<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Frédégonde - Oeuvre - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/oeuvre/fredegonde/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/oeuvre/fredegonde/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 23 Sep 2024 08:20:40 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Frédégonde - Oeuvre - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/oeuvre/fredegonde/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Pene Pati, Nessun dorma</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pene-pati-nessun-dorma/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Sep 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=172269</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après un magnifique album publié en 2022 enregistré alors qu&#8217;il était encore relativement peu connu, Pene Pati nous revient avec ce nouveau programme tout autant diversifié. Le ténor samoan nous offre ici un mélange de tubes du répertoire (dont certains un peu oubliés) et de véritables raretés. Le CD s&#8217;ouvre avec un superbe « Nessun dorma &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pene-pati-nessun-dorma/"> <span class="screen-reader-text">Pene Pati, Nessun dorma</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pene-pati-nessun-dorma/">Pene Pati, Nessun dorma</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pene-pati-pene-pati-ou-le-soleil-du-pacifique/">un magnifique album publié en 2022</a> enregistré alors qu&rsquo;il était encore relativement peu connu, <strong>Pene Pati</strong> nous revient avec ce nouveau programme tout autant diversifié. Le ténor samoan nous offre ici un mélange de tubes du répertoire (dont certains un peu oubliés) et de véritables raretés. Le CD s&rsquo;ouvre avec un superbe « Nessun dorma » mettant parfaitement en valeur le timbre chaud et rayonnant du chanteur. La projection actuelle de la voix de Pene Pati lui interdirait de chanter <em>Turandot</em> à la scène, mais, face à un micro, le résultat est convaincant. L&rsquo;interprétation est d&rsquo;une belle poésie. Le phrasé est presque impeccable : on regrettera toutefois quelques libertés rythmiques (une note trop longue, une autre trop courte : ce ne sera pas le seul air concerné par cette observation), comme s&rsquo;il manquait une ou deux prises supplémentaires pour arriver à un résultat optimal. Pene Pati interprètera <em>Faust</em> à l&rsquo;Opéra-Bastille à compter du 25 septembre et il sera intéressant de comparer l&rsquo;expérience de la scène et celle du disque. Le français est quasiment parfait. La musicalité du chanteur est impeccable, usant à bon escient de la voix mixte et du registre de poitrine. Le contre-ut final de la cavatine est terminé d&rsquo;un magnifique <em>morendo</em>. Cette musicalité est doublée de celle d&rsquo;<strong>Emmanuel Villaume</strong> à la tête de l&rsquo;Orchestre national Bordeaux-Aquitaine, qui offre un accompagnement original et raffiné. Le chef français dirigera ce même ouvrage à l&rsquo;Opéra-Bastille. Toujours tiré de <em>Faust</em>, nous entendons ici pour la première fois l&rsquo;allegro (presque une cabalette) qui devait à l&rsquo;origine suivre la cavatine. Il s&rsquo;agit a priori du premier enregistrement mondial de cet air, particulièrement excitant, mais qui fut coupée lors des répétitions : objectivement, il aurait brisé l&rsquo;harmonie générale de l&rsquo;acte. Toutefois, la page en question, qui démarre avec la même musique que <a href="https://youtu.be/kkxV9I7DXdY?t=8690">celle qui accompagne l&rsquo;arrivée dans la prison de Faust et Mephisto au dernier acte</a> est <em>diablement</em> excitante et Pati en offre une interprétation énergique, couronnée d&rsquo;un long contre-ut. L&rsquo;air de Des Grieux de la <em>Manon</em> de Massenet est d&rsquo;une belle poésie, avec là encore un magnifique jeu sur la voix mixte et le registre de poitrine. Toutefois, les aigus manquent un peu de soutien. L&rsquo;intelligence donnée au mot est remarquable. Pour l&rsquo;anecdote, l&rsquo;intervention parlée du sacristain, effet typique d&rsquo;opéra-comique, est intelligemment rétablie (mais pas son intervention finale). Le Duo des cerises de <em>L&rsquo;Amico Fritz</em> fut longtemps une page célèbre, mais est tombée dans l&rsquo;oubli depuis quelques décennies, de même que l&rsquo;ouvrage : Pene Pati et <strong>Amina Edris</strong>, son épouse à la ville, l&rsquo;interprètent avec justesse et simplicité. Le duo de <em>Macbeth</em>, « Dove siam? (&#8230;) La patria tradita <span style="font-size: 16px;">», est l&rsquo;occasion pour Pene Pati d&rsquo;être rejoint cette fois par son frère <strong>Amitai Pati</strong> : le court morceau est plein d&rsquo;énergie grâce à l&rsquo;impulsion martiale d&rsquo;Emmanuel Villaume mais il y aurait peu de chance que le rendu soit aussi réussi à la scène, celle-ci réclamant des voix davantage projetées, celles de<em> lirico-spinto</em>. Fort bien chanté et parfaitement articulé, «<span style="font-size: 16px; font-style: normal;"> Nature immense</span> » extrait de <em>La damnation de Faust </em>manque un peu de romantisme. « Pourquoi me réveiller » de </span><em>Werther</em> est lui aussi chanté avec goût mais ses aigus sont un brin trémulants, Pati ayant clairement plus de difficultés à émettre un la dièse stable qu&rsquo;un contre-ut spectaculaire : on a déjà pu le constater à la scène, mais cela surprend dans un enregistrement commercial. Là encore on saluera le talent du chef qui ne se contente pas ici d&rsquo;un simple rôle d&rsquo;accompagnateur. Le délicieux « Seul sur la terre » extrait de <em>Dom Sébastien, roi du Portugal</em> est une autre pépite de cet enregistrement, interprété avec une belle musicalité, et des suraigus (ut et ut dièse) superbes. « Che gelida manina » de <em>La Bohème </em>est un peu expédié, alors qu&rsquo;on aurait imaginé le chanteur ici plutôt dans son élément : même le contre-ut final déçoit par son manque de stabilité. Autre pépite avec le duo de ténors, « Non sai tu che non avrai più del ciel » extrait du rare <em>Il Bravo</em> de l&rsquo;injustement oublié Saverio Mercadante, composition entre Donizetti et le Verdi de jeunesse, interprétée avec toute l&rsquo;urgence nécessaire. On ne se souvient plus guère d&rsquo;Ernest Guiraud, sinon en tant que compositeur des excellents récitatifs de <em>Carmen</em>, de l&rsquo;orchestration des <em>Contes d&rsquo;Hoffmann</em>, voire des suites symphoniques de <em>L&rsquo;Arlésienne</em>. Ernest Guiraud était aussi compositeur mais, par une cruelle ironie de l&rsquo;histoire, il ne put achever son dernier ouvrage, <em>Frédégonde</em>. Camille Saint-Saëns se chargera des trois derniers actes, dans son style propre toutefois. Si la voix d&rsquo;Amina Edris manque un peu de largeur pour le rôle, cet exceptionnel duo tiré de l&rsquo;acte II donne clairement envie d&rsquo;entendre l&rsquo;ouvrage en entier ! Pati est décidément à son aise dans le Donizetti français, avec un extrait de <em>La Favorite</em> conjuguant les styles français et italien. Superbement chanté, « Tombe degli avi miei » de <em>Lucia di Lammermoor </em>souffre d&rsquo;un si naturel final peu stable. A ce stade de l&rsquo;écoute, on ressent aussi un certain sentiment de monotonie, comme si trop d&rsquo;intentions musicales finissaient par donner le sentiment d&rsquo;un chant un brin affecté, alors que les morceaux de bravoure se réécoutent avec de plus en plus de plaisir. Sans être véritablement verdienne, l&rsquo;interprétation de « Ah, la paterna mano » de <em>Macbeth</em> est d&rsquo;une belle émotion. Le trio de <em>La Juive</em>, « Tu possèdes, dit-on, un joyau magnifique » est une curieuse façon de terminer l&rsquo;album : Amina Edris est un peu dépassée et la voix de Pati est a priori plutôt celle du rival Léopold que celle d&rsquo;Éléazar, même si la typologie vocale du créateur, Adolphe Nourrit, reste difficile à imaginer. Les courtes interventions du chœur sont excellentes, l&rsquo;orchestre est impeccable et la direction d&rsquo;Emmanuel Villaume est un atout non négligeable à cet enregistrement, séduisant malgré quelques faiblesses. On apprécie de le réécouter plusieurs fois, en particulier pour les pages moins connues qu&rsquo;on aimerait entendre régulièrement sur les grandes scènes. La diversité, c&rsquo;est aussi la programmation.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pene-pati-nessun-dorma/">Pene Pati, Nessun dorma</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>GUIRAUD, Frédégonde — Tours</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/fredegonde-tours-fremissante-fredegonde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jun 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/fremissante-fredegonde/</guid>

					<description><![CDATA[<p>La postérité n’aura retenu d’Ernest Guiraud que sa tâche d&#8217;arrangeur de Carmen : c’est lui qui, après la mort de Bizet, en substituant des récitatifs chantés aux passages dialogués, permit la diffusion de l’œuvre au-delà des murs de l’Opéra Comique, en France et à l’étranger. On sait aussi qu’il acheva l’orchestration des Contes d’Hoffmann, laissée &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/fredegonde-tours-fremissante-fredegonde/"> <span class="screen-reader-text">GUIRAUD, Frédégonde — Tours</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/fredegonde-tours-fremissante-fredegonde/">GUIRAUD, Frédégonde — Tours</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La postérité n’aura retenu d’Ernest Guiraud que sa tâche d&rsquo;arrangeur de<em> Carmen </em>: c’est lui qui, après la mort de Bizet, en substituant des récitatifs chantés aux passages dialogués, permit la diffusion de l’œuvre au-delà des murs de l’Opéra Comique, en France et à l’étranger. On sait aussi qu’il acheva l’orchestration des <em>Contes d’Hoffmann</em>, laissée en suspens au moment de la mort d’Offenbach. Mais ses propres œuvres lyriques sont toutes tombées dans l’oubli, alors qu’elles furent de son vivant très appréciées, comme <em>Piccolino</em>, créé à l’Opéra Comique en 1876.</p>
<p>Quand Guiraud meurt en 1892, il laisse à son tour un opéra inachevé, <em>Frédégonde</em>, dont il n’a composé que les deux premiers actes et une bonne partie du troisième. Comme cela se faisait donc assez souvent à l’époque – Bizet finit <em>Noé</em> d’Halévy, Massenet <em>Kassya</em> de Delibes et Coquart <em>La Jacquerie</em> de Lalo – Saint-Saëns se chargea de composer les deux derniers actes et demanda à Paul Dukas, jeune et prometteur élève de Guiraud, d&rsquo;orchestrer les trois premiers. Cela parut somme toute assez logique, dans la mesure où Louis Gallet avait écrit le livret de <em>Frédégonde</em> pour Saint-Saëns, avant que celui-ci ne se désintéresse du projet et le propose à son ami Guiraud.</p>
<p>Le livret de <em>Frédégonde</em> met en scène des personnages historiques véritables, issus de l&rsquo;époque mérovingienne. Le goût pour les sujets médiévaux est alors assez répandu : <em>Sigurd </em>de Reyer, <em>Gwendoline</em> de Chabrier, <em>Fervaal </em>de d&rsquo;Indy, <em>Lancelot </em>de Joncières ou bien encore <em>Le Roi Arthus </em>de Chausson puisent leur inspiration dans un premier millénaire fantasmé, époque suffisamment éloignée chronologiquement pour que l&rsquo;imaginaire cède le pas à l&rsquo;exactitude historique et dont la barbarie supposée permet le développement d&rsquo;intrigues violentes. La reine Brunhilda, qui donnait originellement donner son nom à l&rsquo;œuvre, mais qui céda ce privilège à sa rivale Frédégonde, au nom moins wagnérien, est capturée à Paris à la fin du premier acte par Hilpéric, roi de Neustrie, et son épouse Frédégonde. Brunhilda et son geôlier Mérowig, fils d&rsquo;un premier mariage d&rsquo;Hilpéric, tombent amoureux et décident de tenir tête au pouvoir d&rsquo;Hilpéric et de Frédégonde. Cette dernière parvient à influencer son époux et à discréditer Mérowig qui est condamné à la fin de l&rsquo;ouvrage à se retirer dans un cloître et donc à renoncer au trône au profit des fils de Frédégonde. Le prince Mérowig se suicide dans les bras de Brunhilda tandis que Frédégonde triomphe. </p>
<p>Il peut sembler assez paresseux d&rsquo;affirmer que l&rsquo;œuvre présente une nette discontinuité mais, de fait, l&rsquo;entracte étant placé entre le troisième et le quatrième acte, soit entre ce qu&rsquo;a composé Guiraud (orchestré par Dukas) et ce qu&rsquo;a composé Saint-Saëns, on ne peut que rapporter l&rsquo;impression d&rsquo;avoir à faire à deux ouvrages complètement différents. La partition de Guiraud, richement orchestrée par Dukas, fait la part belle au pittoresque, au développement de vastes tableaux assez statiques et son organisation se fait à partir de thèmes mélodiques et de motifs définis, selon une logique presque wagnérienne. L&rsquo;orchestration de Dukas procure une sensation étrange et paradoxale de finesse grandiloquente. La partie de Saint-Saëns, quant à elle, est plus efficace et saisissante dramatiquement, tout en étant en un sens plus conventionnelle, en concentrant le drame dans des lignes vocales aux contours nets et des schémas harmoniques plus classiques. Le superbe IV<sup>e</sup> acte est constitué seulement d&rsquo;un long duo entre Frédégonde et Hilpéric, d&rsquo;une inspiration élevée, dont la richesse tient autant à ses bribes de mélodies exaltées qu&rsquo;à son écriture vocale très expressive, rappellant celle du Grand Opéra à la Meyerbeer ou Halévy. Loin d&rsquo;apparaître comme un défaut de fabrication, cette division franche de l&rsquo;œuvre prend aussi sens dramaturgiquement : quand l&rsquo;action se précipite, la musique et le drame se resserrent. </p>
<p>On ne peut que rendre grâce à <strong>Laurent Campellone</strong> d&rsquo;avoir choisi de ressusciter cette œuvre, qui n&rsquo;est pas un chef-d&rsquo;œuvre absolu, mais qui est bien loin de mériter l&rsquo;oubli dans lequel le temps l&rsquo;a plongée. Présentée à Dortmund en novembre dernier en version semi-scénique, diffusion en streaming à l&rsquo;appui, l&rsquo;œuvre ne bénificiait pas alors de la même probité stylistique que celle que nous ont offert le nouveau directeur de l&rsquo;Opéra de Tours et son équipe d&rsquo;interprètes rompus au style français. On peut s&rsquo;interroger en passant sur l&rsquo;absence de micros lors des représentations tourangelles et regretter que nulle trace n&rsquo;en soit gardée, alors que le Palazzetto Bru Zane était associé à l&rsquo;événement&#8230;</p>
<p>Le rôle titre n&rsquo;est pas vraiment le rôle principal, puisqu&rsquo;il n&rsquo;apparaît qu&rsquo;à la fin de l&rsquo;acte I et aux actes IV et V (on peut remarquer d&rsquo;ailleurs que le livret ne ménage quasiment aucune confrontation entre les personnages des camps opposés : tous agissent chacun de leur côté). Il est tenu avec beaucoup d&rsquo;aplomb et de métier par <strong>Kate Aldrich</strong>, dont la voix présente quelque trace d&rsquo;émaciement, que font oublier totalement son intense engagement dramatique et sa musicalité racée. Elle contribue à faire de l&rsquo;acte IV l&rsquo;acmé de la représentation, en se plongeant à corps perdu dans la noirceur du rôle de Frédégonde, traduite par l&rsquo;usage expressif de la voix de poitrine. Face à elle, la Brunhilda d&rsquo;<strong>Angélique Boudeville</strong> fait montre d&rsquo;une santé vocale resplendissante : la jeune soprano possède une voix véritablement lyrico-dramatique, puissante et souple, et un timbre riche et moelleux. Visiblement blessée (elle se tenait sur scène avec une béquille), on ne saurait lui en vouloir de faire preuve de réserve et de prudence. Mais sa diction relâchée qui ne différencie presque aucune voyelle et l&rsquo;absence d&rsquo;appui sur le sens du texte comme moyen d&rsquo;expression sont assez flagrants. Ces quelques imperfections de déclamation améliorées, rien ne saurait l&#8217;empêcher de devenir une chanteuse parmi les plus grandes de sa génération. </p>
<p>En matière de déclamation, <strong>Tassis Christoyannis </strong>demeure un maître incontesté. Le verbe mordant, l&rsquo;émission autoritaire, l&rsquo;engagement saississant font de lui un Hilpéric idéal, dont il sait faire apparaître tant la douceur amoureuse que sa puissance de roi, grâce à une assise grave aussi pleine que tendre et un registre aigu incisif et brillant. <strong>Florian Laconi</strong><em> </em>possède lui aussi les moyens adéquats pour le rôle de Mérowig, qui demande un ténor autant lyrique qu&rsquo;héroïque. Le poète Fortunatus est au contraire un pur emploi de ténor lyrique et <strong>Artavazd Sargsyan</strong> y déploie ses qualités de coloristes. D&rsquo;une grande souplesse dans la conduite de la ligne, posée sur un timbre clair et soyeux, il donne à son air du premier acte un relief captivant. Nous découvrions la basse<strong> Jean-Fernand Setti</strong>, qui est encore au tout début de sa carrière, et le naturel de l&rsquo;émission vocale est absolument remarquable. Il est extrêmement rare de pouvoir apprécier une voix grave à la fois aussi bien projetée et aussi exempte d&rsquo;artifices, pour qui chanter semble aussi évident que parler. Il confère au rôle de l&rsquo;évèque Prétextat une grandeur et une humanité déconcertantes. Un artiste à suivre de près, assurément !</p>
<p>Nul besoin pour <strong>Laurent Campellone </strong>de justifier verbalement son choix de redonner <em>Frédégonde</em> : sa direction orchestrale est la plus évidente manifestation de son amour pour l&rsquo;œuvre ! À la tête d&rsquo;un <strong>Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours</strong> en bonne forme, il met en valeur les délicatesses de l&rsquo;orchestration de Dukas et les couleurs de celle de Saint-Saëns. Là un savoureux cor anglais donne une teinte étrange et mélancolique à une phrase, là des cuivres enragés chargent de violence une scène entière. Soucieux de donner à l&rsquo;ensemble une cohérence qui ne va pas forcément de soi, sa direction insuffle à la partition une urgence dramatique qui s&rsquo;appuie autant sur de grandes tensions entre des scènes éloignées que sur des accents ponctuels, qui donnent relief et puissance à une situation.</p>
<p>Intervenant dans une scène de prière pleine de charme au troisième acte, la <strong>Maîtrise du Conservatoire à Rayonnement Régional de Tours</strong> fait preuve d&rsquo;une belle homogénéité d&rsquo;ensemble. Insuffisamment nombreux pour rendre justice à la partition de Saint-Saëns et Guiraud, le <strong>Chœur de l&rsquo;Opéra de Tours</strong> est renforcé par des membres du <strong>Chœur de l&rsquo;Opéra National du Capitole de Toulouse</strong>. Ils défendent ensemble avec droiture et chaleur une partition qui fait la part belle au chœur dans le premier et le troisième acte. </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/fredegonde-tours-fremissante-fredegonde/">GUIRAUD, Frédégonde — Tours</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Frédégonde, exhumation d&#8217;un opéra saignant</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/fredegonde-exhumation-dun-opera-saignant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Apr 2021 08:29:59 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/fredegonde-exhumation-dun-opera-saignant/</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Guiraud naguère ayant donné tous ses soins à l’Ascanio de M. Saint-Saëns alors parti pour les pays lointains, M. Saint-Saëns a pieusement terminé la dernière œuvre de Guiraud, parti pour les pays d’où l’on ne revient pas. », racontait le critique musical Camille Bellaigue en janvier 1896 peu de temps après la création de Frédégonde à &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/fredegonde-exhumation-dun-opera-saignant/"> <span class="screen-reader-text">Frédégonde, exhumation d&#8217;un opéra saignant</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/fredegonde-exhumation-dun-opera-saignant/">Frédégonde, exhumation d&rsquo;un opéra saignant</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Guiraud naguère ayant donné tous ses soins à l’<em>Ascanio</em> de M. Saint-Saëns alors parti pour les pays lointains, M. Saint-Saëns a pieusement terminé la dernière œuvre de Guiraud, parti pour les pays d’où l’on ne revient pas. », racontait le critique musical Camille Bellaigue en janvier 1896 peu de temps après la création de <em>Frédégonde</em> à Paris. Le centenaire de la mort de Saint-Saëns devait servir de prétexte à l’exhumation par le Palazzetto Bru Zane de cet opéra en 5 actes et à 6 mains (composée par Ernest Guiraud, la partition en fut achevée par Camille Saint-Saëns et orchestrée en grande partie par Paul Dukas, lui-même élève de Guiraud).</p>
<p>C’était sans compter avec la pandémie de COVID-19 qui a bousculé le projet initial. Aux trois représentations prévues ce mois de mai à Dortmund s’est substituée la réalisation par la metteuse en scène <strong>Marie-Ève Signeyrole</strong> d’un film opéra. Le Château de Bodelschwingh, dans les environs de Dortmund, sert de cadre à l’affrontement sans merci d’un père maléfique (Hilpéric, baryton) et de son rejeton ( Mérowig, ténor). Sur son <a href="https://www.instagram.com/romanovskyser/?hl=fr">compte Instagram</a>, <strong>Sergey Romanovsky</strong>, qui interprète le rôle du fils rebelle en remplacement de Pene Pati, partage quelques images sanglantes du tournage. Toute ressemblance avec <em>Salome</em> serait d’autant plus fortuite que l’opéra devait initialement s’intituler <em>Brunhildaa</em>. On lui préféra finalement le titre de <em style="font-size: 14px;">Frédégonde</em> afin d&rsquo;éviter toute confusion avec le <em>Ring</em> de Wagner.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/fredegonde-exhumation-dun-opera-saignant/">Frédégonde, exhumation d&rsquo;un opéra saignant</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
