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	<title>Niobe, regina di Tebe - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Niobe, regina di Tebe - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Niobe, regina di Tebe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2015 05:30:53 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Singulier destin que celui d’Agustino Steffani : il aura suffi que Cecilia Bartoli s’en empare pour que ce compositeur revienne sur le devant des scènes, et surtout dans les bacs des disquaires. Même si les interprètes n’ont pas attendu cela pour s’intéresser à lui, Steffani a désormais le vent en poupe ; reste seulement à voir si sa musique aura la force nécessaire pour que le phénomène ne s’essouffle pas trop vite. En attendant, chose incroyable il y a quelques années, voilà que paraît en moins de six mois la deuxième intégrale de son opéra <em>Niobe</em>. Enfin, la deuxième en terme de parution, mais la première chronologiquement, puisqu’il s’agit d’un écho des représentations données en 2010 à Londres. Et comme nous le pressentions à l’écoute de la version <a href="http://www.forumopera.com/cd/niobe-regina-di-tebe-fifi-et-karina-sur-leur-ile">parue en janvier chez Erato</a>, l’œuvre méritait bien mieux que ce qu’en tiraient les interprètes réunis par le Boston Early Music Festival.</p>
<p>Sans doute l’expérience du théâtre aura-t-elle été profitable, toujours est-il que cette <em>Niobe</em> vit enfin ! Là où, dans l’enregistrement publié le premier, le robinet d’eau tiède se remettait à couler à flot dès que les deux héros disparaissaient, Opus Arte nous donne au contraire à entendre une œuvre animée d’un véritable souffle dramatique, riche en tensions et en contrastes, et où l’intérêt ne faiblit pas pour autant lorsqu’Amphion et Niobé sont ailleurs. <strong>Thomas Hengelbrock</strong> se révèle ici véritable chef d’opéra, capable de tenir un discours construit et d’insuffler à la partition une vie qu’on aurait eu peine à imaginer à l’écoute de l’orchestre dirigé par Paul O’Dette et Stephen Stubbs. Le <strong>Balthasar-Neumann-Ensemble</strong> déploie toute une palette de couleurs d’une richesse éblouissante et multiplie les atmosphères les plus variées. Les sonorités des instruments offrent donc un premier régal pour l’oreille, et l’on en regretterait presque que cette version-ci soit nettement moins longue que l’hyper-intégrale Erato, qui incluait entre autres des musiques de ballet additionnelles.</p>
<p>Tout change également avec l’équipe de chanteurs rassemblée à Londres. Bien sûr, <strong>Jacek Lazczkowski</strong> est on ne peut plus différent du très angélique Philippe Jaroussky ; bien sûr, le sopraniste polonais accumule les aigus miaulés et les notes graves terriblement sourdes. Mais le personnage existe, plus tourmenté sans doute, et il parvient à nous toucher, d’autant que certains airs conviennent à merveille au chanteur qui y atteint une émotion intense et s&rsquo;avère à plusieurs reprises extrêmement impressionnant. Dans le rôle-titre, <strong>Véronique Gens </strong>fait valoir, on s’en doute, de tout autres arguments que Karina Gauvin, pour une prestation également convaincante, par la noblesse et la fermeté de son ton et par le dramatisme affirmé de son incarnation. Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour que la France accueille dignement une chanteuse régulièrement acclamée à Munich ou à Vienne ?</p>
<p>Autour d’eux, <strong>Amanda Forsythe</strong> était déjà présente, comme elle le serait encore en 2013 pour Erato, mais sa Manto est ici infiniment plus espiègle. Et, en lieu et place des seconds couteaux du Boston Early Music Festival, on savoure aussi la présence d’authentiques personnalités. Plutôt moins cocasse que la nourrice de l’autre version, qui ne l’était déjà guère, <strong>Delphine Galou</strong> y impose du moins la belle consistance de son timbre androgyne. On peut reprocher beaucoup de choses à <strong>Alastair Miles</strong>, mais son Poliferno a toute la noirceur nécessaire et l’acteur compose un redoutable méchant. Toujours du côté des voix graves, <strong>Bruno Taddia</strong> est un Tirésias à l’italianité bienvenue, tandis que le Tiberino de <strong>Lothar Odinius</strong> n’a rien d’un amant compassé. Plus-value incontestable, enfin, avec les deux contre-ténors britanniques <strong>Iestyn Davies</strong> et <strong>Tim Mead </strong>: Creonte et Clearte sont ici des protagonistes à part entière, sans pâleur ni mollesse, avec des timbres solides.</p>
<p>Et maintenant, soyons fous : quand Opus Arte livrera-t-il un DVD de la <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/steffani-de-monaco">production montée par Lukas Hemleb </a>? Les bruits de scène et les rires du public donnent furieusement envie de <em>voir </em>un spectacle qui avait ravi notre collègue à Londres.</p>
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		<title>Niobe, regina di Tebe</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/niobe-regina-di-tebe-fifi-et-karina-sur-leur-ile/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Feb 2015 06:49:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il faut le rappeler, Agostino Steffani existait déjà avant que Cecilia Bartoli s’en entiche. Sa musique, qui ressemble fort à du Monteverdi avec de vrais morceaux de Lully dedans, n’a pas attendu 2012 pour être enregistrée : ne serait-ce que dans le domaine de l’opéra, Alarico et Orlando generoso ont été commercialisés en 2006 et en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut le rappeler, Agostino Steffani existait déjà avant que Cecilia Bartoli s’en entiche. Sa musique, qui ressemble fort à du Monteverdi avec de vrais morceaux de Lully dedans, n’a pas attendu 2012 pour être enregistrée : ne serait-ce que dans le domaine de l’opéra, <em>Alarico </em>et <em>Orlando generoso</em> ont été commercialisés en 2006 et en 2009, par exemple. Quant à la résurrection scénique de ses œuvres, la <em>Niobe</em> a été donnée à Schwetzingen à l’été 2008 par Thomas Engelbrock à la tête du Baltasar-Neumann Ensemble, et le spectacle monté par Lukas Hemleb fut notamment repris en septembre 2010 à Covent Garden (voir <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/steffani-de-monaco">compte rendu</a>). A Londres, les rôles principaux étaient tenus par Véronique Gens et Jacek Laszczkowski, mais on trouvait aussi, autour du couple central, quelques noms qui commencent sérieusement à faire parler d’eux dans le domaine baroque, comme Iestyn Davies, Tim Mead et Delphine Galou, sans oublier Bruno Taddia et Alastair Miles.</p>
<p>C’est justement ce qui manque à la présente version, gravée suite à la première nord-américaine de l’œuvre en juin 2011 : les deux principaux protagonistes y distillent d’immenses beautés, on y reviendra, mais on a hélas le sentiment qu’ils sont isolés sur une île, un océan les séparant des comparses qui peinent à les rejoindre à ce niveau d’excellence. Entendons-nous bien, personne ne chante mal, mais les différents membres de cette équipe ne nous emportent jamais sur les mêmes sommets que les deux stars qu’ils côtoient. Déjà présente à Londres, la soprano <strong>Amanda Forsythe </strong>ne manque pourtant pas de piquant, mais du côté des voix graves, <strong>Jesse Blumberg</strong> manque cruellement de noirceur dans le rôle du magicien Poliferno, reproche qui vaut un peu moins pour le Tirésias de <strong>Christian Immler</strong>. Le ténor <strong>Colin Balzer</strong> s&rsquo;en sort plutôt bien, malgré des intonations parfois un peu trop anglo-saxonnes. Pour les voix masculines les plus aiguës, <strong>Aaron Sheehan </strong>et <strong>Terry Wey</strong> se laissent écouter mais ne marquent guère l’auditeur. Même <strong>José Lemos</strong>, qui hérite du rôle travesti de la nourrice Nerea, échoue à conférer la moindre truculence à un personnage qui ne demande pourtant que cela. Ces gens-là chantent fort correctement, mais où est le théâtre, où est la vie ? Il s’agit là d’un enregistrement de studio, et peut-être une version de concert aurait-elle été préférable, ou même un <em>live </em>du spectacle donné à Boston en 2011, à supposer que le spectacle empesé, emplumé et cuirassé réglé par Gilbert Blin ait permis aux artistes de donner le meilleur, même s’il dégage de forts relents de naphtaline, ce qu’on devine à l’écoute de certains récitatifs désespérément statiques. La faute en incombe peut-être aussi à la double direction d’orchestre, partagée entre les luthistes <strong>Paul O’Dette</strong> et <strong>Stephen Stubbs</strong> : plus soucieux de joliesse de détail que de dramatisme et d’énergie d’ensemble, ils ne confèrent pas toujours à cette partition la vigueur qu’on souhaiterait.</p>
<p>Heureusement, il y a <strong>Karina Gauvin</strong> et <strong>Philippe Jaroussky</strong>, deux voix complémentaires par tout ce qui les oppose, mais réunies par une musicalité et une expressivité aussi différentes qu’efficaces. Dès que l’un des deux ouvre la bouche, notre oreille est captivée. Naturellement, leurs airs et duos forment la ligne de crête de cette intégrale inégale. Hasard extraordinaire, le découpage en trois disques de longueur à peu près équivalente, qui ne correspondent pas tout à fait aux trois actes, permet de terminer chaque galette sur un clou musical : le duo Niobé-Amphion pour la première, l’air de bravoure d’Amphion pour la deuxième. Idéalement, le troisième acte devrait se terminer sur le grandiose suicide d’Amphion et la non moins extraordinaire transformation en statue d’une Niobé harcelée par ses visions funestes. Hélas, les comparses reviennent sur le devant de la scène, et ces cinq dernières minutes semblent bien longuettes, malgré une assez belle chaconne conclusive.</p>
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		<title>STEFFANI, Niobe, regina di Tebe — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/niobe-regina-di-tebe-paris-tce-jaroussky-a-nouveau-touche-par-la-grace/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Jan 2015 13:01:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’entreprise de réhabilitation de Cecilia Bartoli aurait-elle réussi ? A moins que Philippe Jaroussky et Karina Gauvin n’aient définitivement conquis le tout Paris… Le taux de remplissage du Théâtre des Champs-Elysées, bondé du parterre au poulailler, a de quoi surprendre pour une œuvre de Steffani, qui plus est privée de mise en scène. Créée en 2011 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’entreprise de réhabilitation de Cecilia Bartoli aurait-elle réussi ? A moins que <strong>Philippe Jaroussky</strong> et <strong>Karina Gauvin </strong>n’aient définitivement conquis le tout Paris… Le taux de remplissage du Théâtre des Champs-Elysées, bondé du parterre au poulailler, a de quoi surprendre pour une œuvre de Steffani, qui plus est privée de mise en scène. Créée en 2011 au Boston Early Music Festival – la plus importante manifestation du genre sur le continent américain –, la version de <em>Niobe </em>mise au point par ses directeurs <strong>Paul O’Dette</strong> et <strong>Stephen Stubbs</strong> nous arrivait précédée d’échos flatteurs. Si nous avons très vite déchanté, la faute en incombe avant tout à Luigi Orlandi, piètre versificateur et librettiste dont la réécriture laborieuse du mythe conté par Ovide, relégué ici au troisième acte, s’encombre d’intrigues secondaires mal ficelées et de personnages à peine ébauchés. Il va sans dire que les coupes claires pratiquées pour le besoin du concert n’arrangent rien. Le rôle-titre et surtout celui d’Anfione, roi de Thèbes, concentrent le meilleur de l’inspiration de Steffani dont les éclairs de génie valent le détour. Cecilia Bartoli nous en avait révélé plusieurs sur son album <em>Mission</em>, rejointe par Philippe Jaroussky dans le second <em>duetto</em> des protagonistes (« Mia fiamma, mio ardor »), la plus fusionnelle de leurs étreintes. Donnant cette fois la réplique à celle qu’il a surnommée « la Fleming du baroque », le contre-ténor semble à nouveau très inspiré. Toutefois, ces joyaux ne peuvent à eux seuls compenser la banalité de bien des pages et une gestion souvent déficiente de la tension dramatique.</p>
<p>L’opéra s’ouvre sur un long purgatoire dont nous ne sortirons qu’en traversant un vaste rêve éveillé (acte I, scène 13) : l’<em>accompagnato </em>d’Anfione (« Dell’alma stanca a raddolcir le tempre »), ourlé d’une voluptueuse orchestration et l’air sur un <em>ostinato</em> particulièrement enivrant qui lui succède (« Sfere amiche ») où la voix de Philippe Jaroussky rivalise de délicatesse avec les cordes ondoyantes du <strong>Boston Early Music Festival Orchestra</strong>. Le chanteur retrouve la grâce de ses débuts et apparaît comme l’interprète idéal des pages célestes que Steffani conçoit pour le fils de Zeus, poète et musicien avant que d’être monarque. Las de régner, Anfione n’aspire d’ailleurs qu’à la sérénité et voudrait céder le trône à Niobe, mais il est retenu par l’offensive du prince de Thessalie, Creonte, manipulé par le magicien Poliferno qui entend assouvir sa propre vengeance. Du castrat Clementin Hader, créateur du rôle, Steffani sollicite également la virtuosité échevelée qui, comme celle de Farinelli hier, excède les moyens du contre-ténor. Celui-ci se démène comme un beau diable et vient à bout d’un air impossible (« Trà bellici carmi »), mais à quel prix ! Hormis cette performance moins musicale que sportive qui brutalise l’instrument, Philippe Jaroussky signe une composition remarquable, fouillée, très engagée que couronne une lente et difficile scène d’agonie maîtrisée jusque dans les plus infimes nuances.</p>
<p>L’arrogante, la coléreuse Niobé semble appeler les ressources d’un soprano dramatique colorature, seul apte à embrasser sa démesure tout en assumant ses exigences techniques. Les vocalises de <strong>Karina Gauvin</strong> manquent d’éclat et l’organe n’a pas toujours l’impact souhaité pour exprimer la violence de cette femme, capable de jeter au sol le grand prêtre de Latone, mais la vérité de l’incarnation ne laisse pas de fasciner. Climax de l’ouvrage, son ultime et glaçante aria (« Funeste imagini »), lorsqu’elle découvre le geste fatal de son époux puis apprend le massacre de ses enfants, nous prend à la gorge. Difficile de s’en remettre, a fortiori quand le <em>lieto fine </em>vire au pétard mouillé. Noyé sous les trompettes, l’alto exsangue de <strong>Maarten Engeltjes</strong> (Creonte), effarant contre-emploi, aura bu le calice jusqu’à la lie. Gageons que Terry Wey le remplace avantageusement dans l’enregistrement qui vient de paraître chez Erato. Heureusement pour les spectateurs, le Boston Early Music Festival Orchestra nous ragaillardit avec la chaconne d’<em>Enrico Leone</em> qui conclut brillamment la soirée.   </p>
<p>Ténor un peu court mais d’une rare éloquence, <strong>Colin Balzer</strong> réussit à tirer son épingle du jeu dans une partie a priori peu gratifiante (Tiberino). A n’en pas douter, des nymphettes moins godiches que Manto ne résisteraient pas à ses manières enjôleuses. <strong>Teresa Wakim</strong>, excessivement précautionneuse, semble constamment marcher sur des œufs et joue avec nos nerfs, mais cette apparente fragilité souligne la candeur virginale de la jeune fille. A en croire ses admirateurs, Agostino Steffani serait le chaînon manquant entre Cavalli et Haendel. Certes, il privilégie la forme brève, mais ses airs ne possèdent ni la vivacité ni la puissance expressive de ceux de son illustre aîné et il peine surtout à renouveler cette figure emblématique de l’opéra vénitien qu’est la nourrice : Nerea fait tapisserie et n’aligne que des tirades éculées, mais <strong>José Lemos</strong> cabotine juste ce qu’il faut pour mettre le public dans sa poche. S’il n’a pas le métal sombre ni la projection de <strong>Christian Immler </strong>(Tiresia), a priori plus indiqués pour le magicien Poliferno, le baryton très homogène de <strong>Jesse Blumberg</strong> a pour lui la souplesse et la vaillance qui feraient très probablement défaut à son aîné dans la bravoure. Quant à la <em>morbidezza </em>mélancolique d’<strong>Aaron Sheehan</strong>, elle sied au docile et pâle Clearte, amoureux transi de la reine qui l&rsquo;instrumentalise sans vergogne.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>STEFFANI, Niobe, regina di Tebe — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/steffani-de-monaco/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Oct 2010 21:59:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ressuscité au Festival de Schwetzingen en 2008, Niobe voit sa production reprise pour la première fois à Covent Garden, un théâtre où l’opéra baroque n’est que très rarement mis à l’affiche. Peu couru à l’ouverture de la billetterie, le spectacle a fini par jouer pratiquement à guichets fermés, malgré des critiques partagées, essentiellement grâce à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Ressuscité au Festival de Schwetzingen en 2008, <em>Niobe</em> voit sa production reprise pour la première fois à Covent Garden, un théâtre où l’opéra baroque n’est que très rarement mis à l’affiche. Peu couru à l’ouverture de la billetterie, le spectacle a fini par jouer pratiquement à guichets fermés, malgré des critiques partagées, essentiellement grâce à un bouche-à-oreille favorable. Composée en 1688 pour Munich (Monaco di Baviera en italien), cette partition de 3 heures ne distille pas une minute d’ennui, grâce à une intrigue assez délirante d’une part, mais surtout grâce à une musique qui ne l’est pas moins : les audaces ou trouvailles musicales abondent, le récitatif est vif, les airs sont plutôt courts, d’une coupe d’une très grande liberté, les mélodies inventives, et l’orchestration incroyablement originale. L’ouvrage alterne un certain comique et le drame le plus noir, des passages enlevés et de longues et tristes plaintes. Les airs, récitatifs et ensemble, s’enchaînent sans coupure, dans un flot musical ininterrompu. Une partition étonnante, entre Cavalli et Haendel mais beaucoup plus proche du premier. Ce n’est pas tous les jours que les musicologues trouvent une perle : en voici une, et de la plus belle eau, une exception si l’on en croit notre ami Sylvain Fort (cf. <a href="http://www.forumopera.com/index.php?page=Edito"><font color="#0000ff">l’édito du mois</font></a>).<br />
<font size="2"> </font><br />
Au premier acte (qui dure un peu plus d’une heure et demie), Anfione, lassé de régner, confie la couronne royale à sa femme Niobe. Il ordonne néanmoins à celle-ci de prendre pour conseiller Clearte, dont il ne sait pas qu’il est secrètement amoureux de la reine. Parallèlement, Tiberino, prince d’Albe, a pour ambition de conquérir Thèbes (tout seul, semble-t-il). Sur son chemin, il rencontre une jeune thébaine, Manto, et les deux jeunes gens tombent amoureux l’un de l’autre (cette intrigue se développe indépendamment de la précédente tout au long de l’opéra). Parallèlement toujours, Poliferno, ennemi d’Anfione, a réussi par la magie à ensorceler un jeune thessalien, Creonte : séduit par la vision de Niobe, le jeune homme tuera le roi. Celui-ci est, d’ailleurs, un usurpateur, le trône revenant légitimement à Creonte qui en a été écarté autrefois. Alors qu’Anfione et Niobe chantent leur amour, la ville est attaquée : par le seul pouvoir du chant du roi, des remparts s’élèvent autour de la cité : Niobe déclare qu’Anfione n’est plus un humain, mais un dieu, ce qui a le don de mettre en rage le grand prêtre Tiresias qui appelle la vengeance des « vrais » dieux.<br />
A l’acte suivant, la séductrice Niobe invite Clearte à s’asseoir sur le trône à ses côtés. Surpris par Anfione, Niobe lui explique qu’il ne peut plus être roi, puisqu’il est un dieu, et que son trône est dans les cieux. Poliferno, qui a gagné Thèbes avec Creonte, toujours envouté, fait enlever Anfione par des esprits et donne à sa créature l’apparence du dieu Mars. Flattée dans son orgueil, Niobe tombe amoureuse du dieu. Pendant ce temps, Tiberino est toujours tourmenté entre son désir de conquête et l’amour de Manto. Le dernier acte commence par le duo d’amour de Niobe et du pseudo dieu. La reine se croit aux cieux, mais Poliferno vient détruire brutalement son rêve et la jeune femme s’évanouit. Anfione réconforte Niobe qui comprend qu’elle a été jouée. Furieuse, elle s’en prend à Manto qui invoquait la déesse Latone : elle seule est digne d’offrandes. Les dieux ne tardent pas à punir un tel blasphème : le palais explose, les quatre enfants de Niobe sont tués, le roi se suicide à la vue d&rsquo;un tel spectacle et la reine se change en statue ! Creonte retrouve la couronne mais n’est guère reconnaissant puisqu’il chasse Poliferno en raison de ses intrigues. L’opéra finit par la bénédiction du mariage de Tiberino et Manto.<br />
<font size="2"> </font><br />
Articulée autour d’un décor quasi-unique de <strong>Raimund Bauer</strong> (la scène de base est complétée suivant les ambiances par quelques changements à vue), la production de <strong>Lukas Hemleb</strong> sait animer les différents lieux et les personnages. On évoquera, pour l’exemple, la cité des dieux et ses ballons de baudruches géants qui lui donnent son côté aérien : c’est en les faisant exploser par ses mauvais génies que Poliferno fait revenir Niobe sur terre ; ou la destruction finale du palais par les flammes, avec des cendres noires qui tombent des cintres ; ou encore le « monstre » qui accompagne Poliferno, sorte de limace noire géante qui absorbe littéralement les êtres humains. L’ensemble est esthétiquement remarquable et théâtralement très efficace. La direction d’acteur est au diapason, avec un réel travail dramaturgique, qui sait intelligemment s’effacer pour laisser le chant s’épanouir dans les scènes purement musicales.<br />
 <br />
<strong>Véronique Gens</strong> compose une Niobe séductrice et orgueilleuse, parfaite vocalement et scéniquement (une sorte de marquise de Pompadour par la grâce des robes d’Andrea Schmidt-Futterer). La voix est ample, le timbre riche (même s’il n’est pas très remarquable), la déclamation parfaite. Passons sur l’entrée désastreuse du contre-ténor <strong>Jacek Laszczkowski </strong>alternant fausset et sons poitrinés dans une espèce de parodie des adieux de Leyla Gencer. On a du mal à imaginer que tel était l’art des castrats au XVIIe siècle. Ou alors, c’est que l’otite avait succédé à la peste dans les fléaux épidémiques frappant les populations ! Fort heureusement, à défaut d’une grande projection, la voix reprend de l’homogénéité au fil des interventions et l’écriture ultérieure du rôle met davantage en valeur un haut medium riche et une grande musicalité. Second contre-ténor de la distribution, <strong>Iestyn Davies </strong>a un peu moins d’occasion de briller et de mettre en valeur une belle voix, parfaitement homogène cette fois et bien projetée. La Manto d’<strong>Amanda Forsythe </strong>offre un timbre un peu acide, mais qui correspond bien à la personnalité un peu « pimbêche » de l’héroïne. Son amoureux, <strong>Lothar Odinius</strong>, le soupirant de Niobe, <strong>Tim Mead </strong>ou l’infernal <strong>Alastair Miles </strong>offrent des voix solides mais pas toujours très raffinées, davantage à l’aise dans l’urgence déclamatoire du récitatif que dans les moments purement musicaux.<br />
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Mais le succès ne serait pas au rendez-vous sans les talents de <strong>Thomas Hengelbrock </strong>et de son ensemble : rarement on aura entendu une formation baroque aussi précise techniquement et capable à ce point de donner l’impression d’une totale liberté. Du très grand art.<br />
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