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	<title>Issé - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Issé - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Issé</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/isse-avant-isbe-isse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Nov 2019 16:10:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si curieux que le concept puisse sembler aux esprits modernes, la pastorale héroïque eut son heure de gloire entre la toute fin du XVIIe siècle et le milieu du XVIIIe. Les plus grands compositeurs s’y illustrèrent : Rameau avec Naïs, ou Mondonville avec Isbé. Lully en avait posé les bases dès 1686 avec son Acis et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si curieux que le concept puisse sembler aux esprits modernes, la pastorale héroïque eut son heure de gloire entre la toute fin du XVIIe siècle et le milieu du XVIIIe. Les plus grands compositeurs s’y illustrèrent : Rameau avec <a href="https://www.forumopera.com/cd/nais-cette-fois-ci-cest-la-bonne"><em>Naïs</em></a>, ou Mondonville avec <a href="https://www.forumopera.com/cd/isbe-apotheose-de-jean-joseph"><em>Isbé</em></a>. Lully en avait posé les bases dès 1686 avec son <em>Acis et Galatée</em>, et pour sa première œuvre lyrique, le jeune Destouches allait donner au genre un de ses titres : <em>Issé</em>, créé en 1697 et salué par Louis XIV comme le premier opéra qui ne lui fît pas regretter Lully, remanié et augmenté en 1708 et 1724, notamment pour faire passer l’œuvre de trois à cinq actes, et repris jusqu’en 1773.</p>
<p>Du modèle lullyste, <em>Issé</em> conserve un certain nombre de traits, notamment la superposition des amours sérieuses de l’héroïne et d’Apollon (sous le nom du pâtre Philémon) aux amours volages de Doris et du dieu Pan, tandis que le malheureux Hylas aime Issé qui n’en a que faire. On n’est donc pas si loin de tragédies lyriques comme <em>Alceste</em>, à cela près que les rois, reines et confident(e)s  sont remplacés par des bergers, des nymphes et des dieux déguisés pour descendre parmi les mortels. Parmi les divertissements, on relève au quatrième acte un envoûtant Sommeil, et au troisième une pompeuse cérémonie réunissant les prêtres et prêtresses de Dodone. Mais il y a bien sûr aussi des nouveautés, comme cet air de Doris, confidente d’Issé, qui évoque par imitation le chant des oiseaux.</p>
<p>C’est d’abord en juillet que l’ensemble Les Surprises a d’abord donné <a href="https://www.forumopera.com/isse-de-destouches-montpellier-festival-applaudissez-isse"><em>Issé</em> en concert</a>, dans le cadre du festival Radio France Occitanie Montpellier, mais l’œuvre a été captée lors de son passage par Versailles en octobre, ce qui a permis une redistribution des rôles : trois nouveaux venus s’emparaient superbement des personnages principaux, transformant radicalement le résultat d’ensemble, comme on peut s’en douter. Si <em>Issé</em> avait pu laisser à certains une impression mitigée lors au début de l’été, la version enregistrée à l’automne emporte entièrement l’adhésion.</p>
<p>Pour l’orchestre, cette reprise versaillaise n’a pu qu’ajouter à la familiarité des instrumentistes avec la partition. <strong>Louis-Noël Bestion de Camboulas </strong>dirige l’œuvre de Destouches avec une belle fermeté, en mettant en relief les différentes atmosphères qui se succèdent, la majesté des interventions divines, la vivacité des danses (passepieds et rigaudons), et cet art du dialogue caractéristique des meilleurs opéras français de cette époque. Au chœur réduit présent à Montpellier succèdent les Chantres du CMBV, qui s’intègrent fort harmonieusement à l’entreprise, avec notamment une fort belle prestation a cappella dans la scène du sommeil d’Issé.</p>
<p>On l’a dit, la principale modification entre juillet et octobre portait sur la distribution, luxueusement rehaussée par trois stars de ce répertoire, incontestable plus-value que le disque préserve par bonheur. <strong>Eugénie Lefèvre</strong> perd le rôle-titre mais récupère la première Hespéride et la Dryade, où elle fait remarquer une voix ample et majestueuse. Le timbre haut perché de <strong>Stéphen Collardelle</strong> convient aux trois petits rôles qui lui reviennent dans les divertissements. <strong>Etienne Bazola</strong> perd Hylas mais offre un Grand-Prêtre aussi solennel que possible. <strong>Chantal Santon-Jeffery</strong> n’est plus que Doris, mais il lui reste l’air mentionné plus haut et ses amusants échanges avec Pan, personnage auquel <strong>Matthieu Lécroart</strong> prête une savoureuse truculence soulignée à l’orchestre par des bois narquois, après avoir été un noble Jupiter dans le Prologue.</p>
<p>En Hylas, <strong>Thomas Dolié</strong> trouve un de ces personnages tourmentés, contrariés, qui lui vont comme un gant, et il renouvelle la réussite de précédentes incarnations chez Rameau ou d’autres compositeurs de cette époque. Les monologues que lui offre Destouches se prêtent à cette introspection où la noirceur de son timbre s’épanouit. Autre luxe, la présence de <strong>Mathias Vidal</strong> dans le rôle d’Apollon, non pas dieu conquérant et sûr de son fait, mais amoureux tendre et vibrant, dont l’amour s’exprime non par des ordres mais par des larmes ; là aussi, l’adéquation entre le personnage et l’interprète laisse admiratif. Enfin, <strong>Judith van Wanroij</strong> fait d’Issé une grande héroïne, grâce à son expérience de la tragédie lyrique, distillant ces soliloques où la nymphe regrette le temps de son indifférence heureuse et succombe peu à peu à l’amour du berger Philémon.</p>
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		<title>DESTOUCHES, Issé — Montpellier (Festival)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/isse-de-destouches-montpellier-festival-applaudissez-isse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Jul 2018 07:21:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Applaudissez Issé…non seulement l’ouvrage, mais aussi ses interprètes ! On en connaissait quelques rares extraits, exhumés par Raymond Leppard, Laurence Boulay, Louis Martini (le « découvreur » du Te Deum de Charpentier)… c’est tout. Comme pour les autres ouvrages lyriques de Destouches,  on ne disposait au mieux que de suites d’orchestre, donc fort peu représentatives de son art &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Applaudissez <em>Issé</em>…non seulement l’ouvrage, mais aussi ses interprètes ! On en connaissait quelques rares extraits, exhumés par Raymond Leppard, Laurence Boulay, Louis Martini (le « découvreur » du <em>Te Deum</em> de Charpentier)… c’est tout. Comme pour les autres ouvrages lyriques de Destouches,  on ne disposait au mieux que de suites d’orchestre, donc fort peu représentatives de son art vocal. Après plus de trois siècles d’oubli, sortirait-il vraiment de l’ombre ? En 2006, Hervé Niquet et son Concert spirituel nous révélaient <em>Callirhoé</em>, Le 5 octobre, les Ombres recréent à Ambronay la <em>Sémiramis</em> (sa dernière tragédie lyrique), ce soir, c’est le tour d’<em>Issé</em> – son ouvrage le plus célèbre – que dirige <strong>Louis-Noël Bestion de Camboulas</strong>, avec ses complices des Surpises. [erratum : Vincent Tricarri nous informe qu&rsquo;en juin 2017, <em>Issé</em> a été redonné sous sa direction, dans son intégralité, en version scénique, au Château de Lunéville, où Emilie du Châtelet le joua dans son rôle titre. Nous le prions d&rsquo;accepter nos excuses pour cette omission].</p>
<p>Destouches demeure célèbre comme survivancier de Delalande, dont il acheva le ballet <em>Les Eléments</em> (1721). A l’âge de 15 ans, il avait accompagné au Siam le père Tachard  &#8211; géographe et mathématicien, sorte d’ambassadeur, mais dix-huit mois après son retour (en  juillet 1688), il renonce à l’Eglise pour l’armée, chez les Mousquetaires noirs. Il participe ainsi au siège de Namur en 1692. En 1696, il se consacre exclusivement à la musique et prend des leçons auprès de Campra. <em>Issé</em> est chantée à Fontainebleau devant le roi en 1697, pour le mariage du dauphin, en version de concert, comme ce soir. C’est le début d’une riche carrière lyrique. Entre 1703 et 1711, il reprend sa « pastorale héroïque » qu’il fait passer de 3 à 5 actes, enrichissant son écriture.</p>
<p>Le berger Philémon (Apollon) et Issé s’aiment, au grand dam de Hylas, l’amoureux toujours éconduit.  Issé s’inquiète lorsqu’un oracle lui révèle que le dieu des arts l’adore. A la fin, Apollon-Philémon décline sa véritable identité avant qu’un divertissement final célèbre l’amour des amants. Se combine à cette intrigue une action secondaire sur le ton léger : Doris (sœur d’Issé) et Pan (compagnon d’Apollon), après s’être aimés, reprennent joyeusement  leur liberté. Les badinages légers et coquins, savoureux, de Pan et Doris (« il faut traiter l’amour de jeu », « cèdons à nos tendres désirs »), en contrepoint des amours faussement contrariées d’Issé et de son berger d’emprunt, loin d’alourdir le propos, permettent à l’ouvrage de jouer sur les deux tableaux, entre sourire et tendresse.</p>
<p>A l’écoute de ce bijou, on est stupéfait par la prouesse que réalise un jeune compositeur pour son premier ouvrage lyrique. A la différence de nombre d’œuvres dramatiques contemporaines ou postérieures, malgré sa durée, pas un instant l’attention n’est distraite tant le propos se renouvelle, avec une qualité d’écriture peu commune. Les nombreux récitatifs, jamais bavards, d’une prosodie soignée, s’enchaînent naturellement aux airs ou duos. Les divertissements sont intégrés à l’action, comme les jeux instrumentaux, délicieux.  Si la forme (prologue et cinq actes) et l’écriture (à cinq parties) empruntent à la tradition lullyste, un vent de fraîcheur a soufflé sur l’art lyrique. La pastorale héroïque se distingue par son audace, par l’usage des instruments comme par sa souplesse expressive. La version définitive s’est enrichie de divertissements. Les chœurs sont réécrits, l’orchestre s’enrichit. Le langage aussi : l’écriture homophone disparaît au bénéfice d’élégants contrepoints.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/isse_4_festival_radio_france_mtp_oc_2018cluc_jennepin.jpg?itok=s0MtmLeN" title="Chantal Santon (Doris) et Eugénie Lefèbvre (Issé) © Luc Jennepin" width="468" /><br />
	Chantal Santon (Doris) et Eugénie Lefèbvre (Issé) © Luc Jennepin</p>
<p>Deux femmes, trois hommes – puisque le malheureux Hylas restera seul – se partagent les principaux airs et duos. <strong>Eugénie Lefèbvre</strong> chante Issé. La voix, comme le jeu, sont en parfait accord avec le personnage : la jeunesse et la fraîcheur se conjuguent à l’expression d’une passion sincère. Airs, récitatifs et duos sont remarquablement conduits. L’acte IV (avec un extraordinaire et long sommeil) est le sommet. L’air « funeste amour », où deux flûtes se joignent aux cordes et au continuo est splendide. La maturité de la Doris de <strong>Chantal Santon</strong> est indéniable. Auparavant, sa première intervention, comme première Hespéride  « Nous jouissons ici – De ce séjour » n’aura pas tout à fait convaincu, avec un medium et des graves manquant de corps. Mais au fil des interventions, la maîtrise s’accroît pour culminer à l’air qui ouvre le cinquième acte « Chantez oiseaux », où la flûte sopranino et le piccolo gazouillent avec grâce. « Quand on a souffert une fois l’amoureux esclavage» que chante celui qui se fait passer pour un berger, donne le ton. <strong>Martial Pauliat</strong>, Apollon, est un remarquable ténor à la française, dont on imagine que Jélyotte avait la voix : claire, haut placée, franche et sonore.  Jupiter, puis Pan sont chantés par <strong>Matthieu Lécroart</strong>. L&rsquo;émission est sonore, bien timbrée, avec toute l’autorité du premier et la truculence du second. Modèle de diction, c’est un plaisir que chacune de ses interventions. Le malheureux Hylas, est mieux servi par <strong>Etienne Bazola</strong> que son Hercule, peu convaincant au prologue. Les accents de sa passion sont justes, touchants, confiés à une voix dont les graves sont – heureusement – fort peu sollicités. Son air « sombres déserts », qui ouvre l’acte III est chargé d’émotion. Aucun des seconds rôles ne démérite. Tous appartiennent au chœur de solistes. Malgré son effectif réduit, ce dernier est sonore, flexible, réactif dans ses nombreuses interventions, de l’ « Accourons, accourons » du prologue à la scène de l’oracle.</p>
<p>L’orchestre nous réjouit, de l’ouverture du Prélude à l’apothéose et aux danses finales. Le jeu des cinq (poly)instrumentistes à vent est admirable, particulièrement celui de Xavier Miquel au hautbois. Les cordes sont réactives, avec de jolies couleurs. Le continuo, appliqué, manque encore un peu de cette souplesse qu’il acquerra certainement au fil des productions. Pour un jeune ensemble dont c’est encore l’enfance (8 ans), le résultat est pleinement convaincant.</p>
<p>Après cette première, l’ouvrage sera redonné quatre fois, pour aboutir à Versailles, avant d’être enregistré (sous le label Ambronay). Applaudissez Issé ! Elle le mérite pleinement.</p>
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