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	<title>Il dialogo del Nabucco - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sat, 21 Dec 2024 07:25:25 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Il dialogo del Nabucco - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>FALVETTI, Il Nabucco &#8211; Nantes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Dec 2024 01:54:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La redécouverte du compositeur calabrais Michelangelo Falvetti doit beaucoup à Leonardo García Alarcón qui dans les années 2010 à recrée au festival d&#8217;Ambronay deux de ses oratorios avec un succès jamais démenti au cours de tournées qui alimentent encore les saisons musicales aujourd&#8217;hui. Ce n&#8217;est pas Il Diluvio Universale qu&#8217;accueille la cité des Congrès de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La redécouverte du compositeur calabrais Michelangelo Falvetti doit beaucoup à <strong>Leonardo García Alarcón</strong> qui dans les années 2010 à recrée au festival d&rsquo;Ambronay deux de ses oratorios avec un succès jamais démenti au cours de tournées qui alimentent encore les saisons musicales aujourd&rsquo;hui.</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas<em> Il Diluvio Universale</em> qu&rsquo;accueille la cité des Congrès de Nantes pour l&rsquo;ouverture de saison de Baroque en Scène mais<em> Il</em> <em>Nabucco</em>, dialogue biblique prenant, puissamment scénique.<br>En prologue, le dialogue est d&rsquo;abord celui d&rsquo;Orgueil et Idolâtrie abordant les rives de l&rsquo;Euphrate avant que Nabuchodonosor, victorieux, n&rsquo;y érige une statue à son effigie. Le monarque échange alors avec trois jeunes israélites qui refusent de vouer un quelconque culte à la sculpture mais sont miraculeusement épargnés par le brasier dans lequel ils sont jetés pour prix de leur refus du paganisme.</p>
<p>La narration – à l&rsquo;évidente vocation d&rsquo;édification &#8211; est superbement conduite, sans temps morts, passant souplement de récitatifs en aria, portée par l&rsquo;énergie communicative du chef, sa direction ample et souple&nbsp;; son talent surtout pour réinventer l&rsquo;instrumentarium le mieux à même de servir la partition.<br>La Cappella Mediterranea fait merveille en mettant en valeur successivement tous ses musiciens, multipliant les associations de timbres, jouant en virtuose des palettes de couleurs des tableaux les plus flamboyants &#8211; comme la symphonie pour l&rsquo;adoration de la statue &#8211; à l&rsquo;intimité la plus recueillie. Théorbe et archiluth sont toujours nettement audibles tant le volume sonore est bien calibré&nbsp;; Flûte douce et saqueboutes enivrent de lignes mélodiques d&rsquo;une notable séduction.</p>
<p>L&rsquo;auditeur ne ressent aucune lassitude, aucune redite. Dès l&rsquo;ouverture, les percussions iraniennes, de<strong> Keyvan Chemirani</strong> &#8211; invité en ce même mois de décembre par Angers Nantes Opéra pour un programme dédié à la musique persane – installent un climat d&rsquo;une grande poésie qui accompagne toute la représentation avec grand raffinement.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Il-dialogo-del-Nabucco@Alexandra_Syskova-6-1024x683.jpg" alt="Leonardo Garcia Alarcon" class="wp-image-179367"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Alexandra Syskova</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Le chœur de Chambre de Namur</strong> s’accommode aisément de la spatialisation dans cette salle qu&rsquo;ils découvrent pourtant le jour même. Il intervient à de nombreuses reprises avec un constant souci d&rsquo;articulation, de legato, de rondeur du son. « Vola la Fama e con alate piume » constitue d&rsquo;ailleurs un temps fort de la partition.<br>Les solistes font montre des mêmes qualités d&rsquo;écoute subtile. Ils ne semblent jamais souffrir d&rsquo;être placé devant l&rsquo;orchestre &#8211; ce qui est favorable à l&rsquo;émission mais empêche de voir le chef -. Il s&rsquo;agit donc se sentir ensemble la musique et indéniablement, les corps entiers écoutent, respirent de concert.<br>La mise en espace précise, les costumes particulièrement soignés &#8211; teintes sourdes pour les « enfants », velours et paillettes pour les assyriens &#8211; participent à parfaitement caractériser les personnages, apportant une vie singulière à la forme oratorio.<br>Dans cet univers à la théâtralité prégnante, <strong>Valerio Contaldo</strong> – excellent comédien &#8211; campe un Nabucco ambivalent de son ténor bien ancré, généreux et franc. Il témoigne d&rsquo;une grande force de conviction dans le difficile « S &lsquo;alla mia imago » en dépit du tempo lent où s&rsquo;affirme un grand sens de la ligne vocale tandis que le doute qui l&rsquo;habite nous touche dans « Per non vivere infelice » comme sa rage dans les interventions suivantes.<br><strong>Rafael Galaz Ramirez</strong> s&rsquo;oppose au despote.&nbsp; Son prophète Daniele s&rsquo;affirme, plein d&rsquo;autorité au baryton convaincant même si il pourrait plus varier ses intentions à l&rsquo;exemple de<strong> Nicolò Balducci</strong> en L&rsquo;Arioco – militaire au service du roi – qui propose une prestation toute en nuances. Le contre-ténor profite d&rsquo;une émission franche, de beaux sons droits notamment dans « Udiste, incite genti ».</p>
<p>L&rsquo; Eufrate de <strong>Matteo Bellotto</strong> est légèrement en retrait avec des graves peu audibles. Pour sa part, la sculpturale <strong>Mariana Flores</strong> souffre d&rsquo;une approche assez extérieure du rôle d&rsquo;Idolâtrie ; surtout le timbre s&rsquo;éteint étrangement dans son solo « la mia fede dal fuoco nasce ». En revanche, lorsqu&rsquo;elle retrouve les deux autres « enfants », les voix se mélangent harmonieusement avec, ici encore, un sens des nuances, des couleurs tout à fait formidable. <strong>Lucía Martín-Cartón</strong> et <strong>Ana Quintans</strong>, quant à elles, sont admirables tout au long de la soirée : Leurs deux airs soli « Tra le vampe d&rsquo;ardenti fornaci » et « le facelle, che qui s&rsquo;accendono » évoquent le miracle d&rsquo;une fournaise qui ne brûle pas avec des vocalises ciselées, deux timbres rayonnants, une ligne vocale pareillement sinueuse et sensuelle.<br>Le trio « Risolvo morire » où les enfants choisissent la mort plutôt qu&rsquo;un culte inique était déjà splendide : Transfigurées par la Foi, paisibles dans le martyr, ces trois figures illuminent toute la partition.</p>
<p>Cette soirée somptueuse ne fait aucunement oublier les difficultés auxquelles sont confrontées les structures culturelles des Pays de la Loire. Alain Surrans avait d&rsquo;ailleurs pris la parole en début de soirée, de manière très mesurée pour « partager son désarroi » alors que le « pré-vote du budget de la Région pour 2025 » avait eu lieu le jour même, confirmant des coupes massives. « Décision drastique et tardive à quelques jours du nouvel exercice ». « N&rsquo;étant pas certain de pouvoir mener à bien tous les projets à venir » le Directeur d&rsquo;Angers-Nantes opéra craint de devoir « reporter, réduire, couper », ce qui serait « un crève-cœur ».</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/falvetti-il-nabucco-nantes/">FALVETTI, Il Nabucco &#8211; Nantes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>FALVETTI, Nabucco &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/falvetti-nabucco-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Dec 2024 06:25:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a quelques années, Leonardo García Alarcón nous faisait découvrir le compositeur Michelangelo Falvetti, à travers une œuvre de première importance, Il Diluvio Universale, donnée en 2010 à Ambronay, et plus de 60 fois ensuite à travers l’Europe. Quelques recherches plus tard, il apparait que ce Falvetti est aussi l’auteur d’un autre oratorio, lui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelques années, <strong>Leonardo García Alarc</strong><strong>ón</strong> nous faisait découvrir le compositeur Michelangelo Falvetti, à travers une œuvre de première importance, <em>Il Diluvio Universale</em>, donnée en 2010 à Ambronay, et plus de 60 fois ensuite à travers l’Europe. Quelques recherches plus tard, il apparait que ce Falvetti est aussi l’auteur d’un autre oratorio, lui appelait cela un <em>dialogo</em>, composé un an plus tard, œuvre d’une ampleur un peu moindre, mais non de moindre intérêt. Créé lui aussi à Ambronay en 2012, repris à Dijon en 2017, <em>Il Dialogo de Nabucco</em> puise son sujet dans la Bible, et plus précisément dans le livre de Daniel&nbsp;: pour célébrer sa victoire sur la ville, le Roi Nabuchodonosor fait ériger une statue à son effigie. Ivre d’orgueil, il oblige ensuite les habitants à se prosterner devant cette représentation. Trois enfants israélites se refusent à vénérer une image païenne, et sont condamnés au bûcher. Une intervention divine les protégera des flammes et les fera sortir indemne.</p>
<p>Le livret fait de Nabucco une personnalité complexe, en proie au doute, qui souffre et connait même des moments de folie. Tout cela est magnifiquement rendu par la musique, d’une très grande richesse et diversité de ton, explorant des sentiments nuancés à travers une grammaire très complète, puisant dans tous les raffinements dont le XVIIe italien est capable.</p>
<p>Comme très souvent à l’époque, l’œuvre a des résonances politiques, contemporaines de sa création : Messine, annexée par Charles Quint, vit alors sous le joug espagnol qui fait ériger la statue du Roi Charles II : le parallèle est facile à établir. Mais d’autres résonances beaucoup plus contemporaines s’imposent à nous, avec leurs images de statues renversées, lorsqu’on se souvient que Nabuchodonosor conquit l’Assyrie, d’où l’actuelle Syrie tire son nom.</p>
<p>La partition originale a été conservée à Naples, d’où elle fut tirée de l’oubli par le musicologue Nicolo Maccavino. Restait alors à en reconstituer l’instrumentation, travail que García Alarcón avait déjà fait pour <em>Il Diluvio Universale</em>. Un rôle essentiel est confié aux percussions, tenues de main de maître par l’excellent <strong>Keyvan Chemirami</strong>, musicien d’origine iranienne, présent quasiment tout au long de l’œuvre et qui confère à ses interventions une couleur orientale particulièrement réussie. C’est à lui qu’il revient d’entamer le spectacle avec un solo très inspiré, qui débouche sur un prologue allégorique : l’Eufrate disserte avec l’idolâtrie et l’orgueil.</p>
<p>Musicalement, ce prologue est construit sur un motif d’ostinato instrumental, sorte de préfiguration du chœur d’ouverture de la Passion selon Saint-Jean de Bach, écrit quelques 40 ans plus tard. La partition de Falvetti est d’une grande diversité d’inspiration, et d’une qualité qui peut sans rougir être confrontée à celle des musiques de Scarlatti ou Stradella, pour s’en tenir aux italiens de la même époque.</p>
<p>Le chœur intervient dès ce prologue, placé dans les allées latérales de la salle, pour un effet de spatialisation très réussi. La tension dramatique culmine avec le trio où les enfants déclarent préférer mourir plutôt que d’honorer la statue : <em>Risolvo morire </em>sorte de passage au temps suspendu et à l’écriture particulièrement soignée, avec un caractère oriental bien marqué.</p>
<p>La distribution est dominée par le ténor <strong>Valerio Contaldo </strong>dans le rôle-titre. Sa voix puissante et pleine de riches couleurs, son excellente diction lui permettent de s’imposer malgré un petit accident de mémoire. A ses côtés, le jeune contre-ténor <strong>Nicolò Balducci</strong> dans le rôle d’Arioco, le capitaine des gardes chargé de faire appliquer les sentences iniques du tyran, livre lui aussi une interprétation de grande qualité&nbsp;: la voix est pleine de charme, avec une souplesse très virtuose et des inflexions qui lui permettent l’expression d’une grande diversité de sentiments. Tout au plus pourrait-on souhaiter pour ce rôle un peu plus de puissance. Dans l’emploi du prophète Daniele, chargé de stimuler la foi devant les épreuves, la basse <strong>Rafael Galaz Ramirez</strong> montre une belle voix profonde et un caractère conciliant. Les trois enfants sont chantés par trois sopranos. Si <strong>Ana Quintans</strong> et <strong>Lucia </strong><strong>Martín-Cartón </strong>sont vocalement parfaites, avec ce qu’il faut de modestie mais aussi d&rsquo;insolence et d’ironie, on s’étonne de voir <strong>Mariana Florès</strong> orienter son interprétation entièrement vers le registre de la séduction féminine, sans rapport avec le rôle. La voix, moins souple que celle de ses consœurs, connait quelques duretés dans l’aigu.</p>
<p>Voix naturelle bien placée, mais à la technique moins aboutie, la basse <strong>Matteo Bellotto</strong> (Eufrate) complète cette distribution. L’excellent chœur de chambre de Namur, préparé par Thibaut Lenaerts, chante avec conviction, souplesse et fluidité. Il donne à chacune de ses interventions le ton juste.</p>
<p>Particulièrement vif et nuancé, attentif à tous les détails de la partition, l’orchestre Cappella Mediterranea réagit au doigt et à l’œil d’un chef visiblement comblé.</p>
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		<item>
		<title>FALVETTI, Il dialogo del Nabucco — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-dialogo-del-nabucco-versailles-falvetti-restera-aux-portes-de-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jun 2016 05:32:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Bien que Falvetti ait réussi à séduire le public européen, il reste étonnant que celui qui en révèle le génie, Leonardo García Alarcón, n’ait pas réussi à le faire entrer dans Paris. Louons donc le château de Versailles de programmer une seconde fois ce mirifique Nabucco en diptyque du Diluvio Universale donné la veille. Cette &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Bien que Falvetti ait réussi à séduire le public européen, il reste étonnant que celui qui en révèle le génie, <strong>Leonardo García Alarcón</strong>, n’ait pas réussi à le faire entrer dans Paris. Louons donc le château de Versailles de programmer une seconde fois ce mirifique <em>Nabucco</em> en diptyque du <em>Diluvio Universale</em> donné la veille. Cette redécouverte a quelque chose d’à la fois miraculeux et parfaitement à propos. Miraculeux car ces deux œuvres sont les seules de son auteur à nous être parvenues, et à propos car le chef et son ensemble semblent y moissonner tout ce que les Garrido, Savall et Pluhar ont semé avant lui. Nos oreilles sont donc plus que jamais prêtes à apprécier pleinement cet enchantement harmonique permanent, ces vocalises qui évoluent du mélisme à la performance virtuose, ces instruments chatoyants et orientaux joués par des musiciens investis jusque dans leurs silence, ces rythmes dansants, arabisants, où toute la Méditerranée semble s’être donné rendez-vous en cette fin du XVII<sup>e</sup> siècle sicilien, quand une société sous domination espagnole s’enorgueillissait d’un syncrétisme musical qui flattait l’exotique au lieu de fustiger l’étranger. Falvetti ferait presque pâlir Cavalli et Monteverdi par sa somptuosité et évoque furieusement le jeune Haendel dans certaines arias (« Il Re di Babelle » et ses vocalises virtuoses qui semblent venir tout droit de <em>Teseo</em>). On savait Hambourg grande terre des métissages musicaux de l’Europe baroque, on découvre en Messine son contre-point insulaire.</p>
<p class="rtejustify">Comme face à toute révélation, on ne sait si l’on doit louer davantage le compositeur, le musicologue (ici <strong>Nicolo Maccavino</strong>, à qui échoit une part de l&rsquo;orchestration, rarement incluse dans les partitions) ou ses interprètes. L’orchestre <strong>Cappella Mediterranea</strong> d’abord, d’une cohésion et d’un investissement jubilatoires, alternant entre mélopées intimistes, paysages musicaux ondoyants, harmonie des sphères célestes, nimbes de pureté sainte, danses irrésistibles, et gloires symphoniques à la démesure du personnage éponyme. La simple disposition de l’orchestre dit également tout le soin apporté à cette recréation : les percussions et les vents sont répartis inégalement à cour et à jardin créant effets d’échos et d’immersion harmoniques proprement saisissants. Le très beau<strong> Chœur de Namur </strong>est lui aussi très mobile et d’une finesse d’émission caressante. L’autre originalité de cette œuvre l’inscrit clairement dans l’histoire de l’émergence de l’opéra seria : son alternance de récitatifs et d’arias lui confère un dramatisme d’autant plus saisissant qu’il est agile et ne s’enferme pas dans un schéma musical qui restait à inventer. Le drame est assez court : il s’ouvre sur des allégories de l’Euphrate, de l’Idolatrie et de l’Orgueil qui nous introduisent dans Babylone où Nabucco sort péniblement de son cauchemar. Préparant ensuite les fastes d’une cérémonie d’inauguration de sa nouvelle démiurgique statue d’or, il se voit raillé par des enfants hébreux qui refusent de reconnaître son règne céleste et sont condamnés à la fournaise. Mais protégés par le seul vrai Dieu, ils en sortent indemnes et chantent l’harmonie divine.</p>
<p class="rtejustify">Pour donner vie à ce drame, tous les chanteurs font preuve d’une science et d’une justesse remarquables. En Nabucco, <strong>Fernando Guimarães</strong> est certes très percutant mais manque de technique pour soutenir ses élans expressifs qui étranglent trop souvent sa voix dans l’aigu. En fleuve Euphrate, <strong>Matteo Bellotto</strong> privilégie profondeur à projection, ce qui s’avère être une très bonne stratégie dans le trio initial. Daniel de luxe, <strong>João Fernandes</strong> n’a hélas que trop peu à chanter et son seul air ne figure même pas dans le livret du programme, sa suprématie vocale sur Nabucco illustre néanmoins immédiatement son ascendant moral. En ambigu Arioco, chef des milices, forcé d’obéir au tyran, <strong>Christopher Lowerey</strong> déploie son timbre de contre-ténor aérien, assez proche de celui d’un David Daniels, manquant tout autant de graves mais capable d’une belle virtuosité et d’une prononciation plus affutée. <strong>Capucine Keller</strong> est un Orgueil qui n’a rien de la prétention, ses moyens dans l’aigu sont impressionnants, tant qu’elle abuse parfois de sonorités métalliques qui pertubent la belle harmonie de l’orchestre. Même remarque pour <strong>Mariana Flores</strong>, excellente musicienne à la rythmique et l’élocution impeccables mais aux aigus parfois perçants. <strong>Caroline Weynants</strong> fait preuve de plus de louable retenue dans ce registre et n’en impressionne pas moins par la justesse de son émission. La plus séraphique des sopranos est sans doute <strong>Lucía Martín-Cartón</strong>, à l’aigu plus timide que ses consœurs mais la seule à bénéficier d’un médium riche et sonore qui lui permet plus de variété dans l’expression de l’ironie, de la pureté et de la spiritualité. Toutes ces réserves restant peccadilles face au bonheur que tous procuraient ce soir là et qui nous faisait presque oublier les chaises redoutablement étroites sur lesquelles les spectateurs pouvaient éprouver leur foi musicale.</p>
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		<item>
		<title>Il Dialogo del Nabucco</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/alarcon-sourcier-et-inventeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Nov 2013 05:18:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Après avoir assuré en 2010 la recréation d’ll Diluvio Universale, admirable fresque biblique du Calabrais Michelangelo Falvetti (1642-1692), Leonardo García Alarcón triomphait à nouveau l’année dernière à Ambronay en ressuscitant Il Dialogo del Nabucco, autre oratorio de ce compositeur méconnu créé à Messine en 1683 (voir le compte rendu de Fabrice Malkani). En découvrant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Après avoir assuré en 2010 la recréation d’<em>ll Diluvio Universale</em>, admirable fresque biblique du Calabrais Michelangelo Falvetti (1642-1692), <strong>Leonardo García Alarcón</strong> triomphait à nouveau l’année dernière à Ambronay en ressuscitant<em> Il Dialogo del Nabucco</em>, autre oratorio de ce compositeur méconnu créé à Messine en 1683 (voir le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=4126&amp;cntnt01returnid=65">compte rendu de Fabrice Malkani</a>). En découvrant l’enregistrement qui paraît aujourd’hui, nous partageons sans réserve l’enthousiasme de Fabrice Malkani tant pour l’ouvrage que pour la réalisation, inventive et chatoyante, du chef argentin qui, une fois encore, ne devrait laisser personne indifférent. Ce n’est plus, comme dans l’histoire de Noé, la colère de Dieu, mais celle du roi de Babylone, Nabuccho(donosor) II (ténor), qu’affrontent les protagonistes, trois enfants juifs (sopranos) qui ont osé railler sa mégalomanie en refusant de se prosterner devant une statue érigée à son effigie (« l’image est d’or, le modèle de poussière » clament-ils). Pour prix de leur crime, ils seront précipités dans un brasier, avant d’être sauvés par un ange.</p>
<p>			Ponctuée de quelques épisodes plus éclatants (un puissant choeur de Chaldéens, les menaces de Nabucco ou encore une sinfonia martiale), la partition n’est pas traversée par le souffle épique qui anime<em> Il Diluvio Universale</em>. Elle privilégie davantage des climats subtils et déploie des trésors de sensualité (en particulier dans les trios, les quatuors et dans les airs solistes des enfants), il est vrai magnifiés par les interprètes. Il y a du sourcier, mais également de l’inventeur chez Leonardo García Alarcón. La composition le démange – il ne s’en cache d’ailleurs pas, reste à savoir quand il franchira le pas – et il aime arranger, expérimenter, mais également lancer, à l’instar de Savall ou Garrido, des passerelles entre les genres et les cultures, comme hier entre Monteverdi et Piazzolla. En l’occurrence, ce n’est pas sur les sources musicales de <em>Nabucco</em> qu’il s’appuie, mais sur les descriptions que contiennent les Saintes Ecritures (l’argument est librement adapté des chapitres II et III du Livre de Daniel) pour enrichir sa <strong>Cappella Mediterranea</strong> non seulement de percussions (option déjà explorée dans<em> Il Diluvio</em>), mais également de vents turco-persans ou arméniens (ney, kaval, duduk), l’orientalisme des timbres rehaussant celui de l’écriture. Par-delà l’opulence et le raffinement des textures et des alliages, ces instruments renforcent le pouvoir de suggestion de la musique de Falvetti. Il ne s’agit seulement de planter un décor exotique, mais également, par exemple, d’évoquer le mystère de la foi dans l’extatique et irréel trio « Risolvo morire », un des sommets de l’oeuvre avec la surprenante introduction du prologue où le frémissement des cordes pincées, bientôt rejointes par l’orchestre, donne à entendre le ruissellement de l’Euphrate.<br />
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<p>			On ne change pas une équipe qui gagne : bien plus qu’une formule, c’est sans doute une des clés du succès sans cesse renouvelé de la Cappella Mediterranea qui couronne autant le travail d’une équipe que la vision et les intuitions d’un chef, aussi doué soit-il. Dans les rôles des enfants juifs, musicalement et vocalement les plus gratifiants, nous retrouvons <strong>Mariana Flores</strong> (Azaria) et <strong>Caroline Weynants</strong> (Anania), rivalisant de grâce dans l’insolence rieuse comme dans la ferveur face au bouillant monarque de <strong>Fernando Guimarães</strong>, prêt à ne faire qu’une bouchée du soprano encore vert et plus juvénile de <strong>Magdalena Padilla Olivares</strong> (Misaele). Si la basse <strong>Alejandro Meerapfel</strong> incarne un prophète (Daniel) à la fois empreint de gravité et pétri d’humanité, <strong>Capucine Keller </strong>et <strong>Matteo Bellotto</strong>, bien que cantonnés dans des parties allégoriques (Superbia et Eufrate), ne déméritent pas. Seul l’alto cotonneux de <strong>Fabian Schofrin</strong>, improbable capitaine des milices (Arioco), détonne au sein d’une distribution judicieusement composée. Par contre, la performance du <strong>Choeur de Chambre de Namur</strong> n’appelle que des louanges et contribue de manière substantielle à cette belle réussite collégiale. D’une abondante production (messes polyphoniques, psaumes concertants, motets pour solistes ou à plusieurs voix avec basse continue), seule la musique d’<em>Il Diluvio Universale</em> (1682) et d’<em>Il Nabucco</em> a été intégralement conservée. Il nous faut donc déjà quitter Falvetti ; cependant, nous pouvons compter sur Leonardo García Alarcón, qui ne manque pas de projets, pour élargir notre horizon musical.</p>
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