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	<title>Hans ZENDER - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Hans ZENDER - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>Hans Zender : Schuberts Winterreise</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/hans-zender-schuberts-winterreise-schubert-sauce-zender/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Dec 2018 08:13:17 +0000</pubDate>
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<p>Le succès grandissant que connaît la recomposition du <em>Voyage d’hiver </em>de Schubert par Hans Zender méritait au moins un enregistrement. En effet, nombre des ténors les plus en vue du moment se sont emparé de cette partition, lui assurant une notoriété allant bien au-delà du cercle très fermé des mélomanes bouléziens. C’est au jeune ténor <strong>Julian Prégardien</strong>, Liedersänger déjà confirmé, que revient la responsabilité de cet enregistrement.</p>
<p>Pour rappel, ce <em>Winterreise</em> d’après Schubert est bien plus qu’une simple transcription pour petit orchestre d’un cycle pour piano et voix. Il s’agit de tout un travail de réécriture, de recomposition de l’œuvre. Celle-ci reste tout à fait identifiable, mais Zender se plait à y glisser quelques dissonances, à couper brutalement les phrases musicales ou encore à éclater complètement le discours au moyens de modes de jeu faisant écho à la musique de Lachenmann. On peut ne pas apprécier les propositions faites par le « re-compositeur », considérer que cette transcription n’est que singerie lisztienne, ou que l’on perd en intimité avec un effectif aussi fourni, force est de constater que la lecture proposée par Zender est cohérente, et que les nouvelles idées musicales introduites sont toujours au service de la musique et du texte préexistants.</p>
<p>Soulignons la particularité de l’exercice pour Prégardien-fils. Alors que son père a déjà enregistré la version originale du <em>Voyage</em> à plusieurs reprises, son fils ne s’est pas encore risqué à l’exercice. C’est donc par Zender qu’il vient à Schubert, ce qui est loin d’être une garantie de sécurité. En effet, cette recomposition opte pour les lieder dans leur tonalité d’origine, encore plus aiguë pour certains que celle habituellement chantée par les ténors.</p>
<p>Pourtant, rien ne semble franchement effaroucher le chanteur qui mène son chemin tant et si bien que l’on ne décèle pas de réelle fatigue vocale (à l’exception d’un « Wegweiser », où le lyrisme finit par laisser poindre des aigus à peine vacillants). Bien plus que cela, ce sont des propositions musicales très touchantes qui émergent au cours de ce voyage, à l’image d’un « Erstarrung » sans emphase, où le drame se déroule intérieurement. A cette lecture à rebours des ultra-romantismes, Julian Prégardien ajoute une prononciation allemande équilibrée et transparente jusque dans les passages les moins traditionnels de l’œuvre.</p>
<p><strong>Robert Reimer </strong>mène la Deutsche Radio Philharmonie d’une baguette précise, qu’une transparence des timbres et une prise de son juste assez résonante viennent magnifier. On s’interroge cependant à de nombreuses reprises sur la pertinence des tempi choisis. Si les lectures de Schubert façon Celibidache dans la Neuvième de Bruckner ne sont, Dieu merci, plus de ce siècle, de nombreux numéros semblent passer franchement vite dans cet enregistrement, « Frühlingstraum » perdant ainsi une bonne dose de sa poésie. A l’inverse, « Erstarrung » et « Einsamkeit » gagneraient certainement  en qualité avec un peu moins de rigidité dans l’articulation. Il n’est cependant pas exclu que ces choix soient ceux opérés par Zender lui-même, auquel cas chef et soliste seraient à mettre hors de cause.</p>
<p>Malgré quelques réserves, cet album attire certainement l’attention de l’auditeur sur les capacités musicales de Julian Prégardien, et l’on souhaite ardemment qu’un <em>Winterreise</em> (sauce Schubert, cette fois) voie le jour dans les années à venir.</p>
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		<title>ZENDER, Die Winterreise — Freiburg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-voyage-ahurissant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Emmanuel Lephay]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Mar 2010 06:26:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Hans ZENDER (né en 1936)   Schuberts Winterreise « Une interprétation composée » pour ténor et petit orchestre (1993)   Hans Zender    Steve Davislim, ténor SWR Sinfonierorchester Freiburg &#8211; Baden-Baden Direction musicale : Sian Edwards   Freiburg im Breisgau, E-Werk, 25 mars 2010     Un voyage ahurissant   Le Schuberts Winterreise de Hans Zender est une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          <strong>Hans ZENDER</strong></p>
<p>(né en 1936)</p>
<p> </p>
<p><strong>Schuberts Winterreise</strong></p>
<p>« Une interprétation composée » pour ténor et petit orchestre (1993)</p>
<p> </p>
<p></p>
<p>Hans Zender</p>
<p>  </p>
<p>Steve Davislim, ténor</p>
<p>SWR Sinfonierorchester Freiburg &#8211; Baden-Baden</p>
<p>Direction musicale : Sian Edwards</p>
<p> </p>
<p>Freiburg im Breisgau, E-Werk, 25 mars 2010</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>  </strong></p>
<p><strong>Un voyage ahurissant</strong></p>
<p> </p>
<p>Le <em>Schuberts Winterreise</em> de Hans Zender est une (re)lecture d’une œuvre du XIXe s. par un compositeur du XXe s., en l’occurrence, une « amplification » du matériau schubertien tant au niveau instrumental (le ténor est ici accompagné par une vingtaine de musiciens) qu’au niveau du discours musical puisque les éléments mélodiques et rythmiques de la partition de Schubert sont développés, brodés, répétés, distordus avec parfois des éléments de XXe s. : <em>klangfarbenmelodie</em>, bruitisme, cluster… On reconnaît cependant toujours chaque lied du cycle. </p>
<p>Si l’on prend par exemple le tout premier, <em>Gutte Nacht</em>, Zender évoque les pas, le cheminement (tant physique que spirituel) du voyageur par des soufflements issus des instruments à vent et des percussions. Progressivement, l’accord de Ré mineur apparaît puis les premières notes du motif mélodique (Fa-Mi-Ré-La) sont répétés en canon et en boucle par les clarinettes (réparties autour du public) avant qu’un Ré entêtant et hurlant envahisse le champ sonore. La voix entre ensuite sur la mélodie connue. Mais plus loin, tout semble « dérailler » : la voix, soudainement amplifiée, hurle les vers « L’amour aime l’errance, Dieu l’a ainsi fait – il passe de l’un l’autre – douce bien-aimée, bonne nuit ! ». On se retrouve alors plongé dans l’expressionnisme le plus pur avant que la voix ne rechante doucement et sagement « douce bien-aimée, bonne nuit ! ». </p>
<p>Le lecteur aura compris le « principe » (si principe il y a) de Zender qui offre là une relecture (une « interprétation composée » dit-il lui-même) tout à fait fascinante du cycle schubertien, un cycle que, après avoir vécu l’expérience du voyage zendérien, il est impossible de réécouter comme avant. Car d’expérience, il s’agit bien : l’intensité de cette réinterprétation de Zender est telle que l’on ressort du concert complètement retourné. La relecture du dernier lied (<em>Der Leiermann</em>, <em>Le joueur de vielle</em>) est, il est vrai, hallucinante et hallucinée : si, avec Schubert, on est déjà au bord du gouffre, on plonge dans une noirceur abyssale avec Zender (préparée par l’accentuation d’une ambiance cauchemardesque à de nombreuses occasions du cycle). La quinte obstinée de Schubert devient ainsi chez Zender le fondement d’un cluster qui finit par engloutir le discours tel un trou noir englobant la matière. Il faut un moment pour reprendre ses esprits après une telle fin. </p>
<p> </p>
<p>L’interprétation que nous offre le SWR Sinfonieorchester de Freiburg &#8211; Baden-Baden est admirable. Dirigé d’une main experte et sûre par Sian Edwards (avec peut-être un peu trop de force parfois cependant), les musiciens font valoir leurs admirables qualités de musicalité (la partition leur offre à tous l’occasion de briller). Certes le trombone alto manque l’appel initial du sixième lied <em>Wasserflut</em>, mais la manière dont il fait superbement chanter son instrument par la suite rattrape cette entrée (d’une difficulté extrême, précisons-le). </p>
<p>La performance de Steve Davislim est également remarquable. La voix est séduisante, souple et légèrement corsée (on est plus proche de Prégardien que de Schreier par exemple). Le chanteur maîtrise son instrument avec grande intelligence et il n’est jamais tenté de forcer ses moyens (ce que la masse orchestrale pourrait l’entraîner à faire). Se vantant d’une belle prononciation de l’allemand, sa lecture est stylée et dramatiquement prenante. De la très belle ouvrage. </p>
<p> </p>
<p>Un mot enfin sur la qualité du public, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Le silence, la concentration, le « partage » de l’intensité de l’œuvre furent exceptionnels (nous sommes en Allemagne&#8230;). Porté par un tel public, l’émotion qui nous submergea lors du dernier lied fut encore accrue lorsque nous eûmes la surprise et le bonheur de voir s’avancer le compositeur vers les artistes. L’ovation qu’il reçut alors fut le plus cadeau que nous pouvions faire à ce compositeur qui a transformé notre écoute du <em>Winterreise</em> de Schubert. </p>
<p> </p>
<p><strong>Pierre-Emmanuel Lephay</strong></p>
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