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	<title>La Stellidaura vendicante - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>La Stellidaura vendicante - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>La Stellidaura vendicante</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Apr 2014 09:17:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>    Dans l’histoire de la redécouverte du répertoire napolitain, Francesco Provenzale (1624-1704) a beaucoup été défendu par Antonio Florio et sa Cappella de’ Turchini. C’est néanmoins surtout sa production de musique d’église qui avait connu jusqu’ici les honneurs de l’enregistrement, cantates et oratorios divers. De fait, seules deux partitions d’opéra ont été conservées : &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
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<p>			Dans l’histoire de la redécouverte du répertoire napolitain, Francesco Provenzale (1624-1704) a beaucoup été défendu par Antonio Florio et sa Cappella de’ Turchini. C’est néanmoins surtout sa production de musique d’église qui avait connu jusqu’ici les honneurs de l’enregistrement, cantates et oratorios divers. De fait, seules deux partitions d’opéra ont été conservées : <em>Lo Schiavo di sua moglie</em>, qui dort encore dans les bibliothèques, et <em>La Stellidaura vendicante</em>. Cette dernière œuvre a connu une première résurrection moderne, mais en suédois, au festival d’été de Vadstena, sous la direction d’Arnold Östman, en 1974, et une reprise – toujours en suédois &#8211; en 1999 au même festival. Il fallut donc attendre 1997 pour que cet opéra retrouve sa langue d’origine, en février à Liège, puis en octobre-novembre à Bruxelles. Cette résurrection avait été confiée au claveciniste <strong>Alessandro De Marchi</strong>, un temps continuiste pour René Jacobs. Devenu récemment le chef attitré de l’<strong>Academia Montis</strong> <strong>Regalis</strong>, celui-ci a eu à cœur de rediriger la <em>Stellidaura </em>et en a proposé une nouvelle version scénique, donnée dans le cadre du festival d’Innsbruck en 2012, dont il est devenu directeur en 2010. La discographie de Provenzale s’enrichit ainsi d’un <em>live </em>capté au cours de trois représentations.</p>
<p>
			Dans le texte d’accompagnement où il explique ses choix pour la réalisation de la partition, dirigée ici avec vigueur et raffinement, De Marchi se montre en revanche beaucoup plus discret sur la question des coupes, complètement passées sous silence : sans aller jusqu’aux prétendues six heures de musique écrites par Provenzale, dont parlait <em>Opéra</em> <em>Magazine </em>en 1997, le spectacle d’Innsbruck durait apparemment près de trois heures et demie, dont il ne reste dans ce coffret que deux heures quarante, soit le maximum qu’on puisse faire tenir en deux CD. On parvient néanmoins à suivre l’action, malgré un imbroglio assez invraisemblable, et à s’intéresser à ces personnages galants, surtout à l’héroïne qui, telle la Bradamante du <em>Roland furieux</em> ou la Clorinde de la <em>Jérusalem délivrée</em>, n’hésite pas à se déguiser en homme et à manier l’épée.</p>
<p>			L’un des intérêts de cet enregistrement est de nous rappeler l’écart qui séparait alors la France de l’Italie, puisque cette <em>Stellidaura </em>est contemporaine de l’<em>Alceste</em> de Lully, mais qu’on ne saurait imaginer deux univers musicaux plus éloignés. Ni chœurs ni divertissements dans l’œuvre de Provenzale, mais seulement cinq personnages, dont un rôle purement comique, et des monologues passionnés, soit une esthétique très proche de son aîné Francesco Cavalli. Autant dire que les voix sont ici au premier plan, et par chance, les solistes réunis sont pour la plupart à la hauteur. Dans le rôle-titre, <strong>Jennifer Rivera</strong>, mezzo américaine qu’on a surtout entendue en Europe dans le répertoire du XVIIIe siècle, révèle un timbre chaud et prenant, qu’on apprécie surtout dans les scènes pathétiques du dernier acte, où ses graves sont particulièrement sollicités (on se demande comment s’en tirait la soprano employée en 1997). Les deux chevaliers épris d’elle sont deux ténors aux voix parfaitement différenciées : on avouera une préférence personnelle pour le timbre barytonant de <strong>Carlo Allemano</strong>, parfois à la limite de ses possibilités dans l’aigu, qui est plus le domaine de l’Australien <strong>Adrian Strooper</strong>, attaché au Komische Oper de Berlin, dont l’italien est hélas moins idiomatique. De l’idiomaticité, on en trouve à revendre chez la basse <strong>Enzo Capuano</strong>, ex-chanteur de variété reconverti dans l’opéra : peut-être ce profil atypique l’aide-t-il à donner vie au personnage du valet bouffon et glouton Giampetro, qui s’exprime exclusivement en pseudo-dialecte calabrais. On est moins ravi par le contre-ténor <strong>Hagen Matzeit</strong>, dont la mollesse d’accents et l’italien exotique ne laissent guère deviner la présence scénique évoquée par <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=4052&amp;cntnt01returnid=54">notre consœur Elisabeth Bouillon</a>. Voilà en tout cas qui donne bien envie de se rendre en juin prochain à Potsdam, où sera reprise<strong> </strong><em>La Stellidaura vendicante</em>.</p>
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		<title>PROVENZALE, La Stellidaura vendicante — Innsbruck</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ou-la-commedia-dellearte-flirte-avec-la-tragedie-classique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elisabeth Bouillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Aug 2012 06:00:10 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			En 2011, <strong>Alessandro De Marchi </strong>avait ouvert les Innsbrucker Festwochen avec <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2865&amp;cntnt01returnid=54"><em>Flavius Bertaridus, König der Langobarden</em> de Telemann</a>, chef d’œuvre qu’une mise en scène (Jens-Daniel Herzog) et une scénographie (Mathis Neidhardt) catastrophiques n’avaient pas permis d’apprécier à sa juste valeur*. Cette année au contraire, la production de <em>La Stellidaura vendicante</em> qui ouvre le festival est parfaitement réussie. Dans un dispositif scénique minimaliste très suggestif où une porte et une fenêtre descendues des cintres suffisent à créer l’intimité, on voyage dans le passé sans quitter le présent grâce à de beaux costumes historisants et à une remarquable direction d’acteurs qui met en valeur les passions. Rien n’est tourné en ridicule : les tentatives d’assassinat du prince jaloux, les lettres d’amour interverties, les fureurs vengeresses de Stellidaura, le poison absorbé par les amants qui se croient trahis, leur mort apparente et le <em>happy end</em> final, tout cela est traité avec justesse, on rit, on pleure, on est conquis. Durant ces 90 scènes (!) aux actions trépidantes qui, selon <strong>François De Carpentries</strong>, se succèdent comme un zapping, le metteur en scène met l’accent sur la modernité de cet ouvrage d’où toute stabilité est exclue. La psychologie des personnages, aussi névrosés que nous le sommes aujourd’hui, est fidèlement respectée. Même excellence sur le plan musical : depuis son clavecin, De Marchi, en osmose avec la scène, dirige brillamment cette partition qu’il a réorchestrée et dont il maîtrise les multiples écueils. Il met en valeur les couleurs instrumentales de l’orchestre baroque et sait ménager le suspense jusqu’au bout. Son enthousiasme et son rayonnement maintiennent une parfaite cohésion entre les chanteurs et l’orchestre.<br />
			 </p>
<p>			Ce premier opéra de Provenzale, à l’écriture hardie, fine et virtuose, où l’humour et la satire côtoient la tragédie, est aussi le premier opéra napolitain. C’est à ce compositeur (qui avait vécu jusque-là dans l’ombre de son maître et ami Cavalli) et à son librettiste que l’on doit les opéras de l’Ecole de Naples dont ils ont inventé la forme avec <em>La Stellidaura vendicante</em>. Tout comme le théâtre anglais à l’époque de Shakespeare, le théâtre napolitain avait subi l’influence hispanique au cours du XVIIe siècle. Francesco Provenzale et Andrea Perrucci, avocat et poète officiel de la ville de Naples, qui introduisent pour la première fois <em>la Commedia dell’arte </em>dans un opéra, sont également les premiers à y mêler musique italienne et théâtre espagnol. A l’opposé du théâtre français, le théâtre espagnol n’observait aucune logique, aucune règle stricte. L’histoire partait dans tous les sens, le but étant de confronter les protagonistes à des situations totalement folles et de les contraindre ainsi à exprimer leurs sentiments les plus profonds. De même, l’action de <em>La Stellidaura vendicante</em> repose sur une série de quiproquos invraisemblables entre les cinq personnages qui aboutissent à des situations à la fois loufoques et dramatiques où les personnages vivent des situations extrêmes. Pour ne prendre qu’un seul exemple, Joseph Haydn utilisera le même modèle sur un sujet proche dans sa <em>Fedeltà premiata</em>, cent huit ans plus tard !</p>
<p>			La star de cette nouvelle création à laquelle assistait le vice-régent espagnol, le 2 septembre 1674, était la diva Giulia De Caro, directrice du Teatro San Bartolomeo. Elle reprit l’œuvre dans son théâtre l’année suivante. Giulia était d’extraction modeste et avait conquis sa place parmi les plus grands chanteurs à force de volonté. C’était une femme moderne, libre. Le sujet lui plaisait car il lui permettait d’incarner un personnage fort séduisant, certes, mais violent, loyal et fidèle, bien éloigné de sa vie libertine puisque elle était à la fois, selon le qu’en dira-t-on, la maîtresse du vice-régent et de nombreux nobles de la cour qui, tous, assistaient à la représentation. La Stellidaura de<strong> Jennifer Rivera </strong>est sans doute moins sensuelle que la créatrice du rôle mais tout aussi indépendante, fougueuse, prête à pourfendre ceux qui s’en prendraient à son amant. Son timbre s’est enrichi depuis sa Licida dans <em>L’Olimpiade</em>. Elle se joue des intervalles acrobatiques de la partition, vocalise avec vaillance, laisse son beau soprano lyrique s’épanouir dans les nombreuses situations tragiques, nous régale de pianissimi raffinés et fait face à toutes les difficultés vocales ou scéniques.</p>
<p>
			Dans la mesure où le Prince Orismondo, l’amant dédaigné, représente le pouvoir en place, il est traité avec réalisme. Grâce à ses dons de comédien, la richesse et l’éclat de son timbre dans les<em> arie</em> héroïques, son homogénéité, sa palette de nuances, son lyrisme envoûtant dans les airs tragiques <strong>Carlo Allemano</strong> réalise une excellente performance dans ce rôle très typé. A l’élégance du grand seigneur, il ajoute la fureur homicide du puissant dédaigné, exerce son droit de vie et de mort et exhale sa souffrance de ne pas être aimé sans jamais tomber dans le ridicule. Face à lui,<strong> Adrian Strooper</strong>, au timbre mozartien, incarne avec fraîcheur et vitalité le rôle d’Armidoro, le rival aimé de Stellidaura. Son excellent jeu d’acteur, sa solide technique et sa musicalité lui attirent tous les suffrages, tout comme, du reste, le contre-ténor <strong>Hagen Matzeit</strong>, également baryton, metteur en scène et compositeur, très convaincant en Armillo, page de Stellidaura. A la fois drôle et touchant, son personnage naïf mais avisé enchante par sa chaleur vocale, la rondeur aérienne de son timbre et sa vélocité.</p>
<p>			Un personnage insolite et presque omniprésent, brillament interprêté par la basse <strong>Enzo Capuano</strong>, incarne à lui seul l’aspect bouffe de l’œuvre (et c’est lui qui tire d’affaire tous les protagonistes) : Giampietro, représentatif de la Commedia dell’arte, serviteur d’Orismondo, un musicien du peuple qui s’exprime dans son savoureux patois calabrais. Une instrumentation particulière lui est réservée : trois tambourins issus de régions différentes (dont un tambourin inventé par le remarquable percussionniste Massimo Carrano, qui permet des effets variés et dépaysants et une bassine de cuivre avec, en guise de baguettes, diverses cuillères en bois, d’un effet comique irrésistible).</p>
<p>			Magnifique thriller musical étonnamment actuel, cet opéra fondateur, oublié durant 300 ans dans les tiroirs napolitains (il a été représenté en Suède en 1974 et 1999 ainsi qu’à Liège et à Bruxelles en 1997 avec Alessandro De Marchi au pupitre) a tenu le public sous son charme durant trois heures trente et obtenu une ovation bien méritée d’une vingtaine de minutes. On est en droit d’espérer qu’il continuera de revivre sur les scènes lyriques d’aujourd’hui, pour notre plus grande joie.<br />
			 </p>
<p>			*A l’opposé de ce spectacle navrant, sa mise en scène de <em>La Flûte enchantée</em> cette année à Salzbourg est originale, fidèle à Mozart et convaincante, à l’exception des trois regrettables dernières minutes où le metteur en scène s’est totalement fourvoyé avec ses landaus pleins de bébés. Quant à la direction d’Harnoncourt, elle dévoile de nouveaux aspects de cette œuvre unique, qu’une vie ne suffirait pas à explorer.</p>
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