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	<title>Macbeth Underworld - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Macbeth Underworld - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>DUSAPIN, Macbeth Underworld &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dusapin-macbeth-underworld-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julian Lembke]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Nov 2023 04:33:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Macbeth Underworld, l’avant-denier opéra de Pascal Dusapin, compositeur tellement prolifique qu’entre-temps il a écrit son onzième ouvrage lyrique intitulé&#160;Il Viaggio, Dante, est une co-commande de l’Opéra-Comique et du Théâtre Royal de la Monnaie où il a été créé en 2019. La crise sanitaire a voulu qu’il arrive à Paris avec trois ans de retard. Actuellement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><i>Macbeth Underworld</i>, l’avant-denier opéra de Pascal Dusapin, compositeur tellement prolifique qu’entre-temps il a écrit son onzième ouvrage lyrique intitulé<i>&nbsp;Il Viaggio, Dante</i>, est une co-commande de l’Opéra-Comique et du Théâtre Royal de la Monnaie où il a été créé en 2019. La crise sanitaire a voulu qu’il arrive à Paris avec trois ans de retard. Actuellement à l’affiche de l’Opéra-Comique, il s’agit d’une sorte d’écho de la célèbre tragédie de Shakespeare.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>L’idée d’écrire un prolongement, la désinence d’un texte classique n’est pas nouvelle. <i>Radamès</i> (1975/97) de Peter Eötvös, qui métabolise <i>Aida</i>, ou <i>Orest<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span></i>(2011) de Manfred Trojahn, qui commence où <i>Elektra</i> se termine, en témoignent – pour ne citer que deux exemples. L’originalité de l’œuvre de Dusapin réside dans sa nature de <i>Macbeth</i> « en négatif ». Sous la conduite du compositeur, le librettiste Frédéric Boyer ressuscite Macbeth et Lady Macbeth – en anglais. Lors d’un prologue, Hécate annonce le retour du couple auquel la paix éternelle est refusée. Le fait que ce soit la déesse de la mort et de la nuit qui préside sur ce début rapproche l’opéra d’une tragédie grecque. Par la suite, les deux protagonistes revivent des fragments de leur histoire, hantés par le souvenir de leur crime (le meurtre du roi), condamnés à une auto-réflexion en cercle vicieux. D’autres personnages s’invitent à ce tableau, mi-danse macabre mi-messe noire, afin de les accabler ; notamment les Sœurs bizarres – variation des trois sorcières –, le Portier ainsi qu’un Spectre et un Enfant. Ces derniers sont peut-être le reflet de Banquo – ancien compagnon de Macbeth que celui-ci finit par assassiner – et de son fils Fleance. A moins que ce ne soit qu’une projection des esprits tourmentés de la Lady et de son mari. Ces personnages reviennent régulièrement telle une ritournelle rythmant la forme en huit parties, dont l’ordre pourrait tout aussi bien être différent – à l’exception de la fin – car dans cet univers du déjà vécu, de la reprise sans avenir, le temps s’est arrêté, ou plus précisément, les événements se superposent à l’image d’un cauchemar dont les fantômes se transforment les uns en les autres.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>La musique commence par des octaves majestueuses à l’orchestre, comme si le premier accord d’une marche triomphale restait accroché dans l’espace, sa réalisation étant impossible. On entend un orgue au timbre chargé, comme celui des jeux de mutation de cet instrument dont Dusapin jouait lui-même dans sa jeunesse. Cela rappelle l’effectif de son opéra <i>Medeamaterial</i> dont le tempérament inégal diffère de la gamme tempérée habituelle. La présence de l’orgue semble se répercuter sur l’écriture, une superposition de strates distinctes, de riches sonorités continues étant la texture principale de l’œuvre. Malgré la nature atonale de la musique, des notes centrales et des modes se dessinent dans ces masses sonores, permettant à Dusapin de jouer avec des effets cadentiels, des décalages harmoniques et des véritables modulations. À l’orgue, qui émet par moments des archaïsmes musicaux, se joignent d’autres corps étrangers, notamment un archiluth – lorsque Lady Macbeth, redevenue fille, chante une berceuse aux allures élisabéthaines – et un violoniste sur scène dont le jeu populaire accompagne le Portier. «&nbsp;Tout est jeu, tout est mort.&nbsp;»<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Ces éléments forment un monde à part qui finit englouti dans l’orchestre. Toutefois, la dramaturgie lyrique n’est pas linéaire, elle est précisément stationnaire, les structures sont déployées au ralenti, secouées seulement par quelques irruptions inattendues. Le passage de l’archiluth est le premier moment de respiration, et un signe. Par la suite, la musique devient plus disparate, avant que les nappes sonores ne reviennent.</p>
<p>Sous la baguette de<strong> Franck Ollu</strong>, familier du langage de Dusapin, ce jeu de strates prend tout son relief dont la musique dépend grandement.</p>
<p>Le baryton <strong>Jarrett Ott</strong> campe un Macbeth à la fois juvénile et sans âge. Sa voix souple rebondit à chacun des nombreux changements d’expression d’une partie pleine de contradictions.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Des phrases telle que «&nbsp;J’ai assez vécu&nbsp;» résonnent étonnamment touchantes au vue de l’interprétation vigoureuse. À la fin, il refuse justement de se battre avec l’Enfant. La Lady Macbeth de <strong>Katarina Bradić</strong>, tout comme son modèle shakespearien, est plus grave et en même temps plus fragile. Son timbre clair et puissant enrobe ses lignes vocales, même lorsque celles-ci s’acharnent aux notes répétées, phénomène qui caractérise son personnage obsessionnel. Le moment où, exaspérée par des hallucinations d’une tâche de sang, elle essaie en vain de se réfugier dans le sommeil, est un des rares sans orchestre : «&nbsp;Au lit ! au lit ! au lit !&nbsp;» («&nbsp;To bed !&nbsp;»). À l’autre bout de la distribution se trouve la basse ronde et ferme d’<strong>Hiroshi Matsui</strong>, dont le Spectre est certes implacable, mais catastrophé par sa propre nature : « Effrayé car je suis vivant. » (« I am afraid of my living. »). L’Enfant est un rôle de soprano fille exigeant, digne d’un Miles dans <i>Le Tour d’écrou</i> de Britten – bien que celui-ci soit un soprano garçon. Il est parfaitement maîtrisé par <strong>Rachel Masclet</strong>, membre de la Maîtrise Populaire de l’Opéra-Comique. La gamme vocale du Portier, entre chant et voix parlée, n’est pas en reste. Le ténor britannique <strong>John Graham Hall</strong>, qui incarne également Hécate, réalise habilement les transitions d’un état à l’autre et prend un malin plaisir à orchestrer la fameuse scène de la tâche de sang. Dans la pièce de théâtre, le rôle du Portier brise le quatrième mur et l’opéra ne manque pas à y réagir ; le personnage s’adresse au public et l’orchestre développe une rare activité rythmique. Les trois Sœurs bizarres, quant à elles, forment un trio maléfique, capable de developper une incroyable force sonore, mais aussi une fausse douceur ensorcelante. Enfin, le chœur accentus, sous la direction de <strong>Richard Wilberforce</strong>, brille avec la précision et l’enthousiasme qu’on lui connaît.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>La mise en scène de <strong>Thomas Jolly</strong> reprend l’aspect physique, immédiatement tangible de cette proposition et investit tout l’espace scénique visible, jusqu’au plafond, dans lequel les personnages déambulent sans repères temporels ou spatiaux. Toutefois, les surfaces portent les cicatrices d’une vie antérieure qui est comme calcinée. D’immenses arbres morts, sur lesquels les Sœurs se tiennent tels des vautours, d’anciennes demeures décaties, des façades déchirées par des traces de lumière rouge. Les décors de <strong>Bruno de Lavenère</strong> sont constamment en mouvement et se tournent parfois vers le public d’une manière menaçante. Tandis que les lumières conçues par <strong>Antoine Travert</strong> sont indirectes, comme si une lueur émanait des objets au lieu de les éclairer de l’extérieur. Jolly parle d’un véritable «&nbsp;vocabulaire&nbsp;» lumineux. Cependant, l’ombre est omniprésente, encadrant une lumière négative à l’image de l’intrigue. Cette stylisation distingue aussi les costumes de<strong> Sylvette Dequest</strong>, qui semblent réaliser un dégradé de couleurs : Macbeth, Lady Macbeth, le Spectre et l’Enfant tout de blanc vêtus et maquillés, le chœur et les figurants entre habits gris et soutanes rouges, les musiciens de scène en noir. Un certain clin d’œil à l’esthétique de Robert Wilson se manifeste encore davantage dans l’apparence du Portier, pierrot grotesque aux cheveux roux, ou d’Hécate, sorte de caricature d’un célèbre portrait d’Élisabeth I<sup>ère</sup>,</p>
<p>Le public accueille très favorablement cette création française que le nouveau directeur de l’Opéra-Comique, Louis Langrée, inscrit à juste titre dans une longue tradition de la maison.</p>
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		<title>Questionnaire de Proust : le compositeur Pascal Dusapin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-le-compositeur-pascal-dusapin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Camille De Rijck]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Oct 2023 19:45:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Pascal DUSAPIN]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mon meilleur souvenir dans une salle d’opéra ? La première fois où j’y suis allé, (Wagner, j’avais 14 ans…) Mon pire souvenir dans une salle d’opéra ? La première fois où j’y suis allé (j’avais aussi 14 ans…) Le livre (/film) qui a changé ma vie ? Madame Bovary Mon plus grand moment de grâce &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Mon meilleur souvenir dans une salle d’opéra ?<br />
</strong>La première fois où j’y suis allé, (Wagner, j’avais 14 ans…)</p>
<p><strong>Mon pire souvenir dans une salle d’opéra ?<br />
</strong>La première fois où j’y suis allé (j’avais aussi 14 ans…)</p>
<p><strong>Le livre (/film) qui a changé ma vie ?<br />
</strong>Madame Bovary</p>
<p><strong>Mon plus grand moment de grâce face à une œuvre d’art.<br />
</strong>Les harmonies du vent entendues sur les rives de La Moselle quand j’avais 6 ou 7 ans…</p>
<p><strong>La ville où je me sens chez moi ?<br />
</strong>Paris</p>
<p><strong>La ville qui m’angoisse ?<br />
</strong>Paris</p>
<p><strong>Ce qui, dans mon pays, me rend le plus fier ?<br />
</strong>L’école gratuite, laïque et républicaine.</p>
<p><strong>Le compositeur dont je me sens le plus proche esthétiquement ?<br />
</strong>Mahler</p>
<p><strong>Mon pire souvenir de mise-en-scène ?<br />
</strong>Celle de mon opéra Passion au Festival d’Aix en 2008</p>
<p><strong>Si je pouvais apprendre un instrument du jour au lendemain, lequel serait-il ?<br />
</strong>Le piano enfin…</p>
<p><strong>Un opéra dont j’aurais voulu être le créateur ?<br />
</strong>L’Orfeo de Monteverdi</p>
<p><strong>Le chanteur du passé dont l’écoute m’a le plus appris ?<br />
</strong>Maria Callas</p>
<p><strong>Le chanteur du présent que je trouve d’une générosité rare ?<br />
</strong>Joyce DiDonato</p>
<p><strong>Mon plus grand moment d’embarras ?<br />
</strong>Par chance je ne m’en souviens plus…</p>
<p><strong>Si j’étais un personnage de Disney ?<br />
</strong>Pluto (même si au fond, j’ai un faible pour le grand méchant loup…)</p>
<p><strong>Le compositeur auquel j’ai envie de dire “mon cher, ta musique n’est pas pour moi” ?<br />
</strong>Jamais je ne dirai çà d’un compositeur…</p>
<p><strong>Ma personnalité historique préférée.<br />
</strong>Spinoza</p>
<p><strong>Si j’étais une pièce ou un livret d’opéra ?<br />
</strong>Je ne comprends pas la question…</p>
<p><strong>Ma devise<br />
</strong>Plus jamais !</p>
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		<title>Jarrett Ott récidive à Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/jarrett-ott-recidive-a-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Sep 2023 05:16:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après des débuts remarqués à l’Opéra de Paris où il avait remplacé au pied levé Jacques Imbrailo dans Iphigénie en Tauride en ouverture de la saison 2021-22, le baryton américain Jarrett Ott s’apprête à récidiver à l’Opéra Comique. Il remplacera Jean-Sébastien Bou, forfait dans le rôle-titre de la création française de Macbeth Underworld. Cette fois, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après des débuts remarqués à l’Opéra de Paris où il avait remplacé au pied levé<strong> Jacques Imbrailo</strong> dans <em>Iphigénie en Tauride</em> en ouverture de la saison 2021-22, le baryton américain <strong>Jarrett Ott</strong> s’apprête à récidiver à l’Opéra Comique. Il remplacera<strong> Jean-Sébastien Bou,</strong> forfait dans le rôle-titre de la création française de <em>Macbeth Underworld</em>. Cette fois, l’enjeu est tout autre. Le baryton connaissait et le rôle et la production de Krzysztof Warlikowki qu’il avait interprétés à Stuttgart. Pour <em>Macbeth Underwolrd</em>, il dispose de cinq semaines pour apprendre et incarner un rôle dantesque avant le début des répétitions, le personnage étant en scène pendant la quasi-totalité de l’œuvre (1h45 sans entracte). La première du spectacle aura lieu le 6 novembre prochain.</p>
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		<title>DUSAPIN, Macbeth Underworld — Bruxelles (La Monnaie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/macbeth-underworld-streaming-bruxelles-la-monnaie-sinistre-bouffonnerie-sanguinolente-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 May 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Macbeth Underworld est une commande, passée conjointement en 2016, par l’Opéra Comique et le Théâtre Royal de la Monnaie où elle a été créée le 20 septembre 2019. L’œuvre s’est élaborée au rythme de l’écriture musicale, dans une étroite collaboration entre les créateurs.  À l&#8217;invite de Pascal Dusapin, respectant sa volonté de toujours utiliser la langue &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Macbeth Underworld</em> est une commande, passée conjointement en 2016, par l’Opéra Comique et le Théâtre Royal de la Monnaie où elle a été créée le 20 septembre 2019. L’œuvre s’est élaborée au rythme de l’écriture musicale, dans une étroite collaboration entre les créateurs.  À l&rsquo;invite de <strong>Pascal Dusapin</strong>, respectant sa volonté de toujours utiliser la langue de son sujet, c’est l’écrivain et traducteur<strong> Frédéric Boyer </strong>qui a écrit le livret en anglais. Puis, dès 2017, sur la recommandation de l’Opéra Comique, <strong>Thomas Jolly</strong>, dont les spectacles ont révolutionné l’approche de Shakespeare au XXIe siècle, a été sollicité comme metteur en scène.</p>
<p>Arrivés dans l’outre-monde, Macbeth et son épouse revivent leur folie meurtrière. S’agitant autour d’eux : trois sœurs bizarres (the Weird Sisters) que Pascal Dusapin a rendu plus ensorcelantes que sorcières, le Spectre de Banquo, le Portier du château ou des enfers&#8230; Quant à l’enfant fantasmé du couple, il vient, lui aussi, harceler ses parents. Nous sommes en plein accord avec <a href="https://www.forumopera.com/macbeth-underworld-bruxelles-la-monnaie-noirs-delires">le compte-rendu de Benoit Jacques</a> pour dire tout le bien que nous pensons de la qualité musicale, des interprètes avec l’indispensable <strong>Georg Nigl</strong> dans le rôle-titre. L’inventivité de cette mise en scène fluide en symbiose avec la musique tient en haleine pendant près de deux heures.</p>
<p>Dans la notice de la partition, Pascal Dusapin a écrit : « <em>Macbeth est fou ; mais je ne suis pas sûr d&rsquo;avoir raison. Je pense que c&rsquo;est le monde qui est fou et que Macbeth est ce que le monde fait de lui</em>. » Comme par hasard, quelques mois après le triomphe de cette sinistre bouffonnerie sanguinolente à Bruxelles au Théâtre de la Monnaie, voici que la création française programmée de longue date tombe en rade dans un monde déboussolé par une pandémie galopante.</p>
<p>Pour l’heure, les quatre représentations à l’Opéra Comique du 25  au 31 mars et les deux spectacle prévus à l’Opéra de Rouen (co-producteur) les 12 et 14 mai, sous la direction musicale de <strong>Frank Ollu</strong>, avec <strong>Katarina Bradic</strong> en Lady Macbeth, dont nous devions rendre compte n’ont pas pu avoir lieu. En attendant la réouverture des théâtres et leur éventuel report, <a href="https://youtu.be/XwCo7VARZlQ">le streaming de Bruxelles</a> est un substitut dont il faut nous contenter. <a href="https://www.youtube.com/watch?v=XwCo7VARZlQ&amp;feature=emb_err_watch_on_yt">https://www.youtube.com/watch?v=XwCo7VARZlQ&amp;feature=emb_err_watch_on_yt</a></p>
<p>&gt;&gt; <a href="https://www.forumopera.com/macbeth-underworld-bruxelles-la-monnaie-noirs-delires">Lire le compte rendu détaillé de Benoît Jacques</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Incident à La Monnaie : les tournettes ont (brièvement) raison de Macbeth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/incident-a-la-monnaie-les-tournettes-ont-brievement-raison-de-macbeth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Camille De Rijck]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Sep 2019 17:03:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le dispositif scénique imaginé par Thomas Jolly pour le Macbeth Underworld de Pascal Dusapin est d’un luxe visuel rare. La forêt, la chambre à coucher des époux, les murs du château tournicotent, se décomposent et reprennent forme sous l’œil du spectateur. Ce dimanche pourtant, une panne de tournettes a enrayé le processus : Magdalena Kozena &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le dispositif scénique imaginé par Thomas Jolly pour le <i>Macbeth Underworld</i> de Pascal Dusapin est d’un luxe visuel rare. La forêt, la chambre à coucher des époux, les murs du château tournicotent, se décomposent et reprennent forme sous l’œil du spectateur. Ce dimanche pourtant, une panne de tournettes a enrayé le processus : Magdalena Kozena et Georg Nigl étant restés enlacés au centre de la scène, dans leur lit de velours noir, alors qu’ils auraient dû glisser nonchalamment côté jardin avant d’être soustraits à nos yeux. C’est la panne. Le rideau noir est baissé, Alain Altinoglu termine sa phrase orchestrale et le directeur de production entre dans la salle pour tenter d’expliquer l’incident dans deux des trois langues nationales. Quelques minutes plus tard, le spectacle reprend sur cette saillie du chef : « vous aurez remarqué, bien sûr, que nous nous sommes arrêtés à la mesure 213 de la troisième scène. Nous allons donc reprendre à la mesure 214 ». Notons que cette interruption involontaire, dans un drame aussi touffu, apparaît comme une respiration totalement opportune.</p>
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		<item>
		<title>DUSAPIN, Macbeth Underworld — Bruxelles (La Monnaie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/macbeth-underworld-bruxelles-la-monnaie-noirs-delires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Benoît Jacques de Dixmude]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Sep 2019 21:05:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La création d’un nouvel opéra reste un événement qui ne manque jamais de susciter l’émoi dans la lyricosphère. Quand le compositeur qui doit donner naissance à cette nouvelle contribution au répertoire lyrique s’appelle Pascal Dusapin, les attentes prennent encore plus d’ampleur et se nourrissent de tous les bruissements qui entourent la gestation du nouveau projet. &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/macbeth-underworld-bruxelles-la-monnaie-noirs-delires/"> <span class="screen-reader-text">DUSAPIN, Macbeth Underworld — Bruxelles (La Monnaie)</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La création d’un nouvel opéra reste un événement qui ne manque jamais de susciter l’émoi dans la lyricosphère. Quand le compositeur qui doit donner naissance à cette nouvelle contribution au répertoire lyrique s’appelle <strong>Pascal Dusapin</strong>, les attentes prennent encore plus d’ampleur et se nourrissent de tous les bruissements qui entourent la gestation du nouveau projet. A plusieurs reprises, Dusapin a brillamment démontré que son talent s’épanouit pleinement dans une forme aussi polymorphe que l’opéra : ses affinités avec la littérature ont déjà produit 7 opéras, dans trois langues différentes, et il ne manque jamais de s’investir personnellement dans la rédaction du livret. Sa palette d’orchestrateur se renouvelle constamment et témoigne de sa curiosité, tant pour l’électronique que pour le cymbalum ou l’archiluth. <a href="https://www.forumopera.com/actu/pascal-dusapin-macbeth-est-il-fou-cest-le-monde-qui-est-fou-macbeth-est-ce-que-le-monde-fait-de">Camille De Rijck a recueilli les explications</a> du compositeur sur la genèse de <em>Macbeth Underworld </em>et sur la connivence qui l’unit à <em>son </em>chanteur Georg Nigl. </p>
<p>Adepte convaincu du travail en équipe, Dusapin s’est assuré la collaboration de deux créateurs aussi polyvalents que lui, mais qui ont déjà prouvé leur profonde connaissance du grand barde anglais. <strong>Frédéric Boyer</strong>, romancier, poète, homme de théâtre, éditeur et traducteur, est familier de Shakespeare dont il a traduit le théâtre et les sonnets. Le courant est parfaitement passé entre le compositeur et lui pour élaborer livret et musique en interaction constante. Les deux hommes se sont d’ailleurs promis de se lancer très vite dans un nouveau projet commun. Pour la mise en scène, ils se sont tournés vers un jeune talent, l’acteur <strong>Thomas Jolly</strong> qui a porté à la scène les trois parties de la pièce-fleuve de Shakespeare, <em>Henry VI</em>, un marathon de 18 heures ! Il n’avait jusqu’ici signé que deux mises en scène d’opéra, toutes deux saluées sur ce site : <a href="https://www.forumopera.com/fantasio-paris-chatelet-resurrection-triomphale-dun-chef-doeuvre"><em>Fantasio </em>d’Offenbach</a> et <a href="https://www.forumopera.com/eliogabalo-amsterdam-la-victime-est-si-belle-et-le-crime-est-si-gai"><em>Eliogabalo </em>de Cavalli</a>. Il vient en outre d’être nommé directeur du Quai-Centre dramatique national d’Angers. Si on adjoint à cette équipe le talent musical d’Alain Altinoglu, familier de l’oeuvre de Dusapin, on réalise que la création de ce 20 septembre se présentait sous les meilleurs auspices.</p>
<p>La pièce, conçue en un prologue et huit chapitres, nous emmène dans une double temporalité : dans un monde parallèle ou onirique, les protagonistes revivent et ressassent en boucle leurs méfaits, et en même temps les grands moments de ce drame sont décrits l’un après l’autre. Le tout se déroule dans une continuité totalement fluide, grâce au dispositif scénique subtil et brillant de<strong> Bruno de Lavenère</strong> et aux lumières d’<strong>Antoine Travert</strong>. Dès le prologue jusqu’au noir final, la scène propose constamment d’autres tableaux, par le biais de rotations de tout ou partie des éléments de décor. Durant tout le spectacle, près de deux heures d’une seule traite, on a l’impression de ne jamais voir le même décor. Les éléments qui pivotent sur eux-mêmes ou s’emboîtent évoquent les rouages d’une horloge qui avance inexorablement ou remonte le temps pour repasser encore et toujours les crimes monstrueux du couple Macbeth. Les diverses structures du décor appartiennent à la nature – essentiellement des arbres morts –  ou esquissent des bâtiments, nous ramenant au monde des humains. Les lumières nous maintiennent sans surprise dans un univers sombre et nocturne. Mais ici aussi les atmosphères évoluent constamment et subtilement, changeant parfois au rythme de la musique, apportant une touche de rouge ou transperçant les structures pour nous éblouir. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="300" src="/sites/default/files/styles/large/public/macbeth_underworld_g._nigl_macbeth_m._kozena_lady_macbeth_c_baus.jpg?itok=4ghZxBn8" title="© Baus" width="468" /><br />
	© Baus</p>
<p>La partition soutient parfaitement le déroulement inexorable de la pièce, nourrie de noirceur et baignée de folie. De longues notes tenues constituent le fil sur lequel le texte et le drame progressent, mais de nombreux événements viennent rompre la longue progression vers le paroxysme final. Dusapin apporte quelques couleurs spécifiques à son orchestre : un archiluth nous renvoie à Dowland et crée des intermèdes plus intimes, un orgue soutient de ses longs accords et par ses multiples registres colorie et dynamise quand il le faut. Enfin les percussions nous surprennent par des nouvelles sonorités inouïes et contribuent aux ruptures. Certains des instruments proviennent de la collection personnelle du compositeur. </p>
<p>Pour donner vie à la pièce, huit chanteurs : il y a le couple maudit, Macbeth et Lady Macbeth, un Spectre, le Portier, un Enfant et les <em>Three Weird Sisters</em>, qui nous renvoient aux sorcières de <em>Macbeth</em>. <strong>Georg Nigl</strong> confirme en tous points l’admiration que lui porte Dusapin. Il habite le personnage de Macbeth en montrant tous ses états d’âme, de l’arrogance violente aux doutes et aux remords. La voix est superbe dans tous les registres et rivalise sans outrance avec les éclats de l’orchestre. Présent dans toutes scènes, Nigl crée de manière totalement convaincante un rôle très lourd, exigeant tant pour le chanteur que pour l’acteur. On n’attendait pas <strong>Magdalena Kožená </strong>en Lady Macbeth, et le pari n’est pas totalement gagné. Elle reste touchante en proposant une femme ambitieuse, capable de violence effrayante, mais aussi aimante. Pourtant son texte n’est guère intelligible et son registre grave manque de volume, alors même que le rôle a été spécialement écrit pour elle. Le Spectre, celui de Banquo ou de Macduff, veille à rappeler à Macbeth la manière dont il a conquis son pouvoir. C’est la basse islandaise <strong>Kristinn Sigmundsson</strong> qui assure avec talent ce rôle et sa voix puissante et bien timbrée nous renvoie efficacement au monde spectral, cher à Shakespeare. Autre figure allusive, l’Enfant intervient au début à la fin de la pièce, évoquant tant une éventuelle maternité de Lady Macbeth que l’un des crimes dont les époux ensanglantés ont parsemé leur route. Ce rôle est chanté en alternance par deux jeunes filles issues de la Maîtrise de la Monnaie. <strong>Naomi Tapiola</strong> a eu le privilège de le créer, avec ce délicat mélange de fragilité et de pureté angélique qui vous touche de manière irrésistible. <strong>Graham Clark</strong> apporte la touche <em>british </em>indispensable pour rendre pleinement justice à la saveur incomparable de l’idiome shakespearien, si truculent, si riche de musicalité poétique. Il tient le rôle d’Hécate dans le Proloque et surtout celui du Portier, une sorte de bouffon qui perpétue le suave mélange de drame et de dérision qui peuple l’œuvre du barde anglais. Sa voix de ténor, d’un métal bien trempé, convient parfaitement au personnage parfois grinçant imaginé par Dusapin et Boyer. Les <em>Three Weird Sisters </em>enfin, représentent ici les trois sorcières, celles chez qui Macbeth veut absolument entendre son destin, ou plutôt la destinée qu’il espère pour lui, quitte à ne pas lire la réalité des oracles. Ici, ce sont elles qui mènent la danse, présentes dans plus de la moitié des chapitres. Etant « sœurs bizarres », Dusapin leur a réservé l’écriture la plus exigeante, d’une virtuosité comparable à celle de <em>Penthesilea* </em>ou de <em>Medeamaterial</em>. Le défi est relevé haut la main par <strong>Ekaterina Lekhina, Lilly Jorstad et Christel Loetzsch</strong> dont les entrelacs pyrotechniques ponctuent un jeu de scène très physique.<br />
	Finalement, le fait de considérer l’histoire des Macbeth dans une espèce de flashback les rend presque pathétiques : durant toute la pièce, on les voit soit pris d’un remords qui mène au suicide, soit sombrant dans la folie, car incapables de supporter le poids de leurs crimes.</p>
<p>Dans la fosse <strong>Alain Altinoglu </strong>mène avec une belle rigueur l’Orchestre Symphonique de la Monnaie, en très grande forme, maintenant une tension constante dans la ligne de conduite, tout au long d’une prestation très exigeante. Belle mention également pour le chœur des femmes, qui prolongent avec justesse le trio des sorcières.</p>
<p>En conclusion, le répertoire lyrique compte maintenant une nouvelle version du <em>Macbeth </em>de Shakespeare, une version pleinement réussie, orginale dans son approche, riche de multiples niveaux de lecture et qui restitue avec un profond respect l’inépuisable univers de William Shakespeare. La Monnaie réussit en fanfare sa rentrée placée sous le signe de la double création, puisque la semaine prochaine, le 25 septembre, sera créée une autre commande :<em> Le Silence des Ombres</em> de Benjamin Attahir. Et dans quelques mois, les spectateurs parisiens découvriront à leur tour l&rsquo;œuvre de Pascal Dusapin, co-commandée par l&rsquo;Opéra Comique. Et en mai prochain, ce sera au tour de l&rsquo;Opéra de Rouen Normandie d&rsquo;accueillir cette production pour deux dates.</p>
<p>* L&rsquo;enregistrement réalisé par Alain Altinoglu vient de sortir chez Cyprès </p>
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