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	<title>La donna del lago - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>La donna del lago - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Récital Franco Fagioli – Paris (Théâtre des Champs-Elysées)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-franco-fagioli-paris-theatre-des-champs-elysees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 04:03:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le public d&rsquo;Île-de-France a de la chance avec <strong>Franco Fagioli</strong> : depuis 2006 (<em>Tolomeo</em> au TCE), on a pu l&rsquo;entendre régulièrement à Paris, Versailles ou encore Poissy dans des opéras, le plus souvent en version concert, et dans nombre de récitals (une dizaine environ rien que ces dix dernières années). Ses apparitions accompagnées au piano font toutefois figure d’exception : pour nous, c’était en tout cas une première, et probablement aussi pour le chanteur. Comme on le sait, cet exercice est nettement plus ardu que celui d’un concert soliste avec accompagnement d’orchestre. La voix est pour ainsi dire mise à nu : le legato doit être impeccablement soutenu, les faiblesses éventuelles ou la méforme ne peuvent être dissimulées, etc. Par ailleurs, il n’y a pas de pièces orchestrales pour se reposer entre les différents morceaux. Enfin, dans la pratique, si l’artiste peut donner un peu moins de voix car il n’a pas a lutter contre la puissance d’un orchestre, il doit aussi chanter plus longtemps (ici, deux parties d’environ 47 et 50 minutes bis compris). Après plus de 20 ans de carrière internationale, ce format était donc un nouveau défi pour le chanteur. Pour ce concert, le contre-ténor argentin, a choisi un programme balayant trois siècles de musique, voire quatre en comptant les bis, démontrant une fois de plus son insatiable curiosité musicale et son intelligence à servir des répertoires différents et sans cesse renouvelés. </p>
<div>
<p>Le récital s’ouvre en douceur avec le <em>Seicento</em> italien et Francesco Cavalli. Le chanteur offre une voix charnue et sensuelle dans le « Delizie contente, che l’alma beate », extrait de <em>Giasone</em>, dans une interprétation d&rsquo;une douce poésie (créé par un ténor, le rôle est ordinairement chanté par des contraltos masculin ou féminin). Changement d’ambiance avec Alessandro Scarlatti et l’air brillant « Già il sole del Gange » extrait de l&rsquo;improbable <em>L’honestà negli amori. </em>De cet opéra, la postérité n&rsquo;a retenu que cet extrait, l&rsquo;air très secondaire d&rsquo;un page qui regarde se lever le soleil. Pour l&rsquo;anecdote, la distribution de la création est restée inconnue à ce jour : on ne sait donc même pas si ce page était un soprano féminin ou un castrat soprano. On retrouve ici le Franco Fagioli virtuose, mais avec aussi un bas médium un peu sec où la voix semble parfois accrocher, et des reprises de souffle un peu bruyantes. L&rsquo;aria « Intorno all’idol mio », tiré de l&rsquo;<em>Orontea </em>d&rsquo;Antonio Cesti (chanté à la création par un soprano féminin), suivi de la mélodie d&rsquo;Antonio Lotti « Pur dicesti, o bocca bella » combinent toutes deux des exigences dramatiques et belcantistes. L&rsquo;interprétation est là encore d&rsquo;une émotion contenue tandis que les nombreux trilles sont parfaitement battus, exercice dans lequel le chanteur excelle décidément comme personne. Fagioli sait également alléger son émission, par exemple pour exprimer la douceur d&rsquo;un baiser dans l&rsquo;ariette de Lotti. Premier morceau de bravoure de la premier partie, « Venti, turbini », extrait du <em>Rinaldo</em> de Haendel, créé par le castrat Nicolini, est pris à un tempo rapide rendant encore plus spectaculaire encore l&rsquo;agilité du contre-ténor, avec notamment une vocalise jusqu&rsquo;au si naturel (à vue de nez). Toutefois, la voix n&rsquo;est là encore pas toujours exempte de raucités dans le médium. Le magnifique « Sposa, non mi conosci », extrait de la <em>Merope</em> de Geminiano Giacomelli et écrit pour la castrat Farinelli, est interprété avec une émotion à fleur de peau. Le chanteur y fait preuve d&rsquo;une belle longueur de souffle, d&rsquo;un legato exceptionnel et de belles variations de couleurs. Après le XVIIe siècle, nous passons au classicisme mozartien avec <em>La Clemenza di Tito</em> et à un autre morceau de bravoure pour clore la première partie, « Parto, parto ». Le rôle de Sesto est aujourd&rsquo;hui chanté par des mezzo sopranos féminins, mais il fut créé par le castrat Domenico Bedini : en attendant une évolution sociétale peu probable, un contre-ténor y est donc tout aussi légitime aujourd’hui qu’un mezzo traditionnel. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lopera-seria-pris-au-serieux/">Fagioli connait bien l&rsquo;œuvre pour l&rsquo;avoir déjà chantée intégralement</a>. Il y offre une nouvelle fois une composition remarquable, tour à tour tragique dans la déclamation et agile dans l’émission : une virtuosité sans faille qui n’est jamais gratuite ou prosaïquement hédoniste, mais toujours au service de la construction dramatique du personnage et de la représentation de la complexité de ses sentiments.</p>
</div>
<p>La seconde partie est consacrée au répertoire du XIXe siècle. Fagioli chante avec finesse des mélodies de Bellini puis Donizetti : quoique charmante, l’interprétation de telles pages par un contre-ténor reste toutefois un brin exotique comparée au naturel d’une voix traditionnelle italienne. Extrait de <em>La Donna del Lago</em> de Gioachino Rossini, « Mura felici » est le premier morceau de résistance de la seconde partie. Rappelons que le rôle de Malcom fut écrit pour mezzo-soprano et non pour contre-ténor. Franco Fagioli y est certes nettement plus en voix que lors de son récent Arsace de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-semiramide-rouen/"><em>Semiramide</em></a> (un autre rôle de mezzo), mais, même impeccable de virtuosité et frémissant d&rsquo;une émotion tout en finesse, le chanteur pâtit nécessairement de la comparaison avec les grandes références du passé, aux voix plus larges et avec davantage de rondeur dans le médium (Marilyn Horne, pour ne pas la citer). Reconnaissons toutefois que son puissant double si naturel conclusif est d&rsquo;une audace confondante ! Concluant le récital, l’extrait de l&rsquo;<em>Andronico</em> de Saverio Mercadante, écrit pour le castrat Giovanni Battista Velluti, est totalement convaincant et enthousiasmant, la scène étant conclue cette fois par un spectaculaire contre-ut.</p>
<p>Michele D’Elia offre un accompagnement presque fusionnel avec le chanteur. Deux pièces solistes nous permettent de mieux gouter son talent : la sonate K347 de Domenico Scarlatti, tour à tour vive et poétique, et la réjouissante (pour peu que l’on connaisse bien l’œuvre de Gioachino Rossini) « Marche et réminiscences pour mon dernier voyage » extraite de ses <em>Péchés de vieillesse pour piano</em> : une sorte de <em>Tableaux d&rsquo;une exposition</em> dans laquelle le compositeur s’autocite en passant en revue quelques unes de ses mélodies les plus célèbres, tout en les détournant avec son ironie habituelle.</p>
<p>Deux bis viennent un peu faiblement compléter le programme. Beaucoup découvriront le compositeur argentin Carlos Guastavino au travers de sa mélodie « La rosa y el sauce » : la musique en est agréable mais une introduction exposant le thème du poème n’aurait pas été superflue pour l’apprécier davantage (1). Venant clore la soirée, le tube « Non ti scordar di me » n’apportera pas grand chose à la gloire du chanteur, d’autant qu’il n’est pas ici porteur d’un double sens comme lorsqu’il est interprété <a href="https://www.youtube.com/watch?v=JK1FmkaApko">par des chanteurs en fin de carrière</a> : la mélodie d’Ernesto de Curtis sera toujours mieux défendu par des voix au timbre plus corsée, des chanteurs qui ne reculent pas devant un surcroit de sentimentalisme, tandis que l’art de Fagioli est d’abord fait de virtuosité, de délicatesse et d’élégance, comme il nous l&rsquo;aura une fois de plus prouvé à l&rsquo;occasion de ce récital.</p>
<p>On signalera, pour le regretter, un horaire inhabituel, à rebours des habitudes du public parisien.</p>
<pre><span style="color: #080809; font-family: inherit;">1. On se plaint que le grand public fuit désormais les récitals avec piano, sauf stars à l’affiche. Force est de constater que l'on ne fait pas grand chose pour l’aider à revenir. Autrefois, les <em>Lundis de l’Athénée</em> permettait de suivre les concerts, salle partiellement éclairée, avec une feuillet imprimé dont les spectateurs tournaient bruyamment les pages. C</span><span style="color: #080809; font-family: system-ui, -apple-system, BlinkMacSystemFont, .SFNSText-Regular, sans-serif;">’</span><span style="color: #080809; font-family: inherit;">était un moindre mal et un surtitrage systématique serait aujourd'hui plus efficace : on ne peut raisonnablement attendre du public qu’il connaisse toutes les mélodies de la terre ou qu’il comprenne toutes les langues, à supposer d’ailleurs que le chanteur soit constamment intelligible !</span></pre>
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		<title>Mort de Maurizio Pollini, pianiste mais aussi chef rossinien</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/mort-de-maurizio-pollini-pianiste-mais-aussi-chef-rossinien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Mar 2024 15:21:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le monde de la musique pleure Maurizio Pollini, décédé à l’âge de 82 ans des suites de problèmes cardiovasculaires. « Il fut l’un des plus importants pianistes italiens du siècle qui vient de s’écouler, connu pour sa maîtrise technique, pour ses interprétations rigoureuses, d’une grande clarté formelle, servie par une sonorité pleine et riche. », s’émeuvent nos &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le monde de la musique pleure <strong>Maurizio Pollin</strong>i, décédé à l’âge de 82 ans des suites de problèmes cardiovasculaires. « Il fut l’un des plus importants pianistes italiens du siècle qui vient de s’écouler, connu pour sa maîtrise technique, pour ses interprétations rigoureuses, d’une grande clarté formelle, servie par une sonorité pleine et riche. », s’émeuvent nos confrères de <em><a href="https://www.diapasonmag.fr/a-la-une/maurizio-pollini-est-mort-46290.html">Diapason</a></em> tandis que Christian Merlin dans <em><a href="https://www.lefigaro.fr/musique/mort-de-maurizio-pollini-un-jeu-d-excellence-au-service-du-piano-20240323">Le Figaro</a></em> rappelle qu’« armé de sa perfection digitale à nulle autre pareille, le virtuose lombard a cherché dans le respect de la partition une ouverture vers la poésie. ».</p>
<p>Si le pianiste recueille tous les éloges au terme d’une carrière de plus d’un demi-siècle, beaucoup d’hommages oublient de rappeler que Maurizio Pollini s’est essayé à la direction d’orchestre au début des années 1980 et fut même invité par le Rossini Opera Festival à diriger <em>La donna del lago</em> en 1981 et 1983. S’ensuivit un enregistrement chez CBS aujourd’hui encore recommandable. Lors de sa réédition par Sony Classical en 2017, Jean Michel Pennetier saluait <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-donna-del-lago-coup-dessai-coup-de-maitre/">dans nos colonnes</a> « une fougue et un allant proprement enivrants : une leçon pour les nombreux tâcherons qui officient habituellement dans ce répertoire, et même pour certaines gloires de la fosse. ». Ce « coup de maître » ne fut pas suivi d’effets et c’est en récitaliste que Maurizio Pollini revint à plusieurs reprises à Pesaro, entre 1985 et 2002.</p>
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		<title>L&#8217;Opéra ou le triomphe de 10 femmes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/lopera-ou-le-triomphe-de-10-femmes/</link>
					<comments>https://www.forumopera.com/lopera-ou-le-triomphe-de-10-femmes/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Mar 2022 08:16:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>N’en déplaise à ses contempteurs prompts à pointer du doigt ses tendances phallocratiques, l’opéra ne consacre pas forcément la défaite des femmes, ainsi que l’affirmait Catherine Clément* dans un ouvrage qui a la faiblesse de circonscrire son propos à la seule période romantique. En cette journée internationale du droit des femmes, dix héroïnes finalement triomphantes &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>N’en déplaise à ses contempteurs prompts à pointer du doigt ses tendances phallocratiques, l’opéra ne consacre pas forcément la défaite des femmes, ainsi que l’affirmait Catherine Clément* dans un ouvrage qui a la faiblesse de circonscrire son propos à la seule période romantique. En cette journée internationale du droit des femmes, dix héroïnes finalement triomphantes de l’hégémonie masculine nous en apportent la preuve réconfortante.   </strong></p>
<hr />
<p><strong>1. Susanna &#8211; Mozart, <em>Le Nozze di Figaro</em> (1786)</strong></p>
<p>S’il est un opéra à la gloire des femmes, ce sont bien <em>Le Nozze di Figaro</em>. Et en y regardant bien, le personnage central c’est Susanna et nul autre. Dès la 1<sup>ère</sup> scène, elle montre à son cher et naïf Figaro qu’elle n’est pas dupe des manigances du Comte Almaviva. Elle est présente en scène plus que tout autre personnage et participe à tous les coups : elle esquive le rétablissement de l’infâmant droit de cuissage, sauve la comtesse de l’humiliation en évitant que ne soit une fois de plus découvert dans son boudoir le jeune page aux hormones en ébullition, rend à sa maîtresse sa dignité, en obligeant le comte à ravaler sa morgue en lui présentant des excuses pour sa jalousie maladive, et tout çà le jour de son mariage. C’est Susanna qui siffle la fin de cette folle journée : « Giunse alfin il momento … » – « Il est enfin venu le moment, où je vais pouvoir trouver le bonheur dans les bras de mon aimé ». Et si Mozart ne lui a pas confié beaucoup d’airs, c’est à elle que revient l’ultime aria, avant le tutti final. Et quel air ! Elle entonne l’une des plus belles invitations à l’amour : « Viens sans plus attendre, là où l’amour t’invite au plaisir&#8230; Viens, dans ces bosquets cachés je veux couronner ton front de roses ». Piment érotique suprême, elle lance cette invitation à son Figaro, tapi dans les buissons, en lui laissant croire qu’elle l’adresse à un autre. Anna Netrebko incarne superbement cette femme intelligente, sensible et sensuelle, tellement humaine, qui conclut de si belle manière un chef-d’œuvre qui aurait pu, qui aurait dû s’intituler <em>Les Noces de Susanna. </em>[Benoît Jacques de Dixmude]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/F1HuCWVQ-vs" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>2. Isabella &#8211; Rossini, <em>L&rsquo;italiana in Algeri </em>(1813)</strong></p>
<p>Le répertoire de l’opéra tente de se disculper de ses errances machistes en s’inventant, par le méta, par le sous-texte, de grandes figures féministes. En vérité, s’il nous est permis de scruter très franchement le répertoire de cet art que nous vénérons, force est de constater que les compositeurs ont rarement, à dessein, modelé de grandes figures féministes. L’exception &#8211; peut-être même l’unique &#8211; est Isabella. Simplement parce qu’au terme de l’intrigue de <em>L’Italienne à Alger </em>qui voit une jeune femme triompher de la bêtise masculine ambiante, elle assène à ses contradicteurs cette vérité essentielle : l’homme qu’il soit occidental ou oriental, finit invariablement par se perdre. Soit par sa vanité, soit par sa libido, soit par sa goinfrerie et son amour immodéré des pâtes. Voila l’enseignement d’Isabella. Il est à la fois le plus drôle, le plus spirituel, le moins ronflant, le plus rossinien des messages. [Camille De Rijck]</p>
</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/DAdWEn0vfFA" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>3. Elena &#8211; Rossini, <em>La donna del lago</em> (1819)</strong></p>
<p>Plus belle que la « demoiselle d’Inibaca » – si l’on en croit le chœur dès sa première apparition –, douce, rêveuse et assujettie à l’autorité paternelle, Elena se présente au premier abord comme la victime désignée de la convoitise masculine. Ils sont plusieurs à la désirer âprement : Rodrigo, Uberto et Malcom. Son père, Douglas, l’a promise au plus féroce des trois. L’affaire semble mal engagée. Pourtant, elle finira par épouser celui qu’elle aime – Malcom, rôle confié à une voix féminine, autre preuve dans cet opéra de la déroute des hommes. Le rondo final dans lequel la jeune fille exprime sa liesse est un feu d’artifice vocal qui élève la <em>prima donna</em> au rang de diva. C’est ainsi qu’avec Rossini, la femme doublement triomphe. [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/vmQQrVskniw" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>4. Norina &#8211; Donizetti, <em>Don Pasquale</em> (1843)</strong></p>
<p>Don Pasquale est l&rsquo;un des rares opéras de Gaetano Donizetti à n&rsquo;avoir jamais quitté le répertoire. Il met en scène un riche et vieux célibataire, Don Pasquale, furieux que son unique héritier, Ernesto, soit amoureux de Norina, une jeune veuve sans fortune. Il décide donc de se marier pour s&rsquo;assurer une descendance. Il charge son ami, le Docteur Malatesta, de lui trouver une épouse. Celui-ci est bien conscient qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une folie. Mais, comme dit le dicton anglais, « There&rsquo;s no fool like an old fool » (« Il n&rsquo;y a pas pire imbécile qu&rsquo;un vieil imbécile »). Il ourdit un complot pour faire revenir Don Pasquale à des projets plus réalistes. Norina se présentera à lui comme une pure idiote tout juste sortie du couvent mais, une fois mariée, elle se révélera impossible, allant jusqu&rsquo;à courir le guilledou avec Ernesto. Berné mais calmé, Don Pasquale abandonnera ses projets, acceptant le mariage de son héritier. [Jean Michel Pennetier]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/zQTGbnVhugg" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>5. Esclarmonde &#8211; Massenet, <em>Esclarmonde </em>(1889)</strong></p>
<p>Il existe quelques Esclarmonde historiques. Celle d&rsquo;Alfred Blau et Louis Ferdinand de Gramont est toutefois de pure fantaisie. Les deux librettistes se sont basés sur plusieurs chansons de geste des XIIe et XIIIe siècles. Esclarmonde est la fille du vieil empereur de Byzance Phorcas qui a abdiqué en faveur de celle-ci et qui l&rsquo;a également initiée à la magie. Personne ne doit voir le visage de la jeune fille jusqu&rsquo;à ses vingts ans, un tournoi décidera alors de son future époux. Mais Esclarmonde est amoureuse de Roland de Blois, un chevalier français. Exilée sur une île enchantée avec sa sœur Parséis, elle attire le jeune homme grâce à ses pouvoirs. Il y avait urgence car Roland doit épouser Bathilde la fille du roi de France Cléomer. Après une nuit sur laquelle nous jetterons un voile pudique (une « douce nuit d&rsquo;amour où sans peur, sans remords, entre mes bras tu t&rsquo;es abandonnée à de brûlants transports ! » , pour citer l&rsquo;un des participants), Esclarmonde, toujours voilée, fait promettre à Roland de ne rien révéler de ces événements, et de ne pas chercher à savoir qui elle est ni à voir son visage. Elle lui offre l&rsquo;épée de Saint-Georges (comme dans le jeu vidéo <i>Assassin&rsquo;s Creed Valhalla</i>), arme qui lui assurera une victoire certaine sur les sarrasins tant qu&rsquo;il gardera leur secret. Elle lui promet également de le rejoindre chaque nuit où qu&rsquo;il soit. Arrivé à Blois alors que le situation semblait désespérée, Roland sauve la ville de ses envahisseurs. Cléomer lui offre la main de Bathilde en récompense (quelle époque&#8230;), mais le jeune homme la refuse et déclare qu&rsquo;il ne peut en donner publiquement la raison. L&rsquo;Evêque de Blois flaire un  sortilège. Il force Roland à se confesser, et c&rsquo;est le moment que choisit Esclarmonde pour rejoindre son amant. L&rsquo;évêque prétend l&rsquo;exorciser et lui arrache son voile. L&rsquo;épée de Saint-Georges se brise. La jeune femme, s&rsquo;enfuit dans les airs en dévoilant sa face : « Tu veux la contempler ! Sois heureux ; tu la vois ! ». Parséis et son fiancé Enéas expliquent toute l&rsquo;histoire à Phorcas : « Elle a voulu choisir elle-même un époux ! ». Très en colère, Phorcas demande à Esclarmonde, qui a perdu ses pouvoirs magiques, d&rsquo;annoncer à Roland qu&rsquo;ils doivent se séparer. Elle s&rsquo;exécute à regret. Le jeune homme se jette à cœur perdu dans le tournoi, où il cherche la mort, mais il en est vainqueur. Comme l&rsquo;écrit le critique Louis Gallet dans la Nouvelle Revue à la création de l&rsquo;ouvrage : « La force de l&rsquo;habitude l&rsquo;a emporté sur sa résolution ». Roland gagne ainsi la main de la princesse inconnue… qui se révèle n&rsquo;être autre qu&rsquo;Esclarmonde.<br />
	L&rsquo;ouvrage est l&rsquo;un des meilleurs Massenet parmi ceux qui ne sont plus au répertoire. Il fut créé le 15 mai 1889 au Théâtre Lyrique. Le rôle-titre était expressément écrit pour Sybil Sanderson, cantatrice américaine d&rsquo;une grande beauté et dont la voix s&rsquo;étendait sur trois octaves. On comprend que les cantatrices ne se sont pas bousculées pour les reprises.<br />
	Dans les années 70, on doit à Joan Sutherland et Richard Bonynge la résurrection scénique et au disque de cet étonnant opéra. Le soprano australien y offre une de ses meilleurs compositions, d&rsquo;une magnifique autorité. Mais même Sutherland, avec <a href="https://youtu.be/a-W2ybTRTl0">ses contre-ré particulièrement excitants</a>, ne peut toutefois offrir le contre-sol écrit pour Sybil Sanderson, note assez anecdotique il est vrai. [Jean Michel Pennetier]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/swTAvqLd6iQ" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>6. Alice &#8211; Verdi, <em>Falstaff </em>(1893)</strong></p>
<p>Tout attaché qu&rsquo;il était à son <em>pancione</em> (gros ventre) comme il appelait Falstaff, Verdi n&rsquo;a, pour autant qu&rsquo;on sache, jamais pensé à appeler son ultime chef-d&rsquo;œuvre comme son confrère Nicolaï plus de 40 ans auparavant. Ce dernier avait retenu le titre original de la pièce de Shakespeare <em>Les Joyeuses commères de Windsor, </em>mettant en avant le rôle des femmes dans cette comédie. Pourtant, Verdi aurait pu faire de même tant il met lui aussi en lumière leur victoire totale sur le gros lourdaud. Et la généralissime de ce triomphe féminin n&rsquo;est autre qu&rsquo;Alice Ford, personnage féminin dont on peut dire qu&rsquo;elle est parmi les plus modernes de l&rsquo;histoire de l&rsquo;opéra. 1: elle met KO la séduction lourdingue du chevalier libidineux en l&rsquo;attirant à deux reprises dans des pièges que seul un homme très sûr de lui ne peut pas voir, surtout après avoir eu ses ardeurs très rafraîchies une première fois. Aujourd&rsquo;hui, Alice taggerait : #balancetonporcdanslatamise et #pizzicailbalordo. 2: elle donne une grande claque au patriarcat en ridiculisant la jalousie de son propre mari et en l&#8217;empêchant de surcroît de marier leur fille à un homme qu&rsquo;elle n&rsquo;aime pas. Certes, c&rsquo;est bien Ford qui autorise finalement les noces de Nannetta avec Fenton, mais a-t-il encore le choix ? Et pour réussir tout cela, Alice embauche toutes les amies qui l&rsquo;entourent, chacune avec son tempérament mais toutes avec la même détermination à ruiner avec un brio jubilatoire les petits jeux puérils de ces mâles testostéronés&#8230; Tout commence dans la deuxième scène du premier acte de l&rsquo;opéra, ici dans son intégralité avec Herva Nelli dans le rôle d&rsquo;Alice, sous la direction d&rsquo;Arturo Toscanini. [Cédric Manuel]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/qNxXiPMoSrM" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>7. Jenůfa &#8211; Janáček, </strong><em><strong style="font-size: 14px;">Jenůfa</strong></em><strong> (1903)</strong></p>
<p>A bien y regarder, Jenůfa aurait tout pour faire le chapitre d’ouverture du livre de Catherine Clément*. Défaite, elle l’est avant même que le rideau se lève : célibataire et enceinte d’un parent éloigné et alcoolique, prisonnière d’une famille décimée par la boisson, dans la société morave du 18e siècle. Elle ne peut qu’aller vers l’ostracisation et la mort. Pourtant elle se sauve autant qu’elle est sauvée. Certes Kostelnička va prendre sur elle la plus grande partie de la défaite, même si elle espère pouvoir enterrer le crime et la culpabilité en même temps que le corps de l’enfant. Jenůfa se sauve tout de même par ses qualités. Sa bonté, bien plus que sa beauté lacérée, lui valent l’amour jamais trahi de Laca. Par lui viendront le salut social et les sentiments véritables. La musique de Janáček ne nous dit pas autre chose, dans ce crescendo triomphal final assez inhabituel sous sa plume, le plus souvent tragique. [Yannick Boussaert]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/DFbRCiChA1g" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>8. Arabella &#8211; Strauss, <em>Arabella </em>(1933)</strong></p>
<p>Moins directement touchante que la Maréchale du <em>Chevalier à la Rose</em>, pas aussi fascinante que Salome, plus ingénue que la Comtesse de <em>Capriccio</em> ; qui est vraiment Arabella ? Richard Strauss lui-même eut des difficultés à mettre en musique cette jeune fille de bonne famille qu&rsquo;il trouva, de prime abord, « peu intéressante et presque antipathique ». Et pourtant, quelle fantastique héroïne que celle-ci, refusant tous les prétendants pour mieux attendre le « bon » (der Richtige) qui devra s&rsquo;imposer à elle par l&rsquo;évidence d&rsquo;un premier regard, et concluant l&rsquo;œuvre dans une ultime preuve d&rsquo;indépendance en sommant Mandryka de la prendre « telle qu&rsquo;elle est » ! Et quelle étrange sororité avec Zdenka, cadette habillée en garçon qui s&rsquo;interroge, avant l&rsquo;heure, sur l&rsquo;ambiguïté de l&rsquo;identité et du genre : pour leur dernière collaboration, Strauss et Hofmannsthal ne se contentent pas de glorifier une femme ; ils font triompher LA femme. [Clément Taillia]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/q2Hpvsuo9Ko" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>9. Emilie &#8211; Saariaho, <em>Emilie</em> (2010) </strong></p>
<p>Conséquence heureuse du mouvement #metoo, on semble s’intéresser de plus en plus aux femmes qui ont su être davantage que des maîtresses ou des mères dans un siècle qui ne le leur permettait pas vraiment. Mais Kaija Saariaho n’a pas attendu ce retournement pour signer en 2008 son monodrame <em>Emilie</em>, écrit pour sa compatriote Karita Mattila. Le livret d’Amin Maalouf s’inspire de la vie d’Emilie du Châtelet, scientifique connue encore de nos jours pour avoir fourni la première traduction des Principia Mathematicae de Newton. En un peu moins d’une heure trente, on suit les angoisses et interrogations d’une scientifique assaillie de pensées de mort, de fièvre de travail et de tourments amoureux. On en retient le portrait complexe d’une femme éprise de connaissance et de vie : « Jusqu’au dernier moment, j’aurai une plume dans la main, la tête haute, le cœur amoureux, l’esprit dans les étoiles ». [Alexandre Jamar]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/-EqPN1wl9VM" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>10. Penthesilea &#8211; Dusapin, <em>Penthesilea </em>(2015)</strong></p>
<p>Si la violence est prégnante dans l’opéra de Dusapin, c’est toujours par contraste avec la pureté d’un amour sincère. Si la loi tend à assurer la toute-puissance des femmes, c’est assurément à leur dépens. Si les Amazones ont un mythe fondateur, c’est celui d’un viol originel dont les conséquences dévastatrices perdurent inexorablement. Dans <em>Penthesilea</em>, les femmes sont certainement puissantes mais aussi – et surtout – aveuglées par une rage ancestrale – rage faite loi – qui les mène à rejouer la violence fondatrice. Et c’est précisément cela qui est intéressant : en brouillant les frontières entre le bien et le mal, entre l’amour et la haine, entre l’archaïsme et la modernité, entre une sauvagerie absolue et la délicatesse la plus extrême, <em>Penthesilea </em>repose une question universelle : comment aimer une chose ou une personne qu’il nous est interdit d’aimer sans se détruire, sans la détruire ? [Maxime de Brogniez]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Z_D9435XKGU" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p>* Catherine Clément, <em>L’Opéra ou la défaite des femmes</em> (Grasset, 1979)</p>
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		<title>Rossini in 1819</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rossini-in-1819-un-bon-millesime/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Feb 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rossini et Naples : une histoire d’amour qui engendra neuf de ses vingt-quatre opéras sérieux, dont trois pour la seule année 1919. Et non des moindres : Ermione le 27 mars, La donna del lago le 24 octobre et Bianca e Falliero, ossia Il consiglio dei tre le 26 décembre (entre temps, Venise accueillit le 24 avril &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Rossini et Naples : une histoire d’amour qui engendra neuf de ses vingt-quatre opéras sérieux, dont trois pour la seule année 1919. Et non des moindres : <em>Ermione</em> le 27 mars, <em>La donna del lago</em> le 24 octobre et <em>Bianca e Falliero, ossia Il consiglio dei tre</em> le 26 décembre (entre temps, Venise accueillit le 24 avril la création d’<em>Eduardo e Cristina</em>, pour lequel Rossini puisa largement dans ses autres partitions).  Ce sont ces trois ouvrages napolitains qu’Opera Rara a réuni dans un coffret de huit CD intitulé en toute logique <em>Rossini in 1819</em>.</p>
<p>Depuis sa fondation en 1970, le label britannique a enregistré dix opéras de celui qui malicieusement détournait son surnom de Cygne de Pesaro en Cynge de Pesaro. Au contraire des éditions originales, aujourd’hui indisponibles, le fascicule d’accompagnement du coffret se réduit au service minimum (tout comme son illustration, d’une sobriété peu rossinienne) : pour chacun des ouvrages, argument, distribution et liste des titres. L’intégralité des livrets est mise gracieusement à disposition sur <a href="https://opera-rara.com/shopcatalogue/rossini-in-1819-8-cd-boxset" rel="nofollow">le site d’Opera Rara</a>. En complément, un article de la musicologue Eleonara Di Cintio rappelle – en anglais seulement –, exemples à l’appui, l’extraordinaire inventivité d’un compositeur alors âgé de 27 ans qui considérait chacune de ses nouvelles œuvres comme un champ d’expérimentation.</p>
<p>Aujourd’hui remasterisés, ces enregistrements datés de 2000 (<em>Bianca e Falliero</em>), 2006 (<em>La donna del lago</em>) et 2009 (<em>Ermione</em>) avaient fait l’objet à l’époque de leur parution de critiques circonstanciées. Que nous apprend une écoute renouvelée ? Qu’il en est des disques comme des vins. Certains ont un meilleur potentiel de garde que d’autres. Tel est ici le cas d’<em>Ermione</em> et de <em>Bianca e Falliero</em>, moins de <em>La donna del lago</em>. Le passage des ans rend aussi plus indulgent lorsqu’entre temps peu d’enregistrements ont alimenté une discographie qui demeure famélique.</p>
<p>Certes, aucune de ces intégrale ne se pose en référence, même relative. Les versions d’Opera Rara restent distancées par celles, antérieures, qui réunissent quelques-uns des grands noms de la <em>Rossini Renaissance</em> – le mouvement à la fin des années 1970 qui a favorisé la redécouverte des opéras, pour l’essentiel sérieux, ensevelis par le temps : Ricciarelli, Ramey, Valentini Terrani pour<em> La donna del lago</em> (Pollini, 1984) ; Ricciarelli, Horne, Merrit encore pour <em>Bianca e Falliero</em> (Donato Renzetti, 1986) ; Gasdia, Merrit, Palacio pour <em>Ermione</em> (Claudio Scimone, 1988). Les difficultés inhérentes à l’interprétation de la musique de Rossini les rendent cependant passionnantes à explorer si tant est que l’on apprécie ce répertoire. C’est avec une curiosité non dénuée de gourmandise que l’on (re)découvre comment les chanteurs  parviennent triompher des difficultés accumulées par un compositeur qui savait pouvoir compter à Naples sur les meilleurs musiciens de la planète.</p>
<p>Toutes intégrales confondues, certains nous ont habitué à plus d’éclat – <strong>Gregory Kunde</strong> qui en 2006 se trouvait dans le creux de la vague apparaît dans <em>La donna del lago</em> égaré entre les deux typologies de ténor rossinien : le contraltino qu’il n’était plus et le baritenore qu’il n’était pas encore.</p>
<p>D’autres se trouvent confrontés à leur propres limites, dans l’aigu (<strong>Carmen Giannattasio</strong>), dans l’agilité (<strong>Kenneth Tarver</strong>), dans l’expression (<strong>Patricia Bardon), </strong>dans la précision et l’éloquence du trait (<strong>Malleja Cullagh</strong>), dans le timbre (<strong>Barry Banks</strong>), débordés par une écriture impitoyable qui exige la rare combinaison d’une technique souveraine et d’un tempérament hors du commun. Mais aucun ne démérite. Mieux, tous parviennent, à un moment ou un autre, à accrocher l’oreille et provoquer ne serait-ce qu’un court instant, l’excitation que seul procure le chant rossinien.</p>
<p>Se détachent dans <em>Ermione</em> les deux ténors, <strong>Paul Nilon,</strong> Pirro d’une probité remarquable, et <strong>Colin Lee</strong>, dont l’Oreste fait regretter la retraite anticipée (pour raisons personnelles) au milieu des années 2010. Il faut enfin écouter toutes oreilles déployées <strong>Jennifer Larmore</strong> dans sa grande scène de <em>Bianca e Falliero</em> pour se faire une idée de la richesse du vocabulaire rossinien lorsqu’il est maîtrisé, de l’art de la variation à celui de l’ornementation et autres effets jubilatoires.</p>
<p>La direction musicale, qu’elle soit assumée par <strong>David Parry</strong> ou <strong>Maurizio Benini</strong>, est de celle qui, sans vaine agitation, conduit le vaisseau dramatique à bon port. Rien de galvanisant mais rien non plus d’indigne ou d’outré. Une approche sincère à laquelle il suffirait d’une étincelle pour que ce millésime 1819 se pose en grand cru.</p>
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		<title>ROSSINI, La donna del lago — Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-donna-del-lago-marseille-commemoration-sous-dheureux-auspices/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Nov 2018 07:42:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En ce cent-cinquantième anniversaire de la mort de Rossini, nombre d’évènements ont été programmés à travers le monde pour rendre hommage au compositeur. Que des rossiniens patentés, croisés chaque année à Bad Wildbad et à Pesaro, aient jugé bon de venir d’outre-Rhin jusqu’à l’opéra de Marseille pour assister à La donna del lago en version &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En ce cent-cinquantième anniversaire de la mort de Rossini, nombre d’évènements ont été programmés à travers le monde pour rendre hommage au compositeur. Que des rossiniens patentés, croisés chaque année à Bad Wildbad et à Pesaro, aient jugé bon de venir d’outre-Rhin jusqu’à l’opéra de Marseille pour assister à <em>La donna del lago </em>en version de concert permettra peut-être d’apprécier l’importance de cette participation à sa haute valeur. Car choisir cette œuvre ne relève pas de la facilité : non seulement elle réclame un quatuor de solistes des plus doués, mais Rossini y a exploité l’espace, scène et coulisses, pour créer des effets sonores inédits. Le relever amène aussitôt à reconnaître que la disposition des chœurs en fond de scène ne permet pas une reconstitution optimale des intentions du compositeur. Alors, ajoutons que les instruments actuels sont certainement plus puissants que ceux de l’époque de la création, et que le diapason actuel est nettement plus élevé, deux facteurs qui ne sont pas en faveur des  chanteurs. C’est dit, cette <em>Donna del lago </em>n’est pas philologique. Mais même à Pesaro elle ne l’est pas !</p>
<p>Concentrons-nous donc sur l’admirable résultat atteint, grâce aux talents judicieusement rassemblés. Scrupuleusement, l’exécution ne sacrifie aucune scène de celles que l’on trouve dans l’édition critique. Ainsi les personnages subalternes de Serano et Bertram, trop souvent supprimés, et d’Albina, la suivante d’Elena, jouent leur rôle : ils commentent une situation, ou ils annoncent un évènement, et leurs dires éclairent les personnages qu’ils servent. Leur dévouement révèle leur loyauté mais du même coup la valeur morale d’Elena et de Giacomo. Ils sont interprétés respectivement par  le ténor <strong>Rémy Mathieu</strong> et la soprano <strong>Hélène Carpentier</strong>, qui exploitent au mieux ces utilités et font apprécier la netteté de leur timbre et la qualité de leur projection.</p>
<p>Dans le contexte d’un conflit politique le roi d’Ecosse est venu combattre les chefs de la rébellion. L’un d’eux est un homme fait qui fut jadis son précepteur. <strong>Nicolas Ulivieri</strong> prête sa voix de basse et sa prestance à ce père prêt à sacrifier sa fille à ses intérêts, selon un modèle fort ancien dont le frère de Lucia di Lammermoor sera un avatar. Est-ce une impression fausse ? Si son air a le mordant et l’âpreté nécessaires, l’émission nous a semblé d’abord manquer de clarté et de souffle. L’allié auquel il veut donner sa fille apparaît d’abord, qu’on nous permette l’expression, comme un « fort en gueule » qui se révèlera capable de préciosités conventionnelles et finalement assez psychologue pour deviner ce qu’Elena veut lui cacher. Son entrée préfigure celle de Maometto secondo, en chef de guerre célébré par ses troupes. Hérissée de suraigus et campée sur des sauts d’octave, elle réclame étendue et punch, alliés cela va sans dire à la souplesse constitutive de la musique rossinienne, et qui permet de passer du staccato au legato avec la même impression de facilité. <strong>Enea Scala </strong>ne chante probablement pas comme Rossini l’aurait souhaité, car il est indéniable qu’il chante souvent en force. Mais de la force, il en a, et suffisamment pour que la perception de l’effort ne gâche pas le plaisir de l’exploit vocal, et il est assez maître de son art pour que la performance en soit l’éclatante manifestation.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/img_3896_photo_christian_dresse_2018.jpg?itok=yDdHseP_" title="Karine Deshayes et Nicola Ulivieri" width="468" /><br />
	Karine Deshayes et Nicola Ulivieri</p>
<p>A ce personnage de ténor héroïque, macho et probablement bodybuildé – pour qui se souvient de la mise en scène de Ronconi – s’oppose le souverain aux sentiments délicats. Ce cœur inflammable qui s’éprend illico de la dame du lac se révèlera aussi noble de conduite que de naissance, et, nouveau Titus, atteindra au sublime lors du final. Dans sa scène initiale il découvre la beauté tant vantée et il exprime son transport à grand renfort de suraigus dont l’abondance correspond à sa surexcitation. Mais doit-il les chanter en laissant percevoir l’effort ? Non, puisqu’il est rossinien. Est-ce notre imagination, ou bien <strong>Edgardo Rocha</strong> a-t-il tenu compte de la puissance d’Enea Scala et cherché à se poser en émule ? Est-il nécessaire de faire de l’éblouissement du roi une effusion de testostérone ? Commencer d’emblée à ce niveau de puissance est peut-être une imprudence, car certains suraigus frôlent alors le nasal, impression auditive qui disparaîtra quand la voix sera complètement chauffée. C’est un peu dommage, car si le personnage de Rodrigo est planté dans la terre, celui du roi est beaucoup plus aérien, selon les catégories anciennes où l’aérien est proche de Dieu. En revanche dans l’air fameux du deuxième acte « O fiamma soave » qui réclame un contrôle extrême des nuances, le chant du ténor s’épanouit à son meilleur, vraiment délectable.</p>
<p>Le souverain doit s’effacer devant celui qu’Elena a déclaré aimer et auquel elle ne cessera de se référer, n’en déplaise à ceux qui voudraient la rendre amoureuse du roi. Le personnage a été conçu par Rossini pour Rosamunda Pisaroni, définie comme contralto. Est-ce pour cela que <strong>Varduhi Abrahamyan</strong> cherche à plusieurs reprises des graves qu’elle écrase laidement ? Nous avons assez dit à d’autres reprises combien ses qualités vocales nous séduisent pour regretter ce parti pris, qu’elle ne s’était pas autorisé dans sa prise de rôle à Pesaro. Pour le reste, c’est-à-dire l’essentiel, la souplesse, l’agilité, l’étendue dans la tessiture de mezzosoprano qui est la sienne, elle est toujours maîtresse de ses atouts et grâce à sa fréquentation du personnage parvient à le faire vivre autant qu’il est possible.</p>
<p>Elena, la dame du lac, incarne la femme idéale : non seulement elle est belle, mais elle a toutes les vertus de son sexe. Pudique, fidèle, serviable, réservée mais capable de passion, honnête, déterminée et courageuse, elle remporte à la fin la palme et Rossini lui donne un grand air conclusif pour sceller son triomphe. Parmi tous ces adjectifs, seule <strong>Karine Deshayes</strong> pourrait dire ceux qu’elle s’attribue. Une chose est sûre pourtant : le triomphe d’Elena a été le sien, après l’étourdissant morceau de bravoure où elle brille de tous ses feux dans ce répertoire qu’elle conquiert patiemment. Un bruit de couloir avait évoqué un reste de bronchite qui refusait de la quitter, et cela expliquait un début qui nous semblait prudent, avec une sorte d’économie du son en prévision de l’épreuve tout entière. Que l’hypothèse soit fondée ou non, cette réserve interprétée comme une rétention collait en tout cas parfaitement avec le personnage, car au fur et à mesure qu’il nous semblait que l’assurance de la chanteuse augmentait, la projection s’étoffait, le personnage s’affirmait, en Ecossaise  fière de ses traditions, en hôtesse rappelant son statut à l’invité, en jeune femme déjà engagée coupant court à des propositions galantes. D’aucuns ont soutenu que les personnages de cette œuvre n’existent pas. L’Elena de Karine Deshayes leur apporte un évident démenti.</p>
<p>Il faudrait évidemment rendre compte de la réussite sans nuage des ensembles, du plus simple au plus complexe : duos Elena-Uberto, Elena-Malcolm, trios Rodrigo, Elena, Uberto, et les deux finales, et souligner la part qu’y prennent les chœurs, très bien préparés et à la vigilance entière. Mais sans doute est-il temps de rendre hommage au chef d’orchestre qui a su tenir ensemble tous les fils et organiser la tapisserie. Collaborateur dès ses débuts d’Alberto Zedda, <strong>José Miguel Pérez-Sierra </strong>s’est abreuvé aux meilleures sources pour connaître et comprendre Rossini, qu’il dirige assidûment, en particulier à Bad Wildbad depuis plusieurs années. Il semble s’être attaché à accompagner les chanteurs dans ce mélange de rigueur et de souplesse qui les aide à donner le meilleur d’eux-mêmes, sans rien sacrifier des caractéristiques de l’orchestration, que Rossini avait particulièrement soignée en dépit de la pression à laquelle il était soumis en raison du calendrier. Les couleurs particulières voulues par le compositeur, comme la harpe pour le chant des bardes, les trompettes en coulisse, les percussions, le chant de la clarinette, le retour d’une mélodie comme un leitmotiv, les résolutions rapides et gracieuses qui semblent venues de Mozart, en ne négligeant rien le chef révèle toutes les beautés de la partition. Les airs au complet, avec les reprises et des variations, que demander de plus ? A la fin de l’œuvre, le chœur célèbre la paix et le bonheur en souhaitant que brille enfin la bonne étoile. <em>La donna del lago </em>entre au répertoire de l’Opéra de Marseille sous d’excellents auspices !</p>
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		<title>ROSSINI, La donna del lago — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-donna-del-lago-liege-la-chance-du-cocu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 May 2018 07:28:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Amis rossiniens, vous pensiez que La donna del lago, opéra sérieux d’un compositeur que l’on réduit trop souvent au Barbier de Séville, racontait les amours finalement heureux d’Elena et de Malcom. Vous aviez tort. Devenue une de ces petites vieilles à la blouse en nylon fleurie que l’on voit dans les films de Paolo Sorrentino, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Amis rossiniens, vous pensiez que <em>La donna del lago</em>, opéra sérieux d’un compositeur que l’on réduit trop souvent au <em>Barbier de Séville</em>, racontait les amours finalement heureux d’Elena et de Malcom. Vous aviez tort. Devenue une de ces petites vieilles à la blouse en nylon fleurie que l’on voit dans les films de Paolo Sorrentino, la Dame du lac réalise qu’en fait elle n’aimait pas Malcom mais Uberto, et se remémore l’histoire à la lumière de cette révélation. Faut-il saluer l’imagination de<strong> Damiano Michieletto</strong> pour enjoliver un livret à la trame convenue ou regretter qu’une fois de plus l’idée de départ ne finisse par polluer la mise en scène et complique sa lisibilité ? Restent « <em>la magnificence et la pertinence</em> » des lumières et des décors relevées par Brigitte Cormier dans <a href="/la-donna-del-lago-pesaro-lart-de-reveler">son compte rendu de la création en 2016 à Pesaro de cette production</a>. Le public liégeois, en accueillant par des huées le metteur en scène et son équipe, ne semble pas avoir trouvé la proposition à son goût. Vox populi&#8230;</p>
<p>De Pesaro subsiste également la direction musicale de <strong>Michele Mariotti</strong>, un des enfants du ROF (ennuyeux acronyme pour désigner le Rossini Opéra Festival), tombé dans la marmite Rossini dès son plus jeune âge, le mieux à même de conduire l’œuvre sur les sentiers encore incertains du romantisme naissant. L’Orchestre et les chœurs de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège obéissent à cette direction exemplaire, sans décalage – l’un des risques d’une musique dont la précision rythmique est clé –, sans faux pas, sans non plus rivaliser d&rsquo;une éloquence propre à justifier le surnom d’il Tedeschino donné à Rossini par ses contemporains. </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/ddl4.jpg?itok=ki-meWOf" title="© Opéra Royal de Wallonie-Liège  " width="468" /><br />
	© Opéra Royal de Wallonie-Liège </p>
<p>Autres rescapés de Pesaro, <strong>Simon Orfila</strong> en inévitable Douglas et <strong>Salomé Jicia</strong>, Elena au vibratello envahissant, dont l’interprétation terne ne correspond pas à ce que l’on peut attendre d’un rôle composé à l’intention de la flamboyante Isabella Colbran. </p>
<p><strong>Maxim Mironov </strong>retrouve Uberto, dix ans après l’avoir enregistré dans ce qui constitue une des références discographiques de l’ouvrage. La voix, désormais plus large et nous semble-t-il plus puissante, a conservé la souplesse nécessaire pour ciseler les innombrables coloratures du rôle. L’émission haute confirme le classement dans la catégorie contraltino en un juste contraste avec le ténor barytonnant de son ennemi juré, Rodrigo.</p>
<p>Sans se départir d’une réserve préjudiciable à sa présence, <strong>Sergey Romanovski</strong>, après Don Carlos à Lyon en mars dernier, revient à ses premiers amours rossiniens avec tout ce que ce que le chef des Highlanders impose d’éclat et de maîtrise des écarts, du grave au suraigu stupéfiant.</p>
<p>Les deux rivaux s’effacent cependant devant <strong>Marianna Pizzolato</strong>, tendre Malcolm, au chant égal et long, au timbre onctueux comme un chocolat chaud, à la vocalise fluide, dont on comprend sans mal qu’Elena veuille l’épouser, n’en déplaise à Damiano Michieletto, qui aurait voulu le mari cocu.  </p>
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		<title>Franco Fagioli chante Rossini ? Max Emanuel Cenčić aussi !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/franco-fagioli-chante-rossini-max-emanuel-cencic-aussi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Dec 2017 08:03:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Y aurait-il comme un effet d’émulation entre les contre-ténors les plus en vue ? A l’automne dernier, Franco Fagioli se faisait remarquer en interprétant sur scène, à Nancy, le rôle d’Arsace, destiné par Rossini par une mezzo. Selon l’interprète, c’est parce qu’il n’avait plus de bons castrats sous la main que le rôle principal masculin de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Y aurait-il comme un effet d’émulation entre les contre-ténors les plus en vue ? A l’automne dernier, Franco Fagioli se faisait remarquer en interprétant sur scène, <a href="https://www.forumopera.com/semiramide-nancy-franco-fagioli-face-a-un-impossible-defi">à Nancy, le rôle d’Arsace</a>, destiné par Rossini par une mezzo. Selon l’interprète, c’est parce qu’il n’avait plus de bons castrats sous la main que le rôle principal masculin de <em>Semiramide </em>fut écrit pour une voix féminine. Quoi que l’on ait pu penser du résultat, le précédent créé par Franco Fagioli sert maintenant d’exemple à son collègue <strong>Max Emanuel Cenčić</strong>, puisque celui-ci s’apprête à interpréter à Lausanne le rôle de Malcolm dans <em>La donna del lago</em>, qu’il mettra également en scène. S’il y a peu d’espoir qu’on puisse prochainement applaudir sur une scène française le contre-ténor dans un rôle rossinien ou non – sa dernière apparition remonte à juin 2015 pour <a href="https://www.forumopera.com/catone-in-utica-vinci-versailles-de-bruit-plus-que-de-fureur"><em>Catone in Utica</em> de Vinci à Versailles</a> – ses admirateurs pourront au moins se consoler en allant l’écouter le 15 janvier au Théâtre des Champs-Elysées, dans un concert Porpora-Vivaldi-Haendel.</p>
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		<title>La donna del Lago</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-donna-del-lago-coup-dessai-coup-de-maitre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Mar 2017 06:35:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créé en 1980, le Rossini Opera Festival est devenu aujourd&#8217;hui une institution incontournable. Durant ses toutes premières années, son volontarisme se heurte à la difficulté de trouver des chanteurs, en particulier des ténors, rompus au style de l&#8217;opera seria. En 1983, la reprise de La donna del Lago offre au festival l&#8217;occasion de présenter une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créé en 1980, le Rossini Opera Festival est devenu aujourd&rsquo;hui une institution incontournable. Durant ses toutes premières années, son volontarisme se heurte à la difficulté de trouver des chanteurs, en particulier des ténors, rompus au style de l&rsquo;<em>opera seria</em>. En 1983, la reprise de <em>La donna del Lago</em> offre au festival l&rsquo;occasion de présenter une distribution totalement adéquate, heureusement enregistrée en studio dans le fil des représentations. Une fois n&rsquo;est pas coutume, nous ne commencerons pas par les chanteurs, mais par saluer le talent du pianiste <strong>Maurizio Pollini</strong> qui dirige ici le Chœur Philharmonique de Prague et le Chamber Orchestra of Europe avec une fougue et un allant proprement enivrants : une leçon pour les nombreux tâcherons qui officient habituellement dans ce répertoire, et même pour certaines gloires de la fosse. La proximité des représentations aidant, on croirait assister à une représentation sur le vif tant l&rsquo;électricité est palpable tout au long de l&rsquo;ouvrage. Malheureusement, si l&rsquo;orchestre est somptueux, les choses se gâtent un peu avec les voix. Pollini est plutôt un ayattolah du respect de la partition écrite, ignorant que, traditionnellement, les reprises devaient permettre aux exécutants d&rsquo;offrir des variations par rapport au thème de base, que celles-ci soient de la main de Rossini ou dues à l&rsquo;imagination de l&rsquo;artiste. On reste donc souvent sur sa faim face à cette intégrité mal venue. <strong>Katia Ricciarelli</strong> n&rsquo;a que 37 ans, mais son déclin vocal a déjà commencé, le soprano ayant abordé trop tôt les rôles de <em>spinto</em> qui ne correspondent pas à ses moyens. Avec cette Elena, la chanteuse vénitienne offre les beautés d&rsquo;un timbre riche et personnel, une réelle agilité vocale, mais aussi quelques problèmes de respiration se manifestant par des effets de soufflet bizarroïdes. L&rsquo;excellente <strong>Lucia Valentini- Terrani</strong> déploie également un matériau magnifique. Les vocalises sont réalisées avec une facilité déconcertante, mais on sent la chanteuse légèrement sur la réserve, moins exubérante qu&rsquo;à la scène. <strong>Dalmacio Gonzalez</strong> est un Umberto très satisfaisant, d&rsquo;une grande musicalité, triomphant d&rsquo;une tessiture aiguë meurtière. <strong>Dano Raffanti </strong>n&rsquo;est pas le baryténor attendu, mais la voix, plus large que celle de son confrère, contraste bien avec celle de ce dernier, et son timbre est de toute beauté. L&rsquo;un et l&rsquo;autre auront des successeurs autrement grandioses, mais ils sont ici impeccables et souvent enthousiasmants, vocalisant remarquablement et offrant tous les nombreux aigus de la partition, à défaut d&rsquo;en ajouter d&rsquo;autres ! Dans le court rôle de Duglas, <strong>Samuel Ramey </strong>est proprement époustouflant : une leçon de chant inégalée. Au global, un enregistrement à redécouvrir.</p>
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		<title>ROSSINI, La donna del lago — Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-donna-del-lago-pesaro-lart-de-reveler/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Aug 2016 06:14:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Force est de constater que Damiano Michieletto possède l&#8217;art et la manière de chambouler une œuvre pour la faire parler plus vrai. Après, à Pesaro, une Gazza ladra onirique et une Scala di seta ludique, voici une Donna del lago énigmatique et troublante, révélatrice de non-dit. Durant le court prélude orchestral qui installe une atmosphère &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Force est de constater que <strong>Damiano Michieletto </strong>possède l&rsquo;art et la manière de chambouler une œuvre pour la faire parler plus vrai. Après, à Pesaro, une <a href="http://www.forumopera.com/v1/concerts/gazza_ladra_pesaro160807.html"><em>Gazza ladra</em> onirique</a> et une <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/a-la-bonne-echelle"><em>Scala di seta </em>ludique</a>, voici une <em>Donna del lago</em> énigmatique et troublante, révélatrice de non-dit. Durant le court prélude orchestral qui installe une atmosphère mystérieuse, on voit fugitivement un couple de vieillards assis face à face dans une pièce vide. Puis, tandis que commence la grande partie chorale bucolique et guerrière, apparait un immense décor : le bas d’un palais dévasté. Fenêtres  aux carreaux brisés, mobilier épars, déglingué, escalier à demi-démoli&#8230;. Tout au long du drame les personnages se rencontrent parmi ces décombres.</p>
<p>Que signifie alors la présence quasi constante sur la scène des deux vieux du début dont le programme nous apprend qu’il s’agit d’Elena et de Malcolm ? Ce qu’on peut remarquer, c’est que la vieille Elena possède sur une table basse une photo du roi Gacomo V. Étrange ?</p>
<p>La splendeur d’une musique brillante et enchanteresse mixée à l&rsquo;horreur des ruines de guerre, la magie du bel canto crûment associée à la déchéance de corps vieillis en proie à la démence sénile, révèle peu à peu la dualité des sentiments qui agitent Elena et le désespoir qui pousse Malcolm à se sacrifier quand il comprend qu’il a été supplanté dans le cœur de celle qu’il aime. Substituant au <em>happy end</em> du livret de ce mélodrame conventionnel une fin ambiguë que Rossini n’a pas exprimé ouvertement, le fameux metteur en scène vénitien réussit à captiver le public d’aujourd’hui sans offusquer les rossiniens aguerris séduits par l’intelligence de sa lecture.</p>
<p>La magnificence et la pertinence des lumières accompagnant le déroulement du drame sont remarquables, surtout à l’acte II quand la nature sauvage ayant repris ses droits et que graminées et herbes folles ont envahi le plateau avant le dénouement éclatant qui succède au merveilleux rondeau final de l’héroïne.</p>
<p>Cors, bois, harpes, rythmes écossais, complicité avec les voix&#8230; tout semble couler de source. Il faut dire que sous la direction de <strong>Michele Mariotti</strong> qui a tété la musique de Rossini au biberon, l’orchestre du Théâtre communal de Bologne parvient à suivre chaque méandre sans jamais dévier de son cours torrentiel.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="306" src="/sites/default/files/styles/large/public/dscf5148_jicia_florez.jpeg?itok=yDuU-WBn" title="Elena (Salome Jicia) et Umberto (Juan Diego Flórez) © A. Bacciardi" width="468" /><br />
	Elena (Salome Jicia) et Umberto (Juan Diego Flórez) © A. Bacciardi</p>
<p>La distribution satisfait les exigences des profils vocaux. Nouvelle star de l’Academia rossiniana dans <em>Il Viaggio a Reims </em>2015<em>,</em> récompensée aux concours de Varsovie et de Barcelone, la soprano géorgienne <strong>Salome Jicia</strong> réussit à assumer une prise de rôle hérissée de difficultés. De « Oh mattutini albori » à « Tanti affetti », elle sait que la prudence s’impose en ce début de carrière ; on pourra prochainement suivre ses progrès dans le rôle de Semiramide à Nancy face à Franco Fagioli en Arsace.</p>
<p>Comme on s’y attendait, <strong>Juan Diego Flórez</strong>, au zénith de ses moyens, traduit avec brio toutes les nuances de ce rôle de héros romantique, capable, lui aussi, de sacrifier son amour pour le bonheur de sa bien-aimée tout en conservant le panache qui sied à un puissant roi. On retiendra particulièrement son magnifique « Oh fiamma soave » virtuose et fleuri. Un grand chanteur, admirable en tous points !</p>
<p>Le rôle travesti du jeune guerrier Malcom, fiancé secrètement à Elena, est tenu avec compétence et sincérité par <strong>Varduhi Abrahamyan</strong>, mezzo-soprano arménienne appréciée partout pour son naturel et sa voix chaleureuse. La voix grave du baryton basse <strong>Marko Mimica</strong> (Douglas) est essentielle pour étoffer les ensembles ; son seul air d’inspiration mozartienne n’a pas été écrit par Rossini, trop pressé par le temps pour ne pas se faire aider. Enfin, dans le rôle marquant de Rodrigo, <strong>Michael Spyres </strong>trouve un personnage à la hauteur de sa vaillance et de sa sensibilité. Sa voix longue de baryténor fait merveille tant dans la combativité martiale que dans la jalousie qui déclenche l’affrontement passionnel qui s’achève sur le fameux « Come resistere a tanti affetti ».</p>
<p>En conclusion, une interprétation musicale de haut niveau — y-compris dans les rôles secondaires — pour une production osée mais pensée qui ne saurait laisser indifférent.  </p>
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		<title>Premières information sur La donna del lago de Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/premieres-information-sur-la-donna-del-lago-de-pesaro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jun 2016 09:51:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après La Gazza Ladra et Sigismondo, en 2009 puis 2010, Damiano Michieletto, désormais invité sur les plus grandes scènes lyriques, revient à Pesaro cet été, pour une Donna del lago qui devrait faire parler d’elle, ne serait-ce qu’en raison de sa distribution : Juan Diego Florez (Giacomo), Michael Spyres (Rodrigo) et Varduhi Abrahamayan (Malcom) dirigés par &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <em>La Gazza Ladra</em> et <em>Sigismondo</em>, en 2009 puis 2010, <strong>Damiano Michieletto</strong>, désormais invité sur les plus grandes scènes lyriques, revient à Pesaro cet été, pour une <em>Donna del lago</em> qui devrait faire parler d’elle, ne serait-ce qu’en raison de sa distribution : <strong>Juan Diego Florez</strong> (Giacomo), <strong>Michael Spyres</strong> (Rodrigo) et <strong>Varduhi Abrahamayan</strong> (Malcom) dirigés par <strong>Michele Mariotti</strong>. <strong>Salome Jicia</strong>, la titulaire du rôle ô combien périlleux de la dame du lac – Elena – est moins connue que ses partenaires. Pour cause, elle a été révélée en 2015 dans <em>Il viaggio a Reims</em> présenté chaque année par les jeunes élèves de l’Accademia Rossiniana (comme en son temps furent découvertes <strong>Olga Peretyatko</strong>, <strong>Marina Rebeka </strong>et quelques autres).</p>
<p>Au contraire de <strong>Lluis Pasqual</strong> qui <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/rien-que-pour-les-voix">à l’Opéra de Paris en 2010</a> l’avait torchonnée, Daminano Michieletto semble inspiré par l’œuvre : « <em>C’est une l’histoire d’une femme où les thèmes de la nostalgie et du souvenir contribuent à créer des atmosphères ambiguës. Le titre ne révèle pas le nom du personnage principal, mais indique un lieu, un élément liquide qui semble donner vie à toute l&rsquo;histoire. Ma mise en scène fait revivre le jour où Elena rencontre le roi. L’héroïne désormais plus âgée célèbre l&rsquo;anniversaire de son premier mariage avec Malcom en se remémorant le passé. La nostalgie devient ainsi le motif d&rsquo;une histoire dominée, comme dans le poème de Walter Scott, par la nature sauvage et les ruines. </em>». Nostalgie non dénuée d&rsquo;esthétisme ainsi que le laisse deviner la maquette du 2<sup>e</sup> acte de cette nouvelle production (<a href="http://www.rossinioperafestival.it/?IDC=506&amp;ID=686">plus d&rsquo;informations</a>).</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="196" src="/sites/default/files/styles/large/public/donna_del_lago2.jpg?itok=IUJ47unk" width="468" /></p>
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