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	<title>Les P’tites Michu - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Les P’tites Michu - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Les P&#039;tites Michu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Jan 2019 11:00:36 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Délicate, très délicate opération que de dépouiller l’opérette de la gangue de ringardise qui ne lui est que trop étroitement associée… Il y a pourtant des trésors musicaux qui ne demandent qu’à ressurgir, et si même <em>Véronique</em> tend à sombrer dans la torpeur, c’est peut-être le moment de révéler d’autres petites merveilles d’André Messager. C’était donc une excellente idée – une de plus – qu’eut le Palazzetto Bru Zane en redonnant vie à un titre qui précéda de très peu la susdite <em>Véronique</em>. Avec <em>Les P’tites Michu</em>, il y avait matière à redécouverte, car on n’en connaissait guère que de larges extraits enregistrés il y a un demi-siècle. Fidèle à une habitude prise depuis <em>Les Chevaliers de la table ronde</em>, le Centre de musique romantique française a donc fait subir à l’œuvre un traitement de choc, dont <a href="https://www.forumopera.com/les-ptites-michu-angers-shebam-pow-blop-wizz">Forum Opéra a rendu compte</a> lors de la création en mai dernier : un spectacle enlevé, porté par une actualisation qui oubliait le prétexte historique (le livret situe l’action en 1810) pour le rapprocher de nous d’un siècle et demie, vers l’époque et l’esthétique des <em>Demoiselles de Rochefort</em>. Voici qu’en est maintenant commercialisé l’écho, mais sans image à l’appui, ce qui est peut-être dommage.</p>
<p>Quand on n’a que le son pour unique repère, la perception s’en trouve nécessairement modifiée, et ce qui pouvait fort bien passer à la scène ne fonctionne pas toujours aussi bien. Quand on a en tête l’exquis duo formé naguère par Liliane Berton et Nadine Renaux, ou si l’on a écouté, plus près de nous, Renée Fleming et Susan Graham interpréter « Blanche-Marie et Marie-Blanche », l’air le plus connu de l’œuvre, on sursaute en découvrant les seules voix de mesdames <strong>Polchi et Cochet</strong>. Quand on n’a que le son privé de toute image, ce ne sont plus deux souriantes jeunes filles, mais deux viragos que l’on croit entendre. Que l’une des deux « jumelles » ait un timbre plus sombre pour la distinguer de l’autre, cela s’admet, mais fallait-il que toutes deux aient une voix aussi corsée et un ton aussi péremptoire ? C’est bien dommage, car les couleurs de ces deux chanteuses transforment les « p’tites » Michu en terribles matrones. Et comme la mise en scène semble avoir forcé le côté turbulent et populaire des deux héroïnes, on finit par s’étonner que le pensionnat où elles sont élèves ne les ait pas un peu mieux dégrossies. Cela dit, quand on entend les cris suraigus et hystériques de leurs camarades (dans les dialogues parlés seulement, par bonheur), on se dit que ce n’est pas le pire. Les titulaires – anonymes, sans doute des artistes du chœur dont le nom n’est nulle part précisé – des interventions de Claire, Palmyre, Ida et Francine dans le premier morceau font une fois de plus regretter un âge d’or où les chanteurs, sans avoir des voix toujours renversantes, savaient au moins faire comprendre le moindre mot de ce qu’ils interprétaient. Par comparaison avec leurs filles, les parents Michu sembleraient même par trop distingués : quand on n’a que le son pour se faire une idée, <strong>Marie Lenormand</strong> s’exprime presque comme une grande dame, et <strong>Damien Bigourdan</strong>, malgré des airs ahuris, donne lui aussi un côté quasi sophistiqué à son personnage.  </p>
<p>On s’étonne aussi que Bagnolet, soldat dont Alexandre Dratwicki signale lui-même l’appartenance aux classes laborieuses, soit ici transformé en une sorte de robot : cela marchait peut-être à la scène, mais quand on n&rsquo;a que le son, on a un peu de mal à comprendre pourquoi le personnage sur-articule comme un automate un texte qui cherche au contraire à imiter un parler populaire et, trait qu’il partage avec le Général, la manière dont les militaires mangeaient les mots en début de phrase… En Mademoiselle Herpin, <strong>Caroline Meng </strong>récupère la Ronde des Halles, normalement dévolue à Marie-Blanche ; elle la chante avec panache mais avec une diction qui manque un peu de clarté, et ce changement d&rsquo;attribution a surtout pour résultat de faire s&rsquo;exprimer la directrice de la pension dans le même idiome que les personnages de la Halle. Finalement, ceux qui s’en tirent le mieux sont le ténor <strong>Artavazd Sargsyan</strong>, dans le rôle du benêt Aristide, et le baryton <strong>Philippe Estèphe</strong> en Gaston, <strong>Boris Grappe</strong> étant sans doute encore un peu jeune pour camper une vieille ganache comme le général des Ifs.</p>
<p>C’est évidemment l’attrait de cet enregistrement que de restituer un certain nombre de morceaux jusque-là négligés par les sélections jusqu’ici disponibles au disque (27 minutes de musique avec l’orchestre Radio-lyrique dirigé par Roger Ellis en 1953, deux faces de 33-tours dirigées par Jules Gressier en 1954). On remarque néanmoins des coupures (la reprise de « Je n’y comprends rien » à la fin du sextuor du troisième acte, par exemple). <strong>Pierre Dumoussaud</strong> dirige cette partition avec tout l’esprit qu’on en attend, mais un peu plus de moelleux dans l’ouverture n’aurait pas été de refus.</p>
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		<title>MESSAGER, Les P’tites Michu — Angers</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-ptites-michu-angers-shebam-pow-blop-wizz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jun 2018 07:22:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Venez petites filles dans mon comic (s)trip » pourraient titrer les Brigands avec cette version très pop des P’tites Michu proposée à Nantes et Angers avant une reprise parisienne au théâtre de l’Athénée du 19 au 29 juin prochain dans le cadre du festival Palazzetto Bru Zane. Blanche Marie et Marie Blanche ont été élevées comme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Venez petites filles dans mon comic (s)trip </em>» pourraient titrer <strong>les Brigands </strong>avec cette version très pop des<em> P’tites Michu</em> proposée à Nantes et Angers avant une reprise parisienne au théâtre de l’Athénée du 19 au 29 juin prochain dans le cadre du festival Palazzetto Bru Zane.</p>
<p>Blanche Marie et Marie Blanche ont été élevées comme des jumelles dans la tourmente révolutionnaire alors que l’une est aristocrate et l’autre fille des Halles. Bébés, c’était bonnet-blanc et blanc-bonnet, elles se ressemblaient trop et les parents Michu ne savent plus quelle petite est de leur sang. Les adolescentes ont le coeur qui s’emballe, les projets de mariage s’échafaudent… mais on ne saurait déchoir, il faut se marier selon son rang. André Messager brode ici avec grande sensibilité une partition délicate et jamais bavarde, impeccablement dirigée par <strong>Pierre Dumoussaud</strong> à la tête de l&rsquo;Orchestre National des Pays de la Loire. Le jeune chef, précis, fougueux, n’a pas 30 ans ; valeur montante de la profession, il a d’ailleurs remporté l’an passé le premier concours international de Chefs d’Orchestre d’Opéra organisé par l’Opéra Royal de Wallonie-Liège.</p>
<p>Le sujet un peu daté, appelait un dépoussiérage ; la compagnie des Brigands creuse la veine du décalage graphique qui lui avait plutôt réussi lors de leur dernière création d’envergure &#8211; <em>Les Chevaliers de la Table Ronde</em> &#8211; tout en gommant les outrances qu’on pouvait alors leur reprocher. Au noir et blanc succède un univers aux couleurs vives et bubblegums. L’équipe artistique, fort jeune, s’est constituée dès l’école du Théâtre National de Strabourg. Sous la houlette de<strong> </strong>Rémy Barché, <strong>Salma Bordes</strong> et <strong>Oria Steenkiste</strong> s’inspirent des séries d’AB productions, de l’Amérique sixties fantasmée de <em>Happy Days</em> ; elles convoquent même les <em>Demoiselles de Rochefort</em>. On retrouve ici la même fraicheur, les mêmes couleurs acidulées d’un monde déconnecté du réel mais pétri de charme. Les illustrations de <strong>Marianne Tricot</strong> font beaucoup également pour nous transporter dans une sorte « d’opéra graphique » – comme il y a aujourd’hui des romans graphiques. Le trait est très contemporain, il permet d’habiles flashbacks, illustre les secrets, les émotions des personnages d’une manière délicieusement naïve. <strong>Rémy Barché</strong> déjoue ainsi le côté surrané de la pièce et atténue la portée d’un message rétrograde : bon chien chasse de race. Même élevée hors de son milieu, une aristocrate ne pourra se satisfaire d’une vie vulgaire, ni une fille du peuple se sentir à l’aise dans un château. Le jeune metteur en scène vient du théâtre et s’attaque pour la première fois au répertoire lyrique. Il orchestre tambour-battant cette pièce légère et tire le meilleur d’un plateau de chanteurs-comédiens qui s’amusent manifestement. On pourrait lui reprocher une vitalité qui tourne parfois à l’agitation systématique mais comment ne pas rire des cabrioles enthousiastes d’Artavazd Sargsyan ou encore du rap endiablé de Damien Bigourdan et <strong>Violette Polchi</strong> ?</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/hl_npstefanovitch_ptitesmicchu_hd-19.jpg?itok=pR7zcHSN" title="﻿﻿© Nemo Perier Stefanovitch" width="468" /><br />
	© Nemo Perier Stefanovitch</p>
<p>Cette dernière emporte totalement l’adhésion, tant par son naturel pétillant que par un mezzo bien timbré aux graves soyeux. Sa jumelle,<strong> Anne-Aurore Cochet</strong>, se doit d’être plus réservée sur scène mais en profite pour apporter une jolie subtilité à son personnage au soprano lumineux. Les voix sont très complémentaires et se marient particulièrement bien dans les duos, notamment l’exquise prière à Saint Nicolas. Les parents de ces p’tites Michu, <strong>Marie Lenormand</strong> et <strong>Damien Bigourdan</strong>, sont irrésistibles de drôlerie, formidables comédiens autant que chanteurs. On savait combien la première a de gouaille et d’assise vocale, le second, quant à lui, nous avait déjà régalé dans <em>Mamz’elle Nitouche</em>, et montre ici une facette plus bouffonne encore de son talent. L’autre père de l’histoire, le Général des Ifs, est incarné par <strong>Boris Grappe</strong> dont la voix parlée semble bizarrement plus percussive que la voix chantée, on lui voudrait plus d’ancrage et de profondeur. En revanche, sa diction impeccable lui permet de se sortir haut la main d’un air au tempo et au texte acrobatique.</p>
<p>A nos deux jumelles, il faut deux amoureux qui ne déparent pas : <strong>Philippe Estèphe</strong> est un Gaston à la voix d’un beau métal, joliment projetée auquel répond un <strong>Artavazd Sargsyan </strong>délicieusement clownesque aux registres bien unifiés et aux aigus amples et généreux. Complétant cette distribution d’excellente tenue, la directrice de pension de <strong>Caroline Meng</strong> nous réjouit d’un timbre corsé et bien ancré de maitresse-femme tandis que <strong>Romain Dayez</strong> campe un Bagnolet vibrionnant et hilarant.</p>
<p>Une opérette façon BD, menée avec maestria par une équipe à l’énergie aussi juvénile que joyeuse, excellente façon de déniaiser les p’tites Michu.</p>
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