une jeune Teresa Berganza – excusez du peu. La marquise Onesti alias la belle Jardinière de notre Académie possède la grâce et la pureté des inflexions des héroïnes mozartiennes. <strong>Isobel Anthony</strong> livre en effet une composition prometteuse, (même si elle échoue d’abord dans le passage vers la note la plus haute de sa cavatine « Geme la tortorella »). Face à la belle Sandrina, le ténor <strong>Bergsvein</strong> <strong>Toverud</strong> au timbre rien moins qu’éclatant est un Comte Belfiore un peu trop burlesque. La nièce de Don Anchise (le Podestat), Arminda, est interprétée par <strong>Daria Akulova</strong>. La soprano ukrainienne fait preuve d’une belle énergie et son chant possède la drôlerie et l’autorité idoines dès son premier air (« Si promette facilmente ») défiant un Belfiore un peu dépassé. Elle sera celle par qui le désordre s’aggrave en faisant enlever et abandonner Sandrina dans la forêt. Le chevalier Ramiro, son futur époux, est incarné par une <strong>Amandine Portelli</strong> au mezzo agile, au talent évident pour ce rôle travesti.</p>
<p><strong> </strong></p>
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		<title>MOZART, La clemenza di Tito &#8211; Vienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-la-clemenza-di-tito-vienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 06:56:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a beaucoup de bonnes choses dans la nouvelle mise en scène de cette Clemenza di Tito au Staatsoper de Vienne signée Jan Lauwers. Une intégration intelligente de la danse à la dramaturgie, avec des mouvements qui approfondissent l&#8217;action sans la gêner : la pauvre Bérénice est malmenée jusqu&#8217;à la nausée par des danseurs &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a beaucoup de bonnes choses dans la nouvelle mise en scène de cette <em>Clemenza di Tito</em> au Staatsoper de Vienne signée <strong>Jan Lauwers</strong>. Une intégration intelligente de la danse à la dramaturgie, avec des mouvements qui approfondissent l&rsquo;action sans la gêner : la pauvre Bérénice est malmenée jusqu&rsquo;à la nausée par des danseurs qui figurent sans doute l&rsquo;opinion publique romaine. Une stylisation des costumes et de l&rsquo;éclairage qui modernise l&rsquo;oeuvre tout en la gardant lisible. Les tenues évoquent un Orient 3.0, dans des tons crème du plus bel effet. La décoration est minimaliste, mais cela convient bien à cette tragédie antique, froide comme le marbre. Il y aussi de belles trouvailles, comme l&rsquo;idée de faire apparaître Tito en fauteuil roulant après la tentative de meurtre contre lui, ou les mouvements du chœur inspirés du hip hop pour donner un coup de jeune au peuple de Rome. Les projections vidéos puisées dans Eisenstein sont pertinentes et bien calibrées. Hélas, la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu&rsquo;elle a, et ces efforts méritoires n&rsquo;arrivent pas à maintenir durablement l&rsquo;intérêt. Coincé par le temps et un sujet qui ne l&rsquo;inspirait que très partiellement, Mozart n&rsquo;est parvenu qu&rsquo;à réussir la partie musicale de son œuvre. S&rsquo;ils sont dotés de sublimes arias, et d&rsquo;ensemble encore plus divins, les personnages restent de carton-pâte. L&rsquo;action languit, et devient parfois franchement confuse. Même le public viennois, pourtant expert, se morfond lors des interminables récitatifs, et votre serviteur a vu de ses yeux presque toute sa rangée de sièges piquer du nez à plusieurs moments.</p>
<p>Et pourtant, <strong>Pablo Heras Casado</strong> s&#8217;emploie à gorger la partition d&rsquo;une vie que son texte lui refuse. Il transforme sa fosse d&rsquo;orchestre en un volcan en fusion. Loin du Mozart ronronnant qu&rsquo;on affectionne souvent à Vienne, les <strong>Wiener Philharmoniker</strong> se laissent bousculer avec un plaisir évident. Ils répondent avec allégresse à la battue contrastée du maestro espagnol, et le dialogue entre les pupitres fourmille de vie. Précision, vigueur, cohérence, dramatisme : toutes les cases sont cochées, et les deux solistes distingués par Mozart (clarinette et cor de basset) se couvrent de gloire dans des phrases qui combinent virtuosité et cantabile le plus exquis.</p>
<p>Beaucoup de nectar à butiner aussi du côté des chanteurs : le Tito de <strong>Katleho Mokhoabane</strong> est d&rsquo;une délicatesse et d&rsquo;une précision qui raviront les gourmets les plus exigeants. On est loin des ténors héroïques, mais que de probité, de finesse et de soie dans ce chant, ce timbre d&rsquo;une douceur infinie, ces vocalises ourlées avec un art consommé. Tout au plus regrettera-t-on un léger manque de puissance dans le final, mais le Sud-Africain vient d&rsquo;avoir 30 ans, il aura largement le temps de développer sa projection. Le Sesto d&rsquo;<strong>Emily D&rsquo;Angelo</strong> a lui aussi le timbre parfait pour le rôle : tendre et androgyne, avec une moirure dans les graves qui rappelle un peu Jennifer Larmore. On aurait une titualire idéale s&rsquo;il n&rsquo;y avait comme une gêne dans la façon d&rsquo;habiter le rôle. Est-ce la faute d&rsquo;une mise en scène à laquelle D&rsquo;Angelo n&rsquo;adhère pas ? Toujours est-il qu&rsquo;elle semble gênée aux entournures dans sa façon d&rsquo;arpenter la vaste scène du Staatsoper. Et son corps ne semble connaître qu&rsquo;une seule position : face au public, avec la tête inclinée vers la gauche, ce qui est non seulement lassant a force d&rsquo;uniformité mais empêche aussi la voix de se déployer comme elle le devrait. Dommage.</p>
<p>Il n&rsquo;y a que des éloges à décerner au reste de l&rsquo;équipe : la Vitellia d&rsquo;<strong>Hanna-Elisabeth Müller</strong> privilégie l&rsquo;humanité dans son rôle, loin du venin habituel, jusqu&rsquo;à un « Non piu di fiori » qui est un condensé de pénitence et d&rsquo;oblation, où le dialogue avec le cor de basset nous emmène sur les cimes de la poésie mozartienne. Le couple Annio (<strong>Cecilia Molinari)</strong> &#8211; Servilia (<strong>Florina Illie</strong>) est touchant de grâce et de juvénilité, avec des voix saines et bien appariées. Formant un contraste appréciable avec toute cette dentelle musicale, le Publius mâle et tonnant du Brésilien <strong>Matheus Franca</strong> laisse déjà percevoir le Sarastro qu&rsquo;il donne sur d&rsquo;autres scènes. Sa raucité rappelle un Matti Salminen, qui savait lui aussi se maintenir constamment sur la ligne de crête qui sépare l&rsquo;expressionisme du classicisme.</p>
<p>On terminera par un très léger regret, celui de ne pas avoir entendu le <strong>chœur du Staatsoper</strong> au mieux de sa forme. La faute à une mise en scène qui le fait bouger un peu trop ? Un programme des jours précédents ou suivants trop chargé ? Une méforme d&rsquo;un soir ? Dommage que l&rsquo;orchestre en fusion de Heras-Casado n&rsquo;ait pas eu dans la masse chorale un interlocuteur à sa hauteur.</p>
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		<title>MOZART, Requiem (version Robert D. Levin)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mozart-requiem-version-robert-d-levin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Mar 2026 04:45:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=210418</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comme si l’offre pléthorique du Requiem n’était pas saturée, chaque saison voit sa moisson de nouveautés. Celle-ci, réalisée par de parfaits inconnus, est une belle surprise. Elle se fonde sur l’une des éditions les plus récentes : Robert D. Levin, qui avait tout d’abord réalisé la fugue de l’Amen (ajoutée après le Lacrimosa), inachevée par Mozart, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme si l’offre pléthorique du <em>Requiem</em> n’était pas saturée, chaque saison voit sa moisson de nouveautés. Celle-ci, réalisée par de parfaits inconnus, est une belle surprise. Elle se fonde sur l’une des éditions les plus récentes : Robert D. Levin, qui avait tout d’abord réalisé la fugue de l’<em>Amen </em>(ajoutée après le <em>Lacrimosa</em>), inachevée par Mozart, a reconstruit l’ensemble de la partition, en 1991, à la demande d’Helmut Rilling (1).<br />
Mozart qui n’acheva que l’<em>Introït</em> et l’essentiel du <em>Kyrie</em>, laissa des esquisses des autres numéros. Süssmayr, après Eybler, acheva le <em>Requiem</em>, imitant grossièrement la graphie de Mozart, puisque le commanditaire ne devait pas deviner la supercherie de Constance (2). Longtemps, cette version fit autorité jusqu’à ce que l’on y ajoute une autre source, antérieure, les esquisses de Mozart annotées par Eybler. Les chercheurs nourrirent les propositions, dont celle-ci qui est maintenant l’alternative la plus connue à la version qui a popularisé le <em>Requiem</em>.</p>
<p>Ce nouvel enregistrement mérite le détour, en dehors des voies empruntées par les références solidement établies. Tout familier de l’ouvrage aura bien remarqué la modification de toutes les sections à partir du <em>Sanctus</em>, un <em>Osanna</em> également réécrit, sans compter une orchestration allégée, plus mozartienne. Cette lecture, souvent inspirée, vaut non seulement par une partition débarrassée de ses scories, qui valorise d’autant le chant et les bois, mais aussi par une lecture fluide, transparente, où les textes trouvent tout leur sens.<br />
Ainsi, le <em>Lacrimosa</em> est heureusement dépourvu du caractère quasi dansant que lui donne la partie de premier violon, souvent surlignée. Le nouvel <em>Amen</em> est magistralement écrit et conduit. La proposition, qui paraîtra sacrilège à plus d’un, dérangé dans ses habitudes, illustre une démarche novatrice (3) pour ce qui est de la réalisation nouvelle du texte musical, comme pour ce qui relève de son interprétation. La partition ne se signale pas seulement par l’ajout de la grande fugue de l’<em>Amen</em> aussitôt après le <em>Lacrimosa </em>(dont la fin est modifiée), entraînant la suppression de l’<em>Amen</em> final. L’<em>Osanna</em>, surprend, réécrit, comme le <em>Benedictus</em>, l’<em>Agnus Dei</em>, le <em>Lux aeterna</em> et le <em>Cum sanctis </em>: tout familier de l’ouvrage ne manquera pas de le remarquer.</p>
<p>Les modifications ne concernent pas seulement le texte musical, elles changent radicalement les textures, allégées, et, pour ce qui concerne cet enregistrement, une approche largement renouvelée. En effet, la direction fait la part belle aux vents qui enrichissent l’<strong>Ataneres Orchestra</strong>, estompant les cordes (3), ce qui n’est que justice, en privilégiant la trame polyphonique, toujours lisible, avec vigueur et raffinement. Le ténor <strong>Michiel Haspeslagh</strong>, mué en chef, insuffle une belle énergie à chacun. Les deux chœurs, jumeaux, qu’il fonda, chantent avec une clarté et des modelés superbes, comme s’il n’y avait qu’un chanteur par partie. On n’est ni dans le baroque expressionniste, ni dans la puissance et la ferveur postromantiques.</p>
<p>Sans jamais être austère, cette version, dépouillée de son aspect luxueux et/ou maniériste, atteint à une vérité puissante, émouvante. La dynamique est constante, les tempi sont le plus souvent justes, sauf pour le <em>Sanctus</em> (adagio), pris allant, plus jubilatoire que fervent, éludant le contraste avec le <em>Osanna</em>. Une mention particulière pour le <em>Confutatis</em>, tendu, d’une admirable progression jusqu’à l’<em>Oro supplex</em>. Bien que privés de l’éclat des grandes voix qui ont illustré l’ouvrage, les solistes ne déméritent jamais et forment un ensemble harmonieux, équilibré et cohérent. Ainsi, le <em>Tuba mirum</em>, nourri d’une voix intérieure, n&rsquo;est pas prétexte à l&rsquo;exhibition des graves sonores de la basse (<strong>Thomas Vandenabeele</strong>), auxquels nous ont accoutumé plus d’un. A l’égal des chœurs, le quatuor se montre équilibré, complice. Une version qui renouvelle l&rsquo;écoute.</p>
<p>La brièveté du <em>Requiem</em> invite à des couplages variés. Ici, comme si l’œuvre sacrée de Mozart ne recelait pas nombre de pièces propres à compléter le programme, ce sont l’<em>Ave verum corpus</em>, convenu, et un choral  de Rheinberger (1879), incongru malgré ses qualités d’écriture et d’interprétation : une page homophone, où chaque phrase du choral est accompagnée d’un contrepoint savant en valeurs brèves.</p>
<p>La brochure d’accompagnement, en anglais et en néerlandais, retrace l’histoire de l’écriture du <em>Requiem</em> (non sans comporter quelques inexactitudes) et explicite la version choisie par le chef.</p>
<pre><span style="white-space: pre-line;">1. Pour mémoire, on compte plus d’une demi-douzaine de versions, dont les plus connues sont celle dite de Süssmayr (1792), de Franz Beyer (ca. 1971, chez Peters), Maunder (Carus), Druce (Novello), Arman (Carus), et celle-ci (Carus), qui s’impose maintenant le plus fréquemment. Elle fut créée par Rilling en 1991, pour la commémoration de la mort de Mozart.
</span><span style="white-space: pre-line;">2. Qui allait vendre deux exemplaires de cette partition présentée comme l’unique et ultime manuscrit de son mari. 
</span><span style="white-space: pre-line;">3. Moins cependant que la réécriture, parfaitement documentée, de Howard Arman (publiée par Carus), qui fait fi de tout ce qu’écrivit Süssmayr.
</span><span style="white-space: pre-line;">4. Gommant même certains passages, dont la doublure des voix, qui épaississent l’émission, superflus.</span></pre>
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		<title>Discothèque idéale : Mozart – La Clemenza di Tito (Gardiner, Archiv – 1991)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/discotheque-ideale-mozart-la-clemenza-di-tito-gardiner-archiv-1991/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Camille De Rijck]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Mar 2026 14:27:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On connait la suite : démission, contrition, et retour en catimini. Mais comme, dans une discographie, il n&#8217;est pas interdit de distinguer l&#8217;artiste de son œuvre, rendons à notre chef atrabilaire l&#8217;hommage qui lui revient de droit. La Clemenza de Gardiner est, de loin, la plus belle. On trouvera ténor plus chatoyant, plus coloré, plus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On connait la suite : démission, contrition, et retour en catimini. Mais comme, dans une discographie, il n&rsquo;est pas interdit de distinguer l&rsquo;artiste de son œuvre, rendons à notre chef atrabilaire l&rsquo;hommage qui lui revient de droit. <em>La Clemenza</em> de Gardiner est, de loin, la plus belle. On trouvera ténor plus chatoyant, plus coloré, plus doué dans l’art subtil des coloratures, mais cela n&rsquo;est rien en comparaison de la profondeur et de la musicalité d&rsquo;<strong>Anthony Rolfe Johnson.</strong> Lui manquera une réelle autorité dans quelques pages, mais pour combien de moments d&rsquo;émotion paroxystique, y compris dans le récitatif le plus modeste ? Il suffit d&rsquo;entendre le ténor britannique dans le finale de l’œuvre pour mesurer la blessure que lui cause sa propre clémence. <br />En plein feu d&rsquo;artifice baroque, aller chercher <strong>Julia Varady</strong> – Mme Fischer-Dieskau – déjà plongée à l&rsquo;époque dans des emplois bien plus larges est un coup de génie. Elle ne fait qu&rsquo;une bouchée d&rsquo;un personnage réputé inchantable, en lui conférant la coloration sombre de sa voix mais sans jamais renoncer à sa réserve aristocratique. <br />Quant à <strong>Anne-Sofie von Otter</strong> ? Elle est, comme toujours, la perfection même. On la capte ici au sommet de ses capacités vocales. Chacune de ses apparitions est un enchantement. Gardiner et ses <strong>English Baroque Soloists</strong> ont l&rsquo;intelligence de se garder d&rsquo;ajouter du drame au drame. Le chef britannique, dramaturge inné, tisse un drame qui laisse aux larmes le temps de couler, ainsi celles de <strong>Sylvia McNair</strong> qui est, comme toujours, exemplaire. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="355" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/vers-la-discotheque-ideale-2-1024x355.png" alt="" class="wp-image-207785"/></figure>
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		<title>MOZART, Idomeneo Re di Creta &#8211; Bruxelles (La Monnaie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-idomeneo-re-di-creta-bruxelles-la-monnaie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 05:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans l’œuvre de Mozart, Idoménée n’est surement pas la partition la plus facile à monter. Si musicalement elle recèle des pages splendides et d’une grande modernité, annonçant les chefs-d’œuvre qui suivront, principalement dans la veine Sturm und Drang fort en vogue à l’époque, le livret peine à convaincre les esprits exigeants du siècle des Lumières &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans l’œuvre de Mozart, Idoménée n’est surement pas la partition la plus facile à monter. Si musicalement elle recèle des pages splendides et d’une grande modernité, annonçant les chefs-d’œuvre qui suivront, principalement dans la veine <em>Sturm</em> <em>und </em><em>Drang </em>fort en vogue à l’époque, le livret peine à convaincre les esprits exigeants du siècle des Lumières : un sombre drame mêlant rivalité amoureuse, sacrifice inique imposé par des Dieux irascibles et rebondissements improbables sauvant la situation en dernière minute, globalement un tissu dramatique issu de la période baroque destiné au public de la génération précédente.</p>
<p>Dans sa conception, <strong>Calixto Bieito</strong>, très réputé metteur en scène du théâtre espagnol qui s’est tourné vers l’opéra depuis une dizaine d’années déjà, joue résolument la carte de la sobriété, aux limites de l’abstraction. Il pose un décor fait de six éléments mobiles, sorte de paravents dressés sur la scène comme des livres ouverts, mus par des manutentionnaires vêtus d’aubes blanches – on comprendra à la fin qu’il s’agit des infirmiers d’un hôpital psychiatrique – ménageant au fil de leurs déplacements des espaces nus, confinés ou plus largement ouverts qui permettent de faire face à toutes les situations. Certains panneaux serviront d’écran à des projections vidéo assez pauvres, mais globalement le dispositif fonctionne bien. Bieito détourne le personnage du Roi qu’il fait descendre de son piédestal, et dont il montre surtout la souffrance, au détriment de la grandeur, faisant dès lors d’Idamante le véritable héros de l’œuvre. Ce sentiment étant sans doute renforcé par la qualité relative de la prestation des deux chanteurs concernés. Une dimension humaine inédite naît alors du livret, certes porteuse d’émotions et non dénuée d’intérêt, comme par exemple le moment où des projections vidéos d’enfants faisant leur premiers pas surgissent à l’instant où Idoménée doit mener à son terme le sacrifice de son fils. Cette dimension est poussée parfois un peu loin, aux limites du ridicule dans certaines scènes, réservant à Electre ses passages les plus trash, lorsque se préparant à quitter la Crète, elle prend les chaussures d’Idamante comme des objets de fantasme, et s’en sert pour se donner de la joie. Les interventions divines sont peu investies et ne font l’objet d’aucun traitement particulier, comme si le metteur en scène refusait l&rsquo;irruption du surnaturel dans le récit. C’est un dompteur de cirque muni d’un fouet qui incarne le monstre marin, sans réussir à réellement impressionner le spectateur. En quittant volontairement les conventions du théâtre baroque, ce qu’on ne peut lui reprocher, le metteur en scène ne convainc pas à proposer une alternative dramatique compatible avec les énormes tensions imposées par le livret. La pièce tire un peu en longueur et certaines questions cruciales, comme par exemple le pourquoi du pardon des Dieux qui amène le <em>happy</em> <em>end</em> final ne sont pas résolues, de sorte que le spectateur reste sur sa faim.</p>
<p>La distribution vocale est largement dominée par l’Idamante de <strong>Gaëlle</strong> <strong>Arquez</strong>, voix magnifique, puissante, richement colorée, avec un vibrato assez large mais contrôlé, et particulièrement efficace sur le plan dramatique, mue par une ardeur et un engagement scénique remarquables. A ses côtés, très satisfaisante également, <strong>Kathryn</strong> <strong>Lewek</strong> qui chante Electre n’est pas en reste. Même puissance, même richesse de couleurs, et une incarnation du rôle qui lui vaut une ovation du public. Dans un registre un peu moins spectaculaire mais très fine musicienne, la soprano israélienne <strong>Shira</strong> <strong>Patchornik </strong>qui chante Ilia présente une voix charmante, manquant parfois un peu de puissance face à une masse orchestrale très présente. La vraie déception de la soirée vient du rôle-titre, tenu par le ténor américain formé à la Nouvelle Orléans <strong>Joshua</strong> <strong>Stewart, </strong>qui assoit sa prestation sur son physique imposant, mais présente des lacunes techniques perceptibles, face aux difficultés d’un rôle très lourd. Si la voix est puissante, elle est souvent projetée avec violence, aux limites du cri, dégageant une impression d’inconfort et débouchant dès l’acte II sur une fatigue vocale bien compréhensible. L&rsquo;intonation s&rsquo;en ressent et la palette de couleurs s’en trouve limitée, les vocalises sont peu soignées. La mise en scène en fait un personnage fragile, dépassé par son destin – il finira dans un service psychiatrique à subir des électrochocs – refusant le caractère héroïque imposé par le livret, certes touchant sur le plan humain mais contestable sur le plan dramaturgique, très éloigné des modèles de l’Antiquité. L’autre ténor de la distribution, américain  également, <strong>Michael</strong> J. <strong>Scott</strong> qui chante le grand prêtre de Neptune n’est pas entièrement satisfaisant non plus ; il montre dès sa première intervention des signes de faiblesse dans le registre aigu, une voix tendue à l’excès, peu compatible avec la sérénité qu’on est en droit d&rsquo;attendre pour le rôle. Enfin, soulignons l’excellente prestation de la basse <strong>Frederic</strong> <strong>Jost</strong> dans le petit rôle de la voix, chanté depuis la fosse, c’est au moins aussi convaincant que s’il apparaissait descendant des cintres sur un nuage de carton-pâte.</p>
<p>C’est en fait la direction musicale de <strong>Enrico</strong> <strong>Onofri</strong> qui sauvera la mise : particulièrement dynamique tout au long de la soirée, il conduit l’orchestre – en très grande forme – avec une belle énergie communicative, beaucoup de soin dans la réalisation, des tempi rapides qui assurent des enchaînements fluides, entraînant dans cette belle agogique des chœurs excellents eux aussi, fort présents et pour une fois totalement inclus dans la mise en scène.</p>
<pre>NB : Les spectacles de la Monnaie, et les œuvres de Mozart plus particulièrement, sont généralement <em>sold</em> <em>out</em> des semaines à l’avance. Un rapide coup d’œil au site de la billetterie montre qu’il reste quelques places disponibles à peu près pour toutes les représentations.</pre>
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