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	<title>Messe solennelle - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Messe solennelle - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Messe solennelle n°2 en ré mineur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Jan 2021 05:46:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De proportions plus vastes que celle de Beethoven, cette « Missa solemnis per il Principe Esterhazy » [Nicolas II], fut écrite par Cherubini en 1811 avec l’espoir de succéder à Haydn à la tête de sa chapelle. Le projet n’ayant pas abouti, elle ne fut donnée que dix ans plus tard, puis éditée à Paris en 1825, avec &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>De proportions plus vastes que celle de Beethoven, cette « Missa solemnis per il Principe Esterhazy » [Nicolas II], fut écrite par Cherubini en 1811 avec l’espoir de succéder à Haydn à la tête de sa chapelle. Le projet n’ayant pas abouti, elle ne fut donnée que dix ans plus tard, puis éditée à Paris en 1825, avec un <em>Sanctus</em> nouveau, l’original ayant été réemployé. Par-delà sa durée, l’œuvre est une partition majeure, magistralement composée, maillon essentiel entre les messes de Haydn et celles du romantisme installé, usant de toutes les combinaisons vocales, d’une science de l’orchestration qui anticipe parfois celle de Berlioz.</p>
<p>Rare au concert comme au disque, après les enregistrements (non disponibles) de Helmuth Rilling en 1999, de Hans Adolf Zöbeley à Munich, la référence était celle du plus ardent défenseur de l’œuvre de Cherubini, Riccardo Muti, avec le chœur et l’orchestre de la Bayerische Rundfunk , la même année que la prise que nous écoutons. Fondateur du Kammerchor Stuttgart, puis de la Klassische Philharmonie, un des pionniers de l’interprétation historiquement informée, <strong>Frieder Bernius</strong>, inlassablement, élargit le répertoire de ses ensembles, de Monteverdi à Reger et Schönberg.  Aucun de ses nombreux enregistrements ne laisse indifférent.</p>
<p>Celui-ci vaut pour sa clarté, sa puissance, sa dynamique comme la plénitude et la ferveur, sans pathos ajouté. Une direction claire, exigeante, la tension du concert public suscitent un engagement constant de chacun. Les chœurs se situent à leur meilleur niveau, n’étaient quelques aigus forcés des sopranos, dans le <em>Kyrie</em> et dans le <em>Qui tollis</em>, et une prononciation qui estompe les consonnes. Ils sont réactifs, précis et puissants. La construction des passages contrapuntiques demeure toujours lisible. L’orchestre se montre vigoureux, nerveux, ductile, recueilli. Des solistes, qui, depuis, ont confirmé leurs qualités au travers d’une belle carrière, on retiendra tout particulièrement <strong>Christoph Genz</strong> et <strong>Thomas Bauer</strong>. La soprano, <strong>Ruth Ziesak</strong>, est honorable, comme <strong>Iris-Anna Deckert</strong> et<strong> Christa Mayer</strong>, toutes trois familières du répertoire religieux, encore que cette dernière, attachée au <em>Semperoper</em> de Dresde, chante les grands rôles de sa tessiture. <strong>Robert Buckland</strong>, maintenant membre de <em>Vox Luminis</em>, s’ajoute, comme Iris-Anna Deckert, au merveilleux <em>Et incarnatus</em>. Vocalement, c’est le sommet de l’ouvrage, la page la plus développée aussi. Introduit par les bois, le trio des femmes (<em>Ex Maria Virgine</em>) opposé à celui des hommes (<em>Et homo factus est</em>) justifierait à lui seul l’écoute de cette œuvre exceptionnelle. Malgré son ampleur, la variété des couleurs, des expressions, l’illustration la plus fidèle comme la plus renouvelée du texte liturgique captivent l’attention. Sans énumérer chacune des pages, le flamboyant <em>Gloria</em> opposé à la suavité du <em>Gratias</em>, confié aux solistes, sans l’alto, le <em>Crucifixus</em> énoncé recto-tono par le chœur accompagné des cordes en sourdine, les fanfares du <em>Et resurrexit</em>… l’expression est toujours juste, lyrique sans relever du théâtre.</p>
<p>Un enregistrement de qualité qui, sans remplacer celui de Riccardo Muti, contribuera à faire connaître et aimer cette œuvre magistrale.</p>
<p> </p>
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		<title>Berlioz, Messe solennelle &#8211; Hervé Niquet</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/berlioz-messe-solennelle-herve-niquet-vous-ne-serez-ni-medecin-ni-apothicaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2020 12:14:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quel compositeur est capable, à 20 ans, d’écrire une Messe de 50 minutes pour grand effectif et trois solistes, avec fugues, prélude instrumental, motet d’offertoire, invocation royale, et un Resurrexit à faire se dresser les cheveux sur la tête, dans un style bien de son époque mais en le « pervertissant » subtilement, le tout sans avoir &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quel compositeur est capable, à 20 ans, d’écrire une <em>Messe </em>de 50 minutes pour grand effectif et trois solistes, avec fugues, prélude instrumental, motet d’offertoire, invocation royale, et un <em>Resurrexit</em> à faire se dresser les cheveux sur la tête, dans un style bien de son époque mais en le « pervertissant » subtilement, le tout sans avoir reçu le moindre cours dans une institution musicale ? Mozart ? Non. Schubert ? Cherchez mieux. Il y a fort à parier que le nom de Berlioz ne surgira pas avant longtemps dans cette conversation imaginaire. Le bouillant Hector n’est pas connu pour sa précocité musicale. Une légende tenace veut que sa carrière n’ait vraiment débuté qu’en 1830, avec la <em>Symphonie fantastique</em>. Pourtant, en 1824, Berlioz a déjà écrit cette incroyable <em>Messe solennelle</em>, dont la première, plusieurs fois reportée, eut lieu le 10 juillet 1825 et fut un succès complet. Son seul professeur de l’époque est Le Sueur, qui lui donne des leçons particulières. Après les dernières mesures, celui-ci ne peut contenir son émotion. Il déboule sur scène, serre son jeune élève (encore inscrit à la Faculté de médecine a ce moment) dans ses bras et lui dit : « Morbleu, vous ne serez ni médecin ni apothicaire ! Vous serez un grand compositeur. Vous avez du génie. Je vous le dis parce que c’est vrai. »<br />
 </p>
<p>Du génie, cette <em>Messe </em>en offre à profusion. Certes, les puristes pourront relever ici et là quelques gaucheries, ou ce qu’ils appelleront des « fautes » d’harmonie. Sauf que ce ne sont pas des erreurs, mais la marque d’un talent fou qui a déjà décidé de suivre sa propre voie. Et quelle énergie ! Quelle impérieuse sûreté ! Quel lyrisme ! La fin du <em>Kyrie </em>et sa pure folie, les instants suspendus du <em>Gratias agimus</em>, l’imploration déchirante du <em>O Salutaris</em>, l’éclat babylonien du <em>Domine, Salvum fac Regem</em>. Tous les codes de l’époque préromantique en France sont présents, avec ce qu’ils supposent d’académisme, mais ils sont retournés comme un gant, et exprimés sur un ton si personnel que l’auditeur ne peut que se laisser guider docilement, là où les œuvres des contemporains de Berlioz ne suscitent qu’une adhésion lointaine, une écoute distraite.<br />
 </p>
<p>Juge très sévère de sa propre production, Berlioz brûlera l’original de la partition (à l’exception du <em>Resurrexit</em>), et elle ne sera longtemps connue que grâce a la mention qu’il en fait dans ses <em>Mémoires.</em> Ce qui ne l’a pas empêché d’y puiser abondamment pour alimenter ses ouvrages postérieurs. C&rsquo;est seulement en 1992 qu’on retrouvera une copie à Anvers. John Eliot Gardiner est le premier à avoir enregistré l’oeuvre, chez Philips, dans une version de référence.<br />
 </p>
<p><strong>Hervé Niquet</strong> vient lui tailler des croupières, armé de nombreux atouts. Le <strong>Concert Spirituel </strong>est un ensemble d’instruments d’époque qui sonne avec toute la saveur permise par le travail des meilleurs facteurs et luthiers, sans rien sacrifier à la justesse ni aux potentialités expressives (les crescendi !)  que l’on croirait réservées aux orchestres modernes. On trouvera des chœurs plus homogènes que celui de Niquet, plus constamment justes, plus disciplinés, mais on n’en trouvera pas de plus impliqué, de plus enthousiaste, de plus apte à rendre la flamme du jeune Berlioz. Ce disque renferme quelques trésors de chant choral, qu’on laissera à l’auditeur curieux le soin de découvrir. Mentionnons juste le <em>Resurrexit,</em> climax de la partition, qui est rendu avec une passion à faire trembler les murs, digne préfiguration du <em>Requiem</em> dans sa peinture des temps derniers.<br />
 </p>
<p>En un contraste agréablement ménagé, les solistes optent pour un style plus retenu. A eux revient la tache d’illustrer et de défendre l’aspect classique de la partition. <strong>Andreas Wolf</strong> livre une prestation toute en retenue, avec un timbre patricien et des inflexions qui ne dépareraient pas dans une Passion de Bach. L’ombre de plusieurs grands barytons (Gerhaher, Hampson, Prey) passe par moments. Sans doute faudra-t-il encore quelques années au chanteur pour se libérer de ces prestigieuses influences et oser être pleinement lui-même, comme devrait l’y autoriser une assurance vocale exceptionnelle. Fidèle à ce que le disque a laissé percevoir de lui,<strong> Julien Behr</strong>, est clair, voire solaire. Il déroule ses longues lignes avec un souffle géré de main de maître. <strong>Adriana Gonzalez </strong>est tellement sublime de couleur et d’expression qu’on regrette que Berlioz ne lui ait pas confié des parties plus longues.<br />
 </p>
<p>Hervé Niquet tient tout cela au creux de sa main, tel un sorcier qui jetterait un à un les ingrédients de sa potion dans un gigantesque chaudron. Il alterne déclamation et lyrisme, prière et jugement, imploration et terreur avec maestria. Il a foi dans cette musique, d’une façon qui se communique irrésistiblement à tous les artistes, puis vers l’auditeur. Surtout, il parvient à fondre l’urgence du concert avec le creusement du texte et le goût du détail permis par le studio. Un tel talent, mis au service d’une œuvre encore méconnue, cela donne un disque indispensable pour tous les amateurs de musique française. Non : pour les amateurs de musique tout court.<br />
 </p>
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