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	<title>Juditha Triumphans - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<title>Juditha Triumphans - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>VIVALDI, Juditha Triumphans — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/juditha-triumphans-paris-tce-un-florilege-au-feminin-pluriel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Feb 2020 20:39:32 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Tiré par Jacopo Cassetti du Livre de Judith (quatrième des évangiles apocryphes),  <em>Juditha Triumphans </em>célèbre le courage d&rsquo;une femme qui parvint à mettre fin au siège de la ville de Béthulie par les Assyriens en séduisant puis décapitant Holopherne, stratège de l&rsquo;armée de Nabuchodonosor. Oratorio de par son sujet, cette oeuvre à la luxueuse parure instrumentale est incontestablement dans sa structure un opera seria, alternant récitatifs et arias da capo. Dans un tissu instrumental somptueux, Vivaldi sublime ici une partition qui n&rsquo;aurait pu être qu&rsquo;une œuvre de circonstances et qui au contraire, s&rsquo;est révélée, de par la caractérisation poétique des situations et le portrait vocal des protagonistes, la source inspiratrice de bien des compositions qui lui ont succédé, notamment des meilleurs oratorios d&rsquo;Haendel. <em>Juditha Triumphans </em>est également portée de manière inhabituelle par des voix toutes féminines, et non par des castrats comme cela était d&rsquo;usage à l&rsquo;époque. </p>
<p>La gageure est donc ici de réunir des cantatrices avec des tessitures similaires (trois contraltos, un mezzo-soprano et un soprano) capables de hisser haut l’incarnation vocale dans de véritables fulgurances opératiques pour incarner le cri de triomphe de tout un peuple, celui des Vénitiens victorieux. La distribution d’hier soir au Théâtre des Champs-Elysées, a réussi, dans un florilège au féminin pluriel, si ce n&rsquo;est d’être homogène, tout au moins à nous rendre sensible la dramaturgie de l’œuvre dans ses moindres détails. <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong> confère une stature indéniable au bref rôle de Juditha qui parvient à déployer toute la richesse de son timbre et apporte à chacune de ses interventions beaucoup de densité. Elle habite son personnage avec une telle conviction qu’elle séduit tant dans la rage exprimée que dans les accents éplorés. Sa voix fait parfaitement corps, dans des récitatifs sculptés,  avec chaque instrument. Les passages tempétueux épousent à merveille son tempérament fougueux. Son chant baroque à la théâtralité étudiée (dont le pupitre de la chanteuse est souvent l’accessoire) trouve son accomplissement dans un « In Somno profondo » particulièrement fascinant. </p>
<p><strong>Ana Maria Labin</strong> en Vagaus peine d’abord à trouver ses marques puis libère enfin son chant dans un « Umbrae carae, aurae adoratae » lumineux de timbre et somptueux de ligne. Elle se sort des  fureurs de « Armatae face, et anguibus » avec un bel aplomb, révélant un registre grave étonnant pour une voix aiguë dotée d&rsquo;un léger vibrato qu’elle module à l’envi, conférant ainsi à son interprétation une émouvante fragilité. La chanteuse donne incontestablement la pleine mesure de ses capacités vocales dans les passages dramatiques et explore toute la variété des affects que la partition lui offre.  Elle possède une voix bien placée, sensible, qui fait montre d’une belle dextérité dans les vocalises mais sans démonstrations inutiles.  Il n’est guère aisé d’interpréter Holopherne, ce guerrier barbare qui, à la sauce vivaldienne, devient amoureux transi. <strong>Sonia Prina</strong> endosse le rôle du général assyrien dans une posture très contenue, sobre jusque dans ses ornementations dès son premier air « Ni arma, ni bella ». Mais elle peine toutefois à convaincre sur l’ensemble de l’œuvre et se heurte à ses limites vocales. Dans les mouvements rapides, la ligne de chant est bousculée. Dans les passages lents, la voix a tendance à se réfugier dans le parlando. Le seul moment où l’amoureux transi se transcende, est le début de la seconde partie où déclarant sa flamme à Judith, Sonia Prina offre un Holopherne particulièrement émouvant. <strong>Benedetta Mazzucato</strong>, en Abra, possède un timbre séduisant, des graves fermes savamment colorés s’abandonnant à une subtile morbidezza sans forcer le trait dans « Non ita reducem ». <strong>Dara Savinova</strong> en Ozias s’illustre dans l’art consommé de la demi-teinte par une voix chaude et cuivrée restituant à la perfection toute la dimension et la dignité du Grand Prêtre.</p>
<p><em>Juditha Triumphans</em> est un festin instrumental, un festival de sons qui se font sens, mêlant les rives de l’Europe méditerranéenne au ciel d’Orient, et cela doit s’entendre dans la lecture qui nous est proposée. <strong>Jean-Christophe Spinosi</strong> conduit l’Ensemble Matheus avec énergie mais sans frénésie et fait rayonner les couleurs dans une lecture  aérée et détaillé de l’œuvre. On aurait pu attendre plus de contrastes et de couleurs de cette lecture vitaminée. La direction rend toutefois justice à cette œuvre magnifique. Le chœur de chambre <strong>Mélisme (s) </strong>est quant à lui dans une forme éblouissante, laissant une empreinte d’émotions à chacune de ses interventions. Il y a à l’évidence tant dans la distribution que dans la direction une vie en ébullition.</p>
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		<title>VIVALDI, Juditha Triumphans — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/juditha-triumphans-versailles-a-vaincre-sans-peril/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Jan 2017 06:06:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il en faudrait sans doute beaucoup pour désarçonner Robert King. Au moment de donner trois fois en trois soirs la Juditha Triumphans de Vivaldi, à Vienne, Amsterdam et Versailles, voilà que sa Judith le lâche ! La mezzo suédoise Malena Ernman, qu’on avait pu applaudir la saison dernière dans le rôle-titre de Serse, a dû rendre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il en faudrait sans doute beaucoup pour désarçonner <strong>Robert King</strong>. Au moment de donner trois fois en trois soirs la <em>Juditha Triumphans</em> de Vivaldi, à Vienne, Amsterdam et Versailles, voilà que sa Judith le lâche ! La mezzo suédoise Malena Ernman, qu’on avait pu applaudir la saison dernière dans le rôle-titre de <em>Serse</em>, a dû rendre les armes, terrassée par un stretocoque. Panique à bord ? Jamais de la vie. Le flegme britannique tant vanté lui permet même, en prélude au concert, de s’adresser au public pour lui lire, avec un délicieux accent d’outre-Manche, un petit texte qui relate cette mésaventure sur un ton badin, et qui souligne le caractère international de sa formation, le bien nommé <strong>King’s Consort</strong>, envers et contre tous ceux qui voudraient consolider les frontières à grand renfort de barrières. Mais à qui pense-t-il donc ?</p>
<p>Revenons-en à la musique : comment, une fois Malena Ernman hors circuit, <em>Juditha </em>allait-elle bien pouvoir être <em>Triumphans</em> ? Où trouver, à la dernière minute, une autre chanteuse maîtrisant la partition ? Pas la peine de chercher bien loin, puisque la solution se trouvait dans la distribution même réunie pour l’occasion. Programmée en Holopherne, la mezzo norvégienne <strong>Marianne Beate Kielland </strong>avait chanté le rôle à Saint-Jacques de Compostelle il y a quelques années : elle était une Juditha toute désignée. Par un petit jeu de chaises forcément musicales, il suffisait alors de trouver un nouvel Holopherne. A peine sortie des représentations de <a href="http://www.forumopera.com/giulietta-e-romeo-niccolo-antonio-zingarelli-schwetzingen-kangmin-justin-kim-un-romeo-visceral"><em>Giulietta e Romeo</em> de Zingarelli</a>, <strong>Emilie Renard</strong> avait apparemment un trou dans son emploi du temps, et deux jours pour apprendre le rôle…</p>
<p>Malgré ces perturbations initiales, le résultat final n’en est pas moins à la hauteur de l’attente. D’abord grâce à un orchestre qui fait savourer toutes les inventions de Vivaldi, le choix de timbres sans cesse renouvelés dans leur association pour accompagner les différents airs, viole d’amour, chalumeau, mandoline, etc. Et surtout, le Vénitien est enfin interprété sans cette fureur mise à la mode il y a quelque temps : inutile de vouloir battre des records de vitesse ou d’accentuer brutalement le moindre trait, sa musique se passe désormais fort bien de ce genre de comédie. Robert King la dirige avec fermeté mais souplesse, avec précision mais poésie. Quant au chœur du King’s Consort, il remplit très dignement sa mission dans les diverses interventions que lui a confiées le compositeur.</p>
<p>Parmi les voix solistes, on pourrait d’abord penser que la seule soprano de la bande, <strong>Julia Doyle</strong>, n’a qu’à gazouiller quelques gentils airs, Vagaus n’ayant d’abord que d’aimables pages pour colorature. La voix révèle néanmoins une belle pâte, et explose littéralement dans son aria finale, « Armatae face », tube vivaldien hérissé de vocalises dont elle se joue sans éprouver le besoin de grimacer ou de se secouer tout le corps, contrairement à d’autres.</p>
<p>On découvre le timbre somptueux d’<strong>Emilie Renard</strong> dès le premier récitatif qui ouvre l’œuvre, mais son premier air la trouve un peu à court de graves ; le problème s’estompe par la suite et elle impose son Holopherne grâce à son jeu théâtral. Avec des sonorités assez proches, mais plus sonore dans le bas de sa tessiture, <strong>Gaia Petrone</strong> est une Abra pleine de punch, qui ne résiste pas à la pulsation de son air « Non ita reducem » ; nous n’y résistons pas davantage. Avec <strong>Hilary Summers</strong>, on aborde le domaine des contraltos, mais la Galloise ne peut se permettre en Ozias cette outrance qui lui réussit si bien en Sorcière de <em>Didon et Enée</em> : la voix n’est pas très puissante, mais assure avec dignité son rôle.</p>
<p><strong>Marianne Beate Kielland</strong>, enfin, est une magnifique Judith : le personnage s’exprimant plutôt dans la douceur et la retenue, la chanteuse l’aborde avec toute la pudeur qui convient, et d’une voix toujours suave mais précise, qui sait s’animer d’accents vengeurs dans les rares moments où le texte l’exige. Espérons réentendre prochainement cette belle artiste dans une œuvre où elle trouvera tout autant à briller, et dans un écrin aussi harmonieux.</p>
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		<title>VIVALDI, Juditha Triumphans — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-triomphe-de-judith/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2009 13:20:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Composée pour les jeunes pensionnaires de l’Ospedale della Pietà à Venise (ce qui en dit long sur leur niveau d’excellence musicale), Juditha Triumphans est le troisième des quatre oratorios d’Antonio Vivaldi et le seul qui soit parvenu jusqu’à nous. La partition fut retrouvée parmi les 450 manuscrits de la bibliothèque de Turin dont Naive a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Composée pour les jeunes pensionnaires de l’Ospedale della Pietà à Venise (ce qui en dit long sur leur niveau d’excellence musicale), <em>Juditha Triumphans </em>est le troisième des quatre oratorios d’Antonio Vivaldi et le seul qui soit parvenu jusqu’à nous. La partition fut retrouvée parmi les 450 manuscrits de la bibliothèque de Turin dont Naive a entrepris l’enregistrement il y a maintenant une petite dizaine d’années. Heureuse initiative qui nous a valu en 2001 au disque une version intégrale de l’œuvre plus que recommandable. Alessandro de Marchi soutenu par une poignée de solistes chevronnés &#8211; Magdalena Kozena en Judith, Marina Comparato qui interprétait là non pas Abra mais Vagaus &#8211; y exposait les trésors multiples d’une œuvre puissamment originale. Oratorio par son sujet &#8211; le thème est extrait du quatrième livre des Apocryphes &#8211; mais <em>opera seria</em> par sa structure alternant récitatifs et arias<em> da capo</em> ; orchestration inventive avec utilisation concertante des instruments et casting inhabituel : Vivaldi ne disposant que de jeunes filles, les rôles masculins furent écrits pour des interprètes féminins et non pour des castrats ; ce qui au passage nous vaut l’amusant paradoxe de voir un eunuque – Vagaus – interprété par une femme et non l’inverse comme souvent dans le répertoire baroque. </p>
<p> </p>
<p>L’histoire, considérablement simplifiée par Giacomo Cassetti, raconte comment Judith, accompagnée de sa suivante Abra, réussit à séduire le général ennemi Holophernes pour lui trancher la tête, libérant ainsi sa ville de Béthulie du joug assyrien. L’aide de camp d’Holophernes, Vagaus, et le prêtre juif Ozias complètent la distribution, portant à cinq le nombre total de personnages. </p>
<p> </p>
<p>Réunir donc cinq cantatrices avec des tessitures similaires – trois contraltos, un mezzo-soprano et un soprano – mais des personnalités vocales distinctes, capables de caractériser chacun des personnages, est le premier des défis relevés par Jeanine Roze production avec, si l’on excepte l’Ozias encore scolaire d’<strong>Alessandra Visentin</strong>, une distribution de haut vol qui parvient à nous rendre sensible le drame jusque dans ses moindres détails. Et c’est là son deuxième tour de force.</p>
<p>Il n’est pas forcément évident de composer Holophernes, guerrier barbare que Vivaldi a transmué en amoureux transi. <strong>Mary-Ellen Nesi</strong> dessine d’un timbre mat un général assyrien profond et humain, de son premier air – « Ni arma, ni bella » très contenu, sobre jusque dans ses ornementations – au dernier – « Noli o cara te adorantis », plainte sourde bien plus que prière apaisée. </p>
<p><strong>Marina Comparato</strong> réussit à traduire la nature plus légère d’Abra sans en faire pour autant une soubrette. Par contraste sa voix parait limpide. Ses deux derniers airs « Non ita reducem » et « Si fulgida per te » en font valoir la souplesse ; « Fulgeat sol frontis decorae » en fin de première partie la fraîcheur.</p>
<p>Très attendue en Vargaus, le deuxième rôle de la partition par son nombre d’interventions, <strong>Karina Gauvin</strong> peine à trouver ses marques puis libère enfin son chant dans un « Umbrae carae, aurae adoratae » lumineux de timbre et somptueux de ligne. Après une telle magie, on craignait que son tempérament ne bute contre les fureurs de « Armatae face, et anguibus » mais, enfin échauffée, la soprano canadienne continue d’électriser.</p>
<p>Plus saisissante encore, la Juditha de <strong>Romina Basso</strong> se présente splendide de son, d&rsquo;intonation (les chromatismes subtils de « Agita infido flatu ») et de présence. Chacune de ses interventions apporte une telle intensité qu’on sent le public happé. Récitatifs sculptés qui ne laissent rien au hasard, arias d’une majestueuse beauté (c’est une chance, la partition lui en offre sept !) où la voix fait corps avec chaque instrument : le premier violon &#8211; très applaudi même si acrimonieux &#8211; le chalumeau, la mandoline… Son chant baroque, au sens artistique du terme, c’est-à-dire théâtral, fabriqué mais stupéfiant, trouve son accomplissement dans un « In Somno profondo » fascinant qui, par les applaudissements qu’il déchaîne, consacre le triomphe de Judith.</p>
<p> </p>
<p>Si <em>Juditha Triumphans</em> fait la part belle aux voix, elle célèbre aussi l’amour de Vivaldi pour la couleur instrumentale. Le <strong>Venice Baroque Orchestra</strong> fait son miel des combinaisons imaginées par le compositeur à partir de l’<em>instrumentarium</em> pléthorique que l’Ospedale della Pietà mettait à sa disposition. Cordes mais aussi théorbes, violes d’amour, hautbois et clarinettes nous régalent d’un festin de sonorités, les cuivres &#8211; trompettes et timbales sollicitées dès le numéro d’ouverture – ne brouillant pas, comme parfois dans les formations baroques, la justesse de l’ensemble. <strong>Andrea Marcon</strong> conduit le tout avec énergie mais sans frénésie. Si l’œuvre, dans ses moindres replis, parvient à nous toucher, c’est en grande partie grâce à sa direction. Quant au<strong> Nederlands Youth Choir, </strong>il évoque dans sa candeur adolescente ces jeunes filles qui trois cent ans auparavant faisaient l’admiration des vénitiens. </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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