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	<title>Analekta - label - Forum Opéra</title>
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	<title>Analekta - label - Forum Opéra</title>
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		<title>BACH &#8211; MENDELSSOHN, Matthäus Passion</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Apr 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1789, Mozart réorchestrait <em>Le Messie</em>, que Van Swieten lui avait fait découvrir, en même temps que d’autres, dont l’œuvre pour clavier de Bach. Le souvenir du Cantor lui survivait ainsi, par-delà ses fils. Mais il appartenait à Mendelssohn de lui donner sa place – fondamentale – dans le corpus musical occidental, devenu universel. Ce qui est proprement inimaginable, c’est qu’un gamin de 15 ans, auquel on avait offert une copie de la Passion selon Saint-Matthieu pour son anniversaire, allait oser en arranger la partition pour la donner, à vingt ans, à la Singakademie de Berlin, en 1829, soit cent-un ans après sa création. 150 chanteurs, 70 instrumentistes furent mobilisés pour l’occasion. Ainsi inscrivait-il dans l’histoire la résurrection de Bach, et le début de sa propre célébrité (1).</p>
<p>Après sa mort, le texte de Mendelssohn migra en Grande-Bretagne, son petit-fils léguant la partition à la <em>Bodleian Library</em> d’Oxford. Ce n’est qu’en 2023 que la partition fut éditée par Bärenreiter, autorisant ce premier enregistrement augmenté de parties retrouvées (2).</p>
<p><em>Par le passé, approcher un répertoire antérieur relevait d’une question pratique consistant pour un compositeur à «&nbsp;personnaliser&nbsp;» le style oublié d’un prédécesseur pour l’adapter à son propre langage</em> (Malcolm Bruno, dans la notice d’accompagnement).</p>
<p>Les violes avaient disparu, exit donc les airs avec viole de gambe solo (« Geduld », n°41 pour ténor, et « Komm süsses Kreuz, n°66 pour basse); la clarinette était devenue l’instrument roi des bois, donc elle remplace le hautbois ; les parties de cordes sont réorganisées. Le piano-forte se substitue au clavecin (ou à l’orgue) pour le continuo. Voilà pour l’orchestration. L’idiome romantique remplace celui du baroque. Le discours lui-même est sensiblement modifié : les récitatifs sont écourtés et intégrés à la trame continue de la musique. Ainsi, la durée est-elle réduite d’un tiers. (3)</p>
<p>Le chef, <strong>Christopher Jackson</strong>, a fait le choix d’une lecture claire, toujours lisible, le plus souvent retenue, recueillie, à l’égale des peintres nazaréens (4) qu’appréciait Mendelsssohn. L’enregistrement dépasse la simple curiosité, renvoyant les plus âgés des auditeurs aux toutes premières versions enregistrées, empreintes d’une religiosité piétiste, bien qu’à la différence de celle-ci, elles aient été basées sur la première édition monumentale de la <em>Bach Gesellschaft</em> (1854). C’est une histoire touchante qui nous est contée, jamais un drame auquel nous prenons part. Qu’il s’agisse de l’orchestre, des solistes comme des chœurs, c’est propret, consciencieux, mais le souffle fait défaut. Pour autant, la beauté est bien réelle : ainsi l’aria de soprano « Aus Liebe will mein Heiland sterben », aérien, céleste, retenu, désincarné, ainsi celui de basse « Mache dich, mein Herze rein », serein, empreint de joie intérieure. La vigueur est limitée (l’air des trente deniers, n°51, confié lui aussi à la basse). Les chorals sont chantés avec simplicité, sans effets ajoutés comme le pratiquent de nombreux baroqueux, on apprécie. Les grands chœurs, la polychoralité, les chœurs de <em>turba </em>sont impeccables, mais relevant de cette esthétique qui prive l’ouvrage de son caractère dramatique. A cet égard, l’enregistrement – maintenant vieux de plus de trente ans de Christoph Spering, à mi-chemin entre le dolorisme du baroque et le pathétique, est plus proche de nos attentes, même si, historiquement, ce dernier venu paraît plus fidèle à la pratique de Mendelssohn.</p>
<p>L’instrumentation surprend, particulièrement les récitatifs, avec piano, ou aux cordes. La disparition de la viole de gambe et des <em>oboe da caccia</em>, à la verdeur si efficace, appauvrit l’ouvrage. La réécriture est manifeste en de nombreux endroits, mais a parfaitement intégré la pratique du Cantor, au point que l’on doit recourir à la partition pour confirmer son impression (par exemple, l&rsquo;écriture des cordes dans l’ultime chœur).</p>
<p>Les solistes jamais ne déméritent, et vont même au-delà de nos attentes. Les voix de femme (<strong>Clara Rottsolk</strong> et <strong>Luthien Brackett</strong>) ont une fraîcheur juvénile séduisante, la longueur et l’articulation exemplaires. Ténor (<strong>Isaiah Bell</strong>) et basse (<strong>Enrico Lagasca</strong>) ne sont pas en reste. L’Evangéliste (<strong>Dann Coakwell</strong>) est remarquable et on ne saurait lui tenir rigueur de jouer le jeu imposé par la direction, comme Jésus, Judas, Pierre, le Grand-prêtre et Pilate. Les chœurs sont solides, précis, parfaitement préparés, et la qualité de leur allemand, appréciable pour des Américains.</p>
<p>Que ce soit au travers de cet enregistrement (public) d’une grande fidélité littérale et stylistique à la version de Mendelssohn, ou avec la gravure ancienne de Christophe Spering, il faut connaître cette réalisation pour comprendre l’évolution interprétative du chef-d’œuvre.</p>
<ul>
<li>
<pre>1. A la différence de l’héritier, le légataire peut être conduit à prendre des décisions importantes concernant les biens du défunt. Mendelssohn reprendra cette Passion en 1841 à la <em>Thomaskirche</em> de Leipzig, où il dirigeait le <em>Gewandhaus Orchester</em>.&nbsp;
2. Cependant, dès 1992, Christoph Spering en gravait la version 1841 (Opus 111/Naïve), ensuite en 2000 puis 2015, György Vashegyi la donnait à Budapest avec son Purcell Choir et l’Orfeo Orchestra, sur instruments d’époque (un CD d’extraits).
3. Toutefois ces altérations manifestes sont moins importantes que celles que Mozart imposait au <em>Messie</em>, à la demande de Van Swieten. Elles sont de même nature que le traitement que Berlioz faisait subir à l’<em>Orphée</em> de Gluck (transcrit pour Pauline Viardot, mezzzo, arrangé à partir des versions italienne et française, réorchestré pour instruments «&nbsp;modernes&nbsp;», avec une fin écourtée et modifiée).
4. Ferdinand Olivier, Führich, Koch etc., dont la douceur un peu sucrée traduit une vision qui marquera l’imagerie pieuse durant plus d’un siècle. On est très loin de l’expressionnisme des Passions de Dürer.</pre>
</li>
</ul>
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		<title>Alma oppressa &#8211; Vivaldi &#8211; Handel : Arias</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/alma-oppressa-vivaldi-handel-arias-cest-indispensable-la-virtuosite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jun 2017 05:54:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Et si le baroque ne convenait pas à toutes les voix ? Ni même le premier romantisme ? La mezzo québécoise Julie Boulianne était récemment Cenerentola à Limoges, elle fut le Roméo de Bellini à Reims, et on a pu l’entendre dans Mozart à Paris. Néanmoins,  on peut se demander si ce répertoire, sans doute conseillé par &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Et si le baroque ne convenait pas à toutes les voix ? Ni même le premier romantisme ? La mezzo québécoise <strong>Julie Boulianne</strong> était récemment <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/la-cenerentola-limoges-tourbillonnant-florian-sempey">Cenerentola à Limoges</a>, elle fut <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-bel-canto-sacre-roi-a-reims">le Roméo de Bellini à Reims</a>, et on a pu l’entendre dans Mozart à Paris. Néanmoins,  on peut se demander si ce répertoire, sans doute conseillé par la sagesse d’une jeune artiste, est bien celui où elle est destinée à s’épanouir au mieux. Le disque Vivaldi-Haendel qui vient de paraître chez Analekta inspire en effet quelques remarques à ce propos.</p>
<p>Cette suite d’airs tantôt célébrissimes, tantôt moins fréquentés, séparés par quelques respirations orchestrales, permet de retrouver un timbre superbe, profond et chaud, que l’on avait déjà pu apprécier dans un <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/gustav-et-alma-sont-sur-un-bateau">disque consacré au couple Mahler</a>, sorti il y a plusieurs années. Naturellement, ces arias font aussi la part belle à la virtuosité, comme c’est presque inévitable dans la musique du Vénitien et du Saxon. Et c’est là qu’on peut émettre des réserves. Oh, la vocalisation est maîtrisée, le problème n’est pas là. Simplement, cette pyrotechnie-là n’éblouit pas, et l’auditeur n’est saisi d’aucun sentiment d’urgence. Le travail est très propre, mais cela ne suffit pas tout à fait. On voudrait davantage, on aimerait être empoigné, mais on reste extérieur. Et dans les passages où les notes se multiplient, là où il faudrait du brillant, la voix perd justement la richesse de couleurs qui séduit dans les airs moins rapides.</p>
<p>Peut-être l’ensemble <strong>Clavecin en Concert</strong>, dirigé par <strong>Luc Beauséjour</strong>, n’était-il pas de nature à introduire le grain de folie qu’on rêve toujours de trouver dans l’interprétation de cette musique. Là aussi, l’exécution est nette, sans bavures, mais</p>
<p>Après tous ces reproches, développons plutôt les qualités de ce disque. L’ airs d’<em>Andromeda liberata</em> convient fort bien à Julie Boulianne : dans cette plainte, la voix est libre de nous émouvoir, ce à quoi elle parvient à merveille. Entre la beauté du grave et la délicatesse du phrasé, l’amateur est ici comblé, et le très bref « Dite oimè ! » est également un pur bijou. D’<em>Ariodante</em>, on préférera « Qui d’amor » à « Con l’ali di costanza », pour les mêmes raisons, et le « Cara speme » de <em>Giulio Cesare </em>fait mouche. Quant à l’ultime plage, « Salda quercia », peut-être a-t-elle été placée là parce que la virtuosité s’y avère enfin compatible avec la richesse du timbre.</p>
<p>On se prend donc à songer à un avenir plus ou moins proche, dans lequel la mezzo pourra s’affranchir du répertoire vocalisant et se consacrer à d’autres musiques. Et pourquoi pas du côté de l’opéra français, puisqu’on a pu l’entendre à Nantes dans <em>L’Heure espagnole</em> ?</p>
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