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	<title>I Capuleti e i Montecchi - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>I Capuleti e i Montecchi - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Roméo et Juliette de Bellini à Marly</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/romeo-et-juliette-de-bellini-a-marly/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Jun 2025 10:11:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;association Les Amis de Marly proposera les 4 et 5 juillet 2025 à 18h30 l&#8217;opéra de Vincenzo Bellini, I Capuleti e i Montecchi, dans sa version française, Roméo et Juliette. Cette adaptation avait été faite pour l&#8217;entrée au répertoire de l&#8217;ouvrage à l&#8217;Opéra, salle Le Peletier (à laquelle succèdera le Palais Garnier), le 7 septembre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;association Les Amis de Marly proposera les 4 et 5 juillet 2025 à 18h30 l&rsquo;opéra de Vincenzo Bellini, <em>I Capuleti e i Montecchi</em>, dans sa version française, <em>Roméo et Juliette</em>. Cette adaptation avait été faite pour l&rsquo;entrée au répertoire de l&rsquo;ouvrage à l&rsquo;Opéra, salle Le Peletier (à laquelle succèdera le Palais Garnier), le 7 septembre 1859. Elle comprenait des parties dansées supplémentaires. L&rsquo;instrumentation en était modifiée. Ces représentations seront données en plein air dans le parc. Marly avait accueilli des spectacles à l&rsquo;époque de Marie-Antoinette. Les artistes en costumes seront accompagnés au piano. <a href="https://www.amis-domaine-marly.fr/activite/opera-dans-le-parc-de-marly-romeo-et-juliette-vendredi-4-juillet-2025-301">Renseignements et billets ici</a> (pas de vente sur place).</p>
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		<title>BELLINI, I Capuleti e i Montecchi – Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-i-capuleti-e-i-montecchi-nancy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Jun 2024 05:56:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quitte à se prendre une volée de bois vert pour faute de goût, osons assumer : cette production devant laquelle beaucoup ont préféré fermer les yeux pour mieux écouter la musique, effarés par tant de laideur, eh bien, cette mise en scène, on a envie de la défendre. Les goûts et les couleurs, c’est bien &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quitte à se prendre une volée de bois vert pour faute de goût, osons assumer : cette production devant laquelle beaucoup ont préféré fermer les yeux pour mieux écouter la musique, effarés par tant de laideur, eh bien, cette mise en scène, on a envie de la défendre. Les goûts et les couleurs, c’est bien connu… Mais la question n’est pas là. Ne voit-on pas sur scène ce qui constitue notre monde et le produit de nos créations ? N’y reconnaît-on pas nos codes culturels, certes populaires, mais si présents ? D’abord perplexes face aux choix de décors, de costumes et de gestuelles, c’est un mélange de curiosité, puis d’intérêt et enfin de complicité qui nous a accompagnée tout au long de l’œuvre. Et ce spectacle est une splendeur, car merveilleusement chanté de bout en bout, avec un chef et son orchestre au service de la beauté bellinienne sans que rien ne puisse en contrarier l’écoute et la jouissance.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/https___www.myra_.fr_wp-content_uploads_2023_06_Les-Capulet-et-les-Montaigu-©-Jean-Louis-Fernandez-17-copie-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-166950"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jean-Louis Fernandez</sup></figcaption></figure>


<p>Pour ceux à qui l’univers visuel de cette production a blessé le sens du beau, il est loisible de passer immédiatement au paragraphe suivant, où il est question des voix et de la musique… Mais saluons la vision de <strong>Pınar Karabulut</strong>, jeune allemande d’origine turque nouvelle venue dans l’univers de l’opéra (elle a mis en scène <em>Il Trittico</em> à Berlin l’année passée), cependant déjà remarquée dans le monde du théâtre. Sur un plateau quasiment vide où un noyau central, sorte de bouton pressoir, qui n’est pas sans rappeler certains plateaux de jeux télévisés, concentre toute la lumière, des anneaux successifs évoquent la piste du cirque, dans une stylisation tout en plastique. Les chevaux de théâtre en matériaux peu naturels au court chanfrein de pur sangs arabes et aux queues et crinières pomponnées comme des accessoires de Ken et Barbie, sont autant de rappels du monde de l’enfance ou des films adaptés de Karl May (dont les héros plaisaient tant à Fritz Lang)&nbsp;; ils ne dépareraient pas dans les meilleurs westerns spaghettis. Le rideau de scène et les feux de la rampe sont matérialisés par un seul serpentin en forme de néon aux couleurs vives, dans un Far West façon Las Vegas à l’économie. Un chardon tient lieu d’arbre et l’on voit rouler un <em>tumbleweed,</em> cette fameuse herbe qui tourne dans le désert sans laquelle un western digne de ce nom ne peut se concevoir. Les références visuelles sont donc liées au cinéma et au cirque, majoritairement. La couleur, toujours vive, ne donne jamais dans la nuance. Bleu roi des Capulet guelfes et rouge vif des Montaigu gibelins, tout est ici violemment contrasté et propose une lecture évidente. Frère Laurent porte sur son vêtement d’arlequin une robe de bure qui ressemble aux fameux cache-poussières des spaghettis de Sergio Leone. Les déambulations des uns et des autres rappellent certains nanars, de Flash Gordon à d’improbables films de science-fiction. On peine à retrouver les références précises de l’étrange presse-agrumes apparenté à une improbable soucoupe volante qui vient se clipper (ou pas) sur la piste de cirque tout en caoutchouc. Les membres des deux factions sont accoutrés comme les Dalton qui se seraient perdus sur le plateau de Zorro flanqué du sergent Garcia. Et pourtant, tout cela finit par faire sens. De cette querelle absurde et ancestrale entre familles, factions ou autres partis politiques passés, présents ou futurs, n’assiste-t-on pas à l’absurde et au grotesque de ce qui constitue le genre humain&nbsp;? De ce ridicule aberrant et dément naissent ainsi une musique et une ligne mélodique d’autant plus sublimes. Pınar Karabulut sait organiser une foule sur un plateau, même si l’on aurait aimé qu’elle soigne davantage les chorégraphies et les mouvements des solistes. Étrangement, on pense à Alexander Kluge (maître du nouveau cinéma allemand) et à son film <em>Les Artistes sous les chapiteaux&nbsp;: perplexes</em>. La principale intéressée, quand on lui pose la question, répond qu’elle n’a pas songé précisément à cette œuvre mais connaît évidemment l’artiste et paraît flattée qu’on ait pu voir une telle référence. En revanche, elle confirme avoir voulu ne pas chercher à faire passer la mezzo interprétant Roméo pour un homme. Il en résulte pour l’héroïne une apparence très séduisante, entre Errol Flynn et Marlene Dietrich pour les codes vestimentaires, dans un masculin/féminin très érotique. Les partisans de Roméo sont incarnés par des femmes, au costume légèrement plus cintré que ceux de leurs ennemis, dans une guerre des sexes en effet miroir d’un bel effet. Chacun se fera son opinion pour l’ensemble du spectacle, mais les choix de l’équipe technique nous paraissent très pertinents et intellectuellement stimulants.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/https___www.myra_.fr_wp-content_uploads_2023_06_Les-Capulet-et-les-Montaigu-©-Jean-Louis-Fernandez-29-copie-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-166951" width="910" height="606"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jean-Louis Fernandez</sup></figcaption></figure>


<p>Il est toujours inquiétant de voir apparaître le directeur d’un théâtre, en l’occurrence ici <strong>Matthieu Dussouillez</strong>, avant que le spectacle ne commence. L’annonce concerne l’interprète de Juliette, <strong>Yaritza Véliz</strong>, qui a tenu à faire savoir qu’elle n’était pas au mieux de sa forme et qu’elle faisait appel à la compréhension du public. N’ayant jamais entendu par le passé la soprano chilienne, difficile de se faire une idée de ce que l’on a pu rater aujourd’hui, car la performance est bluffante. La jeune femme paraît tout à fait à son aise tout au long de la partition, tout en agilité et en subtilités, voix charnue un rien masculine pour un personnage au caractère bien trempé se métamorphosant en ingénue aux aigus cristallins, dans un bel canto expressif et virtuose. Quand elle chante sur le plateau suspendu par des filins, comme en cage, au bord de la structure en mouvement, on a beau savoir qu’elle est maintenue par un harnais, on souffre pour elle. Et pourtant, l’exercice périlleux ne semble la déranger en rien, la voix étant plus assurée que jamais. On envie toutefois les chanceux qui entendront cette fabuleuse interprète au meilleur de ses possibilités. Si le Roméo de la mezzo québécoise <strong>Julie Boulianne</strong> manque parfois de puissance sonore dans sa première scène, la voix s’affermit rapidement et déploie des trésors de volupté et un legato superbe qui culmine dans la scène du tombeau. Le ténor costaricain <strong>David Astorga</strong> confère à Tebaldo, rival malheureux, une dignité et une profondeur intenses grâce aux atouts d’une voix bien caractérisée en adéquation avec un rôle peu développé qui prend ici beaucoup de relief. Le baryton américain <strong>Donnie Ray Albert </strong>convainc en Capellio, père engoncé dans ses certitudes et fermé à tout compromis, avec autorité. On regrette que le rôle de Lorenzo soit si peu développé, car le baryton espagnol <strong>Manuel Fuentes</strong> fascine par un charisme dont on aurait aimé se délecter plus à loisir. Cela dit, le quintette a été un moment privilégié, tant l’adéquation de ces cinq voix s’est avérée d’une beauté rare, dans un accord parfait, pour un moment de grâce exquis.</p>
<p>Si les chœurs s’expriment le plus souvent en faisant fi de l’articulation, on oublie vite les défauts de prononciation car les fameuses pulsations belliniennes accompagnent les solistes en cœur qui bat avec ardeur et constance. Le chef espagnol <strong>Ramón Tebar</strong> dit dans sa note d’intention publiée dans le programme tout le bien qu’il pense de l’écriture musicale de Bellini, du soin extrême porté aux récitatifs (magnifiquement mis en valeur ici par les chanteurs) et de la grande expressivité de sa musique. Il réussit à obtenir de l’<strong>orchestre Opéra national de Lorraine</strong> les tensions, les couleurs dramatiques et les merveilleux silences si importants (et éloquents) chez l’auteur de Catane. On aurait aimé un son un peu moins compact, mais c’est là pinailler, d’autant que les soli instrumentaux ont magistralement mis en valeur une magnifique palette d’émotions. Les amoureux de Bellini sont ici comblés…</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Les Capulet et les Montaigu, Bellini" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/5QDYZuOZvB0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>BELLINI, I Capuleti e i Montecchi &#8211; Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-i-capuleti-e-i-montecchi-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 May 2024 04:41:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voilà bien longtemps que l&#8217;Opéra Royal de Wallonie-Liège n&#8217;avait pas résonné de la partition d&#8216;I Capuleti e i Montecchi puisque, lors des dernières représentations, en 2010, le bâtiment était en travaux. C&#8217;est donc une fête aujourd&#8217;hui, d&#8217;accueillir cette très convaincante production où Allex Aguilera file une métaphore limpide pour caractériser le parcours de son couple &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà bien longtemps que l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie-Liège n&rsquo;avait pas résonné de la partition d<em>&lsquo;I Capuleti e i Montecchi</em> puisque, lors des dernières représentations, en 2010, le bâtiment était en travaux.<br />
C&rsquo;est donc une fête aujourd&rsquo;hui, d&rsquo;accueillir cette très convaincante production où <strong>Allex Aguilera</strong> file une métaphore limpide pour caractériser le parcours de son couple légendaire.</p>
<p>Il installe d&rsquo;abord son héroïne dans une boite, comme toute jeune fille ne devant jamais sortir des limites strictes imposées par les convenances, le devoir d&rsquo;obéissance. Les danseuses appuieront ce trait au cours de la soirée. L&rsquo;image est à la mode ces derniers temps dans de nombreuses productions, tant à l&rsquo;opéra &#8211;&nbsp;<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-cosi-fan-tutte-munich-staatsoper-2/"><em>Cosi fan Tutte</em></a> ce mois-ci au Bayerisches Staatsoper de Munich &#8211; qu&rsquo;au théâtre &#8211; <em>Dissection d&rsquo;une chute de neige</em>, « biographie » de la reine Christine de Suède par Christophe Rauck aux Amandiers-Nanterre -.</p>
<p>Juliette naturellement, s&rsquo;émancipe de ce cadre réducteur pour embrasser son destin tragique. Ce faisant, elle s&rsquo;approche, puis chemine finalement dans le miroir d&rsquo;eau qui occupe toute l&rsquo;avant scène. Aucun pont ne permet de l&rsquo;enjamber, il bute sur un mur sans issue apparente. Ce clin d&rsquo;oeil à Venise, lieu de création de l&rsquo;opéra n&rsquo;est pas gratuit. Hors cadre, lui aussi, ce canal devrait constituer une frontière naturelle aux déplacements dont l’héroïne s&rsquo;affranchit jusqu&rsquo;à y découvrir la fiole de poison qui lui permet de retrouver son amant dans la tombe.</p>
<p>La présence d&rsquo;eau sur scène &#8211; techniquement complexe &#8211; est aussi rare que captivante et permet également des jeux de miroitement sublimés par les belles lumières de <strong>Luis Perdiguero</strong>. Il constitue également l&rsquo;occasion pour Juliette de reproduire très exactement la pose du <em>Narcisse</em> de Caravage, évoquant ainsi subtilement les dangers de l&rsquo;amour de soi, mais également ceux de la passion amoureuse qui est obsession de soi à travers l&rsquo;autre. Autant d&rsquo;écueils que l’héroïne saura éviter jusqu&rsquo;à sa fin tragique qui résonne ainsi dans l&rsquo;imaginaire d&rsquo;autres destinées comme celles de Mélisande, Ondine ou Ophélie.<br />
Allex Aguilera signe ici à la fois les décors et la mise en scène. Il intrique les deux éléments avec beaucoup d&rsquo;intelligence et de lisibilité.</p>
<pre class="components-resizable-box__container has-show-handle"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/R.-FEOLA-%C2%A9-J-Berger_ORW-Liege-3-1024x681.jpg" alt="L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est R.-FEOLA-%C2%A9-J-Berger_ORW-Liege-3-1024x681.jpg.">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Rosa Feola ©J-Berger_ORW-Liège</pre>
<p>La Juliette de <strong>Rosa Feola</strong> sert formidablement ce propos. Sans mièvrerie aucune, elle dessine une personnalité contrastée, où la sensibilité le dispute à la volonté. Soprano agile aux aigus bien couverts, aux phrases conduites avec sensibilité et raffinement, elle aquarelle à plaisir son bel canto de nuances délicates qui la rendent plus touchante encore. Elle étire les silences dès son<em> Eccomi</em>, les chargeant de toute l&rsquo;incertitude et de la fragilité de ce personnage qui bascule hors de la loi commune.</p>
<p>Le couple qu&rsquo;elle forme avec <strong>Raffaella Lupinacci</strong> est parfaitement crédible d&rsquo;autant plus que les timbres des deux cantatrices s&rsquo;harmonisent particulièrement bien avec des couleurs communes très flatteuses pour l&rsquo;oreille et un merveilleux travail de nuances et de couleurs dans les duos.<br />
La mezzo pourrait afficher une virilité moins démonstrative &#8211; torse perpétuellement bombé, jambes écartées de manière excessive &#8211; mais quel legato, quels splendides graves poitrinés ! Toute la scène finale au tombeau &#8211; acte II, scène 3 &#8211; s&rsquo;avère poignante, d&rsquo;une grande justesse émotionnelle et d&rsquo;un raffinement vocal proverbial.</p>
<p><strong>Maxim Mironov</strong> est un Tebaldo fort séduisant, à la projection puissante, mais aux aigus parfois forcés et manquant de hauteur, contrairement au Capellio de <strong>Roberto Lorenzi</strong>, très articulé, tout en autorité glacée. Le contraste est parfait avec le Lorenzo franc et chaleureux d&rsquo;<strong>Adolfo Corrado</strong>.</p>
<p>Quelques petits bémols sont à signaler : le plancher qui craque de manière très invasive, les robes peu seyantes et hors style de Juliette alors que le reste du plateau est superbement habillé en tenues de l&rsquo;époque de la création de l’œuvre par <strong>Françoise Raybaud</strong> avec des harmonies de gris, grèges et noirs pour le camp Capulet et des couleurs vives mais très harmonisées pour leurs ennemis jurés, les Montaigus.</p>
<p>Le <strong>Choeur</strong>&nbsp;<strong>de l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie-Liège</strong> porte beau, certes, mais intervient également avec beaucoup de subtilité, soutenu par <strong>Maurizio Benini</strong>, chef attentif alternant une baguette nerveuse comme dans la <em>Sinfonia</em> d&rsquo;ouverture et une respiration ample lorsque la partition l&rsquo;exige. Cette dernière regorge de soli instrumentaux qui mettent en valeur la musicalité de l&rsquo;<strong>Orchestre de l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie-Liège</strong>, avec un moment de grâce pure à la clarinette.</p>
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		<title>BELLINI, I Capuleti e i Montecchi &#8211; Toulon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-i-capuleti-e-i-montecchi-toulon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 May 2024 06:06:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sans l’interdire formellement, le cardinal Ganganelli, qui deviendra pape sous le nom de Clément XIV, estime en 1748 illicite le recours à la castration. De plus en plus ce mode de production de voix extraordinaires &#8211; non naturelles &#8211; sera proscrit et l’opéra devra apprendre à s’en passer. Rossini choisira des voix graves féminines pour &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Sans l’interdire formellement, le cardinal Ganganelli, qui deviendra pape sous le nom de Clément XIV, estime en 1748 illicite le recours à la castration. De plus en plus ce mode de production de voix extraordinaires &#8211; non naturelles &#8211; sera proscrit et l’opéra devra apprendre à s’en passer. Rossini choisira des voix graves féminines pour remplacer celles des hommes castrés. En 1830 la nouvelle de Balzac <em>Sarrasine </em>actera cette évolution, le castrat dit Zambinella n’étant plus qu’un mort en sursis assistant à l’avènement  de sa petite nièce dans le rôle de Tancredi. 1830, c’est l’année de la création de <em>I Capuleti e I Montecchi, </em>où le rôle de Romeo est dévolu à une femme. En 1831 cela indignera Berlioz, qui entendra l’œuvre à Florence, et en 1966 Claudio Abbado jugera bon de l’attribuer à un ténor.</p>
<p>A l’Opéra de Toulon qui poursuit sa saison hors les murs pendant les travaux au Théâtre, on a choisi de s’en tenir à la version originale, donnée en concert, et ce respect du compositeur a trouvé un très heureux prolongement dans l’exécution musicale et vocale. On a rarement entendu avec autant de clarté les nuances d’une orchestration dont la priorité est de servir les voix mais qui saisit la moindre des pauses vocales, si brèves soient-elles, pour insérer un accent, plaquer un accord, souligner une couleur. La direction d’ <strong>Andrea Sanguinetti</strong> est d’une vigilance impeccable et la réponse des musiciens ne l’est pas moins, nette, précise, sensible, le chef et l’orchestre voguant de concert à démontrer la fausseté des parti-pris qui taxent  cette musique de facile. Si elle prend l’oreille, c’est parce qu’elle est mélodieuse et adaptée à son sujet, celui du drame vécu par deux jeunes amoureux, et les soli dévolus à la clarinette, au cor, au violoncelle, sont les joyaux de cette partition. Redisons-le, dans cet auditorium du Palais Neptune, l’exécution musicale comble.</p>
<p>Il en est presque de même pour l’exécution vocale. Les artistes des chœurs contribuent haut la main à démontrer l’excellence de leur préparation, les hommes évidemment, puisqu’ils sont de toutes les interventions, et les femmes pour la déploration du dernier acte. On se plait à souligner les nuances qui caractérisent les différentes entrées.</p>
<p>Si la qualité vocale est aussi au rendez-vous pour les solistes, on ne peut pas ne pas signaler la gêne que nous a communiquée l’interprète du rôle de Lorenzo. Que ce médecin soit le conseiller de Capellio, ce qui explique son lien profond avec Giulietta, n’en fait pas moins l’allié objectif de Romeo. Pourquoi, dès lors, chanter en force comme s’il leur criait dessus ? <strong>Önay Köse</strong> est doté d’une grande, d’une grosse voix, qu’il est tout à fait capable de contrôler, comme il le démontre dans le quintette. On reste perplexe : s’agit-il pour lui de faire de l’effet ? Le but est atteint, mais ce chant brutal ne convient pas au personnage. Du coup <strong>Patrick Bolleire</strong>, qui chante Capellio sans outrance, avec la musicalité qu’on lui connaît, paraît parfois presque faible, moins déterminé. Cela crée un déséquilibre peu pertinent.</p>
<p>Belle surprise en revanche avec le Tebaldo de <strong>Davide Tuscano</strong>, dont la qualité vocale et l’engagement font échapper le personnage à son rang secondaire. La voix est claire, homogène, bien projetée, l’extension est tout à fait satisfaisante et surtout l’intention est de bien chanter ce répertoire, comme il le prouve dès son premier air en variant la reprise. Un chanteur élégant qu’on aura plaisir à réentendre.</p>
<p>Gilda en début de saison, <strong>Maria Carla Pino Cury </strong>se montre sous son meilleur jour, son attitude contrainte et son physique délicat campant très justement Giulietta, le rameau menacé par la tempête, avant que sa voix souple et agile ne s’élance vers les hauteurs qu’elle atteint sans effort perceptible, accomplissant ainsi une brillante prise de rôle.</p>
<p><strong>Antoinette</strong> <strong>Dennenfeld</strong> aussi, débute en Romeo, à en croire sa biographie. Ceci explique peut-être le vibrato large de son entrée, attribuable au trac, car il disparaît assez vite et on peut goûter la maîtrise d’une voix qu’on pourrait souhaiter plus corsée, plus sombre, mais qui est bien celle prévue par la tessiture et en a toute l’agilité. La chanteuse – pantalon mais corsage et pendants d’oreille – ne fuit pas la difficulté et trouve pour les notes les plus graves les ressources d’un registre de poitrine qui n’écrase pas le son. Elle exprime avec la fougue nécessaire les élans du jeune homme et on peut saluer sa performance d’un « brava » de circonstance.</p>
<p>Très concentré pendant le concert le public se libère et exprime sa reconnaissance par de très longs applaudissements. Evviva Bellini !</p>
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		<title>Des idées de cadeaux pour un Noël européen</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Dec 2022 07:35:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En ces temps difficiles pour l&#8217;Europe, Forum Opéra s&#8217;est avisé de proposer un Noël aux couleurs de notre continent. Paresse oblige, nous avons retenu trois nations ce Noël européen (quatre si l&#8217;on ajoute l&#8217;Autriche) mais on ne saurait douter que chacun des pays composant notre belle Union ne recèle les trésors nécessaires à un joyeux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En ces temps difficiles pour l&rsquo;Europe, Forum Opéra s&rsquo;est avisé de proposer un Noël aux couleurs de notre continent. Paresse oblige, nous avons retenu trois nations ce Noël européen (quatre si l&rsquo;on ajoute l&rsquo;Autriche) mais on ne saurait douter que chacun des pays composant notre belle Union ne recèle les trésors nécessaires à un joyeux Noël !&nbsp;</strong></p>
<hr>
<p><strong>UN NOËL ALLEMAND</strong> par Sylvain Fort</p>
<p>Peut-être devrait-on dire : en allemand car ce Noël-ci nous mène bien au-delà des frontières de l&rsquo;Allemagne&#8230;&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no1b.jpg?itok=yHXeR1Hp" style="width: 150px; height: 150px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;"><strong>DIETRICH FISCHER-DIESKAU, COMPLETE LIEDER RECORDINGS, Deutsche Grammophon. 107 CD</strong></p>
<p>C&rsquo;est la première fois que Deutsche Grammophon rassemble en un gros et unique coffret le thesaurus de DFD. On y retrouve ses grandes intégrales (Schubert, Schumann, Wolf, Brahms) mais aussi les sélections indispensables (Loewe, Liszt, Strauss), les raretés (Von Einem, Debussy&#8230;) &nbsp;et les heureux doublons (Winterreise, Dichterliebe&#8230;). Bref, une somme rassemblant les enregistrements de 1949 à 2003 qui est, pour tout auditeur, la substance d&rsquo;une vie.&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no2.jpg?itok=HkgEKnDa" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>WAGNER, RHEINGOLD (2CD) / DIE WALKÜRE (4CD), Wiener Philharmoniker, dir. Georg SOLTI. Deutsche Grammophon&nbsp;</strong></p>
<p>Quoi ? Encore une réédition &nbsp;de cette base de toute discothèque wagnérienne ? Oui, cher lecteur, mais une fois n&rsquo;est pas coutume, nous parlerons technique. Car si nous ne sommes pas de ceux qui jugent un disque sur la qualité du son, le transfert réalisé ici par Andrew Wedman des bandes de John Culshaw en format 24bit/192kHz est simplement renversant. Même avec une chaîne moyenne, on entendra ici une présence sonore, charnelle, dramatique comme rarement on l&rsquo;avait perçue dans un enregistrement d&rsquo;opéra : on a simplement l&rsquo;impression d&rsquo;être au premier rang d&rsquo;une représentation convoquant dans son salon tout le théâtre de Wagner. Époustouflant et rare, dans un habillage luxueux.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no3.jpg?itok=Bc-xR7yV" style="width: 150px; height: 219px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>Eric CHAILLIER,&nbsp;<em>Anton Bruckner ou l&rsquo;immensité intime</em>. Buchet-Chastel. 384 pages</strong></p>
<p>Il est toujours extrêmement difficile de rendre compte de l&rsquo;humilité de Bruckner et de l&rsquo;ambition cosmologique de son œuvre. Eric Chaillier y parvient admirablement en se mettant à l&rsquo;écoute d&rsquo;un géant modeste, en tenant la plume au plus près de la vibration secrète du compositeur. Ce regard pénétrant et pudique porté sur la vie et l&rsquo;œuvre du maître autrichien fait de ce livre un compagnon indispensable pour cheminer avec Bruckner.&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no4.jpg?itok=KVZClJP8" style="width: 150px; height: 284px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>André TUBEUF,&nbsp;<em>Schubert, l&rsquo;ami Franz</em>. Actes Sud. 192 p.&nbsp;</strong></p>
<p>Œuvre posthume de qui aura sa vie entière scruté Schubert, et y sera comme personne entré, nous livrant année après année le trésor de son écoute. Le livre est bref, non parce qu&rsquo;il est sec ou allusif, mais parce qu&rsquo;il est comme quintessencié. Ici est la substance même de ce que Schubert nous donne à entendre. Non pas une somme, donc, mais un bréviaire.&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no5.jpg?itok=zLJDAfFE" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>Mathias GOERNE, Daniil TRIFONOV, Lieder (Berg, Schumann, Wolf, Chostakovitch, Brahms)</strong>. 1 CD Deutsche Grammophon</p>
<p>Assumons : ce ne sont pas exactement des chants de Noël. Mais tout ce que le lied allemand (et, ici, russe en plus) porte de gravité et de force, par deux interprètes que n&rsquo;effraie aucun abîme. Un des plus beaux programmes et une des plus belles exécutions de l&rsquo;année ; un sommet, tout simplement.&nbsp;</p>
<hr>
<p><strong>UN NOEL FRANCAIS</strong> par Christophe Rizoud</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no6.jpg?itok=xFWkcP6R" style="width: 150px; height: 246px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/cd/offenbach-le-voyage-dans-la-lune-embarquement-pour-la-lune">Jacques Offenbach, <em>Le Voyage dans la lune</em></a> </strong>(CD-livre Palazzetto Bru Zane)</p>
<p>Quand l’inépuisable fantaisie de Jacques Offenbach rencontre l’univers fantastique de Jules Vernes, cela donne <em>Le Voyage dans la lune</em>, un opéra-bouffe-féerie redécouvert récemment grâce aux efforts conjugués de Génération Opéra, du Palazzetto Bru Zane et d’une quinzaine d’institutions lyriques françaises. Servi par une équipe artistique menée de main de maestro par Pierre Dumoussaud, ce <em>Voyage </em>est d’autant plus recommandé qu’il continuera d’occuper l’affiche de nos théâtres l’année prochaine dans une mise en scène de Laurent Pelly – notamment l’Opéra Comique du 24 janvier au 3 février. A compléter évidemment par <a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-le-voyage-dans-la-lune">le numéro de l’Avant-Scène Opéra</a> consacré à cet ouvrage lunaire.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no7.jpg?itok=3HDyJXgQ" style="width: 150px; height: 233px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-de-la-belle-epoque-au-monde-globalise-colossal-proteiforme-et">Hervé Lacombe, </a><em><a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-de-la-belle-epoque-au-monde-globalise-colossal-proteiforme-et">Histoire de l&rsquo;opéra français &#8211; De la Belle Epoque au monde globalisé</a></em></strong> (Fayard)</p>
<p><em>O Monumento </em>! Dirigée par Hervé Lacombe, le 3<sup>e</sup> volume de l’<em>Histoire de l’opéra français</em> passe au scanner l’opéra en France au XXe siècle et au-delà, qu’il s’agisse du genre en lui-même, de ses nombreux avatars – l’opérette notamment –, de ses théâtres, en Province et à Paris, de son répertoire – arc-bouté sur une centaine d’œuvres et cependant sujet à transformation comme en témoigne la révolution baroque –, de l’évolution de sa représentation avec la primauté accordée à la mise en scène, des thèmes abordés par ses livrets, de sa déclinaison cinématographique et numérique… A compléter nécessairement par les deux premiers volets de cette trilogie monumentale&nbsp;: <em><a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-du-roi-soleil-a-la-revolution-et-la-lumiere-fut">Du Roi Soleil à la Révolution</a></em> et&nbsp;<em><a href="https://www.forumopera.com/histoire-de-lopera-francais-du-consulat-aux-debuts-de-la-iiie-republique-salut-a-la-france">Du Consulat aux débuts de la IIIe République</a></em>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no8.jpg?itok=sKbe7XOK" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/cd/marina-rebeka-voyage-voyage-en-douce">Marina Rebeka, <em>Voyage</em></a> </strong>(Prima Classic)</p>
<p>Lorsqu’elle n’incarne pas les grandes héroïnes du belcanto romantique – Norma, Anna Bolena… –, Marina Rebeka voyage en compagnie de Mathieu Pordoy dans le pays merveilleux de la mélodie française, un genre que l’on ne lasse pas d’explorer tant il compte de joyaux, tels ceux proposés dans cet album par une des voix les plus magnétiques du moment. A compléter absolument par <a href="https://www.forumopera.com/cd/faure-complete-songs-une-somme-en-forme-de-pari-faureen">l’intégrale Fauré de Cyrille Dubois et Tristan Raes</a> chez Aparté.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no9.jpg?itok=2ilnCME-" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/cd/benjamin-bernheim-boulevard-des-italiens-le-grand-bleu">Benjamin Bernheim, <em>Boulevard des italiens</em></a> </strong>(DG)</p>
<p>Avec au programme des airs d’opéras composés en français par des musiciens italiens – Spontini, Cherubini, Donizetti, Mascagni, Verdi… – le dernier album de Benjamin Bernheim rappelle l’attraction lyrique exercée par Paris au XIXe siècle. Comme à chaque fois qu’il chante dans notre langue, le ténor y est souverain. A compléter éventuellement par l’enregistrement des <a href="https://www.forumopera.com/cd/les-abencerages-dispensable-chainon-manquant"><em>Abencérages</em> de Cherubini</a>, un exemple cette fois intégral d’opéra français d’origine italienne.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/mondonville_0_0.jpg?itok=9SvEEAVf" style="width: 150px; height: 172px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/dvd/jean-joseph-cassanea-de-mondonville-titon-et-laurore-vraiment-baroque">Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville &#8211; Titon et l&rsquo;Aurore</a></strong> (DVD Naxos)</p>
<p><em>Titon et l&rsquo;Aurore </em>dirigé par William Christie et mise en scène par Basil Twist <a href="https://www.forumopera.com/titon-et-laurore-paris-opera-comique-mondonville-contre-le-blue-monday">à Paris en 202</a>1 rappelait quel grand compositeur d&rsquo;opéra était Mondonville. Le report du spectacle en DVD le confirme.&nbsp;Reinoud Van Mechelen et&nbsp;Gwendoline Blondeel dans les rôles titres sont épatants. Les&nbsp;jeux de marionnettes se laissent regarder avec plaisir et depuis l&rsquo;enregistrement des Grands Motets en 1997, on connaît les affinités des Arts Florissants avec cette musique. A compléter forcément par le récent <a href="https://www.forumopera.com/cd/zoroastre-zoroastre-enfin-dans-sa-splendeur-et-sa-verite-premiere-swag"><em>Zoroastre</em> de Rameau chez Alpha</a> avec de nouveau Reinoud Van Mechelen&nbsp;dans le rôle titre.</p>
<hr>
<p><strong>UN NOEL ITALIEN</strong> par Cédric Manuel</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/natale-alla-scala-interno-due-colonne.jpg?itok=UvjjxjOg" style="width: 150px; height: 94px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>ESCAPADE LYRIQUE A MILAN</strong></p>
<p>Pour un cadeau à la fois inattendu et original (mais qui suppose quelques moyens il est vrai), offrez donc des billets pour un spectacle inoubliable à la Scala de Milan, où tout ne se résume pas à la soirée très <em>select </em>de la Saint-Ambroise ! Tenez, par exemple, quoi de mieux que de savourer un Verdi dans la ville où il repose (vous pourrez d&rsquo;ailleurs en profiter pour aller à la Casa di Riposo où se trouve son tombeau) et ça tombe bien : vous pourrez choisir entre <em>I Vespri siciliani </em>en février (avec en alternance Marina Rebeka et Angela Meade) ou bien encore <em>Macbeth </em>en juin (Salsi, Netrebko / Semenchuk)&#8230; Pour la peine, la Scala vous propose des <a href="https://teatroallascala.org/en/box-office/la-scala-as-christmas-gift.html" rel="nofollow">petits kits cadeaux</a>&#8230;</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/710izs4i3tl._sy450__0.jpg?itok=J4PHunYd" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>&nbsp;Jonas Kaufmann et Ludovic Tézier</strong>, <em><strong>Insieme </strong></em>(Sony Classical)</p>
<p>Enregistré un peu à l&rsquo;improviste au plus fort de la pandémie, ce disque événement affiche non seulement deux voix d&rsquo;exception, mais aussi une réelle complicité artistique et humaine à laquelle se joint avec un sens du théâtre qui dit tout de son art, un Antonio Pappano qui couve les deux chanteurs du luxueux tapis de l&rsquo;Académie Sainte-Cécile. Un disque d&rsquo;âge d&rsquo;or, comme nous le disions à sortie !</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/sardelli_couv-i-1-pdf_0.jpg?itok=PAlkIM-K" style="width: 150px; height: 242px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;"></p>
<p><strong>Federico Maria Sardelli</strong>, <em><strong>L&rsquo;Affaire Vivaldi</strong></em> (Van Dieren)</p>
<p>Mieux qu&rsquo;un casque de réalité virtuelle, une plongée dans le Metavers ou n&rsquo;importe quelle réalité augmentée, le livre de l&rsquo;éminent vivaldien Federico Maria Sardelli vous donnera le sentiment d&rsquo;être immergés dans le coeur de l&rsquo;Italie baroque, autour de la vie mystérieuse et trépidante du Prêtre roux. Un livre érudit, vigoureux, théâtral, en un mot un trésor qui ne déparera pas au bas du sapin !</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/i-capuleti-e-i-montecchi_0.png?itok=cAwdudsz" style="width: 150px; height: 223px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>Vincenzo Bellini</strong>, <em><strong>I Capuletti e i Montecchi</strong></em> (DVD Naxos)</p>
<p>Nul besoin d&rsquo;aller dans les maisons d&rsquo;opéras qui tiennent le haut du pavé lyrique pour trouver des bijoux, ni de courir après les divas à la mode. Cela n&#8217;empêche ni les superbes écrins (ici La Fenice), ni les mises en scène de grande classe (ici l&rsquo;approche picturale d&rsquo;Arnaud Bernard), ni les voix de premier ordre (ici Jessica Pratt, Sonia Ganassi), ni un orchestre qui, sans être celui de la Scala, sert parfaitement l&rsquo;oeuvre de Bellini sous la baguette alerte d&rsquo;Omer Meir Wellber.</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/norma_7.jpg?itok=odKgbJuy" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>Guy Delvaux, Antonio Ferrara,</strong> <em><strong>Norma </strong></em>(Si l&rsquo;opéra m&rsquo;était dessiné&#8230;, Kifadassé)</p>
<p>Et si pour amadouer votre enfant rétif (ou rétive) à l&rsquo;opéra, vous commenciez par lui offrir une bande dessinée ? Le 9e art regorge de ressources et ne cesse de surprendre par son foisonnement. Sortie voici un an, cette <em>Norma</em> sur un texte -très fidèle au livret de Romani- de Guy Delvaux et des dessins remarquables d&rsquo;Antonio Ferrara, est le troisième tome d&rsquo;une série initiée avec <em>Thaïs</em>, puis <em>Alcina</em>. Admirable travail luxueusement présenté, il suffit d&rsquo;en accompagner la lecture par un enregistrement du niveau approprié : pourquoi pas ceux de Callas, si brillamment remasterisés il y a quelques années ? Un cadeau qui en appelle un autre ? Décidément, c&rsquo;est Noël ! Buon Natale, quindi !</p>
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			</item>
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		<title>Festival de Salzbourg 2023 : les metteurs en scène (&#8230;et les francophones) à l&#8217;honneur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/festival-de-salzbourg-2023-les-metteurs-en-scene-et-les-francophones-a-lhonneur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Dec 2022 13:11:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;édition 2023 du Festival de Salzbourg offrira une programmation mêlant raretés et classiques du répertoire. Côté lyrique, Le Nozze di Figaro seront dirigées par Raphaël Pichon dans une production de Martin Kušej. Macbeth sera dirigé par Franz Welser-Möst et la mise en scène assurée par Krzysztof Warlikowski.  Du côté des voix, on notera la présence d&#8217;artistes francophones tels &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;édition 2023 du Festival de Salzbourg offrira une programmation mêlant raretés et classiques du répertoire. Côté lyrique, <em>Le Nozze di Figaro </em>seront dirigées par <strong>Raphaël Pichon</strong> dans une production de <strong>Martin Kušej</strong>. <em>Macbeth</em> sera dirigé par<strong> </strong><strong>Franz Welser-Möst </strong>et la mise en scène assurée par <strong>Krzysztof Warlikowski</strong>.  Du côté des voix, on notera la présence d&rsquo;artistes francophones tels que <strong>Lea Desandre</strong> (Cherubino) et <strong>Sabine Devieilhe </strong>(Susanna). <strong>Asmik Grigoriam </strong>sera Lady Macbeth et<strong> Jonathan Tetelman</strong>, Macduff, face au Macbeth de <strong>Vladislav Sulimsky </strong>à la carrière jusqu&rsquo;ici discrète. <em>The Indian Queen </em>sera donnée en concert, avec <strong>Teodor Currentzis </strong>sur le podium. Concert également pour <em>Les Troyens </em>dirigés par <strong>John Eliot Gardiner </strong>avec <strong>Michael Spyres</strong> en Enée et concert toujours pour<em> I Capuleti e i Montecchi </em>avec <strong>Elsa Dreisig</strong>, <strong>Aigul Akhletshina</strong> et <strong>Pene Pati </strong>sous la baguette de <strong>Marco Armiliato</strong>. <strong>Cecilia Bartoli </strong>reprendra la production d&rsquo;<em>Orfeo</em> <em>ed Euridice</em> aux côtés de <strong>Mélissa Petit</strong>, spectacle créé pour le Festival de Pentecôte qu&rsquo;elle dirige. <strong>Christoph Marthaler</strong> proposera un nouveau <em>Falstaff </em>et la rare <em>Greek passion </em>de <strong>Bohuslav Martinů </strong>sera dirigée par <strong>Maxime Pascal </strong>dans une production de <strong>Simon Stone</strong>. <a href="https://www.salzburgerfestspiele.at/en/tickets/calendar?season=140" rel="nofollow">Programme complet ici</a>.</p>
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		<item>
		<title>Julie Fuchs dans I Capuleti e I Montecchi : l&#8217;envers du décor</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/julie-fuchs-dans-i-capuleti-e-i-montecchi-lenvers-du-decor/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Sep 2022 13:26:27 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/julie-fuchs-dans-i-capuleti-e-i-montecchi-l-envers-du-dcor/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après Angela Gheorghiu et Florian Sempey cet été, c&#8217;est au tour de Julie Fuchs de nous dévoiler sur Twitter un de ces trucages fréquents à l&#8217;opéra où le suicide à l&#8217;arme blanche est une des premières causes de mortalité, bien avant l&#8217;alcool au volant. A la fin d&#8217;I Capuleti e I Montecchi de Bellini, actuellement &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <a href="/breve/angela-gheorghiu-dans-tosca-lenvers-du-decor">Angela Gheorghiu </a>et <a href="/breve/florian-sempey-dans-faust-lenvers-du-decor">Florian Sempey</a> cet été, c&rsquo;est au tour de<strong> Julie Fuchs </strong>de nous dévoiler sur Twitter un de ces trucages fréquents à l&rsquo;opéra où le suicide à l&rsquo;arme blanche est une des premières causes de mortalité, bien avant l&rsquo;alcool au volant. A la fin d&rsquo;<em>I Capuleti e I Montecchi </em>de Bellini, <a href="https://www.forumopera.com/i-capuleti-e-i-montecchi-paris-bastille-repertoire-nest-pas-un-gros-mot">actuellement à l&rsquo;affiche de la Bastille</a>, Giulietta arrache le poignard des main de Romeo mort et se perce le flanc à son tour – fantaisie du metteur en scène car le livret ne mentionne pas de hara-kiri. Qu&rsquo;on se rassure, une lame rétractable permet à la soprano de se relever dès le rideau tombé. Giulietta meurt mais Julie est indemne, ainsi qu&rsquo;on pourra le vérifier jusqu&rsquo;au 14 octobre sur scène, ou le 29 septembre à 19h30 sur France.tv/Culturebox ou dans les cinémas UGC.</p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="en" xml:lang="en">How does Juliet die in this production of “I Capuleti e i Montecchi” at <a href="https://twitter.com/operadeparis?ref_src=twsrc%5Etfw" rel="nofollow">@operadeparis</a>? Come with me backstage to see how Giulietta meets her tragic end, but no Julies are harmed in the process…I’ll be using this knife tonight for our second show! <a href="https://t.co/HryZEFnsRn" rel="nofollow">pic.twitter.com/HryZEFnsRn</a></p>
<p>	— Julie Fuchs (@juliefuchssop) <a href="https://twitter.com/juliefuchssop/status/1573280504454971392?ref_src=twsrc%5Etfw" rel="nofollow">September 23, 2022</a></p>
</blockquote>
<p> </p>
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		<title>BELLINI, I Capuleti e i Montecchi — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/i-capuleti-e-i-montecchi-paris-bastille-repertoire-nest-pas-un-gros-mot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Sep 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra national de Paris fait preuve de prudence pour sa rentrée : plutôt que de miser sur des nouvelles productions, il puise dans son répertoire. Après La Cenerentola et Tosca, Alexander Neef célèbre ainsi Robert Carsen en reprogrammant La Flute enchantée et ce soir I Capuleti e i Montecchi. Cette dernière production fait partie de l’histoire &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra national de Paris fait preuve de prudence pour sa rentrée : plutôt que de miser sur des nouvelles productions, il puise dans son répertoire. Après <em>La Cenerentola</em> et <a href="https://www.forumopera.com/tosca-paris-bastille-ovation-debout-pour-gustavo-dudamel-et-son-equipe"><em>Tosca</em></a>, Alexander Neef célèbre ainsi <strong>Robert Carsen</strong> en reprogrammant <em>La Flute enchantée</em> et ce soir <em>I Capuleti e i Montecchi</em>.</p>
<p>Cette dernière production fait partie de l’histoire de l’Opéra Bastille : créée en 1996, elle a été reprise en 1998, 2004, 2008 (avec Joyce DiDonato et Anna Netrebko), et enfin 2014 !</p>
<p>Le classicisme du spectacle, imaginé par Robert Carsen pour la mise en scène et <strong>Michael Levine</strong> pour les décors et les costumes, défie plutôt bien le passage des années. L’opposition du rouge des Capulet et du noir des Montaigu, l’omniprésence du rouge sang dans les panneaux délimitant un univers toujours clos et oppressant, tout rappelle qu’il y aura une tragédie au bout du compte. Pris en étau ici non seulement par les haines familiales mais aussi, dans le livret signé Felice Romani, par les conflits ancestraux entre les Guelfes et les Gibelins, les amours de Romeo et Giulietta sont condamnées.</p>
<p>Si le visuel est toujours aussi esthétique, magnifié par les éclairages de <strong>Davy Cunningham</strong>, on pourra regretter (<a href="https://www.forumopera.com/i-capuleti-e-i-montecchi-paris-bastille-romeo-et-eurydice">comme nous le faisions déjà en 2014</a>) une direction d’acteurs manquant parfois de souffle, en particulier le final de l’acte 1, très statique. Les scènes intimes fonctionnent mieux sans que l’on sache si on le doit d’abord au metteur en scène ou à la grâce des interprètes.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/i_capuleti_e_i_montecchi_22-23_c_emilie_brouchon_-_onp_2.jpg?itok=nDLgDn3e" title="Julie Fuchs (Giulietta) © Emilie Brouchon / Opéra de Paris" width="468" /><br />
	Julie Fuchs (Giulietta) © Emilie Brouchon / Opéra de Paris</p>
<p>La nouveauté est ce soir à rechercher du côté de la fosse, avec les débuts de <strong>Speranza Scappucci</strong> à l’Opéra de Paris. L’ouverture au tempo très vif pourrait faire croire à une conduite pétaradante <em>alla</em> Evelino Pidò (qui dirigeait la série de 2008). Mais il n&rsquo;en est rien et on est très vite rassuré par l’équilibre de cette direction, très attentive aux chanteurs, dont on pourra simplement regretter quelques alanguissements intempestifs. L’Orchestre de l’Opéra national de Paris, un peu bousculé au départ, retrouve très vite ses marques, faisant montre de belles sonorités, et distillant avec élégance les soli instrumentaux dont le compositeur a parsemé la partition.</p>
<p>Les Chœurs masculins de l’Opéra national de Paris, très sollicités tout au long de l’ouvrage, font preuve d’une grande rigueur : on admire la plasticité et l’homogénéité du chant, jusque dans l’émouvant chœur final dans le tombeau.</p>
<p>La distribution réunie ce soir fait honneur au chant bellinien, le couple amoureux trouvant en <strong>Julie Fuchs</strong> et <strong>Anna Goryachova</strong> un duo d’une belle alchimie.</p>
<p>La Giulietta gracile de Julie Fuchs touche dès son entrée. Cette voix d’essence légère possède une pulpe et un frémissement qui captivent chez l’héroïne mélancolique. Il n’est nulle question ici de tranchant ou d’héroïsme mais de délicatesse, avec une technique belcantiste (avec <em>messa di voce</em> et quelques beaux trilles) au service de l’émotion. Surtout l’interprète rayonne, passant dans la scène du tombeau en un clin d’œil d’une parfaite ingénuité (« Ebben, che importa ? ») au désespoir total quand elle comprend que son amant agonise dans ses bras.</p>
<p>Silhouette androgyne, voix longue sombre mais sans lourdeur (et sans poitrinage excessif), le Romeo de la mezzo russe séduit par son chant très modelé dans la cantilène. Les passages plus guerriers à l’acte 1 (« La tremenda ultrice spada ») la trouvent un peu à court d’arrogance et on y rêverait plus d’aspérités. Pourtant on s’incline devant la probité de ce chant qui gagne en ampleur et en puissance au fur et à mesure de la soirée.</p>
<p>La séduction n’est pas l’atout principal de son rival Tebaldo. <strong>Francesco Demuro</strong> délivre une prestation irréprochable, osant variations dans les reprises et suraigus, et l’acteur est arrogant à souhait. Pourtant, cela ne peut faire totalement oublier un timbre dont les nasalités ne trouvent pas grâce à nos oreilles.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="223" src="/sites/default/files/styles/large/public/web_capture_22-9-2022_05133_.jpeg?itok=ywzqxImk" title="Anna Goryachova (Romeo) et Jean Teitgen (Capellio) © Emilie Brouchon / Opéra de Paris" width="468" /><br />
	Anna Goryachova (Romeo) et Jean Teitgen (Capellio) © Emilie Brouchon / Opéra de Paris</p>
<p>Les basses sont elles luxueuses. En particulier, le Capellio de <strong>Jean Teitgen</strong> impressionne : autorité, mordant, puissance, il fait du père de Giulietta un homme frustre et glaçant. <strong>Krzysztof Bączyk</strong>, plus clair de timbre, ne rivalise pas en terme de volume mais instille une belle humanité à son personnage.</p>
<p>On vous le dit : le répertoire n’est pas un gros mot, surtout quand il est défendu comme ce soir.</p>
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		<title>Notre disque de l&#8217;été : I Capuleti e i Montecchi à Venise</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/notre-disque-de-lete-i-capuleti-e-i-montecchi-a-venise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Jacques Groleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Sep 2022 08:51:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Capulets de Bellini n&#8217;ont pas si souvent l&#8217;honneur du DVD. Cette superbe soirée vénitienne, mise en scène par Arnaud Bernard et dirigée par Omer Meir Wellber, a de fort beaux atouts à nous proposer, au premier rang desquels le formidable duo Ganassi-Pratt. Tout juste éditée en DVD chez Naxos, cette production s&#8217;impose comme notre choix de l&#8217;été ! &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les <a href="https://www.forumopera.com/dvd/vincenzo-bellini-i-capuleti-e-i-montecchi-venise-bellini-aux-offices"><em>Capulets</em></a> de Bellini n&rsquo;ont pas si souvent l&rsquo;honneur du DVD. Cette superbe soirée vénitienne,<a href="https://www.forumopera.com/dvd/vincenzo-bellini-i-capuleti-e-i-montecchi-venise-bellini-aux-offices"> mise en scène par Arnaud Bernard et dirigée par Omer Meir Wellber</a>, a de fort beaux atouts à nous proposer, au premier rang desquels le formidable duo<a href="https://www.forumopera.com/dvd/vincenzo-bellini-i-capuleti-e-i-montecchi-venise-bellini-aux-offices"> Ganassi-Pratt</a>. Tout juste éditée en <a href="https://www.forumopera.com/dvd/vincenzo-bellini-i-capuleti-e-i-montecchi-venise-bellini-aux-offices">DVD chez Naxos</a>, cette production s&rsquo;impose comme notre choix de l&rsquo;été !</p>
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		<title>Vincenzo Bellini &#8211; I Capuleti e i Montecchi, Venise</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/vincenzo-bellini-i-capuleti-e-i-montecchi-venise-bellini-aux-offices/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Aug 2022 08:35:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque représentation actuelle d&#8217;un opéra de Bellini se confronte à la question de la viabilité scénique des ouvrages du divin Sicilien. Si les longues courbes mélodiques de Bellini, expression la plus sublime du bel canto, ont fait les délices des mélomanes, des chanteurs et de compositeurs comme Chopin, elles n&#8217;inspirent pas naturellement une action théâtrale. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Chaque représentation actuelle d&rsquo;un opéra de Bellini se confronte à la question de la viabilité scénique des ouvrages du divin Sicilien. Si les longues courbes mélodiques de Bellini, expression la plus sublime du bel canto, ont fait les délices des mélomanes, des chanteurs et de compositeurs comme Chopin, elles n&rsquo;inspirent pas naturellement une action théâtrale. Comment habiter ces moments de pur statisme ? Comment donner vie à des personnages qui semblent s&rsquo;arrêter à tout instant ? <strong>Arnaud Bernard</strong> a eu la bonne idée de prendre Bellini au mot. Puisque l&rsquo;action s&rsquo;interrompt régulièrement au profit de la musique, il a choisi de figer ses personnages et tout leur entourage dans des poses qui évoquent la peinture. Tout au long de ces Capuleti e Montecchi, on a donc droit à « La Ronde de nuit » de Rembrandt, aux « Noces de Cana » de Véronèse, ou à pas mal de Rubens. Le procédé fonctionne admirablement, même si sa répétition finit par lasser quelque peu. Les décors, abondamment pourvus en toiles de grande taille, et le jeu très impliqué des choristes et des solistes achèvent de rendre crédible cette réalisation, qui se signale par ailleurs par un grand classicisme. Les costumes mélangent agréablement les époques, les éclairages de <strong>Fabio Barettin </strong>sont constamment soucieux d&rsquo;esthétique, et l&rsquo;action demeure lisible. Sans doute n&rsquo;est-ce pas ici que l&rsquo;on trouvera des émotions théâtrales délirantes comme peuvent en offrir <em>Elektra</em> ou <em>Boris</em> <em>Godounov</em>, mais ce n&rsquo;est pas non plus ce qu&rsquo;on attend d&rsquo;une représentation de Bellini.</p>
<p>La part du lion revient au chant, et il faut reconnaitre que le menu est plutot alléchant. Si <strong>Sonia Ganassi</strong> connait quelques moments de faiblesse dans le rôle écrasant de Romeo, avec des baisses de tension qui se ressentent au niveau de la justesse, ses atouts compensent largement : un tempérament scénique volcanique, une présence criante de vérité, un timbre qui reste parmi les plus beaux dans sa tessiture, et une habileté à apparier sa voix avec celle de sa partenaire, malgré la nature très différente des timbres. Tant d&rsquo;engagement fait oublier ce que le travestissement peut avoir de vieillot, et les bons 15 centimètres qui manquent à ce Romeo pour avoir la taille de sa bien-aimée. Une Juliette, <strong>Jessica Pratt</strong>, dont la beauté suffoque, et à qui pas une boucle de la fameuse chevelure de Juliette ne fait défaut. L&rsquo;opulence physique trouve son pendant dans un chant extrêmement charnu et aisé, ou pas une seule ligne bellinienne ne semble poser de difficulté à la soprano, qui termine la soirée aussi fraiche qu&rsquo;elle l&rsquo;a commencée, provoquant l&rsquo;enthousiasme du public. Les duos la montrent à son meilleur, et elle est aussi à l&rsquo;aise dans la jubilation que dans la détresse.</p>
<p><strong>Shalva Mukeria </strong>est un peu moins à l&rsquo;aise en Tebaldo, la vocalité belcantiste échappant un peu à son style très « gros », avec des aigus manquant parfois de grâce. Mais cette relative inadéquation avec le style de l&rsquo;époque pèse de peu de poids face à tant de santé vocale, à tant d&rsquo;éclat dans un rôle que beaucoup de titulaires ont cantonné à des incarnations bien pâles. N&rsquo;oublions pas que ces <em>Capuleti</em> furent remis a l&rsquo;honneur dans les années 60 par Claudio Abbado, avec dans la distribution un certain Luciano Pavarotti. On ne prétendra pas que Mukeria sonne comme son illustre prédécesseur, mais son approche s&rsquo;inscrit dans la même lignée : puissante et solaire. Il n&rsquo;y a pas grand chose à dire du Lorenzo de <strong>Luca dall&rsquo;Amico,</strong> si ce n&rsquo;est son impérial maintien, ni du Capellio de <strong>Rubén Amoretti,</strong> parce que Bellini ne leur a confié aucun vrai passage soliste. Tout au plus assurent-ils les clés de fa dans les ensembles, ce qu&rsquo;ils font avec beaucoup de talent. Le <strong>chœur de La Fenice</strong> se montre à la hauteur des vastes fresques qui laissent déjà présager de ce que seront<em> I Puritani</em>. La baguette alerte d&rsquo;<strong>Omer Meir Wellber</strong> équilibre a merveille drame et contemplation, sachant accélerer ou respirer avec beaucoup d&rsquo;à propos, et tirant le meilleur d&rsquo;un orchestre maison en progrès constant, avec une clarinette solo à se damner, et une tenue générale des plus honorables. Au final, les versions filmées de ces <em>Capuleti</em> ne sont pas légion, et celle-ci vient prendre son rang. Ce n&rsquo;est que justice, puisque c&rsquo;est dans ce même théâtre que l&rsquo;œuvre fut créée en mars 1830.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/vincenzo-bellini-i-capuleti-e-i-montecchi-venise-bellini-aux-offices/">Vincenzo Bellini &#8211; I Capuleti e i Montecchi, Venise</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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