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	<title>NMC - label - Forum Opéra</title>
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		<title>The Vanishing Bridegroom</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 May 2015 05:32:01 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour être rarement prononcé à Paris, le nom de Judith Weir (née en 1954) n&rsquo;en est pas moins bien connu en Grande-Bretagne, où cette compositrice a récemment été nommée « Master of the Queen’s music » (voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/judith-weir-nommee-master-of-the-queens-music">brève</a>). Par ailleurs, même si la France l’ignore superbement, ses œuvres sont jouées dans bien des pays non-anglophones, Allemagne, Autriche, Suisse, Russie… D’origine écossaise, Judith Weir aime à puiser dans le folklore de sa région pour les livrets de ses opéras, au nombre de neuf, conçus entre 1984 et 2011. Créé à Glasgow en 1990, <em>The Vanishing Bridegroom</em> juxtapose trois contes populaires tirés d’une anthologie de contes collectés dans les Highlands au milieu du XIX<sup>e</sup> siècle. On s’y exprime néanmoins en anglais standard, seules les fées étant autorisées à s’exprimer en gaélique. Œuvre courte, baignant dans un climat fantastique, où les récits s’enchâssent les uns dans les autres, <em>The Vanishing Bridegroom</em> échappe à certains stéréotypes de l’opéra traditionnel et préserve le mystère entourant des personnages que l’on ne suit que brièvement. Seul lien entre les trois parties : « l’époux disparu » qui donne son titre à l’œuvre. Et s’il est permis de penser que la jeune mariée du premier acte devient la jeune mère du deuxième, cependant que le livret prévoit explicitement que l’enfant né dans ce deuxième acte devient l’héroïne du troisième, on ne saurait voir là l’élaboration d’un quelconque profil psychologique, la notion de « personnages » étant elle-même incongrue dans ce contexte. D’ailleurs, les différents rôles restent anonymes et se réduisent à leur fonction au sein de l’unité familiale ou du groupe social.</p>
<p>Pour ces trois contes, Judith Weir a composé une partition qu’elle rattache à certains modes musicaux populaires d’Ecosse, <em>long psalms</em> pour « L’Héritage », <em>waulking songs</em> pour « La Disparition », <em>Scottish ballad</em> pour « L’Inconnu ». A l’écoute, on croit entendre de lointains échos de Britten, avec une atmosphère inquiétante qui correspond bien au sujet traité, l’énigmatique disparition d’un homme capturé par les fées ou l’irruption dans un village d’un personnage diabolique. Rien d’agressif, rien de crispant pour les oreilles, mais rien de passéiste non plus dans la musique de Judith Weir. La dernière partie, la plus courte, est celle qui se rapproche le plus d’un découpage à l’ancienne, avec son duo d’amour entre la Fille et l’Inconnu, puis son monologue du Prédicateur, avec son final où l’envoyé du diable est vaincu par les forces célestes.</p>
<p>Avec des cordes très présentes, l’orchestration est assez légère et ne fait appel à aucun instrument hors du commun. A la tête du <strong>BBC Symphony Orchestra</strong>, <strong>Martyn Brabbins </strong>dirige ces trois contes sans jamais laisser retomber l&rsquo;attention. Le chœur est régulièrement sollicité, et les très nombreux petits rôles sont tenus par des membres du chœur, ici les excellents <strong>BBC Singers</strong>. L’œuvre ne nécessite donc réellement que cinq solistes. On connaît bien le baryton-basse <strong>Jonathan Lemalu</strong>, notamment pour ses interprétations haendéliennes : il brille particulièrement dans le rôle satanique de l’Inconnu. Egalement remarquée dans Haendel, la jeune mezzo franco-britannique <strong>Anna Stéphany</strong> n’apparaît ici que pour un seul rôle, ce qu’on peut regretter en entendant les aigus assez déplaisants que nous inflige <strong>Ailish Tynan</strong> dans « L’Héritage ». Le baryton <strong>Owen Gilhooly</strong> prête une voix solide au Fiancé, puis au Mari, et le ténor <strong>Andrew Tortise</strong>, vu notamment en Peter Quint à Lyon, possède un timbre clair bien représentatif de l’école de chant anglais. Radio France nous permettra-t-elle un jour d’entendre la musique de Judith Weir dans le cadre de son festival Présences ? Ce ne serait pas une mauvaise idée.</p>
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