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	<title>Didone abbandonata - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Didone abbandonata - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Didone abbandonata</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jul 2019 18:44:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré les efforts d’un label comme Opera Rara, qui a enregistré Virginia, il semble bien difficile de faire revenir Mercadante sur le devant de la scène. Rares, très rares sont les maisons d’opéra qui osent mettre un de ses titres à l’affiche, et il ne reste guère que les festivals pour avoir le courage de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Malgré les efforts d’un label comme Opera Rara, qui a enregistré <em>Virginia</em>, il semble bien difficile de faire revenir Mercadante sur le devant de la scène. Rares, très rares sont les maisons d’opéra qui osent mettre un de ses titres à l’affiche, et il ne reste guère que les festivals pour avoir le courage de programmer ses œuvres. On pense à Bad Wildbad, qui présenta <em>I Briganti </em>en 2012, à Martina Franca, où fut donné <em>Francesca da Rimini</em> en 2016, et à Innsbruck, d’où nous vient cette <em>Didone abbandonata</em> captée à l’été 2018.</p>
<p>Coincé entre Rossini et Bellini et Donizetti, Mercadante avait beaucoup de métier, mais peut-être pas assez de génie pour s’imposer aux yeux de la postérité. Ses œuvres sont extrêmement agréables à regarder, même si elles ne laissent pas forcément une trace durable dans la mémoire, et elles méritent d’être écoutées au moins comme reflets d’une époque d’où l’on ne retient d’ordinaire que quelques noms au détriment des autres.</p>
<p>Sur un livret de Métastase vieux d’un siècle et habilement retapé par Tottola (qui fournit à Rossini rien moins que<em> La donna del lago, Zelmira, Otello, Ermione</em> et <em>Mosè in Egitto</em>), <em>Didone abbandonata</em> possède des traits en commun avec sa contemporaine <em>Semiramide</em>, et son découpage est on ne peut plus rossinien : trois rôles principaux confié à une soprano, une mezzo en travesti et un baryténor, qui chantent chacun un « Rondò » au deuxième acte. Les grands ensembles sont menés avec habileté, et les airs, duos et trios sont conçus pour mettre en valeur la virtuosité des artistes.</p>
<p>Même s’il n’est pas sûr qu’il suscitera la « Mercadante Renaissance » qu’il déclare souhaiter, <strong>Alessandro De Marchi </strong>fait lui aussi de son mieux à la tête de son Academia Montis Regalis : c’est bien simple, on croirait entendre du Rossini, et la fin tragique de l’œuvre – après un long marivaudage pendant lequel aucun des personnages ne semble vraiment prendre la situation au sérieux – acquiert une réelle grandeur.</p>
<p>Peut-être cette impression tient-elle aussi à la réussite du spectacle mis en scène par <strong>Jürgen Flimm</strong>. Transposition « normale », pourrait-on dire, avec cette Antiquité mythique resituée quelque part entre la fin du XIXe siècle (pour les tenues militaires) et les années 1930 (pour les robes des dames), dans un décor à tournette où l’on s’agace simplement de quelques tics agaçants plus potaches que provocateurs : un vieux frigo auquel s’adossent ou s’appuient les protagonistes, et une bétonneuse grâce à laquelle trois figurants construisent Carthage. On fait vite abstraction de ces détails pour se concentrer sur l’essentiel, car la direction d’acteurs soignée arrache l’œuvre à toute convention empesée pour nous montrer des êtres humains en proie à des émotions tangibles. On n’est pas près d’oublier les dernières scènes, où un Hiarbas ivre se moque ouvertement de Didon, viole sa sœur Selene et tue son traître conseiller Osmida.</p>
<p>Pour interpréter cette musique, pas de stars – lesquelles accepteraient d’apprendre un rôle qu’elles ont fort peu de chances de rechanter ? – mais des voix agiles ou rompues à ce répertoire. On saluera d’abord la performance théâtrale de <strong>Carlo Vincenzo Allemano</strong> qui est aussi en très grande forme vocale, et à qui la musique de l’Ottocento semble bien mieux réussir que celle des siècles antérieurs, dans laquelle on l’a beaucoup entendu dernièrement (par exemple, dans… <em>Didone abbandonata </em>de Leonardo Vinci, où il était Enée). Son Hiarbas impressionne par son autorité et son épaisseur psychologique. Dans le fil des travestis rossiniens, <strong>Katrin Wundsam</strong> prête à Enée une voix très à l’aise dans l’aigu mais doté des graves nécessaires : on serait néanmoins curieux d’entendre ce qu’un contralto rossinien en ferait. <strong>Viktorija Miškūnaitė </strong> a le courage d’aborder Didon, à laquelle elle confère tous les élans dramatiques nécessaires pour faire d’elle une grande héroïne tragique, passé son aveuglement qui lui fait (trop ?) longtemps croire que le Troyen ne la quittera jamais.</p>
<p>A leurs côtés, trois comparses qui héritent chacun d’un air plus bref. En Selene, notre compatriote <strong>Emilie Renard</strong> fait valoir un bien joli timbre. <strong>Diego Godoy</strong> est un Araspe téméraire, mais son suraigu sonne un peu trop nasal. Quant à <strong>Pietro Di Bianco</strong>, il se montre parfaitement à l’aise dans la tessiture large du perfide Osmida.</p>
<p>Ce genre d’entreprise suffira-t-il à sauver Saverio Mercadante de l’oubli ? On l’espère, à défaut de l’imposer plus durablement.</p>
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		<title>Didone abbandonata</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/didone-abbandonata-ombres-carthaginoises/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Oct 2017 05:12:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Que le label italien Dynamic s’emploie à filmer les œuvres rares que montent les divers festivals de la péninsule, c’est très bien. Malheureusement, toutes ces manifestations n’atteignent pas les mêmes sommets, et ce qui peut sembler prometteur sur le papier s’avère parfois fort décevant. Que le Mai musical florentin veuille programmer des œuvres baroques, c’est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Que le label italien Dynamic s’emploie à filmer les œuvres rares que montent les divers festivals de la péninsule, c’est très bien. Malheureusement, toutes ces manifestations n’atteignent pas les mêmes sommets, et ce qui peut sembler prometteur sur le papier s’avère parfois fort décevant. Que le Mai musical florentin veuille programmer des œuvres baroques, c’est très bien aussi, mais encore faudrait-il qu’il s’en donne véritablement les moyens. Pour cette résurrection moderne de <em>La Didone abbandonata</em> de Leonardo Vinci, il faut hélas déchanter. Déjà, à propos d’un autre DVD Dynamic, <a href="https://www.forumopera.com/dvd/il-farnace-cest-vous-qui-voyez"><em>Il Farnace</em> de Vivaldi</a>, nous avions dû déplorer le niveau assez piteux de l’Orchestre du Mai musical : même constat cette fois, avec des cordes qui ne sont pas ensemble, notamment, et un résultat pesant. Le chef <strong>Carlo Ipata</strong> n’en peut mais, et les instrumentistes qu’on lui a confiés semblent bien incapables de conférer à leur interprétation le dynamisme nécessaire.</p>
<p>Par ailleurs, on s’interroge sur l’opportunité de publier une captation vidéo d’un spectacle aussi pauvre, et ce n’est pas seulement une question de moyens financiers, même si l’on soupçonne que sur ce plan-là non plus, le bilan ne doit pas être bien réjouissant. Certes, la scène du Teatro Goldoni est minuscule, mais là n’est pas le problème, et une équipe artistique inspirée pourrait sans doute en tirer autre chose. Dans un décor réduit à un escalier, une sphynge et quelques barres métalliques, avec des costumes comparativement fastueux, mêlant l’Afrique pour Iarbas, la Crête pour Didon et une Rome néo-classique pour Enée, <strong>Deda Cristina Colonna</strong> ne trouve guère à proposer que des déplacements dénués de toute valeur dramaturgique (on descend et on remonte inlassablement l’escalier, on va tantôt à droite, tantôt à gauche). Seule idée de mise en scène : le recours aux ombres chinoises – carthaginoises ? –, cache-misère qui tente d’animer un peu le spectacle, de manière parfois ridicule (un figurant joue avec une lampe de poche), tantôt carrément superflue, quand les mouvements d’un danseur se superposent à l’un des plus beaux airs de l’œuvre, le « Se vuoi ch’io mora » de Didon.</p>
<p>Autrement dit, la version CD suffirait amplement. Et encore, même les oreilles ne sont pas uniformément caressées par ce qui leur est donné à entendre. <strong>Carlo Allemano</strong> a l’âge d’Anchise plus que d’Enée, et les années ont laissé leur marque sur sa voix, désormais moins assurée dans l’aigu et dans la vocalisation, malgré l’énergie qu’il déploie. <strong>Raffaele Pé</strong> possède un joli timbre, dont on veut bien croire qu’il fait merveille dans un certain répertoire, mais a-t-il vraiment la vigueur nécessaire à incarner un personnage sur scène ? Sa mollesse d’accents ne rend guère crédible le prétendant malheureux de la reine, et le prive de tout caractère menaçant. Faute de consistance et de consonnes, le contre-ténor italien se révèle inapte à jouer les <em>bad boys</em>.<br />
	Bien que mal entourée, il y a heureusement <strong>Roberta Mameli</strong>, superbe Didon, toujours aussi grande sculptrice du verbe, et maîtresse d’une voix éclatante, actrice convaincante tant dans la rouerie d’une coquette qui veut rendre Enée jaloux en feignant d’épouser son rival que dans le désespoir de l’amante qui ne peut retenir l’objet de ses vœux. On remarque d’ailleurs combien le suicide de la reine est traité avec sobriété par Vinci : un monologue en récitatif accompagné, « Vado, ma dove ? » (aucun rapport avec l’air alternatif écrit par Mozart pour <em>Il burbero di buon cuore</em>), qui ne débouche même pas sur un air, mais sur des adieux où la voix s’éteint doucement.</p>
<p>Autour de ces trois personnages principaux s’affairent les trois confident(e)s, confiés à trois voix bien caractérisées : la soprano <strong>Gabrielle Costa</strong> pour la sœur de Didon, non pas Anna mais ici Selene, la mezzo <strong>Marta Pluda</strong> en compagnon de Iarbas, et la contralto <strong>Giada Frasconi</strong>, l’avantage revenant aux voix les plus graves.</p>
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		<title>Hasse à Versailles, le retour</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/hasse-a-versailles-le-retour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laure Bertoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Mar 2012 07:31:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>    Les Didon se suivent et ne se ressemblent pas. Après la très brève et très dense version de Purcell à l’Opéra-Comique, et avant la tragi-comédie héroïque de Cavalli en avril au Théâtre des Champs-Elysées, le marivaudage métastasien bâti sur le triangle Didon-Enée-Iarbas s’est installé pour un soir à Versailles. Recréée à Munich en mai &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			 </p>
<p>			Les <em>Didon</em> se suivent et ne se ressemblent pas. Après la très brève et très dense version de <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3504&amp;cntnt01origid=57&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">Purcell à l’Opéra-Comique</a>, et avant la tragi-comédie héroïque de Cavalli en avril au Théâtre des Champs-Elysées, le marivaudage métastasien bâti sur le triangle Didon-Enée-Iarbas s’est installé pour un soir à Versailles. Recréée à Munich en mai dernier, la <em>Didone Abbandonata</em> de Hasse est revenue dans le palais français où elle avait été donnée en 1753. Grâces en soient rendues à <strong>Michael Hofstetter</strong>, qui se démène comme un beau diable à la tête de sa Hofkapelle München pour redonner vie à cette partition d’un compositeur encore trop négligé. Des six chanteurs que compte la distribution, les trois rôles principaux ne sont pas forcément ceux dont on tire les plus grandes satisfactions. La mezzo Theresa Holzhauser est une Didon beaucoup trop placide pour un rôle qui appelle une vraie tragédienne, et elle ne parvient guère à communiquer les émotions de son personnage. Bien qu’italien, Flavio Ferri-Benedetti offre en Enée une voix de contre-ténor qui rappelle les pires produits de l’école anglaise, et son timbre est proche de celui de Christopher Robson. Pour toutes les notes graves, il use et abuse de sa voix naturelle de baryton, tant et si bien que l’effet en devient vite lassant. Quand à ses mimiques déplacées et à ses intonations mesquines, on se dit qu’un bon contralto aurait incarné un personnage autrement plus viril. Cette remarque vaut un peu aussi pour <strong>Valer Barna-Sabadus</strong> : le rossignol roumain gazouille extrêmement bien et, resitués dans leur contexte, les quatre airs d’Iarba prennent tout leur sens (voir son <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3497&amp;cntnt01origid=57&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=55">disque récent</a>), mais n’est-ce pas l’étrangeté du timbre qui plaît avant tout ? Les mêmes notes, émises par une voix de femme, ne pourraient-elles pas être beaucoup plus sonores, plus vibrantes ? On se tournera alors vers les trois comparses, dont l’émission franche et l’investissement font plaisir à entendre. Le baryton Andreas Burkhart  brille dans deux airs vocalisants, tandis que les sopranos Magdalena Hinterdobler et Maria Celeng débordent de virtuosité et d’intensité dramatique. Pour renaître, Hasse a-t-il vraiment besoin de contre-ténors ? La question mérite d’être posée. </p>
<p>			 </p>
<p>			Johann Adolf Hasse, <em>Didone Abbandonata </em>(1742), Opéra royal de Versailles, samedi 10 mars, 20h</p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
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