Réponse à l'article "pourquoi tant de huées?"

Par Anonyme (non vérifié) | sam 14 Avril 2012 | Imprimer

 
En réaction à notre critique de "La Muette de Portici)
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De province, je suis "monté" spécialement à Paris pour écouter et voir l'oeuvre d'Auber. Las ! Déception ! Une mise en scène quelconque, des danseurs qui ne savent pas ce qu'est une tarentelle, un timbalier qui ne sait pas réaliser un crescendo, une Muette "agitée du bocal", deux interprètes parmi les principaux (M. Mirinov et E. Gutierrez) totalement décevants... et je n'entre pas dans les détails. Et vous vous étonnez qu'il y ait des huées? Mais c'est votre critique qui étonne, par son laxisme, unz critique dont on se demande si elle frise plus la complaisance ou la non-connaissance de l'oeuvre (et du style)? Quand on lit dans le programme (p. 7) "que l'opéra romantique des années 1820-1840 ... mérite, au même titre que l'opéra baroque, d'être exploré méthodiquement, restitué scrupuleusement", on se dit que ce n'est pas ni avec une semblable production, ni avec votre papier, qu'on va aider le public à l'apprécier. Vous avez aimé ?
Eh bien, vous n'êtes pas difficile !
Jean-Luc Perrot
La réponse de la Rédaction
Cher Monsieur,
À mon humble avis, vous défendez quelque chose qui est un peu dangereux : le fait, qu'en matière d'appréciation d'un spectacle, il y aurait une Vérité, avec un grand "v". Dès lors ceux qui aiment, ceux qui apprécient, y compris avec des réserves ont tort, vu que vous avez raison. Sans avoir vu ce spectacle, je crois en l'absolue sincérité de notre rédacteur (en chef, qui plus est) et j'ose croire que ce qu'il écrit, il l'a réellement ressenti et que ce ressenti puise dans une culture et un savoir qui n'est plus à démontrer. Il est donc aussi valide que
le vôtre. Le reste est du domaine de la subjectivité...
Amitiés,
HM
La réponse de notre lecteur
Chère Madame,
Merci d'avoir pris la peine de me répondre. Je ne crois pas être suffisamment naïf pour penser qu'il y a une vérité seule et unique en art. Mais ... puis-je vous livrer quelques réflexions, que vous connaissez certainement, d'ailleurs ? En mathématiques, 4 + 5 font 9, mais 3 + 3 + 3 font aussi 9, ainsi que 7 et 2, etc... En revanche, 8 + 5 n'a jamais fait 9.
Il en est de même en musique où l'on peut accepter de multiples points de vue. Toutefois, sous prétexte de tolérance, et de regards pluriels, il a parfois des à peu près que la presse ne devrait pas défendre.
La culture de votre rédacteur en chef vaut-elle la mienne ? Que savez-vous de la mienne, moi qui suis à la fois interprète et parfois critique (pour un quotidien régional) ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Luc_Perrot
Domaine de la subjectivité ? Certes, il y en a en art, bien plus qu'en mathématiques.
Mais est-ce de la subjectivité que de subir, quand on a payé sa place et que l'on a fait spécialement le déplacement :
- des danseurs qui ne savent pas ce qu'est une tarentelle ?
- un timbalier qui ne sait pas réaliser un crescendo ?
- une Muette complètement hystérique ?
- M. Mirinov, qui n'est plus audible au delà du 3e rang ?
- Madame E. Gutierrez qui ne parvient pas à chanter les notes aiguës de son rôle ?
Et j'en passe... bien sûr, que la place et le temps ne me laissent pas détailler.
Mercredi 11/04 (qui n'était pas la première où l'on peut avoir l'excuse du trac, du manque de répétitions, etc...), il y avait bien des manques flagrants de compétences, qui ont d'ailleurs été, à juste titre je crois, hués.
Quand un chanteur ne peut pas "passer la rampe", c'est comme lorsque qu'on fait une addition dont le total est faux (on peut être certes plus ou moins proche du résultat).
Quand une chanteuse ne sort pas ses aigus, c'est la même chose.
Le rôle de la presse est de relater ces faits, non d'arguer de subjectivité ou d'humeur. C'est un service à rendre au public, mais aussi aux artistes, car un article complaisant n'aide pas beaucoup.
D'ailleurs, quand une interprétation n'est pas "à la hauteur", il faut s'interroger tout autant sur les artistes que sur ceux qui les ont engagés.
Vous avez mon accord pour publier mon courrier, avec cette présente réponse-complément, dans le courrier de vos lecteurs, avec mon nom (car je signe de mon nom, sans anonymat).
Avec mes meilleurs sentiments musicaux.
Jean-Luc Perrot