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	<title>La Belle Hélène - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>La Belle Hélène - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>La Belle Hélène, version givrée</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-belle-helene-version-givree/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Aug 2026 07:18:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;été, c’est le temps des festivals mais aussi des desserts givrés,. Certains ont le bon goût de convoquer l&#8217;histoire de l&#8217;opéra. Ainsi la poire Belle-Hélène, dessert créé par Auguste Escoffier en 1864 pour célébrer La Belle Hélène de Jacques Offenbach, qui triomphait alors au Théâtre des Variétés. À partir de la recette originelle – poire &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;été, c’est le temps des festivals mais aussi des desserts givrés,. Certains ont le bon goût de convoquer l&rsquo;histoire de l&rsquo;opéra. Ainsi la poire Belle-Hélène, dessert créé par Auguste Escoffier en 1864 pour célébrer <em>La Belle Hélène</em> de Jacques Offenbach, qui triomphait alors au Théâtre des Variétés.</p>
<p>À partir de la recette originelle – poire pochée, glace à la vanille et chocolat chaud –, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://pierrechauvet.com/">le chocolatier et glacier ardéchois Pierre Chauvet</a> a imaginé une version revisitée qui conjugue un sorbet à la poire, une chantilly élaborée avec la crème des Monts d&rsquo;Ardèche et des poires Williams provenant d&rsquo;un producteur voisin de Lussas.</p>
<p>Une manière rafraîchissante de rappeler qu&rsquo;au cœur de l&rsquo;été, l&rsquo;opéra peut aussi se déguster à la cuillère.</p>
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		<title>Gala ODB Opéra – Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gala-odb-opera-paris-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Sep 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sa troisième édition, le Gala ODB Opéra, le site francophone d&#8217;échanges entre les passionnés d&#8217;opéra, offre à nouveau une combinaison de chanteurs confirmés, de jeunes voix en début de carrière professionnelle, de jeunes pousses plus ou moins vertes mais prometteuses, et la participation d&#8217;artistes hors de la sphère opératique. Comme en 2023 et 2024, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa troisième édition, le Gala ODB Opéra, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.odb-opera.com/joomfinal/index.php">le site francophone d&rsquo;échanges</a> entre les passionnés d&rsquo;opéra, offre à nouveau une combinaison de chanteurs confirmés, de jeunes voix en début de carrière professionnelle, de jeunes pousses plus ou moins vertes mais prometteuses, et la participation d&rsquo;artistes hors de la sphère opératique. Comme en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-stars-de-demain/">2023</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/gala-odb-opera-paris/">2024</a>, l&rsquo;après-midi est un véritable marathon lyrique avec un peu plus de quatre heures de concert. <strong>Erminie Blondel</strong> ouvre le bal musical. La jeune soprano fait partie de ces artistes dont la carrière commence à s&rsquo;épanouir, en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-la-nonne-sanglante-saint-etienne/">province</a> comme à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/duvernoy-la-tempete-paris-temple-du-luxembourg/">Paris</a>. Elle déploie un timbre fruité et une voix ample et bien projetée, homogène sur toute la tessiture, dans un air des <em>Pêcheurs de perles</em> impeccable de musicalité et qui donne envie de l&rsquo;entendre dans le rôle complet. <strong>Blerta Zeghu</strong> s&rsquo;attaque avec un réel tempérament dramatique à la difficile scène finale de <em>Roberto Devereux </em>puis interprètera avec une belle sensibilité deux mélodies de Tosti, où son beau timbre un peu sombre fait merveille. Originaire de Moscou, <strong>Serafima</strong> <strong>Liberman</strong> offre un timbre capiteux, une belle largeur de voix et une bonne projection. Elle chante en interprète habitée l&rsquo;air de <em>Iolanta</em> et une rare mélodie de Mili Balakirev sur un poème de Pouchkine (texte également mis en musique par Rachmaninov). Artiste confirmée, <strong>Pauline Courtin</strong> chante avec une grande sensibilité l&rsquo;<em>Adieu de l&rsquo;hôtesse arabe</em> de Georges Bizet et triomphe sans faiblir de la virtuosité de l&rsquo;air des bijoux de <em>Faust </em>dans lequel elle déploie une voix ample et bien homogène. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/choses-vues-et-chantees/">On rappellera son récent enregistrement consacré à Victor Hugo</a>. <strong>Adam Barro</strong> chante l&rsquo;air de Bartolo des <em>Nozze di Figaro</em> avec la rondeur d&rsquo;un vieux routier italien et une belle maîtrise du <em>canto</em> <em>silábico</em>. D&rsquo;origine arménienne, le baryton nous fait également découvrir un ample arioso extrait de <em>Davit Bek</em>, ouvrage populaire en Arménie mais inconnu en France. D&rsquo;origine portoricaine, <strong>Clara Luz Iranzo</strong> connait déjà un début de carrière internationale (Grèce, États-Unis). Sa <em>Thaïs</em> est chantée avec une voix exceptionnellement corsée dans ce rôle (pour préciser, on est plus proche de Caballé que de Sills ou Fleming). Pour ces mêmes raison, son premier air de Lucia, couronné par un puissant contre ré émis sans effort, est particulièrement impressionnant. La prononciation est impeccable et la caractérisation dramatique très sensible et variée. Appréciée lors de la précédente édition, <strong>Victoria Lingock</strong> est en progrès constant, avec un timbre rare à mi-chemin entre ceux de Jessye Norman et de Grace Bumbry et son air de Dalila ne manque pas de donner le frisson ainsi que son impérieux « Acerba voluttà » d&rsquo;<em>Adriana Lecouvreur</em>. Les deux artistes se lancent ensuite avec énergie dans le premier duo de <em>Norma</em>. Le timbre d&rsquo;Iranzo est assez grave mais celui de Lingock l&rsquo;est encore plus, de fait les deux voix sont bien appariées offrant une coloration inédite pour un résultat captivant. <strong>Momo Jang</strong> chante avec musicalité et émotion la scène de folie d&rsquo;<em>I Puritani</em>, mais c&rsquo;est surtout dans son épatant « Martern aller Arten » de <em>Die Entführung aus dem Serail</em> qu&rsquo;elle achève de nous convaincre, avec des coloratures impeccables et surtout un ambitus idéal (dans cet air impitoyable, combien de sopranos à l&rsquo;aise dans l&rsquo;aigu se trouvent à nu dans le grave, et inversement). <strong>Christophe Poncet de Solages</strong> chante le premier air du Duc de Rigoletto, « Questa o quella », avec une aisance pleine de charme, et offrira le tube de <em>Das Land des Lächelns </em>(<em>Le Pays du</em> <em>sourire</em> dans sa version française) dans une interprétation gorgée de soleil qui attire la sympathie. <strong>Marion Charlo</strong> triomphe avec aisance des vocalises de sa « Céleste providence », extraite du <em>Comte Ory</em>, se jouant des nombreux conte-ut piqués qui émaillent son air, avec une délicieuse voix de colorature à la française. <strong>Hugo Tranchant</strong> à le type de voix idéalement haut perchée pour incarner Beppe et se révèle plein d&rsquo;abattage dans le rondo de<em> La</em> <em>Grande Duchesse de Gérolstein</em>. <strong>Anne-Lise Polchlopek</strong>, qui avait chanté <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-anne-lise-polchlopek-paris-cortot/">en récital la veille Salle Cortot</a>, nous fait la grâce de deux morceaux de style et de tonalité très opposés, qui lui permettent de démontrer la versatilité de son talent, la triste <em>Première lettre</em> de Chaminade, d&rsquo;une émotion à fleur de peau, et la pétulante « Tarántula », extraite de la zarzuela L<em>a Tempranica</em> d&rsquo;un bel abattage. <strong>Jean Bélanger</strong> est un Banco puis un Sarastro encore un peu verts mais les moyens sont là. <strong>Runji Li</strong> est encore très jeune mais séduit, dans la mélodie <em>Nina</em> (longtemps attribuée à Pergolese) par un timbre de ténor chaud et coloré. <strong>Aurélien Vicentini</strong> fait ses débuts public de contre-ténor avec le célèbre « Lascia ch&rsquo;io pianga » de <em>Rinaldo</em> de Haendel. Dans « E lucevan le stelle », <strong>Ismaël Billy</strong> a des petits airs de Juan Diego Flórez, avec un timbre plus corsé. <strong>May Chedid</strong> avait été une découverte lors de la première édition, chantant de manière un peu improvisée une mélodie libanaise <em>a</em> <em>cappella</em>. Elle nous offre cette fois deux belles mélodies, de Fauré et Tosti, chantée avec musicalité et où l&rsquo;on sent le développement harmonieux de la voix. Également présente au premier gala, <strong>Claire</strong> <strong>de</strong> <strong>Monteil</strong> a depuis vu sa carrière se déployer (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/vrais-debut-de-claire-de-monteil-a-la-scala/">on se rappelle de ses débuts inattendus à la Scala</a>). La voix s&rsquo;est élargie, gagnant aussi en puissance sans rien perdre en aigu. Elle nous offre une splendide interprétation de l&rsquo;air d&rsquo;entrée de Leonora dans<em> Il trovatore</em> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-il-trovatore-lucques/">un ouvrage qu&rsquo;elle a chanté à travers l&rsquo;Italie l&rsquo;année dernière</a>). Elle démontre une nouvelle fois ses affinités avec la musique de Kurt Weill avec la glaçante chanson « Je ne t&rsquo;aime pas ». Dans le redoutable « Si ritrovarla io giuro » de <em>La Cenerentola</em>, <strong>Mali Zivcovic</strong> offre une impressionnante cascade de suraigus (plusieurs contre-ut et un contre-ré) et une belle aisance dans la vocalisation. Par contraste, son <em>Werther</em>, trop central à ce stade mais dont il a assurément le physique, le met moins en valeur. En Anna Bolena et en Micaela, <strong>Fanny Utiger</strong> offre un timbre chaud et une remarquable aisance dans l&rsquo;aigu et de beaux graves sans efforts, alliés à une belle incarnation dramatique. <strong>Raluca Vallois</strong> sait nous faire sourire avec une <em>Belle Hélène</em> à la voix charnue et puissante, et à l&rsquo;aigu généreux. La jeune <strong>Anaëlle Gregorutti</strong> se lance avec intrépidité dans l&rsquo;air de Farnace du <em>Mitridate</em> de Mozart, avec une voix corsée, à l&rsquo;aigu puissant, et conclut le programme avec la délicieuse <em>Heure</em> <em>exquise</em>, non dans la version de Reynaldo Hahn mais dans celle, tout aussi élégante et plus rare de Régine Poldowski.</p>
<p>Le programme intégrait également la lecture de trois beaux poèmes d&rsquo;<strong>Hanna Rees</strong>, moment de grâce trop fugitif. Ceux-ci sont  <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.amazon.fr/Haïkus-à-française-Hanna-Rees/dp/2310014346/ref=sr_1_5?dib=eyJ2IjoiMSJ9.jKKCN5JZZmFXGMUcAtntS7sBUIYJFEiguSCbD9gp5V6lrFtfrJfQNNOkocCEqN4zsxy_Il5hmrNBo-l5jKMYGfF8l-PuZVyFfxej_1xvGUwktY-0jAqD-S7lqXVuRiuG.lY4fEg0VCmx0GOMsJWN0At8icONpKNijGwzAeT4Vnt4&amp;dib_tag=se&amp;qid=1759055463&amp;refinements=p_27%3AHanna+Rees&amp;s=books&amp;sr=1-5&amp;text=Hanna+Rees">extraits de ses <em>Haïkus à la française</em></a>, et dits par leur auteur. Le dernier d&rsquo;entre eux évoque avec force et sensibilité le choc éprouvé par Hanna Rees <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/regards-sur-beatrice-uria-monzon-elle-etait-solaire/">à l&rsquo;annonce de la mort de Béatrice Uria Monzon</a>.<strong> Isabelle Carrar</strong> a fait résonner l&rsquo;esprit du Quartier Latin avec trois belles chansons extraites des répertoire de Barbara et de Juliette Gréco (on pourra l&rsquo;entendre en récital à Senlis le 9 octobre prochain à la Maison Léo Delibes, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://villaduchatelet.com/concerts/">Villa du Châtelet</a>). Le soprano et professeur de chant <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.linkedin.com/in/anne-julia-audray-471b6bb1/">Anne-Julia Audray</a> a présenté son recueil de sélections d&rsquo;airs (opéra, oratorio, mélodie, chanson ou comédie musicale), <em>Opera</em> <em>Singing</em>, pour jeunes et moins jeunes chanteurs. L&rsquo;idée est de permettre à des artistes de ne pas être obligés de voyager avec plusieurs partitions et de se concentrer sur celles susceptibles de les mettre en valeur. À titre d&rsquo;exemple, même les chanteurs enfants y trouveront des airs leur permettant de mieux briller lors de leurs auditions. Les morceaux sélectionnés comportent plusieurs versions chantées traduites. L&rsquo;après-midi était animée par Jérôme Pesqué, « patron » d&rsquo;<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://odb-opera.com/">ODB-Opéra</a>, et par <strong>Stéphane Sénéchal</strong> qui a apporté quelques moments de décompression avec ses incarnations de Funny Truche (soprano influenceuse) et de la Stromboli (diva à la carrière plus brève que son bagout !). Et l&rsquo;on n&rsquo;oubliera pas de remercier et de féliciter les quatre pianistes qui se sont succédé pour accompagnés les artistes dans ce programme particulièrement éclectique (et comportant beaucoup de raretés), et sans lesquels ce concert n&rsquo;aurait pu avoir lieu : <strong>Maxime Neyret</strong>, <strong>Matteo Carminati</strong>, <strong>François Bettencourt</strong> et <strong>Arnaud</strong> <strong>Kérébel</strong>. Le spectacle était donné au profit de la <em>Ligue contre le cancer.</em></p>
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		<item>
		<title>OFFENBACH, La Belle Hélène &#8211; Dijon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jacques-offenbach-la-belle-helene-dijon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour carcéral que soit l’accès à la salle, pour spartiate que soit le confort des sièges (mais, n’allions-nous pas à Sparte ?), faut-il pour autant ignorer les activités lyriques qui ont les Zénith pour cadre ? Ces institutions, qui hébergent des tournées très populaires (à des tarifs souvent supérieurs à ceux pratiqués par les salles lyriques), sont &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour carcéral que soit l’accès à la salle, pour spartiate que soit le confort des sièges (mais, n’allions-nous pas à Sparte ?), faut-il pour autant ignorer les activités lyriques qui ont les Zénith pour cadre ? Ces institutions, qui hébergent des tournées très populaires (à des tarifs souvent supérieurs à ceux pratiqués par les salles lyriques), sont ouvertes aux plus larges publics, que leur capacité exceptionnelle permet de rassembler. Une honorable <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-dijon/"><em>Carmen</em></a> avait essuyé les plâtres, il y a deux ans. Fort de cette première expérience, le <em>Labopéra Bourgogne</em> offre <em>La Belle Hélène</em>. Si les principaux acteurs se retrouvent à cette occasion, les leçons ont été tirées, et le spectacle relève maintenant d’un professionnalisme exigeant, la distribution ne comportant par ailleurs aucune faiblesse. Toutes les compétences des établissements d’enseignement ont été réunies, en plus de la nombreuse équipe de bénévoles sans qui le projet aurait été vain. La réussite est incontestable.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/BH-2-1294x600.jpeg" alt="" /></p>
<p>Avec quelques clins d’œil ajoutés (dont deux très brefs, bienvenus, citant <em>Carmen</em>), c’est la loi du genre, le livret est scrupuleusement respecté. Illustrée avec fidélité et brio, il en va de même de la partition. Au service exclusif de l’ouvrage, la mise en scène classique et festive d’<strong>Ismaël Gutiérrez </strong>tire heureusement parti du volume extraordinaire de l’espace scénique, tout en limitant les sollicitations : toujours les protagonistes retiennent l’attention, d’autant que la direction d’acteur s’avère soignée et efficace. Aucune gesticulation caricaturale, c’est toujours léger, de bon goût, abouti. Les décors, monumentaux, nous invitent dans cette Grèce antique en technicolor, conventionnelle, proche du <em>peplum</em>. Le refus délibéré d’actualisation s’avère d’autant mieux venu que le public, peu familier des canons de l’opéra contemporain, attend cette imagerie souriante, colorée : les drapés des péplos du peuple, les chlamydes d’Agamemnon et Ménélas, les costumes d’hoplites (Achille, les deux Ajax et Oreste), sont autant de bonheurs, particulièrement soignés (ceintures, agrafes&#8230;). Plus de 400 lycéens, filles et garçons, ont réalisé ces costumes comme les décors et accessoires, sans oublier les maquillages. Leur adhésion au projet les aura marqués à jamais d’un souvenir indélébile. Tout comme la centaine de choristes, jeunes et moins, qui se sont pleinement engagés dans ce projet. Sans oublier les 14 danseurs, dont deux éblouissantes solistes au professionnalisme avéré (1).</p>
<p>Les éclairages, classiques, de <strong>Nicolas Cointot</strong> sont efficaces. Il faut saluer le travail d’orfèvre de <strong>Franck Guinfoleau</strong>, dont le traitement du son s’avère remarquable : la clarté d’émission, les balances nous font oublier que l’amplification est la règle dans ce grand vaisseau.</p>
<p>L’orchestre fédère des professionnels reconnus, sous l’autorité de <strong>Steve Duong</strong>. La direction de <strong>Maxime Pitois</strong>, toujours attentif à la souplesse de la narration, insuffle une dynamique collective tout en se montrant soucieuse des solistes et du chœur. De l’énergie, du rythme, comme de la délicatesse, de la poésie (2). Jamais les équilibres ni la cohésion ne sont compromis, ce qui relève de l’exploit, compte tenu de la dimension du plateau. On a plaisir à percevoir le jeu de chacun des bois, du piccolo au basson, et l’homogénéité des cordes, assise sur de belles basses est appréciée.</p>
<p>Une distribution homogène, très professionnelle, sans faiblesse, où chaque chanteur est comédien, dont l’intelligibilité est la règle, va captiver l’auditoire. Pas de sur-titrage, dont on n’a nul besoin.</p>
<p><strong>Ahlima Mhamdi</strong>, familière de cette Hélène « aux multiples égarements de jeunesse », pourrait être meneuse de revue. Blonde cette fois (3), elle sert son personnage avec panache, d’une voix ronde, aux graves capiteux comme aux aigus insolents. La santé vocale est évidente et l’engagement dramatique constant. <strong>Mathilde Lemaire</strong>, l’autre mezzo, campe un Oreste juvénile, pétillant. La sûreté des moyens, la fraîcheur de l’émission, la conduite de la ligne, la diction magistrale, tout est là. Le Pâris de <strong>Raphaël Jardin </strong>est une belle découverte. Son assurance, l’élégance raffinée de son émission, chaleureuse, la volubilité de ses traits, c’est un régal. Ménélas, sous les traits de <strong>François Pardailhé</strong>, est irrésistible, drôle, pleutre et touchant. Sans plus d’emphase que nécessaire, le Calchas de<strong> Ronan Nédélec </strong>en impose, à la diction parfaite, et au jeu captivant. <strong>Olivier Grand</strong> a la stature du roi des rois et son Agamemnon possède l’autorité attendue. Le savoureux « trio patriotique » est particulièrement réussi.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/BH-6-1294x600.jpg" alt="" /></p>
<p>Pour mineures que soient leurs interventions chantées, il faut mentionner l’excellent Achille, cocasse, de<strong> Nicolas Rether, </strong>et les impayables deux Ajax (<strong>Hugo Fabrion</strong> et <strong>Franck Sixdenier</strong>).</p>
<p>On imagine que le chœur a dû travailler intensément, tant pour s’approprier sa partie que ses déplacements et sa gestuelle : précis, bien projeté, intelligible, à la hauteur des enjeux, c’est un plaisir que de l’écouter comme de le voir dans ses diverses déclinaisons.</p>
<p>Outre le bonheur à découvrir cette nouvelle <em>Belle Hélène</em> si bien servie, il faut redire celui à communier avec un public dont l’adhésion a été constante. Remplir le Zénith avec une telle programmation, à deux reprises, relevait déjà de l’exploit. Avoir entraîné chacun dans cette joyeuse fête, d’un goût très sûr, pour sortir le cœur léger, fredonnant tel ou tel air, la réussite est manifeste et appelle non seulement la poursuite du projet, mais aussi sa diffusion (4) en d’autres régions.</p>
<pre>(1) L’introduction qui ouvre le deuxième acte nous vaut une scène associant Ménélas à une démonstration de pole dance parfaitement intégrée à la trame narrative. 
(2) Les mélodrames sont autant de bijoux, où tout s’anime, autant de respirations de cette partition endiablée. 
(3) Olivier Desbordes, il y a un an, la voulait brune, dans une toute autre mise en scène. 
(4) Une captation a été réalisée par France.tv, qui fera l'objet de plusieurs diffusions et sera consultable sur la plate-forme.</pre>
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		<title>OFFENBACH, La Belle Hélène — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-belle-helene-paris-tce-saccage-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Jul 2021 21:34:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2015, les couplets de Pâris dans La Belle Hélène offraient à Cyrille Dubois le prix de la révélation lyrique des victoires de la musique classique. Depuis, on attendait que sonne l’heure du berger. Une version de concert de l&#8217;opéra-bouffe d’Offenbach au Théâtre des Champs-Elysées vient combler notre attente. Mais pourquoi fallait-il que l’on nous &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2015, les couplets de Pâris dans <em>La Belle Hélène</em> offraient à <strong>Cyrille Dubois</strong> le prix de la révélation lyrique des victoires de la musique classique. Depuis, on attendait que sonne l’heure du berger. Une version de concert de l&rsquo;opéra-bouffe d’Offenbach au Théâtre des Champs-Elysées vient combler notre attente. Mais pourquoi fallait-il que l’on nous gâche la fête ?</p>
<p>Car tel qu’espéré, Pâris semble avoir été taillé sur mesure pour la voix de Cyrille Dubois, légère et agile, aux aigus faciles, qui se joue des « la laï tou » de la tyrolienne du troisième acte comme s’il avait été élevé au lait de vache dans les pâturages alpins, mais qui parvient aussi à caresser le « rêve d’amour » dans le bon sens du poil, souple et soyeux. Au-delà de l’adéquation des moyens à la partition, il y a la compréhension du texte, la connaissance maternelle de la langue française qui aide à donner forme et sens au mot ; il y a la caractérisation : la vanité, l’effronterie, le charme aussi. Il y a, autour de ce berger princier, des seconds rôles hautement recommandables, ne serait-ce que par leur capacité vocale et scénique à donner vie à leur personnage dans le peu de répliques imparties : un Achille bouillonnant de bêtise (<strong>Raphaël Brémard</strong>), des Ajax désopilants à manger du foin (<strong>Florent Karrer</strong> et <strong>Sahy Ratia</strong>). On a connu Oreste plus déluré même si moins en voix ; récemment sortie du conservatoire, <strong>Aliénor Feix</strong> à sa carrière devant elle pour gagner en liberté. <strong>Marc Barrard</strong> en Agamemnon et <strong>Philippe Ermelier</strong> en Calchas compensent par leur truculence l’inévitable passage des ans. Le premier interprétait déjà le « roi des rois » <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/la-belle-helene-paris-chatelet-trop-belle-pour-ca">au Châtelet en 2015</a> auprès de <strong>Gaëlle Arquez</strong> en Hélène. Avec le temps, la mezzo-soprano a gagné en assurance tout en continuant d’opter pour une reine de Sparte, moins cocotte que grande dame, sans aucun de ces effets de poitrine qui s’ils ne sont pas toujours du meilleur goût peuvent tirer Hélène vers des faubourgs plus opportuns. <strong>Eric Huchet</strong>, enfin, prouve qu’on peut être un Ménélas de caractère, ridicule à souhait, et pour autant refuser tout compromis avec la partition. S’il existait un ordre du mérite offenbachien équivalent à la légion d’honneur, alors le ténor sarthois serait élevé à la dignité de grand-croix.</p>
<p>A trop chercher l’ivresse, <strong>Alexandre Bloch</strong> conduit souvent en état d’ébriété. Sa direction dans les ensembles mord la ligne jaune au risque du décalage mais l’Orchestre national de Lille est une cylindrée de luxe qui autorise les excès de vitesse. Le Chœur de Chambre Septentrion, masqué et en nombre limité – pour raisons sanitaires sans doute – n’atteint pas la même plénitude sonore.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/lbh.jpeg?itok=uoobYHwJ" title="© Ugo Ponte / ONL" width="468" /><br />
	© Ugo Ponte / ONL</p>
<p>Tous ensemble conjugués suffiraient au plaisir de la soirée si <strong>Lionel Rougerie</strong> ne s’était employé à récrire entièrement les dialogues parlés. On ne rentrera pas dans le détail d’une approche saccageuse qui tente une mise en abyme du texte de Meilhac et Halévy. De copieuses huées ont sanctionné l’adaptation lors des saluts finaux. Mais on déplore que cette réécriture bavarde du livret s’effectue au détriment de la partition, amputée de plusieurs couplets et numéros (dont la romance de Pâris au 2<sup>e</sup> acte, « je la vois » rétablie par Marc Minkowski au Châtelet en 2000).</p>
<p>Pour ne pas conclure sur une mauvaise note, mentionnons la prochaine coopération de Cyrille Dubois avec l’Orchestre national de Lille autour d’un album d’airs d’opéras-comiques français du 19<sup>e</sup> siècle dans lequel le ténor devrait là aussi exceller.  </p>
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		<title>Ana-chroniques</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dossier/ana-chroniques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Andre Peyregne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Mar 2021 15:09:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comptes rendus de créations mondiales historiques. Ces travaux d&#8217;imagination et de projection, – car généralement, nous n&#8217;y étions pas –, vous permettront de humer l&#8217;ambiance des créations au temps de Mozart, de Rossini ou de Verdi. Ludwig van Beethoven : Fidelio Hector Berlioz : Les Troyens Arrigo Boïto : Mefistofele Wolfgang Amadée Mozart : Don Giovanni Jacques Offenbach &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em style="font-size: 14px">Comptes rendus de créations mondiales historiques. Ces travaux d&rsquo;imagination et de projection, – car généralement, nous n&rsquo;y étions pas –, vous permettront de humer l&rsquo;ambiance des créations au temps de Mozart, de Rossini ou de Verdi.</em></p>
<hr />
<ul>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/fidelio-vienne-theater-an-der-wien-fi-de-fidelio-ana-chronique">Ludwig van Beethoven : <em>Fidelio</em></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/les-troyens-a-carthage-paris-theatre-lyrique-berlioz-un-de-troie-ana-chronique">Hector Berlioz : <em>Les Troyens</em></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/mefistofele-milan-mefistofele-au-diable-lopera-ana-chronique"><em>Arrigo Boïto : Mefistofele</em></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/don-giovanni-prague-creation-de-don-giovanni-a-prague-ana-chronique">Wolfgang Amadée Mozart : <em>Don Giovanni</em></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/la-belle-helene-paris-offenbach-paris-a-paris-ana-chronique">Jacques Offenbach : <em>La Belle Hélène</em></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/la-fanciulla-del-west-new-york-new-york-un-puccini-transatlantique-ana-chronique#overlay-context=la-fanciulla-del-west-new-york-new-york-un-puccini-transatlantique-ana-chronique">Giacomo Puccini : <em>La Fanciulla del West</em></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/samson-et-dalila-weimar-saint-saens-et-samson-ana-chronique">Camille Saint-Saëns : <em>Samson et Dalila</em></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/i-due-foscari-rome-verdi-le-choeur-a-louvrage-ana-chronique">Giuseppe Verdi :<em> I due Foscari</em></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/le-vaisseau-fantome-dresde-dresde-wagner-en-pleine-tempete-ana-chronique#overlay-context=auteurs/clement-taillia">Richard Wagner</a><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/le-vaisseau-fantome-dresde-dresde-wagner-en-pleine-tempete-ana-chronique#overlay-context=auteurs/clement-taillia"><font color="#018fe2"> :</font><em> Le Vaisseau Fantôme</em></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/don-pasquale-paris-un-don-de-donizetti-ana-chronique#overlay-context=auteurs/clement-taillia">Gaetano Donizetti</a><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/don-pasquale-paris-un-don-de-donizetti-ana-chronique#overlay-context=auteurs/clement-taillia" style="font-size: 14px"> :</a><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/don-pasquale-paris-un-don-de-donizetti-ana-chronique#overlay-context=auteurs/clement-taillia"><em> Don Pasquale</em></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/werther-le-massenet-nouveau-est-arrive-ana-chronique">Jules Massenet : <em>Werther</em></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/i-puritani-paris-theatre-italien-puritains-et-cholera-ana-chronique">Vincenzo Bellini : <em>I Puritani</em></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/manon-lescaut-turin-trente-rappels-pour-manon-ana-chronique">Giacomo Puccini : </a><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/manon-lescaut-turin-trente-rappels-pour-manon-ana-chronique"><em>Manon Lescaut</em></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/un-ballo-in-maschera-rome-un-verdi-masque-ana-chronique">Giuseppe Verdi : <em>Un ballo in maschera</em></a></li>
</ul>
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		<title>OFFENBACH, La Belle Hélène —</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-belle-helene-paris-offenbach-paris-a-paris-ana-chronique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Andre Peyregne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Dec 2020 04:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voici venues les fêtes de Noël. Un peu de bonne humeur est bienvenue en cette fin d’année 1864 qui a vu monter les revendications ouvrières dans le pays. Notre Empereur et son ministre Emile Ollivier ont su les calmer en accordant un droit qui pourrait avoir son importance dans le futur : le droit de grève. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Voici venues les fêtes de Noël. Un peu de bonne humeur est bienvenue en cette fin d’année 1864 qui a vu monter les revendications ouvrières dans le pays. Notre Empereur et son ministre Emile Ollivier ont su les calmer en accordant un droit qui pourrait avoir son importance dans le futur : le droit de grève. L’autre jour, nous étions à une soirée musicale où se trouvait précisément Emile Ollivier. Ce grand amateur de musique qui est l’avocat et l’ami de Richard Wagner, nous disait qu’à Londres a été créée l’ « Association internationale des travailleurs » par un homme qui s’appelle quelque chose comme Karl Marx. A-t-il de l’avenir ?</p>
<p>Bref, nous sommes allés nous changer les idées en assistant, samedi dernier 17 décembre, à la création de l’opérette de M. Offenbach, <em>la Belle Hélène</em>, au Théâtre des Variétés, boulevard Montmartre.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/belle_helne_1.jpg?itok=-PLAUgxA" title="Affiche de la Belle Hélène" width="468" /><br />
	Affiche de la Belle Hélène</p>
<p>Depuis, un air ne cesse de nous tourner dans la tête : « Je suis l’époux de la reine, poux de la reine, poux de la reine &#8230; » Ce Monsieur Offenbach n’a pas son pareil pour inventer des airs obsédants !</p>
<p>Le Théâtre des Variétés dont la façade en forme de temple grec se dresse sur l’un des nouveaux boulevards tracés par le préfet Haussman, était autrefois cantonné dans le vaudeville. Il a décidé de s’ouvrir à l’opérette. Cela a fait l’affaire de M. Offenbach qui est actuellement en conflit avec son ancien théâtre des Bouffes Parisiens.</p>
<p>Dans sa<em> Belle Hélène</em>, il a parodié l’antiquité en racontant les amours de la reine grecque Hélène pour le prince troyen Pâris. C’est Pâris à Paris, ah, ah, ah ! (On ne dira jamais assez l’importance de l’accent circonflexe !)</p>
<p>Cette parodie ne plaît pas à tout le monde. Nous avons rencontré l’écrivain Théophile Gautier qui s’insurgeait contre la ridiculisation de l’Iliade et l’Odyssée. Le poète Théodore de Banville renchérissait en disant: « C’est une œuvre de haine israélite contre la Grèce ! »</p>
<p>Il n’empêche, le succès a été considérable. L’œuvre se moque, en fait, de nos institutions et de nos dirigeants au travers des rois de la Grèce « remplis de vaillance, plis de vaillance, plis de vaillance ». Au travers du personnage d’Oreste, elle caricature les dandys.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/hortense_schneider.jpg?itok=ZODdEaQs" title="Hortense Schneider, interprète de la Belle Hélène" width="468" /><br />
	Hortense Schneider, interprète de la Belle Hélène</p>
<p>« Dis moi Vénus, quel plaisir trouves-tu à faire ainsi cascader la vertu ? » :  le personnage d’Hélène, interprété par Hortense Schneider, chante cela. Ah, la belle Hortense Schneider ! Elle est une vraie chanteuse au milieu d’une troupe faite plutôt de comédiens chantants. Il y a aussi le chanteur belge José Dupuis, interprète de Pâris, qui fait tinter son ténor léger tout en assurant la mise en scène du spectacle. Jean-Laurent Kopp, lui, tient le rôle de Ménélas&#8230; hélas ! Le « roi des rois », Agamemnon (« l’époux de la reine, poux de la reine ») est interprété par Henri Couder. A ses côtés, Ajax, le roi de Salamine, est incarné par un certain Hamburger. Couder n’en a fait qu’une bouchée ! Quant au personnage d’Oreste, il est interprété en travesti par Léa Silly. Elle est, tout le monde le sait, une rivale d’Hortense Schneider, soutenue par le journal la « Vie parisienne »… dont le directeur est un ami de sa sœur, tandis qu’Hortense Schneider a les faveurs du Figaro… dont le directeur est un ami d’Offenbach !</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/belle_helene_2.jpg?itok=STlXfGXK" title="Caricature de la Belle Hélène" width="468" /><br />
	Caricature de la Belle Hélène</p>
<p>Pour notre part, c’est la belle interprète d’Hélène que nous soutenons. Parodiant l’air d’Agamemnon « Je suis l’époux de la reine, poux de la reine», nous chantons «  Je suis fou de l’Hélène, fou de l’Hélène !&#8230; »</p>
<p>
	 </p>
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		<title>OFFENBACH, La Belle Hélène — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-belle-helene-paris-helene-et-les-garcons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Feb 2020 22:34:09 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/hlne-et-les-garons/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Offenbach et sa Belle Hélène peuvent-ils se satisfaire d’une présentation en concert ? Oui, quand c’est fait avec doigté, comme ce soir, bien qu’il ne s’agisse pas d’une grande production de niveau international. D’abord, les dialogues sont passés à la trappe, y compris les charades et bouts rimés, remplacés par deux récitantes qui dialoguent avec humour &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Offenbach et sa <em>Belle Hélène</em> peuvent-ils se satisfaire d’une présentation en concert ? Oui, quand c’est fait avec doigté, comme ce soir, bien qu’il ne s’agisse pas d’une grande production de niveau international. D’abord, les dialogues sont passés à la trappe, y compris les charades et bouts rimés, remplacés par deux récitantes qui dialoguent avec humour pour renseigner les spectateurs qui ne connaîtraient pas l’intrigue. Cela fonctionne plutôt bien, sans trop rompre le rythme de l’action. Ensuite, l’orchestre est réduit à une douzaine d’excellents instrumentistes, c’est-à-dire à peu près un par pupitre, ce qui est toujours infiniment mieux qu’une version pour un ou deux pianos. Enfin, la « troupe » mêle des professionnels confirmés avec de jeunes chanteurs et des amateurs, qui tous se donnent à fond dans une mise en espace astucieuse mêlant l’antique et le contemporain, pour que l’on passe une bonne soirée, ce qui a été le cas.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="468" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/7_belle_helene_vociharmoni_2020_16.jpg?itok=QWcPiiGw" width="320" /><br />
	Marie Saadi, Jeremy Kalvar et Tarek Mohia © Photo Richard Kalvar/VociHARMONIE</p>
<p>On connaît bien <strong>Marie Saadi</strong>, la plus Parisienne des Canadiennes, qui s’est au fil du temps spécialisée dans Offenbach (on l’a vue en Boulotte, Antonia, Grande Duchesse et Périchole), ce qui ne l’empêche pas de chanter par ailleurs les grands rôles du répertoire lyrique. Son potentiel de sympathie est formidable, et dès qu’elle apparaît, elle met le public dans sa poche. Son Hélène oublie la critique de la société du Second Empire au profit d’une jeune femme libérée d’aujourd’hui, au milieu d’une multitude de garçons, et faisant ce dont elle a envie quand elle en a envie et avec qui elle a envie. Elle joue de son physique avec drôlerie et elle ne chante pas seulement avec sa voix, mais avec tout son corps. La voix est puissante avec des aigus magnifiques assis sur un médium et bas-médium de toute beauté. Côté interprétation, le personnage est surtout excessif en tout, jusque dans l’humour qui explose dans « l’homme à la pomme », grand moment comique. Mais les grands airs que tout le monde attend sont bien là aussi, bref, une interprétation qui compte.</p>
<p>	Les seconds rôles sont d’un excellent niveau vocal et scénique, puisque tout se passe sur un petit podium permettant de jouer les scènes, avec des chanteurs-acteurs épatants qui sont aussi, et cela s’entend, des musiciens accomplis. Le Ménélas de <strong>Tarek Mohia</strong> est ébouriffant de qualité vocale et de drôlerie dans son interprétation, sans pour autant sacrifier une excellente diction. <strong>Cédric Le Barbier </strong>(Agamemnon) confirme les qualités que l’on avait déjà décelées, notamment dans le rôle de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/les-mousquetaires-au-couvent-paris-pour-faire-un-brave-mousquetaire">Brissac</a>. Et <strong>Léo Muscat</strong> (Oreste) présente également de grandes qualités très prometteuses. Autant dire que le malheureux Pâris (<strong>Jeremy Kalvar</strong>) avait fort à faire au milieu d’un ensemble aussi cohérent, car sa prestation vocale est loin d’égaler son amusante et très accomplie caractérisation du personnage.</p>
<p>	Les chœurs, bien équilibrés, ont présenté quelques petits retards à l’allumage, mais les choses se sont arrangées une fois le moteur chaud. <strong>Daniel Gàlvez-Vallejo</strong> dirige tout son monde avec doigté, bien dans le style d’Offenbach, avec aussi de très jolies nuances et des tempi soutenus.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>OFFENBACH, La Belle Hélène — Soustons</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-belle-helene-soustons-heroique-fantaisie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jul 2019 10:31:06 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/hroique-fantaisie/</guid>

					<description><![CDATA[<p>A force de ne plus voir représenter que des adaptations, réécritures et modernisations, on finirait par croire que le texte conçu pour La Belle Hélène par Meilhac et Halévy est devenu désespérément injouable tel quel, par trop truffé de références devenues obscures avec le temps, l’exemple le plus flagrant étant la fameuse charade où l’on &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A force de ne plus voir représenter que des adaptations, réécritures et modernisations, on finirait par croire que le texte conçu pour <em>La Belle Hélène </em>par Meilhac et Halévy est devenu désespérément injouable tel quel, par trop truffé de références devenues obscures avec le temps, l’exemple le plus flagrant étant la fameuse charade où l’on fait deviner le mot <em>locomotive </em>avec cette définition « Mon premier se donne au malade » : plus personne ne sait aujourd’hui que le loch était jadis une potion soulageant les voies respiratoires. Et la plupart des productions de jeter le bébé avec l’eau du bain. On commencera donc par remercier le festiva Opéra des Landes d’avoir eu le courage de conserver ce texte sans le farcir d’allusions à notre temps, ou de trivialités hors de propos. Même le loch y est, moyennant un léger changement de définition (« un lac au nord d’Albion »).</p>
<p>Ce parti pris de fidélité au texte va de pair avec une mise en scène où, sans rien modifier aux données de l’intrigue, <strong>Olivier Tousis </strong>parvient malgré tout à apporter un regard frais sur le mythe classique. Puisqu’Achille et les autres demi-dieux sont en quelque sorte des super-héros dotés de super-pouvoirs, pourquoi ne pas les transposer dans une mythologie plus proche de la culture actuelle, celle de la science-fiction ? Là où telle <em>Carmen</em> extra-terrestre sombrait rapidement dans le n’importe quoi, ce déplacement vers 4000 après plutôt qu’avant Jésus Christ permet de jouer avec les codes de tout un univers (sabres lasers, fusées, etc.), d’où toutes sortes d’effets comiques inattendus, souvent en relation avec l’utilisation de la lumière. Saluons également la qualité des décors et l’inventivité des costumes, avec un résultat esthétique digne des maisons les plus richement dotées, dont Opéra des Landes est loin de faire partie.</p>
<p>Avec douze instrumentistes, inutile de réduire au sens strict la partition d’Offenbach : le son est évidemment moins étoffé qu’avec les orchestres habituels, mais l’impression produite n’est pas celle des arrangements pour une poignée de musiciens que certains théâtres ont pris l’habitude de proposer. Le chef <strong>Philippe Forget</strong> dirige ses troupes avec goût, sans exagérer les tempos. On pourra évidemment regretter que la scène du Jeu de l’Oie ait été omise, mais au moins tous les autres morceaux de la partition sont-ils donnés dans leur intégralité, sans les coupes parfois d’usage. Quant au chœur d’Opéra des Landes, on voudrait seulement que ses pupitres masculins s’étoffent un peu et se consolident pour donner plus dignement la réplique aux pupitres féminins, tout à fait à la hauteur des enjeux.</p>
<p>Au sein d’une distribution soignée, on retrouve inévitablement quelques noms familiers, comme celui de <strong>Maela Vergnes</strong>, grande habituée des rôles travestis, qui prête sa voix claire à un Oreste en état d’ébriété quasi constante, de <strong>Marc Souchet</strong>, Figaro l’an dernier, et cette fois Agamemnon un peu moins arrogant que de coutume. Calchas féroce vite saisi par la débauche, <strong>Mathieu Toulouse</strong> s’impose d’abord scéniquement ; en dehors du Trio patriotique, le rôle ne lui laisse guère d’occasions de s’affirmer. <strong>Jean Goyetche</strong> rompt heureusement avec la tradition selon laquelle Ménélas est confié à un acteur plutôt qu’à un chanteur, et le ténor possède amplement de quoi se faire entendre ; moins bonnasse que souvent, l’époux de la reine troque ici les rondeurs habituelles pour une silhouette dégingandée, le personnage allant jusqu’à la violence physique lorsqu’il surprend sa femme en fâcheuse posture. Après un aigu un peu difficile à la fin de son premier air, la voix de <strong>Matthieu Justine </strong>se chauffe assez rapidement pour que son Pâris accomplisse ensuite un parcours sans faute. <strong>Frédérique Varda</strong> peut se prévaloir d’une solide expérience du répertoire de l’opérette, genre où il faut savoir passer sans heurts du chanté au parlé : chez cette Hélène soprano plutôt que mezzo, on admire donc notamment l’art de distiller des énormités avec une candeur absurde, et le portrait de cette femme du monde que le peuple traite de cocotte, dont la fausse innocence et l’air de ne pas y toucher rappellent irrésistiblement Arielle Dombasle (soyons très clair sur ce point : la ressemblance ne concerne en aucun cas la voix, mais seulement le jeu). Ajoutons que les hétaïres sont gourgandines à souhait et que les jeunes rois sont délicieusement bêtes, et l’on comprendra l’enthousiasme que peut susciter ce spectacle, encore donné pour trois représentations les 21, 23 et 24 juillet.</p>
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		<item>
		<title>Offenbach, The Operas &#038; Operettas Collection</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/offenbach-the-operas-operettas-collection-aimer-ce-que-lon-a/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Apr 2019 14:42:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Quand on n’a pas ce que l’on aime, il faut aimer ce que l’on a » : cette réplique de la Grande-Duchesse résume l’état d’esprit avec lequel on conseille d’appréhender le coffret proposé par Warner Classics à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach. Autrement dit par Julien Marion : faire l’apprentissage de la frustration. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Quand on n’a pas ce que l’on aime, il faut aimer ce que l’on a</em> » : cette réplique de la Grande-Duchesse résume l’état d’esprit avec lequel on conseille d’appréhender le coffret proposé par Warner Classics à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach. Autrement dit par Julien Marion : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/offenbach-au-disque-ou-lapprentissage-de-la-frustration">faire l’apprentissage de la frustration</a>. D’une manière générale, <em>Les Contes d’Hoffmann</em> et les cinq grands opéras bouffes (<em>Orphée aux Enfers</em>, <em>La Belle Hélène</em>, <em>La Vie parisienne</em>, <em>La Grande-Duchesse de Gérolstein</em>, <em>La Périchole</em>) résument l’essentiel de la discographie offenbachienne. Et les quelques enregistrements hors des sentiers battus datent au mieux de Mathusalem ou, au pire, ont été réalisés avec des bouts de chandelle, pour un résultat souvent inégal.</p>
<p>A la décharge des labels, l’alternance de parlé/chanté propre à la majorité des œuvres lyriques d’Offenbach se prête mal à l’exercice du disque. Enregistrés, les dialogues, pourtant indispensables à la compréhension du livret et à la respiration de la musique, deviennent rapidement envahissants et peuvent représenter un frein à l’achat, encore plus si l’on maîtrise mal la langue française. Ceci explique en partie un catalogue qui peut sembler chétif quand on le rapporte à la popularité du compositeur et à la longue liste de ses pièces lyriques (une centaine au total).</p>
<p>Puisqu’il faut se contenter de ce que l’on a, réjouissons-nous de retrouver dans un coffret à la présentation soignée mais, comme souvent dans ce genre d’entreprise, au livret sommaire, quelques trésors discographiques et, à défaut d’inédits, plusieurs raretés. A commencer par ces petits joyaux que sont <em>Ba-ta-clan</em>, <em>Les Bavards</em> et <em>La Fille du tambour-major</em>, témoignages courageux d’un temps – la fin des années 60 –, où l’on enfouissait la musique d’Offenbach à l’étable sous le tas de fumier. L’auteur de ces lignes, alors jeune lyricomane, se souvient avoir longtemps caché son goût pour Offenbach comme la plus inavouable des perversions.</p>
<p>Opérette, opéra-comique ou chinoiserie musicale ? Si la dénomination de ces trois ouvrages est <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/offenbach-et-loperette-ou-la-confusion-des-genres">source de confusion</a>, leur musique se consomme sans modération, y compris dans une interprétation que nos oreilles jugent aujourd’hui maniérée. D’une ambition supérieure aux deux autres, <em>La Fille du tambour-major</em> n’a droit qu’à des extraits dirigés par <strong>Félix Nuvolone</strong>, d’où se détache le Robert charpenté de <strong>Michel Dens</strong>, le tout complété par un échantillon suranné de <em>La Grande-Duchesse</em>. Pourquoi ne pas avoir préféré pour cette dernière œuvre l’enregistrement intégral réalisé par <strong>Michel Plasson</strong> ? Tout comme le cœur, les compilations ont leurs raisons que la raison ne connaît pas.</p>
<p>Dans les années 1970, Plasson est en effet l’artisan d’une « Offenbach renaissance » dont<em>, La Grande-Duchesse</em> exceptée, on retrouve ici tous les jalons. Enfin, cette musique était prise au sérieux. Un peu trop à la limite. Il y a dans l’approche de celui qui, plus largement, s’attelait alors au dépoussiérage du répertoire romantique français, une ambition musicale parfois inappropriée aux enjeux du genre. On ne prête qu’aux riches. Plus opéra que bouffe, cette lecture luxueuse est servie par une pléiade de grands chanteurs, <strong>Régine Crespin</strong> en tête, Metella de référence dans <em>La Vie parisienne</em> par la largeur ambiguë d’une voix capable de se couler dans le format imposé par Hortense Schneider (qui ne chanta jamais ce rôle). Il suffit que l’âge aidant, la reine Régine passe son sceptre à Jessye Norman dans <em>La Belle Hélène</em> pour que l’on mesure a contrario la distance amusée et le chic canaille avec lesquels la soprano française aborde ce que certains considérèrent à l’époque comme un contre-emploi. Autour d’elle, la fine fleur du chant français. <strong>Michel Trempont</strong>, <strong>Mady Mesplé</strong> dont le timbre pointu peut désagréablement piquer ou encore <strong>Michel Sénéchal,</strong> délicieux Gardefeu, Orphée facétieux, Don Pedro d’une préciosité hilarante, pas si éloigné à certains égards de sa désormais légendaire nymphe Platée (il existe d’ailleurs plus d’une passerelle entre Rameau et Offenbach). <em>Orphée aux Enfers</em> particulièrement se pose en référence. Seul témoignage intégral à notre connaissance de la version de 1874, sa dimension féerique – comprendre grand spectacle – convient particulièrement aux ambitions musicales de Michel Plasson. Ailleurs, l’approche trouve ses limites dans le choix de stars internationales –  <strong>Jessye Norman</strong> en Hélène donc, <strong>John Aler</strong> en Pâris, <strong>Teresa Berganza</strong> et <strong>José Carreras</strong> en Périchole et Piquillo&#8230; – tous égarés dans un répertoire qu’ils contribuent à fâcheusement endimancher. Faut-il être français pour bien chanter Offenbach ? La réponse serait oui si, plus tard, Felicity Lott ne nous avait démontré le contraire, à contre-voix. </p>
<p>A défaut de francité, il existe dans les pays germaniques — Vienne notamment où Offenbach fut fêté de son vivant et certains de ses ouvrages créés avant Paris – une tradition offenbachienne. Datés de la fin des années 1970, des enregistrements d’<em>Orpheus in der Unterwelt</em>, <em>Die schöne Helena</em>, <em>Pariser Leben</em> et <em>Die Groβherzogin von Gerolstein</em> le rappellent, à titre anecdotique pour l’auditeur francophone qui ne trouvera là-dedans rien de mieux que ce qu’il a dans sa propre langue.</p>
<p>Seule exception, <em>Les Contes d’Hoffmann</em> par <strong>Dietrich Fischer-Dieskau</strong> et <strong>Julia Varady</strong>, jamais à court d’arguments ici comme ailleurs. A comparer pour les philologues de la partition avec la version Oeser enregistrée par <strong>Sylvain Cambreling</strong> et présentée à l’époque de l’enregistrement (1988) comme la mouture définitive de l’œuvre. Abandonnée depuis, son acte de Venise s’avère pourtant d’une consistance supérieure à ce que l’on trouve dans les autres avatars d’une partition condamnée pour l’éternité aux supputations musicologiques. Fidèle à ses habitudes, <strong>Neil Shicoff</strong> dans le rôle-titre fait valoir l’engagement jusqu’au-boutiste que l’on est en droit d’attendre du poète maudit. </p>
<p>Dans le sillage des hommages monumentaux érigés par Plasson, L<em>es Brigands </em>et la drôle de trilogie formée par <em>Pomme d’Api</em>, <em>Monsieur Choufleri</em> et <em>Mesdames de La Halle</em> résolvent dans les années 1980 cette impossible équation entre musique et théâtre, entre rire et, cachée derrière la bouffonnerie, prête à affleurer, cette absurde mélancolie qui apporte un relief particulier à la musique d’Offenbach (et fait cruellement défaut à Hervé – là est peut-être la raison du succès du premier quand le second peine à sortir de l’ombre). </p>
<p>En bonus, les six Fables de la Fontaine par ce prince de la mélodie française qu’est <strong>François Le Roux</strong>, <em>G</em><em>aîté parisienne</em>, ballet en forme de pot-pourri arrangé par <strong>Manuel Rosenthal</strong>, qui connut son heure de gloire avant que l’<em>Offenbach Renaissance</em> ne le remise au placard, et un récital de <strong>Jane Rhodes</strong>. Dirigée par son époux <strong>Roberto Benzi</strong>, la première Carmen du Palais Garnier est ici à Offenbach ce que Bartoli fut à Vivaldi : le porte-drapeau du renouveau d’une musique alors méjugée. Avant Crespin, dont on entend à l’écoute de ce florilège combien elle l’inspira, la diction, le timbre pourpre, le port royal de la voix, les inflexions coquines raniment la flamme vive d’Hortense Schneider, diva et divette, passage des princes et princesse des boulevards, dont Offenbach en signe d’allégeance reconnaissait n’être que le « <em>compositeur ordinaire</em> ». </p>
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		<title>OFFENBACH, La Belle Hélène — Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-belle-helene-nancy-trop-bavarde-pour-cythere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Dec 2018 04:35:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il ne faut pas croire tout ce qu’on nous raconte, nous avertit d’emblée le metteur en scène Bruno Ravella : et si Pâris n’avait jamais rencontré les trois déesses sur le mont Ida, mais qu’il s’agisse en fait d’un espion envoyé par une puissance étrangère pour séduire et enlever Hélène afin de déclencher une guerre, en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il ne faut pas croire tout ce qu’on nous raconte, nous avertit d’emblée le metteur en scène <strong>Bruno Ravella </strong>: et si Pâris n’avait jamais rencontré les trois déesses sur le mont Ida, mais qu’il s’agisse en fait d’un espion envoyé par une puissance étrangère pour séduire et enlever Hélène afin de déclencher une guerre, en l’occurrence celle de Troie ? Voici le fil conducteur de la nouvelle production de Nancy annoncé. Quant à son titre : <em>Mission : beauté fatale</em>. Évidemment, Pâris tient moins du Malotru du <em>Bureau des légendes</em> que d’un James Bond d’opérette et la référence assumée est celle d’<em>OSS 117</em>. La mise en scène puise dès lors allégrement dans le cinéma des années 1950 et 1960, tout en s’inspirant de l’univers de Tintin et celui, plus actuel, des jeux télévisés (avec une inénarrable charade où des prétendants pas très malins s’acharnent sur leur champignon). Pendant près de deux heures et demie, les gags s’enchaînent et il y en a pour tous les goûts, puisque l’on s’inspire des classiques et de leur parodie, de l’après-guerre à nos jours. Dès lors, le spectacle s’adresse à un très large public, mais il aurait peut-être été préférable d’exploiter plus à fond l’une des nombreuses pistes explorées pour donner davantage d’unité visuelle au spectacle. Sans doute sommes-nous trop marquée par la désormais classique vision de Laurent Pelly et surtout la décapante, hilarante et géniale transposition de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://(https://www.forumopera.com/spectacle/tout-en-elegance)">Mariame Clément</a> sur un tournage hollywoodien des années 1930. Cela dit, ne boudons pas notre plaisir : le mélange des genres donne des résultats incongrus et jouissifs, véritables joyaux de télescopages temporels, telle la vision de ces souverains de république bananière qui ressemblent pourtant comme des clones aux caricatures de Daumier, ou cette party à la Blake Edwards dans laquelle d’improbables mariachis semblent sortis du <em>Chanteur de</em> <em>Mexico</em> et Luis Mariano fait chavirer les compagnes d’Austin Powers. Tout le monde s’en donne à cœur joie et il faut dire que les mouvements de groupes sont particulièrement bien ordonnés, voire chorégraphiés. <strong>Philippe</strong> <strong>Giraudeau</strong>, qui a notamment travaillé avec Robert Carsen, montre ici l’étendue de son talent : il faut voir par exemple le cancan des troupes en treillis rouge, véritable chahut militaire.</p>
<p>Adaptés par <strong>Alain Perroux</strong>, les dialogues abondent de jeux de mots, calembours et bouts rimés, dans une logorrhée qui tient du feu d’artifice permanent. Calchas est l’une des principales victimes de la recherche ultime du synonyme, à tel point que quelqu’un se lamente : « Pourquoi faut-il qu’on rimaillasse à toute heure sur Calchas ? » Le public ne s’en plaint guère ni ne se lasse… et de fréquents fous rires marquent les diverses saillies, notamment le zozotement de l’un des deux Ajax, digne de la <em>Vie de Bryan</em> des Monty Python. De ces bons mots en rafale, on retiendra notamment un : « C’était lui, hélas !&#8230; — Mais alors, balancez votre porc ! », entre « Vous parlez l’argos ? » ou encore : « Elle est bien trop bavarde pour Cythère ». Petit bémol dans la jouissance de ce festival, la nécessité de bien tendre l’oreille pour distinguer tout ce que racontent les uns et les autres, dès lors qu’ils ne sont pas tout à fait face au public. Par ailleurs, la balance entre les airs chantés et les dialogues parlés penche assez nettement pour ces derniers, ce qui nuit à l&rsquo;équilibre de la pièce. </p>
<p>Heureusement, la musique et le chant sont bien servis. <strong>Laurent Campellone</strong> dirige avec un bonheur qui fait plaisir à voir : sa gestuelle ample, son air de contentement et sa grâce facétieuse contagient l’orchestre, pour une masse sonore nette, vive et enjouée, car enfin, « il nous faut de l’amour » pour faire « cascader la vertu ». L’illustration sonore de ces deux préceptes est manifeste.</p>
<p><strong>Mireille Lebel</strong> est très convaincante en reine de Sparte. Le metteur en scène voulait une Hélène qui soit un mélange de Grace Kelly, Eva Peron ou encore Brigitte Barbot et la belle mezzo se glisse dans chacune de ces icones avec aisance. Bien caractérisée, la voix dégage un je-ne-sais-quoi d’aristocratique et une belle dose de sensualité. De plus, elle s’accorde très bien avec celle de son partenaire.<strong> Philippe Talbot</strong> excelle en espion maladroit. Son Pâris se prend merveilleusement les pieds dans l’escalier, tout en se rattrapant de justesse à chaque fois. Bon danseur et apparemment comique-né, le ténor est également très à l’aise dans le registre faussement léger voulu par Offenbach où il appuie avec insistance une diction parfaitement articulée. Vaillance et souplesse magnifient une fort jolie voix. <strong>Boris Grappe</strong> tire constamment son épingle du jeu en Calchas, notamment dans les parties parlées où son timbre un rien métallique accroche le spectateur. <strong>Éric Huchet</strong> porte avec distinction les cornes du cocu et son Ménélas est tout à fait réussi, quand l’Agamemnon de <strong>Franck Leguérinel</strong> montre quelques signes de fatigue, qu’on espère momentanée. Les autres rois campent crânement leur ridicule et appuient efficacement l’ensemble de la distribution, très homogène, soutenus par des chœurs manifestement déchaînés et vocalement très présents.</p>
<p>Le spectacle est donc plein d’allant, de vivacité et de gaieté. Idéal pour les fêtes de fin d’année en famille… Signalons également que l’Opéra fête son centenaire et qu’à cette occasion, une superbe exposition est proposée à quelques minutes de là, Salle Poirel. Sobrement intitulée <em>Opéra !</em>, elle propose de découvrir plus de 300 ans d’opéra à Nancy au fil de l’existence des trois théâtres successifs de la ville. Intelligemment scénographiée et offrant un très beau panel d’archives, tableaux, décors et costumes, elle permet également de bien comprendre l’histoire de Nancy. Un enchantement, à voir jusqu’au 24 février.</p>
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