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	<title>Ottone in Villa - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Ottone in Villa - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Ottone in villa</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lalpha-de-lopera-vivaldien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Nov 2010 08:10:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quarante-sixième volume de l’édition Vivaldi entreprise par Naïve à partir des archives de la Bibliothèque nationale universitaire de Turin et quatorzième opéra de la collection, cet enregistrement d’Ottone in villa captive à plus d’un titre.   Et puisqu’on aligne les chiffres, soulignons pour commencer qu’il s’agit du premier opéra officiellement composé par Antonio Vivaldi. Coup &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Quarante-sixième volume de l’édition Vivaldi entreprise par Naïve à partir des archives de la Bibliothèque nationale universitaire de Turin et quatorzième opéra de la collection, cet enregistrement d’<em>Ottone in villa</em> captive à plus d’un titre.</p>
<p> </p>
<p>Et puisqu’on aligne les chiffres, soulignons pour commencer qu’il s’agit du premier opéra officiellement composé par Antonio Vivaldi. Coup d’essai, coup de maître, ainsi que le veut la formule. Avec <em>Ottone in Villa</em>, le compositeur, âgé de trente-cinq ans, parvient enfin à franchir la porte des théâtres lyriques. Frédéric Delaméa l’explique dans un texte aussi documenté qu’intéressant. Trente cinq ans, un âge avancé pour débuter dans la Venise de l’époque mais, pour faire son entrée dans le monde de l’opéra, Vivaldi, dépourvu de fortune et de recommandations, avait dû suivre patiemment une stratégie élaborée par son père, Giovanni Battista. Une formation ecclésiastique s’était chargée de lui apporter le statut social que sa naissance lui refusait tandis que le poste de <em>Maestro di Violino</em> de l’orchestre de la Piéta auréolait sa carrière naissante du prestige nécessaire à sa renommée.</p>
<p> </p>
<p>Durant toutes ces années, à défaut de <em>dramma per musica</em>, Vivaldi donne libre cours à sa veine lyrique en composant force œuvres vocales, sonates et concertos où transparaît derrière chaque note son amour du théâtre. Il bricole aussi des opéras pour le compte d’autres compositeurs qui n’ont pas le temps ou l’envie d’en écrire. Années de formation qui font que cet <em>Ottone in Villa</em>, commandé par le Teatro delle Grazie de Vicence1, n’est pas une œuvre de débutant &#8211; loin s’en faut -, mais la partition d’un maître aguerri, heureux de satisfaire enfin une inclination profonde et, dans le même temps, soucieux d’exposer un talent dramatique trop longtemps contenu.</p>
<p> </p>
<p>C’est pourquoi la jubilation mélodique qui caractérise Vivaldi nous parait exprimée ici avec un enthousiasme particulier, celui de la jeunesse. On entend aussi l’attention portée à l’orchestration, la recherche de combinaisons originales ainsi que l’effort déployé pour plier les sonorités des instruments aux exigences de l’action. Bien davantage que dans certains ouvrages ultérieurs&#8230; Ce sont ces qualités qui rendent <em>Ottone in villa</em> captivant, plus que l’ouvrage lui-même. On y cherchera en vain les sommets d’inspiration dramatiques qui font la valeur d’<em>Orlando furioso </em>ou de <em>Farnace</em>. La faute au livret. Bien que présenté par Frédéric Delaméa comme sulfureux, Domenico Lalli ne sort pas du traditionnel imbroglio amoureux dénoué au bout de trois actes par un <em>lieto fine</em> aussi improbable qu’attendu.</p>
<p> </p>
<p>Ce long préambule pour expliquer les particularités d’une œuvre dont <strong>Giovanni Antonini</strong> a bien saisi les enjeux. On retrouve dans sa direction cette fraîcheur savante qui caractérise <em>Ottone in villa</em> : un geste précis, un ton vif, enjoué mais dépourvu de la frénésie qui accompagne trop systématiquement la musique de Vivaldi. La maîtrise par le Giardino Armonico d’un répertoire qui lui est quasiment génétique, achève de boucler la boucle. Durant les deux heures et quart que dure l’opéra, on barbote avec plaisir dans un bain de volupté sonore.</p>
<p> </p>
<p>Les chanteurs réunis pour l’occasion connaissent aussi leur Vivaldi sur le bout des doigts. Tous (ou presque, nous y reviendrons) ont déjà collaboré à plusieurs intégrales de la collection. Leur réunion tient de la magie qui préside parfois à certains enregistrements. L’harmonie et le contraste des timbres, la conjonction des énergies… Un miracle auquel Giovanni Antonini n’est sans doute pas étranger. <strong>Sonia Prina</strong>, dans le rôle titre, confirme les impressions recueillies ça et là, notamment lors de son Orlando haendélien à Lille et Paris2. L’absence de puissance et de brillant n’est pas ici un défaut. L’accent impérieux place haut le personnage ; la couleur sombre de la voix finit d’en détacher la silhouette. Un chant chargé d’intention parfait la composition. Ecoutez, dans la première scène de l’acte II, comment le murmure du « sospira » suspend l’assaut héroïque de « Come l’onda ». Ecoutez, face à elle, comment <strong>Veronica Cangemi</strong> déploie ses sortilèges en Cleonilla au début de l’opéra dans « Quanto M’alletta », un air dont Frédéric Delaméa relève à raison la subtilité d’écriture, et, plus généralement, comment la virtuosité de la soprano argentine se satisfait de ce rôle d’intrigante taillé à la mesure de Maria Giusti, une cantatrice renommée pour son agilité. Même si moins saillante, <strong>Roberta Invernizzi</strong> s’intègre avec bonheur dans ce paysage vocal. En arrière plan (et seulement 4 airs), <strong>Topi Lehtipuu</strong> continue d’exposer ce qui précisément nous a séduit dans son récent enregistrements d’airs d’opéras de Vivaldi3 (chez Naïve, comme de bien entendu) : un maintien qui n’empêche ni la souplesse, ni la sensibilité et ce timbre doux-amer qui donne à chacune de ses interventions une saveur unique. Nouvelle venue dans cette équipe de vétérans, <strong>Julia Lezhneva</strong> réalise une entrée remarquée. La révélation du festival de Pesaro 2008 (elle avait moins de 18 ans !) et lauréate du premier concours international de Paris4 dévore le rôle de Caio comme une jeune tigresse sa proie. Qu’il s’agisse de virtuosité (la vocalise est rapide mais nette) ou de sentiments, la justesse d’expression nous vaut des instants de haute volée, notamment un « leggi almeno tiranna infide » d’une intensité rare. Si l’on ajoute à ces qualités, un timbre légèrement corsé, qui accroche l’oreille sans la râper, on tient là en un mot, ce qui peut s’appliquer à cet enregistrement dans son ensemble : une réussite.</p>
<p> </p>
<p><strong>Christophe Rizoud</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>1 D’après Frédéric Delaméa, il s’agirait plutôt d’une commande du Teatro delle Garzerie qui aurait  justement voulu prendre l’avantage sur le Teatro delle Grazie plus en vogue. La plupart des textes, à commencer quelques pages auparavant par le livret d’accompagnement de ce CD, indiquent cependant qu’<em>Ottone in villa</em> a été créé au Teatro delle Grazie.</p>
<p>2 Lire <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2096&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">le compte-rendu d’Anne Le Nabour (Paris)</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2035&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">Bernard Schreuders (Lille)</a></p>
<p>3 Lire <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2108&amp;cntnt01origid=57&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=55">la critique de Bernard Schreuders</a></p>
<p>4 Lire <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2049&amp;cntnt01returnid=34">la brève du 19 octobre dernier</a></p>
<p> </p>
<p>.</p>
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		<title>VIVALDI, Ottone in Villa — Innsbruck</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-jardin-harmonique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elisabeth Bouillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Aug 2010 07:12:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ottone in villa, premier opéra composé par Vivaldi, est le résultat d’une commande de Henry Lord Herbert, fils aîné du comte de Pembroke : l’oeuvre devait être dramatiquement efficace et le budget réduit à l’essentiel (petit nombre de chanteurs, absence de chœur et de machinerie). Cet opera seria anticonformiste, qui raconte les intrigues amoureuses de l’empereur romain &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          <em>Ottone in villa</em>, premier opéra composé par Vivaldi, est le résultat d’une commande de Henry Lord Herbert, fils aîné du comte de Pembroke : l’oeuvre devait être dramatiquement efficace et le budget réduit à l’essentiel (petit nombre de chanteurs, absence de chœur et de machinerie). Cet <em>opera seria</em> anticonformiste, qui raconte les intrigues amoureuses de l’empereur romain Ottone, illustre aussi bien la virtuosité du compositeur qui, comme Mozart, dirigeait depuis son pupitre de violon solo, que sa connaissance approfondie de l’art vocal, qu’il enseignait aux jeunes filles de l’<em>Ospedale della Pietà</em>. Sur le plan harmonique et pour ne pas sortir de cette édition 2010 du Festival d’Innsbruck, il reste très en deçà de l’audace dont fera preuve Pergolese, trente deux ans plus tard, dans <em>L’Olimpiade (cf. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=1886&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">notre compte-rendu</a>).</em></p>
<p> </p>
<p>Lalli n’a pas les qualités de Métastase et son livret manque de densité. L’action, fort compliquée, s’essouffle : Tullia se fait passer pour le page Ostilio afin de mieux espionner son amant Caio qui lui préfère Cleonilla, laquelle, courtisée par Ottone, s’éprend d’Ostilio. Ottone, humilié et jaloux, fulmine. Il en résulte un bel <em>imbroglio </em>et l’action tourne en rond, tel un serpent qui se mord la queue. </p>
<p> </p>
<p>Il en est de même de la réalisation scénique : un décor de <strong>Pier Paolo Bisleri </strong>qui, s’il avait été mieux construit, aurait pu être intéressant, des costumes antiquisants de <strong>Monica Iacuzzo</strong> à la limite du professionnalisme et une mise en scène qui dénature l’ouvrage. Au lieu d’accentuer les contrastes entre <em>seria</em> et <em>buffo</em>, <strong>Deda Cristina Colonna</strong> choisit la dérision. Confondant satire et burlesque, elle truffe sa mise en scène, purement anecdotique, de gadgets et de clins d’œil au public. Ainsi, Ottone, qui perd tout prestige, se déplace sur une autruche en carton pâte blanc montée sur roulettes et poussée comme une trottinette par son confident Decio. Quant à Caio, il est tourné en ridicule. Un exemple parmi d’autres : une projection (lumineuse) de saucisses et de bretzels sert d’accompagnement visuel à son magnifique <em>aria </em>« Leggi almeno tiranna infedele » (n°16). La direction d’acteurs n’apporte pas grand-chose, chacun doit se débrouiller seul pour ne pas trahir la partition.</p>
<p> </p>
<p>On le regrette d’autant plus que le <strong>Giardino armonico</strong>, sous la direction éclairée de son chef <strong>Giovanni Antonini</strong>, met brillamment en valeur la partition de Vivaldi qui traite les voix comme des instruments et les fait dialoguer avec le hautbois, la flûte ou le violon solo (qui joue un rôle prédominant dans la partition). Extrêmement précis, sans le moindre décalage, il équilibre les coloris des voix claires (une seule basse) avec les graves de l’orchestre. Il crée une tension dramatique maximum là où, sur scène, on reste à la traîne. Il utilise toute la palette de nuances, n’abusant pas des <em>forte</em>, et ses <em>pianissimi</em> sont suaves, tout comme ceux des chanteurs. Il varie les rythmes, accentue avec expressivité et nous charme par ses beaux phrasés. </p>
<p> </p>
<p>Notons également la performance du clavecin <em>continuo</em>, d’une grande liberté d’inspiration, qui anime à merveille les récitatifs et sait évoquer tout ce qu’on ne voit pas. </p>
<p> </p>
<p>Grâce au soutien du chef et de l’orchestre, les interprètes, d’un niveau comparable à ceux de <em>L’Olimpiade</em>, réussissent à nous donner quelques grands moments d’émotion en dépit des limites fixées par le metteur en scène. L’Ottone de <strong>Sonia Prina</strong>, très imposant, nous fait immédiatement oublier le travesti. La voix, flexible, vocalise avec naturel, les graves ne sont jamais poitrinés. On croirait entendre un castrat tellement le timbre d’alto est riche, homogène et brillant. </p>
<p> </p>
<p>Le beau soprano lyrique de <strong>Veronica Cangemi</strong> s’épanouit pleinement dans le rôle de Cleonilla, personnage fougueux et entreprenant, aux nombreuses facettes. <strong>Sunhae Im</strong>, une habituée du Festival de Musique ancienne que nous avons déjà appréciée dans Zerlina, puis Eurilla3<strong>, </strong>interprète avec punch une Tullia/Ostilio endiablée et trouble.</p>
<p> </p>
<p>Nous avons beaucoup aimé le Decio de <strong>Krystian Adam</strong>, seule voix masculine de la distribution. Il a su conférer humour, noblesse et sagesse à ce confident de l’Empereur auquel Vivaldi a fait la part belle puisqu’il lui a attribué le même nombre d’<em>arie </em>qu’aux autres personnages. Ce ténor aux aigus lumineux possède en outre, dans le medium et le grave, la richesse de timbre d’un baryton martin. </p>
<p> </p>
<p>Quant à <strong>Lucia Cirillo</strong>, magnifique dans le rôle de Caio, elle rétablit l’équilibre <em>seria/</em> <em>buffa</em> rompu par la mise en scène. Son personnage reste très intérieur et elle trouve, dans l’expression du désespoir, des nuances à vous briser le cœur5.</p>
<p> </p>
<p>Rendez-vous en 2011. Le programme s’enrichira d’une troisième œuvre mise en scène. Nous pourrons ainsi découvrir l’unique <em>opera seria</em> de Telemann : <em>Flavius Bertaridus </em>(1729), qui sera coproduit avec Hambourg (ms Jens-Daniel Herzog, avec Maîte Beaumont) ; la seule œuvre de Hasse4 créée à Innsbruck : <em>Romolo e Ersilia </em>; enfin <em>La Calisto</em> de Cavalli (interprété par Café Zimmermann et les lauréats du concours d’opéra baroque Pietro Cesti qui a lieu chaque année à Innsbruck durant le festival). Nous espérons y retrouver le niveau de qualité atteint par <em>L’Olimpiade.</em></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>1- Sebastiano Biancardi, prit ce pseudonyme pour écrire ses livrets car il était recherché par la justice napolitaine.</p>
<p>2- Distribution de la création : Ottone (contralto), Diana Vico; Caio, Bartolomeo Bortoli (castrat soprano) ; Cleonilla, Maria Giusti (soprano) ; Tullia, Margherita Faccioli (soprano); Decio, Gaetano Mozi (ténor).</p>
<p>3- L’année dernière, dans <em>L’Orlando paladino</em> de Haydn.</p>
<p>4- Cf. <em>Pirasme et Tisbe</em> dans notre article <em>Les <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=1779&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54.">Trésors de l’Ecole de Naples</a> </em></p>
<p>5- L’enregistrement CD de cette production devrait paraître prochainement : à surveiller.</p>
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