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	<title>Hercules - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Hercules - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Haendel gourmand (Rose Naggar-Tremblay)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-gourmand-rose-naggar-tremblay/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Jan 2026 06:41:21 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’enregistrement d’un disque-carte de visite est une entreprise périlleuse : il doit intervenir en début de carrière (afin de la lancer) mais pas avant que la voix ne se soit épanouie ni la technique rodée ; pour mettre en valeur les atouts du soliste, le corpus choisi ne doit être ni trop uniforme, ni trop hétérogène; et les musiciens qui l’accompagnent doivent l’aider à tenir son cap sans briller à ses dépens.</p>
<p>Dans ce domaine, <strong>Rose Naggar-Tremblay</strong> n’a pas vraiment eu la main heureuse. Sans vouloir mettre en cause la musicalité ni la technique des cordes composant l’Orchestre de chambre de Toulouse, on ne peut que constater leur inadéquation au répertoire opératique, en particulier à celui de Haendel : jeu métronomique, phrasés laborieux, tempi somnolents, imprécision (<em>Theodora</em>) et surtout indifférence au texte et aux enjeux, qui change la folie de Déjanire en soufflé refroidi et la morgue de Polinesso en exercice d’aérobic. L’absence d’un véritable chef se révèle ici rédhibitoire.</p>
<p>Le contraste est grand avec le complément de programme, ce ravissant concerto d’Adison dans lequel l’ensemble toulousain se libère, laissant s’épanouir les mélodies et fleurir les couleurs. Rappelons que, contrairement à ce qu’affirme la fort brève notice, les 12 concerti grossi publiés en 1744 par Charles Avison ne sont pas des pages « anglaises » puisqu’ils empruntent leur matériau à des sonates – finement instrumentées – de Domenico Scarlatti. Si l’intégrale en a été plusieurs fois gravée (Marriner, Goodman, etc.), on encouragera surtout le curieux à se pencher sur le merveilleux disque qu’en tira le Café Zimmermann, en 2002, chez Alpha.</p>
<p>Mais revenons à notre vedette. Côté timing, cet album semble tomber à point : la contralto canadienne de 33 ans vient de se faire remarquer en Medoro, dans l’<em>Orlando</em> de Haendel donné au Châtelet, et surtout à Toulouse, où, engagée pour interpréter Cornelia, elle a finalement repris, au pied levé, le rôle-titre de <em>Giulio Cesare</em>. Le choix du compositeur abordé s’imposait donc, même si on serait curieux d’entendre la chanteuse dans d’autres répertoires où elle a brillé (en Cenerentola ou en Carmen). Car, il faut l’avouer, si la pâte de son « Haendel gourmand » est alléchante, la sauce ne prend pas vraiment.</p>
<p>La voix est là, incontestablement : un vrai timbre de contralto, profond, sombre, parfois androgyne (<em>Messiah</em>), d’autres fois d’une belle féminité ; une longueur de souffle remarquable, une souplesse appréciable bien que perfectible et un ambitus apparemment long, si l’on en croit quelques cadences aiguës. Néanmoins, pour l’heure, Rose Naggar-Tremblay est avant tout alto : le placement bas de Bradamante (<em>Alcina</em>) ou de Polinesso (<em>Ariodante</em>) lui convient mieux que celui, plus haut, d’Irene (<em>Theodora</em>) ou de Déjanire (<em>Hercules</em>). La tessiture des airs, à peu près équivalente dans tous ces cas, n’est pas en cause : c’est l’assise, le centre de gravité de l’émission et des harmoniques qui rend le registre aigu parfois plaintif (« Cease ruler of the day », « As with rosy steps »). Mais, avec le temps, parions que la voix s’ouvrira « vers le haut ».</p>
<p>Le problème principal reste de l’ordre de l’interprétation – qui, elle aussi, pourra se raffiner au fil de la pratique, des incarnations et des rencontres ; à moins (et c’est également possible) que la chanteuse ne possède pas la personnalité extravertie qu’exige l’opéra. Car c’est la crainte qu’inspire finalement ce disque au titre mal choisi, qui ressemble davantage à un devoir sur table qu’à une fête des sens.</p>
<p>Si tous les rôles ici abordés se ressemblent c’est, on l’a dit, en partie à cause de l’accompagnement, ainsi que de l’inhibition due au studio, à l’absence de public et d’enjeu dramatique. D’autres mauvais choix pèsent sur l’incarnation : pourquoi ôter à Junon le récitatif qui précède son air, alors qu’il aurait aidé la chanteuse à en trouver la pulsation ? Pourquoi priver Cornelia de sa flûte funèbre, au risque d’en banaliser la plainte ?</p>
<p>Mais Naggar-Tremblay a sa part de responsabilité : elle ne vocalise pas mal mais avec une application décourageante et sans guère jouer de la dynamique sonore ; son sostenuto se contente de soutenir alors qu’il devrait porter (réécoutons Hamari en Cornelia) ; enfin, l’expression de la colère (Bradamante), de la vilenie (Polinesso) sans parler de l’égarement (Déjanire) lui échappent. Placidité, égalité et sens de la mesure ne font pas bon ménage avec l’ogre saxon ! Le recueillement convient davantage à notre alto et si « Ombra mai fu » cède à la tentation saint-sulpicienne, « He was despised » ne manque ni de noblesse, ni de ferveur. Pour l’instant, donc, ne saluons qu’une voix – et espérons l’artiste.</p>
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		<title>HAENDEL, Hercules &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-hercules-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Dec 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Entre oratorio et opera seria, le Hercule de Haendel est une partition très riche, composée à Londres en 1744 mais remaniée à deux reprises en 49 et 52, sans doute parce que la première version avait été un échec. Nonobstant le titre, le rôle central de l’intrigue, un terrible drame de la jalousie, est Déjanire, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Entre oratorio et <em>opera seria</em>, le <em>Hercule</em> de Haendel est une partition très riche, composée à Londres en 1744 mais remaniée à deux reprises en 49 et 52, sans doute parce que la première version avait été un échec. Nonobstant le titre, le rôle central de l’intrigue, un terrible drame de la jalousie, est Déjanire, l’épouse du Héros. Croyant son époux amoureux de la belle captive Iole, elle lui fait endosser la tunique de Nessus, sensée ranimer les flammes de l’amour, mais le malheureux Hercules périt dans les flammes de cet embrasement. En fait, c’est le fils d’Hercules, Hyllus, qui était épris de la belle et qui finira par l’épouser sur ordre de Jupiter.<br />
Une telle intrigue, digne des plus beaux peplums, est propice au déploiement d’une très riche veine dramatique tantôt vécue par les personnages et tantôt racontée par eux, que la somptueuse musique de Haendel illustre admirablement, à grand renfort de chœurs.</p>
<p>Les quatre solistes principaux réunis pour cette version de concert ont livré jeudi une prestation de très haut niveau : la mezzo suédoise <strong>Ann Hallenberg</strong> (Déjanire) éblouit par l’intensité dramatique qu’elle insuffle au rôle, la rigueur de sa technique, infaillible dans les airs à vocalise, et la maîtrise totale dont elle fait preuve tout au long des presque trois heures de la représentation. La voix est chaude, souple, d’une grande richesse de couleurs, pleine d’énergie et l’interprétation musicale, conduite avec intelligence, ménage des effets spectaculaires, culminant dans un impressionnant air de folie, mais aussi des moments d’humour ou de grande tendresse reflétant la complexité du rôle.</p>
<p>Dans le rôle d’Hercules, la basse <strong>Edwin Crossley-Mercer</strong> est lui aussi très impressionnant. Né à Clermont-Ferrand au sein d’une famille d’origine anglaise, ce musicien complet fait depuis une vingtaine d’années une fort belle carrière, tant à la scène qu’en récital. La voix est tout à fait spectaculaire, avec des profondeurs insondables, une grande réserve de puissance, et il parvient à donner au rôle ce qu’il faut de brutalité pour refléter le caractère un peu obtus du personnage d’Hercules, chef de guerre peu enclin à l’introspection.</p>
<p>Dans une tout autre veine, mais parfaitement bien distribué également, le jeune ténor <strong>Guy Elliott</strong> tient très dignement le rôle d’Hyllus, le fils d’Hercules secrètement amoureux de la belle captive. Fruit de l’enseignement du <em>Royal College of Music, c</em>e musicien raffiné livre une interprétation empreinte d’une grande dignité conduite avec beaucoup de classe.</p>
<p>Un peu en retrait sur ses camarades, la soprano ukrainienne <strong>Iryna Kyshliaruk</strong>, formée quant à elle au CNSM de Paris, déploie une fort jolie voix et une technique maîtrisée, mais manque un peu de force dramatique face à la partition.</p>
<p>A la tête de son orchestre Opera Fuoco et du remarquable Chœur de chambre de Namur qui chante ici chez lui, <strong>David Stern</strong> se montre attentif à tous les détails sans jamais perdre le fil conducteur de la partition ni le sens dramatique du livret&nbsp;; tout cela est certainement le fruit d’un long travail de préparation qui conduit à une très intime connaissance de l’œuvre et de la musique de Haendel en général, pour le plus grand plaisir du public namurois, qui ne mesure peut-être pas la chance qu’il a de recevoir chez lui des productions d’un tel niveau&nbsp;!</p>
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