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	<title>Die schöne Magelone - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Die schöne Magelone - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>BRAHMS, Die schöne Magelone — Bruxelles (La Monnaie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-schone-magelone-bruxelles-la-monnaie-brahms-troubadour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Sep 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un spectacle d’une conception fort élaborée que la Monnaie présentait pour la première soirée de son cycle annuel de récitals en cette rentrée de septembre. Le premier cycle de mélodies, composé par Brahms entre 1861 et 1869,  tire ses textes d’un roman de Tieck, lui-même inspiré d’une tradition orale languedocienne remontant au XIIe siècle, et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est un spectacle d’une conception fort élaborée que la Monnaie présentait pour la première soirée de son cycle annuel de récitals en cette rentrée de septembre.</p>
<p>Le premier cycle de mélodies, composé par Brahms entre 1861 et 1869,  tire ses textes d’un roman de Tieck, lui-même inspiré d’une tradition orale languedocienne remontant au XIIe siècle, et raconte les amours contrariées de Pierre, fils du comte de Provence et de la belle Maguelone, fille du roi de Naples. Composée en plusieurs salves et publiée initialement en cinq cahiers de trois Lieder chacun, l’œuvre conçue par Brahms n’avait pas réellement l’aspect d’un cycle, comme on peut l’entendre chez Schubert ou Schumann, malgré une grande cohérence stylistique. Comme autant d’images figées, d’états d’âme des différents protagonistes, les 15 Lieder du cycle pris isolément ne permettent pas de constituer un récit suivi. Dès lors, pour assurer une meilleure lecture de l’œuvre, de nombreux interprètes s’attachent aujourd’hui à entrecouper le cycle de textes parlés, résumant les éléments manquants, de manière à constituer une fresque complète, une narration suivie au caractère de mélodrame. Cela permet en outre de donner plus d’ampleur au cycle de Brahms, et de porter sa durée d’interprétation à près d’une heure vingt, soit un spectacle complet et équilibré, sans nécessité d’une problématique seconde partie.</p>
<p>Le cycle fait intervenir quatre personnages : un troubadour qui introduit le roman, les deux héros Pierre et Maguelone, mais aussi une mystérieuse Souleima qui s’éprend de Pierre lors de sa captivité en Orient. <strong>Stéphane Degout</strong> et <strong>Marielou Jacquard</strong> se partagent les rôles, apportant une heureuse diversité de ton et augmentant par là le réalisme du récit. L’idée paraît donc excellente.</p>
<p>Les textes, inspirés du roman de Tieck et rédigés dans un délicieux français sauce troubadour, sont dûs à la plume d’Elisabeth Germser, l’épouse de <strong>Roger Germser</strong> qui endosse ici le costume du narrateur ; tous deux font partie de longue date du cercle rapproché du chanteur, ce qui donne à ce spectacle le caractère attachant d’une réalisation quasi familiale.</p>
<p>Intéressante conception donc, et réalisation de très grande qualité, portée bien entendu par Stéphane Degout qui apporte à l’édifice toute la qualité d’interprétation qu’on lui connaît : une voix qui s’assombrit un peu avec le temps et dont le timbre très riche ne cesse d’envoûter, une qualité de diction inégalée, une étonnante diversité de couleurs, une magnifique intensité expressive et un sens dramatique qui trouve précisément dans la musique de Brahms de splendides opportunités d’épanouissement. Avec une belle générosité, le baryton nous offre quelques moments de grande émotion d’une qualité exceptionnelle, comme par exemple dans la troisième mélodie du cycle (<em>Sind es Schmerzen, sind es Freunden</em>) qui décrit l’éveil de la passion de Pierre, ou dans la  sixième (<em>Wie soll ich die Freude</em>) où il utilise la répétition de la dernière strophe pour construire une progression dramatique étonnante et particulièrement efficace. On notera aussi l’infinie tendresse avec laquelle il entame le neuvième Lied (<em>Ruhe, Sußliebchen, im Schatten</em>), ou les demi-teintes subtiles et la très belle intériorité dans le douzième (<em>Muß es eine Trennung geben</em>), sorte de chant du désespoir où les couleurs cuivrées de la voix font merveille.</p>
<p>La tâche est un peu rude, pour la jeune mezzo-soprano Mairelou Jacquard, de faire le poids vis à vis d’un partenaire de ce calibre. La voix est agréable, pleine de caractère dans le registre grave, et l’artiste, très soigneusement préparée, se montre fine musicienne en bien des occasions. Mais ni son engagement dramatique ni son impact vocal ne sont comparables à ceux du baryton, ce qui introduit un certain déséquilibre dans le déroulement du spectacle. Le pianiste <strong>Alain Planès</strong> accompagne le tout avec beaucoup de facilités, beaucoup de présence mais pas toujours autant de soin qu’il y faudrait, comme s’il craignait de trop s’engager émotionnellement et voulait rester un peu extérieur au déroulement du drame. </p>
<p>De façon  assez originale, la dernière mélodie du cycle est interprétée par les deux chanteurs alternant leurs interventions. Fort applaudis, ils donneront en bis <em>Die Nonne und der Ritter</em> (La nonne et le chevalier) op.28 n°1, après que le narrateur aura livré l’épilogue du récit, en forme de <em>happy end</em>.</p>
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		<title>BRAHMS, Die schöne Magelone — Montpellier (Festival)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-belle-maguelone-montpellier-festival-retour-a-maguelone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Jul 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Seuls le Steinway, deux pupitres et, latéralement deux tables et leurs chaises sont éclairés depuis les cintres. On les attendait tous quatre, et ce sont cinq qui entrent en scène. On avait oublié la tourneuse, discrète et efficace comme il se doit. Alain Planès gagne sa banquette, suivi de cette dernière. Stéphane Degout et Marielou &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Seuls le Steinway, deux pupitres et, latéralement deux tables et leurs chaises sont éclairés depuis les cintres. On les attendait tous quatre, et ce sont cinq qui entrent en scène. On avait oublié la tourneuse, discrète et efficace comme il se doit. <strong>Alain Planès</strong> gagne sa banquette, suivi de cette dernière. <strong>Stéphane Degout</strong> et <strong>Marielou Jacquard </strong>rejoignent le guéridon de droite alors que <strong>Roger Germser</strong>, le narrateur, s’approche du micro pour introduire l’ouvrage. Las, son propos est inaudible de la salle, qui se fait entendre. On enregistre, et tant pis pour la panne de micro : notre conteur haussera le ton pour être intelligible.</p>
<p>Moins de 15 km séparent Montpellier de Villeneuve lès Maguelone. Hasard de l’histoire ou heureuse rencontre ? Le récit que conte Ludwig Tieck y trouve sa source et son aboutissement. Pierre, fils du comte de Provence, valeureux chevalier est tenté par l’aventure. Il gagne Naples où il participe à un tournoi organisé par le roi en l’honneur de sa fille. Pierre et Maguelone s’éprennent l’un de l’autre. Après échanges de poèmes et de mots tendres et passionnés, ce sont des bijoux qu’ils s’offrent réciproquement, avant de se rencontrer en secret. Pour éviter le mariage convenu par le père de Maguelone, Pierre et elle s’enfuient. Durant son sommeil, un corbeau dérobe les trois bagues offertes par Pierre, qui poursuit l’oiseau, toujours plus loin.  Il affronte la tempête, puis captif de corsaires, est livré au sultan de Babylone. Sa fille, Sulima, s’éprend de lui, mais Pierre parvient à s’échapper, pour rejoindre Maguelone retirée au couvent et à l’hospice pour indigents qu’elle a fondés, l’attendant fidèlement. L’inspiration s’inscrit dans ce courant romantique où le retour à un Moyen-Âge fantasmé avait déjà produit nombre d’ouvrages, fondés sur des romans de chevalerie. Il y avait là matière à écrire un opéra, dont le livret comme la musique n’auraient pas eu à rougir de la comparaison avec <em>Euryanthe</em> ou <em>Lohengrin</em> (*). Le compositeur retient quinze des dix-huit poèmes insérés dans la narration, qu’ils illustrent et ponctuent. Chaque Lied est un véritable tableau lyrique, de vastes dimensions, auquel le piano participe fortement.</p>
<p>Mieux que toute autre œuvre, ce cycle résume tout Brahms, couronnement de l’art du Lied, avec le piano le plus renouvelé, le plus varié dans ses modes de jeu comme dans son expression. On est en droit de considérer que les grands cycles de Schubert et Schumann ne sont que les annonciateurs de cet épanouissement brahmsien. Il n’est pas anecdotique de rappeler qu’il accompagna Dietrich Fischer-Dieskau durant sa longue carrière, y compris après son retrait de la scène : au moins cinq gravures en témoignent, depuis 1952 (avec Weissenborn, Demus, Richter, Moore, Barenboïm, …, excusez du peu). Bien connu des brahmsiens comme des amoureux du Lied, l’ouvrage, souvent enregistré (**), est rarissime au concert, du moins en France. Les raisons en sont multiples. Si les chanteurs germaniques – et quelques anglo-saxons – se le sont approprié, avant Stéphane Degout, sauf erreur (***), aucun de notre culture n’a osé le donner dans son intégralité. La langue, essentielle, est ici merveilleusement maîtrisée, au point que rien ne distingue son articulation de celle des meilleurs chanteurs d’Outre-Rhin.  La difficulté en est extrême : des mélodies d’une longueur rare, tendues autour des notes de passage, exigeant une souplesse, une extraordinaire longueur de souffle, la plus large palette expressive, du murmure mezza-voce à la projection héroïque, tout ce que possède maintenant notre merveilleux chanteur. Une autre difficulté pour son appropriation par le public réside dans la narration du récit – souvent omise au disque – et dans le fait de confier au seul baryton l’ensemble des 15 Lieder. Ce soir (comme l’avaient fait Prégardien et Demus en leur temps), le chanteur abandonne à une voix de femme les textes qui sont confiés par le poète à Maguelone (et au troubadour, comme à l’évocation de Sulima). Ainsi les interventions bienvenues de Marielou Jacquard permettent-elles de coller au texte de la narration et de varier l’émission vocale. Même si on la connaît davantage dans le baroque ou le contemporain (Questionnaire de Proust : Marielou Jacquard), notre mezzo – formée à la <em>Musikhochschule Hanns Eisler</em> de Berlin – est chez elle dans ce répertoire qu’elle chante avec une grande aisance comme avec un engagement absolu.  La voix est au format de ces Lieder : ductile, bien timbrée, sincère et juste, c’est-à-dire dépourvue d’effets ajoutés. C’est elle qui ouvre l’ouvrage, endossant les habits du troubadour dont le récit va enflammer Pierre. « Liebe kam aus fernen Landen » [l’amour vint de pays lointains] est un magnifique chant d’amour, tendre et passionné, aux incroyables richesses harmoniques. Notre mezzo lui donne l’expression la plus authentique. Nous retiendrons encore, dans un style très différent (nous sommes chez le Sultan) « Sulima », frémissante, palpitante d’un amour léger, capricieux.</p>
<p>Que n’entend-on davantage Alain Planès ? Après avoir cultivé de longue date le répertoire romantique avec brio, on découvre ce soir un merveilleux brahmsien, répertoire qu’il ne semble pas avoir enregistré, on se demande bien pourquoi, car il y excelle. Son jeu, fluide, très nuancé, puissant comme rêveur s’accorde idéalement à la voix tout en faisant chanter toutes ses parties. Du grand piano, partenaire rêvé des solistes. </p>
<p>Malgré les dimensions et la durée du cycle, jamais l’ennui ne guette. Le tour populaire – empreinte du <em>V</em><em>olkslied</em>, dans le droit fil de Schumann – s’y marie parfaitement au lyrisme dramatique de la partition. Aucune mélodie ne laisse indifférent et il faudrait toutes les citer. Arbitrairement, retenons « Sind es Schmerzen » [Sont-ce des peines…], merveilleux chant d’amour, pris très legato, mezza voce, expression idéale du romantisme, lyrique, résolu, contrasté, avec des oppositions de registre. La huitième, « Wir müssen uns trennen » [nous devons nous séparer], le piano se faitant luth,  la suivante «  Ruhe Süssliebchen » où à la berceuse succède l’épisode du vol des bagues par le corbeau, la dixième, « Verzeiflung » [Désespoir], tourmentée en diable, avec l’évocation de la tempête… et l’ultime, « Treue Liebe dauert lange » [L’amour fidèle dure longtemps], d’une vérité relevant de l’évidence, dont la première phrase, retenue, d’un souffle infini, impose les couleurs de la félicité au chant du baryton. La passion profonde de Maguelone le relaie avant que Pierre reprenne l’incise, mezzo-voce, extatique, émue et rayonnante. L’émotion aura été rarement si intense que celle de ce Lied (mué en duo).</p>
<p>La salle est maintenant conquise, et à ses chaleureuses acclamations répond un bis bienvenu,  <em>Die Nonne und der Ritter</em> [la nonne et le chevalier], sur un poème d&rsquo;Eichendorff, duo qui ouvre l’opus 28, en quelque sorte anticipation de l’ample fresque déroulée ce soir. Un moment inoubliable que ce merveilleux concert, servi par des interprètes exemplaires d’engagement et d’expression.</p>
<p> </p>
<p>(*) On sait que Brahms, comme Mendelssohn et Schumann, à part un <em>Rinaldo</em>, mué en cantate n’a pas laissé d’opéra.<br />
(**) sans prétention à l’exhaustivité, plus d’une vingtaine de gravures intégrales ont été réalisées, depuis 1952 (la première des cinq de Fischer-Dieskau), dont deux inattendues, par des voix de femmes (I. Seefried, Br. Fassbaender), sans compter les innombrables extraits (dont H. Hotter et K. Ferrier…). Tous les interprètes sont germanophones ou anglo-saxons.<br />
(***) Depuis la rédaction de ce compte-rendu, nous avons découvert que Vincent Le Texier avait chanté <em>La belle Maguelone </em>dans son intégralité, en 2007. Mea culpa.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>BRAHMS, Die schöne Magelone — Paris (Cité de la Musique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-belle-maguelone-paris-cite-de-la-musique-la-releve-est-assuree/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Oct 2017 06:59:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis 2006, l’Académie du Festival d’Aix-en-Provence choisit plusieurs chanteurs, chefs de chant et ensemble de musique de chambre ; avec le soutien de la banque HSBC, les plus prometteurs d’entre eux bénéficient d’un soutien au-delà de leur séjour aixois, pour se produire en récital en France et, de plus en plus, à l’étranger. Ce jeudi 12 &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 2006, l’Académie du Festival d’Aix-en-Provence choisit plusieurs chanteurs, chefs de chant et ensemble de musique de chambre ; avec le soutien de la banque HSBC, les plus prometteurs d’entre eux bénéficient d’un soutien au-delà de leur séjour aixois, pour se produire en récital en France et, de plus en plus, à l’étranger.</p>
<p>Ce jeudi 12 octobre, le nom des Lauréats HSBC 2017 a été communiqué, et l’on y retrouve un certain nombre de personnalités déjà remarquées ici et là. Outre le trio Sōra (piano, violon, violoncelle) et le pianiste Enrico Cicconofri, quatre chanteurs sont distingués cette année, trois Français et un Polonais. Egalement mise en avant par l’ADAMI, la mezzo <strong>Catherine Trottmann</strong> sera très bientôt Chérubin à l’Opéra du Rhin et Rosine au Théâtre des Champs-Elysées. Si le contre-ténor <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian </strong>reste à découvrir, le ténor <strong>Fabien Hyon</strong> a déjà eu l’occasion de se faire entendre lors des spectacles du CNSM ou dans une réjouissante <em>Stratonice </em>de Méhul. Quant au contre-ténor <strong>Jakub Jozef Orlinski</strong>, il était l’une des révélations de l’<em>Erismena</em> de Cavalli dirigée cet été à Aix par Leonardo García Alarcón.</p>
<p>Par ailleurs, l’Académie du Festival d’Aix ne lâchant pas aussi facilement ses plus brillants sujets, elle proposait en parallèle, à l’Amphithéâtre de la Cité de la Musique, un concert de <strong>John Chest</strong>, Lauréat HSBC 2015. Ce baryton américain commence à être connu en France : on a pu l’applaudir dans <em>La Ville morte</em> à Nantes et Nancy, ou en <a href="https://www.forumopera.com/don-giovanni-nantes-sexe-drogue-et-serenade">Don Giovanni à Nantes</a>. Il interprétait cette fois ce qui constitue peut-être le seul véritable cycle au sein de la production de lieder de Brahms, <em>La Belle Maguelone</em>. Conformément à une habitude, il avait été décidé d’associer au chant un résumé du roman de Ludwig Tieck, pour resituer dans leur contexte les « romances » mises en musique par Brahms. Pour lire ses interventions, <strong>Julie Moulier</strong>, opte pour le ton de la narration familière, sans grandiloquence, mais on mentirait en affirmant que les amours de Pierre de Provence et de la princesse napolitaine Maguelone soient véritablement passionnantes. Comme c’est sur ce texte parlé que s’ouvre la soirée, le passage à la musique s’accompagne d’un décalage sonore, puisque la voix de la récitante est sonorisée et que, bien sûr, celle du chanteur ne l’est pas (n’existe-t-il plus aujourd’hui de comédien capable de projeter leur voix dans une salle sans avoir besoin d’un micro ?). Le timbre de John Chest est dense, riche d’harmoniques, et suffirait déjà en soi à retenir notre attention. Mais l’interprète n’est pas en reste, il ne se montre jamais avare de demi-teintes et sait se plier aux différents affects qu’il a à exprimer, souvent à l’intérieur d’un même lied où l’humeur varie entre le début et la fin. A l’heure où tant d’autres se contentaient de compositions platement strophiques, Brahms s’est montré particulièrement inspiré, variant sans cesse les formes, avec une inventivité sans cesse renouvelée. Le pianiste <strong>Marcelo Amaral</strong> est particulièrement gâté, avec une musique toujours stimulante à interpréter : en l’écoutant, on se dit que le génie de Brahms n’avait décidément pas besoin d’un orchestre pour se donner libre cours. <em>La Belle Maguelone</em> mérite bien son surnom d’opéra de poche.</p>
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		<item>
		<title>BRAHMS, Die schöne Magelone — Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-matthias-goerne-yuja-wang-ulrich-matthes-salzbourg-un-melodrame-delicieusement-gothique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Aug 2016 07:06:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les quinze mélodies que Brahms consacra aux amours de Pierre de Provence et de la belle Maguelone ont la forme d’un cycle certes, mais pas vraiment celle d’un récit. En effet, les textes choisis par Brahms au sein de l’œuvre de Tieck ne constituent pas un histoire suivie, mais sont autant d’instantanés qui décrivent les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les quinze mélodies que Brahms consacra aux amours de Pierre de Provence et de la belle Maguelone ont la forme d’un cycle certes, mais pas vraiment celle d’un récit. En effet, les textes choisis par Brahms au sein de l’œuvre de Tieck ne constituent pas un histoire suivie, mais sont autant d’instantanés qui décrivent les états d’âme successifs du héros, sans réelle continuité. Dès lors, l’idée d’y ajouter un texte récité reliant ces épisodes entre eux est particulièrement judicieuse (elle paraît même nécessaire), qui permet de donner à l’ensemble le caractère d’un mélodrame sans rien trahir de la pensée de Brahms. Ce parti pris a en outre l’avantage d’élargir l’œuvre aux dimensions d’un concert entier (près de deux heures sans interruption) sans qu’il soit besoin de trouver une œuvre de complément. Et lorsque ces textes sont dits, plein de vie, d’humour et de mystère, par ce très grand comédien qu’est <strong>Ulrich Matthes</strong>, on suit le récit avec passion, à peu près comme une chanson de geste dont il a le caractère symbolique et la couleur délicieusement gothique.</p>
<p>Les mélodies viennent donc émailler ce récit, l’illustrer en quelque sorte, comme des enluminures tantôt épiques, tantôt courtoises et tantôt contemplatives. Soutenu par l’acoustique exceptionnelle de la grande salle du Mozarteum de Salzbourg, <strong>Matthias Goerne</strong> utilise la totalité de son registre expressif, qui est très large, jouant sur la dynamique du son, la couleur de la voix, les inflexions du texte, avec charme et précision, pour donner à l’ensemble une cohésion très convaincante. Si les graves sont resplendissants, comme on sait, impressionnant même de volume et de timbre, les aigus, lorsqu’il allège la voix, sont confondants de tendresse et de douceur, dont il use avec pudeur. Se faisant comédien autant que chanteur, il mime avec humour les sentiments qu’exprime le texte, bouge beaucoup, use de l’emphase avec discernement rendant le tout extrêmement vivant et varié, donnant sans cesse du sens à ce qu’il produit, s’appropriant l’œuvre entièrement pour la restituer magnifiée et la rendre réellement inoubliable.</p>
<p>Par ce travail à la fois minutieux et érudit, rendu avec un parfait naturel et des moyens vocaux exceptionnels, Goerne confirme, pour qui en douterait encore, son magnifique talent de récitaliste, au firmament de sa génération.</p>
<p>A ses côtés, aussi fluette qu’il est costaud, gainée dans un fourreau émeraude à dos nu particulièrement seyant, la jeune pianiste chinoise <strong>Yuja Wang</strong>, tout juste 30 ans, surtout connue jusqu’ici comme concertiste ou pour ses récitals en solo, est promue dans un nouveau rôle dont elle semble avoir d’emblée acquis l’essentiel. Avec une précision redoutable et beaucoup de soin, la virtuosité jamais prise en défaut, elle rend le texte de Brahms d’une façon très objective, laissant à son partenaire le soin d’apporter les éléments de subjectivité qu’il jugera opportuns, sans trop se mettre en avant, sauf lorsque la partition lui en donne l’occasion, dans le très beau postlude de la huitième mélodie par exemple, ou lorsqu’elle assure la transition entre texte parlé et lied en anticipant sur l’entrée du baryton. Le duo fonctionne bien, même si une réelle symbiose entre pianiste et chanteur, comme celle, exceptionnelle, que Goerne avait jadis avec Eric Schneider, ne s’acquiert qu’avec le temps.</p>
<p>Cette soirée inoubliable s’achève sur une salve particulièrement nourrie d’applaudissements, mais pas de bis, les artistes ne trouvant rien à ajouter à ce qui était déjà parfait.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-matthias-goerne-yuja-wang-ulrich-matthes-salzbourg-un-melodrame-delicieusement-gothique/">BRAHMS, Die schöne Magelone — Salzbourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Sélection CD pour un week-end au coin du feu</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/selection-cd-pour-un-week-end-au-coin-du-feu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Nov 2014 08:51:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Novembre incite à ne pas mettre le nez dehors, à combattre le gris du ciel et les jours qui raccourcissent à grands coups de musique, dans le confort de son salon, au coin du feu si l&#8217;on a une cheminée. Pour accompagner cet état d&#8217;hibernation, somme toute pas si désagréable, les récentes rééditions Sony Classical &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Novembre incite à ne pas mettre le nez dehors, à combattre le gris du ciel et les jours qui raccourcissent à grands coups de musique, dans le confort de son salon, au coin du feu si l&rsquo;on a une cheminée. Pour accompagner cet état d&rsquo;hibernation, somme toute pas si désagréable, les récentes rééditions Sony Classical s’imposent. Ainsi <em>Rigoletto </em>dirigé « <em>avec entrain</em> » par <strong>Renato Cellini </strong>en 1950, qui fut la première intégrale d’opéra de RCA Victor. Cette version  figure encore parmi les grandes, ne serait-ce que par la présence « <em>étonnamment inquiétante, menaçante même</em> » de <strong>Leonard Warren </strong>dans le rôle-titre (à lire « <a href="http://www.forumopera.com/cd/rigoletto-des-bossus-warren-est-le-boss">Des bossus Warren est le boss</a> » par Sylvain Fort).</p>
<p>Dans la même collection, ne pas faire l’impasse, si l’on est un tant soit peu straussien, sur le « <em>sulfureux</em> » <em>Rosenkavalier</em> enregistré par <strong>Léonard Bernstein</strong> à Vienne en 1971. Il s’agit d’une des directions « <em>les plus personnelles et passionnantes de la discographie</em> » relevée qui plus est par « <em>quelques incarnations majeures</em> ». (à lire « <a href="http://www.forumopera.com/cd/le-chevalier-a-la-rose-des-pataugas-chez-marie-therese">Des pataugas chez Marie-Thérèse</a> » par Julien Marion)</p>
<p>Autre réédition incontournable à l’heure où, sous l’impulsion d’<a href="http://www.forumopera.com/actu/eritrea-sauvee-des-eaux-venitiennes">Olivier Lexa</a>, l’on redécouvre Cavalli, la gravure « <em>pionnière</em> » de <em>Giasone</em>. Dès 1988, date de l’enregistrement, <strong>René Jacobs</strong> développait « <em>une compréhension très intime du théâtre vénitien</em> » et plus particulièrement de cet opéra composé en 1649 à la « <em>dynamique sophistiquée</em> » et aux « <em>équilibres, plus subtils qu’il n’y paraît de prime abord, entre bouffe et tragique</em> ». (à lire « <a href="http://www.forumopera.com/cd/giasone-retour-a-prix-doux-dun-best-seller-venitien">Retour, à prix doux, d’un best-seller vénitien</a> » par Bernard Schreuders).</p>
<p>Dans le même rayon baroque, les amateurs de raretés se précipiteront sur <em>La concordia de&rsquo; pianeti</em>, l’un des 89 opéras d’Antonio Caldara, que vient de tirer de l’oubli <strong>Andrea Marcon</strong>. A leurs risques et périls car desservie par un livret « <em>dont le but est d’affirmer que l’impératrice d’Autriche Elisabeth mérite sa place sur l’Olympe</em> », l’œuvre consiste en une succession laborieuse d’arias que « <em>Caldara n’a pas pu rendre palpitante</em> » (à lire « <a href="http://www.forumopera.com/cd/la-concordia-de-pianeti-lazare-recouche-toi">Lazare, recouche-toi </a>» par Laurent Bury).</p>
<p>Cette courte sélection ne saurait omettre le répertoire de la mélodie, adapté mieux qu’un autre à l’intimité crépitante du feu de bois. Les versions de la <em>Belle Magelone</em> de Brahms ne courant pas les rues, on espérait beaucoup du disque réunissant <strong>Christopher Maltman</strong> et <strong>Graham Johnson</strong>. Malheureusement, « <em>chaque épisode chevaleresque</em> » du cycle « <em>sent l’effort</em> » et seules « <em>les pages davantage rêveuses permettent au baryton de retrouver pour un temps le charme qu’on lui connaît</em> ». A la « <em>raideur</em> » du chant s’oppose la « <em>souplesse</em> » du piano, donnant presqu’à penser que « <em>les deux artistes œuvrent sur deux plans différents</em> ».  Bref, « <em>une rencontre manquée</em> » qui ne saurait gâcher un week-end que nous vous souhaitons excellent (à lire « <a href="http://www.forumopera.com/cd/the-songs-of-brahms-5-la-triste-magelone">La triste Magelone</a> » par Hélène Mante).</p>
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		<title>The Songs of Brahms &#8211; 5</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-songs-of-brahms-5-la-triste-magelone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Helene Mante]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Nov 2014 07:45:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les versions de la Belle Magelone de Brahms ne courent pas les rues. On espérait donc beaucoup de ce disque réunissant le baryton britannique Christopher Maltman, dont on sait l’affinité avec le monde de la mélodie et du lied, et le pianiste Graham Johnson, déjà maître d’oeuvre de tant de projets en la matière chez &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les versions de la <i>Belle Magelone</i> de Brahms ne courent pas les rues. On espérait donc beaucoup de ce disque réunissant le baryton britannique <strong>Christopher Maltman</strong>, dont on sait l’affinité avec le monde de la mélodie et du lied, et le pianiste <strong>Graham Johnson</strong>, déjà maître d’oeuvre de tant de projets en la matière chez Hyperion (intégrales Schubert, Schumann, mais aussi Chausson, Chabrier, Gounod, Fauré etc.). Las ! Méforme passagère ou état vocal représentatif de l’artiste aujourd’hui, Christophe Maltman se bat ici d’emblée avec un vibrato douloureusement raidi et un aigu rétif. <i>Keinen hat es noch gereut </i>résume à lui seul ce qui nous attend dans les 57 minutes du disque. Sans l’appoint des épisodes narratifs parlés (comme avec Bruno Ganz aux côtés du baryton Roman Trekel pour Oehms en 2006), l’auditeur enchaîne ici les quinze mélodies du cycle où chaque épisode chevaleresque sent l’effort pour le contrôle du souffle et de la ligne, tandis que les pages davantage rêveuses permettent au baryton de retrouver pour un temps le charme qu’on lui connait. La <i>mezza voce </i>de <i>War es dir?</i>, la tendresse de <i>Wir müssen uns trennen </i>ou l’élégie rêveuse de <i>Ruhe, Süssliebchen</i>, le pivot narratif central du recueil, laissent aux mots la primeur, quand tant d’autres jouent la carte de la joliesse du timbre et du chant. Malheureusement, dès le retour des éclats (<i>Verzweiflung</i>), l’émotion pâtit de la raideur du chant. </p>
<p>Graham Johnson, à son habitude, cisèle chaque page avec une finesse de touche incroyable, créant pour chaque mélodie une atmosphère unique tout en réussissant à maintenir une unité de ton  – unité de ton pourtant bien difficile à trouver, avouons-le, dans ce cycle. On n’ira pas jusqu’à dire que les deux artistes oeuvrent sur deux plans différents, car l’entente est objectivement au rendez-vous. Mais les moyens de l’un et de l’autre sont ici trop différents (fluidité, souplesse du piano ; raideur plus générale, on l’aura compris, chez le baryton) pour que l’auditeur puisse se défaire de la fâcheuse impression d’une rencontre un peu manquée. Si l’on souhaite une <i>Schöne Magelone </i>interprétée par un baryton, on se reportera aux enregistrements de Dietrich Fischer-Dieskau (à diverses reprises depuis Cologne en 1952, Audite, avec Richter en 1965 à Aldeburgh, Orfeo, ou la version de studio avec Demus, Decca), Hermann Prey (Orfeo) ou plus près de nous, Wolfgang Holzmair (Tud). </p>
<p>Soulignons cependant une fois encore la qualité du livret fourni, aussi détaillé et précis que possible malgré la minceur du format CD.</p>
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