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	<title>Isis - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Isis - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>LULLY, Isis — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/isis-paris-tce-irritante-isis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Dec 2019 01:44:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un chef fervent défenseur de Lully, une distribution alignant artistes chevronnés dans ce répertoire et jeunes talents francophones : voilà de quoi braver grèves et frimas pour gagner le théâtre des Champs-Élysées, où Isis était donnée en version de concert après avoir été applaudie à Beaune cet été. On savait l’œuvre imparfaite ; Hugo Reyne &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr" id="docs-internal-guid-851f8e1c-7fff-69f5-8e8d-fc641b3f39a7">Un chef fervent défenseur de Lully, une distribution alignant artistes chevronnés dans ce répertoire et jeunes talents francophones : voilà de quoi braver grèves et frimas pour gagner le théâtre des Champs-Élysées, où <em>Isis </em>était donnée en version de concert après avoir été applaudie à <a href="https://www.forumopera.com/isis-beaune-la-vache-qui-pleure">Beaune cet été</a>.</p>
<p dir="ltr">On savait l’œuvre imparfaite ; Hugo Reyne en avait néanmoins révélé les beautés en 2005 avec les très éloquentes Françoise Masset et Guillemette Laurens. Quinault y réussit quelques saillies, et l’on comprend combien le spectacle à peine déguisé des amours royales a dû amuser à la cour de Louis XIV – au grand dam de la Montespan, qui fit disgracier le poète. Pour autant, le succès fut mitigé, et l’on saisit pourquoi ce soir. Le prologue ennuie poliment. Les actes I et II sont ceux du théâtre, avec de nombreux chassés-croisés où tout le monde ment : Io (future Isis) à Hiérax, Jupiter à Junon, Iris et Mercure&#8230; Le III est plus généreux de couleurs avec le somptueux divertissement de Pan et Syrinx, et le IV bascule dans la pure succession d’effets, qui valurent sans doute à l’œuvre sa réputation d’opéra des musiciens. L’action est artificiellement dénouée à l’acte V, mais l’intérêt est éventé. Les beautés abondent cependant : les dialogues des premiers actes, les plaintes sur Syrinx changée en roseaux, le fameux chœur des trembleurs, le trio des Parques, la scène d’Isis qui ouvre le dernier acte&#8230; Tout cela suffirait à passer une bonne soirée – malgré l’absence des nombreux changements à vue, machines et tableaux merveilleux qui devaient faire le sel de la création (métamorphoses d’Argus et Hiérax, apparitions dans les nuages, scènes marines, tableau glacial qui devient volcan…).</p>
<p dir="ltr">Toute la difficulté d’<em>Isis</em> est dans l’équilibre entre sincérité et faux-semblants, entre des situations presque boulevardières et le ton élevé d’un opéra qui reste bien désigné « tragédie en musique ». Or c’est bien là que le bât blesse dans l’interprétation de ce vendredi soir. Superbe basse-taille que n’effraie aucune note du rôle, <strong>Edwin Crossley-Mercer</strong> campe un séducteur campé sur ses ergots dont on ne sait trop quand il est volontairement autoparodique. Malgré la beauté du chant et la prestance, on sent bien que ce Jupiter/Pan ne sait pas toujours sur quel pied danser, entre emphase et sincérité, sérieux et comédie. C’est plus flagrant encore dans le cas d’<strong>Ève-Maud Hubeaux</strong> en Io/Isis, elle aussi voix glorieuse – récente Eboli à Bastille – qui se fourvoie dans une approche du chant lulliste qui devient vite irritante. On se met à redouter ces « Ah » ou « Hélas » auxquels elle fait un sort systématique, dans un style qui empire au fil de la soirée jusqu’à alterner gluants portamenti et déclamation revêche. Comment alors s’émouvoir pour cette nymphe agaçante, dont le chant même semble insincère ? Quelques accents laissent néanmoins deviner ce que cette talentueuse artiste pourrait offrir dans ce répertoire. Mêmes affectations chez la soprano <strong>Bénédicte Tauran</strong>, Junon à la voix plus menue qui doit négocier avec une tessiture assez grave, mais dont l’habitude de ce répertoire et un vrai talent de diseuse rattrapent la prestation. Plus que ses partenaires, elle parvient à trouver le ton juste et à cultiver une certaine ambiguïté. La mezzo-soprano <strong>Ambroisine Bré</strong> se jette avec conviction dans ses diverses incarnations (Iris, Syrinx…), pourtant entachées des mêmes maniérismes que ses consœurs : soufflets, hoquets, H outrageusement aspirés, gémissements etc. Le choix d’une ornementation profuse finit de noyer la déclamation dans une minutie de détails. Cela n’empêche pas la totalité des chanteurs de rester parfaitement intelligibles, qualité plus que nécessaire dans la tragédie lyrique.</p>
<p dir="ltr">Ces partis pris interprétatifs ont au moins le mérite d’être assumés jusqu’au bout. De toute évidence, c&rsquo;est <strong>Christophe Rousset</strong> qui en porte la responsabilité. Pour ne rien arranger, sa battue est ce soir particulièrement petite et métronomique, contrastant avec les efforts du plateau pour sortir le spectacle du cadre d’un concert et aller vers le théâtre. Il faut attendre l’acte III pour entendre l’orchestre se parer de quelques couleurs, mais la palette dynamique reste toute la soirée trop limitée. Au-delà d’une exécution solide, ces quelque 25 musiciens – c’est loin de l’effectif de Lully – auraient pu nous offrir plus de plénitude, de rebond et d’arêtes, si le chef les y avait poussés.</p>
<p dir="ltr">Les multiples petits emplois sont fort bien tenus. La haute-contre un peu nasale de <strong>Robert Getchell</strong> séduit par son chant nuancé et ses superbes aigus en voix mixte. Sa furie Erinnis est sans outrance, ouf ! L’autre ténor, dans des rôles moins haut perchés, c’est un solide <strong>Fabien Hyon</strong>, Mercure élégant et roué. Hiérax est le personnage le plus touchant de l’histoire, car c’est le plus sincère : <strong>Aimery Lefèvre</strong> est plutôt attachant, mais souvent engoncé dans cette partie de basse-taille où il tend à bougonner. Enfin, <strong>Philippe Estèphe</strong> n’a pas l’ampleur et les graves qu’il faudrait pour donner tout son poids à Argus, mais il chante avec goût et netteté. Le chœur de chambre de Namur est excellent et récite véritablement son texte, avec une belle diversité d’accents. Il rend magistralement les tremblements qui ouvrent l’acte IV, et l’on regrette que le chef le bride parfois, lors des réjouissances finales notamment. Deux solistes s’en distinguent le temps d’un duo de nymphes : <strong>Julie Calbète</strong> et <strong>Barbara Menier</strong> l’interprètent avec fraîcheur et franchise, offrant une des respirations de cette soirée décevante. Le public, qui a semblé peu réceptif tout au long de la soirée, a cependant réservé de chaleureux applaudissements à l’ensemble des interprètes.</p>
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		<title>LULLY, Isis — Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/isis-beaune-la-vache-qui-pleure/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jul 2019 22:41:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Chère aux cruciverbistes, Io, fille d’Inachos, est restée célèbre pour sa transformation bovine, ce qui n’avait peut-être rien de déplaisant pour les Grecs, à une époque où l’épouse de Zeus avait pour principal attrait ses « yeux de vache » et où Pasiphaë succombait aux charmes d’un taureau. Evidemment, quelques siècles plus tard, Quinault n’aurait pu se &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Chère aux cruciverbistes, Io, fille d’Inachos, est restée célèbre pour sa transformation bovine, ce qui n’avait peut-être rien de déplaisant pour les Grecs, à une époque où l’épouse de Zeus avait pour principal attrait ses « yeux de vache » et où Pasiphaë succombait aux charmes d’un taureau. Evidemment, quelques siècles plus tard, Quinault n’aurait pu se permettre de montrer semblable métamorphose à la cour de Louis XIV, et il suffira de songer, en guise de discret rappel, qu’Isis chez les Egyptiens porte souvent une coiffe ornée de cornes. <em>Isis</em>, donc, nous conte l’histoire d’Io, et l’histoire n’a voulu se souvenir que du « chœur des Trembleurs » imité par Purcell. Injustice de la postérité – une de plus – car Lully y livre, un an après <em>Atys</em>, une fort belle partition sur un fort bon livret.</p>
<p>Si le prologue obligé paraît un peu longuet, malgré quelques jolis passages, tout change dès que commence la pièce proprement dite. On ne trouve point ici de ces intrigues secondaires qui meublent parfois inutilement l’action, mais au contraire une trame où à peu près rien n’est superflu. Inversant la chronologie pour tenir compte de ce qui nous est devenu familier, <em>Isis</em>, c’est <em>Platée</em> en version sérieuse, ou presque : comme chez Rameau, Jupiter descend sur terre pour séduire une nymphe, prévenue de sa chance par Mercure, et bien qu’il s’enveloppe de nuées, Junon a tout subodoré. Comme dans <em>Semele</em> de Haendel, l’épouse du dieu des dieux est escortée par Iris et en fait voir de toutes les couleurs à la dernière toquade de Jupiter. Pas de véritable héros ou héroïne : Isis est une coquette fascinée par les grandeurs qui s’empresse d’oublier le mortel auquel elle est promise, et Jupiter un pleutre qui ne peut rien pour sa belle dès lors que Junon met son veto. Quinault en profite pour glisser quelques polissonneries (« Un époux doit être encore / Plus à craindre qu’un amant ») et éloges de l’inconstance, comme dans l’extraordinaire dialogue de dupes entre Mercure et Iris (« Ne me reprochez pas que je suis peu sincère, / Vous ne l’êtes pas plus que moi »). La réconciliation finale du couple divin sonne délicieusement faux, et l’élévation d’Io-Isis au rang des immortels paraît malgré tout un peu creuse.</p>
<p>En attendant qu’un metteur en scène nous donne à voir tout ce carnaval hypocrite, on remerciera <strong>Christophe Rousset</strong> de braquer les projecteurs sur une partition dont Hugo Reyne avait donné en 2005 un premier enregistrement intégral. Une nouvelle version discographique est prévue chez Aparté, et l’on compte sur les micros placés salle Gaveau au lendemain du concert pour nous livrer un joyau de plus dans la série entamée en 2010 avec <em>Bellérophon</em>.</p>
<p>Menace d’orage oblige, ce n’est pas dans la cour des hospices mais dans la basilique Notre-Dame de Beaune qu’avait lieu le concert. C’est surtout dommage pour le <strong>Chœur de chambre de Namur</strong>, qui réussit la prouesse de rester intelligible malgré une acoustique qui estompe tous les contours de ses phrases. Saluons au passage les deux chanteuses qui s’en détachent un instant pour interpréter un duo de nymphes, avec une sensualité troublante qui ne doit pas qu’à l’entrelacement des lignes vocales prévu par la partition. Les <strong>Talens Lyriques</strong>, eux, se font fort bien entendre dans ce lieu, et l’on savoure notamment les interventions de François Lazarevitch à la flûte ou à la musette, ou de l’inoxydable Marie-Ange Petit aux percussions. Aussi convaincant dans sa direction qu’il se déclare convaincu de la qualité de l’œuvre, Christophe Rousset conduit d’un main souveraine cette tragédie – qui n’en est pas du tout une – lyrique, ô combien lyrique, puisque Lully y renouvelle admirablement son inspiration, entre le chant onomatopéique des forges de Vulcain (« Tôt, tôt, tôt, tôt, tôt… »), le martellement syllabique des fameux Trembleurs, l’impressionnant trio des Parques et l’ample théâtre dans le théâtre que constitue l’histoire de Pan et de Syrinx jouée au troisième acte pour endormir Argus (« Quelles danses ! Quels chants ! et quelle nouveauté ! » s’exclament d’ailleurs les « spectateurs »).</p>
<p>On ne s’est pas encore habitué à voir <strong>Eve-Maud Hubeaux</strong> dans ce répertoire, mais Io appelle une voix plus corsée que les innocentes princesses, et la mezzo-soprano y est tout à fait à sa place, surtout quand commence son calvaire, car elle semble d’abord surjouer la frivolité du personnage, avec des mimiques qui convenaient mieux à la dame Ragonde du <em>Comte Ory</em> à l’Opéra-Comique. Dans le rôle de son malheureux amant éconduit, <strong>Aimery Lefèvre</strong> se révèle plus engagé que cela n’a parfois été le cas, et l’on regrette seulement que, malgré la richesse du timbre, sa diction se perde à peu près entièrement dans l’extrême grave de la tessiture. Par l’autorité de son chant, <strong>Edwin Crossley-Mercer</strong> est en revanche royal en Jupiter (et coquin en Pan). Autre clef de fa, <strong>Philippe Estèphe</strong> a peut-être moins de volume, mais s’impose par le mordant de sa voix. Deux ténors admirablement assortis, en la personne de <strong>Cyril Auvity</strong> qui, après avoir été pour Christophe Rousset le protagoniste de plusieurs intégrales lullystes, joue – mais de manière ô combien poétique – les utilités en combinant pas moins de huit petits rôles, et de <strong>Fabien Hyon</strong>, nouvelle et fort appréciable recrue, exquis Mercure aux couleurs un rien plus sombres (et assez impayable dans les rôle des « Maladies languissantes »). Si <strong>Bénédicte Tauran </strong>est une Junon impérieuse, dont on redoute la vindicte, <strong>Ambroisine Bré </strong>fait valoir une belle gourmandise vocale en Iris ou en Syrinx.</p>
<p>Bref : vivement le disque !</p>
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