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	<title>A Quiet Place - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>A Quiet Place - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>BERNSTEIN, A Quiet Place — Paris (Garnier)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Mar 2022 07:23:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au moment des saluts, le librettiste Stephen Wadsworth feint d’enlacer une silhouette invisible pour rendre hommage à Leonard Bernstein. On pourra toujours dire que cette création parisienne d’A Quiet Place s’appuie sur une réécriture, il faudra bien admettre que l’ombre et l’esprit du compositeur planent sur toute la représentation. Car si Garth Edwin Sunderland a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au moment des saluts, le librettiste Stephen Wadsworth feint d’enlacer une silhouette invisible pour rendre hommage à Leonard Bernstein. On pourra toujours dire que cette création parisienne d’<em>A Quiet Place </em>s’appuie sur une réécriture, il faudra bien admettre que l’ombre et l’esprit du compositeur planent sur toute la représentation. Car si Garth Edwin Sunderland<strong> </strong>a passé une partie de la dernière décennie à mettre sur pieds une série de réorchestrations, commençant par épurer l’effectif initial (qui, outre une grande formation symphonique, incluait un synthétiseur et une guitare électrique) dans une version chambriste enregistrée pour Decca avant de l’étoffer à nouveau pour mieux l’adapter aux dimensions d’une véritable salle d’opéra, c’est dans le but avoué de restituer la veine originelle d’une œuvre que Bernstein considérait à la fois comme l’une de ses plus personnelles et de ses plus déroutantes.</p>
<p>Pensée comme une suite logique de <em>Trouble in Tahiti</em>, créée à Houston en 1983 puis rejouée à Vienne trois ans plus tard, <em>A Quiet Place </em>nous plonge, en un peu plus d’une heure et demie, au cœur des déchirures à vif et des tentatives de réconciliation maladroites que provoque la mort brutale de Dinah sur son mari, Sam, sur ses enfants, Junior et Dede, et sur François, époux de celle-ci et amant de celui-là. <em>Sérendipité </em>est un mot à la mode : il qualifie bien l’étonnement avec lequel les personnages découvrent, progressivement et douloureusement, qu’ils se connaissent au-delà de ce qu’ils auraient cru possible. Si l’intrigue lorgne vers Tchekhov, la partition, qui n’emprunte au jazz et au bop que pour quelques passages grinçants, semble puiser sa violence chez Copland ou chez le Britten de <em>Peter Grimes</em>, auquel Bernstein reprend l’idée de ces interludes orchestraux incisifs qui séquencent implacablement l’action. Au-dessus d’un tapis orchestral où les cuivres et les percussions dominent, les voix, partagées entre conversation en musique (l’<em>Intermezzo </em>de Strauss parfois n’est pas très loin) et explosions lyriques, n’ont pas de répit ; autant dire que l’équipe a fort à faire pour se hisser à la hauteur du grand homme et de son œuvre.</p>
<p>C’est le cas, d’abord avec<strong> Kent Nagano</strong> : ancien assistant de Bernstein, avocat acharné de cet opéra, il s’applique à en révéler patiemment l’architecture et les alliages. Pas une mesure qui ne fasse progresser l’action, pas une nuance qui ne sous-entende une tension : son travail, passionnant, peut compter sur un Orchestre de l’Opéra particulièrement engagé. C’est le cas, ensuite, de <strong>Krzysztof Warlikowski</strong> : et si Iphigénie, Médée, Emilia Marty à l’opéra, et si Blanche Dubois et Phèdre au théâtre, n’avaient été que les répétitions générales (et parfois glorieuses) menant à cette Dede – et à cette Dinah, présente sur scène via une actrice muette ? Tout ce qui pouvait ressembler, ici ou là, à des tics ou à des procédés, de décors sanitaires en figurants callipyges, trouve dans cette production un langage fluide, une expression naturelle. Le lourd passif qui relie les personnages autant qu’il les divise, les impulsions qui séparent les corps avant de les rapprocher, jusqu’à cette maison hétéroclite, à la fois réconfortante et effrayante, tout cela respire l’évidence. Comme si brusquement, après avoir su discourir sans trop d’accent dans une foule de dialectes différents, Warlikowski acceptait de nous parler simplement dans sa langue natale.</p>
<p>Enfin, ce n’est pas le moindre mérite du chef et du metteur en scène que de sublimer une fantastique distribution. La première partie de l’œuvre, consacrée aux funérailles de Dinah, fait défiler une foule de seconds rôles hauts en couleur, façon <em>Gianni Schicchi </em>; parmi ces silhouettes singulières, on retient notamment la Susie d’<strong>Hélène Schneiderman</strong>, le psychiatre de <strong>Loïc Félix </strong>ou le directeur de la chambre mortuaire campé par <strong>Colin Judson</strong>. Veuf tout en frustrations rentrées qui se laisse peu à peu submerger par sa tristesse, <strong>Russell Braun</strong> bouleverse, tout comme la Dede de <strong>Claudia Boyle</strong> fascine, chez elle sur le moindre recoin du vaste plateau de Garnier comme dans tous les grands écarts d’une écriture à l’ambitus assassin. Le Junior percutant de <strong>Gordon Bintner</strong>, colosse aux pieds d’argiles qui fend un peu plus le cœur à chaque nouvelle provocation, et le François de <strong>Frédéric Antoun</strong>, dont le timbre suave dissimule un personnage qui ne fait que gagner en autorité, couronnent un quatuor de protagonistes inoubliable. <em>A Quiet Place</em> mérite de figurer au répertoire des grandes maisons d’opéra : qui prendra son tour ?</p>
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		<title>Gustavo Dudamel, conseiller musical de Steven Spielberg pour West Side Story</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/gustavo-dudamel-conseiller-musical-de-steven-spielberg-pour-west-side-story/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Nov 2021 05:51:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La 20th-Century Fox a déjà posté sur les réseaux plusieurs extraits et bande-annonce du prochain film de Steven Spielberg : West Side Story. Pour cela Spielberg s&#8217;inspire directement de la production de 1957 à Broadway. Hier, la 20th-Century Fox a posté un aperçu des coulisses du film où l’on aperçoit notre Gustavo Dudamel national (depuis &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La 20th-Century Fox a déjà posté sur les réseaux plusieurs extraits et bande-annonce du prochain film de Steven Spielberg : <em>West Side Story</em>. Pour cela Spielberg s&rsquo;ins<a href="https://www.youtube.com/watch?v=hy1ju2NWrLQ">pire directement de la production de 1957 à Broadway. Hier, la 20th-Century Fox a posté </a>un aperçu des coulisses du film où l’on aperçoit notre <strong>Gustavo Dudamel</strong> national (depuis peu), qui a conseillé musicalement Steven Spielberg sur cette production – on l’aperçoit du reste au passage dans ce nouvel extrait – et dirige le New York Philhamonic Orchestra (ainsi que David Newman). Le film devrait sortir début décembre 2021. Pour mémoire, <em>A Quiet Place</em> sera donné en mars 2022 à l’Opéra de Paris, mais cette fois ce sera <strong>Kent Nagano</strong> dans la fosse. Vive Bernstein !</p>
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		<title>Dix productions incontournables de la saison 2021-22</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dix-productions-incontournables-de-la-saison-2021-22/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Sep 2021 01:09:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par ordre chronologique, 10 productions (et même 11) qu&#8217;il serait dommage de manquer en 2021-22. Hans Abrahamsen, La Reine des neiges, Opéra national du Rhin, 15 septembre &#8211; 3 octobre 2021 (plus d&#8217;informations) Après le succès mondial de son Let me tell you, Hans Abrahamsen transforme l’essai vocal avec La Reine des neiges, d’après le célèbre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong style="font-size: 14px;">Par ordre chronologique, 10 productions (et même 11) qu&rsquo;il serait dommage de manquer en 2021-22.</strong></p>
<hr />
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp01.jpg?itok=ShRhr6bq" style="width: 100px; height: 100px; border-width: 0px; border-style: solid; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" /><strong>Hans Abrahamsen, </strong><em><strong>La Reine des neiges</strong>,</em> Opéra national du Rhin, 15 septembre &#8211; 3 octobre 2021 (<a href="https://www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-2021-2022/opera/die-schneekonigin">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Après le succès mondial de son <em>Let me tell you</em>, Hans Abrahamsen transforme l’essai vocal avec <em>La Reine des neiges</em>, d’après le célèbre conte d’Andersen. Créé en 2019 à l’Opéra de Copenhague, le spectacle est donné jusqu’au 3 octobre à l’Opéra national du Rhin (Strasbourg et Mulhouse). Les quelques images disponibles sur le site de la maison laissent deviner une mise en scène poétique et sensible, à l’image de la musique délicate du compositeur danois. [Alexandre Jamar]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp11.jpg?itok=gxV59kns" style="width: 100px; height: 100px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" /><strong>Philip Glass, <em>Akhnaten</em></strong>, Opéra Nice Côte d&rsquo;Azur, 12 &#8211; 16 novembre 2021 (<a href="https://www.opera-nice.org/fr/evenement/757/akhnaten">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Créé à Stuttgart en 1984, <em>Akhnaten</em> (comprendre : Akhenaton) permet à Philip Glass de clore une trilogie d&rsquo;opéras consacrés à des figures qui changèrent le monde, à la suite d&rsquo;<em>Einstein on the Beach </em>et de<em> Satyagraha </em>(sur la vie de Gandhi). Vingt ans après la première française de l&rsquo;œuvre à Strasbourg, Nice relève le gant, avec une impressionnante distribution réunissant notamment, autour de Fabrice Di Falco dans le rôle-titre, Patrizia Ciofi et Vincent Le Texier. Eminente figure du minimalisme, la chorégraphe Lucinda Childs a accepté de mettre en scène ce qui s&rsquo;annonce déjà comme un des événements de la saison lyrique française. [Clement Taillia]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp04.jpg?itok=kC3GuAyZ" style="width: 100px; height: 100px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" /></p>
<p><strong>Georg Friedrich Haendel, <em>Partenope</em></strong>, Madrid, Teatro Real, 13 &#8211; 23 nov. 2021 (<a href="https://www.teatroreal.es/es/espectaculo/partenope">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>En 2009, <em>Partenope</em> dans la mise en scène de Christopher Alden recevait le Prix Laurence Olivier de la meilleure production lyrique. A défaut de surprise, sa reprise à Madrid cette saison s&rsquo;impose en raison d&rsquo;une double distribution d&rsquo;où se détachent certains chanteurs <em>best in class</em> – comme aurait dit Haendel<em> </em>à Londres lors de la création de l&rsquo;opéra en février 1730 –, Franco Fagioli (en Arsace) n&rsquo;étant pas le moindre [Christophe Rizoud]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp05.jpg?itok=_xZGiXr8" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong>Luigi Cherubini, <em>Lo sposo di tre e il marito di nessuna</em></strong>, Maggio musicale fiorentino, 22 janvier &#8211; 8 février 2022 (<a href="https://www.maggiofiorentino.com/en/events/lo-sposo-di-tre-e-il-marito-di-nessuna-2">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Une nouvelle saison, c’est aussi l’occasion de découvrir une rareté passée au travers des radars lyriques depuis des décennies. Le Maggio florentin s’est ingénié à aller déterrer le seul opéra bouffe de Luigi Cherubini. Exit Médée et les tragédies, place aux héros hauts en couleurs de la commedia dell’arte ! Diego Fasolis dirige une jeune distribution qui comprend des talents déjà confirmés comme Mattia Olivieri. Une parfait excuse, au passage, pour retourner aux Offices ! [Yannick Boussaert]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp03.jpg?itok=lS9Gb_uB" style="width: 100px; height: 100px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" /><strong>Benjamin Britten, <em>Peter Grimes</em></strong>, Wiener Staatsoper, 26 janvier &#8211; 8 février 2022 (<a href="https://www.wiener-staatsoper.at/en/season-tickets/detail/event/983446908-peter-grimes/">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Britten ne reçoit pas toujours les faveurs des programmateurs qu’il devrait. Qu’à cela ne tienne ! Il suffit que Jonas Kaufmann fasse sien le rôle de Peter Grimes pour que le titre devienne un événement. Entouré de Lise Davidsen et de Bryn Terfel, la série viennoise se transforme même en must de la saison 2021-22. N&rsquo;oubliez pas la petite chaise pliable en prévision des longues heures de queue pour les places debout… [Yannick Boussaert]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp08.jpg?itok=7LbM5Ukx" style="width: 100px; height: 103px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" /><strong>Jules Massenet, <em>Thaïs</em></strong>, Milan, Teatro alla Scala, 10 février &#8211; 2 mars 2022 (<a href="https://www.teatroallascala.org/en/season/2021-2022/opera/thais.html">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><a href="https://www.forumopera.com/thais-monte-carlo-elle-encore-elle">Monte-Carlo en début d&rsquo;année</a> faisait carton plein ; nul doute que Milan, dans une mise en scène d&rsquo;Olivier Py, renouvelera l&rsquo;exploit : Marina Rebeka et Ludovic Tézier, l&rsquo;un et l&rsquo;autre au sommet de leur art, dans <em>Thaïs</em>, un opéra qui leur offre, ensemble ou séparément, d&rsquo;innombrables occasions de faire des étincelles. Est-il nécessaire, pour convaincre, d&rsquo;en écrire plus ? [Christophe Rizoud]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp02.jpg?itok=OA5E7JSz" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong>Christoph Willibald Gluck, <em>Iphigénie en Tauride</em></strong>, Opéra de Rouen Normandie, 25 février &#8211; 1er mars 2022 (<a href="https://www.operaderouen.fr/saison/21-22/iphigenie-en-tauride/">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Quand la mezzo française numéro un, fraîchement auréolée d’<a href="/elisabetta-regina-dinghilterra-pesaro-who-run-the-world-girls">un nouveau succès à Pesaro</a>, s’apprête à ajouter un rôle iconique à son répertoire, c&rsquo;est un petit événement en soi. Rendez-vous dans la médiévale et impressionniste Rouen pour suivre Karine Deshayes donner vie à l&rsquo;un des deux Iphigénie de Gluck. [Yannick Boussaert]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp10.jpg?itok=2DKA42Ln" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong>Leonard Bernstein, <em>A quiet Place</em></strong>, Opéra national de Paris, 7 &#8211; 30 mars 2022 (<a href="https://www.operadeparis.fr/saison-21-22/opera/a-quiet-place">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Une première à l&rsquo;Opéra de Paris d&rsquo;un ouvrage d&rsquo;un compositeur de premier plan ne saurait passer inaperçue. Ultime œuvre scénique de Leonard Bernstein, <em>A Quiet Place</em> benéficie pour cette création parisienne d&rsquo;une affiche prestigieuse où se disputent les noms de Krzysztof Warlikowski (mise en scène), Kent Nagano (direction musicale) et, parmi les interprètes, Patricia Petibon. <em>The – quiet – place to be</em> en mars prochain, assurément ! [Christophe Rizoud]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp09.jpg?itok=lLL9EaJK" style="width: 100px; height: 100px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" /><strong>Trilogie Mozart / Da Ponte</strong>, Opéra national de Bordeaux, 20 mai &#8211; 6 juin 2022 (<a href="https://www.opera-bordeaux.com/trilogie-mozart-da-ponte-18375">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Les opéras de la trilogie Mozart  / Da Ponte – <em>Le nozze di Figaro</em>, <em>Don Giovanni</em>, <em>Cosi fan tutte</em> – envisagés par le tandem Ivan Alexandre / Marc Minkowski, non comme trois chefs d&rsquo;œuvres distincts mais comme un tout, une saga lyrique où l&rsquo;on suivrait d&rsquo;un ouvrage à l&rsquo;autre les tribulations des mêmes personnages sous différents visages : une expérience à tenter avec d&rsquo;autant plus d&rsquo;intérêt qu&rsquo;elle s&rsquo;accompagne de prises de rôles significatives, Alexandre Duhamel en Don Giovanni puis en Don Alfonso, pour n&rsquo;en citer qu&rsquo;un.  [Christophe Rizoud]  </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp06.jpg?itok=QO6OF-Rf" style="width: 100px; height: 100px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" /><strong>Giacomo Meyerbeer, L<em>es Huguenots</em></strong>, Bruxelles, La Monnaie, 12 juin &#8211; 2 juillet 2022 (<a href="https://www.lamonnaie.be/fr/program/1961-les-huguenots">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>2011 fut une année splendide pour le Théâtre de la Monnaie. L&rsquo;institution bruxelloise reçut en effet du jury de la revue allemande <em>Opernwelt</em> le prestigieux prix de la meilleure maison d&rsquo;opéra tandis que l&rsquo;une de ses productions phares, <em>Les Huguenots</em> mis en scène par Olivier Py, recevait celui du meilleur spectacle de l&rsquo;année. Cette rare reprise affichera l&rsquo;enthousiasmant Enea Scala dans le rôle particulièrement difficile de Raoul de Nangis. Pour une fois que l&rsquo;histoire repasse les plats, le rendez-vous est à ne pas manquer. [Jean Michel Pennetier]</p>
<hr />
<p><em>Et en bonus&#8230;</em></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp07.jpg?itok=w6cbDxIk" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong>Giacomo Puccini, <em>Turandot</em></strong>, Rome, Accademia Nazionale di Santa Cecilia, 12 mars 2022 (<a href="https://santacecilia.it/en/concerto/puccini-turandot/?replica=285">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Après Tristan à Munich et bientôt Peter Grimes à Vienne, Jonas Kaufmann effectuera une nouvelle prise de rôle à Rome avec une Turandot en version concert qui se fera dans la foulée d&rsquo;un enregistrement pour Warner. Le ténor allemand sera particulièrement bien entouré, avec les débuts dans le rôle-titre de Sondra Radvanovsky et la Liù d&rsquo;Ermonela Jaho. Les forces de l&rsquo;Accademia Nazionale di Santa Cecilia seront confiées à Antonio Pappano. [Jean Michel Pennetier]</p>
<p> </p>
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		<title>BERNSTEIN, A Quiet Place — Luxembourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/a-quiet-place-luxembourg-exhumation-peu-convaincante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Nov 2018 07:02:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les anniversaires constituent d’excellentes opportunités pour découvrir des œuvres oubliées. A l’occasion du centenaire de la naissance de Leonard Bernstein, les équipes néerlandaises de Opera Zuid présentaient donc au Grand-Théâtre de Luxembourg une production très originale de A quiet place, le seul véritable opéra que Bernstein ait composé, œuvre composite et tardive qui mérite sans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les anniversaires constituent d’excellentes opportunités pour découvrir des œuvres oubliées. A l’occasion du centenaire de la naissance de Leonard Bernstein, les équipes néerlandaises de Opera Zuid présentaient donc au Grand-Théâtre de Luxembourg une production très originale de <em>A quiet place</em>, le seul véritable opéra que Bernstein ait composé, œuvre composite et tardive qui mérite sans doute qu’on s’y attarde un peu. Chef d’orchestre d’une incomparable stature, pédagogue hors pair dont la télévision garde des traces très précieuses, Bernstein compositeur apparaît, avec le recul, surtout comme l’auteur de « musicals » et de grandes pages orchestrales, dont la popularité est toujours bien vivace. Au nombre de ses comédies musicales figure <em>Trouble in Tahiti</em>, écrite en 1951 au cours de sa lune de miel, avant donc les énormes succès que seront <em>Candide</em> et <em>West Side Story</em>, sur un livret du compositeur lui même. C’est l’histoire du mariage un peu bancal d’un jeune couple suburbain dans l’Amérique naïve des années 50, curieux sujet pour une lune de miel. De nombreuses années plus tard, Bernstein reprit cette partition dans le but de composer un opéra plus ambitieux, en lui adjoignant un début et une fin, dans une écriture plus travaillée, davantage marquée par le modernisme pour en faire <em>A Quiet Place</em>, opéra à part entière, composé en 1983 et créé à Milan en 1984. L’œuvre connut quelques coupures et des remaniements – Bernstein en tira aussi une suite d’orchestre –, mais n’atteignit jamais une grande notoriété, sans doute en raison du caractère hybride de l’écriture musicale.</p>
<p>Telle qu’elle se présente à nous aujourd’hui, la partition est composée de trois actes : l’enterrement de Dinah décédée dans un accident de voiture, un flashback de 30 ans sur sa vie de famille mouvementée (c’est là qu’est repris <em>Trouble in Tahiti</em>) et un troisième acte en guise d’épilogue montrant les tentatives de sa fille Dede pour renouer un fil au sein de cette famille délitée. La structure de <em>Trouble in Tahiti</em>, faite de numéros assez brillants et souvent comiques, s’accorde mal avec l’écriture cursive, déstructurée des deux actes extrêmes et leur propos infiniment plus sombre.</p>
<p>Le livret nous montre des personnages complexes et tourmentés, en proie à des troubles identitaires ou carrément psychotiques, souvent émouvants ; mais la mise en scène, par manque de dramaturgie, peine à établir une cohérence dans l’évolution et le fonctionnement des personnages. <strong>Orpha Phelan</strong> raconte l’histoire, montre le livret sans prendre aucun parti et ne contribue pas à resserrer la cohérence de la partition, laissant le soin à chaque chanteur d’affirmer (ou non…) l’identité de son personnage. Un décor unique, volontairement inesthétique, sert les deux époques sans effet de contraste, balayé par des lumières blafardes et sans charme.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/a_quiet_place_c_joost_milde_3.jpg?itok=uFsvM8wF" title="Turiya Haudenhuyse (Dinah) et le trio jazz © Joost Milde" width="468" /><br />
	Turiya Haudenhuyse (Dinah) et le trio jazz © Joost Milde</p>
<p>La distribution est assez homogène, dominée par <strong>Lisa Mostin</strong> qui chante Dede, très joli timbre, voix facile et claire et <strong>Turiya Haudenhuyse</strong> qui donne beaucoup de consistance au rôle de la mère, à la fois lucide et émouvante. Du côté masculin, <strong>Hubert Claessens</strong>, baryton néerlandais lauréat du concours Reine Elisabeth il y a trente ans mais dont la voix paraît un peu usée et l’émission assez dispersée, montre peu d’impact dramatique et fait du personnage de Sam, le père, un être insaisissable, c’est peut-être délibéré. Junior (le fils psychotique) est particulièrement bien défendu par <strong>Michael Wilmering</strong>, jeune baryton néerlandais qui habite son personnage avec beaucoup d’intensité. François, le mari de Dede (mais c’est aussi l’ancien amant de Junior – rien n’est simple !) est chanté par le jeune ténor italien <strong>Enrico Casari</strong>, voix légère et pleine de charme, tandis que le jeune Sam (il n’intervient que dans le deuxième acte) est chanté par <strong>Sebastià Peris, </strong>baryton espagnol encore un peu vert mais bon comédien. Toutes ces voix s’accordent fort bien ensemble, créant un effet de troupe assez agréable, auquel il faut ajouter le trio jazz – trois personnages déjantés, dont toutes les interventions sont chorégraphiées, introduisant une note d’humour décalé et de dérision très bienvenue dans le deuxième acte et qui sont très bien incarnés par <strong>Veerle Sanders, Jeroen De Vaal </strong>et <strong>Rick Zwart, </strong>créant l’effet comique souhaité.</p>
<p>Le chœur, que Bernstein a voulu intégré à l’orchestre, et donc non visible des spectateurs, nous a paru un peu faible, de même que la direction d’orchestre, le chef <strong>Karel Deseure</strong> ne parvenant pas à donner corps à la partition, il est vrai fort disparate. En effet, l’écriture de la partie centrale, conforme à ce qu’on attend de Bernstein, grande richesse mélodique et inspiration jazzy à la clé, est très différente des deux autres actes où le compositeur s’essaye à une écriture déstructurée, un discours musical articulé sur le texte, lui même essentiellement composé de phrases inabouties, de fragments de discours, sans cesse interrompu dans ses élans. Tout cela est infiniment périlleux à mettre en place et souffre de décalages et d’approximations, d’un manque de couleurs orchestrales aussi, de sorte que la partition n’en ressort ni grandie ni plus lisible.</p>
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		<title>A Quiet Place</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/a-quiet-place-une-partition-intranquille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Jul 2018 08:52:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vous êtes un bernsteinien fanatique mais vous possédez déjà l’unique version existante de A Quiet Place, dûment enregistrée par Lenny himself lors de la création à Vienne en 1986. Voyant venir une seconde version, vous vous demandez si l’acquisition s’en impose. Rassurez-vous, il ne s’agit pas du tout de la même œuvre. Enfin, si, mais &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Vous êtes un bernsteinien fanatique mais vous possédez déjà l’unique version existante de <em>A Quiet Place</em>, dûment enregistrée par Lenny <em>himself</em> lors de la création à Vienne en 1986. Voyant venir une seconde version, vous vous demandez si l’acquisition s’en impose. Rassurez-vous, il ne s’agit pas du tout de la même œuvre. Enfin, si, mais dans un état assez différent pour qu’il y ait de quoi s’amuser au petit jeu de la comparaison. Surtout, cet état-là se présente comme une sorte de compromis idéal entre la version initiale de la partition et la « Broadwayisation » que Bernstein aurait pu en tirer s’il en avait eu le temps. Remontons en arrière pour y voir plus clair.</p>
<p>Ultime œuvre scénique de Leonard Bernstein, <em>A Quiet Place </em>est créé à l’Opéra de Houston en 1983, couplé avec <em>Trouble in Tahiti</em>, opéra en un acte (1952) dont il se présente comme la suite (l’héroïne, Dinah, vient de décéder, et l’on voit s’entredéchirer son mari et ses enfants). Aussitôt après cette première, le compositeur remet son ouvrage sur le métier avec son librettiste, Stephen Wadsworth, pour aboutir à une seconde mouture, à laquelle <em>Trouble in Tahiti</em> est intégré comme une sorte de flashback. Cette version longue (deux heures trente) et « définitive » est la seule qui était jusqu’ici disponible.</p>
<p>Néanmoins, Kent Nagano et Garth Edwin Sunderland ont souhaité réaliser une nouvelle version, pour réintégrer tout ce qui avait été coupé par Bernstein entre 1983 et 1986 (plusieurs « arias » refont ainsi surface), et en excluant entièrement <em>Trouble in Tahiti</em>. Il ne s’agit pas pour autant d’un retour à l’état de 1983, puisque la participation des divers personnages secondaires a été judicieusement revue à la baisse, comme c’était déjà le cas en 1986 (ils n’apparaissent plus que lors de la scène de l’enterrement, écourtée mais encore presque trop). Par ailleurs, il a été décidé de réaliser une orchestration plus légère, le compositeur ayant envisagé à une époque de monter l’œuvre à Broadway, avec un orchestre sensiblement réduit : 18 instrumentistes au lieu de 72 minimum !</p>
<p>Difficile de dire si <em>A Quiet Place</em> en devient du coup plus viable à la scène : il faudra pour cela qu’un théâtre se décide à programmer cette version allégée (les représentations prévues à Luxembourg en novembre prochain s’en tiendront apparemment à la version de 1986 : difficile de renoncer à l’excellent <em>Trouble in Tahiti</em>, même saucissonné en deux tranches dans le <em>Quiet Place </em>« définitif »). En attendant, cette nouvelle version semble bien avoir gagné sur le plan dramatique, à la fois plus resserré et étoffé de divers monologues importants.</p>
<p>Après avoir évoqué la lassitude au sein du couple et l’ennuie des banlieues, Berstein abordait dans <em>A Quiet Place</em> l’homosexualité et même l’inceste, chose assez courageuse au début des années 1980. Pour cette « création », Kent Nagano peut compter sur quelques valeurs sûres du chant anglophone, à commencer par le ténor <strong>Joseph Kaiser</strong>, vu notamment à Paris en Fortunio ou en Lenski : comme de juste, il interprète le rôle de François, l’amant québécois de Junior et époux de la sœur de celui-ci. Le rétablissement d’airs disparus bénéficie surtout au baryton <strong>Lucas Meachem</strong>, dernier Billy Budd vu à Bastille : le rôle de Sam y prend un relief supplémentaire. Dans une tessiture voisine, <strong>Gordon Bintner</strong> est un peu le pivot de l’action, puisque la réconciliation de Junior avec son père est la clef de ce grand lavage de linge sale en famille. Habituée aux rôles de colorature (Konstanze, Tytania…), <strong>Claudia Boyle </strong>ne rencontre aucun obstacle en Susie, lointaine cousine de la Cunégonde de <em>Candide</em> mais qui ne bénéficie pas d’air équivalent à « Glitter and be gay ». Même pour les rôles secondaires, qui ont pourtant peu à chanter, leur participation se réduisant à la conversation en musique, la distribution a été soignée, avec notamment <strong>Rupert Charlesworth</strong>, l’un des lauréats HSBC de l’Académie du festival d’Aix-en-Provence.</p>
<p>Pour l’anecdote, on signalera que la traduction du livret en français a été réalisée par une officine de traduction basée à Montréal, ce qui nous vaut un savoureux tissu de québécismes…</p>
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