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	<title>La Belle au bois dormant - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 27 Apr 2026 22:00:11 +0000</lastBuildDate>
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	<title>La Belle au bois dormant - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>SILVER, La Belle au bois dormant &#8211; Saint-Étienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre Venissac]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Apr 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>124 ans, c’est le temps qu’il aura fallu pour que cette Belle au bois dormant retrouve la scène après sa création, surpassant ironiquement la durée du sommeil de son héroïne. Créée en province, l’œuvre n’a jamais été reprise dans les salles parisiennes : le succès d’estime n’aura pas suffi à la préserver de l’oubli. A &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>124 ans, c’est le temps qu’il aura fallu pour que cette Belle au bois dormant retrouve la scène après sa création, surpassant ironiquement la durée du sommeil de son héroïne. Créée en province, l’œuvre n’a jamais été reprise dans les salles parisiennes : le succès d’estime n’aura pas suffi à la préserver de l’oubli. A l’heure où des maisons d’opéra bien plus subventionnées se contentent d’appliquer des recettes connues, il faut saluer l’audace de l’Opéra de Saint-Étienne pour inscrire une telle redécouverte dans sa programmation. Pari gagné, le succès public est retentissant aux saluts.</p>
<p>Il faut dire que cette « féerie lyrique » a bien des atouts à faire valoir. La musique de Charles Silver emprunte beaucoup à son maître Massenet, que ce soit par la séduction harmonique immédiate ou par la souplesse de la ligne vocale. Pour 1902, l’écriture regarde beaucoup vers le passé, avec également des influences wagnériennes. Bien orchestrée, flatteuse vocalement, émouvante et contrastée, la partition vaut par son charme et son efficacité. La fin du premier acte en particulier est une vraie réussite, avec un duo d’amour extrêmement délicat. Le livret s’accorde deux libertés majeures avec le conte de Perrault. La Fée Urgèle condamne Aurore à mourir le jour où elle rencontrera l’amour : ainsi pas de fuseau ni d’épine dans cette version, mais un premier baiser (consenti qui plus est !). Par ailleurs, Carré et Collin rajoutent une sous-intrigue comique avec le couple de paysans formé par Jacotte et Barnabé. Ce dernier est persuadé par la méchante fée qu’il est légitime à réveiller Aurore, ce qui crée des ruptures de tons assez drôles dans les actes II et III. La dramaturgie d’ensemble se tient plutôt très bien, et accorde une place prépondérante à l’antagonisme entre Urgèle et Primevère, la fée bienfaitrice. Comme souvent avec le genre des opéras féeriques, le livret indique moult effets scéniques spectaculaires, entre décors mouvants, rideau de brume, et animaux sur scène.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_3226-1294x600.jpeg" alt="" />© Cyrille Cauvet</pre>
<p><strong>Laurent Delvert</strong> fait le choix d’évoquer ce champs du merveilleux plutôt que de le représenter littéralement, avec une poésie désarmante. Avec l’aide de la scénographie de <strong>Zoé Pautet</strong> et des lumières de <strong>Nathalie Perrier</strong>, la magie naît de subtiles modifications du décor et de l’éclairage, notamment par de simples jeux de rideaux. Par cette épure relative, on apprécie d’autant plus la tendresse de cette production. L’omniprésence des fées autour de la princesse, un prince moins fanfaron qu’à l’accoutumée, la mélancolie d’Aurore…ces aspects sont dans le livret, mais aussi particulièrement valorisés par la direction d’acteurs. Lisible, délicate et personnelle, c’est tout ce qu’on attend d’une bonne mise en scène, avec en plus le sentiment agréable qu’elle a été conçue en équipe et pour les interprètes.</p>
<p>Toute la distribution a été constituée avec un soin qui force le respect, entre jeunes noms et artistes reconnus mais peu médiatiques. Même le rôle parlé de la fée Primevère, certes très important scéniquement, est confié à <strong>Anne-Lise Polchlopek</strong>, superbe mezzo qu’on n’a ici guère l’occasion d’entendre. Elle s’acquitte cependant avec beaucoup de dignité et d’éloquence des textes qui lui sont attribués, alors qu’il s’agit de la vraie faiblesse de l’œuvre. <strong>Antoine Foulon</strong> ne fait qu’une bouchée des deux rôles qui lui incombent, tandis que <strong>Philippe-Nicolas Martin</strong>, avec le beau rôle du Roi, a l’occasion de faire valoir la noblesse de son baryton lyrique. Avec leur couple paysan, <strong>Héloïse Poulet</strong> et <strong>Matthieu Lécroart</strong> font mouche grâce à une énergie bouffe irrésistible, et on a l’occasion avec le rôle du page d’apprécier d’autant plus la voix très facile de la première.<strong> Julie Robard-Gendre</strong> en Urgèle revancharde continue de prouver qu’elle est l’une des mezzos françaises qui comptent, par ce timbre unique, cette facilité sur tout l’ambitus, et un charisme scénique irrésistible. Aurore est incarnée par <strong>Déborah Salazar</strong>, qui lui prête une délicatesse et une intelligence du texte extrêmement émouvantes. Sa voix, souple et lumineuse, ne va qu’en s’épanouissant au fil de la représentation jusqu’à signer avec son réveil au dernier acte l’un des plus beaux moments de chant de la représentation. Enfin, si <strong>Kévin Amiel</strong> impressionne par ses moyens vocaux et son endurance dans les rôles des princes, il séduit d’autant plus par sa capacité à nuancer, à chercher des aigus piano et à explorer scéniquement une certaine vulnérabilité face à Aurore. Comme pour chaque chanteur de la production, le français est aussi clair qu’il est incarné.</p>
<p>Le <strong>Chœur Lyrique Saint-Etienne Loire</strong>, préparé par <strong>Laurent Touche</strong>, ne souffre d’aucun défaut d’implication et de précision, et se montre en grande forme. Il en va de même de l’<strong>Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire</strong>, dont on apprécie particulièrement l’harmonie, très sollicitée : le hautbois dans le prologue par exemple, ou les cors dans les passages d’inspiration germanique. <strong>Guillaume Tourniaire</strong> dirige cette musique avec beaucoup de souplesse et une attention particulière aux timbres, sans jamais que le plateau ni la fosse ne se trouvent mis à mal en terme de mise en place. On a peine à croire qu’il ne s’agit là que de la deuxième représentation d’une œuvre jamais jouée tant le résultat est abouti.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_3228-1294x600.jpeg" alt="" />©️Cyrille Cauvet</pre>
<p>La Belle au bois dormant n’est pas un chef-d’œuvre, et Charles Silver n’est pas un génie oublié. Défendue avec ce sérieux, cette intelligence et cette compétence, ce n’en est pas moins une œuvre attachante, riche en beautés, et qui a su ici inspirer un spectacle abouti sur tous les plans. Pour les malheureux qui n’ont pas pu assister à l’une des deux représentations, le Palazzetto Bru Zane a sorti ce 24 avril l’enregistrement de l’opéra fait à Budapest l’an dernier, avec une distribution entièrement différente à l’exception du rôle de Barnabé. Julien Dran, Kate Aldrich, Thomas Dolié… voilà des arguments suffisants pour découvrir cette belle endormie.</p>
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		<title>DE LIONCOURT, La Belle au bois dormant — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-belle-au-bois-dormant-paris-debout-la-generation-pelleas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Dec 2017 06:20:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour un jeune homme épris de musique, la création de Pelléas et Mélisande dut avoir l’effet d’une bombe. En 1905, quand Guy de Lioncourt, natif de Caen, arriva à Paris à vingt ans et s’inscrivit à la Schola Cantorum, où il devint l’élève d’Albert Roussel et de Vincent d’Indy, nul doute que l’œuvre lyrique de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour un jeune homme épris de musique, la création de <em>Pelléas et Mélisande</em> dut avoir l’effet d’une bombe. En 1905, quand Guy de Lioncourt, natif de Caen, arriva à Paris à vingt ans et s’inscrivit à la Schola Cantorum, où il devint l’élève d’Albert Roussel et de Vincent d’Indy, nul doute que l’œuvre lyrique de Debussy était au cœur de tous les débats. Et quand, peu après son mariage avec la nièce et filleule de d’Indy, Guy de Lioncourt entreprit en 1912 de composer son opéra <em>La Belle au bois dormant</em>, il est tout à fait logique que sa partition ait été tout imprégnée de debussysme, mais peut-être ne pouvait-on pas s’attendre à ce que le livret même rappelle aussi fortement <em>Pelléas</em>. Quand le prince affronte la forêt impénétrable dont la méchante fée a entouré le château où dort la princesse, on croit entendre du pur Maeterlinck, un mélange des propos de Golaud et de son frère : « Holà ! Ho, compagnons… Je suis perdu dans cette forêt que je croyais si familière » et ainsi de suite. Dans cet opéra féerique, dont la composition s’acheva en 1915, et qui attendit 1918 pour être donné en concert à la Schola Cantorum, on entend passer l’influence de Debussy, ainsi que celle de Dukas et des maîtres dont Guy de Lioncourt avait suivi l’enseignement, mais une voix personnelle trouve aussi à s’y exprimer, avec des audaces harmoniques qui envoûtent l&rsquo;oreille. Composition fascinante, en tout cas, dont il faut remercier <strong>l’Oiseleur des Longchamps</strong> de nous avoir offert la recréation, près d’un siècle après son ultime exécution (le dernier tableau fut interprété en février 1919 par les Concerts Colonne – Lamoureux). Et pour cette résurrection, la Compagnie de l’Oiseleur a vu grand : cinq solistes, mais aussi un chœur de huit chanteurs, et un accompagnement où le piano tenu avec sensibilité par <strong>Caroline Kester-Duhaut</strong> s’adjoint les précieux services de <strong>Guillaume Latour</strong>, admirable violoniste.</p>
<p>Un auditoire nombreux s’était déplacé, ce mercredi soir, pour venir entendre au Temple du Luxembourg non pas une, mais deux œuvres de Guy de Lioncourt, présentées par son petit-fils, l’organiste Vincent Berthier de Lioncourt, confondateur avec Philippe Beaussant du Centre de musique baroque de Versailles. En préambule à <em>La Belle au bois dormant</em>, on a pu ainsi écouter une <em>Messe brève</em> a cappella, d’une inventivité étonnante, où s’exprime notamment l’intérêt du compositeur pour le chant grégorien. S’y produisent notamment le ténor <strong>Florent Zigliani</strong>, remarqué lors de la récente soirée consacrée à Weckerlin, et la soprano <strong>Claire-Elie Tenet</strong>, à la voix claire et puissante, deux artistes qui se rangeront ensuite modestement dans le chœur dirigé de main de maître par <strong>Martin Robidoux</strong>, par ailleurs directeur de l&rsquo;ensemble baroque le Vaisseau d&rsquo;or. </p>
<p>L’exécution de <em>La Belle au bois dormant</em> a permis de retrouver quelques artistes bien connus, et de découvrir deux jeunes chanteurs prometteurs. Excellente idée que d’avoir confié le rôle de la fée Carabosse à la grande <strong>Guillemette Laurens</strong>, l’irremplaçable Cybèle des représentations d’Atys en 1987 : on retrouve intact tout le pouvoir d’incarnation de la mezzo à qui les personnages de méchantes vont si bien (voir son Eriphile <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/quand-atys-2011-rencontre-atys-1987">dans <em>Pyrrhus</em> de Pancrace Royer</a>). Rarement <strong>l’Oiseleur des Longchamps</strong> se sera montré aussi éloquent que dans les interventions du roi, auquel il confère une dignité et un pathétique exemplaires. Le timbre d’<strong>Amira Selim </strong>peut ne pas plaire à tout le monde, mais il n’y a rien à redire quant au style de sa fée Iris. A leurs côtés, la princesse Aurore trouve en <strong>Tosca Rousseau</strong> une interprète pleine de pudeur et de noblesse ; l’aigu pourra encore s’épanouir avec les années, mais la voix est d’ores et déjà très belle. Et les exigences du prince Charmant en termes de vaillance ne semblent nullement désarçonner le ténor <strong>Sébastien Obrecht</strong>, à l’héroïsme engageant.</p>
<p>Alors que <a href="https://www.forumopera.com/il-etait-une-fois-paris-bouffes-du-nord-palazzetto-raconte-nous-une-histoire">le spectacle « Il était une fois »</a>, monté par le Palazzetto Bru Zane, avait révélé un extrait de <em>La Belle au bois dormant</em> de Charles Silver (Marseille, 1901) qui donnait diablement envie d’entendre le reste de la partition, la Compagnie de l’Oiseleur remplit une fois de plus sa mission digne d’éloges en rendant justice à un compositeur dont la postérité a surtout retenu la musique sacrée, messes et mystères. Prochain opéra ressuscité au Temple du Luxembourg : <em>L’Amour africain</em> d’Emile Paladilhe, le 28 février 2018, un rendez-vous que les curieux ne sauraient manquer d’honorer. </p>
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		<item>
		<title>RESPIGHI, La Belle au bois dormant — Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-belle-au-bois-dormant-strasbourg-ottorino-laryngologiste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Jan 2015 06:14:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Oui, Respighi est avant tout connu comme un brillant orchestrateur, dont les Pins, Fontaines et autres Fêtes de Rome ont fait les délices de plus d’un mélomane. Mais Respighi savait aussi fort bien écrire pour cet instrument qu’est le larynx, et l’Opéra du Rhin mériterait mille mercis ne serait-ce que pour avoir donné à entendre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Oui, Respighi est avant tout connu comme un brillant orchestrateur, dont les <em>Pins</em>, <em>Fontaines</em> et autres <em>Fêtes</em> <em>de Rome </em>ont fait les délices de plus d’un mélomane. Mais Respighi savait aussi fort bien écrire pour cet instrument qu’est le larynx, et l’Opéra du Rhin mériterait mille mercis ne serait-ce que pour avoir donné à entendre une de ses œuvres vocales. Puisse l’Opéra de Versailles un jour monter le <a href="http://www.forumopera.com/cd/un-melodrame-straussien-en-francais">grand opéra <em>Marie Victoire</em></a>, comme il en caresse le projet (voir <a href="http://www.forumopera.com/actu/laurent-brunner-de-grands-interpretes-daujourdhui-dans-un-lieu-dexception-dhier-de-grands">notre interview de Laurent Brunner</a>), et puisse un théâtre français programmer <em>La Fiamma </em>plutôt tôt que tard. Par rapport à ces deux titres, <em>La bella addormentata al bosco</em> (ou <em>dormente al bosco</em>, dans sa révision de 1934) est une partition moins ambitieuse, mais qui charme par l’habileté avec laquelle le compositeur sait exploiter toutes les ressources de son art, avec toutes sortes de clins d’œil ou d’emprunts divers et variés : la forêt du premier tableau lorgne un peu vers <em>Pelléas</em>, le rouet évoque inévitablement toutes les fileuses et les Gretchen de la tradition occidentale, la Fée bleue s’exprime forcément en vocalises aériennes et Mister Dollar appelle un rythme de fox-trot. Pourtant, non content de prendre son bien où il le trouve, Respighi s’exprime aussi d’une voix plus personnelle dans le magnifique duo entre le Prince et la Princesse, digne des meilleurs opéras italiens.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/4belle-au-bois-dormant-photo-akaiser_46671418895766.jpg?itok=O29Xzuhx" title="© Alain Kaiser" width="468" /><br />
	© Alain Kaiser</p>
<p><strong>Vincent Monteil</strong>, qui a assuré la réduction de la partition, et qui a traduit, non sans quelques acrobaties grammaticales, le texte original italien, sait faire ressortir toutes les beautés de cette musique raffinée, à la tête de l’<strong>Orchestre philharmonique de Strasbourg</strong> (pour les représentations parisiennes, c’est l’ensemble Le Balcon qui sera dans la fosse). Pour la mise en scène, on ne peut que saluer les choix de <strong>Valentina Carrasco</strong>, qui n’a rien gommé de l’aspect féerique de l’œuvre et a su en refléter toute la poésie avec une grande légèreté. Dans un décor exclusivement constitué de grands voilages, avec des costumes fantaisistes et colorés, elle réussit un enchantement qui permet aux adultes de savourer le plaisir du merveilleux, apparemment aujourd’hui jugé coupable puisque la plupart des metteurs en scène d’opéra s’empressent désormais de sacrifier cet aspect, même dans des œuvres où il est essentiel.</p>
<p>Quant à la distribution, elle est exclusivement composée de membres de l’Opéra Studio de l’OnR, et elle est incontestablement dominée par la très enchanteresse <strong>Kristina Bitenc</strong> en Fée bleue. Chantant dans un français impeccable, multipliant coloratures et suraigus, la soprano slovène ravit l’auditeur, ainsi que le spectateur par sa grâce en scène. En Princesse, <strong>Gaëlle Alix</strong> fait valoir un beau timbre mais gagnerait à améliorer son articulation. Le Prince de <strong>Sunggoo Lee</strong> dispose de très solides moyens vocaux, mais les notes semblent souvent bien engorgées ; à Paris, son rôle devrait être repris par <strong>Peter Kirk</strong>, ténor nettement plus léger mais sans doute plus à l’aise dans l’aigu. On regrette que la toujours excellente <strong>Lamia Beuque</strong> ne se voie confier que trois petits rôles, et l’on se dit que ses graves somptueux auraient fait merveille dans le rôle de la maléfique Fée noire, où <strong>Marie Cubaynes </strong>nous convainc moins vocalement que scéniquement. Le Roi de <strong>David Oller</strong> possède une fort belle voix, mais doit encore travailler son français. <strong>Jaroslaw Kitala</strong> impressionne dans les quelques mesures du Bûcheron, et <strong>Nathanaël Tavernier</strong> a trop peu à chanter en Ambassadeur pour que l’on puisse vraiment apprécier des qualités probablement plus en évidence dans le <em>Mariage secret</em> prévu ce printemps, où l’on retrouvera une grande partie de ces jeunes artistes.</p>
<p>Après un dernière représentation strasbourgeoise le 9 janvier à 20h, ce spectacle enchanteur sera à Paris du 17 au 22 janvier (Athénée), puis à Mulhouse du 30 janvier au 1<sup>er</sup> février : il serait dommage de manquer cette occasion de pur ravissement pour les petits et les grands.</p>
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