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	<title>Albert Herring - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Albert Herring - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Un jour, une création : 20 juin 1947, « une abominable petite chose »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/?p=7328</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Nicolas D]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jun 2022 03:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Un peu de divertissement. Après <em>Peter Grimes</em> et le <em>Viol de Lucrèce</em>, Benjamin Britten a envie de traiter un sujet moins tragique pour son quatrième opus lyrique en six ans, qu’il souhaite composer pour un petit orchestre comme le précédent. C’est le futur librettiste de <em>Billy Budd</em>, Eric Crozier, qui lui suggère d’adapter une nouvelle de Maupassant, <em>Le Rosier de Madame Husson</em>. Crozier transpose l’intrigue dans un village imaginaire du Suffolk.&nbsp;</p>
<p>On s’apprête à désigner la Reine de Mai, et les notables locaux se réunissent chez la plus honorable, Lady Billows, pour désigner l’heureuse élue. Plusieurs femmes du village sont citées, mais toutes sont écartées ou critiquées par Mrs Pike, la gouvernante de Lady Billows. Trop ceci ou pas assez cela&nbsp;; bref ce sont des femmes et en choisir une ne manquerait pas de susciter l’intérêt forcément suspect des hommes, d’autant que les précitées ont toutes quelque chose à se reprocher aux yeux de la très prude et très pénible Mrs Pike. Mi-exaspéré, mi-sérieux, le chef de la police locale, Mr Budd (tiens donc) suggère alors qu’on élise un homme roi plutôt qu’une femme reine, et voilà. Il propose Albert Herring, le fils de l’épicière, un peu simplet (Se nommer Albert Hareng, ce n&rsquo;est pas facile à porter, il faut dire), mais qui réunit les suffrages. Albert, justement, est un peu tourmenté par le «&nbsp;beau sexe&nbsp;» et s’applique à rester aussi réservé et discret que possible conformément aux instructions de sa très étouffante mummy. Il s&rsquo;attire ainsi les moqueries de ses camarades, Sid, le jeune boucher et Nancy, la fille du boulanger. Alors qu’il s’interroge sur le sens des choses, voici que débarque le comité de notables, qui vient lui annoncer son élection unanime comme Roi de Mai. Le jeune garçon trouve la proposition grotesque (comme quoi, il n’est pas si bête que ça) et refuse prestement. Mais sa mère, très autoritaire, ne résiste pas à la prime offerte au vainqueur et oblige par la violence son fils à se plier à la décision du comité.&nbsp;</p>
<p>Sid et Nancy n’ont de cesse de chercher à bousculer un peu ce benêt d’Albert. Ils versent du rhum dans sa limonade tandis que la chorale célèbre l’élection du nouveau Roi de Mai. Lady Billows fait un discours réactionnaire sur les dangers de l’alcool et autres débauches propres à détourner les cœurs purs de la vraie vie et tout le monde trinque. Albert trouve sa limonade particulièrement goûteuse et est pris d’une crise de hoquet à la grande surprise de l’assistance. Alors qu’il rentre joyeusement chez lui et qu’il pense au regard de Nancy, il surprend cette dernière fricoter avec Sid. Frappé au cœur, il décide d’aller continuer à arroser au village son élection à la limonade arrangée…</p>
<p>Mais le lendemain matin, Mme Herring ne trouve pas son fils et tout le village se met en quête du disparu, un peu comme dans <em>Peter Grimes</em>, mais ici avec inquiétude. Nancy, émue, se dispute avec Sid qui trouve tout ce cinéma bien inutile. Tout le monde se monte le bourrichon autant qu’il est possible et c’est tout juste si on ne fait pas appel au MI5. Soudain, Albert, qu’on finit par croire mort, réapparaît dans un état désastreux. Il avoue alors avoir dépensé une partie de son prix dans un pub, entre bières et filles. Et il s’y est battu aussi… Lady Billows, horrifée, le démet de son prix tandis que seuls Sid et Nancy le défendent. Albert, lui, reproche amèrement à sa mère son autoritarisme et le fait qu’elle l’ait étouffé pendant toutes ces années. Et puis tout le monde se réconcilie joyeusement.</p>
<p>Destiné à Glyndebourne, ce petit opéra de chambre n’est pas vraiment du goût du fondateur et directeur du festival, John Christie. Pour la première dirigée par Britten, voici tout juste 75 ans, Christie explique à tous ceux qu’il croise qu’il regrette beaucoup de leur présenter cette pièce. Inutile de dire que dans ces conditions, le public fait un accueil glacial à la production. «&nbsp;Une abominable petite chose&nbsp;» écrira le Times. Furieux, Britten ne créera plus jamais un seul de ses opéras&nbsp;<em>in loco&nbsp;</em>et, pire encore, aucune de ses œuvres n’y sera à nouveau montée de son vivant. C’est à la suite de cette déconvenue que Britten décidera de monter son propre festival, chez lui, à Aldeburgh, et c’est avec <em>Albert Herring</em> qu’il l’inaugurera l’année suivante. L’opéra reviendra à Glyndebourne 38 ans plus tard, avec grand succès cette fois.</p>
<p>Voici un extrait du premier acte (et non du deuxième comme c&rsquo;est indiqué), dans une production de l&rsquo;Opéra-Comique en 2009, avec Allan Clayton dans le rôle-titre.</p>
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		<title>BRITTEN, Albert Herring — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/servir-loeuvre-ou-sen-servir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Jan 2013 14:52:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Quelle bonne idée que de programmer le délicieux Albert Herring à l’occasion du centenaire de Benjamin Britten ! On s&#8217;en réjouissait d’avance. A tort, car la transposition décidée par Richard Brunel ne rend aucun service, au contraire, à une œuvre parfaite en soi. Des années 20 et de la campagne anglaise on passe ainsi &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Quelle bonne idée que de programmer le délicieux<em> Albert Herring</em> à l’occasion du centenaire de Benjamin Britten ! On s&rsquo;en réjouissait d’avance. A tort, car la transposition décidée par <strong>Richard Brunel</strong> ne rend aucun service, au contraire, à une œuvre parfaite en soi. Des années 20 et de la campagne anglaise on passe ainsi aux années 70 aux Etats-Unis, avec pour premier résultat une série de décalages avec le livret qui vont jusqu’à l’absurde, trop nombreux pour qu’on les relève tous. Bornons-nous à signaler l’usage d’unités monétaires britanniques, la louange de Lady Billows au Roi et à l’Empire, ou son vœu que Scotland Yard intervienne. La transposition temporelle n’est d’ailleurs pas plus pertinente &#8211; les téléphones portables miniaturisés sont carrément anachroniques &#8211; et en l’espèce remplacer les appels sifflés de Sid par un appel téléphonique entraîne la modification de la fin de l’acte II, quand Albert s’entraîne à siffler comme Sid, sa référence à l’expression de la virilité. On a peine à croire que Laurence Equilbey ait prêté la main à cette mutilation, car c’en est une, et ce n’est pas la seule (cf. la suppression du vol des pommes, fruit hautement symbolique, au premier acte). En outre le parti pris de l’américanisation amène à emballer sous cellophane fruits et légumes, alors que le contact direct avec les produits « naturels » à l’air libre, vecteur de jouissance sensuelle, est un facteur commun aux jeunes. Bref, le souci du metteur en scène semble avoir été une fois encore – il l’avait fait pour <em>L’infedeltà delusa</em> &#8211; de soumettre l’œuvre à ses propres références plutôt qu’à celles des auteurs. Il le dit à demi-mot dans un entretien reproduit dans le programme de salle, où il déclare ne pas vouloir de nostalgie. Serait-ce qu’il croit que Britten et Crozier étaient nostalgiques de l’univers de Loxford ? En tout cas leurs personnages perdent largement de leur caractérisation et de leur sens. Leur Lady Billows n’est pas cette bourgeoise minaudière qui s’effondre dans un fauteuil relax, colle ses seins sur les joues d’Albert et bat la campagne à sa recherche, et la mère d’Albert ne gâcherait jamais la marchandise pour en bombarder son fils. Quant au troisième acte, la présence d’Albert allongé sur le toit tandis qu’on le recherche introduit une ambigüité inutile car elle pourrait laisser croire qu’il ne s’est rien passé, qu’il s’est tout bonnement endormi et que son expédition n’a été qu’un rêve. Cette manipulation, comme celles de la proportion de l’argent dépensé par Albert et la disparition finale de ce dernier dans l’espace souterrain d’où il était initialement sorti, portent l’arbitraire à son comble, que les images des caméras de surveillance, l’habileté dans l’utilisation de l’espace, la projection en gros plan du visage d’Albert pendant le banquet et l’animation de la battue au troisième acte ne suffisent pas à racheter.</p>
<p>			La scénographie de <strong>Marc Laîné</strong> s’inspire probablement du Jacques Tati de <em>Trafic</em> : plus de manoir mais un parallélépipède aux baies coulissantes sur un gazon omniprésent, y compris autour de la supérette avec micro de caisse et rayonnages anonymes, les deux sur plateau tournant, ce qui ne va pas sans quelques approximations avec le réalisme. Détails, dira-t-on. Peut-être pas : au milieu de la nouvelle de Maupassant Britten et Crozier en ont substitué un autre, mais comme l’écrivain ils sont sans complaisance, quoique moins pessimistes, puisque la jeunesse semble décidée à vivre en marge des codes implacables déjà condamnés à mort par leur stérilité. C’est bien pour cela qu’en dépit de la gravité de la menace que représente encore l’autorité des divers notables l’œuvre est une franche comédie. Ici les types traditionnels – le clergyman, le maire, le surintendant – perdent de leur relief dans les costumes anonymes de <strong>Claire Risterucci</strong>, tout comme Lady Billows dans son tailleur de confection, à l’exception de Nancy dans sa tenue de fête. Les éclairages de <strong>Mathias Roche</strong> soignés et même remarquables au début de l’acte trois déconcertent au deuxième tableau de l’acte II, dans le déroulement temporel. La production est encore « agrémentée » d’effets sonores signés <strong>Marc Chalosse</strong>, produits par des voix enregistrées ou l’usage de micros. Ils tendent à faire de Loxford un monde selon Orwell ou à produire des distorsions sonores qui ambitionnent d’être comiques. Ces manipulations respectent-elles l’esprit de l’œuvre ? On nous permettra d’en douter.<br />
			 <br />
			Heureusement, l’exécution musicale et vocale apporte bien des satisfactions ! Les instrumentistes, d’abord, dont la maîtrise s’accomplit victorieusement dans les embûches d’une partition à la variété complexe, y compris le cor souvent exposé. <strong>David Syrus</strong> les dirige sans nul doute amoureusement ; mais est-il piégé par la conception scénique qui aligne maintes fois les personnages à l’avant-scène comme à la revue, il semble parfois privilégier le clinquant. Dans cette énergie sonore la parodie d’Elgar, les dissonances à la Berg, certains raffinements délectables de l’orchestration sont moins faciles à percevoir que dans les enregistrements dirigés par Britten lui-même. Aucune réserve en revanche pour le plateau. Britten voulait des comédiens chanteurs ; il est parfaitement servi, car les interprètes s’investissent avec détermination et dans la mesure où la mise en scène le leur permet sont entièrement convaincants. Au premier rang<strong> Sam Furness</strong>, dans le rôle-titre, dont les gros plans permettent de ne rien perdre du talent d’acteur ; doté d’un lyrisme communicatif, il serait quasiment idéal s’il en modulait à peine davantage l’opulence, pour faire coïncider sa plénitude avec l’émancipation du personnage. A sa hauteur <strong>Tamara Wilson</strong> qui escalade avec arrogance et dévale sans frémir les cimes et les abîmes du rôle de Lady Billows, <strong>Craig Verm</strong>, Sid droit dans ses bottes de jeune mâle hédoniste, désinvolte et plein d’aplomb, et <strong>Daniela Mack</strong>, Nancy vive, sensible et sensuelle au chant et au jeu sans rien d’affecté. Mais si leurs emplois les mettent moins en relief,<strong> Ana James</strong> (la directrice d’école), <strong>Susan Bickley</strong> (la gouvernante exploitée et soumise), <strong>Anne-Marie Owens</strong> (mère abusive sûre de son bon droit) et le trio masculin des notables, <strong>David Kimbell</strong> (le clergyman), <strong>John Graham Hall</strong> (le maire) et <strong>Wayne Tigges</strong> (le surintendant) ont tous les moyens d’exécuter les requis d’étendue et de souplesse que leur réserve la partition. Quant au trio d’enfants, dont le garçon s’acquitte consciencieusement du rôle de double juvénile d’Albert – nouvel exemple de détournement du sens – il a l’espièglerie insolente du jeune âge et la fraîcheur légèrement acide des célèbres bonbons anglais.</p>
<p>			Semi-déception, donc, due à cette vision déformante de l’œuvre originale. Combien parmi les spectateurs la connaissaient-ils ? Le titre faisait son entrée au Capitole. A en juger par la chaleur et le nombre des rappels c’est incontestablement un succès. On rêverait pourtant qu’à l’avenir une autre production vienne rendre pleinement justice à ce chef d’œuvre ! Qu’en penserait Laurent Pelly ?</p>
<p>			 </p>
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		<title>BRITTEN, Albert Herring — Paris (Opéra Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/albert-herring-paris-opera-comique-anticonformiste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Diane Raillard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Feb 2009 22:58:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le gazon a envahi la scène de la salle Favart. Felicity Palmer passe la tondeuse dont le bruit couvre les premières notes de la partition d’Albert Herring, La chanteuse s’attarde sur une touffe d’herbe folle avec acharnement. Dans la communauté conformiste dans laquelle Albert Herring vit, même un brin d’herbe ne doit pas pousser plus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Le gazon a envahi la scène de la salle Favart. <strong>Felicity Palmer</strong> passe la tondeuse dont le bruit couvre les premières notes de la partition <em>d’Albert Herring</em>, La chanteuse s’attarde sur une touffe d’herbe folle avec acharnement. Dans la communauté conformiste dans laquelle Albert Herring vit, même un brin d’herbe ne doit pas pousser plus haut qu’un autre.</p>
<p> </p>
<p>Lady Billows, personnalité respectée du village, désire décerner le prix de la Reine de Mai à la jeune fille la plus vertueuse de la communauté. Or Florence Pike, sa gouvernante, lui démontre qu’aucune jeune fille n’est digne de ce titre. Leur choix se porte alors sur un garçon timide, naïf et puceau : Albert Herring, le fils de l’épicière, femme castratrice et infantilisante. Le voilà érigé en héros, sous les quolibets des enfants et des jeunes gens. Porté au pinacle malgré lui, couronné Roi de Mai lors d’un banquet organisé en son honneur, il se voit remettre de l’argent (ainsi que le Livre des Martyrs de Foxe !). Un couple d’amoureux, Sid et Nancy, lui joue un tour et le fait boire à son insu. Ne supportant plus d’être la risée de tous, Herring se rebelle. Il part dans la nuit dépenser l’argent de son prix dans l’alcool et la débauche. </p>
<p> </p>
<p>Composé en 1947, un an après  <em>Le Viol de Lucrèce</em>, <em>Albert Herring</em> est un opéra de chambre en trois actes de Benjamin Britten. Le livret s’inspire d’une nouvelle de Maupassant : <em>Le Rosier de Madame Husson. </em>Alors que la nouvelle finissait sur un ton pessimiste &#8211; le jeune héros devenait un alcoolique mis au ban de la société &#8211; Albert Herring, lui, symbolise une jeunesse qui brise les carcans d’une société puritaine. Autre liberté prise par rapport à Maupassant : Britten ajoute une touche d’humour à l’histoire. </p>
<p> </p>
<p>Le metteur en scène <strong>Richard Brunel</strong> ne s’y est pas trompé et modernise avec succès l’argument. Il dissémine ça et là des ressorts comiques efficaces, comme l’utilisation de micros qui sifflent pour les discours lors du banquet ou l’accoutrement de Herring, affublé d’un diadème et d’une écharpe de Miss Univers, où est inscrit le titre « Queen of May ». Le bruit de la tondeuse et la scénographie de <strong>Marc Lainé, </strong>qui place l’action dans une « gated community » américaine, peuvent faire frémir au lever du rideau, mais l’ensemble se révèle très vite cohérent, habile et bien rythmé. Car si Herring signifie hareng en anglais, l’expression « red herring » est aussi synonyme de diversion ou fausse piste. Ainsi, à l’image du héros qui finit là où on ne l’attendait pas, les doutes sur la mise en scène sont vite levés. </p>
<p> </p>
<p>En parlant de son travail sur l’opéra, le metteur en scène évoquait Tati, Hitchcock, Lynch et Kubrick. On pense aussi à Burton dans <em>Edward aux Mains d’Argent</em> grâce aux costumes de <strong>Claire Risterucci</strong> dont les couleurs flash, associées au vert du gazon, tranchent avec l’uniformité des maisons blanches. Les caméras de surveillance sont omniprésentes et la vidéo est utilisée à bon escient, qu’il s’agisse de dénoncer l’immoralité des jeunes filles ou de filmer en direct un Albert perplexe lors du banquet. </p>
<p> </p>
<p>Richard Brunel a étudié la dramaturgie de l’œuvre en lien étroit avec le chef d’orchestre, <strong>Laurence Equilbey</strong>. Celle-ci mène l’Orchestre de l’Opéra de Rouen Haute-Normandie avec énergie et subtilité. Le casting anglophone de treize chanteurs est très investi dramatiquement sur scène. On ne se lasse pas de la prestation scénique de Felicity Palmer dans le rôle de Florence Pike. <strong>Nancy Gustafson</strong> en Lady Billows et <strong>Hanna Schaer</strong> en Mrs Herring semblaient moins en forme vocalement le soir de la représentation. Le quatuor comique composé d’<strong>Ailish Tynan</strong> (Miss Wordsworth), <strong>Christopher Purves</strong> (Mr. Gedge), <strong>Simeon Esper</strong> (Mr. Upfold) et <strong>Andrew Greenan</strong> (Superintendant Budd) est convaincant. Dans les rôles des enfants, les jeunes chanteurs de la Maîtrise des Hauts de Seine font preuve d’une grande maîtrise vocale. Les jeunes chanteurs, <strong>Leigh Melrose</strong> en Sid et <strong>Julia Riley</strong> en Nancy, possèdent des voix prometteuses. En roi de mai, avec de joyeuses mimiques, <strong>Allan Clayton</strong> est excellent : il mérite bien sa couronne. </p>
<p> </p>
<p>La musique de Britten est subtile et empreinte d’ironie. Cette coproduction de l’Opéra Comique et de l’Opéra de Rouen Haute – Normandie rend ainsi justice à cet opéra méconnu. </p>
<p>   </p>
<p> </p>
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