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	<title>Il re pastore - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Il re pastore - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Il re pastore — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-re-pastore-paris-philharmonie-le-clown-dans-la-bergerie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Mar 2016 17:21:25 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Non, vraiment, on a beau retourner dans tous les sens le programme de salle, il n’est nulle part question de mise en espace pour cette version de concert d’<em>Il re pastore</em>. Pourtant, entre l’usage de menus accessoires, les entrées et les sorties des artistes, les attitudes et mimiques des uns et des autres, on sent qu’il y a là une volonté de dépasser le cadre strict du rang d’oignon de chanteurs en tenue de soirée. Bien sûr, les interprètes ont appris à se connaître, puisqu’ils ont donné le même concert à Vienne le 11, Barcelone le 13, et Lucerne le 15 mars, avant Paris le 18. Mais ne faudrait-il pas voir-là la patte d’un homme en particulier ? Bon sang, mais c’est bien sûr : derrière ces gestes, ces gesticulations, ces clowneries, ces jongleries, c’est forcément <strong>Rolando Villazón </strong>qui se cache à peine. Le clown au milieu des bergers, c’est lui. Le ténor français d’origine mexicaine s’en donne à cœur joie dans son interprétation d’Alessandro, qu’il émaille de mille pitreries, et si les autres personnages se livrent, plus discrètement, à des facéties un peu moins énormes, c’est sans doute grâce à lui (ou à cause de lui). Certes, cette « sérénade pastorale » n’est pas un opera seria, mais l’action n’en est pas pour autant comique ; l’œuvre peut évidemment être mise en scène, mais elle n’y gagne pas forcément, et un concert un peu vivant suffit à ce que l’oreille apprécie cette suite d’airs virtuoses au milieu desquels se cache au moins un joyau, « L’amerò, sarò costante ».</p>
<p>En 2011, à Zurich, <strong>William Christie</strong> dirigeait une production de cette composition de circonstance commandée à un Mozart de 19 ans : est-ce au chef que l’on doit l’ornementation inventive dont bénéficient les reprises da capo ? On peut le supposer. <strong>Les Arts Florissants</strong> sont chez eux dans cette musique dont l’esthétique se rattache encore nettement au milieu du XVIII<sup>e</sup> siècle, et l’on admire en particulier la prestation des vents, notamment des quatre cornistes qu’appellent certains airs. A cette production suisse participaient déjà Rolando Villazón et Martina Janková, les deux principaux protagonistes d’une œuvre qui ne compte que cinq personnages. Du ténor, on connaît le parcours et la reconversion mozartienne, et si l’on ne connaissait également la sincérité de l’artiste et sa réelle vocation de clown, on soupçonnerait que la multiplication des jeux de scène cocasses a pour but de faire oublier le caractère fort peu orthodoxe de son chant. Villazón exécute les acrobaties vocales écrites pour Alessandro, oui, et au train d’enfer que le chef impose à l’ensemble de la distribution, oui, mais au prix de syllabes exagérément ouvertes (la bouche l’est alors tout autant) et non sans souvent hacher les vocalises. Enfin, le public est venu pour lui et en a pour son argent. <strong>Martina Janková</strong>  procure des satisfactions d’un tout autre ordre. Le timbre tout d’abord, dont les nuances cuivrées et la consistance charnue rendent presque suspecte l’étiquette de « soprano » qui lui est attribuée : ces sonorités sont plutôt celles d’une mezzo, et certaines notes semblent même parfois un peu basses. L’interprète, en tout cas, ne manque pas de virtuosité, et ne fait qu’une bouchée des grappes de notes dont est émaillé « Aer tranquillo », pris à une vitesse impressionnante, mais que l’acoustique de la vaste Philharmonie ne permet pas forcément d’apprécier avec netteté.</p>
<p>A l’inverse, on s’étonne qu’<strong>Angela Brower</strong> soit, elle, qualifiée de mezzo-soprano : sa voix a des couleurs proches de celles de Martina Janková, sans qu’on puisse la situer clairement dans une catégorie différente, catégorie dont on sait par ailleurs qu’elle n’existait guère à l’époque de Mozart. L’Elisa de <strong>Regula Mühlemann </strong>se distingue nettement de ses deux consœurs par un authentique timbre de soprano léger, ce qui ne l’empêche pas de conférer la véhémence voulue aux protestations qu’elle émet dans son air « Barbaro ! oh Dio, mi vedi ». Avec un Agenore ouvertement transformé en personnage comique, et pourtant émouvant dans sa détresse amoureuse, <strong>Emiliano Gonzalez Toro</strong> complète fort dignement cette distribution, avec un chant en tous points stylé, qui fait de ses airs deux moments de grâce. Chaleureusement ovationnés, chanteurs et instrumentistes reprennent en guise de bis le long ensemble final, avec une joie communicative, en profitant à nouveau pour poser la couronne destinée au roi-berger sur la tête de William Christie, « invitto duce » incontesté.</p>
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		<title>MOZART, Il re pastore — Paris (Châtelet)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-re-pastore-paris-chatelet-la-force-est-avec-eux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Jan 2015 09:30:18 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une salle enthousiaste qui a accueilli l’ensemble des interprètes – chef et metteurs en scène compris  – de ce <em>Roi Pasteur</em> que le Châtelet affiche pour six représentations à partir du 22 janvier. La scénographie et les costumes ont été confiés à <strong>Nicolas Buffe</strong> qui a également assuré la direction d’acteurs, en collaboration avec <strong>Olivier Fredj</strong>. Le plasticien français avait déjà réalisé les décors et les costumes de l’<em><a href="http://www.forumopera.com/spectacle/haydnorak-contre-ariostor">Orlando paladino</a> </em>de Haydn que le Châtelet avait proposé en 2012. Il applique la même esthétique à l’œuvre de Mozart dont il situe l’action dans l’univers des Mangas, des séries de science-fiction et des jeux vidéo, avec également quelques références à la <em>Guerre des étoiles</em>. Cette transposition dans un futur de bande dessinée, à l&rsquo;opposé de ce que l&rsquo;on voit généralement à l&rsquo;opéra, est tout à fait jubilatoire. L’élément principal du décor est un immense écran incurvé placé au fond de la scène sur lequel sont projetées diverses images : un ciel étoilé que traverse de temps à autre un vaisseau spatial, un étendue désertique qui évoque la surface lunaire, une ville futuriste ou encore une sorte de temple orné de statues gigantesques&#8230; Chaque fois qu&rsquo;un nouveau personnage entre en scène, sa fiche signalétique apparaît sur l&rsquo;écran et pour mieux créer « l’ambiance », les récitatifs sont par moment ponctués de sons qui évoquent des engins électroniques.</p>
<p>Le premier acte se situe dans une station service de l’espace où travaille Aminta, le roi berger, depuis laquelle il peut assister à la bataille intersidérale que mène Alexandre contre Straton le tyran de Sidon. Le second acte se déroule dans la ville de Sidon reconquise : la scène est jonchée de vieux robots et de carcasses au teintes pourpres.</p>
<p>La direction d’acteur extrêmement inventive, ne laisse pas de temps morts, l’œil est constamment sollicité par un nouvel élément, une apparition ou un gag qui déclenchent l’hilarité de la salle. Outre les solistes, évolue sur scène un groupe de danseurs vêtus en cosmonautes qui se livrent à des acrobaties diverses et variées, notamment pendant les airs. L’action est parfaitement lisible et l’argument  – plutôt mince – de l’ouvrage se trouve enrichi par le déferlement d’images et les nombreux jeux de scène auxquels nous assistons.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="266" src="/sites/default/files/styles/large/public/ir3.jpg?itok=TpEG1b_c" title="Théâtre du Châtelet © Marie-Noêlle Robert" width="468" /><br />
	Théâtre du Châtelet © Marie-Noêlle Robert</p>
<p>C’est une équipe de jeunes chanteurs qui a été convoquée, au sein de laquelle <strong>Rainer Trost</strong> qui avait débuté au Châtelet dans <em>Così fan tutte</em> en 1992, fait figure de vétéran. Vêtu d’une armure dorée et d’une cape rouge, il campe un Alexandre haut en couleurs, sorte de matamore à la fois fanfaron et ahuri, doté d&rsquo;une voix solide, aguerrie au style mozartien. On peut toutefois lui reprocher quelques vocalises savonnées dans les passages ornementés. <strong>Krystian Adam</strong> qui avait participé à la reprise de <em>La pietra del paragone</em> l’an dernier est un Agénor touchant et drôle en même temps dans sa soumission aux volontés d’Alexandre. La voix est bien projetée et la ligne de chant extrêmement soignée.</p>
<p>Les interprètes féminines ne manquent pas d’intérêt mais leurs timbres ne sont pas suffisamment différenciés ce qui est gênant notamment pour le rôle travesti d’Aminta qui aurait pu être confié à une voix plus sombre. Le talent de <strong>Soraya Mafi</strong> n’est cependant pas en cause. Elle est tout à fait crédible en jeune berger amoureux. Au second acte le fameux air « L’amerò sarò costante » chanté avec délicatesse et d’infinies nuances dans un silence quasi religieux, lui vaut un succès personnel bien mérité. En 2012, <strong>Raquel Camarinha</strong> était une délicieuse Eurilla façon Barbarella dans <em>Orlando Paladino</em>, cette fois vêtue d’une robe rouge, de bas rouges à pois blancs et coiffée d’oreilles de lapin, elle est une Elisa en perpétuel mouvement sur une sorte de trottinette électrique. La voix est séduisante mais le registre aigu n’est pas dépourvu de stridences. Tel n’est pas le cas de <strong>Marie-Sophie Pollak</strong> qui possède un timbre cristallin fort agréable à l’oreille.</p>
<p>C’est un <strong>Jean-Christophe Spinosi</strong> assagi qui dirige sans précipitation mais avec un raffinement extrême un Ensemble Matheus en grande forme, les vents notamment, parfaitement justes, offrent de belles sonorités tout comme l’excellent violon obligé dans « L’amerò, sarò costante ».         </p>
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