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	<title>Opera Australia - label - Forum Opéra</title>
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	<title>Opera Australia - label - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Carmen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/gracias-de-nada/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Dec 2013 09:12:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Combien de Carmen déjà disponibles en DVD ? Combien de (plus ou moins) grandes chanteuses immortalisées dans le rôle ? Anna Caterina Antonacci, Béatrice Uria-Monzon, Elina Garanca, Stéphanie d’Oustrac, pour ne citer que les titulaires actuelles du rôle. Combien de spectacles préservés à jamais, des plus traditionnels aux plus audacieux, de Francesca Zambello à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Combien de <em>Carmen </em>déjà disponibles en DVD ? Combien de (plus ou moins) grandes chanteuses immortalisées dans le rôle ? Anna Caterina Antonacci, Béatrice Uria-Monzon, Elina Garanca, Stéphanie d’Oustrac, pour ne citer que les titulaires actuelles du rôle. Combien de spectacles préservés à jamais, des plus traditionnels aux plus audacieux, de Francesca Zambello à Calixto Bieito ? Finalement, peut-être pas tant que ça, pour un des titres les plus populaires du répertoire, mais la question se pose néanmoins : pourquoi en ajouter une nouvelle ? Hélas, la réponse risque de ne pas être très réjouissante en ce qui concerne le DVD que vient de publier Opera Australia. Non que la distribution réunie soit indigne, loin de là, mais le spectacle ne méritait sans doute pas les honneurs de la captation.</p>
<p>
			Il est fort sympathique de présenter des opéras en plein air dans le port de Sydney, cela attire sans doute un public différent de celui qui se presse à l’intérieur du célébrissime bâtiment construit non loin de là sur les plans de Jørn Utzon, mais ce genre d’entreprise débouche rarement sur ces productions bouleversantes. A part à Bregenz, les obligations de remplissage l’emportent généralement sur les considérations esthétiques. A Sydney, un choix drastique a été fait quant à la partition : ni dialogues parlés, ni récitatifs de Guiraud, mais une mise bout à bout de tous les morceaux musicaux, avec à la rigueur une ou deux phrases déclamées dans un français relativement correct par les artistes. Enfin, quand je dis « tous les morceaux »… Pour une raison mystérieuse, la Garde montante a purement et simplement disparu ! Même sans chœur d’enfants disponible, peut-être aurait-il été possible de faire chanter ce passage par des voix adultes ? Autre source d’étonnement : où est-on allé dénicher, pour démarrer le quatrième acte, ces paroles nunuches qui remplacent celles de Meilhac et Halévy ? Le livret d’accompagnement et la sélection des chapitres sur le DVD annoncent bien « A deux cuartos ! », mais l’on entend « Dansez, dansez, Tournez, tournez, Dansez au centre de la ville au joyeux bruit des tambourins, au son des castagnettes, Ah prenez-vous par la main, jeunes garçons, jeunes fillettes ». On fait difficilement plus niais, mais cela devait présenter l’avantage de réduire à une minute un morceau qui semble problématique pour plus d’un théâtre (à Covent Garden avec Antonio Pappano, le dernier acte s’ouvre directement sur « Voici la quadrille »). Quant à la mise en scène de <strong>Gale Edwards</strong>, elle procède à une modernisation assez discrète, vers le milieu du XXe plutôt que du XIXe siècle, avec robes très fifties pour les donzelles escortant Escamillo et les autres toreros. Beaucoup de danseurs partout, surtout durant les Intermezzos, pour que l’œil du public soit toujours distrait, et un feu d’artifice avant la corrida. Seule idée de mise en scène : le passage à tabac de Zuniga à la fin du deuxième acte. Entre tank et camion militaire au premier acte, containers au troisième, et grande silhouette de toro à la fin (comme chez Bieito), le décor rappelle le tout-venant des versions « actualisées », sans que cela ait la moindre influence sur le déroulement de l’action. Les chanteurs semblent être arrivés avec leurs gestes habituels, sans qu’on ait vraiment cherché à unifier cela en un tout cohérent.</p>
<p>			C’est dommage, car bien dirigés, les artistes ici réunis auraient sans doute pu donner une représentation bien plus intéressante. <strong>Rinat Shaham</strong> a déjà été Carmen un peu partout, à Moscou, Hong Kong, Philadelophie, Lisbonne ou Baden-Baden. Elle maîtrise parfaitement le rôle, pour lequel sa voix semble faite. Dommage que cette production réduise le personnage à une séductrice qui roule des hanches en nuisette (ce pour quoi la mezzo israélienne a néanmoins le physique requis), sans chercher à creuser davantage. C’est aussi l’une de celles dont le français est le meilleur, aucun ne déméritant totalement sur ce plan. Actuellement duc de Mantoue <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=5914&amp;cntnt01returnid=54">à Strasbourg</a>, <strong>Dmytro Popov</strong> a été doté par la nature d’un matériau vocal très solide, mais ne brille pas par ses qualités d’acteur ; il s’efforce pourtant de nuancer son chant et livre un « Et j’étais une chose à toi » beaucoup moins tonitruant que de coutume dans les représentations de plein air. <strong>Andrew Jones</strong>, qui ne se produit guère qu’en Australie, est un Escamillo d’une belle prestance, même s’il savonne sans scrupules les broderies de son air et émet quelques aigus assez laids. Quant à <strong>Nicole Car</strong>, habituée à Mimi, bientôt Desdémone et Tatiana, c’est une Micaëla moins frêle que souvent, à la voix plus centrale que les titulaires habituelles ; un peu plus de nuance piano n’aurait pas été de refus parfois. Tout ce beau monde est évidemment sonorisé, les instrumentistes étant cachés loin de la scène. On apprécie néanmoins la direction de <strong>Brian Castle-Onion</strong>, sans pesanteur inutile (l’orchestre reste léger malgré le plein air), avec toutefois certains passages trop rapides pour être chantés convenablement (le quintette des contrebandiers) ou qui tombent un peu à plat, dans l’ouverture notamment.</p>
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		<item>
		<title>Turandot</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-chine-a-melbourne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 May 2013 12:57:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  « Isolde m’a rendue célèbre ; Turandot m’a rendue riche », disait Birgit Nilsson ; rien ne garantit en revanche que cette Turandot-ci rende Opera Australia riche ou célèbre. Le spectacle immortalisé par ce DVD n’est pas indigne, mais dans une vidéographie déjà abondante, il n’est pas certain qu’il parvienne à s’imposer. Pourtant, peut-être &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			« <em>Isolde m’a rendue célèbre ; Turandot m’a rendue riche</em> », disait Birgit Nilsson ; rien ne garantit en revanche que cette <em>Turandot</em>-ci rende Opera Australia riche ou célèbre. Le spectacle immortalisé par ce DVD n’est pas indigne, mais dans une vidéographie déjà abondante, il n’est pas certain qu’il parvienne à s’imposer. Pourtant, peut-être parce que l’Australie est si proche de l’Extrême-Orient, l’Asie qu’on voit là échappe assez admirablement au bric-à-brac mi-Zeffirelli, mi-restaurant chinois qui nous est servi d’ordinaire. On comprend que la production de <strong>Graeme Murphy</strong>, créée en 1990, soit encore à l’affiche vingt ans après, car toute la première moitié de l’opéra, jusqu’à la scène des énigmes, est visuellement assez admirable, avec une grande habileté dans la façon de régler les mouvements des choristes, danseurs et figurants, avec un décor plongé dans des ténèbres que trouent une immense lune tombée des cintres et des jeux d’éclairage très réussis. Exotique sans être kitsch, l’ensemble est heureux, et la scène des trois ministres au début de l’acte II est riche en effets bien trouvés. Nouvelle surprise avec un Altoum juché au sommet d’une immense robe, d’où il émerge comme Winnie dans <em>Oh les beaux jours</em>. Les choses se gâtent un peu quand Turandot apparaît, perchée sur une structure à roulettes que masque sa très longue robe ; après un joli démarrage brumeux, et hormis l’apparition de la danseuse que proposent Ping, Pang et Pong à Calaf, le dernier acte paraît moins inspiré, plus convenu.</p>
<p>
			Musicalement, si la représentation est d’une certaine tenue, elle peinera néanmoins à s’imposer face aux distributions de réputation internationale réunies dans les grandes maisons d’opéra d’Europe ou d’Amérique, dont la <em>Turandot </em>a déjà été filmée. Même si l’œuvre ultime de Puccini semble désormais surtout réservée aux grands festivals d’été, ce n’est pas la seule version captée dans un vrai théâtre. Et ce n’est même pas non plus la première fois que Liù est interprétée par une soprano asiatique, puisque Yao Hong tenait le rôle en 2005 au Stade de France ; <strong>Hyeseoung Kwon</strong> a le physique idéal du rôle, mais l’italien semble d’abord un peu haché, et la voix un peu dure, même si le dernier acte lui convient mieux. <strong>Jud Arthur</strong> est un Timur de troisième zone, au grave très limité et au timbre cotonneux. Le trio des ministres associe deux jeunes chanteurs encore à l’aube de leur carrière à un vétéran spécialisé dans les rôles de caractère, mais c’est à leur vivacité scénique plus qu’à leur voix qu’on juge Ping, Pang et Pong. Equivalent australien de Luciano Pavarotti (il fut remarqué alors qu’il travaillait comme maçon), <strong>Rosario La Spina</strong> en a la silhouette, heureusement masquée par un costume bien conçu, mais pas tout à fait la voix, et il lui manque l’aisance avec laquelle d’autres Calaf savent chanter des répliques qu’il émet en force, sans parler de ses grimaces de méchant, toutes narines froncées (était-il enrhumé durant ces représentations ? Un doigt glissé plusieurs fois sous le nez permet de l’imaginer). <strong>Susan Foster</strong>, enfin, est une Turandot bien trop plébéienne dans son jeu, alors que son statut de princesse de glace devrait lui interdire de s’abaisser à ce genre de mimiques de poissonnière ; pour le reste, si elle vient à bout d’un rôle inhumain, c’est parfois au prix de sons pas toujours très agréables à entendre. Les chœurs et l’orchestre remplissent très dignement leur contrat, mais cette <em>Turandot </em>semble plutôt destinée aux acheteurs des antipodes soucieux de garder un souvenir d’une représentation à laquelle ils auront assistée (la même production avait déjà fait l’objet d’une vidéo sortie en 2006, avec évidemment une autre distribution, dont Amanda Thane en Liù).</p>
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		<item>
		<title>Don Giovanni</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lempire-du-male/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Sep 2012 11:58:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Au premier abord, le boîtier de ce DVD a de quoi faire saliver : le sex-symbol et baryton néo-zélandais Teddy Tahu Rhodes en Don Giovanni SM, cuisses et torse nus, voilà qui paraît prometteur, et l’on croit pouvoir s’attendre à une transposition du chef d’œuvre de Mozart dans quelque backroom. A y regarder de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Au premier abord, le boîtier de ce DVD a de quoi faire saliver : le sex-symbol et baryton néo-zélandais Teddy Tahu Rhodes en Don Giovanni SM, cuisses et torse nus, voilà qui paraît prometteur, et l’on croit pouvoir s’attendre à une transposition du chef d’œuvre de Mozart dans quelque backroom. A y regarder de plus près, on découvre pourtant que la mise en scène est due à <strong>Göran Järvefelt</strong>, et dès lors, on voit mal le vieux compère d’Arnold Östman à Drottningholm s’autoriser une telle prise de risque. Le short en cuir bardé de chaînes porté au-dessus des cuissardes est réservé aux premières secondes de l’opéra, quand le héros surgit de la chambre de Donna Anna, et le reste du temps il est en habit à la française, noir et luisant, mais le personnage s’intègre sans peine à une conception de l’œuvre entièrement respectueuse de son contexte historique originel. Dans un décor susceptible d’accueillir également les deux autres volets de la trilogie Da Ponte – ici, une sorte de palais à volonté terne et un peu mastoc –, Järvefelt avait monté Don Giovanni à Houston en 1986 (puis à Paris et en Scandinavie, la production ayant fait l’objet d’une captation vidéo en 1987 à Drottningholm, avec Håkan Hagegård ; créée à Sydney en 1991, elle a déjà été publiée en DVD avec une autre distribution). Vingt-deux ans après la mort du metteur en scène, le spectacle paraît aujourd’hui presque naïf dans son approche très fidèlement illustrative, et il met un peu trop en avant l’élément giocoso aux dépens du dramma (le public rit de bon cœur dès qu’Elvire arrive au mauvais moment et à chaque réplique un peu amusante). Avec ses rondeurs à la Marcello Cortis, Leporello est ici un personnage exclusivement comique, et même les autres protagonistes se laissent aller à toutes sortes de mimiques exagérées et assez déplacées.</p>
<p><strong>Teddy Tahu Rhodes</strong> est évidemment le pilier de la distribution, pas seulement parce qu’il a le physique parfait pour le rôle et qu’il roule des mécaniques avec l’assurance d’un séducteur invétéré, mais aussi et surtout parce que la voix est d’une densité admirable, au point que tous les autres barytons paraissent bien fluets à ses côtés. Le commandeur de <strong>Daniel Sumegi</strong> est si pâlichon qu’il en devient tout simplement  inexistant. Basso comico hors d’âge, <strong>Conal Coad</strong> n’assure que le service minimum en Leporello, son malcanto et son recours au parlando justifiant sans doute qu’on ait coupé son air « Ah signori miei pietà ». Et on ne peut pas pour autant parler de version de Vienne, car si « Il mio tesoro » est également coupé, l’œuvre se termine néanmoins sur le lieto fine de Prague. <strong>Henry Choo</strong> en Ottavio remporte la palme du plus mauvais italien ; le timbre n’est guère attrayant, malgré un souci louable de nuances, l’acteur n’est pas très convaincant, et ce n’est pas encore cette fois qu’on fera vraiment exister le personnage.</p>
<p>			Parmi les trois héroïnes féminines, rien de honteux, mais rien non plus d’exceptionnel : <strong>Taryn Fiebig</strong> est charmante, mais sa Zerline poids plume est un rien pointue ; <strong>Jacqueline Dark</strong> est une Elvira ouvertement mezzo (« Mi tradì » l’éprouve quelque peu) et résolument matrone, virago dont les emportements font rire le public ; <strong>Rachelle Durkin</strong> compose une Anna névrosée, très visiblement troublée par son séducteur, avec une voix certes agile – la deuxième partie de « Non mi dir » ne lui pose aucun problème – mais peut-être un rien trop légère.</p>
<p>			La direction de <strong>Mark Wigglesworth</strong> est dans l’ensemble plutôt rapide, avec notamment une ouverture très enlevée, mais parfois trop allante, comme dans le trio des masques, un peu précipité ; à l’inverse, le tempo est étiré à l’extrême dans le récitatif qui précède « Mi tradì », conférant une grande densité aux paroles que prononce alors Donna Elvira. Quant au bonus, il ne faut pas en attendre de révélations : le titre « Surviving Don Giovanni » ne fait pas allusion aux problèmes existentiels que rencontre l’interprète du rôle-titre, mais aux questions de sécurité liées à la production : techniciens et assistants expliquent longuement comment une partie du décor s’écroule lors de l’ultime apparition du commandeur, Teddy Tahu Rhodes parle des combats et des chutes, et Jacqueline Dark raconte que la costumière lui recommande d’éviter au maximum les morceaux de poulet et le vin que Don Giovanni lui crache au visage dans la scène du repas…</p>
<p>			 </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Lakmé</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/avez-vous-trouve-la-voie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jun 2012 08:21:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Dans leur désormais célébrissime duo (merci British Airways), Lakmé et Mallika s’en vont cueillir les lotus bleus. Et dans Le Lotus bleu, Tintin croise à plusieurs reprises un illuminé qui lui répète cette question : « Avez-vous trouvé la voie ? » Une chose est sûre, l’Opéra de Sydney n’a pas encore trouvé la voie de la modernité. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Dans leur désormais célébrissime duo (merci British Airways), Lakmé et Mallika s’en vont cueillir les lotus bleus. Et dans <em>Le Lotus bleu</em>, Tintin croise à plusieurs reprises un illuminé qui lui répète cette question : « Avez-vous trouvé la voie ? » Une chose est sûre, l’Opéra de Sydney n’a pas encore trouvé la voie de la modernité. Paradoxe étrange : ce bâtiment, jadis emblématique d’un certain avant-gardisme architectural, semble principalement accueillir des productions d’une ringardise presque touchante à nos yeux d’Occidentaux habitués aux concepts de l’<em>eurotrash</em>, comme diraient nos amis américains. Peut-on supposer que cet ultra-kitsch soit ici servi en trente-septième degré ? Pour qu’on puisse le croire, il aurait fallu s’abstenir d’ajouter aux fleurs géantes stylisées en deux dimensions des parterres de plantes en plastique et des guirlandes de feuillage artificiel. Imiter le graphisme des miniatures mogholes n’était pourtant pas une mauvaise idée, même si le costumier n’y est pas allé avec le dos de la cuiller : en comparaison, les protagonistes de <em>La Bayadère</em> de Noureïev à Garnier paraîtraient presque pauvrement vêtus !</p>
<p>			 </p>
<p>			Au moins l’Opéra de Sydney a-t-il trouvé les voix, pour le couple central, à défaut d’avoir toujours le physique ou le jeu d’acteur idéal. Tout œillades aguicheuses et sourires ultra-bright, <strong>Emma Matthews</strong> n’est scéniquement pas Lakmé, l’inaccessible déesse vivante troublée par le souffle nouveau dont s’anime la nature. Et même l’air des clochettes, que la fille de Nilakhanta interprète à contrecoeur, réduite au rang d’instrument de la vengeance paternelle, devient ici un numéro quasi bollywoodien, l’air mutin et espiègle de l’héroïne montrant une fois de plus combien on passe à côté du personnage. Vocalement, en revanche, l’adéquation est totale, et la chanteuse sait nous toucher. On pourrait dire la même chose d’<strong>Aldo di Toro</strong>, qui serait un Gerald tout à fait acceptable s’il n’était le parfait sosie de Pierre Mondy, ce qui, pour ce rôle de jeune premier, est un peu gênant, à l’image en tout cas ; par ailleurs, si le style est juste, mieux vaut oublier, en termes de nuances, ce qu’Alain Vanzo parvenait à faire de « Fantaisie, ô divin mensonge », rien qu’en respectant à la lettre les indications piano ou forte de la partition. <strong>Stephen Bennett</strong> impressionne en brahmane au crâne rasé, drapé dans sa robe blanche. Dommage que la voix soit moins impressionnante, un peu trop légère pour un rôle qu’on entend trop rarement confié à la basse pour laquelle il fut écrit. Et le rythme rapide auquel est pris « Lakmé, ton doux regard se voile », ne contribue nullement à rendre cet air aussi inquiétant qu’il devrait l’être.</p>
<p>			 </p>
<p>			<strong>Emmanuel Joel-Hornak</strong> dirige en effet son orchestre avec beaucoup d’allant, parfois presque trop. Certes, il est bon de ne pas s’alanguir dans cette musique fin-de-siècle, mais le refus de l’amollissement est ici poussé un peu trop loin. Malgré tout, pour une première au DVD (l’antique version Sutherland, également filmée en Australie, existait en vidéocassette mais semble ne jamais avoir été commercialisée sous la forme d’un DVD visible en Europe), l’œuvre s’en tire plutôt bien : évidemment, le ballet est coupé, comme c’est hélas devenu la règle dans les théâtres, mais il faut saluer, pour les principaux protagonistes, la qualité remarquable du français chanté, de la part d’artistes des antipodes.</p>
<p>			 <br />
			 </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le Nozze di Figaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/boulevard-beaumarchais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Jun 2012 16:52:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>    Si ce DVD mérite un cœur, c’est uniquement à la présence du baryton-basse néo-zélandais Teddy Tahu-Rhodes qu’il le doit. Celui que Christophe Rizoud n’hésitait pas à qualifier de « Brad Pitt de l’opéra » est en effet à peu près la seule raison de visionner l’objet en question. Son Figaro noble et racé est digne de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			 </p>
<p>			Si ce DVD mérite un cœur, c’est uniquement à la présence du baryton-basse néo-zélandais <strong>Teddy Tahu-Rhodes</strong> qu’il le doit. Celui que Christophe Rizoud n’hésitait pas à qualifier de « Brad Pitt de l’opéra » est en effet à peu près la seule raison de visionner l’objet en question. Son Figaro noble et racé est digne de la distribution de n’importe quelle grande maison internationale. La Suzanne de <strong>Taryn Fiebig</strong> est pleine de vivacité et son chant mieux que correct. Mais sorti du couple de valets, il n’y a vraiment pas grand-chose à sauver dans ce DVD.</p>
<p>			 </p>
<p>			<strong>Peter Coleman-Wright</strong> est un comte plébéien, à la voix râpeuse et aux intonations véristes. La vocalise de son air se réduit à un ricanement sordide et anti-musical au possible. <strong>Rachelle Durkin </strong>est, de son côté, une comtesse sans intérêt, à la petite voix pointue, trop proche de celle de Susanne, et aux aigus régulièrement trop bas ; quant au personnage, c’est une bécasse qui n’inspire ni sympathie ni pitié, grimée et coiffée comme Mireille Delunsch interprétant la Folie dans <em>Platée… </em>Le Chérubin de <strong>Sian Pendry </strong>est très pâle et chante souvent faux. Bartolo, Marcelline et Basile ne sont guère que des silhouettes caricaturales, dénuées d’épaisseur psychologique, et leurs titulaires ne laissent guère de traces dans la mémoire.</p>
<p>			 </p>
<p>			On le comprend, ce n’est pas la mise en scène de <strong>Neil Armfield </strong>qui rachètera un cast de seconde, voire de troisième catégorie.Donnée à Sydney depuis 2002, cette production vient du Welsh National Opera, où elle a été créée en 2001. Ce spectacle extrêmement traditionnel d’aspect, avec costumes d’époque, se déroule dans un décor à base de grandes toiles de récupération, vieillies et parcheminées, qui se soulèvent tout à coup, à l’acte III, sur le décor du Palais impérial conçu en 1911 par Léon Bakst pour <em>Le Martyre de Saint Sébastien </em>! Le côté conservateur de la mise en scène est démenti par quelques anachronismes apparemment voulus (casque de mise en plis dans la chambre de la comtesse, fauteuil roulant chromé pour Don Curzio, prise de photos pendant le mariage) mais parfois à la limite du mauvais goût, comme ces portes conduisant chez monsieur et chez madame qui s’ornent de symboles semblables à ceux qui indiquent les toilettes dans les lieux publics. Infiniment pllus grave, cette production réduit la pièce de Beaumarchais à une banale comédie de boulevard. Il n’y guère de drame dans cette fort peu folle journée, et la rencontre de la comtesse et de Chérubin se réduit à une bouffonnerie, sans trouble ni ambiguïté.</p>
<p>			 </p>
<p>			<strong>Patrick Summers</strong> dirige avec entrain une version complète de la partition, incluant l’air de Basile et celui de Marcelline au dernier acte, et les airs sont assez joliment ornés, et pas seulement lors des reprises, mais comme l’Australie est bien loin de l’Europe, tout ce beau monde s’exprime dans un italien matiné d’un accent anglo-saxon plus ou moins prononcé.</p>
<p>			Un DVD pour rien.</p>
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		<title>The Mikado</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/union-jack-et-ukiyo-e/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 May 2012 06:28:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Compte tenu de l’ignorance quasi-totale dont elles font l’objet hors du monde anglophone, on est toujours surpris par l’extraordinaire popularité des opérettes de Gilbert et Sullivan. Certes, le Musée d’Orsay a eu l’excellente idée de programmer Patience l’année dernière (voir compte rendu), mais les représentations de The Pirates of Penzance ou de HMS Pinafore &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Compte tenu de l’ignorance quasi-totale dont elles font l’objet hors du monde anglophone, on est toujours surpris par l’extraordinaire popularité des opérettes de Gilbert et Sullivan. Certes, le Musée d’Orsay a eu l’excellente idée de programmer <em>Patience</em> l’année dernière (voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2559&amp;cntnt01returnid=54">compte rendu</a>), mais les représentations de <em>The Pirates of Penzance </em>ou de <em>HMS Pinafore </em>ne sont pas légion sur les scènes françaises. Notre pays reste apparemment réfractaire au charme d’œuvres qui n’ont certes ni la verbe satirique ni la force musicale des créations d’Offenbach, mais dont la musique fort entraînante pourrait néanmoins enchanter le public.</p>
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<p>			<em>The Mikado</em> (1885), dont Mike Leigh relate la genèse dans son excellent film <em>Topsy-Turvy</em>, est peut-être l’œuvre de Gilbert et Sullivan la plus souvent jouée, ce que reflète le nombre d’enregistrements diponibles : une bonne douzaine de vidéos, la plupart exclusivement visible en Zone 1, et presque autant d’intégrales audios, avec ou sans les dialogues, sans oublier Dame Joan <em>herself</em> chantant le trio « Three Little Girls from School Are We », avec Dinah Shore et Ella Fitzgerald (!) ou avec deux collègues des Antipodes sur le disque <em>Sutherland Rarities</em>. Le présent DVD nous vient d’Australie, et la mise en scène de 1985 qu’il immortalise propose un juste milieu entre le Japon de carton-pâte des versions plus anciennes (celles de 1966 et de 1973, toutes deux avec l’inégalable Valerie Masterson en Yum-Yum) et la transposition radicale choisie par Jonathan Miller pour l’ENO en 1987, qui situait l’action dans une station balnéaire anglaise de l’entre-deux-guerres. Ici, tout nous montre bien que l’action se situe à la fois au Japon et en Grande-Bretagne, avec ces costumes mi-victoriens, mi-nippons. on remarque en particulier les kimonos associés au chapeau melon/parapluie des employés de la City, joints à de splendides favoris ; quant au maquillage du Mikado et de Katisha, il évoque certes le kabuki, mais aux couleurs du drapeau du Royaume-Uni.</p>
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<p>			Pour le public de Melbourne, il n’y a pas à hésiter, la star du spectacle est l’acteur <strong>Mitchell Butel</strong>, plus habitué au music-hall qu’à l’opéra, mais après tout, le rôle comique de Ko-Ko a déjà été tenu par les personnalités les plus variées, depuis Groucho Marx pour la Bell Telephone Hour en 1960 jusqu’à Eric Idle, des Monty Python, à l’ENO. Sa voix n’est pas spécialement agréable à entendre, mais là n’est pas le propos, et il se taille un franc succès avec son air de la « petite liste », dont le texte est intégralement réécrit, conformément à l’usage, pour s’adapter à l’actualité.</p>
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<p>			Piquante Yum-Yum, <strong>Taryn Fiebig </strong>fut une Musetta remarquée (le DVD vient de sortir) ; elle est ici une adorable petite peste, dont la mise en scène dément l’innocence conventionnelle proclamée par le livret pour en faire un personnage beaucoup plus déluré. Bien qu’un peu légère, elle se montre tout à fait à la hauteur d’un rôle qui n’exige réellement rien d’autre que du charme. <strong>Jacqueline Dark</strong> a interprété en Australie à peu près tous les rôles de mezzo, les grands (Carmen, Donna Elvira, le Compositeur d’<em>Ariane à Naxos</em>) comme les petits (Marcellina, Suzuki, Annina du <em>Rosenkavalier</em>) : la voix manque un peu de personnalité, et n’est sans doute pas ce contralto auquel Sullivan réservait souvent les rôles de femmes laides et âgées. Les autres membres de la distribution s’acquittent dignement de rôles qui sollicitent plus leur diction et leur jeu d’acteur que leurs capacités vocales, avec une mention spéciale pour le superbe timbre de basse de <strong>Richard Alexander</strong>.</p>
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<p>			Pour qui souhaiterait découvrir l’œuvre de Gilbert et Sullivan, cette version constitue sans doute une excellente introduction. Justement, David Stern, à la tête d’Opera Fuoco, dirigera une unique représentation du <em>Mikado </em>le 25 mai au Théâtre de Saint-Quentin en Yvelines, avec une distribution largement anglophone (et un homme dans le rôle de Katisha !), dans le cadre d’une action pédagogique menée avec les enfants de la municipalité.</p>
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