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	<title>Giulio Cesare in Egitto - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 15 Mar 2026 08:22:50 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Giulio Cesare in Egitto - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>HAENDEL, Giulio Cesare in Egitto &#8211; Zurich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-giulio-cesare-in-egitto-zurich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Mar 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sans nul doute, dans quelques années, on se souviendra encore de deux lamentos inoubliables par Cecilia Bartoli et d’un autre, non moins virtuose, par Carlo Vistoli, highlights vocaux de ce Giulio Cesare zurichois et moments saillants d’une très belle et très amusante production, mise en scène avec du pep et beaucoup d’invention par Davide Livermore &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Sans nul doute, dans quelques années, on se souviendra encore de deux lamentos inoubliables par <strong>Cecilia Bartoli</strong> et d’un autre, non moins virtuose, par <strong>Carlo Vistoli</strong>, <em>highlights</em> vocaux de ce <strong>Giulio Cesare</strong> zurichois et moments saillants d’une très belle et très amusante production, mise en scène avec du pep et beaucoup d’invention par <strong>Davide Livermore</strong> et dirigée superbement par <strong>Gianluca Capuano.</strong> On se souviendra aussi d’une <strong>Anne Sophie Von Otter</strong> n’ayant rien perdu de son art du chant et d’un<strong> Max Emanuel Cenčič</strong> particulièrement en verve. Ça fait beaucoup de choses, donc recommençons par le début.</p>
<p>À l’instar de Haendel et de son librettiste Nicola Francesco Haym, Davide Livermore ne s’occupe guère d’une lecture politique de l’intrigue, ce qui d’ailleurs dans le contexte actuel serait périlleux. Il en fait une fantaisie égyptienne, à la <em>Mort sur le Nil</em> (on y pense <em>volens nolens</em>) mâtinée d’une touche de <em>Cigares du Pharaon</em>. Peut-être parce que le spectacle est né en janvier 2024 à l’Opéra de Monte-Carlo (dont <strong>Cecilia Bartoli</strong> est la directrice), on s’embarque pour une croisière de carte postale.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/giulio_cesare_in_egitto_c_monika_rittershaus_110-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-209977"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Cecilia Bartoli © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Une croisière de charme</strong></h4>
<p>Très beau décor de coursives et d’escaliers métalliques, d’un blanc immaculé. On est sur un de ces bateaux qui descendent le Nil jusqu’à Assouan, celui-ci est le <em>Tolomeo</em> (à la fin de l’histoire après quelques complots et assassinats, il sera rebaptisé <em>Cesare</em>).</p>
<p>Et tandis que retentit la vigoureuse ouverture à la française par l’orchestre <strong>La Scintilla</strong>, la formation baroque maison de l’Opéra de Zurich, proposant dès les premières mesures un son à la fois corsé et nerveux sur instruments « d’époque », défile une foule de touristes des « années folles », ou prétendues telles, en canotiers et chapeaux-cloches, croisant sur le quai de départ silhouettes orientales en tarbouches et pantalons bouffants, marins en culottes courtes blanches et un commandant en fringant uniforme bleu marine (Carlo Vistoli, cheveux gominés, plus latin lover que jamais).</p>
<p>Le décor très mobile (de <strong>Giò Forma</strong>) ne cessera de monter dans les cintres et d’en redescendre, permettant de jouer sur plusieurs niveaux et s’ouvrant sur un cyclorama où seront projetées d’incessantes et très belles vidéos, signées <strong>D-Wok</strong>, partenaire attitré de Davide Livermore. Aux belles images en technicolor de désert, de pyramides et de felouques sur le Nil auxquelles on s’attend, succèderont de très fortes images (en noir et blanc) de tempête, de vagues gigantesques, d’explosions, d’incendies, et même de bataille aérienne. De drame en un mot.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/giulio_cesare_in_egitto_c_monika_rittershaus_125-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-209982"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Carlo Vistoli et Cecilia Bartoli © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>La violence des passions</strong></h4>
<p>Autrement dit, ce contraste très visuel entre d’un côté l’aimable croisière « de charme » du début (à quoi s’ajoutera une extravagante fête hollywoodienne au deuxième acte) et de l’autre les images brutales d’une nature déchaînée, sera la métaphore d’une lecture de ce <em>Giulio Cesare</em> basculant de la satire et de la caricature au drame intime vécu par les protagonistes. De même que la musique de Haendel se grise de pyrotechnies vocales en tous genres pour mieux creuser ensuite les douleurs de l’amour ou celles du deuil.</p>
<p>Davide Livermore, marchant sur les pas d’Agatha Christie, raconte une énigme (qui a tué Pompée ?) sur laquelle vient se greffer un récit d’ambition (celle de Ptolémée), une histoire de vengeance (celle de Cornelia), et surtout une passion amoureuse, contrariée bien sûr, celle de Cléopâtre et Cesare. Un mélange des genres dont le public londonien, qui connaissait son Shakespeare, était familier. Et Livermore oscillant entre la bouffonnerie et la gravité (d’autant plus saisissante) s’inscrit dans cette tradition shakespearienne. Si le spectacle fonctionne si joliment, c’est bien parce que, tout décalé qu’il soit, il traduit fidèlement l’esprit de l’opéra de Haendel : « Je veux raconter leur histoire, pas la mienne », dit-il.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/giulio_cesare_in_egitto_c_monika_rittershaus_25-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-209976"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Kangmin Justin Kim, Carlo Vistoli,  Anne Sophie Von Otter © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Second degré</strong></h4>
<p>Et il peut s’appuyer sur l’humour de ses interprètes. Ainsi Anne Sophie Von Otter est parfaite en veuve douloureuse (mais vindicative) et sa haute silhouette très digne fait penser irrésistiblement à Maggie Smith dans <em>Downtown Abbey</em> ; elle manipule Sesto, son benêt de fils, collé à ses basques, en petit costume d’enfant gâté. Toute revêche qu’elle soit, elle soulève une passion érotique qui fait bouillir le général égyptien Achilla (l’assassin de Pompée, sur ordre de Tolomeo), une culotte de peau ridicule. Quant à Tolomeo, le frère de Cléopâtre, c’est un intrigant de mélodrame dont Max Emanuel Cenčič fait une manière de diplomate levantin en redingote rayée, une espèce de Rastapopoulos, si l’on veut filer la métaphore tintinophile. Non moins libidineux qu’Achilla, lui aussi voudra s’emparer de la veuve.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/giulio_cesare_in_egitto_c_monika_rittershaus_139-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-209984"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>à droite Max Emanuel Cenčič © Monika Rittershaus </sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Une version de chanteurs, mais d’abord de chef</strong></h4>
<p>Musicalement Carlo Vistoli annonce tout de suite la couleur avec l’air d’entrée de Cesare, festival de notes piquées, orné d’une vertigineuse colorature du haut en bas de sa tessiture : la voix est à la fois agile et corsée, et d’une puissance de projection assez étonnante. L’euphorie de la victoire ne durera pas : Achilla lui apportera le corps de Pompée mort, d’où une aria <em>di furore,</em> emmenée par Gianluca Capuano à une allure d’enfer (précision des violons, pulsation des cordes basses) et brillantissime démonstration de virtuosité, d’aisance, de précision rythmique d’un Vistoli déchaîné.</p>
<p>Dans la déploration de Cornelia, « Priva son d&rsquo;ogni conforto », Anne Sophie Von Otter, accompagnée avec un soin attentif par un consort de flûtes, théorbe, harpe et cordes graves, donnera à entendre une élégance de phrasé intacte, évoquant la douleur du personnage par de très belles demi-teintes. Auxquelles répondra l’air de vengeance de Sesto, « Svegliatevi nel core », véhément mais un peu hirsute, comme le seront souvent ses airs rapides. Un peu plus tard dans son aria lente « Cara speme », <strong>Kangmin Justin Kim</strong> montrera une maîtrise du cantabile, un placement de la voix (très claire), une délicatesse de touche infiniment plus idoines.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="732" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2026-03-10-a-18.18.54-1024x732.png" alt="" class="wp-image-209993"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Cecilia Bartoli © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Cecilia Bartoli, elle non plus, ne sera pas tout de suite à son meilleur, et son premier air, « Non disperar, chi sa ? » la cueillera à froid : hérissé de pointes acérées, il inquiétera d’abord, mais sa partie centrale, puis la reprise, éclairée de coloratures et de trilles acrobatiques, rassureront et donneront l’impression de retrouver la Bartoli.</p>
<p>En revanche, Max Emanuel Cenčič dans « L’empio, sleale, indegno » sera d’emblée au top de sa forme : homogénéité, chaleur du timbre, égalité des ornements, caractérisation du personnage par des moyens purement vocaux, <em>sprezzatura</em>, la démonstration est brillante.</p>
<h4><strong>Tout d’un coup l’émotion</strong></h4>
<p>Morceau de bravoure s’il en est, l’aria fameuse « Va tacito e nascosto » verra Vistoli rivaliser avec un cor solo brillantissime (cor naturel bien sûr, la performance de <strong>Juan Bautista Bernat Sanchis</strong> n’est pas mince) et leur dialogue <em>a cappella</em> sera flamboyant. De même que <strong>Renato Dolcini</strong> dans l’air « Tu sei il cor di questo core » d’Achilla : le baryton italien, pour lequel c’est une prise de rôle, impressionne par sa voix timbrée, très homogène, chaleureuse et une virtuosité étonnamment légère dans les airs ornés – et pas mal d’humour dans ce rôle de reître enamouré.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/giulio_cesare_in_egitto_c_monika_rittershaus_148-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-209986"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Renato Dolcini © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>L&rsquo;émotion sans prévenir</strong></h4>
<p>Mais ce qui laissera le public pétrifié d’émotion à la fin du premier acte, ce sera bien l’aria « Son nata a lagrimar » de Cornelia, introduit par un prélude orchestral d’une étonnante densité (ces accords d’une plénitude saisissante !) : à nouveau Von Otter y fait des merveilles de phrasé, dosant les silences avec subtilité, entraînant Sesto dans son mouvement. Le tempo se ralentit, leur duetto semble s’immobiliser, on ne sait plus qui indique le mouvement, d’elle ou de Capuano, on s’étonne de la fraîcheur conservée de la voix dans le registre supérieur. Le rideau se fermera très lentement sur l’ultime image des deux corps, mère et fils, gisant au sol, partageant la même souffrance, sur une coda orchestrale d’une impalpable transparence.</p>
<h4><strong>Vistoli décoiffant…</strong></h4>
<p>Le deuxième acte commence comme une fiesta organisée par Cléopâtre (sous l’aspect de Lydie). Ambiance cabaret oriental, odalisques agitant des éventails à plumes, trio jazz sur le côté, nappes blanches et seaux à champagne. Vêtue de voiles telle Claudette Colbert dans le <em>Cléopâtre</em> de Cecil B. de Mille, c’est surtout dans la reprise de l’air « V’adoro, pupille » que Bartoli donnera à entendre ces sons filés, ces pianissimi impalpables dont elle a gardé le secret et qui ont le don de faire fondre les auditeurs (la première partie de l’air aura paru plus tendue).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="614" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/giulio_cesare_in_egitto_c_monika_rittershaus_12-1024x614.jpeg" alt="" class="wp-image-209973"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Le début du deuxième acte © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>À quoi Carlo Vistoli répliquera par un numéro délirant : en smoking blanc de crooner, empoignant son pied de micro après un « one, two, three, four » de rocker, il fera de « Se in fiorito ameno prato » une démonstration d’aisance et de panache avec des déferlantes de vocalises aviaires (à cause de l’<em>augellin</em> du texte) dans une performance à la Presley (avec ondulations de bassin, époque « Elvis the pelvis ») : transparence de la voix, agilité des appoggiatures, trilles et vocalises virtuoses, notes hautes en chapelet, duetto avec le violon solo de la <em>Kapellmeisterin</em> de La Scintilla montée sur scène pour rivaliser avec lui, cadence a cappella et <em>messa di voce</em> de compétition, et bien sûr triomphe à l’applaudimètre !</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/giulio_cesare_in_egitto_c_monika_rittershaus_5-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-209970"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Carlo Vistoli © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Si l’air <em>di tempesta</em> « L&rsquo;angue offeso mai non posa » de Sesto ne convaincra guère, sur un tempo agitato désordonné très peu séduisant et guère flatteur pour sa voix (mais quelle énergie et quel rebond de l’orchestre derrière lui), en revanche Bartoli sera étonnante de légèreté et d’agilité dans l’air « Venere bella », avec de délicieux allègements.</p>
<p>Non moins délicieuse, sa manière de gaffer et d’avouer à Cesare venu la rejoindre sur son lit qu’elle n’est pas Lydie mais Cléopâtre. De toute façon leur idylle sera interrompue par des soubresauts de bombardements, et s’ensuivra un étourdissant air <em>di vendetta</em> de Cesare, « Al lampo dell’armi », où Vistoli pourra déployer avec un brio décoiffant tout son arsenal de vocalises, sur un tempo foudroyant, nouvelle occasion de dire à quel point la direction donne vie &#8211; et ici fureur &#8211; à la musique de Haendel. Derrière lui le Nil se soulève en vagues noires très angoissantes (rarement la vidéo nous aura semblé si bien utilisée).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="674" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/giulio_cesare_in_egitto_c_monika_rittershaus_7-1024x674.jpeg" alt="" class="wp-image-209971"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Carlo Vistoli © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>…et Bartoli bouleversante</strong></h4>
<p>À peine sera-t-il sorti que Bartoli pourra dans « Se pietà di me non senti » interpréter le premier des lamentos extraordinaires qu’on évoquait au début.<br />Sans doute se souvient-elle que c’est sur cette même scène qu’il y a quelque vingt-cinq ans elle chanta pour la première fois ce rôle. Elle est ici confondante de pathétique, allant jusqu’au filet de voix (mais dont on perd rien, tant la technique est souveraine). Elle ralentit le tempo à l’extrême, puis l’accélère, anime le discours, portée par un accompagnement tour à tour d’une délicatesse chambriste puis soulevant de grandes vagues de cordes graves, dans un air écrit par Haendel pour la Cuzzoni qui sans doute, comme Bartoli, maîtrisait souverainement les <em>portamentos</em> aériens dans le registre supérieur, les pianissimi et les ornements expressifs, les trilles lents notamment.</p>
<p>Superbe image de la chanteuse seule sur la scène vide, entourée de rouge de tous les côtés.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/giulio_cesare_in_egitto_c_monika_rittershaus_121-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-209980"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Cecilia Bartoli © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Le bel canto même</strong></h4>
<p>Elle n’est pas au bout de ses malheurs. Faite prisonnière par son propre frère, qui ne la ménage guère (aria « Domerò la tua fierezza » où Cenčič est à nouveau incendiaire), il ne lui restera que ses yeux pour pleurer.<br />L’aria « Piangerò » semblera monter une marche de plus vers le sublime. Non seulement c’est un nouvel exemple d’une voix miraculeusement conservée, mais surtout c’est un extraordinaire moment d’émotion, comme suspendu. Les coloratures furieuses de la partie centrale ne rendent que plus bouleversante la reprise de la phrase initiale, d’une matière impalpable, d’une limpidité totale, montant jusqu’à l’extrême aigu sur un tempo ralenti à l’extrême. On touche là à l’essence même du bel canto.</p>
<p>Impression que prolongera Carlo Vistoli, qui ne voudra pas être en reste : le récitatif accompagné « Dall&rsquo;ondoso periglio » conduit à l’aria « Aure deh per pietà », par le truchement d’une incroyable <em>messa di voce</em> sur <em>Aure</em> et une note tenue interminablement. Ce n’est pas tant l’exploit vocal qui étonne ici, que la parfaite musicalité, la sincérité de l’expression, et, on y revient, le bel canto retrouvé : l’expression par les couleurs mêmes de la voix. Legato impeccable, pleins et déliés, dynamique expressive, sobriété aussi parfaite qu’était tout à l’heure pétaradante la virtuosité de « Se in fiorito ameno prato ».</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="659" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/giulio_cesare_in_egitto_c_monika_rittershaus_21-1024x659.jpeg" alt="" class="wp-image-209975"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>La dernière image : le Tolomeo est devenu le Cesare © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Mais Bartoli aura encore le loisir de briller, notamment dans l’aria rapide « Da tempeste il legno infranto » où, la voix décidément chauffée à blanc, elle enchaînera avec gourmandise les notes piquées staccato, les trilles <em>ribattuti</em> et autres fantaisies scintillantes, à chaque reprise de l’air plus audacieuse et plus libre. Rayonnante.</p>
<p>La réconciliation générale indispensable donnera prétexte à un ravissant duetto Cléopâtre-Césare sur un rythme de danse, un unisson où leurs couleurs de voix fusionneront idéalement.</p>
<p>Avant un grand final avec chœur (réapparition des touristes) libérant l’enthousiasme du public zurichois, et des <em>bravi</em> <em>!</em> jaillissant de partout.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-giulio-cesare-in-egitto-zurich/">HAENDEL, Giulio Cesare in Egitto &#8211; Zurich</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Haendel gourmand (Rose Naggar-Tremblay)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-gourmand-rose-naggar-tremblay/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Jan 2026 06:41:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’enregistrement d’un disque-carte de visite est une entreprise périlleuse : il doit intervenir en début de carrière (afin de la lancer) mais pas avant que la voix ne se soit épanouie ni la technique rodée ; pour mettre en valeur les atouts du soliste, le corpus choisi ne doit être ni trop uniforme, ni trop hétérogène; et les &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’enregistrement d’un disque-carte de visite est une entreprise périlleuse : il doit intervenir en début de carrière (afin de la lancer) mais pas avant que la voix ne se soit épanouie ni la technique rodée ; pour mettre en valeur les atouts du soliste, le corpus choisi ne doit être ni trop uniforme, ni trop hétérogène; et les musiciens qui l’accompagnent doivent l’aider à tenir son cap sans briller à ses dépens.</p>
<p>Dans ce domaine, <strong>Rose Naggar-Tremblay</strong> n’a pas vraiment eu la main heureuse. Sans vouloir mettre en cause la musicalité ni la technique des cordes composant l’Orchestre de chambre de Toulouse, on ne peut que constater leur inadéquation au répertoire opératique, en particulier à celui de Haendel : jeu métronomique, phrasés laborieux, tempi somnolents, imprécision (<em>Theodora</em>) et surtout indifférence au texte et aux enjeux, qui change la folie de Déjanire en soufflé refroidi et la morgue de Polinesso en exercice d’aérobic. L’absence d’un véritable chef se révèle ici rédhibitoire.</p>
<p>Le contraste est grand avec le complément de programme, ce ravissant concerto d’Adison dans lequel l’ensemble toulousain se libère, laissant s’épanouir les mélodies et fleurir les couleurs. Rappelons que, contrairement à ce qu’affirme la fort brève notice, les 12 concerti grossi publiés en 1744 par Charles Avison ne sont pas des pages « anglaises » puisqu’ils empruntent leur matériau à des sonates – finement instrumentées – de Domenico Scarlatti. Si l’intégrale en a été plusieurs fois gravée (Marriner, Goodman, etc.), on encouragera surtout le curieux à se pencher sur le merveilleux disque qu’en tira le Café Zimmermann, en 2002, chez Alpha.</p>
<p>Mais revenons à notre vedette. Côté timing, cet album semble tomber à point : la contralto canadienne de 33 ans vient de se faire remarquer en Medoro, dans l’<em>Orlando</em> de Haendel donné au Châtelet, et surtout à Toulouse, où, engagée pour interpréter Cornelia, elle a finalement repris, au pied levé, le rôle-titre de <em>Giulio Cesare</em>. Le choix du compositeur abordé s’imposait donc, même si on serait curieux d’entendre la chanteuse dans d’autres répertoires où elle a brillé (en Cenerentola ou en Carmen). Car, il faut l’avouer, si la pâte de son « Haendel gourmand » est alléchante, la sauce ne prend pas vraiment.</p>
<p>La voix est là, incontestablement : un vrai timbre de contralto, profond, sombre, parfois androgyne (<em>Messiah</em>), d’autres fois d’une belle féminité ; une longueur de souffle remarquable, une souplesse appréciable bien que perfectible et un ambitus apparemment long, si l’on en croit quelques cadences aiguës. Néanmoins, pour l’heure, Rose Naggar-Tremblay est avant tout alto : le placement bas de Bradamante (<em>Alcina</em>) ou de Polinesso (<em>Ariodante</em>) lui convient mieux que celui, plus haut, d’Irene (<em>Theodora</em>) ou de Déjanire (<em>Hercules</em>). La tessiture des airs, à peu près équivalente dans tous ces cas, n’est pas en cause : c’est l’assise, le centre de gravité de l’émission et des harmoniques qui rend le registre aigu parfois plaintif (« Cease ruler of the day », « As with rosy steps »). Mais, avec le temps, parions que la voix s’ouvrira « vers le haut ».</p>
<p>Le problème principal reste de l’ordre de l’interprétation – qui, elle aussi, pourra se raffiner au fil de la pratique, des incarnations et des rencontres ; à moins (et c’est également possible) que la chanteuse ne possède pas la personnalité extravertie qu’exige l’opéra. Car c’est la crainte qu’inspire finalement ce disque au titre mal choisi, qui ressemble davantage à un devoir sur table qu’à une fête des sens.</p>
<p>Si tous les rôles ici abordés se ressemblent c’est, on l’a dit, en partie à cause de l’accompagnement, ainsi que de l’inhibition due au studio, à l’absence de public et d’enjeu dramatique. D’autres mauvais choix pèsent sur l’incarnation : pourquoi ôter à Junon le récitatif qui précède son air, alors qu’il aurait aidé la chanteuse à en trouver la pulsation ? Pourquoi priver Cornelia de sa flûte funèbre, au risque d’en banaliser la plainte ?</p>
<p>Mais Naggar-Tremblay a sa part de responsabilité : elle ne vocalise pas mal mais avec une application décourageante et sans guère jouer de la dynamique sonore ; son sostenuto se contente de soutenir alors qu’il devrait porter (réécoutons Hamari en Cornelia) ; enfin, l’expression de la colère (Bradamante), de la vilenie (Polinesso) sans parler de l’égarement (Déjanire) lui échappent. Placidité, égalité et sens de la mesure ne font pas bon ménage avec l’ogre saxon ! Le recueillement convient davantage à notre alto et si « Ombra mai fu » cède à la tentation saint-sulpicienne, « He was despised » ne manque ni de noblesse, ni de ferveur. Pour l’instant, donc, ne saluons qu’une voix – et espérons l’artiste.</p>
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		<title>HAENDEL, Giulio Cesare in Egitto &#8211; Francfort</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-giulio-cesare-in-egitto-francfort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Francfort est l’exemple parfait d’une maison de troupe. Quand vous arpentez les couloirs des trois niveaux de balcon, c’est un défilé de portraits en noir et blanc des chanteurs de tous pays qui ont fait partie, à un moment ou à un autre, soit de l’Ensemble der Oper Frankfurt (la troupe en soi), &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra de Francfort est l’exemple parfait d’une maison de troupe. Quand vous arpentez les couloirs des trois niveaux de balcon, c’est un défilé de portraits en noir et blanc des chanteurs de tous pays qui ont fait partie, à un moment ou à un autre, soit de l’Ensemble der Oper Frankfurt (la troupe en soi), soit du Frankfurter Opernstudio. Cette mise en valeur par l’institution de ces jeunes artistes, pour lesquels le passage à Francfort constitue souvent un tremplin, est tout à fait symbolique d’une maison qui joue toujours la carte collective avant la mise en avant individuelle. Emblématique de cette politique que portent aujourd’hui Bernd Loebe (directeur) et Thomas Guggeis (Generalmusikdirektor) est la présentation, généralement en avril, de la saison à venir, annonce au cours de laquelle les distributions ne sont pas dévoilées (elles le sont quelques semaines plus tard). Cela n’empêche pas de grands noms de fréquenter la Willy-Brandt Platz. Récemment encore Asmik Grigorian par exemple a chanté ici Manon Lescaut ou Nastasya dans <em>Charodeyka</em> de Tchaikowski.<br />
Pour cette dernière reprise de <em>Giulio Cesare in Egitto</em>, dix-huitième représentation de la production de <strong>Nadja Loschky</strong> créée le 24 mars 2024, il ne sera pas dérogé à la règle : les rôles de Cleopatra, Cornelia, Sesto, Achilla, Curio, sont tous tenus par des membres de la maison. Seuls donc les trois contre-ténors (Cesare, Tolomeo et Nireno) sont des artistes invités.<br />
Il reste quelques fauteuils vides pour cette dernière et les absents ont bien eu tort ! C’est à une représentation quasi parfaite à laquelle nous assistons, avec une harmonie rarement constatée entre mise en scène, plateau et fosse.<br />
Commençons par l’orchestre justement, le seul pour lequel nous émettrons des – menues – réserves. Non pas tant à cause des quelques imperfections des cuivres (par exemple dans les innombrables et tellement piégeux ornements du cor dans le « Va tacito »), mais tout simplement parce qu’aujourd’hui il nous est difficile d’entendre Haendel sur instruments modernes. L’orchestre sonne comme en décalage fondamental avec le plateau ; et il est vrai que de nos jours bon nombre de maisons renoncent à monter des opéras baroques, parce qu’ils impliqueraient de faire appel à des formations spécialisées, donc plus coûteuses. Ceci mis à part, la direction d’orchestre de <strong>Laurence Cummings</strong> est remarquable. Cummings, qui est aussi claveciniste, est un spécialiste reconnu, en Grande-Bretagne et au-delà, de la musique baroque et particulièrement de Haendel, qu’il a portée un peu partout en Europe. Les tempi choisis ce soir sont loin d’être enfiévrés, et c’est très bien venu ; ils sont minutieusement adaptés aux capacités des chanteurs, que l’on n’a à aucun moment sentis en difficulté à cause du métronome. Autre singularité appréciable : les ornements lors des reprises A’ des arias da capo ne sont pas cantonnés au chant, mais parfois étendus aux instruments solistes (le cor dans « Va tacito » ou « Se in fiorito ameno prato » transformé en air de concert avec violon) voire à l’orchestre.<br />
Ce Cesare est une prise de rôle pour le contre-ténor ukrainien <strong>Yuriy Mynenko</strong>, qui fait ses débuts à Francfort (il a déjà chanté Tolomeo, notamment à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-giulio-cesare-in-egitto-salzbourg/">Salzbourg</a>). Il convoque ici et là sa voix de poitrine, ce qui densifie le personnage principal et nous donne des graves somptueux. <strong>Lawrence Zazzo</strong> est le grand triomphateur de la soirée. Lui qui a déjà chanté ici-même le rôle-titre, est un Tolomeo totalement déjanté. Le jeu d’acteur en roi efféminé est époustouflant d’aisance et d’humour (la scène de sa mort au III est impayable). La voix est toujours aussi dense, métallique et projette merveilleusement. Le troisième contre-ténor est le Nireno du Russe <strong>Iurii Iushkevich</strong> ; son air du II est tout en finesse et légèreté. Le Curio de <strong>Pete Thanapat</strong> et l’Achilla d’<strong>Erik</strong> <strong>van</strong> <strong>Heyningen</strong> complètent avantageusement le plateau masculin.<br />
L’Ukrainienne <strong>Kateryna Kasper</strong> se joue des multiples difficultés du rôle de Lydia/Cleopatra. Agilité, vélocité, souplesse et projection impressionnent pour cette prise de rôle. Quant au mezzo de <strong>Cláudia Ribas</strong> en Cornelia, il est envoûtant et l’actrice nous fait pleinement prendre part aux souffrances de la veuve inconsolée. Encore une prise de rôle avec le Sesto de <strong>Cecelia Hall</strong> qui est dans la troupe depuis presque dix années. Si la puissance a semblé manquer au I (« Svegliatevi in core »), elle retrouvera tous ses moyens par la suite (notamment « L’aura che spira »).</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/giulio_cesare_in_egitto_2025-26_barbara_aumueller_03-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1763116675300" />© Barbara Aumueller</pre>
<p>A Francfort, qui est le creuset du Regietheater en Allemagne, on tend toujours les épaules à la découverte de nouvelles mises en scène (on se souvient d’une consternante proposition de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-forza-del-destino-francfort-deconstruction-a-marche-forcee/">La forza del destino</a> en 2022) ; Nadja Loschky, qui fait ses débuts à Francfort, propose une vision claire, sobre, souvent intelligente et presque toujours compréhensible de l’œuvre. On passera vite sur quelques éléments (macabres comme le dévoilement dans une sorte de cabine d’essayage transparente du corps sans tête de Pompei, assis sur une chaise avec les bras attachés en arrière, d’un réalisme repoussant) ou qui auront échappé à notre intelligence comme la maquette d’un jardin sous bocal devant laquelle César restera prostré de longues minutes, pour relever quelques belles inspirations de cette proposition. Le décor (signé Etienne Pluss) est neutre, fait de cloisons grises qui coulissent en permanence de droite à gauche, figurant le caractère inéluctable des événements qui vont se succéder, laissant  parfois un immense vide en milieu de scène (pour illustrer par exemple la tragédie vécue par Cornelia). Joli moment aussi au II, dans le « Se pietà per me non senti », où Cléopâtre fait face à son double, sosie presque parfait, qu’elle poignardera en fin d’aria pour ne pas avoir à se tuer elle-même.</p>
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		<title>PODCAST : Le cheveu en quatre</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dossier/podcast-le-cheveu-en-quatre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Selim Mazari]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Aug 2025 06:29:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au menu de notre podcast d&#8217;écoute comparative, ce mois-ci, nous avons frappé fort. Aidés par les canicules, nous avons pris nos quartiers vers Séville où Carmen se complaît de Habanera en Habanera. Chaque mois, le pianiste Sélim Mazari, nommé en 2018 aux Victoires de la Musique classique, réunit à sa table une série d&#8217;experts pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au menu de notre podcast d&rsquo;écoute comparative, ce mois-ci, nous avons frappé fort. Aidés par les canicules, nous avons pris nos quartiers vers Séville où Carmen se complaît de <a href="https://www.forumopera.com/podcast/le-cheveu-en-quatre-la-habanera-de-carmen/">Habanera en Habanera</a>.</p>
<p>Chaque mois, le pianiste Sélim Mazari, nommé en 2018 aux Victoires de la Musique classique, réunit à sa table une série d&rsquo;experts pour faire ce dont rêvent tous les lyricomanes fanatiques : écouter, à l&rsquo;aveugle, plusieurs versions d&rsquo;un même air d&rsquo;opéra. Petite cousine de la <em>Tribune des Critiques</em> et de la <em>Table d&rsquo;écoute</em>, l&rsquo;émission plaira particulièrement aux plus monomanes d&rsquo;entre nous.</p>


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<h2 class="wp-block-heading"><br>Selim Mazari<br></h2>


<p>Les récentes Victoires de la Musique Classique ont mis sur les bancs des « révélations de l’année » le jeune pianiste Sélim Mazari, très marqué par l’enseignement de la grande Brigitte Engerer. Issu d’une famille de mélomanes, Sélim Mazari, né en 1992 à Garenne-Colombes, fait ses premières gammes dès son plus jeune âge. Ses parents ont comme voisine Suzel Ginisty, une élève de Brigitte Engerer, qui lui donne ses premières leçons dès l’âge de cinq ans. Ses progrès sont fulgurants et lui valent d’intégrer en 2004 la classe de Pierre Réach au Conservatoire à rayonnement régional de Paris ; En 2003, juste avant son entrée au Conservatoire, il participe à l’Académie d’été de Nice où il fait la connaissance de Brigitte Engerer, dont le charisme, le côté maternel et généreux, influencent profondément le jeune musicien. En 2008, il est admis à l’unanimité dans sa classe au Conservatoire Supérieur de Musique, où il suivra son enseignement jusqu’à sa disparition prématurée, survenue en 2012. Il intègre ensuite la classe de Claire Désert avec qui il prépare son Master, diplôme qu’il obtient brillamment en juin 2013, reçoit en parallèle les conseils de Jean-Claude Pennetier à l’Académie de Villecroze, de Michel Dalberto et de Rena Shereshevskaya. Avide de nouvelles expériences musicales et humaines, désireux de parfaire sa formation à l’étranger, il fait ses valises et part s’établir à Londres, où il se lance dans un second Master au Royal College, dans la classe de Dmitri Alexeev. Londres est aussi le point de départ d’une nouvelle étape, marquée par sa rencontre avec Avedis Kouyoumdjian, fin pédagogue et ami de Brigitte Engerer, ancien élève de Dieter Weber et Stanislav Neuhaus, qui l’invite à travailler avec lui à Vienne, à l’University of Music and Performing Arts. Avec son nouveau Mentor, il explore le grand répertoire classique, Mozart, Beethoven, Haydn, etc. et s’épanouit pleinement dans une capitale musicale où il profite d’une offre culturelle intense, fréquente assidument l’Opéra, son autre passion. Lauréat du Concours International d’Ile de France, de Piano Campus 2013, du Concours International de Collioure, le jeune pianiste est aussi récompensé par la Société des Arts de Genève. Chambriste apprécié, il collabore avec les violoncellistes Yo-yo Ma, Henri Demarquette et Victor Julien-Laferrière, les Quatuors Hermès, Modigliani et Diotima, les violonistes Augustin Dumay, Thomas Lefort et Raphaëlle Moreau, les pianistes Michel Dalberto, Jean-Baptiste Fonlupt, Adi Neuhaus et Tanguy de Williencourt avec lesquels il explore le répertoire pour quatre mains et deux pianos. Au cours des dernière saisons, Sélim Mazari a été l’invité de prestigieuses programmations: Festival Chopin à Nohant, <em>Piano en Valois</em>, Festival de la Roque d’Anthéron, « les solistes à Bagatelle », la Grange de Meslay, Piano Folies du Touquet, Sommets musicaux de Gstaad, Folle journée à Nantes, Fondation Vuitton, Opéras de Toulon et de Saint-Etienne, Grands Interprètes à Périgueux, Louvre-Lens. Il participe aussi aux Rencontres Musicales d’Evian, est programmé au Grand Théâtre de Provence avec l’Orchestre de chambre de Mannheim, à l’Auditorium de Radio-France avec les solistes de l’Orchestre National et à Piano à Lyon en récital et en musique de chambre. </p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Selim MAZARI interprète Beethoven" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/3HgZ5eqrLxw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


<p>A la Folle Journée de Nantes, il est le soliste du <em>21<sup>ème</sup>Concerto</em> de Mozart aux côtés du Mozart Paris Orchestra, concert diffusé en direct sur ARTE. En Janvier 2020 est sorti son premier disque solo dédié aux <em>Variations</em> de Beethoven (dont les redoutables <em>EroÏca</em>), enregistré Salle Molière à Lyon et qui entame une collaboration avec le label <strong>Mirare</strong>. Ce disque a reçu de nombreuses récompenses, dont un DIAPASON D’OR sélection ARTE et des critiques élogieuses (Pianiste, Classica, Concertclassic.com, Artamag’, Radio Classique et France Musique, etc.). Un album de duos avec Sophie Dervaux, basson solo de l’Orchestre Philharmonique de Vienne, paraît en février 21 chez <em>Berlin Classics</em>. Sélim a également participé au nouveau CD de Joséphine Olech, <em>Reconnect</em> paru dernièrement chez Es-Dur. En novembre 2020, Sélim est invité par Daniel Barenboim à participer à ses Masterclasses sur les Sonates de Beethoven, enregistrées à la Boulez Saal de Berlin. L’enregistrement de la Masterclasse vient de sortir pour les 80 ans du Maestro. Vient de paraître, son deuxième CD pour Mirare, les <em>Concertos 12 et 14</em> de Mozart avec Paul Meyer et l’Orchestre de chambre de Mannheim. Il fait en mars 2023 ses débuts à la Philharmonie de Paris dans le cadre d’une tournée de l’Orchestre d’Ile-de-France, placé sous la direction du Maestro Vassily Sinaisky. En septembre 2023, il dirige du clavier des Concertos de Mozart, lors d’une tournée au Japon. Cette saison est également marquée par ses débuts en récital au Konzerthaus de Berlin, et par une collaboration en récital avec le violoncelliste Edgar Moreau. En juin 2023, il devient artiste en résidence à la <a href="http://www.singer-polignac.org">Fondation Singer-Polignac</a>.</p>


<h2 class="wp-block-heading"><br>Balladodiffusion</h2>


<p><a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-197667" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Deezer-100x100-1.png" alt="" width="100" height="100" /></a>     <a href="https://podcasts.apple.com/be/podcast/le-cheveu-en-quatre-par-s%C3%A9lim-mazari/id1769898284?l=fr-FR"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-197668" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Apple-100x100-1.png" alt="" width="100" height="100" /></a>     <a href="https://open.spotify.com/show/6wsSLZ1dfOkVAZwrYdEGrj"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-197669" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Spotify-100x100-1.png" alt="" width="100" height="100" /></a></p>


<h2 class="wp-block-heading"><br>Liste des émissions<br></h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>20.09.2025 : Gaetano Donizetti (Don Pasquale) – « Cheti, cheti, immantinente »<br>23.08.2025 : <a href="https://www.forumopera.com/podcast/le-cheveu-en-quatre-la-habanera-de-carmen/" data-type="link" data-id="https://www.forumopera.com/podcast/le-cheveu-en-quatre-la-habanera-de-carmen/">Georges Bizet (Carmen) – « La Habanera »</a><br>13.12.2024 : <a href="https://www.forumopera.com/podcast/le-cheveu-en-quatre-par-selim-mazari-sur-nessun-dorma/">Giacomo Puccini (Turandot) – « Nessun Dorma »</a><br>13.09.2024 : <a href="https://www.forumopera.com/podcast/le-cheveu-en-quatre-par-selim-mazari-sur-nessun-dorma/">Giacomo Puccini (Madama Butterfly) – « Un bel di vedredmo »</a><br>29.01.2024 : <a href="https://www.forumopera.com/podcast/le-cheveu-en-quatre-11b-la-mort-de-didon-de-purcell/">Henry Purcell (Dido and Aeneas) – « When I am laid in earth »</a><br>29.08.2022 : <a href="https://www.forumopera.com/podcast/le-cheveu-en-quatre-vissi-darte-extrait-de-tosca-de-puccini/">Giacomo Puccini (Tosca) – « Visse d&rsquo;arte »</a><br>20.06.2022 : <a href="https://www.forumopera.com/podcast/le-cheveu-en-quatre-vissi-darte-extrait-de-tosca-de-puccini/">Wolfgang Amadeus Mozart (Die Zauberflöte) – « Der Hölle Rache »</a><br>02.05.2022 : <a href="https://www.forumopera.com/podcast/le-cheveu-en-quatre-vivi-tiranno-extrait-de-rodelinda-de-haendel/">Georg Friedrich Haendel (Rodelinda) – « Vivi, Tiranno ! »</a><br>09.02.2022 : <a href="https://www.forumopera.com/podcast/le-cheveu-en-quatre-ep-6-prologue-si-puo-si-puo-pagliacci/">Ruggiero Leoncavallo (Pagliacci) – « Prologue : Si può, si può »</a><br>12.01.2022 : <a href="https://www.forumopera.com/podcast/le-cheveu-en-quatre-ah-non-giunge-extrait-de-la-sonnambula-de-bellini/">Vincenzo Bellini (La Sonnambula) – « Ah non giunge »</a><br>29.11.2021 : <a href="https://www.forumopera.com/podcast/le-cheveu-en-quatre-o-don-fatale-extrait-du-don-carlo-de-verdi/">Giuseppe Verdi (Don Carlo) – « Oh Don Fatale »</a><br>03.11.2021 : <a href="https://www.forumopera.com/podcast/le-cheveu-en-quatre-torna-a-surriento-dernesto-de-curtis/">Giuseppe de Curtis – « Torna a Surriento »</a><br>27.08.2021 : <a href="https://www.forumopera.com/podcast/le-cheveu-en-quatre-da-tempeste-de-giulio-cesare-haendel/">Georg Friedrich Haendel (Giulio Cesare) – « Da Tempesta »</a><br>24.05.2021 : <a href="https://www.forumopera.com/podcast/le-cheveu-en-quatre-se-di-lauri-il-crine-adorno-mitridate-re-di-ponto/">Wolfgang Amadeus Mozart (Mitridate) – « Se di lauri il crine adorno »</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><br>Nos sociétaires<br></h2>


<p>Frédéric Chaslin<br />Philippe Do<br />Sylvain Fort<br />Camille De Rijck<br />Anne-Catherine Gillet<br />Marie Perbost<br />Piotr Kamiński<br />Christophe Rousset<br />Aurore Tillac</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/dossier/podcast-le-cheveu-en-quatre/">PODCAST : Le cheveu en quatre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>HAENDEL, Giulio Cesare in Egitto &#8211; Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-giulio-cesare-in-egitto-salzbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=196469</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans une interview que Dmitiri Tcherniakov a accordé à sa dramaturge et qui figure dans le programme du spectacle, le metteur en scène exprime ses craintes face au défi que lui a lancé le Festival de Salzbourg, à savoir s’attaquer pour la première fois à une œuvre baroque, un univers avec lequel il est peu &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans une interview que <strong>Dmitiri Tcherniakov </strong>a accordé à sa dramaturge et qui figure dans le programme du spectacle, le metteur en scène exprime ses craintes face au défi que lui a lancé le Festival de Salzbourg, à savoir s’attaquer pour la première fois à une œuvre baroque, un univers avec lequel il est peu familier. Il confesse également n’être jamais allé en Égypte et avoir tenté d’oublier tout ce qu’il savait de César et de Cléopatre ; de manière générale, il revendique souvent le droit d’ignorer son sujet pour garantir sa liberté de créateur. Le pari a-t-il été tenu ?</p>
<p>Dans les opéras de Haendel, les défis sont multiples : il y a d’abord la difficulté à réunir une distribution de solistes chevronnés, voix puissantes et rompues à l’art de la vocalise, nous y reviendrons. Il y a aussi les difficultés liées à la forme elle-même, une longue suite d’air – à peu près tous formatés sur le même schéma ABA – et de courts récitatifs qui concentrent le fil de l’action. Mais cette action n’est pas nécessairement faite pour être montrée, elle est seulement racontée, et ce récit contient suffisamment d’horreurs pour qu’à les imaginer, on puisse aisément se passer de les voir. Le propos de Haendel est de mettre en musique les sentiments des hommes et des femmes qui mènent ou subissent ces événements, qui doivent bien être extrêmes pour que les victoires soient plus éclatantes, les colères plus noires et les crimes plus horribles de sorte qu’on ait aussi les airs les plus éblouissants et les lamentos les plus beaux !</p>
<p>Tcherniakov, qui s’est toujours penché jusqu’ici sur des œuvres du XIXe ou du XXe siècle, dont la dynamique est tout autre, entend, lui, prendre tout cela au pied de la lettre et nous montrer l’horreur de la guerre par le menu, nous la faire vivre en direct, depuis les caves d’un immeuble transformé en refuge, à moins qu’il s’agisse des tunnels de Gaza, décor unique qui réunira tous les personnages du drame. De même, il s’attachera à montrer avec une complaisance malsaine les viols, crimes, inceste et autres violences insoutenables dont les évocations émaillent le livret<em> ad nauseam</em>. De ce regard sans illusion porté sur la nature humaine, le metteur en scène tire un constat désespéré qui ne peut conduire qu’à la fin du monde. Et c’est bien ce qu’il va nous montrer, puisqu’après avoir résolu de faire peur au spectateur (à défaut de pouvoir le charmer) en figurant peu avant l’entracte une attaque à la bombe plus vraie que nature, il termine son spectacle par une explosion cataclysmique débouchant sur le noir définitif. Exit l’humanité !</p>
<p>Aucune évocation de l’Egypte, ni celle d’aujourd’hui ni celle de l’Antiquité, César et Cléopatre pourraient être n’importe qui d’autre dans un contexte de guerre, détachés de toute référence historique. Le spectacle ne réussit pas non plus à donner une identité psychologique aux personnages – c’est une dimension non pertinente dans une œuvre de cette époque – et peine à les occuper pendant qu’ils chantent. Il leur accorde cependant une identité par le costume et par des attitudes très typées, faisant par exemple de Sesto un adolescent rebelle à peine sorti de l’enfance, et de Tolemeo un être veule au genre indécis, passablement névrosé et le visage enté d’une immense mèche blonde. A Cornelia, il n’octroie aucune grandeur, pas même celle du désespoir, pourtant si présente dans la magnifique musique de Haendel.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/giulio-cesare-2025-c-sf-rittershaus-002-1294x600.jpg" alt="" />© SF Rittershaus</pre>
<p>Ces partis étant pris, Tcherniakov a-t-il réussi son défi ? Sans doute pas entièrement. Le spectacle très monochrome est peu séduisant, en constant décalage esthétique et sémantique avec la musique, et renonce à trouver un fil à l’action qui se résume finalement en une suite de scènes décousues, ce que précisément il disait redouter dans l’interview, entrecoupées de quelques instants de noir absolu faute d’avoir trouvé comment les articuler l’une à l’autre. Mais il aura montré tant et plus, et avec une agressivité parfois difficile à supporter, les horreurs de la guerre et les outrances du récit, pour qui n’en serait pas encore convaincu.</p>
<p>Au plan musical, il faut saluer la qualité du travail d’orchestre très abouti mené par <strong>Emmanuelle Haïm</strong> à la tête de ses troupes du Concert d’Astrée, qui insuffle une énergie constante à son discours et soutien sans faillir la dynamique musicale de la soirée. Avec un grand souci du détail, une belle richesse d’exécution du continuo et animée d’un véritable amour de la partition, la cheffe signe ici une très belle performance. Emmanuelle Haïm avait déjà participé à deux reprises au Festival de Salzbourg : une première fois en 1999 en tant que claveciniste dans un production des <em>Boréades</em> de Rameau dirigée par Simon Rattle, et une deuxième fois en 2004, lorsqu’assistante de Rattle elle dirigea <em>David et Jonathas </em>de Charpentier au festival de Pâques. Elle y revient donc aujourd’hui par la grande porte et ne démérite pas.</p>
<p>Le casting vocal réunit quelques grandes pointures du chant baroque, mais les performances individuelles ne sont pas toujours à la hauteur des attentes. La distribution est dominée comme il se doit par le César de <strong>Christophe Dumaux</strong>, le roi de la vocalise, qui maîtrise parfaitement les difficultés techniques du rôle, fait preuve de puissance vocale quand il le faut et nous campe un César barbu et viril très convaincant. Pour lui donner la réplique, il trouve une Cléopatre à se mesure en la personne de <strong>Olga Kulchynska</strong>, présentée d’abord comme une bimbo en perruque rose lorsqu’elle se cache sous les traits de sa suivante, puis sous les siens propres, ceux d’une très belle brune longiligne. La voix est magnifique, solaire, les vocalises sont aisées et brillantes, pour ces deux-là, le contrat est parfaitement rempli. <strong>Lucile Richardot</strong>, qui chante Cornelia, nous a paru en petite forme vocale. Ses vocalises manquent de fluidité et la voix parait peu homogène, avec un registre grave presque masculin manquant de moelleux et de grâce. Le cas de <strong>Federico Fioro</strong> est différent. Certes, ce jeune homme est fin musicien, en plus d’être un acrobate accompli. Ses agitations permanentes nuisent cependant à la ligne vocale et il allège tellement la voix pour réaliser ses vocalises qu’elle en devient presqu’inaudible et sans couleur. Il tente bien de faire de cette faiblesse une force et accentue le côté adolescent fragile submergé par ses émotions, essayant de trouver ainsi une cohérence au personnage ; on finirait presque par y croire, mais il faut vraiment tendre l’oreille&#8230; Le contre-ténor ukrainien <strong>Yuri Mynenko</strong> ne convainc pas non plus totalement dans le rôle de Tolomeo ; mixant constamment entre voix de tête et voix de poitrine, il peine à trouver un socle technique pour vocaliser à son aise. Sans homogénéité de timbre il ne parvient pas non plus à stabiliser son discours musical, qui s’en trouve dès lors fort décousu et peu crédible. <strong>Andrey Zhilikhovsky</strong> est un Achilla solide et efficace, mais peu investi par le metteur en scène. Les deux interventions du chœur, dont Tcherniakov n’a su que faire sur scène et qu’il a donc relégué dans les coulisses, furent parfaites, rien à redire, mais on aurait aimé les voir.</p>
<p>Fait tout à fait inhabituel à Salzbourg, il y avait quelques sièges vides au début de la représentation. Il y en eut encore d’avantage après la pause. Cela n’empêcha pas de solides applaudissements à la fin du spectacle, mais un seul rappel.</p>
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		<title>HAENDEL, Giulio Cesare in Egitto – Barcelone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-giulio-cesare-in-egitto-barcelone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cléopâtre VII Philopator, reine mythique que tous les siècles et les pays ont tenté de s’approprier, reste aujourd’hui encore une des personnalités les plus controversées – et les plus admirées – parmi les têtes couronnées du monde entier. Rien que dans le domaine lyrique, ce ne sont pas moins d’une cinquantaine d’opéras qui lui ont &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cléopâtre VII Philopator, reine mythique que tous les siècles et les pays ont tenté de s’approprier, reste aujourd’hui encore une des personnalités les plus controversées – et les plus admirées – parmi les têtes couronnées du monde entier. Rien que dans le domaine lyrique, <a href="https://www.researchgate.net/publication/315719889_L%27Egypte_et_l%27art_lyrique_un_exotisme_antiquisant">ce ne sont pas moins d’une cinquantaine d’opéras qui lui ont été consacrés</a>. Et sans parler des œuvres d’art, notamment sculptures et peintures, qui sont innombrables. Parmi les tableaux la représentant, celui de Pierre de Cortone (vers 1637, musée des Beaux-Arts de Lyon) est particulièrement évocateur : un César attentif et amoureux offre avec délicatesse à une Cléopâtre conquise le trône d’Égypte, en l’occurrence un magnifique tabouret sculpté somptueusement doré, avec la couronne et le sceptre qui vont avec. En effet, la seule obsession de la jeune femme face à l’arrivée des Romains a été de récupérer pour elle seule le trône d’Égypte qu’elle occupait jusqu’alors avec son frère Ptolémée XIII.</p>
<p>Mais les langues parlées étant ainsi faites, le mot trône a rapidement désigné à la fois le siège royal, et celui des « petits coins » : de nombreuses publicités, et de non moins nombreuses marques utilisent le nom et même la personne de Cléopâtre pour vanter les mérites de leurs cuvettes, abattants voire même dessins indiquant la bonne porte. On peut voir des Cléopâtre sculpturales proclamer « Voici un trône digne de moi ! ». Le metteur en scène <strong>Calixto Bieito</strong> s’est engouffré avec délectation dans cette porte entrouverte, et la représentation se termine sur un même clin d’œil : au milieu des grandes réjouissances de l’accord entre César et Cléopâtre, chacun offre à l’autre un « trône », en l’occurrence une cuvette de WC en or massif, qui a un tel succès que toute la cour veut immédiatement le même. Et c’est ainsi que s’achève l’opéra avec un éclat de rire général du public barcelonais, plutôt bon enfant, sur une anecdote au demeurant plus scatologique qu’historique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/T25-GC-S2-100-rec-VIGN-corr6-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-191119" width="910" height="422"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup><strong>Julie Fuchs (Cléopâtre) et Xavier Sabata (César), </strong>Photos © Liceu / David Ruano</sup></figcaption></figure>


<p>Pardon pour ce long préambule, qui pourtant n’est pas aussi anecdotique qu’il peut paraître de prime abord. Car toute la mise en scène repose sur le même principe de transposition dans notre temps moderne, pour bien montrer que le monde était déjà à l’époque antique aux mains de quelques privilégiés, que leur emprise et leur violence, à tous points de vue, s’exerçaient en des luttes fratricides, aux dépens du petit peuple réduit à l’esclavage. Et pour ce faire, Bieito a retiré à Cléopâtre <a href="https://www.imarabe.org/fr/agenda/expositions-musee/mystere-cleopatre">tous ses prétendus mystères hérités des siècles passés</a>, pour en faire une jeune femme en vêtements résolument actuels, pratiquant tous les sports, qu’ils soient physiques, politiques, sexuels, voire même criminels. Seuls quelques hiéroglyphes décoratifs projetés incidemment sur le dispositif scénique rappellent une éventuelle filiation avec la grande Cléopâtre de l’Histoire. Et au total, on assiste donc à une œuvre essentiellement recentrée sur un drame émotionnel né des conflits entre personnes, notamment du fait de luttes entre sexe et pouvoir.</p>
<p>On est donc très loin des productions de cet opéra auxquelles il nous a été donné d’assister pendant ces quarante dernières années, où l’accent était plus mis sur l’aspect mythique de l’Égypte : à l’Opéra de Paris, entre 1987 et 2002, où Nicholas Hytner animait l’action autour d’un énorme sphinx égyptisant ; Paris toujours, entre 2011 et 2024, où Laurent Pelly a restreint l’action dans un musée, ses vitrines et ses réserves. Enfin Barcelone, où Herbert Wernicke met en scène au Liceu entre 2001 et 2004 des derricks et des crocodiles rigolards. Ici donc, ce soir, aucun artifice de ce genre ne vient rompre une action inexorable. Le dispositif scénique de <strong>Rebecca Ringst</strong>, inspiré du pavillon high tech de l’Arabie Saoudite à l’Exposition universelle de 2020 à Dubaï, consiste en un énorme bloc métallique tournant sur lui-même, le plus souvent relevé sur un côté par des vérins, qui évoque l’enfermement des grands de ce monde, et le danger d’écrasement qui pèse toujours sur eux et ceux qui ont pris le parti de leur être soumis. Le dispositif est plutôt efficace car il permet aussi des projections vidéo sur deux de ses faces où la vidéaste <strong>Sarah Derendinger</strong> s’en donne à cœur joie en termes de couleurs et d’inspirations variées, sans pour autant trop détourner l’attention de l’action et des chanteurs. Des costumes amusants et bien en situation d’<strong>Ingo Krügler</strong> complètent un ensemble habilement éclairé par <strong>Michael Bauer</strong>.</p>
<p>Mais c’est la richesse, la qualité et la cohésion du plateau et de l’orchestre qui rend véritablement la représentation exceptionnelle. <a href="https://www.operaonvideo.com/giulio-cesare-amsterdam-2023-christophe-dumaux-teresa-iervolino-cecilia-molinari-julie-fuchs/">Cette coproduction avec le Dutch National Opera d’Amsterdam a déjà connu aux Pays-Bas en 2023 un très grand succès.</a> Elle arrive à Barcelone avec seulement trois titulaires de la distribution d’origine, la mezzo italienne Teresa Iervolino (Cornelia<strong>),</strong> le contreténor perso-canadien Cameron Shahbazi (Tolomeo) et bien sûr Julie Fuchs (Cleopatra). Il faut convenir que, même si leurs partenaires à Barcelone sont tous excellents, on voit que ces trois transfuges sont vraiment « chez eux » dans cette mise en scène.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/T25-GC-S2-194-rec-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-191090"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup><strong>Julie Fuchs (Cléopâtre) et Xavier Sabata (César), </strong>Photos © Liceu / David Ruano</sup></figcaption></figure>


<p>À commencer par<strong> Julie Fuchs</strong>, qui est tout à fait extraordinaire dans le rôle de Cléopâtre. D’abord parce qu’il s’agit d’un répertoire qui lui convient fort bien, et qu’elle connaît parfaitement. Ensuite par ce qu’elle a trouvé avec Bieito un metteur en scène avec qui elle paraît en symbiose. Et vocalement, sa voix dans la plénitude de ses moyens est parfaitement menée dès le premier air. À la scène du Parnasse, au deuxième acte, dans le<strong> « </strong>V&rsquo;adoro, pupille », elle déploie ses charmes et toute sa séduction. Mais c’est vraiment au troisième acte, avec « Piangerò la sorte mia », puis « Da tempeste il legno infranto », qu’elle montre vraiment la grande variété de son jeu, et toutes ses capacités à mêler le beau son à une véritable interprétation pleine de sensibilité. La puissance est idéale pour la grande salle du Liceu, et les vocalises parfaites s’y développent à merveille. Elle est accueillie aux saluts par une immense ovation.</p>
<p>Elle est entourée de trois contre-ténors de haut niveau, et tout d&rsquo;abord <strong>Cameron Shahbazi</strong> (Tolomeo), qui joue de son physique sexy, mais aussi d’une voix percutante et musicale particulièrement efficace. Cet acteur qui brûle les planches n’hésite pas, de plus, à utiliser quelquefois la voix de poitrine quand celle-ci se justifie par l’action, dans les moments de violence extrême. Le résultat est particulièrement convaincant. Nireno, le confident de Cléopâtre, est interprété avec beaucoup d’allant par <strong>Alberto Miguélez Rouco</strong>. Enfin, César est chanté par le Barcelonnais <strong>Xavier Sabata</strong>, qui possède la carrure pour en imposer et rendre plausible la violence physique qu’il déploie autour de lui. Il conserve une belle ligne de chant, mais manque un peu de projection, créant souvent un léger défaut de puissance par rapport à ses partenaires. Il faut dire que le faire chanter son premier air, où il doit s’imposer, tout au-dessus du dispositif scénique, quasiment dans le vide (avec quand même un filin de sécurité) n’est peut-être pas une très bonne idée. D’ailleurs il est nettement meilleur dans ses duos avec Cléopâtre, même si celle-ci a parfois tendance à prendre sur lui un allant démenti par le texte.</p>
<p>Enfin, la mezzo <strong>Teresa Iervolino </strong>(Cornelia) est le troisième point fort de la distribution, assurant d’une voix sombre et chaude et d’un jeu scénique abouti un personnage écartelé entre nombre de malheurs. Sans faire de Cornelia quelqu’un de vraiment sympathique, elle arrive à la rendre parfaitement plausible et touchante, et surtout lisible à tous moments. Dans le reste de la distribution, de même haut niveau, on note en particulier la mezzo <strong>Helen Charlston</strong> qui campe un Sesto magnifiquement chanté, entre abattement et excitation, le baryton <strong>José Antonio López</strong> (Achilla), <strong>Jan Antem</strong> (Curio), et <strong>Alberto Miguélez Rouco</strong> (Nireno).</p>
<p>Inutile de préciser que la direction de <strong>William Christie</strong>, en très grande forme, a grandement contribué à survolter et entraîner le plateau, mais aussi les musiciens de l’orchestre du Liceu, peu habitués au répertoire baroque, surtout quand il est pratiqué sur instruments anciens. Pour sa première prestation au Liceu, il a reçu à la fin une ovation debout de toute la salle.</p>
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		<title>HAENDEL, Giulio Cesare in Egitto &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-giulio-cesare-in-egitto-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Feb 2025 10:52:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Etonnamment, Giulio Cesare in Egitto manquait au répertoire de l’Opéra National du Capitole de Toulouse ; il vient d’y faire une entrée réussie grâce à une combinaison gagnante plateau-orchestre-mise en scène chaleureusement saluée au baisser de rideau. Le public toulousain n’a pas réservé à la co-production due à Damiano Michieletto le même sort que celui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Etonnamment, <em>Giulio Cesare in Egitto</em> manquait au répertoire de l’Opéra National du Capitole de Toulouse ; il vient d’y faire une entrée réussie grâce à une combinaison gagnante plateau-orchestre-mise en scène chaleureusement saluée au baisser de rideau. Le public toulousain n’a pas réservé à la co-production due à <strong>Damiano Michieletto</strong> le même sort que celui du <a href="https://www.forumopera.com/?s=Giulio+cesare+michieletto">TCE en son temps</a> (2022), public parisien qui n’avait guère goûté la transposition du metteur en scène vénitien. Et pourtant, il ne sera certainement pas dit que tout, dans cette proposition, est limpide et nécessaire, mais la réflexion de Michieletto sur le personnage de Jules César demeure, tout au long de l’ouvrage, cohérente, intéressante, parfois même passionnante.<br />
Ici, César termine son parcours, la mort le hante, la mort le guette ; de fait, à peine deux ans après les évènements historiques narrés par le librettiste Niccolò Francesco Haym (nous sommes en -46), César sera assassiné. Or les Brutus sont déjà là, ils sont sur scène, en toge et armés de poignards pour qu’on ne s’y méprenne pas. Mais ce n’est pas tout, du début à la fin, c’est la mort qui rôde, c’est la mort la figure centrale, magnifiquement incarnée par le fantôme de Pompée. La mort c’est tout d’abord ce personnage mystérieux qui apparaît en fond de scène pendant l’ouverture, ce fond de scène qui figurera au long de l’ouvrage le royaume des Parques. L’homme est entravé de fils rouges, il vient de cet univers interlope, il reviendra, tentant d’attirer à lui César sans y parvenir encore. L’au-delà ce sont aussi les trois Parques, quasi omniprésentes et qui tirent ou coupent les fils rouge sang. Tantôt, elles se contentent d’être en fond de scène et accueillent Pompée, puis Achilla et Ptolémée lorsque ceux-ci sont tués, tantôt elles s’invitent dans la vie d’ici-bas et s’approchent des personnages. Tantôt encore, ce sont les personnages vivants qui s’aventurent dans leur jardin, signifiant ainsi la fragilité des existences.<br />
Et puis il y a Pompée, dont on apporte la tête, non pas sur un plateau comme l’exigerait le livret mais dans une boîte de bois laissant dégouliner le sang. Ce sang qui sent la mort va obnubiler les personnages les uns après les autres, et César en premier. Pompée, ou plutôt son fantôme – c’est l’une des belles trouvailles de Michieletto – va s’inviter les trois actes durant, se tournant vers les Parques pour peser dans la balance qui jauge les vies, vers le fils Sextus, qui ne rêve que de vengeance, vers l’épouse Cornélie qui pourrait bien céder aux avances de Ptolémée, prix à payer pour obtenir sa propre libération et celle de son fils.<br />
Tout cela est rendu par des décors signés <strong>Paolo Fantin</strong> qui, à trop vouloir ne pas représenter quelque époque que ce soit et universaliser le propos, ne représentent plus rien. Tout le premier acte se passe dans une pièce nue aux murs blancs, n’était le sombre royaume des Parques en fond de scène. La chambre de Lydie-Cléopâtre est un espace immense, vide, nu et noir, tout sauf propice aux épanchements. Nul doute qu’on aurait pu habiter davantage l’espace. Idée bienvenue en revanche de vêtir (les costumes sont signés <strong>Agostino Cavalca</strong>) les protagonistes sans les figer dans une époque.</p>
<pre style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MIR6440-Migliorato-NR2.jpg" alt="" width="607" height="341" />
© Mirco Magliocca</pre>
<p>Les Talens lyriques de <strong>Christophe Rousset</strong> sont dans leur élément dans ce Haendel virevoltant. Les cordes sont magnifiques de précision et d’élégance, les pupitres irréprochables (le cor obligé est soigné, le violon solo précis). C’est toutefois dans la conduite d’ensemble qu’il nous manque quelque chose, une conduite cohérente des <em>tempi</em> qu’on ne perçoit pas. Certes, on aura bien compris l’attention portée aux solistes et la nécessaire adaptation aux capacités de chacun sur scène ; ainsi le « Presti omai » est-il pris en retrait. Mais pourquoi alors hâter le pas dans le « Va tacito » du même César ? Il semble que Christophe Rousset laisse l’orchestre en retrait, nous privant d’un mordant, d’une <em>allegria</em> pourtant coutumière. Et enfin nous devrons nous passer des chœurs, pas de « Viva viva ! » en entrée.<br />
L’élaboration du casting n’a pas été une partie de plaisir. La contralto québécoise <strong>Rose Naggar-Tremblay </strong>devait être Cornelia. Toutefois, suite au retrait d’Elizabeth De Shong, initialement prévue, c’est elle qui reprend le rôle-titre sept jours avant le début des répétitions. Grâce lui soit rendue. En ce soir de première, tout n’est pas encore parfaitement calé, l’air d’entrée notamment se fait en mode économique. Mais la soirée va voir s’épanouir le chant et nous offrir un timbre d’une si belle élégance, un timbre de velours avec certains accents enivrants. Cléopâtre, sans doute le rôle le plus ardu de la pièce, est tenu par une <strong>Claudia Pavone</strong> tellement agile et à l’ambitus impressionnant ; il reste à parfaire la stabilité et, ici et là, la justesse. Mais quelle endurance et quel engagement ! Pour remplacer Rose Naggar-Tremblay glissant sur le rôle de César, c’est la mezzo géorgienne <strong>Irina Sherazadishvili</strong> qui reprend Cornélia. On ne perd pas au change, le mezzo est d’une chaleur incandescente et le jeu de scène percutant. Le Sextus de <strong>Key’mon Murrah</strong> remporte un triomphe mérité, qu’il doit à l’extraordinaire amplitude de la voix, capable d’habiter les graves et de franchir les plus hauts sommets, le tout avec ce qui ressemble à une insolente facilité. Nous retiendrons sans doute le plus beau moment musical de la soirée, le duo Sextus-Cornélie en clôture du I (« Son nata a lagrimar ») où les deux voix s’allient pour un moment d’éternité. Le contre-ténor américain, vainqueur en 2022 du 40e International Hans Gabor Belvedere Singing Competition à Jurmana (Lettonie) mérite qu’on le suive de près dans ses prochaines prises de rôles. Le Ptolémée de <strong>Nils Wanderer</strong> est un parfait salaud : monstre maniéré, efféminé, sans retenue, il est de ces anti-héros qu’on adore détester. Wanderer met une voix fortement projetée au service de ce jeu. Sachons gré au baryton barcelonais <strong>Joan Martín-Royo</strong> d’avoir remplacé au pied levé Edwan Fardini et d’avoir proposé un Achilla plus que crédible. <strong>William Shelton</strong> (Nireno) n’a qu’un <em>aria da capo</em> à chanter mais il s’en acquitte fort bien, de même que <strong>Adrien Fournaison</strong> est un Curio tout ce qu’il y a de crédible.</p>
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		<title>78e Concours de Genève &#8211; Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-de-la-finale-du-concours-de-geneve-geneve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Oct 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le concours de chant de Genève se distingue, parmi d’autres, car les vainqueurs sont déjà connus avant le début du concert final. Pour cette 78e édition ils étaient trois, sur 71 inscrits, et leur classement dépendait de cette prestation décisive, classement déterminant pour les prix officiels et les sommes correspondantes, respectivement 20000, 12000 et 8000 &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le concours de chant de Genève se distingue, parmi d’autres, car les vainqueurs sont déjà connus avant le début du concert final. Pour cette 78e édition ils étaient trois, sur 71 inscrits, et leur classement dépendait de cette prestation décisive, classement déterminant pour les prix officiels et les sommes correspondantes, respectivement 20000, 12000 et 8000 francs. L’attente était grande et le public nombreux dans la salle du Grand Théâtre.</p>
<p>Première à chanter, la Polonaise <strong>Barbara Skora</strong> est une séduisante sirène blonde qui pourrait être la petite fille de Geneviève Page. Le petit film qui l’a présentée laissait entendre un timbre capiteux. Aussi est-on déçu par une projection faible et une voix qui manque de rondeur, dans l’air des lettres de <em>Werther. </em>Le « Parto, parto » de Sesto dans <em>La Clemenza di Tito</em> est très musical mais la vocalise manque de délié. Quant à la cavatina de Rosina du <em>Barbiere </em>elle reste jolie quand elle devrait être incisive. On saura plus tard qu’entre la demi-finale et la finale a surgi un souci de santé et qu’elle avait songé à ne pas se présenter. Patricia Petibon, la présidente du jury, saura trouver les mots pour la réconforter lors de la remise des prix.</p>
<p>Lui succède <strong>Jungrae Noah Kim</strong>, baryton coréen récent vainqueur du Concours du Belvédère. Sa pratique de la scène à l’Opéra Studio de Zurich lui a donné un aplomb manifeste, et il semble posséder une grande capacité de concentration, à le voir rentrer en lui-même pour passer d’un air à l’autre. Chantant successivement en russe, en italien et en allemand, il déploie une voix solide et souple. Qu’il exprime le rêve de Yeletsky dans « Ya vas Lyublyu », la colère du comte dans « Hai già vinta la causa » ou la nostalgie de Fritz dans « Mein Sehnen mein Wähnen » de <em>Die tote Stadt, </em>il est d’une grande justesse expressive et nuance avec une belle musicalité. Nous l’aurions bien vu premier prix exæquo.</p>
<p>Dernière à apparaître, <strong>Chelsea Marilyn Zurflüh, qui </strong>a été aussi membre de l’Opéra Studio de Zurich, est une autre sirène, brune et souriante. Sa voix paraît aussitôt plus grande, mieux projetée que celle de sa concurrente, manifestement elle est en pleine santé. Et elle a eu de surcroît l’intelligence de composer un programme où elle ne doit à aucun moment lutter contre l’orchestre, qui devient un écrin. Si l’air de Cléopâtre « Da tempeste il legno infranto » laisse un peu sur sa faim, jusqu’à la reprise où les ornements valorisent la ductilité et l’étendue de la voix, celui de Pamina « Ach, ich fühl’s » captive par une intensité expressive dépourvue de pesanteur, proprement touchante, avant les pyrotechnies de la scène « Ah, tardai troppo…O luce di quest’anima » tirée de <em>Linda de Chamounix</em>. Quelques reflets métalliques dans l’extrême aigu quand il est donné en force ne nuiront pas à son triomphe, puisqu’elle remporte le grand prix et le prix du public, ainsi qu’un engagement à paraître sur la scène du Grand Théâtre lors d’une prochaine saison.</p>
<p>En prélude à l’exhibition des concurrents, l’orchestre de la Suisse Romande, sous la direction d’Alevtina Ioffe, avait interprété avec la verve et la finesse nécessaires l’ouverture des <em>Nozze di Figaro</em>. Les musiciens ont soutenu et accompagné au mieux les chanteurs et la nombreuse assistance les a chaleureusement remerciés par de longs applaudissements.</p>
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		<title>HAENDEL, Giulio Cesare &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-giulio-cesare-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Jun 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Toute la richesse, toute la splendeur du monde est dans le passé.&#160;» La vie en fleur d’Anatole France pourrait expliquer la liesse du public devant ce Giulio Cesare qui affichait, en ce printemps 2024, une distribution que l’on aurait pu applaudir au printemps 2004… ou presque. C’est en 2005, à Zurich, que Cecilia Bartoli faisait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Toute la richesse, toute la splendeur du monde est dans le passé.&nbsp;» <em>La vie en fleur </em>d’Anatole France pourrait expliquer la liesse du public devant ce <em>Giulio Cesare </em>qui affichait, en ce printemps 2024, une distribution que l’on aurait pu applaudir au printemps 2004… ou presque. C’est en 2005, à Zurich, que <strong>Cecilia Bartoli </strong>faisait ses premiers pas dans les sandales de la Cléopâtre de Haendel, un an avant qu’<strong>Andreas Scholl </strong>fasse entendre son César au Théâtre des Champs-Elysées. Et la santé vocale affichée par les deux artistes sur la scène de l’Opéra Royal de Versailles a de quoi susciter quelques méditations sur l’immarcescibilité de certains artistes. Car certes, Scholl fait un empereur plus galant que guerrier, infiniment plus à sa place dans la méditation d’« Aure deh per pieta » que dans les fusées vocales exigées par « Empio diro tu sei », où son bas registre trahit quelques faiblesses. Mais n’en a-t-il pas toujours été ainsi ? De même, et de façon presque antagoniste, Bartoli fait une Cléopâtre toute en frémissements et en nerfs, véhémente jusque dans le désespoir de « Se pieta », où la révolte supplante l’apitoiement. Mais cette véhémence, justement, qu’elle est prodigue en réjouissances ! Car quand il s’agit de transformer chaque vocalise en spectacle pyrotechnique, d’embarquer « Da tempeste » dans un tourbillon euphorique, d’étaler les séductions de « V’adoro pupille » avec une virtuosité si juste qu’elle rend irrésistible tout ce qui, chez d’autres, passerait pour de la complaisance, Cecilia Bartoli se montre sous son meilleur jour, parée d’une santé vocale miraculeusement préservée.</p>
<p>A l’unisson de ce couple, <strong>Sara Mingardo</strong>,<em> mater dolorosa</em> sous des torrents de larmes, et timbre aux moirures à peines voilées, nous jette en pleine figure les tourments de Cornelia. Le duo qu’elle forme avec <strong>Kangmin Justin Kim</strong>, qui se fit connaître, à l’époque du conservatoire, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=vdQU-N8b3HA">par de très vivaces imitations d’une certaine Cecilia Bartoli avant de partager les planches avec elle, n’en a que plus de relief</a> : car ce Sextus offre à la douleur uniforme de sa mère une réponse toute en soubresauts, partageant avec elle la tristesse dépouillée de « Son nata a lagrimar », mais esquissant aussi, dès un « Svegliatevi nel core » percutant, le portrait d’un jeune homme rageur. Au même niveau d’engagement apparaissent le Ptolémée visqueux de <strong>Max Emanuel Cencic</strong> et l’Achille veule de <strong>Peter Kalman</strong>, qui n’oublient pas que les personnages vils peuvent être à la fois très vils et très bien chantés.</p>
<p>A la tête de ses <strong>Musiciens du Prince – Monaco, Gianluca Capuano </strong>mène son Haendel et ses troupes (à quelques noms près la même que lors de la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-giulio-cesare-in-egitto-bruxelles/">tournée européenne de l’automne dernier et des représentations de janvier à Monte-Carlo</a>) avec enthousiasme, quitte à hâter les fins de phrase et à opérer quelques coupures (essentiellement dans les récitatifs et dans certains airs, notamment « Tutto puo donna vezzosa »). Les couleurs de l’orchestre, généreuses et variées, laissent quelques solistes se distinguer, à l’instar de la corniste, debout à côté d’Andreas Scholl dans le redoutable « Va tacito ». Et sur scène, malgré l’absence de décors et de costumes, sauf pour Cecilia Bartoli qui a le droit à quelques porteurs de plumes pour pimenter un peu sa scène de séduction au début du deuxième acte, tout le monde s’ébroue gaiement avec une énergie communicative : un vrai goût de bon vieux temps !</p>
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		<title>HAENDEL, Giulio Cesare in Egitto — Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-giulio-cesare-in-egitto-paris-garnier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jan 2024 13:31:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée à l’Opéra de Paris en 2011, cette production de Giulio Cesare in Egitto n’a jamais réellement convaincu. Conçue à l’origine autour de la personnalité hors norme de Natalie Dessay, la mise en scène de Laurent Pelly ne parvient pas à mettre en valeur toutes les merveilles de cet opera seria. Cette nouvelle reprise très &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Créée à l’Opéra de Paris </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-grand-defi-darchibald/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">en 2011</span></a><span style="font-weight: 400;">, cette production de </span><i><span style="font-weight: 400;">Giulio Cesare in Egitto</span></i><span style="font-weight: 400;"> n’a jamais réellement convaincu. Conçue à l’origine autour de la personnalité hors norme de Natalie Dessay, la mise en scène de </span><b>Laurent Pelly</b><span style="font-weight: 400;"> ne parvient pas à mettre en valeur toutes les merveilles de cet </span><i><span style="font-weight: 400;">opera seria</span></i><span style="font-weight: 400;">. Cette nouvelle reprise très courue &#8211; douze représentations à guichets fermés -, confirme hélas nos impressions antérieures. On se lasse vite de la transposition dans un musée du Caire, tant le concept, basé sur une succession de gags, s’épuise de scène en scène. Ce trop plein de mouvement et d’agitation inutile (ah, ces incessantes allées et venues des salariés du musée!) est un véritable tue l’émotion. Si l’on se prend parfois à sourire (Cleopatra arrivant sur un diable ou enroulée dans un tapis), jamais l’on est ému. Un comble pour une œuvre comportant certaines des arias les plus déchirantes du répertoire baroque.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans ce contexte, quelle drôle d’idée, après </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-paris-garnier/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">un </span><i><span style="font-weight: 400;">Ariodante</span></i></a><span style="font-weight: 400;"> des plus ternes l’an passé, de confier à nouveau la baguette à </span><b>Harry Bicket</b><span style="font-weight: 400;">. Le chef anglais déroule tranquillement sa partition numéro après numéro, avec des </span><i><span style="font-weight: 400;">tempi</span></i><span style="font-weight: 400;"> uniformément allants, des récitatifs accompagnés inhabités (« Che sento » de Cleopatra) et des transitions qui tombent à l’eau (laborieuse </span><i><span style="font-weight: 400;">sinfonia</span></i><span style="font-weight: 400;"> du troisième acte). Plus mystérieux encore : alors que d’innombrables ensembles baroques jouent merveilleusement la musique de Haendel, ce sont les instruments modernes de l’</span><b>Orchestre de l’Opéra national de Paris</b><span style="font-weight: 400;"> qui sont dans la fosse, une première depuis 1997 dans ce répertoire. Les valeureux musiciens réussissent à alléger le son et à s’approprier en partie le phrasé baroque comme en témoigne une Ouverture prometteuse. Mais même si l’orchestre est épaulé de quelques instruments baroques &#8211; théorbe en fosse, viole de gambe sur scène pendant le « V’adoro pupille » de Cleopatra -, on regrette beaucoup le timbre incomparable de ces derniers, à commencer par le </span><i><span style="font-weight: 400;">traverso</span></i><span style="font-weight: 400;"> de « Piangero » et le cor naturel de « Va tacito ». Au final, l’expérience, intéressante sur le papier, ne méritait sans doute pas d’aller jusqu’à la scène : quel contraste avec le brillant Concert d’Astrée, dans la fosse dans cette même production en 2011 et 2013.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le temps de quelques fulgurances, la distribution sauve la soirée, mais sans qu’aucun des chanteurs ne soit parfaitement dans son rôle. En Cesare, </span><b>Gaëlle Arquez</b><span style="font-weight: 400;">, de par sa familiarité avec ce répertoire et une grâce musicale innée, livre une belle prestation vocale, à l’instar d’un « Aure, deh, per pietà » qui restera comme l’un des rares moments saisissants de la soirée. Mais le rôle de Cesare, créé par le castrat alto Senesino, est trop grave pour la mezzo française, qui bute dès son entrée sur un « Presti omai » manquant d’assise ainsi que sur les vocalises peu audibles du « Empio, dirò, tu sei ». Avec un tonitruant récitatif d’entrée (« Regni Cleopatra »), </span><b>Lisette Oropesa</b><span style="font-weight: 400;"> impose ses moyens phénoménaux : projection royale, justesse imparable, trille précis. Mais mal à l’aise dans l’écriture haendélienne qui sollicite un legato et un bas médium qui lui échappent et interprétant des </span><i><span style="font-weight: 400;">da capi</span></i><span style="font-weight: 400;"> de façon trop impersonnelle, la soprano américaine ne convainc pas toujours. Elle réussit davantage à habiter les airs les plus rapides, même si son « Da tempeste » final reste trop prudent et sans le feu d’artifice vocal attendu. Plus grave, son incarnation manque de nuances &#8211; c’est entre le </span><i><span style="font-weight: 400;">mezzo forte</span></i><span style="font-weight: 400;"> et le </span><i><span style="font-weight: 400;">forte</span></i><span style="font-weight: 400;"> qu’elle traversera l’opéra -, et surtout, peu aidée il est vrai par la scénographie, d’émotion : rarement aura-t-on entendu « Se pieta » si peu poignant. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est </span><b>Emily D’Angelo</b><span style="font-weight: 400;"> qui, en Sesto après avoir sagement renoncé à chanter le rôle-titre, incarne ce soir son personnage de la façon la plus satisfaisante. Scéniquement, l’androgyne cantatrice canadienne est extrêmement crédible dans ce rôle d’adolescent qu’elle habite d’une voix d’une insolente santé et d’une belle agilité. L’incarnation reste toutefois un rien impersonnelle et univoque, et la cantatrice éblouissait davantage en Ariodante sur cette même scène il y a un an. Pour ses débuts à l’Opéra de Paris, le Tolomeo bien chantant de </span><b>Iestyn Davies</b><span style="font-weight: 400;"> ne manque pas de charme, mais sans le mordant vocal et scénique de Christophe Dumaux dans ce même rôle. La Cornelia de </span><b>Wiebke Lehmkuhl</b><span style="font-weight: 400;"> séduit quant à elle par un timbre crémeux. En Achilla, </span><b>Luca Pisaroni</b><span style="font-weight: 400;"> impose une belle personnalité, mais semble un rien dépassé par l’écriture exigeante (les aigus notamment) de ses deux arias. Enfin, le jeune </span><b>Rémy Bres </b><span style="font-weight: 400;">incarne avec humour le rôle de Nireno et habite joliment son aria « Chi perde un momento ».</span></p>
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