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	<title>Lodoïska - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Lodoïska - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Lodoiska</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Apr 2013 12:52:52 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Alors que Krzystof Warlikowski a révélé <em>Médée </em>à beaucoup de mélomanes qui n’en connaissaient que la version italienne, l’heure est peut-être venue de redonner sa chance à Cherubini, compositeur si admiré de ses contemporains. Il semble bien que la reconquête de ce pan de notre répertoire national soit en marche, et grâce à l’intégrale que publie Ambroisie, <em>Lodoïska </em>apparaît telle qu’elle put frapper les spectateurs de sa création en 1791 : un chef-d’œuvre qui, sur le strict plan musical, n’aurait pas à rougir de la comparaison avec bien des opéras composés à la même époque. Même si l’on ne plane pas tout à fait sur les mêmes cimes qu’avec <em>Fidelio </em>ou <em>La Flûte enchantée</em>, on n&rsquo;en est pas si loin, et la partition s’élève à mille coudées au-dessus de l’ordinaire de l’opéra-comique de son temps. Par leur qualité mozartienne, plus d’un passage évoque <em>L’Enlèvement au sérail</em>, les ensembles pour voix d’hommes en particulier, et même le couple formé par le noble héros et son valet bouffon rappelle celui de Belmonte et Pedrillo.<br />
			<br />
			Le recours aux instruments anciens confère à l’œuvre de Cherubini des couleurs plus rutilantes, comme si l’on en avait retourné les vernis opaques d’un orchestre plus tardif, et le dynamisme avec lequel <strong>Jérémie Rhorer</strong> dirige la partition contribue beaucoup à sa résurrection. Par rapport au drame empesé que dirigeait Riccardo Muti en février 1991 à La Scala, tout prend une vie nouvelle. Le grand air de l’héroïne au dernier acte, « Tournez sur moi votre colère », qui dure quatre minutes avec Muti, en prend à peine plus de trois dans la présente version. Ce rythme implacable que Rhorer imprime à l’œuvre ne faiblit pas un instant, et l’auditeur peut ainsi adhérer pleinement au discours. Cette rapidité est une autre vertu : elle sert l’interprète du rôle-titre, une <strong>Nathalie Manfrino</strong> dont le vibrato incontrôlé passe presque inaperçu dans les mouvements vifs, les passages lents l’exposant en revanche dans toute son ampleur. Dès qu’elle atteint le mi en haut de la portée, ce qui n’est vraiment pas grand-chose pour une soprano, la voix se met à bouger. Heureusement, il y a là une incarnation autrement plus sensible que celle de Mariella Devia, même si la diction pourrait parfois être plus claire. Ce rythme haletant favorise sans doute aussi <strong>Sébastien Guèze</strong>, capable de beaux pianis, qui sait donner un sens à tout ce qu’il chante, mais dont on s’apercevrait mieux, dans des airs lents, que le timbre n’est pas toujours très séduisant. Malgré tout, pour le sens du drame, pour l’urgence que l’on sent chez lui, on est prêt à passer outre. Par rapport à la version Muti, la seule jusqu’ici disponible, la présence de chanteurs francophones permet un saut qualitatif appréciable : en 1991 à Milan, il y avait bien Luca Lombardo (du temps où il se prénommait encore Bernard) en Floreski, et Alessandro Corbelli était un Varbel à qui le français ne posait aucun problème, mais ils étaient bien les seuls. Dans la version Rhorer, le baryton argentin <strong>Armando Noguera</strong>, qui habite la France depuis assez longtemps pour s’exprimer sans aucun accent, maîtrise parfaitement ce personnage de serviteur comique. <strong>Philippe Do</strong> en Titzikan n’a finalement qu’un rôle très limité, puisqu’il apparaît au tout début et à la toute fin ; son timbre, certes plus rond que celui de Sébastien Guèze, est aussi moins éclatant. Le troisième rôle après les deux amoureux s’avère en fait celui de Dourlinski, le méchant de l’histoire qui n’arrive qu’au deuxième acte, et que<strong> Pierre-Yves Pruvot</strong> incarne avec une savoureuse perfidie. Belle résurrection donc, qui doit maintenant trouver son prolongement indispensable avec une recréation scénique digne de ce nom.</p>
<p>			 </p>
<p>			<strong>Ecouter sur Qobuz :</strong></p>
<p>			 <br />
			<a href="http://www.qobuz.com/album/le-cercle-de-lharmonie-jeremie-rhorer-cherubini-lodoiska/0822189022143" target="_blank" rel="noopener">Luigi Cherubini : Lodoïska | Luigi Cherubini par Jérémie Rhorer</a></p>
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		<title>CHERUBINI, Lodoïska — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rohrer-a-lhonneur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Oct 2010 07:26:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’opéra Lodoïska de Cherubini est-il le chef d’œuvre que l’on dit ou que l’on aurait aimé qu’il fût ? Partir à la redécouverte de la musique de celui que Berlioz railla tant, tout en l’admirant, n’est que justice, d’autant que de jeunes chefs savent interpréter cette musique et lui donner vie comme jamais. Et nul doute &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>	L’opéra <em>Lodoïska </em>de Cherubini est-il le chef d’œuvre que l’on dit ou que l’on aurait aimé qu’il fût ? Partir à la redécouverte de la musique de celui que Berlioz railla tant, tout en l’admirant, n’est que justice, d’autant que de jeunes chefs savent interpréter cette musique et lui donner vie comme jamais. Et nul doute que Cherubini n’a pas encore dévoilé tous ses trésors.</p>
<p>	 </p>
<p>	<em>Lodoiska</em> n’a pourtant pas encore l’originalité et la verve dramatique de<em> Médée</em> (1797) ou des <em>Abencérages </em>(1813). Et on devine, en l’écoutant, tout ce qui pouvait irriter Berlioz dans la personnalité de Cherubini. S’il respectait le métier incontestable du maître, ses recherches musicales et théâtrales aussi, il y avait sans doute, dans ses provocations, le désir inconscient d’inciter à un peu plus de folie un compositeur aussi respectable et raisonnable, qui ne savait comment débrider une inspiration déjà attirée par le vent du romantisme. </p>
<p>	 </p>
<p>	Ainsi,<em> Lodoïska </em>commence par une rafale de musique orchestrale qui laisse présager un dramatisme échevelé et passionnant. Dix minutes de fougue et de véhémence, de lyrisme et d’élégie, menées tambour battant par <strong>Jérémie Rhorer</strong> qui galvanise ses musiciens du <strong>Cercle de l’Harmonie</strong>, les fait surfer sur des flots qu’il maîtrise et fait déferler à l’envi. Merveilleux chef et merveilleux musiciens. Un cou de chapeau aux cors naturels (périlleux exercice que celui de souffler dans ces redoutables instruments !) en particulier dans leur accompagnement de l’air du baryton, au dernier acte. </p>
<p>	 </p>
<p>	Et puis l’opéra, en lui-même, commence et dès la première scène, on déchante. Et il faudra attendre le troisième et dernier acte &#8211; un chef d’œuvre à lui tout seul &#8211; avant que la musique nous emporte sur de tels sommets (la symphonie qui précède la scène finale est, à elle seule, un mini opéra). C’est sans doute ce qui enthousiasma Beethoven. Et c’est cette dimension symphonique de <em>Lodoïska </em>dont on se souvient surtout.</p>
<p>	 </p>
<p>	D’ailleurs, Cherubini semble prendre plus de plaisir à échafauder de merveilleux ensembles qu’à écrire des airs pour ses personnages. Les scènes lyriques qui se succèdent sont si codées et le livret si insipide, qu’aucune exégèse sur la relation entre l’impact de l’œuvre et cette époque révolutionnaire ne parvient à convaincre. C’est bien la musique, et elle seule, qui a pu, dans certaines scènes, frapper les esprits. On y entend encore les accents italiens de ses premiers opéras, Gluck bien sûr, mais aussi les grands créateurs de l’opéra-comique à la française : Grétry et Monsigny (On songe parfois au <em>Déserteur</em>).</p>
<p>	 </p>
<p>	Jérémie Rhorer à réuni, judicieusement, une distribution de chanteurs français enthousiastes et sympathiques. La soprano <strong>Nathalie Manfrino</strong> trouve dans le rôle-titre un emploi à sa mesure. La voix est sonore et ample, l’aigu assuré et elle a l’occasion de déployer sa virtuosité, avec aisance, dans l’air de bravoure du troisième acte. Comment se fait-il alors qu’un tel air ne déclenche pas une salve d’applaudissements de la part du public ? Comment se fait-il qu’avec ce talent et sa générosité naturelle, elle ne touche pas autant qu’elle devrait ? C’est sans doute qu’au-delà du généreux flot vocal qu’elle affectionne (et qui convient si bien au lyrisme d’Alfano, par exemple), l’opéra de Cherubini a d’autres exigences. </p>
<p>	Il requiert de ses interprètes, une science de la déclamation lyrique qu’on enseigne trop peu aujourd’hui. Or Nathalie Manfrino pourrait être la digne héritière de ces grandes cantatrices françaises du XX<sup>e</sup> siècle, dont notre pays a tellement besoin aujourd’hui. Qu’il soit permis, à ceux qui l’aiment, de la convaincre de s’astreindre à cette discipline. Son chant, dans son ensemble, a tout à y gagner. </p>
<p>	Dans le rôle du jeune premier Floretzki, le ténor <strong>Sébastien Guèze</strong> qu’on a connu si fringant et éclatant, a certes toujours un aigu souple et ample, mais son haut médium inquiète, tant l’intonation est incertaine. Et la voix n’est plus projetée comme à l’accoutumée. Il y a, de toute évidence une défaillance au niveau du soutien et du juste appui du souffle. Il peut et il doit y remédier sans attendre. Son talent l’exige.</p>
<p>	En fait, la distribution, au Théâtre des Champs-Elysées, était dominée par deux chanteurs qui, pourtant, n’avaient pas les principaux rôles mais qui étaient en totale adéquation avec l’œuvre. D’abord le ténor <strong>Philippe Do</strong> (le chef tartare Titzikan), dont la présence, la voix claire et riche, la technique saine et l’aigu brillant (magnifique note finale de son premier air) donne à ce personnage, qui débute et clôt l’ouvrage, un relief saisissant. Il a interprété, à l’étranger, des rôles magnifiques (à la Fenice par exemple). À quand de tels rôles en France ?</p>
<p>	Quant au baryton <strong>Pierre-Yves Pruvot</strong>, il est tout simplement souverain dans le rôle du tyran Dourlinsky. Il lui suffit d’une simple tirade, dès son entrée en scène, pour attirer l’attention du public. Enfin un chanteur qui sait dire un texte parlé, comme un vrai comédien. Et quand il chante quelle belle déclamation ! On ne perd pas un mot, et jamais cette prononciation exemplaire n’entrave la ligne de chant et le legato. Rompu à l’art de la mélodie et des lieder, il connaît l’impact du verbe. Il est aujourd’hui un grand chanteur de théâtre, où sa prestance et son timbre généreux font merveille. Voilà comment la musique de Cherubini revit soudain et comment un air, à priori sans grand intérêt, devient passionnant. Bravo !</p>
<p>	 </p>
<p>	Les mêmes compliments vont au <strong>Chœur des Eléments</strong> merveilleux de précision, d’engagement. Quelle diction aussi !</p>
<p>	 </p>
<p>	Merci à Jérémie Rhorer et à ses artistes de nous convier de la sorte à ses découvertes. Vivement ses prochains concerts !</p>
<p>	 </p>
<p>	 </p>
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