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	<title>Die Walküre - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Die Walküre - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Die Walküre &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-bayreuth-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Aug 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La première journée de la Tétralogie proposée à Bayreuth pour l’année jubilaire ne nous aura certes pas réconcilié avec le concept d’une mise en scène confiée à l’intelligence artificielle. L’une des leçons que nous tirons de la représentation de Rheingold, la veille, aura été finalement que dans ce domaine-là au moins (celui de la direction &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La première journée de la <em>Tétralogie</em> proposée à Bayreuth pour l’année jubilaire ne nous aura certes pas réconcilié avec le concept d’une mise en scène confiée à l’intelligence artificielle. L’une des leçons que nous tirons de la représentation de <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-bayreuth-2/">Rheingold</a></em>, la veille, aura été finalement que dans ce domaine-là au moins (celui de la direction d’acteurs et de la mise en place d’un récit au théâtre) l’homme a encore quelques bonnes longueurs d’avance sur l’IA et c&rsquo;est plutôt une bonne nouvelle.</p>
<p>On retrouvera donc pour cette <em>Walkyrie</em> les mêmes travers que ceux observés et contestés la veille : que ce soit pour la direction d’acteurs, l’uniforme grisaille de costumes uniformes, l’excessive profusion d’images, l’absence de décors et d’accessoires sur scène, le constat est à peu près identique, nous n’y reviendrons donc pas.<br />
Mais l’honnêteté va nous obliger à nuancer quelque peu cette fois-ci et à concéder la beauté des images projetées durant la dernière demi-heure (le duo Wotan-Brünnhilde). Davantage que la veille il nous a été donné de voir des images en lien direct et univoque avec le texte : à savoir le rocher et le bûcher que seul un héros pourra traverser. Les magnifiques projections (toutes issues et retravaillées à partir de toutes les productions de <em>Walkyrie</em> depuis 1876, rappelons-le) le sont alors à un rythme ralenti, de telle sorte qu’elles aient le temps de faire sens (mais un sens purement illustratif, ce qui demeure la limite de l’exercice).<br />
On aura noté aussi davantage d’interaction entre les personnages (Siegmund ira même jusqu’à embrasser chastement Sieglinde et Wotan prendre sa fille dans ses bras, c’est dire !)</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Wa_TOT_160726_062_cEnricoNawrath_press-1294x600.jpg" />© Enrico Nawrath</pre>
<p><strong>Christian Thielemann</strong> est encore le grand gagnant de la soirée ; l’enthousiasme assourdissant du public au moment des saluts finira par faire soupçonner ce dernier de ne pas être entièrement objectif à son endroit. Mais il est vrai que la prestation de ce soir est confondante de justesse. Le soyeux de l’orchestre, décuplé sans doute par l’acoustique si spéciale de la salle, fait merveille. Il faut admirer la capacité du chef à utiliser toutes les palettes de l’expression orchestrale : la fièvre haletante (un peu trop ?) au début du I, la chevauchée fantastique au début du III et puis l’empathie si bien exprimée dans les duos (Sieglinde-Siegmund au I, Wotan-Brünnhilde au III). Cet orchestre nous propose des moments d’une absolue beauté musicale dont on voudrait qu’ils ne s’arrêtent jamais (le final du III).</p>
<p>L’autre grand maître de la soirée est le Wotan de <strong>Michael Volle</strong>. Là encore, il est difficile de ne pas être superlatif. Ses deux actes (II et III) sont d’une difficulté et d’une intensité rares et il s’y affirme immédiatement (scène initiale avec Brünnhilde au début du II). Puis ce sera une succession de peintures d’ambiances alternant entre la colère, la résignation et la tendresse paternelle. Il n’y a pas un seul registre de l’expression de ces ambiances que Volle ne sublime pas. La voix sait se faire tranchante ou mielleuse, rude ou compatissante. Quasiment aucune fatigue à ressentir ce soir chez celui qui est sans l’ombre d’un doute l’un des seuls Wotan du circuit actuel capables d’offrir une peinture aussi riche et complète du dieu des dieux.<br />
<strong>Camilla Nylund</strong>, qui a abordé le rôle de Brünnhilde relativement récemment (à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-zurich-la-ligne-claire/">Zürich en 2022</a>), se hisse à la hauteur du Wotan de Volle. Magnifique ligne de chant, aucune brusquerie (y compris lors de la périlleuse entrée du II) dans les aigus <em>forte</em>, toutes les attaques se font avec délicatesse. Les grands moments sont la scène avec Sieglinde ainsi que le duo final où l&rsquo;émotion dépasse la technique.<br />
<strong>Klaus-Florian Vogt</strong> (au passage affublé nous a-t-il semblé du même costume que celui qu’il portait la veille quand il interprétait…Loge !) propose sans surprise un Siegmund plus humain qu’héroïque. La poésie prédomine dans le duo avec Sieglinde, portée par un timbre où nulle ombre n’apparaît.<br />
La Sieglinde d’<strong>Elza</strong> <strong>van den Heever</strong> a mis du temps à entrer dans le personnage. Au premier acte, l’expression est peu nuancée et les aigus <em>forte</em> semblent difficiles.  C’est au troisième acte (« O hehrtes Wunder ») que la soprano sud-africaine se libère entièrement et délivre une magnifique scène avec Brünnhilde.<br />
Nous attendions <strong>Anna Kissjudit</strong> dans ce second volet autrement plus consistant du rôle de Fricka ; le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle s’est pleinement emparée du personnage, traçant le tableau d’une femme acerbe plus qu’autoritaire, maniant davantage l’invective que le raisonnement. Le parti pris est intéressant mais risqué. En donnant l’image d’une épouse enflammée et vindicative contre son époux, Kissjudit s’oblige à mettre sur la table une boîte à outils bien fournie. Et elle y va franchement, poussant sa voix dans des retranchements qui ne sont pas loin d’être les derniers. Elle se lance au risque de la sortie de route, dont on l’a sentie proche à deux ou trois reprises. Mais elle a eu raison de tenter une telle approche d’un rôle qu’on a déjà entendu plus fadement rendu : à elle maintenant d’en affiner les contours pour les rendre moins risqués.<br />
<strong>Mika Kares</strong> est un Hunding sans grand relief ce soir. Nul doute qu’il aura davantage à dire en Hagen.<br />
Un dernier mot sur les huit Walkyries de la chevauchée : certes quelques belles voix prises individuellement mais un manque patent ce soir de cohésion, d’alchimie réussie, ce qui a fait de cette Chevauchée une gentille promenade de santé plutôt que la folle cavalcade attendue.</p>
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		<title>WAGNER, Die Walküre — Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Jul 2026 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Vivement la suite » écrivions-nous à l’issue du premier volet totalement déjanté de la nouvelle production du Ring de Tobias Kratzer. Die Walküre nous prend toutefois par surprise avec un parti pris opposé, au moins en ce qui concerne les deux premiers actes : le monde des humains sera un monde réaliste et noir, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">« Vivement la suite » écrivions-nous <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-munich/">à l’issue du premier volet totalement déjanté</a> de la nouvelle production du <em>Ring</em> de <strong>Tobias Kratzer</strong>. <em>Die Walküre</em> nous prend toutefois par surprise avec un parti pris opposé, au moins en ce qui concerne les deux premiers actes : le monde des humains sera un monde réaliste et noir, très éloigné de celui des dieux, presque burlesque.</p>
<p>Le rideau s&rsquo;ouvre sur une forêt allemande contemporaine avec, en son centre et en éclaté, le chalet en bois de Hunding sur une tournette. Hunding est confit en dévotion, s’inclinant régulièrement devant un autel qui est la miniature du gigantesque retable qui concluait le précédent <em>Rheingold</em> et qui figurait le Walhalla. Il a ramené un bélier pour le sacrifice à Fricka. La modeste Lada de Hunding est immatriculée WRW M 1870, même s&rsquo;il faut de bons yeux (<em>Die Walküre</em> a été créée à Munich en 1870). Sieglinde apparait comme une victime totalement soumise face à la violence de son mari, essayant d’anticiper ses moindres désirs. Siegmund, essoufflé, fait son entrée en sweat à capuche. Pendant les différents récits, un écran descend des cintres à mi-hauteur : des vidéos en noir et blanc nous montrent l’enfance heureuse des jumeaux aux côtés d’un père attentionné, puis la proximité fusionnelle des enfants qui annonce la conclusion du premier acte (ils se tiennent par la main tout en dormant dans des lits superposés, ils se marquent mutuellement le bras avec un tison&#8230;), et enfin la découverte par Wotan de l’incendie de la maison, avec les lits superposés calcinés.<br />
Sur la scène, les jumeaux s’unissent, renversant et brisant l’autel. Ils s’enfuient, Sieglinde abandonnant sa petite culotte (ce qui n’est pas un simple gag comme on le comprendra à l’acte suivant). Comme toujours, la prégnance de vidéos d’une grande force dramatique empêche malheureusement une parfaite concentration sur la musique.</p>
<p>Le deuxième acte reste dans la même veine « réaliste » (si l’on peut dire) : le rideau se lève sur le même décor (pour la première scène), avec l’adjonction des personnages divins dans leurs costumes du <em>Rheingold</em>, c’est-à-dire inspirés de l’imagerie traditionnelle. Wotan est stupéfait de voir l’autel brisé (et l’autorité des dieux ainsi clairement contestée) et tente vainement de le réparer. Hunding brandit la lingerie de Sieglinde comme une sorte de pièce à conviction de l&rsquo;adultère dont il est victime. L’affrontement entre Fricka et Wotan est traité de manière assez sobre et réaliste. Resté avec Brünnhilde, Wotan tente sans succès de se trancher les veines en lançant « Das Ende! », exprimant une sorte de désir d’autodestruction que son statut divin lui interdit.<br />
On retrouvera également les jumeaux dans le décor des vestiges brûlés de leur ancienne maison ((ils reprendront le geste des mains qui se tiennent sur les lits superposés). Wotan exécutera Hunding devant Fricka, venue assister à la mort de Siegmund.</p>
<p>Avec l’acte III, nous renouons avec l’esprit du <em>Rheingold</em>, pour le meilleur ou pour le pire. Alors que retentit la <em>Chevauchée des Walkyries</em>, le rideau s’ouvre sur un écran géant : un hélicoptère survole Munich (on pense bien sûr immédiatement à <em>Apocalypse Now</em>) avec une walkyrie armée et casquée à son bord (probablement Helmwige). À terre, les walkyries à cheval et lance en main cavalcadent au milieu des passants stupéfaits. Un duo ramasse le cadavre d’une sorte de SDF, peut-être noyé dans le lac de l’Englischer Garten. D’autres soulèvent le corps d’un cycliste, jeune cadre dynamique qui vient de s’exploser le crâne contre un trottoir. Alors que Helmwige est parachutée devant le National Theater, on voit les walkyries tirer les cadavres dans les escaliers de l’opéra, avant que l’écran ne disparaisse pour laisser place au décor du dernier acte : le grand foyer du théâtre, transformé en hôpital de campagne, où les walkyries dénudent les cadavres, les rafistolent, leur redonnent vie, leur donnent une armure et les renvoient à la bataille (laquelle du reste ?).<br />
On aura rarement dynamité à ce point le mythe wagnérien, et la salle explose plusieurs fois en applaudissements et en rires pendant toute la scène, au point de couvrir parfois la musique (c’est là bien sûr que le bât blesse quelque peu, mais nous ne bouderons pas pour autant notre plaisir). La suite est beaucoup plus sobre, dramatiquement très bien dirigée. Devenue simple mortelle, Brünnhilde semble se couper les veines. Elle s’allonge sur un simple matelas. Aux côtés de Fricka, Loge (incarné par <strong>Sean Panikkar</strong> qui tenait le rôle dans le prologue, à moins que ce ne soit un sosie parfait) vient allumer une simple bougie symbolisant le cercle de feu. Dans une ultime vidéo, on voit Fricka et Loge contemplant la maison des Wälsungen en flammes, suggérant que Loge est l’auteur de l’incendie, serviteur de la vengeance de Fricka.</p>
<p style="font-weight: 400;">Vocalement, la soirée est dominée par le Wotan de <strong>Nicholas</strong> <strong>Brownlee</strong>. La projection est impressionnante et le chanteur semble infatigable. Surtout, le baryton-basse américain met toute sa maîtrise technique au service du texte, en utilisant toutes les ressources vocales possibles (longueur de souffle, piani, forte, voix mixte, couleurs&#8230;), exprimant toute une gamme de sentiments (colère, ironie, autorité, abattement&#8230;) et témoignant ainsi d’une intime compréhension du drame wagnérien. Seul bémol, des Adieux qui restent un peu extérieurs et qui peinent à tirer les larmes.<br />
<strong>Miina-Liisa Värelä</strong> est une Brünnhilde vaillante, à la voix puissante, mais au timbre un peu clair et monochrome : il lui manque une certaine dimension charnelle, même si celle-ci est moins indispensable dans la première journée que dans les suivantes. Initialement cataloguée mezzo-soprano, <strong>Irene Roberts</strong> s’oriente avec Sieglinde vers les rôles de sopranos. Ce changement ne va pas sans quelques compromis : le bas de la tessiture est, paradoxalement, moins impressionnant, et on est habitué à davantage de puissance dans le duo de l’acte I. L’incarnation est en revanche remarquablement habitée. C’est plutôt dans ses courtes mais spectaculaires interventions aux actes suivants que nous entendrons la voix exploser dans un aigu généreux et vibrant, chargé d’émotion, laissant présager d’une évolution favorable dans cette tessiture.<br />
<strong>Joachim</strong> <strong>Bäckström</strong> offre un Siegmund au timbre séduisant, plutôt clair mais un peu charnu, faisant parfois penser à un <em>spinto</em> italien. La puissance est également correcte mais on sent l’aigu un brin fragile. L’engagement est réel et le personnage sensible et touchant. <strong>Ekaterina Gubanova</strong> est une Fricka plutôt « bon chic, bon genre », sans débordements dramatiques particuliers, à la projection peu impressionnante. En dépit d’une certaine usure vocale, <strong>Ain Anger</strong> offre un Hunding dramatiquement plutôt nuancé et une belle projection. Enfin, les walkyries sont d&rsquo;un excellent niveau et forment un ensemble idéalement homogène.</p>
<p style="font-weight: 400;">Dès les premières mesures de l’acte I, <strong>Vladimir Jurowski</strong> offre une lecture électrisante, au service du théâtre. La pâte orchestrale semble comme dégraissée : ce n’est pas ici un Wagner charnu, opulent, monumental, mais allégé, nerveux, précis, essentiel. L’orchestre sonne clair, des détails inhabituels d’orchestration ressortent ainsi que certains contrechants, mais le chef ne perd jamais de vue le drame qu’il sert. Sa direction a également le mérite d’être idéale pour les voix, qu’elle ne met jamais en difficulté, permettant aux chanteurs de nuancer jusqu’au murmure, tout en réservant à l&rsquo;orchestre des moments de puissance particulièrement impressionnants. C’est toutefois une direction avec peu de pathos (on le ressentira dans les <em>Adieux</em>) plus proche d’un Toscanini que des grands maîtres austro-allemands. En ce qui concerne la durée totale, l&rsquo;exécution est assez lente, mais avec des dynamiques diverses tout au long de l&rsquo;ouvrage : moins de 64 minutes pour le premier acte, (plutôt rapide), 94 pour le deuxième (plutôt lent), et 72 pour le dernier (lent également), soit près de 3h50 (durée plus longue que la plupart des exécutions). Même si l’on peut préférer des directions très différentes (plus classiques, plus hédonistes&#8230;), celle-ci apparait toutefois comme une expérience originale et passionnante.</p>
<p>Encore une fois, nous attendons la suite avec impatience.</p>
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		<title>WAGNER, Die Walküre &#8211; Sopot</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-sopot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Jul 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voilà quatre ans que le baryton-basse polonais Tomas Konieczny a redonné vie à l&#8217;Opéra Lesna &#8211; l&#8217;Opéra de la forêt – qui, dès 1909, imposait Sopot comme l&#8217;un des temples du wagnérisme en Europe. Renommé désormais Baltic Opera Festival, à un jet de pierre de Gdansk, la ligne directrice en est toujours centrée sur le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà quatre ans que le baryton-basse polonais <strong>Tomas Konieczny</strong> a redonné vie à l&rsquo;Opéra Lesna &#8211; l&rsquo;Opéra de la forêt – qui, dès 1909, imposait Sopot comme l&rsquo;un des temples du wagnérisme en Europe.</p>
<p>Renommé désormais Baltic Opera Festival, à un jet de pierre de Gdansk, la ligne directrice en est toujours centrée sur le maître de Bayreuth avec cette année <em>die Walküre</em> pour deux soirées précédées d&rsquo;un étonnant <em>Rheingold for kids</em>, spectacle jeune public qui résume<em> l&rsquo;Or du Rhin</em> en une heure très enlevée. La distribution, d&rsquo;un excellent niveau, y rassemble principalement de jeunes chanteurs polonais et fait la part belle aux textes en langue vernaculaire.</p>
<p>Ce soir, c&rsquo;est une <em>Walkyrie</em> d&rsquo;un exceptionnel niveau qui nous est proposé. Contrairement aux années précédentes, il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une création maison mais de l&rsquo;adaptation d&rsquo;une version de l&rsquo;Opéra de Copenhague datant de 2022.<br />
<strong>Tomasz Konieczny</strong> y tenait déjà le rôle de Wotan, comme il l&rsquo;a fait à Berlin ou Bayreuth.</p>
<p>Il a souhaité la reprendre car – selon ses dires – elle peut s&rsquo;envisager de manière autonome, et Sopot ne saurait proposer un<em> Ring</em> complet en une seule édition.<br />
Naturellement, il a fallu adapter la production au plein air puisque la particularité du <strong>Baltic Opera Festival</strong> est de se tenir au cœur de la forêt, dans un amphithéâtre de 5000 places impliquant une sonorisation fort bien dosée si l&rsquo;on excepte la « chevauchée des Walkyries » où le trait est inutilement appuyé alors que les interprètes sont excellentes, disposant de tous les moyens nécessaires pour passer l&rsquo;orchestre.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/1A5A0601-1294x600.jpg" /></p>
<pre style="text-align: center;">© Baltic Opera Festival</pre>
<p>La canopée nous enveloppe, s&rsquo;illumine d&rsquo;un rayon de soleil, le chant des oiseaux cède à la pluie qui tambourine sur le velum&#8230; Comme souvent dans les lieux alternatifs, un charme tout particulier est à l&rsquo;œuvre.</p>
<p><strong>Tom Scutt</strong> a conçu pour le Théâtre Royal danois un dispositif habile et élégant, d&rsquo;acier et de bois clair répondant aux teintes neutres et fondues des costumes japonisants où textures et matières sont travaillées avec soin.<br />
Flanqué d&rsquo;écrans lumineux, un immense escalier amovible occupe le centre du plateau, la misérable cabane de Hunding se cache à son revers, un pieu gigantesque le perfore au premier acte, donnant à Notung la dimension mythique qui lui sied avant que ne s&rsquo;y embrase de le bûcher du troisième acte.<br />
Autour de cette structure se déploie une vie de bureau parfaitement contemporaine avec cancans, ordinateurs portables, plans et maquettes. Chaque chanteur peut se saisir de ces accessoires – une peau de renard, deux statues d&rsquo;esprit mycénien pour les jumeaux&#8230; autant de supports à la pensée ou à la narration qui clarifient le propos pour le spectateur.</p>
<p>Wotan, l&rsquo;architecte, constamment présent sur scène, contemple son œuvre de son oeil unique, oriente l&rsquo;action, jouant négligemment avec la maquette de l&rsquo;escalier. Ses employées-walkyries commentent et sabrent même le champagne tandis que les jumeaux incestueux succombent à la passion.<br />
Cette mise en abyme fonctionne tout au long de la soirée, grâce également à une formidable direction d&rsquo;acteur, extrêmement vivante, naturelle, imaginée en orfèvre par <strong>John Fulljames</strong> à Copenhague et brillamment reprise à Sopot par<strong> Johanne</strong> <strong>Holten</strong>.</p>
<p>Tomasz Konieczny se targue d&rsquo;un cast majoritairement polonais, y compris pour les doublures, choix indispensable pour permettre à la musique de Wagner « de briller en Pologne à son plus haut niveau ».</p>
<p>Réunir un orchestre local fut apparemment une gageure, et là encore, un enjeu pédagogique. Le <strong>Baltic Opera Orchestra Gdansk</strong> renforcé par le <strong>Symphony</strong> <strong>Orchestra du Lviv National Philharmonic</strong> – dans une belle collaboration polono-ukrainienne – s&rsquo;avère excellent sous la baguette experte d&rsquo;<strong>Axel Kober</strong> avec lequel le directeur artistique collabore depuis vingt cinq ans à Mannheim.<br />
La battue souple et ample obtient le meilleur de la large phalange réunie ce soir. Les contrastes, les textures sont bien marqués de l&rsquo;âpre au soyeux ; les tempi justes, la dynamique soutenue, toujours au service des chanteurs.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/D39A9766-1294x600.jpg" /></p>
<pre style="text-align: center;">© Baltic Opera Festival</pre>
<p>Tomasz Konieczny, indéboulonnable Wotan dans plus de vingt productions propose une incarnation brillante, charnelle, depuis le démiurge triomphant jusqu&rsquo;au père démuni. La munificence de son instrument peut se raffiner jusqu&rsquo;au murmure, s&rsquo;alliant à une aisance et un naturel constants.</p>
<p>Pour sa part,<strong> Stanislas de Barbeyrac</strong> confirme, si besoin, qu&rsquo;il est un grand Siegmund. Après Dortmund, Londres puis Paris l&rsquo;an passé, il irradie de sensibilité, d&rsquo;intelligence vocale, d&rsquo;une émission profondément incarnée, d&rsquo;un constant relief expressif. Il forme un duo assez sublime avec <strong>Izabela Matula</strong> qui fait ce soir des débuts magnifiques en Sieglinde. Timbre moiré, unité des registres, aigus bien couverts, elle jouit également d&rsquo;une belle justesse des intentions.</p>
<p>La Brünnhilde de <strong>Stéphanie Müther</strong> après une entrée fragile, épanouit une ligne souple, à l&rsquo;émission claire où les nuances dynamiques servent intelligemment l’expression. Le passage où elle annonce à contre-coeur à Siegmund son destin est par exemple d&rsquo;une prenante simplicité.</p>
<p>Enfin, <strong>René Pape</strong> propose un Hunding viscéral que l&rsquo;on adore détester tandis que <strong>Malgorzata Walewska</strong> campe une Fricka mature au caractère bien trempé.</p>
<p>Un spectacle à retrouver le 5 juillet pour une seconde représentation à Sopot en attendant <em>Fidelio, Freischütz </em>et<em> Andréa Chenier</em> au programme 2027 de ce lieu à envisager désormais dans les pérégrinations estivales des festivaliers lyricomanes.</p>
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		<title>WAGNER, Die Walküre &#8211; Budapest</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-budapest/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=215657</guid>

					<description><![CDATA[<p>C’est le dernier Ring d’Ádám Fischer dans le cadre des Journées Wagner de Budapest, qu’il a créées en 2006 – et tout le monde veut en être. On est sold out ce soir dans la grande salle Bélá Bartók du Müpa Budapest. Toutes les places sont occupées ? Non, quatre places du premier rang, juste &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est le dernier Ring d’<strong>Ádám</strong> <strong>Fischer</strong> dans le cadre des Journées Wagner de Budapest, qu’il a créées en 2006 – et tout le monde veut en être. On est <em>sold out</em> ce soir dans la grande salle Bélá Bartók du Müpa Budapest. Toutes les places sont occupées ? Non, quatre places du premier rang, juste derrière le chef, restent vides. Il se dit ici que le maestro ne veut personne juste derrière lui quand il dirige – il faut dire (pour y avoir passé le deuxième acte) qu’on est qu’à quelques centimètres du maître… Alors ces quatre places-là, on ne les met pas en vente ! Légende ? On ne prête qu’aux riches !<br />
La conduite de cette <em>Walkyrie</em> par Ádám Fischer est en tout point remarquable ; comme nous avons aimé la fièvre des premières mesures ! Un orage électrique plus qu’une tempête ; comme nous avons apprécié les <em>tempi</em> tellement mesurés dans le duo Sigmund – Sieglinde, soudain devenu un quasi duo belcantiste. Il y a une recherche permanente de l’adéquation entre la fosse et le plateau, c’est de l&rsquo;art. Il y a une intelligence de la partition chez Fischer, forgée par une solide expérience : il aura donné vingt cycles complets au Müpa depuis 2006. Et dire que Fischer, selon ses propos, est entré dans Wagner quasi contraint et forcé ! – Là aussi, mythe ou réalité ?<br />
On retrouve l’orchestre symphonique de la radio hongroise tel que perçu la veille. Des cordes magiques (les altos <em>con sordino</em> au second acte à vous donner le frisson), des bois irréprochables, mais toujours des cuivres imparfaits. On les a trop peu entendus dans la Chevauchée du III, et puis toujours ces petits décalages qui font mauvais genre.</p>
<p>Nous sommes dans une version semi-scénique avec des chanteurs en habit de récitalistes ; il faut y voir aujourd’hui une sorte de marque de fabrique des Journées Wagner de Budapest plus qu’autre chose, car les toutes premières éditions étaient pratiquement des versions de concert (ce n’est qu’au fil des années que <strong>Hartmut Schörghofer</strong> a étoffé  la mise en espace, puis a introduit la vidéo). Plus grand-chose ne justifie donc que les chanteurs ne soient pas costumés, ou qu’ils se tiennent assis sur les côtés quand ils ne chantent pas. Les décors sont toujours figurés par des projections vidéos sur les trois panneaux de fond de scène. C’est esthétiquement souvent réussi, mais pourrait être enrichi. L’orage du début du I est représenté par une sorte de tempête de neige en montagne ; c’est encore la montagne que l’on retrouvera en décor du II, avant que celle-ci laisse place à un paysage urbain en noir et blanc dévasté. Par la guerre ? Par un tremblement de terre ? Il faut y voir l’illustration de la perte de pouvoir de Wotan (le fameux « Nur eines will ich noch : das Ende ») quand il se fait tordre le bras par son épouse. Toujours est-il qu’à la fin de ce premier tableau du II ce sont les oiseaux prédateurs qui prennent le pouvoir dans ce paysage de désolation (sous-entendu, c’en est fini de l’autorité du dieu des dieux).<br />
Au III, le paysage sera celui d’un monde semi-désertique et le cercle de feu dans lequel Brünnhilde sera enfermée sera représenté par un immense brasier, dont on voit mal qui pourra le transpercer… Comme dans le Prologue, il y a ces jeux d’ombres chinoises, la présence de danseurs qui appuient le texte (huit danseurs, comme les Walkyries, miment des cavaliers en ouverture du III), tout cela est bien vu.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/walkur_PJ_024-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1782562180915" /></pre>
<pre style="text-align: center;">© János Postósz</pre>
<p>Plateau inégal ce soir mais avec de formidables individualités. Nos huit Walkyries entament leur chevauchée derrière les panneaux du fond de scène et c’est bien dommage, car on ne perçoit qu’imparfaitement leur chant. Les huit voix ne tombent pas toujours bien ensemble, il manque une homogénéité formelle censée illustrer leur position commune face à Wotan et Brünnhilde. La Fricka d’<strong>Atala</strong> <strong>Schöck</strong> est bien celle qui nous avait tant charmé au premier tableau de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-budapest/"><em>Rheingold</em></a>. Elle assoit son autorité sur Wotan grâce à une voix cette fois-ci sans aspérité. <strong>Albert Pesenforfer</strong> est un extraordinaire Hagen ; la voix caverneuse nous fait froid dans le dos : il figure le butor qu’on n’a guère envie de croiser dans la rue : tout est là pour déplaire, sauf une voix immense, et dont on imagine sans même l’avoir entendue, qu’elle siéra parfaitement au Hagen du <em>Götterdämmerung</em> à suivre. <strong>Bryan Register</strong> est malheureusement dans un jour sans. Son Siegmund n’avait aucune chance d’effrayer Hunding. Lui qui avait été un Siegfried apprécié à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-le-crepuscule-des-dieux-bruxelles/">La Monnaie en 2025</a>, est méconnaissable ce soir. Son entrée est correcte, mais tout se gâte très vite : le double « Wälse » est trop court, le chant du printemps pose les premières difficultés et le duo avec Sieglinde voit l’intensité diminuer à chaque instant. L’entracte de cinquante minutes n’a sûrement pas été de trop pour récupérer quelque force et finir courageusement sa partition en fin du II. Celui qui se présente sur son site web comme un <em>Heldentenor</em> n’avait pas ce soir les attributs afférents. Sans parler d’une prononciation souvent hasardeuse, des mots omis, d’autres intervertis, des changements de consonnes qui changent le sens d’une phrase ( « il me protège » ne veut pas dire la même chose que « il te protège»). Il nous tarde d’entendre Bryan Register en meilleure forme.<br />
<strong>Magdalena Anna Hofmann</strong> est une Sieglinde forte femme, et pourquoi pas ? La voix est extrêmement solide, aucune note ne semble inatteignable, la projection est puissante sans toujours éviter la stridence, mais quelle incarnation ! Le duo avec Sigmund, c’est elle qui le porte à bout de bras, cela reste un des plus beaux moments de la soirée. <strong>Elisabet Strid</strong> tient le rôle-titre. Entrée au II éblouissante, elle évite tous les pièges de ce début de rôle quasi inchantable, projette sa voix sans jamais crier, c’est beau. Elle se hisse souvent au niveau du Wotan de <strong>Tomasz Konieczny</strong>, ce qui n’est pas un mince compliment. Tania Braq avait beaucoup apprécié sa <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-stockholm/">Turandot de Stockholm</a>. De toute évidence, la Brünnhilde de <em>Walküre</em> convient bien à sa voix, mieux sans doute que celle de <em>Siegfried</em>, sans parler de celle de <em>Götterdämmerung.</em><br />
Reste le héros de la soirée, le Wotan de Tomasz Konieczny, véritable phénomène sur scène. Pour lui il faudrait réinventer la notion de <em>Heldenbass</em>, terme un peu tombé en désuétude. La percussion de ses graves, comme de ses aigus du reste, la force de l’incarnation, font bien de lui une basse héroïque. Sa voix vous transperce comme la lance qui ne quitte pratiquement jamais ses mains. Le baryton-basse polonais est aujourd’hui en pleine possession de moyens colossaux. Rien à redire ? Eh bien si ! Nous restons sur notre faim dans le duo final (« Les adieux de Wotan ») : Konieczny ne parvient pas à fendre l’armure, à redevenir pleinement le père éploré qu’est Wotan en réalité. L’émotion ne passe pas, on est encore trop dans la maîtrise des moyens et dans la recherche de la perfection vocale.<br />
Car dans cet instant fugace mais fondamental, Wotan n’est plus seulement un dieu, il est surtout un père qui sacrifie sa fille.</p>
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		<title>WAGNER, Die Walküre &#8211; Cologne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-cologne-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle Tétralogie proposée depuis cette année par l’Opéra de Cologne (relocalisé encore quelques mois à la Staatenhaus non loin), initiée en novembre dernier avec un Rheingold prometteur, livre un deuxième épisode lui aussi très réussi, avec même certains moments d’une émotion insondable. C’est le metteur en scène Paul-Georg Dittrich qui est aux commandes dans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La nouvelle <em>Tétralogie</em> proposée depuis cette année par l’Opéra de Cologne (relocalisé encore quelques mois à la Staatenhaus non loin), initiée en novembre dernier avec un <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-cologne/">Rheingold prometteur</a>, livre un deuxième épisode lui aussi très réussi, avec même certains moments d’une émotion insondable.</p>
<p>C’est le metteur en scène <strong>Paul-Georg Dittrich</strong> qui est aux commandes dans la description entamée au premier épisode d’un monde capitaliste à bout de souffle, dans une lutte (finale ? ) pour l’appropriation de la nature par quelques puissants (dont Wotan sera ici le parangon). On se souvient que l’or du Rhin (dont il est très peu question dans <em>La Walkyrie</em> mais qui reviendra au premier plan dans <em>Siegfried</em>) était symbolisé par les forces vives de la nature humaine, à savoir l’enfance : ce sont les enfants du monde d’aujourd’hui qui représentent la vraie richesse de l’univers de demain. La thématique est reprise ici mais circonscrite à la – pléthorique –descendance de Wotan. Il se trouve que les enfants dont Wotan est le géniteur (et quelle qu’en soit la mère ! ), ont une caractéristique physique commune ; ils possèdent tous la même chevelure, la même coupe de cheveux courts.</p>
<p>Cela saute aux yeux dès la première scène entre Siegmund et Sieglinde. Et au second tableau du II, Brünnhilde, apparue au premier tableau parée de longs cheveux, se défait au moment où elle aperçoit Siegmund de sa longue chevelure pour apparaître cheveux courts, dans la lignée des enfants de Wotan. S’ensuit ce très beau moment où Brünnhilde présente à Siegmund son bouclier, dans lequel il se mire, voit sans doute son propre visage pour la première fois, prenant alors conscience, par la similitude des chevelures, de sa parenté avec Brünnhilde et Sieglinde. Vertigineux.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/walkure_gp_0165_matthias_jung__kopie.jpg__1920x1080_q85_subject_location-1000667_subsampling-2_upscale-1294x600.jpg" />© Matthias Jung</pre>
<p>Le deuxième acte avait commencé dans un salon cossu alors que Fricka découvre que son test de grossesse est négatif ! Test confirmé par une échographie réalisée à la va-vite et qui nous permet de mieux appréhender ce qui se joue dans l’antre de Wotan. Celui-ci est en fait à la tête d’une gigantesque organisation (une clinique ?), en charge de créer des clones génétiquement modifiés, reconnaissables justement à leur coiffure.</p>
<p>Nous découvrirons l’ampleur de l’organisation au troisième acte avec un premier tableau proprement surréaliste. Les Walkyries ne sont ici rien d’autres que des génitrices à la chaîne, leur célèbre « chant de la chevauchée » devenant un « cri des parturientes » ! D’où cette scène gore d’accouchements en série, certaines allongées, d’autres même debout (!), tandis que non loin sont endormis une demi-douzaine de garçonnets, tous absolument semblables, en réalité des marionnettes ou des robots, en tous cas totalement dépourvus d’initiative personnelle, commandés par l’ordinateur d’un Wotan possédant sur eux droit de vie et de mort. S’ils se lèvent ensemble, c’est pour monter d’un même mouvement sur des chevaux de bois identiques, avant de se « brancher » à des tubes de perfusion pour « faire le plein » et d’être victimes d’un accès de colère de Wotan, qui, d’un seul clic sur son ordinateur, les efface tout bonnement, tout comme il met fin à la vie des nouveau-nés de ses filles. Et, pour parachever le délire eugéniste de Wotan, ajoutons qu’il finira par enfermer Brünnhilde, non pas dans un cercle de feu, mais dans une cabine (cryogénique ?) qui la préservera une vingtaine d’années avant d’en être délivrée par son demi-neveu. Bigre !</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/walkure_gp_0255_matthias_jung__kopie.jpg__1920x1080_q85_subject_location-750479_subsampling-2_upscale-1294x600.jpg" />© Matthias Jung</pre>
<p>La conduite d’acteurs dessinée par Paul-Georg Dittrich est pertinente et soignée, tout en laissant « respirer » les personnages. Il y a des moments d’une ineffable beauté dans cette production. Le duo d’amour Sieglinde-Sigmund respire une sensualité enivrante, la gestuelle est esthétiquement réussie, la langueur amoureuse s’installe. Par ailleurs, la confrontation Fricka-Wotan est percutante, quant aux adieux de Wotan à sa fille préférée, ils rendent justice à ce qui demeure une des plus belles inspirations musicales de la <em>Tétralogie.<br />
</em>Si ces adieux bouleversent autant, c’est aussi et surtout au Wotan de <strong>Jordan Shanahan</strong> qu’on le doit. Déjà apprécié dans <em>Rheingold</em>, il épure ici son personnage dans deux moments cruciaux : ces adieux donc, où transparaît l’humanité de celui dont tout nous dit qu’il en est dépourvu et, au II, le long monologue qu’il rend vivant par des effets dynamiques toujours bien choisis. La basse n’est nullement sombre, bien au contraire, ce qui éloigne Wotan de l’image d’un démiurge inaccessible. La clarté de la voix, dotée d’une projection plus que correcte, fait de lui plutôt un savant fou d’autant plus redoutable qu’il nous semble accessible.<br />
Siegmund est un <strong>Daniel Johansson</strong> des grands soirs. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-glyndebourne/">Parsifal remarqué</a>, il confère au frère de Sieglinde une bouleversante humanité, vivifiée par un ténor souple et puissant. Son jeu d’acteur nous rend son personnage d’autant plus attachant. Le Hunding de <strong>Tijl Faveyts</strong> apparaît moins comme un butor sanguinaire que comme un mari résigné au désamour de son épouse, celle-ci ira même jusqu’à le poursuivre dans sa maison pour le rouer de coups ! Loser invétéré, il répondra au double « Geh ! » de Wotan après la mort de Sigmund en se tranchant la gorge. Voix sombre à souhait.</p>
<p>La distribution féminine est moins convaincante ; on s’inquièterait presque pour le soprano d’<strong>Astrid</strong> <strong>Kessler</strong>, qui ne nous semble pas correspondre au rôle de Sieglinde ; ce que nous avons entendu relève davantage du soprano léger que lyrique et encore loin dramatique. Une voix frêle qui correspond certes au personnage gracile qu’elle veut endosser. Mais les exigences vocales du rôle sont terribles, son duo avec Sigmund la pousse dans ses ultimes retranchements. Saluons toutefois son implication.<br />
La Fricka de <strong>Bettina Ranch</strong> développe une force de persuasion qui lui permet de tordre le bras de son époux. Elle le fait avec une voix assurée, tranchante, du plus bel effet.<br />
La Brünnhilde de <strong>Trine Møller</strong> brille aussi par son engagement. Le timbre est agréable, elle campe une sorte d’anti-héroïne, dont les fragilités se font jour. Fragilités qui transparaissent aussi dans la ligne musicale où les médiums sont parfois effacés par l’orchestre. Qu’en sera-t-il de la Brünnhilde du troisième acte de Siegfried ? Et de la partie plus redoutable encore dans <em>Götterdämmerung</em> (prévue pour 2027-28, la distribution n’est pas encore annoncée) ? L’avenir nous le dira.<br />
Nos huit Walkyries forment un groupe homogène qui décline joliment toutes les couleurs expressives de la fougue, de la douleur et de l’effroi.</p>
<p>Enfin <strong>Marc Albrecht</strong> dirige sa centaine de musiciens du <strong>Gürzenich-Orchester Köln</strong> avec une minutie de chaque instant. Les conditions acoustiques, nous n’y reviendrons pas, ne sont pas favorables. Il n’y a pas de fosse, il doit répartir ses pupitres dans le sens de la largeur (harpes, bois et cors à gauche, reste des cuivres et percussion à l’extrême droite) ce qui crée parfois des déséquilibres inévitables. Les tempi sont lents mais ils donnent tellement de sens au foisonnement de la partition. Nous avons hâte d’entendre ce bel orchestre dans des conditions normales.<br />
Il sera justement intéressant de connaître la suite du feuilleton : comment Dittrich va-t-il se réapproprier la thématique de l’or du Rhin ? Quel sera le visage de Siegfried ? Quelle relation aura-t-il avec son grand-père ? Comment va-t-il s’y prendre pour délivrer Brünnhilde de sa capsule cryogénique ?<br />
Autant de questions auxquelles nous aurons une réponse en avril 2027 avec <em>Siegfried</em>.</p>
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		<title>Discothèque idéale : Wagner &#8211; Die Walküre (Karajan, Deutsche Grammophon &#8211; 1967)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/discotheque-ideale-wagner-die-walkure-karajan-deutsche-grammophon-1967/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2026 01:36:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est avec Die Walküre que Karajan commence l’enregistrement de son Ring de studio, conçu expressément pour le disque. Quelques mois plus tard, il va reprendre la même distribution à Salzburg et la réussite sera moindre, mais ici la proximité des micros &#8211; et l’approche de Karajan &#8211; mettent en lumière toute l’intimité de cette suite &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est avec <em>Die Walküre</em> que <strong>Karajan</strong> commence l’enregistrement de son Ring de studio, conçu expressément pour le disque. Quelques mois plus tard, il va reprendre la même distribution à Salzburg et la réussite sera moindre, mais ici la proximité des micros &#8211; et l’approche de Karajan &#8211; mettent en lumière toute l’intimité de cette suite de dialogues, au détriment peut-être de la démesure mythique, que portaient les géants qu’on citait à l’instant (sans parler des Lehmann, Flagstad, Varnay, Traubel, Melchior, Suthaus, Grindl, Frick…)</p>
<p>Ainsi est-ce à <strong>Gundula Janowitz</strong> qu’échoit le rôle de Sieglinde, voix d’une pureté, d’une transparence virginale, plus jeune fille allemande que nature, transfigurée, illuminée, révélée à elle-même par la rencontre avec le Siegmund inspiré, complexe, poète, irradiant, de <strong>Jon Vickers</strong>.<br />
Lui, voix habitée, noueuse, osant des pianissimos frémissants d’émotion puis montant à des sommets d’exaltation, de « Ist es der Blick der blühenden Frau ? » à l’émerveillement qu’il donne à entendre dans « Winterstürme », à quoi elle répond par le « Du bist der Lenz » le plus clair, le plus lilial, qu’on puisse imaginer.</p>
<p>Abordant pour la première fois un rôle wagnérien, et (selon la rumeur) assez malmenée par Karajan, elle se hisse au-dessus d’elle-même dans le duo du deuxième acte (et s’embrasera dans le « O hehrstes Wunder ! » du troisième), à côté d’une <strong>Régine Crespin</strong> qui l’année précédente avait été la Sieglinde de Solti, tandis que Nilsson était Brünnhilde.</p>
<p>Écouter avec quelle douceur, quelle compassion, quelle fraternité, Crespin/Brünnhilde annonce à Vickers/Siegmund qu’il doit mourir et que Sieglinde ne mourra pas avec lui (et comment les violons de Berlin suggèrent alors l’air terrestre &#8211; <em>Erdenluft</em> &#8211; que la mère de Siegfried doit continuer à respirer), écouter la flamme de Vickers et le trouble de Crespin (tandis que le thème de la mort monte en déferlantes), écouter Crespin tout à coup incendiée et résolue à désobéir.<br />
Et que dire des adieux de Siegmund à Sieglinde endormie. Quel Siegmund fut jamais aussi fragile, désemparé, élégiaque que Vickers à cet instant ?</p>
<p>Et puis il y a <strong>Thomas Stewart</strong>, Wotan chancelant sous l’indignation outragée de Fricka (<strong>Joséphine Veasey</strong> inattendue elle aussi, mais fière, ardente, noble, gardienne de l’orthodoxie jamais dérisoire), prenant le parti de ses enfants, palpitant de bonté, osant des pianissimos de <em>liedersänger</em>, délicat et tendre, douloureux et non pas veule. Écouter son récit du deuxième acte, « Als junger Liebe », d’abord noyé dans les cordes graves, à fleur de lèvres, puis montant crescendo, rebondissant sur « Ein andres ist’s », sur un paysage caverneux de trombones et de cors, en une manière de symphonie avec confidence obligée, frémissante et blessée. Osant un filet de voix détimbré sur « der Sel’ingen Ende säumt dann nicht &#8211; la fin des Dieux ne tardera pas », puis montant à une noire colère (révélant sa faiblesse mieux que ses attendrissements) dès que Brünnhilde esquisse un début de réticence à lui obéir. Tout cela magistralement subtil.</p>
<p>Curieusement, on qualifia la manière de Karajan de chambriste, à cause peut-être de passages murmurés qu’on avait jamais entendus ainsi, mais bien au contraire c’est la fougue de la direction qui étonne (qu’on écoute l’orage de l’ouverture, foudroyant) et les sonorités coupantes des cuivres, la fièvre, les contrastes acérés, une palette de sonorités graves à faire trembler les murs, une lisibilité des textures orchestrales glorifiée par une stéréophonie débridée, et une attention aux menus détails de l’orchestration, ainsi la clarinette basse préludant à la dernière scène et le consort de bois et cordes accompagnant l’auto-plaidoyer de Brünnhilde et la réponse troublée de Wotan.</p>
<p>Oui, en effet, la limpidité de Crespin, ces pianissimos diaphanes, cette ligne de chant souveraine, la tendresse de cette scène d’amour père-fille, et puis cette tristesse éternelle (« meine ewige Trauer ») que Stewart dit avec une douleur si intériorisée, cette compréhension profonde (« Du folgtest selig des Liebe Macht &#8211; Tu t’es soumise au pouvoir de l’amour »), leur intimité bouleversante, tout cela méritait cet accompagnement attentif, voluptueux, pointilliste.</p>
<p>Un orchestre qui se fait tempétueux, immense, au moment du « Leb’wohl », puis apaise ses houles de cuivres pour un déchirant adieu de Wotan aux yeux de sa fille et un « letztem Kuss » immatériel.</p>
<p>L’entrelacement des motifs, celui du sommeil, celui des adieux, sera d’une douceur enivrante, le temps s’arrêtera, tout ne sera que pure musique (et Berlin plus somptueux que jamais) avant que les Traités ne rompent le charme, que surgissent les flammes, et qu’apparaisse Siegfried aux trombones. Magique !</p>
<p><em>Richard Wagner : </em>Die Walküre<em>, WWV 86B &#8211; Gundula Janowitz (Sieglinde), Régine Crespin (Brünnhilde), Josephine Veasey (Fricka), Jon Vickers (Siegmund), Thomas Stewart (Wotan), Martti Talvela (Hunding) &#8211; Berliner Philharmoniker &#8211; Herbert von Karajan.  Enregistré à la Jesus-Christus-Kirche, Berlin, août, septembre, décembre 1966. DGG, 1967</em></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><a href="https://www.forumopera.com/dossier/la-discotheque-ideale-de-lart-lyrique/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="355" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/vers-la-discotheque-ideale-2-1024x355.png" alt="" class="wp-image-207785"/></a></figure>
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		<title>À Monte-Carlo, un Sokolowski peut en cacher  un autre</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/a-monte-carlo-un-sokolowski-peut-en-cacher-un-autre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Jan 2026 13:47:52 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=207135</guid>

					<description><![CDATA[<p>Révélé au public français avec son Captain Vere dans The Story of Billy Budd, sailor cet été à Aix-en-Provence et magnifique Parsifal au pied levé avec l&#8217;Opéra des Flandres quelques mois plus tard, Christophe Sokolowski participait à la première de Die Walküre à l&#8217;Opéra de Monte-Carlo vendredi dernier. Le jeune ténor américain n&#8217;était toutefois pas &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Révélé au public français avec son Captain Vere dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/britten-leith-the-story-of-billy-budd-sailor-aix/"><em>The Story of Billy Budd, sailor</em></a> cet été à Aix-en-Provence et magnifique <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-gand/"><em>Parsifal</em></a> au pied levé avec l&rsquo;Opéra des Flandres quelques mois plus tard, <strong>Christophe Sokolowski</strong> participait à la première de <em>Die Walküre</em> à l&rsquo;Opéra de Monte-Carlo vendredi dernier. Le jeune ténor américain n&rsquo;était toutefois pas sur scène mais&#8230; dans la salle, avec ses parents, venu encourager sa sœur Libby. <a href="https://www.forumopera.com/breve/operalia-2023-deux-francaises-parmi-les-finalistes/">Finaliste d&rsquo;Operalia 2023</a> et intense interprète de Sieglinde, <strong>Libby</strong> <strong>Sokolowski</strong> est assurément une artiste qu&rsquo;il faudra suivre de près. Quel directeur de théâtre aura l&rsquo;idée de programmer ensemble ces deux chanteurs dans les rôles des jumeaux Siegmund et Sieglinde ? Voilà qui consisterait sans doute une première !</p>
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		<title>WAGNER, Die Walküre &#8211; Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Nov 2025 06:51:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour un metteur en scène, l’intérêt du Ring, c’est qu’il laisse le temps de corriger une panne d’inspiration. Mais le problème du Ring, c’est que si cette panne s’éternise, ça se voit davantage. Wagner, avec sa théâtralité au long cours, est à la fois clément et impitoyable : appliqué à ses œuvres, un travail intelligent &#8230;</p>
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<p>Pour un metteur en scène, l’intérêt du <em>Ring</em>, c’est qu’il laisse le temps de corriger une panne d’inspiration. Mais le problème du <em>Ring</em>, c’est que si cette panne s’éternise, ça se voit davantage. Wagner, avec sa théâtralité au long cours, est à la fois clément et impitoyable : appliqué à ses œuvres, un travail intelligent semblera génial, quand un projet inabouti paraîtra parfaitement stupide.</p>
<p>Du<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-paris-bastille/"> <em>Rheingold</em> de <strong>Calixto Bieito</strong></a> en janvier dernier, nous n’avions à peu près rien compris, sinon qu’après les Tétralogies industrielles de Patrice Chéreau et de plusieurs de ses imitateurs moins doués et les Tétralogies futuristes de Harry Kupfer ou de la Fura duels Baus, le metteur en scène espagnol entendait signer la première Tétralogie transhumaniste. Un projet qui se confirme dès le premier acte de cette <em>Walkyrie </em>: située dans un univers apocalyptique, où un arbuste qui a connu des jours meilleurs et la carcasse d’un bélier (l’un de ceux qui sont censés tirer le char de Fricka ?) constituent les seules traces de nature, l’action nous montre des protagonistes cernés par des caméras de surveillance, rongés par la peur, écrasés dans ce décor de Tchernobyl moderne. Au deuxième acte, Wotan règne sur une centre informatique transpercé de câbles qui rappellent le Nibelheilm du mois de janvier, et semble moins se préoccuper de Brünnhilde que du chien robot E-doggy développé par la société Ecotech. Au troisième acte, le même Wotan déconnecte une par une les Walkyries-humanoïdes avant d’isoler Brünnhilde en haut de la gigantesque structure métallique qui fait office de décor principal. Une fois qu’on a dit cela… on a à peu près tout dit. Les personnages restent extraordinairement statiques (tout le duo Siegmund-Sieglinde au I se déroule sur l’espace d’un matelas une place, ça facilite forcément le contact), comme si la grandiloquente laideur de décors post-industriels suffisait encore à donner au spectacle son brevet de subversion. Et lorsqu’une idée survient, elle frappe généralement par son incohérence : Sieglinde annonce à Siegmund que Hunding est endormi pendant que ce dernier se promène dans son salon, Brünnhilde apprend à Sieglinde qu’elle est enceinte alors que les costumiers l’ont dotée d’un ventre de fin de grossesse depuis le milieu de l’acte précédent, Wotan est présenté comme un agresseur sexuel dont Brünnhilde aurait été la victime, sans que rien dans le texte ni dans la musique ne vienne rendre cette trouvaille crédible &#8211; pas plus que la danse de joie qu’il exécute au moment de ses Adieux… En somme, de ce gros brouillon de projet théâtral, on sort avant tout avec la certitude que Calixto Bieito n’est pas plus doué en nouvelles technologies qu’en direction d’acteurs (qu’on m’explique pourquoi les armoires du data center sont remplies de bons vieux classeurs qui ne dépareraient pas sur les étagères de l’inspecteur Derrick).</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/28688-Herwig_Prammer___OnP-La-Walkyrie-25-26-Herwig-Prammer-OnP-2--1294x600.jpg" />© Herwig Prammer</pre>
<p>Heureusement, la partie musicale procure des plaisirs contrastés, ce qui constitue un immense progrès par rapport à la partie scénique. On savait, depuis son Max dans le <em>Freischütz</em> de Weber et son Florestan dans le <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/fidelio-boulogne-billancourt-deconstruit-ou-abouti/"><em>Fidelio</em> </a>de Beethoven, que <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> avait la voix et l’intelligence pour aborder des rôles de plus en plus lourds. Après Londres en mai dernier, il offre à Paris ce Siegmund en version scénique si attendu. Sans forcer ses moyens, avec une apparente facilité qui force l’admiration il fait de l’homogénéité de sa voix et des teintes chaleureuses de son timbre les atouts d’un personnage à la fois juvénile et touchant. Son partenaire londonien, <strong>Christopher Maltman</strong>, remplace ce soir Iain Paterson en Wotan. Là encore, on reste coi devant la transformation vocale de ce chanteur abonné, il y a encore quelques années, au Comte des <em>Noces de Figaro</em>. Rien ne semble contraint pourtant chez ce Wotan certes plus baryton que basse, mais souverainement phrasé, projeté, et joué. Pas aidée par son entrée, où on lui demande de sautiller sur un cheval-bâton, <strong>Tamara Wilson</strong> a les moyens et les notes de Brunnhilde, ce rôle assassin auquel son timbre lacté apporte la jeunesse idoine. Manque encore un soupçon d’abandon pour que le personnage, abordé récemment (l’été dernier à Santa Fe), se révèle dans toute sa fièvre. On s’attendait à n’être qu’enthousiasme pour <strong>Elza van den Heever</strong> et <strong>Günther Groissböck</strong> ; mais il semblerait que la première soit désormais plus à l’aise dans des rôles plus lourds que Sieglinde, dont le lyrisme et la douceur lui échappent en partie (elle sacrifie à un parlando malvenu dans le bas de la tessiture et se rattrape avec un « O hehrstes Wunder » au souffle infini et au volume torrentiel), tandis que le second est apparu en petite forme, exposant la trame d’une voix plus métallique qu’à l’accoutumée. On passera, enfin, sur le chant dépourvu de nuances d’<strong>Eve-Maud Hubeaux</strong> (un certain tempérament n’a jamais fait une Fricka) en saluant un impeccable pupitre de walkyries.</p>
<p>A l’applaudimètre, tout le monde s’incline devant l’Orchestre de l’Opéra de Paris, pourtant pas avare en approximations du côté des cuivres en ce soir de première. Si l’ensemble devrait gagner en précision au fil des représentations, il faudra aussi espérer que la direction de <strong>Pablo Heras-Casado</strong> se fasse plus tendue et dramatique, pour soutenir pleinement les chanteurs qui portent, seuls sur leurs épaules, le poids d’un drame qui finit quand même par toucher. Il y a décidément des œuvres qui résistent à tout !</p>
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		<title>WAGNER, Die Walküre (premier acte) &#8211; Paris, Philharmonie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-premier-acte-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Sep 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Richard Wagner n’a, jusqu’alors, jamais fait partie des compositeurs de chevet de Daniel Harding. Quelques Vaisseau Fantôme à l’Opéra de Vienne, un deuxième acte de Tristan de temps à autre, un prélude de Parsifal en ouverture d’un concert symphonique, résument une relation qui prendra un nouveau tour le mois prochain, à Rome, lors de trois représentations de La Walkyrie lors desquelles &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Richard Wagner n’a, jusqu’alors, jamais fait partie des compositeurs de chevet de <strong>Daniel Harding</strong>. Quelques <em>Vaisseau Fantôme </em>à l’Opéra de Vienne, un deuxième acte de <em>Tristan </em>de temps à autre, un prélude de <em>Parsifal </em>en ouverture d’un concert symphonique, résument une relation qui prendra un nouveau tour le mois prochain, à Rome, lors de trois représentations de <em>La Walkyrie </em>lors desquelles le chef dirigera l’ Orchestre de l’Académie Nationale de Sainte-Cécile, dont il a pris les rênes l’an dernier. Cette semaine, c’est son précédent fief, l’Orchestre de Paris, qui lui offrait l’occasion d’un galop d’essai, avec un Acte I dont on oublie bien vite qu’il est en version de concert. Cursif, acéré, d’une ardeur noire, le prélude nous plonge d’emblée au cœur de cette tempête dont Siegmund s’extrait tant bien que mal, jaillissant des coulisses. Et le travail d’orfèvre réalisé par Daniel Harding, ces plans sonores sculptés avec style, ces leitmotive qui processionnent fièrement, n’a jamais le défaut d’étouffer sous le brillant la sève du théâtre. Il n’y a qu’à entendre le silence solennel qui accueille la première occurrence du thème de Wotan, l’énoncé au violoncelle de celui de l’amour, la fièvre qui empoigne la scène finale, impérieuse comme le sera bientôt l’étreinte des amants. Si les cuivres semblent, au tout début, en retrait par rapport aux cordes et aux percussions, l’ensemble s’harmonise très vite et l’on ne tarde pas à comprendre que nous sommes aujourd&rsquo;hui en présence d’un Orchestre de Paris des grands soirs – et qu’un Orchestre de Paris des grands soirs, c’est tout simplement l’un des meilleurs orchestres qui soient ! Toute cette vie ne peut que profiter aux chanteurs qui se passent ce soir de partitions, du pupitres et de chaises pour mieux incarner leurs personnages. Voix immense et présence à l’avenant, <strong>Stephen Milling</strong> est bien, dès son entrée sur scène, ce Hunding aussi inquiétant que suffisant, sûr de son droit à disposer, qu’il s’agisse de ses vassaux, de ses ennemis et de sa femme. Le Siegmund de <strong>Jamez McCorkle</strong> n’a que le défaut de ne pas atteindre un tel niveau de caractérisation scénique et vocale. Quelques semaines après ses débuts dans le rôle, l’été dernier au Festival de Santa Fe, le ténor américain, très engagé sur scène, dévoile un timbre aux teintes barytonales et chaleureuses, mais accuse également quelques soucis d’intonation, et un allemand exotique ; il va cependant crescendo au fil de la soirée, se montrant plus à l’aise dans les élans amoureux que dans le récit de sa longue errance. Sa Sieglinde est donc l’une des nouvelles coqueluches du chant wagnérien, récente Ortrud à Bayreuth et future Brünnhilde de l’Opéra de Bavière. <strong>Miina-Lisa Värelä</strong> a une voix qui impressionne par son volume davantage qu’elle séduit par son timbre, plutôt métallique. Mais l’aisance avec laquelle cette Sieglinde tient tendu l’arc de son récit (« Der Männer Sippe »), les nuances qu’elles instillent dans ses répliques à son frère jumeau, le naturel enfin de l’émission, forcent l’admiration.</p>
<p>En ouverture de programme, Daniel Harding avait programmé des pièces fortement évocatrices de la nature, de ses couleurs et de ses lumières. Comme une annonce de l’éveil du printemps que décrit Siegmund ? Le lever de soleil de l’ouverture de <em>Khovanchtchina </em>se déploie bel et bien devant nous, grâce au dosage savant des bois et des cuivres que Daniel Harding organise subtilement, rendant justice à la poésie de Moussorgski davantage qu’à sa force tellurique. Dans cet espèce d’orage qui couve sans jamais éclater vraiment qu’est <em>Tapiola</em>, l’orchestre frappe d’emblée par son engagement, la vivacité de ses coups d’archet, l’impact foudroyant des percussions. Profondément théâtral, le Sibelius de Daniel Harding annonçait déjà son Wagner – et partant, le triomphe d’une soirée conclue sous les ovations.</p>
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		<title>WAGNER, Die Walküre &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le rideau se lève sur la première journée du Ring après un prologue décevant hier. La Walkyrie s’ouvre sur un orchestre (aux cuivres un peu grinçants en cette fin d’après-midi encore chaude) censé figurer les éléments déchaînés et dont tous les pupitres semblent sous tranquillisants. Une impression qui durera jusqu’à la fin de l’acte II, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">Le rideau se lève sur la première journée du Ring après un prologue décevant hier.<br />
La Walkyrie s’ouvre sur un orchestre (aux cuivres un peu grinçants en cette fin d’après-midi encore chaude) censé figurer les éléments déchaînés et dont tous les pupitres semblent sous tranquillisants. Une impression qui durera jusqu’à la fin de l’acte II, même si le violoncelle solo ravit l’oreille. Simone Young ralentit à l’excès les tempi, creuse lourdement les silences et retire à l’orchestre sa carrure franche, l’efficacité de son assise grave, l’expression de l’urgence d’une situation de crise dans la demeure de Hunding. On attendra en vain le crescendo tragique. Certes nombre d’échanges muets sont notés sur la partition mais il faut raison garder. Heureusement les chanteurs sont sensationnels. Le Hunding de <strong>Vitalij Kowaljow</strong> est inquiétant à souhait. Sa présence scénique comme son médium grave connotent parfaitement la sauvagerie idoine du personnage. Au lever du rideau il a d’ailleurs déjà mis enceinte Sieglinde dans un décor sordide (où une table à repasser rivalise avec une énorme racine qui évoque un radis noir géant ou une Ipieuvre). Si nous suivons <strong>Valentin Schwarz</strong>, Siegfried serait donc le fils du barbare Hunding. L’éternel thème des pères et des frères ennemis, malades, qui contaminent toute une descendance est bien pratique à reprendre quand on n’a pas grand chose à dire. La Sieglinde de <strong>Jennifer Holloway</strong> a la puissance et la classe des vraies <em>Dramatische Soprane</em> mais doit recourir un peu trop au vibrato dans la deuxième partie du duo formé avec Siegmund, celui de l’amour. Elle demeure une héroïne wagnérienne de haut vol car il lui faut affronter l’extraterrestre Siegmund de <strong>Michael Spyres</strong>. Son premier récit d’une vie vouée au malheur puis ses interminables « Wälse » dans « Ein Schwert verhiess mir der Vater » sont tout simplement incroyables. Le système de respiration de ce chanteur demeure une énigme, outre sa parfaite technique, sa déclamation d’une plénitude ronde, brillante, aux couleurs admirables sur toute sa (vaste) tessiture. Outre sa projection et sa puissance de <em>Heldentenor</em>, il incarne superlativement ce belcanto wagnérien si rarement rendu par ses collègues – avec toutes ces nuances, ces couleurs, ces émotions. Son Siegmund fait oublier les partis pris toujours aussi surprenants (pour ne pas dire plus) de la mise en scène : l’épée Notung est ici un revolver de pacotille et une lampe en forme de pyramide (déjà présente au Prologue) encombre les chanteurs – alors qu’un autre décor bourgeois aux rideaux bleu blanc rouge (tiens donc) descend des cintres, dessinant l’avenir plan plan en tant que couple des deux jumeaux de Wotan. La photo de Siegfried (ce serait la vraie photo de Klaus Florian Vogt adolescent) les accompagne.<br />
Le deuxième acte vérifie nos pires craintes. Wotan libidineux, incestueux (il descendra la petite culotte rose de Sieglinde à la fin de l’acte), corrupteur, fait rentrer de force dans la SARL familiale Brünnhilde la rebelle (elle arrive accoutrée en influenceuse au style disco et texan accompagnée par son assistant personnel Grane puis enfile le costume du Directoire de l’entreprise tendu par Fricka, autre âme noire dans cette vision schwarzienne). Avec les « Hoïotoho ! Heiaha ! Heïahaïa ! Hoïoho ! » (les allitérations et assonances les plus célèbres de l’art lyrique), le cri de victoire de la Walkyrie de <strong>Catherine Foster</strong> donne à entendre des vocalises certes dardées mais avec une montée prudente vers le contre-ut. Son débat et les mises au point avec le Wotan de <strong>Tomasz Konieczny</strong> (toujours sur la crête, entre incertitude de la tenue de la ligne et expressivité, quoi qu’il en soit impressionnant dans son rôle de monstre) nous semblera bien long. Idem quant au monologue de Wotan et son affrontement avec Fricka, au récitatif peu passionnant. Le retour du Siegmund de Michael Spyres face à Brünnhilde (très belle performance de Catherine Foster) dans la scène de la « Todesverkündigung » (ou annonce de la mort) enflamme enfin le plateau. Pendant que des domestiques nettoient l’argenterie dans la villa des ploutocrates (où veille toujours Fricka, une <strong>Christa Mayer</strong> quasiment déguisée en sapin de Noël, ayant ainsi révélé son tempérament avide), Sieglinde tente de s’avorter elle-même dans l’espace côté cour où les amants ont fui. Mais Siegmund est son gardien. Son refus du destin que lui a réservé son père restera lettre morte. Les musiciens de l’orchestre se révèlent brillants malgré la direction trop souvent soporifique de Simone Young. Peu de vertige ici hélas alors que cet acte des retournements et des renoncements devrait musicalement creuser le drame et emporter le spectateur.<br />
Et soudain un miracle s’accomplit. Un sublime troisième acte enflamme les cœurs et les esprits. Si les sœurs de Brünnhilde sont des bourgeoises sorties d’une clinique de chirurgie esthétique, signe de leur corruption dans l’univers de Wotan, la rebelle a retrouvé son costume de chanteuse rock en sauvant l’enfant de Sieglinde (cet enfant étant possiblement le fils de Wotan et non de Hunding si l’on en croit l’acte II).<br />
L’affrontement entre Wotan, soudain grand, avec sa fille, Catherine Foster extraordinaire Brünnhilde au chant d’airain et aux nuances émouvantes sur la scène nue de l’espace dévolu aux révélations, se hisse au niveau des plus beaux duos wagnériens. Tomasz Konieczny se révèle soudain immense, déchirant, réussissant à remplacer ce chant poitriné duquel il a jusqu’ici abusé pour livrer le plus beau des épanchements lyriques dans son adieu à cette fille, qui s’est libérée de son emprise malfaisante. Le baryton polonais transforme le plomb en or, fait de sa fragilité une force d’émotion rare, secondé par un orchestre idéal aussi. Tempi parfaits, superbe fondu-enchaîné des solistes (bois, cuivres, cor anglais), puis les profonds appels à Loge du feu transcendent la grossière vision de Valentin Schwarz. La grandeur tragique advient aussi dans la fosse.<br />
Seul élément positif de la proposition scénique : la couverture indienne qui couvrait les épaules de Freia dans « Rheingold » (gardienne de la jeunesse des dieux avec ses pommes d’or), passée par Siegmund sur les épaules de Sieglinde au deuxième acte de la Première journée, est donnée à Brünnhilde dans ce finale grandiose. La malédiction sera donc abolie par les femmes.</p>
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