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	<title>Raumklang - label - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Raumklang - label - Forum Opéra</title>
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		<title>Heinrich Schütz &#8211; Geistliche Chormusik 1648</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Dec 2020 05:12:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’interminable guerre (« de trente ans ») n’a pas encore pris fin, aux terribles conséquences. Elle hante tous les esprits. La foi luthérienne, plus solide que jamais, est un refuge pour les croyants, à Dresde comme à Leipzig et dans une large partie de l’Allemagne. Alors âgé de 63 ans, Schütz, rassemble ses motets pour les adresser &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’interminable guerre (« de trente ans ») n’a pas encore pris fin, aux terribles conséquences. Elle hante tous les esprits. La foi luthérienne, plus solide que jamais, est un refuge pour les croyants, à Dresde comme à Leipzig et dans une large partie de l’Allemagne. Alors âgé de 63 ans, Schütz, rassemble ses motets pour les adresser au conseil municipal de Leipzig et au chœur de la <em>Thomaskirche</em>, qu’avait dirigé son ami Johann Hermann Schein, disparu en 1630, et auquel il a dédié son motet funèbre « Das ist gewisslich wahr », à 6 voix. Délibérément, il revient à une écriture à mi-chemin entre la sévérité de la pratique a cappella de Lassus et le style concertato. Il renonce au continuo pour confier aux instruments qui le composent la doublure de certaines parties. Le riche contrepoint lui permet d’illustrer le texte biblique plus puissamment que jamais. Philippe Spitta, souvent cité, considérait que ce recueil magistral était « la plus belle composition de motets de son temps ».</p>
<p>Le titre du CD est quelque peu fallacieux puisqu’il laisse supposer à l’auditeur distrait, ou découvrant le recueil de 1648, que l’opus est enregistré intégralement, ce qui est techniquement impossible sur un seul CD, ni avec six chanteurs. De fait, sur les quinze pièces figurant au programme douze en sont extraites. Deux viennent des <em>Petits concerts spirituels</em> de son opus 8 (1636) et une de l’opus 9 (1839). On peine à comprendre les raisons de ce choix. Peut-être la volonté d’éviter une certaine uniformité de la formation, encore que le recueil appelle 5 voix pour les 12 premiers motets, 6 voix pour les 12 et suivants, et 7 voix pour les cinq derniers (la transcription d&rsquo;une pièce de Gabrieli complétant l&rsquo;ensemble). Ainsi, « Eins bitte ich vom Herren », confié à deux ténors, tranche-t-il par rapport aux formations à cinq voix entre lesquelles il s’insère. Il en va de même pour « Die Seele Christi heilige mich » (3 voix), et « Erhöre mich, wenn ich rufe » écrit pour deux parties de superius.</p>
<p>Evidemment on est très loin de ce que faisait, en 1962, Rudolf Mauersberger avec son <em>Dresdner Kreuzchor</em>, ou de Gardiner et le <em>Collegium vocale</em> de Gand, en 1988. Même si l’iconographie donne raison au premier (on ne compte pas moins de 23 chantres à côté de Schütz dans une célèbre gravure), le présent enregistrement fait le choix de confier chaque partie à un seul chanteur, ce qui semble aujourd’hui la règle. Seuls deux instruments, le violon et l<em>’organo con legno</em>, doubleront tel ou tel. Si la dynamique est moindre, la lisibilité des lignes, la compréhension des textes, la subtilité des modelés, des figuralismes y gagnent, manifestement, illustrant l’ascèse spirituelle et matérielle du temps.</p>
<p>La richesse de chacune des pièces appellerait un commentaire. Renvoyons l’auditeur curieux à la partition comme au monumental ouvrage consacré au compositeur par Hans Joachim Moser (non traduit en français). Dès la première plage, le jeu sur l’alternance de séquences entre un petit chœur de trois voix aigües et le tutti des six voix frappe par son ampleur, malgré la modestie de l’effectif. Le contrepoint hérité de Lassus et de Gabrieli s’y développe magnifiquement. La plénitude, le recueillement se conjuguent avec l’animation qu’appelle chaque texte. Les figuralismes font sens, d’une interprétation subtile. Généralement les tempi sont retenus, participant à l’atmosphère de dévotion. L’ensemble <strong>Polyharmonique,</strong> animé par <strong>Alexander Schneider</strong>, qui tient la partie de contra, se distingue par son équilibre, par l’homogénéité des voix, à la fois caractérisées et harmonieuses. Elles sont souples, familières de ce répertoire. La ferveur, les couleurs et le raffinement sont au rendez-vous. Les passages homophones comme les contrepoints sont lisibles et expressifs. Les doublures instrumentales se marient fort bien aux voix. Un enregistrement réalisé avec soin, qui se situe dans le haut du tableau.</p>
<p>A signaler que nulle part on ne trouve trace du minutage de chaque plage. La plaquette, bilingue (allemand &#8211; anglais) reproduit les textes chantés, leurs références, et leur traduction anglaise.</p>
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		<title>So höret meinen Gesang</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/so-horet-meinen-gesang-divin-klopstock/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Nov 2016 07:11:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a dans Werther deux personnages qui n’ont pratiquement rien à chanter, leur intervention se bornant à trois mots. A la scène 6 de l’acte I, Brühlmann et Kätchen traversent la scène en se regardant dans les yeux : « avec un soupir d’aise », le monsieur dit « Klopstock ! » et, « avec ravissement », la demoiselle lui répond « Divin &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a dans <em>Werther</em> deux personnages qui n’ont pratiquement rien à chanter, leur intervention se bornant à trois mots. A la scène 6 de l’acte I, Brühlmann et Kätchen traversent la scène en se regardant dans les yeux : « avec un soupir d’aise », le monsieur dit « Klopstock ! » et, « avec ravissement », la demoiselle lui répond « Divin Klopstock ! ». En Allemagne, Friedrich Gottlieb Klopstock (1724-1803) jouit du titre de « réformateur de la poésie », Goethe et Schiller ayant reconnu leur dette envers lui, et sa réputation repose principalement sur son chef-d’œuvre, <em>Le Messie </em>(1748-1773). S’il a également eu une inspiration profane, ce sont principalement ses textes religieux qui ont été mis en musique par son contemporain Georg Philipp Telemann.</p>
<p>Pour autant, l’auditeur percevra-t-il dans ces cantates enregistrées par le <strong>Leipziger Concert</strong> le vent de nouveauté de Klopstock avait fait souffler sur la poésie allemande ? Ce n’est pas sûr. D’abord, parce que les compositions de Telemann n’ont, elles, rien qui les distingue vraiment du tout venant de la musique sacrée du XVIII<sup>e</sup> siècle. Une certaine richesse orchestrale, une écriture qui sollicite la virtuosité des solistes, pour un résultat destiné à divertir les fidèles sans doute plus qu’à les toucher en profondeur. Quelques effets imitatifs bienvenus, mais comme ils étaient couramment pratiqués à l’époque pour évoquer l’orage ou les tourments des héros d’opéras. Aux pages de Telemann s’ajoute une « Elégie musicale » d’un compositeur plus jeune, Johann Heinrich Rolle (1716-1785), terminant le disque sur une note plus grave alors qu’il s’était ouvert sur une cantate festive.</p>
<p>Ensuite, parce que les choix interprétatifs du chef <strong>Siegfried Pank</strong> ne sont pas toujours de nature à émouvoir le plus. Chaque choral est chanté non par un chœur mais par les quatre solistes réunis, ce qui confère plus de clarté à ces passages, mais les rend aussi un peu froids, au détriment de l’impression de ferveur que donne un ensemble vocal plus fourni. Et il faut bien avouer que les quatre chanteurs en question, sans franchement démériter, n’ont rien de bien mémorable. La soprano <strong>Antje Rux</strong> sonne souvent comme un enfant, avec les avantages et les inconvénients que cela suppose : innocence d’une voix pure, non sans une certaine verdeur et une justesse parfois approximative. La mezzo <strong>Susanne Langner</strong> se distingue à peine de sa consœur et l’on aurait aimé un timbre un peu plus corsé. Le ténor <strong>Tobias Hunger</strong>, qui hérite du récitatif le plus expressif dans « Komm, Gest des Herrn » tente des effets expressifs à la Ian Bostridge, avec des nasalités voulues sur certains mots, mais il peine à s’en débarrasser le reste du temps. Quant à la basse <strong>Ingolf Seidel</strong>, il s’agit d’un baryton extrêmement clair, qu’on prendrait aisément pour un ténor, mais suffisamment agile pour affronter les vocalises de ses airs. Reste l’orchestre, qui remplit son contrat avec une certaine tenue, mais ce n’est peut-être pas suffisant pour nous faire sentir toute la divinité de ce cher Klopstock.</p>
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