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	<title>Ivan le Terrible - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Ivan le Terrible - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Ivan le Terrible</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/ivan-le-terrible-guere-terrible/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Emmanuel Lephay]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Aug 2014 05:28:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ivan le Terrible est un peu le pendant d’Alexandre Nevsky, deux « oratorios » tirés de la musique des films éponymes d’Eisenstein pour lesquels Prokofiev composa la musique. A une différence près : si la version de concert d’Alexandre Nevsky a été conçue par Prokofiev lui-même, il en va différemment d’Ivan le Terrible. Pour cette deuxième oeuvre, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ivan le Terrible</em> est un peu le pendant d’<em>Alexandre Nevsky</em>, deux « oratorios » tirés de la musique des films éponymes d’Eisenstein pour lesquels Prokofiev composa la musique. A une différence près : si la version de concert d’<em>Alexandre Nevsky</em> a été conçue par Prokofiev lui-même, il en va différemment d’<em>Ivan le Terrible</em>. Pour cette deuxième oeuvre, c ’est Abram Stassevitch (le chef qui enregistra la B.O. du film) qui, après la mort de Prokofiev, réalisa la partition de concert. Aux solistes, chœur, orchestre s&rsquo;ajoute un récitant dont le rôle est conséquent non seulement dans des passages entièrement parlés (et même « joués » puisqu’il incarne parfois la figure d’Ivan) mais aussi dans quelques superbes mélodrames (sections parlées sur fond orchestral).</p>
<p>C’est sans doute parce que la présence d’un récitant n’est pas un choix de Prokofiev que <strong>Tugan Sokhiev</strong>, le chef de ce nouvel enregistrement de l’œuvre, supprime ses interventions. Et c’est fort dommage non pas pour la compréhension de la trame que pour le rythme de l’oratorio et surtout pour les mélodrames. La « Marche du jeune Ivan » tourne ainsi un peu en rond tandis que la supplique aux boyards perd une bonne part de son intensité. Certains enchaînements apparaissent par ailleurs bien curieux. Le seul numéro qui gagne vraiment à un tel traitement est le magnifique chœur féminin a capella « Ivan sur la tombe d’Anastasia », superbement chanté d’ailleurs. Car les forces réunies sont supérieures, tant le Deutsches Symphonie-Orchester de Berlin que les chœurs, très homogènes, ou des solistes parfaitement idiomatiques et engagés (<strong>Olga Borodina</strong> toujours somptueuse de timbre et de ligne, <strong>Ildar Abdrazakov</strong> truculent dans la chanson de Fiodor Basmanov).</p>
<p>On regrettera cependant chez Sokhiev une tendance à la joliesse qui rend certaines pages quelque peu creuses (la bataille de Kazan), juste décoratives (le couronnement) ou bien trop sages (les scènes de fêtes de la fin de l’oratorio). Sa direction ne manque certes pas d’énergie mais on ne ressent pas l’intensité qui rendrait certaines pages vraiment incandescentes. Surtout, la recherche du beau son vide une bonne part de cette musique qui ne demande qu’à rugir, éructer et parfois faire peur tels le tsar épouvantable et l’époque effrayante qu’elle évoque. Cet Ivan-là n&rsquo;est guère terrible en réalité&#8230; </p>
<p>Etait-ce donc un si bon choix de se dispenser de récitant ? Sa présence n’aurait-elle pas apporté un dramatisme plus prégnant ? L’intention de Sokhiev était sans doute de nous faire entendre la partition de Prokofiev sans « interférence » mais, selon nous, il en perd de vue le drame et sa direction, manquant de tranchant, ne rend finalement pas tant justice que cela au compositeur. Pour être autant effrayé qu’ébloui par la splendeur de l&rsquo;œuvre, il faut se tourner vers Riccardo Muti qui la dirige régulièrement (récemment <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/le-tsar-muti">à Salzbourg avec Gérard Depardieu en Ivan</a>) et qui l’a enregistrée en 1978, version indétrônable, notamment grâce à Boris Morgunov&#8230; un récitant hallucinant !</p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>PROKOFIEV, Ivan le Terrible — Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-tsar-muti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Emmanuel Lephay]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Aug 2010 15:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  La musique de Prokofiev pour le grandiose film de Sergueï Eisenstein (prononcer « Èïsenchtéïne » et non « Eisenstein », à l’allemande), Ivan le Terrible, est sans aucun doute l’un des chefs d’œuvre méconnus du compositeur russe. Elle fut composée quelques années après la première collaboration entre les deux grands hommes (pour Alexandre Nevsky). Le film est en &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>	 </p>
<p>
	La musique de Prokofiev pour le grandiose film de Sergueï Eisenstein (prononcer « Èïsenchtéïne » et non « Eisenstein », à l’allemande), <em>Ivan le Terrible</em>, est sans aucun doute l’un des chefs d’œuvre méconnus du compositeur russe. Elle fut composée quelques années après la première collaboration entre les deux grands hommes (pour <em>Alexandre Nevsky</em>). Le film est en deux parties et devait en comporter une troisième dont ni le pouvoir soviétique, ni la santé d’Eisenstein ne permirent, hélas, la réalisation complète (elle fut pourtant commencée, mais il semble que les négatifs aient été détruits). </p>
<p>	En l’état, le film est déjà un immense chef-d’œuvre tronqué qui semble avoir motivé Prokofiev encore plus qu’<em>Alexandre Nevsky</em>. Sa partition renferme en effet des pièces de toute beauté, de scènes grandioses (le couronnement d’Ivan, la bataille de Kazan&#8230;) aux scènes plus intimistes (chanson de l’océan à la poignante mélodie, berceuse&#8230;), en passant par de superbes chœurs orthodoxes, des passages d’un intense dramatisme (la supplication et la malédiction des boyards, l’appel du peuple à Ivan&#8230;) pour finir sur un chœur époustouflant de puissance et de splendeur sonore. </p>
<p>	 </p>
<p>	Si Prokofiev transforma certaines de ses musiques de films en suites de concert (<em>Lieutenant Kijé</em>, <em>Alexandre Nevsky</em>), il n’en fit pas de même avec <em>Ivan le Terrible</em>, sans doute parce que le projet de composer la musique de la troisième partie était toujours dans l’air. C’est ainsi Abram Stassevitch qui, après la mort de Prokofiev, en réalisa un « oratorio », sur le modèle d’ <em>Alexandre Nevsky</em> : orchestre, solistes et chœur. Mais ici, Stassevitch ajouta un narrateur qui permet de suivre la trame de l’action de manière non négligeable en alternant les récits et les interventions d’Ivan, parfois sous la forme de mélodrames. </p>
<p>	 </p>
<p>	Cet oratorio est malheureusement bien moins souvent joué qu’ <em>Alexandre Nevsky</em>. Les moyens requis sont certes plus importants, et il faut louer <strong>Riccardo Muti </strong>d’avoir fait de cet <em>Ivan le Terrible</em> un de ses chevaux de bataille. On lui en doit ainsi un enregistrement somptueux en 1978 pour EMI (avec le Philharmonia Orchestra et un prodigieux acteur, Boris Morgunov qui campe un hallucinant récitant) et des concerts ici ou là, notamment à Paris avec le National en 1985, et donc ici, à Salzbourg, avec les forces les plus somptueuses possible : <strong>Wiener Philharmoniker, chœurs de l&rsquo;Opéra de Vienne</strong>, <strong>Olga Borodina</strong> et <strong>Ildar Abdrazakov</strong> en solistes. On s&rsquo;offre même le luxe de dédoubler le rôle du narrateur afin d&rsquo;avoir d&rsquo;une part, le récitant, tenu par un grand acteur allemand, <strong>Jan Josef Liefers</strong>, et d&rsquo;autre part, Ivan le Terrible, campé par rien de moins que <strong>Gérard Depardieu</strong>, tous deux s&rsquo;exprimant en russe.</p>
<p>	 </p>
<p>	<strong>Muti</strong> règne en maître incontestable sur cette impressionnante masse d&rsquo;environ 150 musiciens et fait rutiler la prodigieuse partition de Prokofiev de manière plus professionnelle que possédée (on imagine un Bernstein qui aurait été déchaîné là-dedans !) mais sans aucne froideur. L&rsquo;énergie, les éclats et l&rsquo;émotion sont toujours parfaitement <em>ad hoc</em>. </p>
<p>	Par rapport à son enregistrement de 1978, il se montre peut-être un peu moins flamboyant. La fougue de la jeunesse a laissé place à la maturité qui met en valeur l&rsquo;orchestration et la finesse de certains passages de la partition. On perd un peu de rythme et d&rsquo;efficacité dramatique pour gagner en finesse et en splendeur sonore, bien sûr accentuée par le fait que Muti conduise le <strong>Wiener Philarmoniker</strong>, mais une splendeur assez peu russe en réalité…</p>
<p>	Il convient en effet de souligner qu&rsquo;une telle partition, si russe dans son écriture et ses « excés », sonne avantageusement avec des forces intégralement russes, la couleur vocale et instrumentale des formations de ce pays ayant, Dieu merci, encore relativement échappé au son standard international. Mais, pour ce concert, on peut difficilement reprocher à la mariée d&rsquo;être trop belle et on ne peut que se régaler de la formation viennoise : cuivres cinglants (notamment des tubas impeccables), bois somptueux (le hautbois qui sussurre la plus déchirante des plaintes à la fin de « L&rsquo;assaut de Kazan »…), percussions fulgurantes, et bien sûr la légendaire rondeur des cordes. Surtout, la formation sait toujours garder une « tenue sonore » impeccable, même dans les tutti les plus fracassants, ce dont la partition ne manque pas. </p>
<p>	Côté vocal, c&rsquo;est la même splendeur qui domine. Les <strong>Chœurs de l&rsquo;Opéra de Vienne</strong> se montrent d&rsquo;un engagement et d&rsquo;une homogénéité exraordinaires et gardent, eux aussi, une tenue et une puissance qui ne « sature » jamais. A l&rsquo;opposé, les <em>pianissimi</em> dont ils nous gratifient sont absolument splendides, par exemple pour le chœur à bouche fermée du n° 18.</p>
<p>	Que dire d&rsquo;<strong>Olga Borodina</strong> si ce n&rsquo;est qu&rsquo;elle est absolument renversante par la splendeur du timbre, la puissance de la voix, le legato et l&rsquo;émotion qu&rsquo;elle distille dans son chant ? On ne peut rêver mieux. Très belle contribution, bien plus courte, d&rsquo;<strong>Ildar Abdrazakov </strong>dans la truculente chanson de Feodro Basmanov. </p>
<p>	 </p>
<p>	On pouvait avoir quelques inquiétudes à l&rsquo;annonce pour ce concert de deux acteurs non-russophones pour les parties parlées. L&rsquo;allemand <strong>Jan Josef Liefers</strong> se tire cependant extrêmement bien de la prononciation de la langue de Pouchkine (il fut marié à une actrice russe, ça aide) tandis que <strong>Gérard Depardieu</strong>, malgré un évident travail, se montre moins à l&rsquo;aise. Son russe, à l&rsquo;accent français assez marqué, est en outre parfois entâché d&rsquo;un rythme un peu mécanique mais dont on sent qu&rsquo;il l&rsquo;a aidé à mémoriser la prononciation (à noter que les deux acteurs ont leur texte sous les yeux &#8211; on ne le leur reprochera bien sûr pas &#8211; et qu&rsquo;ils sont légèrement sonorisés). </p>
<p>	Ceci étant dit, il faut à présent louer l&rsquo;exceptionnelle performance de jeu des acteurs. Jan Joseph Liefers est absolument extraordinaire en narrateur. Modelant sa voix de manière surpenante et prenante, complètement possédé dans son rôle, il captive l&rsquo;attention de bout en bout. </p>
<p>	Quant à Depardieu, il campe un fantastique tsar Ivan. Avec l&rsquo;âge et un physique qui s&rsquo;est singulièrement empâté, l&rsquo;acteur accède à une dimension nouvelle qui accentue encore sa présence sur scène, celle d&rsquo;un « ogre », qui convient particulièrement à la terrible figure d&rsquo;Ivan. Sa rage, (extraordinaire « budu ya adin » &#8211; je régnerai seul), ses éclats de voix (notamment lors de la malédiction des boyards), glacent littéralement le sang. Mais il sait aussi se faire doux, suppliant, ou encore « acteur » comme sans doute le fut Ivan afin de manipuler son entourage. Même si l&rsquo;on ne peut oublier Nikolaï Tcherkassov, qui incarne Ivan dans le film d&rsquo;Eisenstein, On ne peut qu&rsquo;être admiratif devant cette prestation assez inattendue il faut bien l&rsquo;avouer. </p>
<p>	 </p>
<p>	Certes, on pourrait critiquer une interprétation, tant chez <strong>Liefers</strong> que chez <strong>Depardieu</strong>, très extériorisée, physique voire excessive. Mais ce serait là une grave erreur tant ces excès &#8211; que l&rsquo;on retrouve dans la musique &#8211; font partie intégrante de l&rsquo;âme russe, et tant cette violence fait partie de l&rsquo;exercice du pouvoir en Russie depuis la nuit des Temps. C&rsquo;est donc tout à l&rsquo;honneur des acteurs (et sans doute de Muti), d&rsquo;avoir laissé libre cours à un jeu extrêmement dramatique et prenant. </p>
<p>	 </p>
<p>	Magnifique concert donc, et l&rsquo;on ne peut qu&rsquo;exploser de joie après l&rsquo;extraordinaire chœur final, sans doute l&rsquo;un des plus grandioses de l&rsquo;histoire de la musique avec la 2<sup>ème</sup> ou la 8<sup>ème</sup> symphonie de Mahler. </p>
<p>	 </p>
<p>	En ce 17 août, qui marque précisément la 200<sup>e</sup> prestation de <strong>Riccardo Muti</strong> au Festival de Salzbourg (il s&rsquo;y produit depuis 1971 !), un hommage lui est rendu à la fin du concert par la directrice et l&rsquo;intendant montant sur scène pour l&rsquo;occasion. S&rsquo;il est de bon ton de caricaturer l&rsquo;allégeance de l&rsquo;actuelle direction au chef italien, il faut bien reconnaître la figure incontournable qu&rsquo;il représente cependant, et dans le festival, et dans le monde lyrique. Ses propos de remerciements au public, prononcés avec une simplicité et une modestie touchantes, ne peuvent que susciter émotion et gratification, notamment pour des concerts comme celui de ce jour. Un grand moment. </p>
<p>	 </p>
<p>	 </p>
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