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	<title>Audite - label - Forum Opéra</title>
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	<title>Audite - label - Forum Opéra</title>
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		<title>Selected Lieder</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/selected-lieder-pudique-edelweiss/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Oct 2019 04:00:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Née à Lucerne en 1938, Edith Mathis est encore bien de ce monde, mais cette artiste a toujours cultivé une telle discrétion qu’il serait pardonnable de la croire depuis longtemps disparue. La soprano suisse eut aussi la modestie de ne jamais viser des rôles au-delà de ce que lui permettaient ses moyens vocaux : mozartienne avant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Née à Lucerne en 1938, <strong>Edith Mathis</strong> est encore bien de ce monde, mais cette artiste a toujours cultivé une telle discrétion qu’il serait pardonnable de la croire depuis longtemps disparue. La soprano suisse eut aussi la modestie de ne jamais viser des rôles au-delà de ce que lui permettaient ses moyens vocaux : mozartienne avant tout, elle fut Suzanne, Zerline ou Pamina, sans jamais chercher à aborder des personnages plus lourds. Du <em>Freischütz</em> elle finit par oser Agathe après avoir longtemps été Ännchen. Chez Richard Strauss, c’est seulement en 1990, à la veille de ses adieux à la scène, qu’elle délaissa Sophie pour tenter la Maréchale. Pourtant, en écoutant sa voix, on comprend immédiatement que l’on n’a pas affaire à un petit rossignol car, outre sa fraîcheur souriante et la délicatesse du phrasé, le timbre inclut aussi une distinction, une fermeté qui auraient pu l’inciter à aborder plus tôt des emplois plus risqués. Si virginal que sonne ce chant, il aurait aussi pu se prêter à des héroïnes moins exclusivement juvéniles.</p>
<p>L’an dernier, pour les 80 ans de la soprano, Deutsche Grammophon publia <em>The Art of Edith Mathis</em>, coffret de sept CD regroupant avant tout des extraits d’intégrales de studio. Avec un peu de retard, le label Audite vient à son tour aider l’artiste à souffler les bougies de son gâteau d’anniversaire en publiant, dans sa série « Historic Performances », la captation radio d’un concert donné en 1975 dans le cadre du Festival de Lucerne. Un programme généreux – près d’une heure vingt de musique – et assez original pour introduire Bartók parmi les compositeurs germaniques bon teint.</p>
<p>Ayant participé à plusieurs créations mondiales, notamment celle de l’opéra de Henze <em>Der Junge Lord </em>(1965), Edith Mathis n’avait pas de réticence face à la musique de son temps. Les <em>Chants populaires slovaques</em> de 1924, qui furent également chantés par Irmgard Seefried dans leur version allemande, apportent au programme une touche de modernité sans avoir de quoi effrayer le public. Edith Mathis les aborde avec le même naturel que les autres pages de ce récital.</p>
<p>Le programme se poursuit dans la veine populaire avec quelques-uns des <em>Volkslieder</em> de Brahms. Ce choix nous épargne les pages les plus rabâchées du compositeur. Un regret au passage : Audite n’a pas jugé bon de reproduire les textes des mélodies (sans même parler de leur éventuelle traduction dans un autre idiome).</p>
<p>Passant à Schumann, la soprano retient, de ce copieux cycle pour deux voix qu’est <em>Myrthen</em>, quelques-unes des mélodies plutôt destinées à une interprète féminine, chantées avec une sensibilité pudique et frémissante. Face à Richard Strauss, c’est encore la modestie qui prévaut. Aux divas, Edith Mathis laisse les <em>Morgen</em>, <em>Cäcilie</em> et autres grandes envolées au lyrisme extroverti. On entend ici la voix d’une Zdenka, pas celle d’une Arabella. En bis, un Wolf particulièrement bien choisi, puisqu’il s’agit de l’éloge des petites choses, des perles et des roses si belles malgré leur petite taille.</p>
<p>Concluons avec ce qui ouvrait le récital, et où Edith Mathis reste une référence intemporelle : les lieder de Mozart, qui lui vont comme un gant et qui semblent avoir été écrits pour elle. C’est l’occasion de l’unique incursion hors de la langue allemande, avec « Dans un bois solitaire », que la Suissesse dit dans un français fort correct. Grands moments d’émotion que l’histoire de la tendre violette heureuse d’être piétinée et des autres menus incidents évoqués dans ces poèmes. Par chance, la soprano avait trouvé en la personne de <strong>Karl Engel</strong> un accompagnateur parfaitement assorti, un pianiste qui ne tirait jamais la couverture à soi, comme si l’un et l’autre rivalisaient de modestie.</p>
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		<title>Sardanapalo &#8211; Mazeppa</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/sardanapalo-mazeppa-franz-aurait-voulu-sappeler-giuseppe-ou-richard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 May 2019 09:00:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les lieder et mélodies de Franz Liszt attirent de plus en plus d’interprètes, on ne s’en plaindra pas. Curieusement, surtout pour un compositeur formé en grande partie à Paris, le Hongrois ne passa jamais par la case opéra. N’aurait-il jamais eu la tentation de le faire ? Bien sûr que si, mais dans la multiplication de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les lieder et mélodies de Franz Liszt attirent de plus en plus d’interprètes, on ne s’en plaindra pas. Curieusement, surtout pour un compositeur formé en grande partie à Paris, le Hongrois ne passa jamais par la case opéra. N’aurait-il jamais eu la tentation de le faire ? Bien sûr que si, mais dans la multiplication de ses activités, il ne put y accorder le temps ou l’attention que cela aurait demandé. Nombreux sont les projets qui ne débouchèrent sur rien, ou du moins sur pas grand-chose. En revanche, le <em>Sardanapale </em>dont il eu l’idée vers le milieu des années 1840 aurait peut-être fini par aboutir s’il n’avait achoppé sur la question du livret. Initialement, l’opéra inspiré d’un poème de Byron (déjà source d’une célèbre toile de Delacroix en 1827, d’une cantate grâce à laquelle Berlioz décrocha le Prix de Rome en 1830, et qui allait continuer à hanter cette institution jusqu’en 1901, puisque Ravel eut à concevoir une <em>Myrrha</em> sur le même sujet) aurait dû être écrit en français. Arès la défection du premier librettiste envisage, Liszt passa à l’italien, et reçut un livret complet pour lequel il exigea quelques retouches. Il obtint satisfaction pour le premier acte, mais la version révisée des deuxième et troisième ne lui parvint peut-être jamais. Et voilà pourquoi son <em>Sardanapalo </em>s’arrête à la fin du premier acte. Quelque 110 pages manuscrites pleines de trous et de blancs que personne n’aurait envisagé de faire jouer jusqu’au jour où le musicologue britannique David Trippett s’en est emparé pour tirer un matériel utilisable de cette partition plusieurs fois révisées par son auteur. En dehors de l’accompagnement orchestral parfois simplement suggéré qu’il a dû abondamment compléter, l’intervention du musicologue a surtout consisté à inventer 20 mesures pour ajouter une strette conclusive à cet acte. Il a aussi fallu la collaboration de musicologues italiens pour toiletter le livret.</p>
<p>Nous avions annoncé <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/lunique-opera-de-franz-liszt-bientot-cree-a-weimar">en mai 2018 la création mondiale</a> de cette partition reconstituée. Evidemment, les choses ne se sont pas passées exactement comme prévu, puisque le chanteur prévu dans le rôle-titre a finalement dû renoncer (tombé malade une semaine avant le concert, Charles Castronovo avait déjà connu la même mésaventure pour diverses résurrections organisées par le Palazzetto Bru Zane), mais l’œuvre n’en a pas moins été enregistrée en août dernier à Weimar.</p>
<p>En dehors de la frustration liée à l’interruption d’un opéra aussitôt après l’exposition que permet le premier acte, ce <em>Sardanapalo</em> connaîtra-t-il un jour les honneurs de la scène ? Pourquoi pas, dans la mesure où Liszt a su très habilement prélever son miel partout où il le trouvait, dans le chromatisme de celui qui n’était pas encore son gendre, Wagner, comme dans l’école italienne et son nouveau représentant, Verdi. Le mélange des deux donne un résultat assez intéressant qui préfigure certaines musiques de la fin du XIXe siècle, même si la construction du livret lorgne encore du côté de Donizetti, et comme on ne rencontre au total que trois personnages, on serait assez près du format de la cantate de Prix de Rome s’il n’y avait la présence du chœur des femmes du harem. Comme bien d’autres héroïnes romantiques, Mirra, l’esclave éprise du roi, chante sa patrie perdue ; Sardanapale (ténor) obtient aussitôt après l’aveu de son amour ; le grand-prêtre Beleso (basse) vient alors le rappeler à la réalité de ses fonctions et à la nécessité de partir combattre l’ennemi, l’acte se concluant sur un trio où chacun exprime ses sentiments, cependant qu’une marche pompeuse accompagne le départ de Sardanapale pour le front. Très peu d’action, somme toute, mais ce ne serait pas la seule œuvre à présenter ce défaut.</p>
<p>Portée par la Staatskapelle Weimar que dirige <strong>Kirill Karabits</strong>, la musique de Liszt convainc et l’on y entend de fort belles choses. Les dames du chœur d’opéra du Théâtre de Weimar ont assez peu à chanter mais le font avec beaucoup d’élégance. Comme on l’aura compris d’après le résumé ci-dessus, le rôle le plus bref est évidemment celui du méchant, auquel <strong>Oleksandr Pushniak</strong> prête une voix puissante au grave sonore. Sauveur de l’opération, <strong>Airam Hernández</strong> a récemment chanté Alfredo à Toulouse (il y revient en septembre pour Pollione) et sera pour beaucoup la révélation de cet enregistrement, et les solides qualités de ce ténor devraient lui permettre une belle carrière. Le documentaire réalisé lors des premiers essais de reconstitution de la partition donnait à entendre le rôle de Mirra chanté par la voluptueuse soprano arménienne Anush Hovhanissyan. Pour la création mondiale, elle a cédé la place à <strong>Joyce El-Khoury</strong>, qui est une artiste attachante mais au timbre de laquelle le disque ne rend pas toujours bien justice. Son vibrato peut déplaire, et l’on peut préférer des voix plus charnues, mais l’on ne saurait contester les qualités dramatiques et la virtuosité de la soprano libano-canadienne, ni sa science des pianissimi que saluait Christophe Rizoud lors de son récent concert <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/instant-lyrique-joyce-el-khoury-paris-elephant-paname-ah-chante-chante-encore">à l’Eléphant Paname</a>.</p>
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		<title>Maureen Forrester. Berlin, 1955-1963</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/maureen-forrester-berlin-1955-1963-comme-kathleen-maureen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Nov 2016 05:38:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comment, à l’écoute de cet hommage à Maureen Forrester, ne pas songer à Kathleen Ferrier ? Une étrange parenté unit ces deux voix, apparues de part et d’autre de l’Atlantique, l’une étant née au moment où l’autre s’éteignait. Comme son homologue britannique, Maureen Forrester (1930-2010) était plus à l’aise dans les salles de concert que sur &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comment, à l’écoute de cet hommage à <strong>Maureen Forrester</strong>, ne pas songer à Kathleen Ferrier ? Une étrange parenté unit ces deux voix, apparues de part et d’autre de l’Atlantique, l’une étant née au moment où l’autre s’éteignait. Comme son homologue britannique, Maureen Forrester (1930-2010) était plus à l’aise dans les salles de concert que sur les planches – mais si elle fit elle aussi ses débuts en Orphée de Gluck, elle interpréta de nombreux autres rôles dans les plus grandes maisons d’opéra, à la différence de Ferrier. Comme Kathleen, Maureen fut parrainée par Bruno Walter, avec qui elle interpréta et enregistra la symphonie <em>Résurrection</em> de Mahler, mais contrairement à son aînée (dix-huit années les séparaient), la Canadienne eut une carrière longue et bien remplie.</p>
<p>Après avoir réalisé à Paris en 1955 son tout premier enregistrement, un récital intitulé <em>Le Lied </em>pour le Club national du disque, Maureen Forrester enchaîna avec une série de gravures à Berlin. Les 7 et 14 décembre 1955, deux séances lui permirent de mettre en boîte des Schubert et des Schumann, des Carl Loewe et des Wagner, avec au piano Michael Raucheisen, illustre accompagnateur qui avait pris la tête, sous le Reich, d’un projet de documentation sonore du répertoire mélodique allemand. Quand Forrester revint à Berlin le 18 septembre 1958, Raucheisen avait pris sa retraite : c’est donc avec Felix Schröder qu’elle grava les airs de C.P.E. Bach et de Johann Wolfgang Franck, <em>A Charm of Lullabies</em> de Britten et <em>La Fraîcheur et le feu</em> de Poulenc. Par la suite, c’est avec Hertha Klust qu’elle devait collaborer, pour Haydn, Mahler et <em>Le Travail du peintre</em> en mars 1960, et pour Brahms et Barber en septembre 1963. On notera au passage que le boîtier inclut un portrait des deux pianistes mâles, mais aucune photographie de Hertha Klust, pourtant bien plus présente que Felix Schröder sur le plan minutage. Ce n’est pas très gentil pour cette charmante dame aux cheveux blancs qu’on peut notamment voir sur la pochette originale d’un disque DG de ballades de Loewe par Josef Greindl sorti en 1966.</p>
<p>D’excellents pianistes, quoi qu’il en soit, et de grands spécialistes de la mélodie, prêtèrent donc leur concours à l’entreprise. On connaît de Maureen Forrester de superbes enregistrements d’œuvres de Mahler avec orchestre (les <em>Knaben Wunderhorn</em> dirigés par Felix Prohaska, par exemple), et les <em>Rückert-Lieder</em> s’inscrivent dans la même veine. Ses interprétations nous rappellent que Carl Loewe n’est pas à dédaigner, et l’on pourra jouer aux comparaisons en entendant deux versions non-schubertiennes de « Gretchen am Spinnrade », l’une de Loewe et l’autre de Wagner. Pour les <em>Wesendonck Lieder</em>, qu’on voudrait plus insinuants, plus vénéneux parfois, cette immense voix a quelque chose de trop rassurant, de trop maternel peut-être. Le timbre de Maureen Forrester, enveloppant comme une caresse, fait merveille dans une série de Schubert extraordinairement « incarnés », au sens où ils prennent bel et bien chair : il ne s’agit pas forcément des Lieder les plus connus du compositeur, mais cette voix de contralto leur confère une vigueur populaire, très loin des interprétations par trop intellectualisées. Maureen Forrester est pour Schumann la plus pudique des Marie Stuart, ayant tenu à chanter les textes français rédigés par la reine d’Ecosse en personne, et non leur traduction allemande par Vincke. On remarque au passage l’excellente qualité du français de cette Canadienne anglophone, notamment sa science des e muets, qui lui permet de réussir des Poulenc inattendus. Maureen Forrester, en effet, chantait aussi la musique de son temps, celle de Barber sur des poèmes écrits en français par Rainer Maria Rilke, celle de Britten ou celle de Poulenc.</p>
<p>Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore la seule voix comparable à celle de Kathleen Ferrier dans la seconde moitié du XX<sup>e</sup> siècle, ou qui ne la connaîtraient qu’avec accompagnement d’orchestre, ce coffret, d’une impeccable qualité sonore, sera donc une source de découvertes enviables.</p>
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