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	<title>Le Portrait de Manon - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Le Portrait de Manon - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Le Portrait de Manon&#124;Le Villi — Limoges</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Feb 2020 06:50:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les deux hommes ont une Manon en commun, c’est vrai. Tous deux ont une réputation de « chantres de la femme », de ces « petites femmes » qu’ils aimaient tant faire mourir à la fin de leurs opéras. S’il est possible de réunir Massenet et Puccini en une seule soirée, c’est parce qu’ils ont tous deux produit, à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les deux hommes ont une <em>Manon </em>en commun, c’est vrai. Tous deux ont une réputation de « chantres de la femme », de ces « petites femmes » qu’ils aimaient tant faire mourir à la fin de leurs opéras. S’il est possible de réunir Massenet et Puccini en une seule soirée, c’est parce qu’ils ont tous deux produit, à des moments très différents de leur carrière, des œuvres brèves, trop brèves pour vraiment occuper une représentation entière. D’une part, un débutant de 25 ans, dont <em>Le Villi</em> est le premier opéra, d’autre part, un compositeur quinquagénaire fêté, à qui son librettiste offre un prétexte pour revenir sur l’un de ses grands succès. Plus d’un siècle après, pour nos oreilles qui peuvent envisager l’ensemble de la carrière deux compositeurs, le rapprochement prend aussi le caractère d’un jeu, où l’on s’amuse à identifier les autocitations de <em>Manon </em>et à deviner le futur auteur de <em>La Bohème</em>. Mais curieusement, Puccini se souvient aussi, des œuvres de ses aînés, Verdi en tête, tandis que Massenet préfigure aussi certaines œuvres qu’il n’a pas encore composées essentiellement son <em>Chérubin</em>, où l’on retrouvera un rôle travesti et l’ambiance du pastiche néo-XVIIIe siècle.</p>
<p>Difficile, pourtant, de ne pas sentir un certain déséquilibre entre les deux œuvres, ne serait-ce que par la longueur : 45 minutes pour Massenet, 65 minutes, mais là n’est vraiment pas le plus important. Simple « lever de rideau » nostalgique, <em>Le Portrait de Manon</em> offre assez peu de choses à se mettre sous la dent, en dehors du beau monologue initial d’un Des Grieux vieilli et de l’air réservé à la soprano, sorte de sœur jumelle de la Sophie de <em>Werther</em>. Les amoureux ont droit à un bref duo qui joue sur l’association soprano-mezzo, le rôle du ténor étant largement sacrifié. Avec des moyens sans doute moins subtils, <em>Le Villi</em> frappe fort malgré une dramaturgie réduite au strict minimum : on s’aime, on se sépare, on s’oublie, on se retrouve (après la mort de la dame, devenue spectre) et l’inconstant est châtié par les Willis qui l’entraînent dans leur danse infernale. Le jeune Puccini met le paquet pour impressionner l’auditeur, et il y parvient assez bien, il faut le reconnaître.</p>
<p>Pour l’occasion, l’Opéra de Limoges avait fait revenir celui qui présida longtemps aux destinées de la maison : <strong>Guy Condette</strong>, dont la fougue lorsqu’il dirige le Pucini laisse absolument pantois. Vraiment la retraite semble bien loin pour le chef pourtant septuagénaire, et la prestation de l’orchestre suscite l’admiration. Celle du chœur n’est pas moins remarquable, qui confère aux esprits malfaisants toute la sauvagerie exigée par la partition.</p>
<p>La distribution vocale était belle, avec malgré tout quelques points moins enthousiasmants. Avec Tiberge, <strong>Luca Lombardo </strong>ajoute un rôle massenétien de plus à un palmarès dèjà impressionnant ; la voix a beaucoup perdu de sa souplesse, mais le personnage est si épisodique ce n’est pas bien grave. On est plus gêné par le manque de soleil dans la voix de <strong>Lorenzo Decaro</strong> : s’il a la solidité nécessaire, le ténor italien manque du charisme qu’on attendrait, même pour un personnage ne devant pas forcément susciter la sympathie. Face à lui, <strong>Joyce El-Khoury </strong>est souveraine et brûles les planches, même dans cette version de concert. Malgré quelques aigus peu agréables pour commencer, l’ardeur de l’incarnation et la sensualité de la voix opèrent bientôt, et l’on ne saurait résister à pareille héroïne.</p>
<p>Seul chanteur présent dans les deux œuvres, <strong>Tassis Christoyannis </strong>se montre particulièrement impressionnant dans l&rsquo;air du père au début du deuxième acte des <em>Villi</em>, mais pour être nécessairement moins extraverti, son Des Grieux n&rsquo;en est pas moins une superbe composition. Chez Massenet, si <strong>Victoire Bunel </strong>se fie peut-être un peu trop à la beauté de son timbre là où une diction parfois plus nette ne serait pas malvenue, <strong>Sheva Tehoval </strong>est une Aurore proche de l’idéal, par la couleur de sa voix comme par la fraîcheur de son interprétation.</p>
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		<title>MASSENET, Le Portrait de Manon — Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-portrait-de-manon-marseille-les-absents-ont-eu-tort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Oct 2015 05:47:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi, dix ans après la création de Manon, Massenet écrivit-il une sorte de Vingt ans après ? Gérard Condé émet l’hypothèse qu’en composant cet acte pour l’Opéra-Comique le compositeur en dédommageait élégamment le directeur, que la volonté de Sibyl Sanderson d’aller chanter à l’opéra Garnier avait privé de la création de Thaïs. Le librettiste a imaginé &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi, dix ans après la création de <em>Manon</em>, Massenet écrivit-il une sorte de <em>Vingt ans après</em> ? Gérard Condé émet l’hypothèse qu’en composant cet acte pour l’Opéra-Comique le compositeur en dédommageait élégamment le directeur, que la volonté de Sibyl Sanderson d’aller chanter à l’opéra Garnier avait privé de la création de <em>Thaïs</em>. Le librettiste a imaginé que Des Grieux, quadra ou quinquagénaire, mène une vie retirée qu’il consacre à l’éducation de Jean, un jeune aristocrate orphelin, auquel il s’attache à inculquer une aversion profonde pour l’amour. Mais les leçons sont impuissantes : le protégé est déjà épris d’une orpheline du voisinage, de surcroit sans naissance et sans fortune ! Des Grieux décide alors de l’envoyer au loin car il ne consentira jamais à cette mésalliance. Pourtant il bénira lui-même cette union, revirement opéré par l’apparition de la jeune fille dans les atours portés par Manon sur le portrait que Des Grieux a toujours conservé. L’ami de Des Grieux à l’origine de cette mise en scène lui révélera qu’elle n’est autre que la fille de Lescaut autrement dit la nièce de Manon… Joli tour de passepasse, car dans le livret de l’opéra-comique, Lescaut est le cousin de Manon et non son frère, comme dans le roman !</p>
<p>Mais ce n’est pas l’essentiel, et n’enlève rien au charme d’une œuvre petite par ses dimensions mais exquise par sa qualité. Massenet y joue en virtuose de sa science de compositeur et de maître des réminiscences mélodiques ou harmoniques tirées de l’œuvre source, ou  de couleurs adaptées à la nouvelle situation de Des Grieux et à celle du jeune couple. Dans la pure tradition de l’opéra-comique il fait alterner lyrisme attendrissant et cocasserie, grandiloquence ironique et désinvolture narquoise, que les interprètes restituent avec brio. <strong>Marc Scoffoni</strong> nourrit Des Grieux, devenu baryton avec l’âge, de la retenue austère qu’il s’est imposée, tel un cilice, sans parvenir à tuer en lui la brûlure du souvenir. Le ténor <strong>Rodolphe Briand</strong> donne à Tiberge, l’ami sincère mais réaliste et peu enclin à la complaisance, le mélange de rondeur et d’ironie compatibles avec l’esprit de décision dont le personnage fait preuve. Sa protégée a la fraîcheur vocale de <strong>Jennifer Michel</strong>, dont la jeunesse physique et la clarté du timbre s’accordent à celle d’Aurore. Ecrit pour un mezzo en travesti, comme le rôle du Prince dans <em>Cendrillon</em> conçu à la même époque, celui de Jean est interprété avec une crânerie gracieuse par<strong> Antoinette</strong> <strong>Dennefeld. </strong>Le chœur invisible accompagne avec la gaîté ou la discrétion voulues.</p>
<p>Dans la fosse, l’orchestre est dirigé par <strong>Victorien Vanoosten</strong>, le chef assistant, qui a choisi d’étoffer la soirée en accompagnant  <em>Le portrait de Manon </em>par le ballet et la méditation de <em>Thaïs</em>, qui lui sont contemporains, et par le <em>Prélude à l’après-midi d’un faune</em>, lui aussi daté de 1894. C’est peu dire que, sans le secours de danseurs, la musique du ballet de <em>Thaïs </em>sonne lourd après l’exécution délectable de la musique de Debussy. L’orchestre, manifestement en état de grâce, répond subtilement aux indications du chef, manifestement en phase avec la pulsation rythmique qui rend immédiatement sensible la sensualité infusée dans l’écriture, que la chorégraphie défendue par un danseur et une danseuse cherche laborieusement à épouser. La souplesse et les dosages sonores, la flûte, la harpe, sont enchanteurs. Ce voisinage est meurtrier pour le ballet de<em> Thaïs </em>malgré l’ingéniosité manifeste de Massenet, et sans rien retirer à ‘exécution remarquable des musiciens. Heureusement le rideau de fer baissé – tandis qu’on aménage la scène pour <em>Le Portrait de Manon </em>– offre au regard la composition somptueuse réalisée par Florès, et permet d’attendre que cela se passe. La méditation de <em>Thaïs </em>mettra en valeur les cordes et la qualité du violon super-soliste Da-Min Kim. Un dernier mot pour regretter une ampleur sonore légèrement excessive par instants dans <em>Le portrait de Manon</em>.</p>
<p>Couplée avec la reprise de <em>Manon, </em>cette soirée unique aurait dû faire le plein. Est-ce parce que le spectacle était annoncé en simple « mise en espace » ? La faible affluence laisse songeur quant à la curiosité du public marseillais. Pourtant <strong>Yves Coudray</strong>, utilisant un élément du décor de <em>Manon</em>, proposait en fait une véritable mise en scène, aussi légère et délicate que l’œuvre le réclamait. Une fois de plus, les absents auront eu tort : ils se sont privés de la découverte d’un bijou et d’une belle soirée musicale !</p>
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		<title>Le Portrait de Manon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/fallait-fallait-pas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Mar 2013 12:56:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sa dernière parution, le label Opera Rara a été singulièrement bien inspiré de poser ses micros au Linbury Studio du Royal Opera House alors que les jeunes chanteurs débutants du Jette Parker Young Artists Programme y donnaient leur spectacle annuel. Directeur artistique dudit programme, David Gowland avait depuis longtemps envie de monter Le Portrait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa dernière parution, le label Opera Rara a été singulièrement bien inspiré de poser ses micros au Linbury Studio du Royal Opera House alors que les jeunes chanteurs débutants du Jette Parker Young Artists Programme y donnaient leur spectacle annuel. Directeur artistique dudit programme, David Gowland avait depuis longtemps envie de monter <em>Le Portrait de Manon</em>, ravissante œuvrette de 45 minutes composée par Massenet dix ans après le succès de <em>Manon</em>. Comme il n’en existait jusqu’ici aucun enregistrement officiel, on ne pouvait que se réjouir à la perspective de voir sortir ce disque. Se posait néanmoins la question de l’adéquation des interprètes avec une partition sans doute mineure, mais qui exige d’être traitée avec délicatesse, en maîtrisant un style aujourd’hui largement perdu. On pouvait aussi s’alarmer au vu de la distribution résolument internationale réunie pour l’occasion. Sur le plan de la diction, d’énormes efforts ont été accomplis, avec des résultats inégaux mais appréciables.</p>
<p>Peut-être paradoxalement, l’interprète qui pratique le mieux notre langue est celui qui n’est pas originaire d’un pays européen. Incarnant un personnage créé par le grand baryton Lucien Fugère, pour qui Massenet devait écrire bien des rôles, le Chinois <strong>ZhengZhong Zhou</strong> frappe d’emblée l’auditeur par sa noblesse d’accents et par la dignité qu’il met à camper un Des Grieux mûri mais encore tourmenté : sans doute a-t-il beaucoup écouté Ernest Blanc, comme on le soupçonne en l’entendant chanter le superbe monologue introductif auquel Massenet entrelace avec une habileté diabolique de nombreuses réminiscences de <em>Manon</em>. Les différents passages déclamés en mélodrame par-dessus la musique constituent une difficulté supplémentaire pour des interprètes étrangers : à l’inverse de ce qui est souvent le cas, le français parlé du ténor argentin <strong>Pablo Bemsch</strong> est meilleur que son français chanté, comme si son émission l’obligeait à déformer les sonorités. Comme dans <em>Une Education</em> <em>manquée </em>de Chabrier, partition contemporaine du <em>Portrait de Manon</em>, une soprano et une mezzo en travesti s’unissent en un délicieux duo qui annonce les réussites ultérieures de <em>Cendrillon </em>(1899) et de <em>Chérubin </em>(1905). La soprano portugaise <strong>Susana Gaspar</strong> et la mezzo polonaise <strong>Hanna Hipp</strong> brillent l’une par ses coloratures, l’autre par sa fougue, mais l’on remarque des syllabes nasales un peu trop nasalisées chez la seconde, pas assez chez la première (« grand-mère » prononcé comme « grammaire »). Loin du studio, la captation sur le vif confrère à l’interprétation une vivacité appréciable.</p>
<p>	Opera Rara a fort bien fait de capter ce <em>Portrait de Manon</em> ; fallait-il en revanche publier également la deuxième partie de cette soirée ? Sur le papier, on pouvait déjà s’étonner du rapprochement de deux œuvres que tout semble opposer. Nous ne pouvons évidemment pas ici juger de l’opportunité de porter les <em>Nuits d’été</em> à la scène, qui peut laisser sceptique. Même si David Gowland estime que « l’orchestration et le langage sont les mêmes », le chef-d’œuvre de Berlioz n’a rien en commun avec le lever-de-rideau de Massenet, et exige de ses interprètes de tout autres qualités. Et même s’il n’existe pas tant d’enregistrements qui respectent les différentes tessitures initialement voulues par le compositeur pour les six poèmes de Théophile Gautier, cela ne suffit pas à justifier l’entreprise. Premier regret : le meilleur élément remarqué chez Massenet, ZhengZhong Zhou, n’a rien à chanter chez Berlioz. Dans la Villanelle, son confrère Pablo Bemsch s’époumone et ne peut offrir qu’un chant débraillé, aux piani détimbrés, courant toujours après l’orchestre ; le style n’y est pas, et son interprétation est dénue de toute fraîcheur. « Au cimetière » est moins catastrophique, mais le ténor ne semble guère plus à l’aise. Avec les dames, les choses s’arrangent : la prestation d’Hanna Hipp dans « Le Spectre de la rose » et dans « Sur les lagunes » renferme une belle émotion, malgré les quelques réserves déjà formulées sur son articulation (dont quelques e superflus). Dans un français quasi parfait, Susana Gaspar livre une « Absence » éthérée ; c’est une option tout à fait défendable, mais on peut préférer une voix plus opulente, surtout pour « L’Ile inconnue », qui sollicite tous ses moyens et exige une ampleur que la soprano portugaise n’a pas tout à fait. N’aurait-il pas été plus cohérent de choisir pour conclure un bouquet des plus belles mélodies de Massenet, plus adaptées aux capacités de ces jeunes chanteurs ?</p>
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