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	<title>Marnie - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Marnie - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>En direct du Met, Marnie crève l&#8217;écran</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/en-direct-du-met-marnie-creve-lecran/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Nov 2018 04:46:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Saluons tout d’abord l’initiative du Metropolitan Opera qui a retransmis dans les cinémas une création contemporaine et réjouissons-nous de constater que, sans être comble, la salle où nous nous trouvions était fort bien remplie, pas moins en tout cas que pour nombre d’opéras familiers du répertoire. C’est à la dernière représentation de Marnie que le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Saluons tout d’abord l’initiative du Metropolitan Opera qui a retransmis dans les cinémas une création contemporaine et réjouissons-nous de constater que, sans être comble, la salle où nous nous trouvions était fort bien remplie, pas moins en tout cas que pour nombre d’opéras familiers du répertoire. C’est à la dernière représentation de <em>Marnie</em> que le Met nous a conviés, une coproduction avec l’English National Opera de Londres où l’œuvre a été créée en 2017. Pour les cinéphiles, <em>Marnie</em> est le titre original d’un film d’Alfred Hitchcock sorti en 1964 et adapté d’un roman de Winston Graham paru trois ans plus tôt. Le cinéaste avait transposé l’action aux Etats-Unis et modifié les rouages de l’intrigue, en revanche le livret de <strong>Nicholas Wright</strong> est davantage fidèle au roman. Ainsi l’époux de Marnie, Mark Rutland a un frère au comportement ambigu et non pas comme dans le film une belle-sœur amoureuse de lui en secret et jalouse. Les origines de la névrose de Marnie, kleptomane et frigide, sont tout à fait différentes, quant à sa mère loin de s’être sacrifiée pour sa fille, elle est ici un personnage négatif et nuisible.</p>
<p>Pour sa deuxième collaboration avec le Met, <strong>Nico Muhly</strong> propose une partition à l’orchestration épurée, dans laquelle on devine l’influence de Philip Glass avec qui il a longtemps collaboré mais aussi de John Adams. Quant au traitement des chœurs il n’est pas sans évoquer le Britten de<em> Peter Grimes</em>.</p>
<p>Au pupitre, <strong>Robert Spano</strong> qui effectue des débuts tardifs au Met, propose une direction équilibrée et limpide mais non dénuée de théâtralité.Si dans <a href="https://www.forumopera.com/marnie-metropolitan-opera-new-york-tout-ca-pour-ca">sa critique</a>, Marceau Ferrand, présent dans la salle le 19 octobre, a pu constater un certain manque d’imagination dans le travail de <strong>Michael Mayer</strong>, au cinéma le ressenti était tout autre, sans doute grâce aux nombreux gros plans qui témoignent d’un travail approfondi sur les expressions du visage et ce qu’elles révèlent des émotions des personnages. Jamais libre, Marnie est sans cesse poursuivie tantôt par ses autres identités figurées par des clones portant des robes aux teintes vives tantôt par un groupe d’hommes qui semblent la surveiller sans cesse. Le résultat est saisissant. La succession rapide des scènes voulue par le compositeur, notamment au premier acte, se traduit sur l’écran par une série de plans qui défilent à un rythme accéléré tout à fait cinématographique. Des panneaux coulissants permettent des changements de décor à vue tandis que les costumes, les robes des différentes Marnie notamment, évoquent les années cinquante.</p>
<p><strong>Isabel</strong> <strong>Leonard</strong> incarne magistralement son personnage. Dotée d’une élégance naturelle et d’un timbre pulpeux, elle semble ressusciter sur l’écran les blondes héroïnes d’Hitchcock dont elle a la classe et le physique, sans parler du chignon à la Kim Novak dans <em>Vertigo</em>. On saluera l’autorité et l’engagement de <strong>Christopher Maltman,</strong> la performance saisissante de <b>Iestyn Davies</b> en frère sournois et envieux et le chant agressif et mordant de <strong>Denyce Graves</strong>.</p>
<p>Le samedi 15 décembre le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live une nouvelle production de <em>La Traviata</em> avec Diana Damrau et  Juan Diego Flórez dans les rôles principaux.</p>
<p>   </p>
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		<title>MUHLY, Marnie — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/marnie-metropolitan-opera-new-york-tout-ca-pour-ca/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marceau Ferrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Oct 2018 04:20:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec dix-huit solistes, un chœur imposant et une foule d’instruments supplémentaires pour un peu plus de deux heures de musique, les moyens déployés pour Marnie, ce « grand opéra » du XXIe siècle, paraissent bien démesurés face au résultat final. Cela tient avant tout au traitement du roman de Winston Graham, publié en 1961 et &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec dix-huit solistes, un chœur imposant et une foule d’instruments supplémentaires pour un peu plus de deux heures de musique, les moyens déployés pour <em>Marnie</em>, ce « grand opéra » du XXIe siècle, paraissent bien démesurés face au résultat final. Cela tient avant tout au traitement du roman de Winston Graham, publié en 1961 et mis en images par Alfred Hitchcock trois ans plus tard, qui raconte l’histoire d’une jeune femme mythomane, kleptomane et frigide, forcée d’épouser l&rsquo;homme qui l&rsquo;a démasquée. Ce dernier cherchera pourtant à la sauver en l’aidant à surmonter son traumatisme.</p>
<p>Si l’histoire de ce Pygmalion freudien offre de nombreuses possibilités dans son traitement, l’intrigue demeure foncièrement inadaptée à l’opéra, d’où cette succession inarticulée de scènes disjointes. Ce n’est sans doute pas un hasard si, pendant des siècles, les livrets étaient tirés de pièces de théâtre où l’aspect dramatique et l’enchaînement des scènes étaient déjà établis. Des opéras récents tels que<em> The Exterminating Angel </em>ou <em>The Tempest</em> de Thomas Adès s’inscrivent dans cette veine. Là où Hitchcock avait considérablement réduit le nombre de personnages et linéarisé l’intrigue, Nicholas Wright veut au contraire respecter fidèlement le roman d’origine. Malgré un texte plutôt plat, le livret contient de nombreux moments drôles et des répliques grinçantes sur la vie conjugale. Le librettiste, pour créer des ambiances, use du chœur qui égrène des bribes de phrases convenues comme autant de caricatures de la <em>high society</em> des années 50. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="329" src="/sites/default/files/styles/large/public/marn_1102a.jpg?itok=HdJTuH4y" title="Isabel Leonard (Marnie) Photo: Ken Howard / Met Opera" width="468" /><br />
	Isabel Leonard (Marnie) © Ken Howard / Met Opera</p>
<p>A 37 ans, <strong>Nico Muhly </strong>se pose en chef de file d’une nouvelle génération de compositeurs capables de jongler avec les genres. Après <em>Two Boys</em> créé en 2011, l’Américain répond à sa seconde commande du Metropolitan Opera et de <a href="https://www.forumopera.com/marnie-londres-eno-elina-makropoulos-chez-hitchcock">l’English National Opera</a>. Le compositeur affirme reprendre ici les formes anciennes tout en proposant quelque chose de « réellement nouveau ». Si Muhly assume son choix de ne pas inclure d’airs, il n&rsquo;obtient pas la fluidité du récit propre aux opéras sans numéros. Dans <em>Marnie</em>, les récitatifs s’enchaînent et se ressemblent, achevant de donner un caractère indifférencié aux scènes. L’innovation principale réside dans l’introduction de quatre doubles de Marnie qui viennent la hanter tout au long de l’opéra. Censées représenter les différentes personnalités et identités du personnage, elles finissent par constituer un chœur à part, sans vraiment participer à l’intrigue.</p>
<p>La partition est parcourue d&rsquo;une palpitation incessante de notes cristallines qui laisse transparaître l’influence de Philip Glass. Cette orchestration insaisissable ne trouve à s’accomplir que dans les grands ensembles. C&rsquo;est là que Muhly démontre sa maîtrise de la polyphonie. De manière générale, on constate la propension du compositeur à jouer avec des voix et instruments aux sons éthérés. Le piano, le célesta et le piccolo viennent ainsi répondre aux tessitures les plus aiguës – l’enfant, le contre-ténor et la soprano colorature, double de Marnie. L’intensité est trop continue tout au long de l’opéra. Des moments calmes sont étrangement dynamiques alors que de potentiels moments forts tombent rapidement à plat. La scène de la tentative de viol et de suicide qui s’ensuit, manque de violence et paraît bien trop apaisée.</p>
<p>La succession incessante de courts tableaux oblige <strong>Michael Mayer</strong> à recourir à un décor neutre fait de grandes cloisons pâles sur lesquelles viennent élégamment se déployer des images suggérant des atmosphères. Cette approche est hélas plus efficace dans les transitions que pour les scènes elles-mêmes, qui deviennent rapidement figées, sans intensité. Malgré un début très enthousiasmant, avec une succession de portraits montrant Marnie sous ses différentes apparences, l’utilisation de ciels nuageux tout au long de l’opéra laisse poindre un certain manque d’imagination. Rapidement se dégage l’impression que le metteur en scène souhaite produire des effets cinématographiques sans en avoir les moyens. A trop vouloir singer le cinéma, on tombe dans le ridicule, notamment lors de la scène de chasse, figurée par une ombre de cheval au galop projetée en arrière-plan et chorégraphiée par une ribambelle de danseurs superflus. Le choix du jaune pour la majorité des vêtements de Marnie n’est sans doute pas un hasard tant cette couleur est historiquement associée à la duplicité, au mensonge et à la traîtrise.</p>
<p><strong>Isabel Leonard</strong>, qui effectue régulièrement des excursions dans le répertoire contemporain, relève magistralement le défi de cette création nord-américaine et s’illustre par son timbre riche, des aigus brillants et un engagement théâtral fort. Son personnage, à la fois farouche et fragile est malheureusement desservi par cette partition inégale : en dehors de quelques vocalises élégantes, le compositeur ne laisse à Marnie que des récitatifs hachés requérant une tessiture impossible. Pire, cette impression d’impénétrabilité du personnage qui ne dit rien, n’exprime rien empêche une caractérisation mémorable. Mari violent mais désespérément amoureux, Frank Rutland est impeccablement interprété par <strong>Christopher Maltman</strong> au sommet de ses moyens. </p>
<p>Sans doute peu habitué aux contre-ténors – absence du répertoire baroque au Met oblige –, le public éclate de rire après les premières répliques de <strong>Iestyn Davies</strong>. Le Britannique incarne un frère perfide et manipulateur aux paroles fielleuses et à l’innocence feinte. Son air du deuxième acte est sans doute un des passages les plus aboutis de l’opéra. <strong>Denyce Graves</strong> excelle dans le rôle de la mère infanticide et déploie une voix effrayante de puissance et de méchanceté.<strong> Janis Kelly</strong> est parfaite en mère bourgeoise ridicule, malgré un personnage peu essentiel. <strong>Gabriel Gurevich</strong>, l’enfant, est peut-être la plus belle découverte de cette soirée. Ses quelques répliques, malgré leur simplicité apparente, sont magnifiques de pureté et de candeur. Le chœur du Metropolitan Opera illustre magnifiquement les passages flottants qui parsèment l’œuvre et s’affirme comme le pilier de la représentation. Après vingt ans à la tête du Atlanta Symphony, la carrière de <strong>Robert Spano</strong>, 57 ans, semble enfin prendre son envol. Le chef américain sait faire ressortir la brillance de cette partition inégale tout en tâchant de mettre en valeur ses rares moments dramatiques.</p>
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		<title>MUHLY, Marnie — Londres (ENO)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/marnie-londres-eno-elina-makropoulos-chez-hitchcock/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Nov 2017 03:25:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>D’un bon livret naît un bon opéra. Pas toujours mais bon. Une des martingales des compositeurs ces dernières années consiste à aller puiser dans une double source : le cinéma et le romanesque, comme en témoignent Brokeback Mountain et Notorious. En cela Marnie, le dernier né du jeune et talentueux Nico Muhly ce samedi 18 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>D’un bon livret naît un bon opéra. Pas toujours mais bon. Une des martingales des compositeurs ces dernières années consiste à aller puiser dans une double source : le cinéma et le romanesque, comme en témoignent <a href="https://www.forumopera.com/dvd/brokeback-mountain-manifeste-pour-la-creation"><em>Brokeback Mountain</em></a> et <a href="https://www.forumopera.com/notorious-goteborg-tuer-le-pere"><em>Notorious</em></a>. En cela <em>Marnie</em>, le dernier né du jeune et talentueux Nico Muhly ce samedi 18 novembre à l’English National Opera, coche toutes les cases. Le livret s »inspire à à la fois du roman du même nom de Winston Graham (1961) et de son adaptation cinamatrographique par Alfred Hitchock (1964). Il narre les multiples identités d’emprunt de Marnie, une escroc hantée par son passée (quatre ombres la poursuivent), d’un drame familial fondateur en passant par la litanie de ses larcins, qui l’enferment de plus en plus dans le mensonge. Prise la main dans le sac, elle sera contrainte au mariage avec Mark Rutland, une de ses victimes éprises d’elle. Sa lente descente aux enfers ne sera stoppée que par la mort de sa mère et la révélation de sa fausse culpabilité initiale, celle-là même qui l’avait entraînée dans le crime. Alors qu’on lui passe les menottes, Marnie peut enfin dire « <em>je suis libre</em> ». Cette histoire, qui rappelle Elina Makropoulos et ses identités multiples aux mêmes initiales, offre tout ce qu’il faut de situations dramatiques et croque rapidement des personnages consistants : la vie de bureau, la vie intime, les réceptions, la belle-mère autoritaire, la mère grabataire, le beau-frère playboy etc.</p>
<p>	Seule difficulté, l’écriture cinématographique &#8211; qui enchaîne lieux, moments et personnages &#8211; oblige <strong>Michael Mayer</strong> et son équipe scénique à opter pour un dispositif fait de panneaux coulissants, sous peine de changement incessant de décors et d’interruption du flot musical. Ces panneaux sont autant de pages blanches sur lesquelles <strong>Julian Crouch</strong> et son collectif <strong>59 Productions Ltd</strong> projettent des vidéos et animations qui s’érigent en décors et ambiances. La réalisation est irréprochable, efficace et élégante : les changements à vue se font avec une fluidité étonnante. Pourtant, à force, on se lasse et on regrette que ces tours de passe-passe nuisent à la caractérisation des personnages, parachutés au milieu de l’action. Autre regret, et c’est quasi systématique lors de créations mondiales, la mise en scène reste illustrative et se garde bien de tout angle de lecture. Ainsi Marnie pourrait être ou folle ou parfaitement retorse ; le beau-frère, éperdument amoureux ou juste pervers et lubrique ; la mère, entêtée à vouloir rejeter la faute sur sa fille ou bien pénitente à l’approche de la mort : ici l’on n&rsquo;en sait rien et l’on se contente de suivre l&rsquo;enchaînement des scènes en les survolant.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/eno_marnie_cast_15_c_richard_hubert_smith-x2.jpg?itok=VPL9QmqQ" title="© Richard Hubert-Smith" width="468" /><br />
	© Richard Hubert-Smith</p>
<p>C’est d’autant plus dommage que l’écriture de Nico Muhly dépasse la filiation évidente qu’elle entretient principalement avec John Adams et, par moments, avec Philippe Glass, pour entrer dans une vraie richesse de ressources propre à épaissir la psychologie des personnages. Solos instrumentaux, formation chambriste, passage a capella… le compositeur ne refuse aucune couleur de la palette et les emploie avec justesse en fonction de la situation dramatique. Il n’en demeure pas moins quelques longueurs, notamment au deuxième acte ou encore pendant tout le final qui retombe dans les travers peu novateurs des inspirateurs américains suscités. L’orchestre chatoie comme il faut pourtant sous la baguette de son directeur musical <strong>Martyn Brabbins</strong>. Les ambiances s’épanouissent et la scansion des scènes vient au soutien des chanteurs.</p>
<p>	En comparaison de la partie orchestrale, l’écriture vocale de Nico Muhly reste bien plus conventionnelle, ce qui ne l’empêche pas de servir particulièrement bien le rôle de mezzo dévolu à Marnie. <strong>Sasha Cooke</strong> magnétise pendant toute la soirée et épouse les traits troubles de son personnage caméléon. Pourtant l’on se demande si la tessiture de Marnie, plutôt tendue pour un mezzo, lui convient tout à fait, elle qui est plus souvent employée dans des rôles proches du contralto. <strong>Daniel Okulitch</strong> se fait désormais une spécialité de réussir les créations de rôle. Après Ennis del Mar de <em>Brokeback Mountain</em>, le voici vocalement et scéniquement convaincant en Mark Rutland, personnage à cheval entre l’amant romantique et le psychopathe. Une folie que<strong> James Laing</strong> (Terry le frère playboy et séducteur) trouve immédiatement dans les étrangetés de son timbre et dans l’hybris associé par convention à la voix de contreténor. Celle, noire, de <strong>Kathleen Wilkinson</strong> (la mère de Marnie) inquiète dès sa première scène. On retrouve avec émotion <strong>Diana Montague</strong> en Lucy, l’amie de la famille. Elle hérite de deux scènes clés où son métier fait mouche : une lecture de lettre (un peu sur le modèle de celle de<em> Pelléas</em>) et la révélation finale de l’innocence de Marnie dans la mort de son frère. Les chœurs et le reste de la distribution, notamment la furieuse belle mère de <strong>Lesley Garrett</strong> ou le falot Mr Strutt de <strong>Alaisdair Elliot</strong> ne dépareillent pas dans cette œuvre personnelle sans être novatrice, invitée au Metropolitan Opera dès l’automne 2018. </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/marnie-londres-eno-elina-makropoulos-chez-hitchcock/">MUHLY, Marnie — Londres (ENO)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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