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	<title>Aci, Galatea e Polifemo - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Aci, Galatea e Polifemo - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>HAENDEL, Aci, Galatea e Polifemo — Bruges</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/aci-galatea-e-polifemo-bruges-haendel-en-eruption-a-bruges/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Aug 2014 07:48:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival de Musique Ancienne de Bruges (MAfestival) aurait pu jouer la carte de la sécurité en ouvrant sa cinquante et unième édition, dont Les Métamorphoses d’Ovide constituent le fil rouge, avec Acis and Galatea (1718), pièce chérie du public et succès de foule assuré. Or, il lui a préféré Aci, Galatea e Polifemo, un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Festival de Musique Ancienne de Bruges (MAfestival) aurait pu jouer la carte de la sécurité en ouvrant sa cinquante et unième édition, dont <em>Les Métamorphoses </em>d’Ovide constituent le fil rouge, avec <em>Acis and Galatea</em> (1718), pièce chérie du public et succès de foule assuré. Or, il lui a préféré <em>Aci, Galatea e Polifemo</em>, un ouvrage nettement moins couru qui vit le jour dix ans plus tôt à Naples. S’il développe le même sujet, par contre, il n’entretient aucun lien musical avec le célèbre <em>mask</em>.</p>
<p>La période italienne de Haendel, si féconde et qui forme un vaste réservoir d’idées où il puisera volontiers tout au long de sa carrière, semble bénéficier d’un regain d’intérêt depuis quelques années et il faut se réjouir qu’après Emmanuelle Haïm, René Jacobs et Fabio Bonizzoni, un chef de la trempe de <strong>Giovanni Antonini</strong> s’empare de ce joyau emblématique de l’écriture du jeune Saxon : libre, hardie, inventive et colorée.</p>
<p>Si le renouvellement de l’orchestration ne cesse de surprendre, la caractérisation musicale et l’intelligence dramatique, en particulier dans de formidables trios où Polifemo s’oppose violemment aux amants, témoignent davantage encore de la maturité d’un compositeur d&rsquo;à peine vingt-trois ans. Ce dernier disposait manifestement d’un atout de taille qui a dû stimuler son imagination, mais qui donne aussi des sueurs froides aux producteurs modernes : l’interprète du Cyclope, également à l’affiche d&rsquo;un opéra de Nicola Fago joué lors des noces du duc d’Alvito pour lesquelles la duchesse de Laurenzana commanda à son secrétaire Nicola Giuvo et au musicien hambourgeois de passage dans la cité parthénopéenne <em>Aci, Galatea et Polifemo. </em>Contrairement aux hypothèses longtemps avancées, il ne s’agissait pas de Giovanni Maria Boschi ni d’Antonio Francesco Carli, qui chanteront plus tard dans ses opéras, mais du prêtre napolitain Antonio Manna. Son rôle, probablement le plus spectaculaire et le plus exigeant jamais conçu par Haendel pour ce type de voix, couvre deux octaves et une quinte (ré 1 – la 3), des sauts d’intervalles vertigineux émaillant l’extraordinaire <em>aria</em> « Fra l’ombre e gli orrori » dont la plus grande basse du XVIIIe siècle, Antonio Montagnana, héritera vingt ans plus tard lors de la création de <em>Sosarme</em>. Ce n’est certainement pas un hasard si, pour sa reprise en 1713, la sérénade fut rebaptisée <em>Polifemo, Galatea ed Aci.</em></p>
<p>Nous le savions avant de pénétrer dans la salle du Concertgebouw, <strong>Christopher Purves</strong> n’a plus aujourd’hui les ressources nécessaires pour embrasser la démesure du personnage qui porte en lui l&rsquo;Etna et nous glacer les sangs : la trame de l’instrument est désormais élimée, la ligne accidentée et le souffle court, la vocalise alentie ;  mais – et cela aussi nous le savions  – il compose admirablement avec ses moyens, guidé par un sens du théâtre imparable et jubilatoire. Comme Lucifero dans <em>La Resurrezione</em> créée quelques semaines plus tôt à Rome, Polifemo revêt une dimension grotesque que le baryton basse se plaît à souligner, au risque peut être de cabotiner, infléchissant la figure du monstre pour camper un satyre goguenard et fanfaron. Mais que l’extrême grave vienne à se dérober (« Fra l’ombre e gli orrori ») et l’élégance majestueuse, le raffinement de la conduite nous le font aussitôt oublier. Christopher Purves délivre une leçon de style et de théâtre disions-nous, qui force le respect et devrait inspirer les chanteurs en herbe.</p>
<p><strong>Roberta Invernizzi</strong> prête au juvénile Aci (seize printemps chez Ovide) un soprano plus corsé que d’ordinaire et surtout une détermination, sinon une pugnacité inattendue, y compris dans les récitatifs, qui nous change des bergers trop placides échappés d’une Arcadie de boudoir. Si la gracieuse <em>aria de paragone </em>« Qui l’augel da pianta in pianta » où le rossignol voltige avec le hautbois manque un peu de lumière et ne tient pas toutes ses promesses, l’artiste sait mourir et sa longue agonie suspendue et sertie de chromatismes (« Verso già l’alma col sangue ») révèle un art consommé et infiniment délectable.</p>
<p>Il faut dire qu’à la tête de son <strong>Giardino Armonico</strong>, Antonini subtilise un accompagnement autrement frémissant et suggestif que celui de la Risonanza avec qui Roberta Invernizzi enregistrait <em>Aci, Galatea e Polifemo</em> il y a deux ans (Glossa). Dans une partition où la tentation est parfois grande d’enchérir, de multiplier accents, contrastes et coups de griffes (« Precipitoso nel mar che freme »), sinon d’appuyer sur l’accélérateur (« Benché tuoni »),  le chef modère ses ardeurs, soigne l’articulation, phrase et respire en parfaite symbiose avec les solistes. <strong>Kristina Hammarström</strong> ne peut donner à Galatea ce qu’elle ne possède, à savoir la plénitude d’un vrai contralto, mais elle sait jouer en virtuose de ces magnifiques clairs-obscurs qui font tout le prix de son récent <a href="/cd/trop-dentrain-tue-lentrain">album Vivaldi </a>et s&rsquo;éploient dans le plus sensible des <em>cantabile </em>(« Sforzano a piangere »). </p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>HAENDEL, Aci, Galatea e Polifemo — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haim-aux-manettes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Oct 2013 22:06:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  En une douzaine d’année, volant de succès en succès dans la plupart des salles internationales, en compagnie d’excellents chanteurs, Emmanuelle Haïm a réalisé un sacré parcours. Elle croule sous les honneurs et les récompenses officielles. Athlétique, altière, ardente, crinière de lionne, corps sanglé dans une ample robe noire à longues manches de dentelle, celle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			En une douzaine d’année, volant de succès en succès dans la plupart des salles internationales, en compagnie d’excellents chanteurs, <strong>Emmanuelle Haïm</strong> a réalisé un sacré parcours. Elle croule sous les honneurs et les récompenses officielles. Athlétique, altière, ardente, crinière de lionne, corps sanglé dans une ample robe noire à longues manches de dentelle, celle que la presse anglaise a surnommée « <em>The Ms Dynamite of french baroque</em> », dirige du front et du poing, des épaules, des coudes et des hanches<strong> Le Concert d’Astrée</strong>, son ensemble d’instruments anciens, sans jamais relâcher son emprise sur des musiciens parfaitement rodés.</p>
<p>			À partir d’un livret inspiré des <em>Métamorphoses</em> d’Ovide, l’on suppose que la cantate <em>Aci, Galatea et Polifemo</em> aurait été composée pour célébrer le mariage à Naples de Beatrice Sanseverino et du duc d’Alvito. En adéquation avec l’esprit de cette délicieuse œuvre d’un Haendel de 23 ans, instrumentistes et chanteurs sont au service d’une partition colorée et inventive dans laquelle on reconnaît parfois les germes d’airs d’opéras postérieurs — notamment <em>Rinaldo</em> et <em>Sosarme</em>. Entre des récitatifs expressifs et des arias <em>da capo</em> exaltantes, les effets dramatiques percutants des duos amoureux et des trios belliqueux donnent à l’œuvre une belle dimension théâtrale. Clavecins et orgue assurent le continuo tandis que, de temps à autre d’une façon vivante des plus charmantes, cordes, hautbois, bassons, luth, trompettes et flutes à bec dialoguent avec trois voix solistes.<br />
			 <br />
			 <br />
			En smoking bleu-nuit, jabot blanc, bottines rouges à hauts talons, la soprano allemande <strong>Lydia Teuscher</strong> possède la science des vocalises d’une mozartienne accomplie. Incarnation d’un torrent de montagne, son Aci possède la finesse, la fraîcheur de timbre et l’agilité voulues. Son premier air « Che non può la gelosia » permet d’apprécier ses aigus faciles tandis que le troisième « Verso già l’alma col sangue » révèle pleinement la pureté sonore de son chant délicat et sensible.</p>
<p>			Le personnage de Galatea, sorte de passionaria acharnée, convient au tempérament dramatique et à la voix émouvante de <strong>Delphine Galou</strong> dont l’élégante silhouette est mise en valeur par une robe en taffetas marron, fort seyante. On retient la beauté des variations de « Benché tuoni e l’etra avvampi » ainsi que le vibrant « Se m’ami o caro », magnifiquement soutenu par le violoncelle et le violon.</p>
<p>			Contrastant avec ces deux voix féminines, le baryton-basse<strong> Laurent Naouri</strong> interprète un Polifemo volcanique comme il se doit — le personnage étant une personnification de l’Etna. Constamment présent au drame, Naouri lui confère beaucoup d’humanité en sachant se montrer tour à tour, furieusement jaloux, vengeur, voire pathétique. Si le chanteur peine un peu à assurer pleinement cette partie vocale oscillant entre le caverneux de la basse profonde et des aigus montant jusqu’au La, il s’en tire néanmoins très honorablement.</p>
<p>			L’œuvre se terminant dans la joie sur un hymne à la fidélité, Emmanuelle Haïm offre un bis repetita de « Chi ben ama ha per oggetti fido amor, pura costanza » à un public apparemment comblé.</p>
<p>			 </p>
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		<item>
		<title>HAENDEL, Aci, Galatea e Polifemo — Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/meurtre-dans-un-jardin-anglais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Jul 2011 21:55:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« La musique nait du partage avec les autres » affirme Leonardo Garcia Alarcon dans le programme de cet Acis and Galatea proposé par le Festival d’Aix-en-Provence. Puis le chef d’orchestre d’expliquer que cela nécessite un travail sur l’homogénéité et sur l’écoute des autres. La représentation de l’opéra pastoral de Haendel dans le cadre champêtre du Grand &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          « La musique nait du partage avec les autres » affirme <strong>Leonardo Garcia Alarcon</strong> dans le programme de cet <em>Acis and Galatea</em> proposé par le Festival d’Aix-en-Provence. Puis le chef d’orchestre d’expliquer que cela nécessite un travail sur l’homogénéité et sur l’écoute des autres. La représentation de l’opéra pastoral de Haendel dans le cadre champêtre du Grand Saint Jean a valeur de démonstration. L’orchestre baroque de l’Académie européenne de musique est formé d’une quinzaine d’instrumentistes sélectionnés un peu partout en Europe. Neuf chanteurs se partagent en alternance les cinq rôles solistes et les cinq parties du chœur. Et, ce que l’on retient d’abord de la soirée, c’est une harmonie fusionnelle, la beauté d’ensembles où voix et instruments tout en préservant leur caractère propre se confondent en une polyphonie jouissive. </p>
<p> </p>
<p>Afin de ménager ses jeunes solistes, Leonardo Garcia Alarcon a fait le choix de la première version d’<em>Acis and Galatea</em>, moins exigeante vocalement que la sérénade italienne composée sur le même sujet par Haendel dix années auparavant. Cette version est aussi mieux adaptée à l’intimité du Grand Saint Jean que la suivante, datée de 1739 et basée sur le modèle du grand oratorio à l’anglaise. <strong>Joelle Harvey</strong> (Galatea), <strong>Pascal Charbonneau</strong> (Acis) et <strong>Grigory Soloviov</strong> (Polypheme) y exposent un talent prometteur dont on renâcle à souligner les mérites respectifs tant, dans ce contexte, la somme des individualités prime sur l’individu. On se contentera de souligner la consistance des voix qui trop souvent dans le répertoire baroque pèchent par excès de modestie. Grigory Soloviov est un Polypheme sonore, à la présence réjouissante, plus bouffon qu’épouvantable, ainsi que l’a voulu Haendel. Le chant de Joelle Harvey possède à la fois rondeur et pureté. Le timbre de Pascal Charbonneau est suffisamment marqué pour ne pas faire d’Acis un portrait palichon mais au contraire dessiner un berger athlétique à la vocalise déliée. De l’orchestre sourd le caractère poétique de la partition, ses humeurs tendres, sa galanterie, ses coloris délicats qui évoquent la lumière d’un ciel d’été posé, entre deux nuages, sur un gazon anglais. </p>
<p> </p>
<p>Une même poésie habiterait la mise en scène de <strong>Saburo Teshigawara</strong> si les nombreuses idées qui l’animent avaient mieux été exploitées. Les contorsions imposées aux chanteurs dans la première partie finissent par donner l’impression d’une danse de Saint-Guy. Les ombres projetées sur le mur du château ne sont que partiellement utilisées, tout comme cette lune ronde qui surgit sans raison derrière les branchages au milieu d’une aria puis disparait aussitôt sans ne plus jamais revenir. L’effet, d’une saisissante beauté, aurait demandé d’être mieux accordé à la musique. On aurait souhaité aussi des costumes qui, à l’exemple des décors, s’intègrent mieux à ce théâtre de verdure qu&rsquo;est le Grand Saint-Jean (la tenue de latex noir de Polyphème le fait ressembler à une mouche géante). On aurait aimé une gestique moins abstraite. On aurait voulu que l’ensemble du spectacle finalement soit à l’image de la dernière scène dont, pour ne pas rompre le charme, on ne dira rien, si ce n’est que l’idée réussit l’exploit d’amuser et d’émouvoir à la fois. </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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<p></p>
<p> </p>
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		<title>HAENDEL, Aci, Galatea e Polifemo — Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/une-serenade-napolitaine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elisabeth Bouillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jun 2011 22:18:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lors de son séjour en Italie1 (1706-1710), Georg Friedrich Haendel se rendit à Naples, séjour incontournable pour tout compositeur européen en cours d’apprentissage. Il y demeura de mai à septembre 1708 et devint rapidement la coqueluche des grandes familles aristocratiques qui se disputaient le plaisir d’accueillir ce compositeur talentueux d’à peine vingt-trois ans. La duchesse &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Lors de son séjour en Italie1 (1706-1710), Georg Friedrich Haendel se rendit à Naples, séjour incontournable pour tout compositeur européen en cours d’apprentissage. Il y demeura de mai à septembre 1708 et devint rapidement la coqueluche des grandes familles aristocratiques qui se disputaient le plaisir d’accueillir ce compositeur talentueux d’à peine vingt-trois ans. La duchesse Aurora Sanseverino ne tarda pas à lui proposer de mettre en musique le livret d’<em>Aci, Galatea e Polifemo</em>, écrit par son secrétaire particulier. Händel profita de l’occasion qui lui était offerte pour s’essayer au genre, nouveau pour lui, de la cantate napolitaine à plusieurs voix, qui avait la particularité de faire alterner récitatifs secs, accompagnés et airs, se rapprochant ainsi de la forme opératique2. Dans la mesure où cette cantate devait être exécutée au mariage de la nièce de Donna Aurora, elle prit automatiquement le nom de « serenata » réservé aux commandes officielles d’œuvres exécutées en présence de personnalités religieuses ou laïques.</p>
<p>Pour ce concert salzbourgeois, <strong>René Jacobs</strong> a étoffé la basse continue. Aux violoncelle, clavecin et positif s’ajoutent une contrebasse, une harpe et un théorbe à grand jeu. La richesse harmonique de ce <em>continuo</em> à géométrie variable permet de réunir récits <em>secco</em>, <em>accompagnato</em>, <em>arie</em> et ensembles en une magnifique musique continue. Les airs présentent tous de grandes difficultés techniques. Aci (initialement interprété par un castrat) est chanté par une soprano, Galatea par une contralto et Polifemo par une basse à large amplitude vocale. Ce registre inhabituel, qui a fait couler beaucoup d’encre, permet d’opposer radicalement les deux mondes, celui, idyllique, des bergers dont l’amour est plus fort que la mort et celui, diabolique, du cyclope éconduit. Le contralto de Galatea souligne sa force de caractère tandis que la voix claire convient mieux à Aci, plus idéaliste et moins ancré dans la réalité.</p>
<p>René Jacobs conduit son monde d’une main de maître, avec son sens dramaturgique inné, nous donnant à <em>voir</em> la musique. Du reste, il a mis le concert en espace, respectant en cela la tradition des concerts du dix-huitième siècle. Aci et Galatea portent un costume coupé dans le même tissu fluide, bleu et noir, avec de beaux drapés, Polifemo, debout derrière l’orchestre, est vêtu d’un simple ensemble noir. Tous trois se déplacent en fonction de l’action.</p>
<p>Nous ne pouvions rêver une distribution mieux adaptée à cette œuvre juvénile. Dès le premier duo « Sorge il di, Spunta l’aurora3 », nous apprécions la complémentarité de la grande fraîcheur vocale de <strong>Sunhae Im</strong>, excellente comédienne, et du timbre de velours sombre de <strong>Vivica Genaux,</strong> une habituée desrôles travestis dont nous avons apprécié, l’année dernière, les qualités vocales et scéniques dans le rôle de Pirame (cf. <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=1779&amp;cntnt01returnid=54">notre compte-rendu</a>). Quant à <strong>Markos Fink</strong>, il fait une première apparition très remarquée en Polifemo dans l’air n°5 : « Sibilar l’angui d’Aleto » (n° 5) où la voix est amplifiée par un basson, un violoncelle et une contrebasse à l’unisson, tandis que l’orchestre se déchaîne. Il se joue des difficultés de cet air virtuose où les vocalises s’effectuent dans un registre particulièrement tendu, tout comme dans l’air  n° 17, essentiellement composé de grands sauts d’intervalle, et nous apprécions l’homogénéité, l’expressivité et la solidité de sa belle voix de basse.</p>
<p>Le public, enthousiaste, ne veut pas quitter la salle du Mozarteum si bien que le trio final où les trois interprètes célèbrent à l’attention des nouveaux mariés les vertus de l’amour fidèle est repris en bis.</p>
<p>L’exécution exemplaire de la première <em>Acis et Galatée</em> de Händel aura été un des hauts moments de ce dernier volet du festival de Pentecôte qui se referme sur l’aventure fascinante du voyage napolitain à travers les siècles, depuis Caldara jusqu’à Mercadante.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>1 Il était trop jeune pour être officiellement admis à la célèbre Academia dell’Arcadia où il fut pourtant reçu à bras ouverts par des musiciens de nouvelle génération, en particulier par le Napolitain Alessandro Scarlatti. Il y apprit beaucoup et composa, sous leur influence, deux opéras, <em>Rodrigo</em> (1707) et <em>Agrippina</em> (1709), ses deux premiers grands oratorios3 <em>Il trionfo del Tempo del Disinganno</em> (1707) et <em>La Resurrezione</em> (1708) et une centaine de <em>cantate profane</em> pour une voix et basse continue.</p>
<p>2 C’est Alessandro Scarlatti (1660-1725), directeur du Teatro San Bartolomeo où il composa trente-deux opéras, qui fit de l’École de Naples l’autorité musicale lyrique la plus compétente d’Europe. Sous son impulsion, la fonction de l’orchestre avait évolué : il dialoguait avec les voix au lieu de se borner à les accompagner, si bien que Händel se retrouva dans son élément et donna à l’humanité une de ses œuvres vocales les plus fougueuses et inventives. Citons parmi les autres compositeurs rattachés à l’École de Naples Antonio Caldara (1679-1736), <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Francesco_Durante">Francesco Durante</a> (1684-1755), <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicola_Porpora">Nicola Porpora (1686-1768)</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Leonardo_Vinci">Leonardo Vinci</a> (1690-1730) , <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Leonardo_Leo">Leonardo Leo</a> (1694-1744), <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Adolph_Hasse">Johann Adolph Hasse</a> (1699-1783), Baldassare Galuppi (1706-1785), Giovanni Battista Pergolese (1710-1736), Tommaso Traetta (1727-1779), Antonio Sacchini (1730-1786) et Domenico Cimarosa (1749-1801), auxquels il faut ajouter la forte empreinte sur Joseph Haydn (1732-1809) et Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Tous ces compositeurs ont figuré dans la programmation du cycle « Naples, Métropole du Souvenir » au Festival de Pentecôte de Salzbourg (2007-2011).</p>
<p>3 Allusion habile à la duchesse Aurora Sanseverino.</p>
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