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	<title>La Colombe - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>La Colombe - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Miroirs de Gounod</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dossier/miroirs-de-gounod/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Nov 2018 06:32:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>2018 est l&#8217;année du bicentenaire de la naissance de Charles Gounod. Depuis novembre 2017, nous publions tous les mois une fiche consacrée à l&#8217;une de ses douze œuvres scéniques achevées, comme douze miroirs dans lesquels Gounod rira de se voir si beau. Sapho (1851) La Nonne sanglante (1854) Le Médecin malgré lui (1858) Faust (1859) Philémon et Baucis &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>2018 est l&rsquo;année du bicentenaire de la naissance de Charles Gounod. Depuis novembre 2017, nous publions tous les mois une fiche consacrée à l&rsquo;une de ses douze œuvres scéniques achevées, comme douze miroirs dans lesquels Gounod rira de se voir si beau<em>.</em></p>
<ul>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/miroirs-de-gounod-sapho"><em>Sapho</em></a> (1851)</li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/miroirs-de-gounod-la-nonne-sanglante"><em>La Nonne sanglante</em></a> (1854)</li>
<li><em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/le-medecin-malgre-lui">Le Médecin malgré lui</a> </em>(1858)</li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/faust"><em>Faust</em></a> (1859)</li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/philemon-et-baucis"><em>Philémon et Baucis</em></a> (1860)</li>
<li><em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/miroirs-de-gounod-la-colombe">La Colombe</a> </em>(1860)</li>
<li><em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/miroirs-de-gounod-la-reine-de-saba">La Reine de Saba</a></em> (1861)</li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/miroirs-de-gounod-mireille"><em>Mireille</em></a> (1864)</li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/miroirs-de-gounod-romeo-et-juliette"><em>Roméo et Juliette</em></a> (1867)</li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/cinq-mars"><em>Cinq-Mars</em></a> (1877)</li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/miroirs-de-gounod-polyeucte"><em>Polyeucte</em></a> (1878)</li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/le-tribut-de-zamora"><em>Le Tribut de Zamora</em></a> (1881)</li>
</ul>
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		<title>Miroirs de Gounod : La Colombe</title>
		<link>https://www.forumopera.com/miroirs-de-gounod-la-colombe/</link>
					<comments>https://www.forumopera.com/miroirs-de-gounod-la-colombe/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Oct 2018 08:28:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Charmant opéra-comique, La Colombe fait depuis quelques années un retour en force, notamment parmi les Opéras-studios et autres troupes de jeunes artistes. On ne peut que s&#8217;en réjouir, car Gounod a mis le meilleur de lui-même dans cette partition pleine de légèreté. Composition : printemps 1860 Création : 3 août 1860 dans le Salon Louis XIV, au &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Charmant opéra-comique, <em>La Colombe</em> fait depuis quelques années un retour en force, notamment parmi les Opéras-studios et autres troupes de jeunes artistes. On ne peut que s&rsquo;en réjouir, car Gounod a mis le meilleur de lui-même dans cette partition pleine de légèreté.</strong></p>
<hr />
<p><strong>Composition </strong>: printemps 1860</p>
<p><strong>Création</strong> : 3 août 1860 dans le Salon Louis XIV, au Casino de Bade</p>
<p><strong>Cette année-là</strong> : création posthume, à l’Opéra-Comique, de <em>Rita, ou le mari battu</em>, de Donizetti.</p>
<p><strong>Librettistes</strong> : Jules Barbier et Michel Carré, d’après un conte de La Fontaine, lui-même inspiré d’une nouvelle du <em>Décaméron</em> de Boccace</p>
<p><strong>Genre</strong> : opéra-comique à quatre personnages seulement</p>
<p><strong>Intrigue </strong>: Le jeune seigneur Horace, ruiné, n’a plus qu’une colombe à laquelle il tient plus que tout. La comtesse Sylvie  envoie son majordome, Maître Jean, acheter l’oiseau en question mais Horace refuse catégoriquement. Apprenant qu’Horace aime Sylvie, Maître Jean suggère à sa maîtresse de se rendre elle-même chez le jeune homme. Avec la complicité de son serviteur Mazet, Horace décide de sacrifier la colombe pour offrir à Sylvie un repas digne d’elle. Consternation générale, mais l’on apprend que la viande servie à la belle n’est que le perroquet de sa rivale Aminte. Tout est bien qui finit bien</p>
<p><strong>Personnages </strong>: Sylvie, soprano ; Horace, ténor ; Mazet, soprano ; Maître Jean, basse</p>
<p><strong>Les créateurs</strong> : Le ténor Gustave Roger, premier interprète d’Horace, avait créé le Faust berliozien de <em>La Damnation</em> et Jean de Leyde dans <em>Le Prophète</em>, où Berlioz l’admira : « Sa voix, toujours juste, vibre avec élcat dans les élans de force, et s’adoucit jusqu’au murmure dans les phrases tendres ». En 1857, il fit l’acquisition du château de La Lande, dans le Val-de-Marne, mais lors d’un accident de chasse survenu en juillet 1859 sur ses terres, il dut être amputé du bras droit. Il continua néanmoins à donner des concerts, muni d’une prothèse. C’est d’abord à lui que fut confiée l’adaptation française du livret de <em>Tannhäuser </em>(il avait même chanté sa traduction du premier tableau à Wagner, venu le voir dans son château). En 1880, il publia ses mémoires sous le titre <em>Le Carnet d’un ténor</em>.</p>
<p><iframe allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/QXtwDMoaAj4" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Le tube</strong> : Inséré dans la partition en 1866, à l’occasion de la création française à l’Opéra-Comique, l’air de Mazet, « Ah ! les femmes ! », montre quel compositeur Gounod aurait pu être dans le genre comique. La chose est d’autant plus piquante que Mazet est un rôle travesti destiné à une mezzo, et que c’est donc une femme qui chante ces couplets misogynes (A la fin du premier acte, la phrase principale est reprise pour devenir « Ah, les hommes ! les hommes ! les hommes ! »…).</p>
<p><strong>La scie</strong> : « Si je suis belle », l’air de Sylvie, inclut toutes les vocalises souhaitables pour faire plaisir à Mme Carvalho.</p>
<p><strong>Anecdote </strong>: Après l’excellent accueil qui lui avait été réservé à Baden-Baden, <em>La Colombe</em> dut attendre six ans pour être montée à Paris. Venant après l’échec de <em>La Reine de Saba</em>, elle permit aux critiques de confirmer leur verdict : Gounod était plus doué pour le genre intime que pour le grand opéra.</p>
<p><strong>CD recommandé</strong> : Opéra Rara a récemment publié une version interprétée par une jolie distribution hélas partiellement francophone, ce qui est surtout un problème dans les dialogues parlés. L’ancienne version avec Janine Micheau et Lucien Lovano pourrait donc conserver encore longtemps de solides attraits.</p>
<p><strong>DVD recommandé</strong> : YouTube propose, tronçonné en neuf morceaux et dans une qualité très médiocre, le spectacle monté par Pierre Jourdan à Compiègne en 1995, qui a pour sérieux défaut de confier le rôle de Mazet à un ténor. Des extraits en playback et en hongrois traînent aussi sur Internet…</p>
<p><iframe allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/8N9I2KVnRYs" width="560"></iframe></p>
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		<title>La Colombe</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-colombe-un-oiseau-de-bon-augure/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Nov 2015 21:20:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le succès de Faust et de Roméo et Juliette a largement éclipsé les autres œuvres de Charles Gounod, dont dix ouvrages lyriques parmi lesquels trois opéras-comiques, et La Colombe n’est guère jouée à l’époque moderne (on rappelera une rare production scénique de Pierre Jourdan à Compiègne dans les années 90, avec les récitatifs composés par &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le succès de <em>Faust </em>et de <em>Roméo et Juliette</em> a largement éclipsé les autres œuvres de Charles Gounod, dont dix ouvrages lyriques parmi lesquels trois opéras-comiques, et <em>La Colombe</em> n’est guère jouée à l’époque moderne (on rappelera une rare production scénique de Pierre Jourdan à Compiègne dans les années 90, avec les récitatifs composés par Francis Poulenc en remplacement des dialogues parlés).</p>
<p>S’agissant donc d’un ouvrage peu connu, il n’est sans doute pas inutile de nous attarder sur l&rsquo;intrigue. L’action se passe à Florence. Horace a perdu sa fortune pour les beaux yeux de l’ingrate Sylvie qui l’a quitté. Il possède une colombe savante qui « porte les billets doux sans se tromper d’adresse, et qui range dans l’ordre les six lettres qui composent le nom de Sylvie que son maître lui a donné ». Pour rivaliser avec le perroquet savant de sa rivale Amynte, Sylvie envoie son majordome, Maître Jean, afin de négocier l’achat de l’oiseau rare, mais celui-ci est éconduit. Maître Jean a tout de suite compris qu’Horace était toujours amoureux et il suggère à Sylvie de venir elle-même réclamer la colombe. La jeune femme se rend chez le jeune homme et profite de son émotion pour s’inviter à dîner. L’acte II s’ouvre par les préparatifs du repas : Mazet, le serviteur d’Horace, est revenu les mains vides car les fournisseurs refusent de faire crédit au jeune homme ruiné. Après de longues discussions, Horace et Mazet décident que c’est la colombe qui fera l’ordinaire du repas. Restée seule, Sylvie sent son amour renaître. Au dîner, elle finit par renoncer à réclamer la colombe et quand elle apprend son sacrifice par Horace, elle lui déclare son amour. Heureusement, Mazet revient pour annoncer que la colombe est sauve : la compagnie vient de déguster le perroquet d’Amynte qui s’était échappé ! Pour étoffer ce canevas bien faible, Gounod et ses librettistes ont ajouté quelques airs « de remplissage » : une diatribe misogyne de Mazet, une apologie de l’art de la cuisine pour Maître Jean en ouverture de l&rsquo;acte II, etc. </p>
<p>La partition de Charles Gounod est intéressante à défaut d&rsquo;être captivante. La musique est toujours d’une grande élégance, mais un rien compassée :  il y manque cet humour léger, cette distance,  sans lesquels il n’est pas d’opéra-comique vraiment réussi.  L’inspiration mélodique n’est pas toujours au rendez-vous et l’ouvrage manque de « tubes ». IL faut réécouter l&rsquo;ouvrage pour mieux en apprécier les qualités. L’auditeur s’amusera aussi à retrouver quelques réminiscences : le madrigal de Roméo pour le premier air d’Horace, le duo « Dieu de bonté » pour le finale de l’acte I, quelques notes du ballet de <em>Faust</em>, « Ô pauvreté funeste » qui rappelle « Ô jours de deuil », toujours dans <em>Roméo et Juliette</em>, etc. Rappelons que l&rsquo;ouvrage a été composé au moment de <em style="line-height: 21px; font-size: 14px;">Faust</em>, et révisé pendant <em style="line-height: 21px; font-size: 14px;">Roméo et Juliette.</em></p>
<p>Le ténor mexicain <strong>Javier Camarena </strong>est un Horace de luxe : la voix est vaillante quand il le faut (le finale du premier acte exige quelques aigus triomphants), mais sait se faire délicate pour les passages les plus élégiaques. Malgré une tessiture tendue, le chant semble sans effort. Le timbre est agréable. La diction chantée est correcte, avec un léger accent latin, mais le texte n&rsquo;est pas toujours bien rendu. Le français parlé est perfectible, avec une interprétation un peu mièvre. L’américaine <strong>Erin Morley</strong> est une Sylvie relativement corsée, diseuse subtile, très à l’aise dans les vocalises et dans les suraigus, mais son français parlé est très insuffisant, avec un accent anglo-saxon très prononcé. La québécoise <strong>Michèle Losier</strong> affiche une certaine méforme, avec un vibratello trop accentué, et son chant est assez incompréhensible. S’agissant d’une chanteuse francophone,  son français parlé manque singulièrement de naturel. <strong>Laurent Naouri</strong> est en revanche impeccable sur tous les plans : le chant est subtilement conduit, et ses dialogues sont parfaitement rendus. Un vrai bonheur qui nous fait regretter le manque de maîtrise du français parlé et chanté du reste de la distribution : dans ce répertoire, la prosodie est aussi importante que la musique. <strong>Mark Elder</strong> maîtrise en revanche excellement le style français et allie élégance et vivacité, à la tête d&rsquo;une formation de belle qualité. Enfin, signalons que, comme toujours chez Opera Rara, la prise de son est excellente. Souhaitons que cette <em>Colombe </em>soit l&rsquo;augure de nouveaux enregistrements d&rsquo;opéras français par Opera Rara !</p>
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		<item>
		<title>La Colombe&#124;Le Pauvre Matelot — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-colombe-le-pauvre-matelot-paris-athenee-verite-en-deca-des-pyrenees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jun 2014 14:05:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En ce même théâtre de l’Athénée, Stéphane Vérité nous avait éblouis avec sa production des Enfants terribles de Philip Glass (voir compte rendu). Le revoici avec un diptyque français, où ce qui apparaît comme sa signature personnelle semble nettement moins bien fonctionner. La maestria dans l’usage de la vidéo est indéniable, et avec son complice &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>
	En ce même théâtre de l’Athénée, <strong>Stéphane Vérité </strong>nous avait éblouis avec sa production des <em>Enfants terribles</em> de Philip Glass (voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/le-jeu-de-lamour-et-de-la-mort">compte rendu</a>). Le revoici avec un diptyque français, où ce qui apparaît comme sa signature personnelle semble nettement moins bien fonctionner. La maestria dans l’usage de la vidéo est indéniable, et avec son complice <strong>Romain Sosso</strong>, le metteur en scène domine cet outil. A moins que ce ne soit l’outil qui les domine, car autant le travail sur la métamorphose du décor avait un sens profond et contribuait au malaise qui caractérisait l’atmosphère des <em>Enfants terribles</em>, autant le même procédé paraît un peu gratuit dans <em>La Colombe</em> de Gounod. Certes, l’intrigue se situe dans une chaumière délabrée, mais cela justifie-t-il que le fond de scène se transforme constamment, sans une seule seconde de répit, alternant murs lépreux et colombariums en décrépitude ? Est-ce par manque de confiance en l’œuvre, comme s’il fallait à tout prix distraire l’œil du spectateur, qui autrement risquerait de s’ennuyer à suivre une intrigue certes simplette, mais pas pire que bien d’autres ? Quelques gags tentent bien de rendre comique cet opéra qui l’est uniquement parce qu’on y parle entre les morceaux chantés, mais il ne se passe grand-chose sur scène. Horace se voit imposer un comportement frénétique de fou amoureux, et Sylvie une certaine brusquerie, soit. On rit de bon cœur au moment que le XIXe siècle concevait sans doute comme le plus émouvant, celui où l’oiseau est servi comme dîner. La sauce a néanmoins du mal à prendre. Heureusement, pour cette production destinée à l’Opéra Studio de l’Opéra national du Rhin, les rôles ont été confiés exclusivement à des francophones, ce qui était indispensable compte tenu de la place accordée aux dialogues parlés. La distribution est dominée par le magnifique Mazet de <strong>Lamia</strong> <strong>Beuque</strong>, qui peut mettre le public dans sa poche avec l’air « Ah, les femmes ! » (qui devient « Ah, les hommes ! » à la fin du premier acte). Il est heureux que la typologie vocale ait été respectée, car ce personnage travesti est parfois confié à un ténor, comme l’avait fait Pierre Jourdan à Compiègne en 1994, ce qui revient à détruire tout l’équilibre de la partition. <strong>Gaëlle Alix </strong>fait bonne impression dans un rôle très virtuose, conçu pour Mme Carvalho, mais l’extrême aigu est assez strident et gagnerait beaucoup à être désacidifié. Bien qu’il n’ait guère à chanter, <strong>Sévag Tachdian </strong>semble parfois trop peu sonore dans la partie grave de son rôle. <strong>Jean-Christophe Born </strong>est un ténor encore trop vert pour être toujours agréable à écouter : quand il ne sont pas émis en voix de tête, ses aigus paraissent bien véhéments. Dans l’œuvre de Gounod, les treize musiciens de l’orchestre <strong>Lamoureux </strong>dirigé par <strong>Claude Schnitzler </strong>offrent une sonorité souvent maigrelette : la fosse de l’Athénée n’est pas immense, on le sait, et il est permis de penser qu’à la création française en 1866, l’orchestre de l’Opéra-Comique était un peu plus fourni.</p>
<p>	<img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="343" src="/sites/default/files/styles/large/public/p150154_10.jpg?itok=tcPmRNTi" title="S. Tachdian, G. Alix, J.-C. Born et L. Beuque © Stéphane Vérité " width="468" /><br />
	S. Tachdian, G. Alix, J.-C. Born et L. Beuque © Stéphane Vérité</p>
<p>
	Rien à redire en revanche quant à la prestation des instrumentistes dans la deuxième partie de la soirée. Le choix, chronologique mais curieux, avait été fait de donner l’œuvre de Milhaud après celle de Gounod. Bien sûr, la « complainte » de 1923 est écrite dans un langage truffé de dissonnances, plus proche de notre époque, mais elle se termine sur une absence de dénouement qui nous laisse plongés dans une ambiance fort sombre. Cette fois, Stéphane Vérité laisse le décor en paix, se contentant de montrer un entassement de containers où seuls les éclairages changent (de façon à vrai dire assez dénuée de sens). Les acteurs paraissent un peu plus dirigés, cette fois, dans l’atmosphère lourde de ce drame portuaire. Et comme il n’y a pas un seul mot de parlé, les membres non francophones de l’Opéra Studio devraient pouvoir y tirer leur épingle du jeu. La soprano slovène <strong>Kristina Bitenc </strong>s’exprime dans un très bon français et affronte avec aplomb une tessiture très large. Le Madrilène <strong>David Oller </strong>est plus effacé, et la prononciation des e, é et è lui pose problème. Malgré de très solides moyens, le ténor coréen <strong>Sunggoo Lee </strong>nous oblige à garder les yeux sur les surtitrages et la voix semble parfois trop couverte. Aux côtés de ces jeunes artistes, <strong>Fernand Bernadi </strong>fait figure de vétéran, avec un timbre de basse d’une belle noirceur, au vibrato assez marqué. Dans le relatif désert des commémorations nationales réservées à Darius Milhaud, voilà qui nous rappelle opportunément que le compositeur aixois est mort il y aura tout juste quarante ans le 22 juin prochain.</p>
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		<title>L&#8217;envol de La Colombe</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/lenvol-de-la-colombe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jul 2013 13:27:21 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/lenvol-de-la-colombe/</guid>

					<description><![CDATA[<p>    En 1994, Pierre Jourdan avait couplé La Colombe à Une Education manquée, de Chabrier, mais on a pu aussi parfois la savourer seule. Le charmant petit opéra-comique en deux actes de Charles Gounod d’après La Fontaine (1860) aura décidément la cote cette saison. Du 5 au 20 juillet, le festival de Buxton propose &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
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			 </p>
<p>			En 1994, Pierre Jourdan avait couplé <em>La Colombe</em> à <em>Une Education manquée</em>, de Chabrier, mais on a pu aussi parfois la savourer seule. Le charmant petit opéra-comique en deux actes de Charles Gounod d’après La Fontaine (1860) aura décidément la cote cette saison. Du 5 au 20 juillet, le festival de Buxton propose<em> La Colombe</em>, associée à la non moins exquise et non moins rare <em>Princesse jaune</em> de Saint-Saëns. Les 9 et 10 juillet, Sienne présente sa propre <em>Colombe</em>, avec notamment Laura Giordano et Laura Polverelli. Enfin, entre avril et juillet 2014, c’est unie au <em>Pauvre Matelot</em> de Darius Milhaud qu’on verra en <em>La Colombe</em> en France, à Colmar d’abord, puis à Mulhouse, ensuite à Paris (Athénée), et enfin à Strasbourg, grâce à l’Opéra Studio de l’OnR. La mise en scène sera assurée par Stéphane Vérité, dont on avait admiré la production des <em>Enfants</em> <em>terribles </em>de Philippe Glass. Et l’on se réjouit de voir que le rôle du serviteur Mazet est rendu à une mezzo-soprano, contrairement à la mauvaise habitude de confier ce personnage à un ténor, ce qui ne pouvait manquer de déséquilibrer le quatuor vocal, avec ou sans les récitatifs ajoutés à la demande de Diaghilev par le tout jeune Poulenc en 1923. </p>
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		<title>GOUNOD, La Colombe — Paris (Péniche Opéra)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-delicieux-opera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Diane Raillard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Jan 2009 22:51:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Une fois n’est pas coutume, mais on ne prêtera qu’une oreille très distraite à La Fontaine et à la morale de sa fable, Le Faucon :     Une traîtresse voix bien souvent vous appelle; Ne vous pressez donc nullement.   Que le spectateur se presse au contraire à la Péniche Opéra, pour voir La &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>Une fois n’est pas coutume, mais on ne prêtera qu’une oreille très distraite à La Fontaine et à la morale de sa fable, <em>Le Faucon</em> :  </p>
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<p>Une traîtresse voix bien souvent vous appelle;</p>
<p>Ne vous pressez donc nullement.</p>
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<p>Que le spectateur se presse au contraire à la Péniche Opéra, pour voir <em>La Colombe</em> de Gounod. Les voix sont loin d’être traîtresses et la mise en scène de Mireille Larroche, pleine d’énergie, sert bien cet opéra comique méconnu.</p>
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<p>S’inspirant du <em>Faucon</em>, Gounod compose <em>La Colombe</em> en 1860, un an après son <em>Faust</em>, sur un livret de Barbier et Carré. Dans un Paris où Offenbach triomphait, cette œuvre charmante reçut à l’époque un accueil honorable. L’argument est simple, avec un rebondissement final assez savoureux. Retiré à la campagne avec son valet Mazet, Horace a baptisé une colombe du prénom de l’aimée, la comtesse Sylvie. Celle dernière l’a ruiné mais il l’aime toujours. Pour cette raison, il ne se séparerait pas du précieux volatile pour tout l’or du monde. Or Sylvie souhaite justement donner le change à sa rivale qui parade en société avec un perroquet. Accompagnée de son majordome Maître Jean, elle vient ainsi réclamer à Horace la colombe. L’intrigue de ce « court et délicieux » opéra &#8211; selon le mot de Stravinsky &#8211; est posée. Délicieux car la colombe manque d’y perdre quelques plumes…</p>
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<p>Le cadre intimiste de la Péniche Opéra est idéal pour représenter l’œuvre. On apprécie particulièrement la performance d’acteur des chanteurs. Loin de se laisser impressionner par la proximité du public, ils mettent tout leur enthousiasme au service des personnages quelque peu déjantés et appuient efficacement le comique des situations. Leur talent de comédien est d’autant plus appréciable que l’œuvre fait alterner musique et récitatifs. Les dialogues parlés ont été modernisés, parfois de façon un peu trop exagérée pour être vraiment drôle. Mais ce détail ne gâche pas un ensemble très cohérent. </p>
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<p>La mise en scène joue de fait sur la confrontation entre deux époques – le XVIIIe et le XXIe &#8211; et entre deux mondes – celui de la campagne et celui de la ville. Le résultat est donc un peu caricatural (Sylvie est un mannequin parisien, Horace un altermondialiste) mais reste un parti-pris tout à fait justifiable au vu de la drôlerie du livret. Au final, personne ne se prend au sérieux et cela fonctionne bien. </p>
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<p>Au-delà de l’aspect comique (Maître Jean ressemble à Karl Lagerfeld, Sylvie porte une perruque rose fuchsia digne des danseuses du Crazy Horse), les costumes de <strong>Danièle Barraud</strong> sont ingénieux et permettent de rapides changements de tenue sur scène. Le décor champêtre d’<strong>Alexandre Heyraud</strong> est très réussi. Au premier plan, des bottes de foin jonchent un sol vert ; une colombe semble attendre son sort dans une cage. A l’arrière plan, une caravane recouverte de slogans altermondialistes laisse astucieusement entrevoir le pianiste <strong>Christophe Manien</strong>.</p>
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<p>On note le très beau timbre de <strong>Vanessa Le Charlès</strong> qui, dans le rôle de Mazet, sait ménager un ressort comique en nuançant ses effets dans l’air « Oh les femmes ». <strong>Dorothée Lorthiois</strong>, à l’aise vocalement, campe de façon convaincante une comtesse un peu déjantée et gentiment hystérique face à un Horace naïf et transi interprété par <strong>Pierre Espiaut</strong>. <strong>Johann Leroux</strong>, très digne Maître Jean, s’amuse et nous amuse sur le « Grand air de la cuisine ». On assiste à de très beaux moments musicaux lors des quatuors, à l’image de l’œuvre : enlevés et drôles. </p>
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