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	<title>Matilde di Shabran - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 17 Oct 2023 15:29:45 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Matilde di Shabran - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Matilde di Shabran, ossia Bellezza e Cuor di ferro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/matilde-di-shabran-ossia-bellezza-e-cuor-di-ferro-echo-discographique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Jan 2021 08:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Loué soit Naxos ! Le label indépendant à vocation économique se fait depuis une dizaine d’année l’écho discographique du festival Rossini in Wildbad. Après Moïse, Le Siège de Corinthe, Guillaume Tell et quelques autres, voici venu le tour de Matilde di Shabran capté en juillet 2019 à la Trinkhalle. Qu’ajouter à l’excellent compte rendu in &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Loué soit Naxos ! Le label indépendant à vocation économique se fait depuis une dizaine d’année l’écho discographique du festival Rossini in Wildbad. Après <em><a href="https://www.forumopera.com/cd/moise-et-pharaon-ou-le-passage-de-la-mer-rouge-plouf">Moïse</a></em>, <em><a href="https://www.forumopera.com/cd/michael-spyres-sur-les-traces-dadolphe-nourrit">Le Siège de Corinthe</a></em>, <em><a href="https://www.forumopera.com/cd/guillaume-tell-en-version-originale">Guillaume Tell</a></em> et <a href="https://www.forumopera.com/liste-cd-dvd-livres/label/naxos-3338/compositeur/rossini-gioachino-25">quelques autres</a>, voici venu le tour de <em>Matilde di Shabran</em> capté en juillet 2019 à la Trinkhalle.</p>
<p>Qu’ajouter à <a href="https://www.forumopera.com/corradino-cuor-di-ferro-ossia-matilde-di-shabran-bad-wildbad-une-version-romaine">l’excellent compte rendu <em>in loco</em> de Maurice Salles</a>, fidèle une fois encore au rendez-vous rossinien ?</p>
<p>Redire les mérites d’une œuvre, ici dans sa version originale, injustement méconnue, <em>semiseria</em>, entre rire et larmes donc mais avec une approche différente du genre. A rebours d’une certaine tradition, la dimension bouffe ne se circonscrit pas à un ou deux personnages mais s’étend à l’ensemble des caractères, exception faite d’Edoardo et Raimondo, l’un et l’autre sérieux comme le pape qui gouvernait Rome lorsqu’y fut créé en 1821 <em>Matilde di Shabran</em>.</p>
<p>S’étonner une nouvelle fois de la longueur de la partition, restituée ici dans sa version originale avec les numéros composés par Pacini et les emprunts à <em>Ricciardo e Zoraide</em> qui gratifient Corradino d’un air en fin d&rsquo;ouvrage – Rossini les supprima quelques mois plus tard lors de la reprise napolitaine. « C’est plus long que Wagner ! » s’effarait notre voisine lors des <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/quand-juan-diego-rencontre-peretyatko">représentations de <em>Matilde</em> à Pesaro en 2012</a>.</p>
<p>Admirer la manière dont Rossini, fidèle à son habitude, rue dans les brancards de la convention en composant des ensembles à l’architecture complexe, qui prennent l’avantage sur des numéros de forme plus convenue et, à la suite de Maurice Salles, apprécier la manière dont le chef d’orchestre – <strong>José Miguel Pérez-Sierra</strong> – réussit avec le concours des musiciens du Passionart Orchestra l’édification de ces scènes monumentales, dût la vigueur du récit en pâtir. On voudrait les archets plus vifs, les bois plus fruités afin de mieux boire au goulot le vin généreux de l&rsquo;écriture et, ivre de rythme et de mélodie, s’étourdir de virtuosité grâce à quelques chanteurs dont on aurait tort de zapper le nom.</p>
<p><strong>Sara Blanch</strong> se situe effectivement parmi les meilleures interprètes de Mathilde aujourd’hui, fraîche comme un champ de roses après la pluie, en dépit de l’exigence et de la longueur du rôle, offrant dans « Tace la tromba altera » le bouquet final d’un feu d’artifice vocal, où l’audace stimulée par la précision redoutable de l’aigu rivalise avec l’imagination de l’ornementation.</p>
<p>La partie est moins évidente pour <strong>Michele Angelini</strong>, pénalisé par le souvenir de Juan-Diego Flórez, qui fut révélé à Pesaro en 1996 dans ce rôle de Corradino. Au disque, la carrure de rugbyman du ténor italo-américain ne vient pas au secours de la caractérisation. Demeurent en dépit de l’ingratitude du timbre et de quelques notes étranglées, le mérite de ne pas tricher et le courage d’oser, si souvent payant dans ce répertoire.</p>
<p>Regretter que l’air « Ah ! perché, perché la morte » ne soit pas dans cette version confiée à la voix de mezzo-soprano de <strong>Victoria Yarovaya</strong>, Edoardo mieux que convaincant, mais à la basse <strong>Shi zong</strong>, engoncée dans un chant trop raide pour épouser les contorsions rossiniennes.</p>
<p>Souligner pour ne pas finir sur une mauvaise note la qualité sonore de l’enregistrement, épouillé autant que possible des bruits parasites, auquel la clameur finale d’un public aux anges apporte le meilleur des satisfecit.</p>
<p> </p>
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		<title>ROSSINI, Matilde di Shabran — Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/corradino-cuor-di-ferro-ossia-matilde-di-shabran-bad-wildbad-une-version-romaine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jul 2019 04:16:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Enregistrer ce qui ne l’a pas encore été constituant un des moteurs du festival Rossini in Wildbad, voici venu le tour de Corradino cuor di ferro ossia Matilde di Shabran dans la version composée pour Rome. Le regretté Bruno Cagli a raconté par le menu les hauts et les bas des relations de Rossini avec &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Enregistrer ce qui ne l’a pas encore été constituant un des moteurs du festival Rossini in Wildbad, voici venu le tour de <em>Corradino cuor di ferro ossia Matilde di Shabran</em> dans la version composée pour Rome.</p>
<p>Le regretté Bruno Cagli a raconté par le menu les hauts et les bas des relations de Rossini avec les théâtres romains et comment l’opéra qu’il avait promis en septembre 1820 de livrer à temps pour l’ouverture de la saison de carnaval le 26 décembre fut représenté seulement le 24 février 1821. Entre changement de livret et de librettiste, et son arrivée très tardive à Rome à cause de retards pris à Naples – mais il avait envoyé un certificat médical de complaisance &#8211; Rossini dut se résoudre à demander l’aide de Giovanni Pacini, qui était alors à Rome, pour que l’œuvre puisse être représentée avant la fin du carnaval. Entre deux autocitations provenant de <em>Ricciardo et Zoraide – </em>un chœur de soldats, un récitatif et un air – trois interventions de Pacini – l’introduction de l’acte II avec chœur et récitatif, un trio et son récitatif, et un duo avec récitatif – l’œuvre put enfin affronter la scène. Même le virtuose Paganini fut partie prenante en remplaçant au pied levé le premier violon qui faisait office de chef d’orchestre, et c’est peut-être alors qu’il prit goût à diriger.</p>
<p>Pour qui ne connaît pas l’histoire, Corradino est un chevalier qui ne rêve que plaies et bosses. Misanthrope et misogyne il vit reclus dans son château dont l’accès est interdit sous peine de mort. S’il accepte de recevoir Matilde de Shabran c’est seulement en mémoire de son père, un grand guerrier mort à son service. Elle devrait trembler, or elle lui tient tête et il perd pied car l’improbable s’est produit : il est tombé sous son charme. Or au château réside déjà la comtesse d’Arco, que Corradino aurait dû épouser en vertu d’un pacte ancien, mais à la famille de laquelle il a promis de n’épouser personne qu’elle. La désinvolture de la nouvelle venue alarme la jalousie de la comtesse qui se sent menacée. De son côté Corradino veut comprendre ce qui lui arrive, ces émois inconnus, a-t-il été ensorcelé ? Le responsable est peut-être l’étranger qui se prétend poète et qu’il a fait enfermer ? Il le fait comparaître, le déclare coupable et le condamne à mort. Mais la belle Matilde surgit et perdant toute retenue il se jette à ses pieds sous le regard ébahi et goguenard des témoins. A ce moment une armée ennemie est signalée ; c’est le père d’Eduardo, jeune guerrier que Corradino retient prisonnier parce qu’il a refusé de s’humilier devant lui. A l’idée que son vieux père risque sa vie pour lui le jeune homme fond en larmes. L’intercession de Matilde en sa faveur rend Corradino furieux et la comtesse comprend que cette jalousie prouve que Matilde est en train de triompher.</p>
<p>La bataille a mal tourné pour le père dont les soldats se sont débandés, mais il a la joie de retrouver Eduardo, qui a été libéré, dit-il, sur l’intervention de Matilde. Or Corradino surgit : désormais il a la preuve que Matilde l’a trahi. De retour au château il en a confirmation par la lettre qu’on apporte à Matilde tandis qu’il l’interroge : Eduardo la remercie avec transport. La comtesse proclame haut et fort que sa rivale est coupable. Beaucoup en doutent, mais Corradino est résolu : Isidoro l’accompagnera sur une haute crête et la précipitera dans l’abîme, comme tous les criminels d’Etat. Pensif, il s’interroge : comment a-t-il pu faire confiance à une femme ? Isidoro vient rendre compte : mission accomplie. La comtesse exulte. Mais voici qu’Eduardo apparaît : il révèle que son geôlier a été payé par la comtesse qui voulait discréditer sa rivale. Désespéré Corradino décide alors d’aller se jeter à son tour dans le vide. Il va partir quand Eduardo revient avec Matilde : la mort, Isidoro la lui avait donnée seulement par métaphore. Se jetant à ses pieds, Corradino la supplie de le pardonner ; elle y consent pourvu qu’il ouvre son cœur à la bonté et qu’il cherche à faire la paix et non la guerre. La voir vivante et heureuse punira assez la comtesse. Matilde chante alors la victoire des femmes, « nées pour vaincre et régner ».</p>
<p>Qui a eu la patience de lire ce résumé sait maintenant combien ce livret baigne dans l’univers médiéval, avec ses forteresses closes, ses codes d’honneur, ses rapports de sujétion, ses superstitions. On nous croira sur parole si la transposition proposée, qui fait de Corradino un tycoon à la tête d’un journal dans des locaux ultramodernes entraîne maints hiatus avec le texte chanté. De surcroit, qui cela peut-il encore étonner ? En découvrant le décor, nous avons cru revoir le prisme insipide infligé à des <em>Nozze di Figaro.</em> En fond le vaste bureau vitré auquel le tyran accède par une cabine d’ascenseur à jardin et depuis lequel il surplombe et surveille l’espace ouvert où sont répartis les postes de travail de ceux qu’il domine, y compris le captif Eduardo, placé en retrait. Le même uniforme d’employé de bureau habillant les paysans et les soldats, comment les distinguer ? Sans doute s’agit-il de montrer jusqu’où s’étend la tyrannie, mais un peu de loufoquerie vestimentaire aurait introduit la drôlerie nécessaire à un mélodrame joyeux, autrement dit à une pièce comique. C’est bien là que le bât blesse dans ce spectacle où on ne rit pas. A se demander si l’œuvre a été bien comprise, quand on voit par exemple les « paysans », que les mises en garde du médecin auraient dû épouvanter, se mettre à voler dans les bureaux quand ils devraient voler au sens de prendre la fuite au plus vite. Ou quand Corradino, dont Matilde doit baiser la main en même temps qu’elle le dit, est dans son bureau et elle à l’avant-scène ; or elle joue alors la comédie, feint de pleurer, pour augmenter la confusion de sa proie. Le spectateur devrait le percevoir d’un coup d’œil et s’en amuser. Evidemment l’effet est perdu. Le traitement du personnage de la comtesse est pour le moins discutable : comment concevoir que cette femme suprêmement élégante est folle, comme l’a dit le médecin, sans quelque signe évident de sa bizarrerie ? Elle doit avoir quelque chose qui provoque le sourire, autre chose que les mimiques fort expressives de l’interprète. On est au théâtre, dans un univers loufoque, cela devrait se voir. Le parti-pris de l’élégance l’a malheureusement emporté sur la mise en évidence de la drôlerie.</p>
<p>Heureusement, si le théâtre n’est pas très bien servi, il en va tout autrement du chant et de la musique. L’efficacité et la musicalité des artistes du chœur de chambre Gorecki sont égales aux autres preuves qu’ils en ont donné. Tous les seconds rôles masculins sont vocalement à la hauteur de leur emploi. <strong>Julian Henao Gonzalez</strong>, stagiaire de l’Académie, est tour à tout le porte-parole des paysans et le chef des hommes d’armes sans fausse note. <strong>Ricardo Serguel</strong> est un gardien à la voix imposante, ce qu’il faut pour impressionner et décourager les importuns, puisque c’est le rôle de Ginardo. Isidoro, le poète affamé, doit avoir aussi de la voix puisqu’avant de s’improviser chantre des exploits de Corradino il va célébrer ses propres mérites et se faire la conversation dans un soliloque qui révèle à son insu ses ridicules. <strong>Giulio Mastrototaro</strong> a l’ampleur nécessaire pour donner de la consistance au personnage, mais probablement à cause de la mise en scène on perd beaucoup de sa cocasserie. Ginardo, le médecin du château, pardon, de l’entreprise, et d’abord de son maître, semble parfois conscient d’œuvrer sur les marges de la folie, qui l’a peut-être bien contaminé, et on regrette pour <strong>Emmanuel Franco </strong>qu’il n’ait pas eu plus de latitude pour exprimer son tempérament comique. Seul le rôle du père noble n’a aucun côté comique, et <strong>Shi Zong </strong>lui donne de sa voix profonde la noblesse et la tristesse qui conviennent.</p>
<p>Un seul rôle secondaire, chez les dames, celui de la Contessa d’Arco. La stagiaire <strong>Lamia Beuque, </strong>à la minceur de top model, lui prête un maintien de grande dame qu’elle n’outre jamais, et le personnage perd ainsi du sel qu’il pourrait avoir. Souvent reléguée au second plan, elle n’a guère l’occasion de faire apprécier son timbre velouté. Dans le rôle d’Eduardo le captif <strong>Victoria Yarovaya </strong>fait des étincelles, tant dans le récitatif avec cavatine du premier acte que dans le trio et le duo du second. Elle enchaîne vocalises, échelles, trilles, pour exprimer la fierté intacte du personnage fidèle aux valeurs morales de la chevalerie, avant de s’attendrir dans l’évocation de son vieux père et de repartir de plus belle dans les agilités et les ornements quand déborde la joie des retrouvailles. Seules quelques duretés dans les aigus initiaux trahissent probablement la fatigue.</p>
<p>Le rôle de Matilde est très exigeant, non seulement vocalement mais théâtralement. En effet elle vient affronter Corradino non en requérante, comme il le croit, mais en conquérante, comme elle l’annonce dans son air d’entrée : elle connaît assez ses armes de femme pour n’en pas douter. Et tout se passe en effet comme elle l’a prédit. Il faut donc à l’interprète tout à la fois assez de force vocale pour exprimer la détermination, et de douceur et de souplesse pour jouer la faiblesse, outre le bagage technique nécessaire à surmonter les passages ardus, une belle longueur de souffle et une extension dans l’aigu permettant les fusées qui ponctuent de façon péremptoire les péroraisons. <strong>Sara Blanch</strong> a tout cela, plus une aisance scénique constante, et comme de surcroît elle est favorisée d’un physique très gracieux sa Matilde réunit toutes les armes et se situe d’emblée parmi les meilleures interprètes du rôle.</p>
<p>Le Corradino de Juan Diego Florez émouvait parce qu’on voyait un très jeune homme plutôt frêle se guinder à être un homme féroce. Rien de tel avec <strong>Michele Angelini</strong>, dont le physique de rugbyman lui donne la carrure imposante d’un personnage effrayant. Du coup, il pourrait avoir, dans les scènes où Corradino exprime son désarroi devant les troubles inconnus qui le pénètrent, un côté comique très pertinent. Est-ce la direction d’acteurs, est-ce son choix, est-ce une limite du comédien, son Corradino semble avoir du mal à diversifier l’expression de ses sentiments assez visiblement pour que le spectateur s’en amuse. Le monolithe n’est qu’apparent, il s’effrite très vite, et si Corradino en est honteux, il ne doit pas aller se cacher dans son bureau, sinon on n’est plus au spectacle ! Heureusement les qualités vocales surprenantes accaparent ; si parfois la rapidité des tempi bouscule légèrement l’émission des aigus la majeure partie est émise en voix naturelle, d’autres en voix mixte et quelques-uns en falsetto suivant la pratique en vigueur à l’époque de la création, que le chanteur connaît certainement car il semble posséder un sérieux bagage musicologique. La souplesse et l’agilité sont remarquables et si le timbre n’a pas de séduction particulière les requis techniques sont au rendez-vous pour une exécution brillante.</p>
<p>Cet opéra occupe une place particulière dans les œuvres de Rossini. Composé alors que le musicien, pressé par le temps, aurait pu chercher à faire court, il se déploie par moments comme si le temps ne comptait pas, comme si rien d’autre n’avait d’intérêt que de déployer autant que possible la cellule musicale qu’il est en train de développer. Il a procédé ainsi avec <em>Maometto secondo </em>et il recommencera avec <em>Semiramide</em>. Cela donne naissance à ces morceaux, des ensembles, qui semblent autant d’univers et font croire, quand ils se terminent, à une conclusion alors qu’ils ne sont qu’une partie d’un ensemble plus grand. C’est dire que Rossini vise alors non seulement à écrire des compositions mais à édifier des structures, et elles vont devenir de plus en plus monumentales. Cette architecture, <strong>José Miguel Pérez-Sierra</strong> la perçoit parfaitement et tout son travail de chef d’orchestre est de la mettre en lumière, de la faire apparaître dans sa majesté et sa diversité. Cela le conduit parfois à faire sonner l’orchestre avec une ampleur que certains lui ont reprochée. Mais doit-on diriger un orchestre pour le confort des auditeurs ou pour magnifier la musique ? Car si des spectateurs proches des percussions ont pu se sentir agressés, dans une salle dépourvue de fosse, fallait-il mutiler la partition ? La direction l’embrasse dans sa totalité, aussi attentive à en souligner la force qu’à en détailler les finesses, très bien secondée par les musiciens de l’ensemble Passionart, qui se tirent avec les honneurs des passages pour solistes, en particulier les cors et le premier violon. La rapidité frôle parfois le danger pour les chanteurs, mais la prise de risque stimule l’adrénaline, y compris celle du public, qui saluera la fin de la représentation d’une immense clameur et de rappels sans fin.</p>
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		<title>Matilde di Shabran</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/chateau-de-la-subversion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Sep 2013 06:38:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>    Semi-seria, Matilde di Shabran ? Mais où est le versant serio, dans cette œuvre de Rossini injustement négligée ? Dans le personnage du jeune prisonnier Edoardo, peut-être, mais il est bien le seul que l’on puisse prendre au sérieux dans cette histoire. Si le point de départ de l’intrigue rappelle ces romans gothiques &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
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<p>			Semi-seria, <em>Matilde di Shabran</em> ? Mais où est le versant serio, dans cette œuvre de Rossini injustement négligée ? Dans le personnage du jeune prisonnier Edoardo, peut-être, mais il est bien le seul que l’on puisse prendre au sérieux dans cette histoire. Si le point de départ de l’intrigue rappelle ces romans gothiques dont fut friande la deuxième moitié du XVIIIe siècle, avec son sinistre château sur lequel règne un tyran impitoyable et sa demoiselle en détresse pour les jours de laquelle on devrait trembler, ces prémices sont vite battues en brèche puisque le « cœur de fer » se ridiculise en s’éprenant sur-le-champ de la piquante coquette qui lui rend visite. Et avec le poète Isidoro, qui ne s’exprime pratiquement qu’en dialecte napolitain, on bascule même dans la franche bouffonnerie. Maîtresse-femme qui n’aime rien tant que de mener les hommes par le bout du nez, Matilde est une cousine de la Fiorilla du <em>Turc en Italie</em>, en plus sympathique ; quant à Corradino, il lui arrive le même tour qu’au Benedict de Berlioz. Si château il y a donc, c’est bien un château de la subversion, mais pas au sens sadien : ce qui est ici subverti, c’est le genre gothique lui-même, implacablement tourné en dérision par cette inversion des rôles, où le sexe prétendu fort ne peut que succomber aux ruses de ce sexe qu’on dit faible.</p>
<p>
			Sur ces bases, la mise en scène de <strong>Mario Martone</strong>, créée en 2004 mais filmée en 2012, exploite à merveille le formidable décor que lui a fourni <strong>Sergio Tramonti</strong> : un énorme escalier à double révolution occupe tout le centre de la scène, et l’on découvre bientôt qu’il est capable de pivoter, ses deux volées de marches se frôlant, se croisant, pour favoriser tous les marivaudages. A la fois intérieur et extérieur, tour menaçante et voie d’accès aux oubliettes, cet escalier est fort bien exploité par la production, Corradino s’y suspend la tête en bas dans son délire amoureux, et le reste du décor s’anime aussi pour le final du premier acte. Sans chercher midi à quatorze heures, Martone parvient à animer les personnages, et l’on s’amuse de cette histoire simple, à l’issue heureuse ô combien prévisible.</p>
<p>			Il est, il faut le dire, fortement aidé dans sa tâche par l’irrésistible <strong>Olga Peretyatko</strong>, héroïne mutine dont le timbre de vif-argent fait merveille dans ce répertoire, et dont le chic et le chien sont le complément rêvé d’une agilité sans failles. Elle assure sans peine la succession d&rsquo;Annick Massis en 2004 et de l&rsquo;infortunée Elizabeth Futral, prisonnière de la production aberrante de 1996, confirmant l&rsquo;arrivée en force des artistes de l&rsquo;Est dans un festival de Pesaro dont les piliers venaient jadis des Etats-Unis. Dans un rôle où il peut laisser libre cours à ses dons comiques, <strong>Juan Diego Florez </strong>triomphe évidemment, et l’on ne pourra pas ici lui reprocher les gestes stéréotypés auxquels il a trop souvent recours pour les personnages sérieux. Son Corradino chante divinement et fait rire par le désarroi où le plonge un amour imprévu. Très amusante se révèle la comtesse de <strong>Chiara Chialli</strong>, juste assez caricaturale pour ne pas déparer dans cet ensemble. <strong>Paolo Bordogna</strong> se livre à des facéties plus convenues mais se situe, par bonheur, vocalement bien au-dessus de ce qu’un Bruno Pratico aurait pu faire dans le même rôle de comique napolitain. <strong>Nicola Alaimo</strong> est un médecin fort bien chantant, et <strong>Anna Goryachova</strong> en travesti fait entendre une magnifique voix grave, à laquelle les micros permettent d’être parfaitement audible sur toute la tessiture. Ce qui frappe surtout, dans cet opéra, c’est la rareté des airs en solo, auquel Rossini a substitué une multitude de duos, trios et ensembles, d’où une richesse sonore exceptionnelle. <strong>Michele Mariotti</strong> est le maître d’œuvre idéal pour ce genre de résurrection, et il sait conserver l’élan d’une partition d’une durée quasi wagnérienne, avec un premier acte de plus de deux heures !</p>
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		<title>ROSSINI, Matilde di Shabran — Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/quand-juan-diego-rencontre-peretyatko/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Aug 2012 08:08:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  La belle Matilde est de retour à Pesaro et avec elle Juan Diego Florez, l&#8217;enfant chéri du festival Rossini, dont la carrière est intimement liée à Corradino, l&#8217;homme au cœur de fer.   L&#8217;intrigue de ce melodramma giocoso est on ne peut plus simple et universelle. Corradino est un homme cruel et belliqueux, comme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			La belle Matilde est de retour à Pesaro et avec elle Juan Diego Florez, l&rsquo;enfant chéri du festival Rossini, dont la carrière est intimement liée à Corradino, l&rsquo;homme au cœur de fer.</p>
<p>			 </p>
<p>			L&rsquo;intrigue de ce melodramma giocoso est on ne peut plus simple et universelle. Corradino est un homme cruel et belliqueux, comme l&rsquo;attestent deux maximes qu&rsquo;il a fait graver sur la façade de son château : « Qui entre ici sans y être invité aura le crâne fracassé » et « Qui ose ici troubler la quiétude mourra de faim et de soif ». Le malheureux poète qui vient s&rsquo;aventurer céans paré de ses rimailles aura tôt fait de provoquer l&rsquo;ire du maître des lieux. Pire encore, Corradino ne supporte pas le sexe dit « faible ». Malgré les ruses d&rsquo;une rivale coriace, la comtesse d&rsquo;Arco, Matilde va s&#8217;employer à faire changer d&rsquo;avis le goujat, en le charmant et en le mettant à ses pieds (il lui faudra tout de même près de 4 heures, entracte compris, pour arriver à ses fins !).</p>
<p>			 </p>
<p>			On retrouve intact le charme de la production de <strong>Mario Martone</strong> créée ici même en 2004 (avec Annick Massis en Matilde, qui a fait l&rsquo;objet d&rsquo;un enregistrement) puis reprise à Londres en 2008 (voir la <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=467&amp;cntnt01returnid=54">recension de Christophe Rizoud</a>). Le décor simple mais ingénieux, avec son double escalier en colimaçon, la beauté des costumes (la robe de Matilde !) et surtout la finesse du jeu de scène sont toujours irrésistibles.</p>
<p>			 </p>
<p>			Irrésistible, <strong>Juan Diego Florez</strong> l&rsquo;est également dans ce rôle fétiche qui l&rsquo;a fait connaître dès 1996 dans ces mêmes lieux et dont il a fait son cheval de bataille. Peu de choses ont changé depuis Londres, si ce n&rsquo;est peut-être quelques menues duretés dans la voix. Mais la performance est toujours virtuose et époustouflante, le ténor se jouant d’une partition hérissée de difficultés. Il s&rsquo;en donne par ailleurs à cœur joie en tyran tourné en ridicule, se pâmant, se roulant par terre, très loin de la retenue qu&rsquo;on lui connait parfois.<br />
			 </p>
<p>			Pourtant, Corradino a beau trépigner, l&rsquo;issue du combat qu&rsquo;il mène contre la gente féminine ne fait aucun doute dès l&rsquo;entrée d&rsquo;<strong>Olga Peretyatko</strong>, dans une somptueuse robe carmin : le drôle n&rsquo;a aucune chance de résister, pas plus que le public de l&rsquo;Adriatic Arena qui réserve à la chanteuse une ovation à l&rsquo;issue du spectacle. La soprano russe ajoute à un physique ravissant une grande aisance scénique, que ce soit dans les passages comiques (le duo hilarant avec le médecin sur lequel elle teste ses charmes) ou dans les moments plus dramatiques. Et comble de bonheur, le chant est au diapason. La fraîcheur du timbre, pulpeux et fruité, la grâce des vocalises, la belle cohésion de la voix qui s&rsquo;épanouit peu à peu dans le grave font d&rsquo;elle une Matilde idéale. On a hâte de la retrouver en Elvira des <em>Puritains</em> en novembre (à Lyon puis à Paris).</p>
<p>			 </p>
<p>			Comme souvent à Pesaro, la réussite du spectacle tient beaucoup à la cohérence de la distribution. Les basses répondent présentes, le médecin Aliprando de <strong>Nicola Alaimo</strong> prenant quelque peu le pas sur <strong>Simon Orfila</strong> (Ginardo), à l&rsquo;aigu facile mais moins sonore. Si le colosse sicilien nous avait laissés un peu sur notre faim en Ezio dans <em><a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3827&amp;cntnt01returnid=54">Attila en juin à Rome</a></em>, il nous rassure parfaitement ce soir : puissance, flexibilité de la voix, présence dramatique, il confirme qu’il va falloir compter avec lui dans le futur. Incontournable dans les personnages bouffes, <strong>Paolo Bordogna</strong> (Isodoro) jubile en poète sur lequel les muses ont oublié de se pencher. Vocalement son baryton léger mais bien projeté est parfaitement à sa place.</p>
<p>			 </p>
<p>			Les autres protagonistes féminines sont plus en retrait. En Edoardo, prince retenu prisonnier par Corradino, <strong>Anna Goryachova</strong> fait montre d&rsquo;une belle ligne et d&rsquo;un aigu percutant. Une incarnation un peu timide et un médium manquant de caractère peinent cependant à donner tout son relief au personnage. La comtesse d&rsquo;Arco de <strong>Chiara Chialli</strong>, au contraire, sonore et un peu brute de décoffrage, ne risque pas de passer pas inaperçue.</p>
<p>			 </p>
<p>			La soirée n&rsquo;aurait pas été accomplie sans la prestation de haut niveau de l&rsquo;orchestre de Bologne sous la direction de <strong>Michele Mariotti </strong>(accessoirement fils du surintendant du festival Rossini et époux d’Olga Peretyatko, <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=4069&amp;cntnt01origid=57&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=36">voir notre brève</a>). Le chef principal de la formation bolognaise sait enflammer sa phalange, mettant en valeur ses couleurs (cuivres mordorés, flûtes acidulées, cordes soyeuses) et sa virtuosité.</p>
<p><strong>Version conseillée :</strong></p>
<p>			<strong></strong></p>
<p>			<strong><a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Rossini-Matilde-di-Shabran-/Classique/Annick-Massis/Decca/default/fiche_produit/id_produit-0002894757688.html" target="_blank" rel="noopener">Rossini: Matilde di Shabran | Gioacchino Rossini par Annick Massis</a></strong><br />
			<strong> </strong><br />
			<strong> </strong></p>
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		<title>ROSSINI, Matilde di Shabran — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/atout-coeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Oct 2008 22:31:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’opéra est aussi une histoire de rencontres, un échange de bon procédé entre un rôle et un chanteur, qui transcendant le premier, rend le second inoubliable : Norma et Callas, Aida et Price, Turandot et Nilsson, Florestan et Vickers&#8230; Longue liste à la fin de laquelle il faut ajouter Corradino et Flórez. C’est Matilde di &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          L’opéra est aussi une histoire de rencontres, un échange de bon procédé entre un rôle et un chanteur, qui transcendant le premier, rend le second inoubliable : Norma et Callas, Aida et Price, Turandot et Nilsson, Florestan et Vickers&#8230; Longue liste à la fin de laquelle il faut ajouter Corradino et Flórez. C’est<em> Matilde di Shabran</em> en effet qui révéla à Pesaro en 1996 le jeune ténor péruvien. C’est pour lui, que huit ans plus tard, en 2004, le festival Rossini monta une nouvelle production de l’œuvre, celle-là même enregistrée par Decca et reprise aujourd’hui au Royal Opera House de Londres.</p>
<p><strong>Juan-Diego Flórez</strong> s’y montre une nouvelle fois incomparable. Corradino n’est pourtant pas le plus payant des rôles : une partition d’une incroyable difficulté sans un seul air pour récompenser le chanteur de toutes les acrobaties vocales qui lui sont demandées. Exactement en fait ce qu’il faut à notre ténor pour mettre en avant ses qualités vocales &#8211; la virtuosité, le souffle, la facilité dans l’aigu &#8211; sans trop en dévoiler les faiblesses &#8211; l’uniformité du timbre, certains sons nasillards, un grave et un medium moins affirmés. La voix, par la hauteur de son émission, trouve naturellement sa place au-dessus des autres, la polyphonie de l’écriture pallie le manque de couleurs. Le caractère du personnage donne suffisamment à exprimer sans s’encombrer de considérations psychologiques qui le mettrait hors de portée. Bref, du velours dans lequel Juan-Diego Flórez peut s’offrir le luxe d’exhiber une aisance scénique qu’on ne lui connaissait pas.</p>
<p>Si l’on accompagne ce « cœur de fer » et de légende d’une Matilde de haut vol alors la partie est à peu près gagnée. C’était déjà le cas à Pesaro en 2004 – Annick Massis chantait la jeune Shabran – et le miracle se reproduit à Londres. A la même agilité et la même assurance dans l’aigu, <strong>Aleksandra Kurzak</strong> ajoute assise et rondeur (les variations de « Tace la tromba » la montrent tout de même moins imaginative) et propose une composition intelligente, sensible, gourmande, en un mot : attachante. On n’aurait pas cru que Matilde puisse avoir tant d’épaisseur.</p>
<p>Autour d’eux, l’Isidoro amusant mais défraichi d’<strong>Alfonso Antoniozzi</strong> remporte un beau succès. Les deux autres basses de l’histoire – Aliprando et Ginardo – dans des rôles moins valorisants ont pourtant plus à offrir. <strong>Marco Vinco</strong>, grand habitué de Pesaro, maîtrise l’ensemble du vocabulaire rossinien même s’il n’est pas certain que ce répertoire soit celui qui lui convienne le mieux (ce que tend à confirmer l’étonnant récital de mélodies qu’il vient d’enregistrer chez RTVE). <strong>Carlo Lepore</strong> montre plus de chaleur et de souplesse dans la ligne. Les âcretés vocales d’<strong>Enkelejda Shkosa</strong>, d’une forte présence scénique, sont celles de la comtesse d’Arco. Personnage à part dans l’histoire, <strong>Vesselina Kasarova</strong> présente en Edoardo un chant déstructuré, sinon douloureux du moins hasardeux – aigu dépouillé, inégalités de registre &#8211; dont quelques sonorités évoquent la splendeur passée. Les chœurs nous rappellent qu’ils sont rois au pays de Haendel au contraire de l’orchestre dont Rossini, malgré la direction idoine de <strong>Carlo Rizzi</strong>, ne figure pas dans les gênes. </p>
<p>
La mise en scène de <strong>Mario Martone</strong> ne cherche pas la reconstitution historique à tout prix mais veille à rester fidèle au livret. Un grand escalier hélicoïdal tient lieu de décor unique ; les costumes seuls sont historiques. La scénographie suit de près la mécanique musicale, sans chercher à lui voler la vedette en abusant d’effets. Pertinente même si elle tire l’œuvre vers son versant comique plutôt que tragique (il s’agit d’un opéra <em>semiseria</em>). Et ainsi, <em>Matilde di Shabran</em> reprend vie après avoir sombré corps et âme (elle n’avait pas été représentée à Londres depuis 1854 ; l’a-t-elle été un jour à Paris ?). Piotr Kaminski lui-même, s’il la cite dans ses « Mille et un opéras » (Fayard, 2003), une référence et une somme pourtant, déforme l’argument (Matilde d’après lui est amoureuse d’Eduardo) et l’exécute en une phase : « Le livret est embrouillé, les personnages creux et Rossini est loin d’être à son meilleur ». Sur chacun de ces points, difficile d’abonder dans son sens, surtout après une telle soirée. </p>
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