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	<title>Studio Passavant - label - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Studio Passavant - label - Forum Opéra</title>
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		<title>Hahn &#8211; Delafosse &#8211; Mélodies</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/hahn-delafosse-melodies-immarcesciblement-proustien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Apr 2016 05:53:34 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Qu’il est rare, ce bonheur qui consiste à entendre une voix possédant son caractère propre, ses couleurs personnelles, loin de l’uniformisation imposée par la mondialisation du chant ! Qu’il est doux, le frisson qui vous parcourt lorsque vous découvrez une musique interprétée par des artistes qui s’en sont parfaitement pénétrés, loin des produits formatés par le marché ! Quel ravissement que ce premier disque du Duo Dix Vagues ! Ah, le timbre de <strong>Clémentine Decouture</strong>, ni acide ni trop sucré, cette diction ciselée, cette déclamation qui, sans le moindre histrionisme, confère à chaque page le juste dosage de théâtre sans lequel une mélodie ne serait qu’une suite de notes. Rien de froid, rien d’appuyé non plus, tout en douceur. Ni trop de voix ni pas assez… Oh, le toucher infiniment délicat de <strong>Nicolas Chevereau</strong>, la poésie du climat que le pianiste instaure dès les premiers instants de ce récital… Il est à pleurer de beauté, ce premier disque, ça ne devrait pas être permis, car comment pourront-ils se maintenir à un tel niveau ? Mais voilà, c’est comme ça, et on ne va pas leur refuser quatre cœurs uniquement pour leur laisser de quoi progresser encore.</p>
<p>Et en plus, le programme est conçu avec intelligence et curiosité. De Reynaldo Hahn, ce n’est pas l’habituel chapardage à droite et à gauche que l’on trouvera ici, mais deux cycles enregistrés dans leur intégralité. Cela paraît si simple, de respecter l’ordre dans lequel un compositeur a classé ses pièces dans un recueil, et de le chanter du début à la fin, mais si peu de gens le font ! Encore, nous livrer les <em>Chansons grises</em>, toutes les sept, et dans l’ordre, quelques autres l’ont fait (pas tant que ça, cela dit), mais qui a jamais osé enregistrer <em>Feuilles blessées</em>, « Stances de Jean Moréas » ? La séduction en est certes moins immédiate que pour les pages inspirées par Verlaine, avec une atmosphère plus sombre, peut-être, mais quelles lignes admirables dans le dessin de ces mélodies !</p>
<p>Quant à Léon Delafosse, c’est une découverte complète que ce compositeur dont seul les Proustiens devaient jusqu’ici connaître l’existence. Né en 1874, mort en 1955. Sargent a peint son portrait, Proust l’a pris comme modèle pour le violoniste Morel, Robert de Montesquiou en avait fait son protégé… De Proust, Delafosse mis en musique le poème <em>Mensonges</em>, des vers de Montesquiou il fit le <em>Quintette de fleurs</em>, cinq poèmes amoureux ou les bleuets et les œillets s’entremêlent aux chastes baisers. « Au bord de l’eau » de Sully Prudhomme inspira aussi Fauré, et l’on ne prétendra pas que Delafosse s’élève aux mêmes hauteurs, mais sa musique n’en est pas moins fort agréable.</p>
<p>Qu&rsquo;ils sont donc mérités, les nombreux prix de mélodie que le Duo Dix Vagues a remportés lors de divers concours de chant. Et qu&rsquo;ils ne se hâtent pas trop de vouloir nous offrir d&rsquo;autres bijoux comme celui-ci, nous saurons patienter jusqu&rsquo;à ce de nouvelles fleurs s&rsquo;épanouissent, aussi immarcescibles.</p>
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		<title>Dutilleux, Mélodies, intégrale et inédits</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/dutilleux-melodies-integrale-et-inedits-etre-et-avoir-ete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Mar 2016 08:32:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On ne peut pas, selon le dicton. On ne peut pas avoir mené pendant près de quatre décennies une carrière internationale, émaillée de créations prestigieuses, et être encore un artiste en pleine possession de ses moyens. On ne peut pas avoir brillamment défendu la mélodie française pendant des années et en porter encore les couleurs &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On ne peut pas, selon le dicton. On ne peut pas avoir mené pendant près de quatre décennies une carrière internationale, émaillée de créations prestigieuses, et être encore un artiste en pleine possession de ses moyens. On ne peut pas avoir brillamment défendu la mélodie française pendant des années et en porter encore les couleurs avec autant d’éclat. La première plage du disque Dutilleux enregistré l’été dernier par <strong>François Le Roux</strong> en fait la cruelle démonstration : dans « Regards sur l’infini », un tempo très mesuré et la nuance forte exposent l’inévitable usure d’une voix, à tel point que le baryton donnerait à Julien Clerc des leçons de chevrotement. Et l’on se prépare à souffrir, dans la crainte que l’ensemble du disque soit du même tonneau. Heureusement, tout s’arrange dès la deuxième plage, et les tensions ne se produisent plus qu’aux brefs instants où la voix est sollicitée au-delà de ses moyens actuels, comme lors des longues notes tenues, par exemple. Mais quelle idée, alors, d’avoir placé en ouverture du récital la première de ces <em>Cinq mélodies</em>, alors qu’à peu près dans toutes les autres plages du disque, l’extrême intelligence du diseur et la sensibilité incontestable de l’interprète l’emportent et font passer les menues difficultés d’ordre purement vocal ! A savourer sans retenue, en revanche, les commentaires érudits du chanteur dans le livret d&rsquo;accompagnement.</p>
<p>On ne s’amusera donc pas à comparer le timbre et les moyens actuels de François Le Roux avec ceux de Vincent Le Texier, interprètes des mêmes mélodies sur un disque <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/henri-dutilleux-le-loup-la-fille-du-diable-etc-hd-avant-lheure-h">récemment chroniqué</a>. Par ailleurs, là où celui qui est actuellement Golaud sur bien des scènes était accompagné par un orchestre, l’ex-Pelléas de sa génération est soutenu par le piano d’<strong>Olivier Godin</strong>, dont le jeu tantôt percussif, tantôt caressant met bien en relief la modernité de l’écriture du jeune Dutilleux, peut-être plus immédiatement perceptible qu’avec l’orchestre. Pour les poèmes de Jean Cassou, notamment, la version piano semble moins datée que certaines orchestrations.</p>
<p>Appartenant à une autre génération, la soprano <strong>Valérie Condoluci</strong> n’a évidemment pas les mêmes problèmes vocaux que François Le Roux, même si elle n’a pas non plus ses affinités extrêmes avec le genre de la mélodie française. Sa participation à ce disque se borne à trois œuvres explicitement prévues pour une voix féminine : l’une des toutes premières composition de Dutilleux, « Barque d’or », partition ruisselant d’un orientalisme ravélien ; la « Chanson de la Déportée » de 1945 ; et la page la plus récente, « San Francisco Night » (1963), que Dawn Upshaw remit à l’honneur en 1999.</p>
<p>En complément de programme, on trouvera, éclatées en trois blocs, les six pièces brèves pour piano seul, réunies par Dutilleux dans <em>Au gré des ondes</em>, titre en forme de jeu de mots puisqu’il s’agissait de fonds sonores composés pour les ondes de la radiodiffusion française. A l’écoute de ces pages sans prétention, on s’étonne qu’elles aient valu à Anne Queffélec une brouille avec le compositeur qui, en 1996, crut devoir lui interdire de les enregistrer…</p>
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