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	<title>Reigen - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Reigen - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>BOESMANS, Reigen — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-ronde-paris-bastille-en-attendant-les-voix-nouvelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Nov 2017 06:40:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour son premier spectacle de la saison, l’Académie a décidé de présenter un succès de la production lyrique des trente dernières années, lié à un compositeur toujours aussi actif dans le domaine de la création scénique. Le choix est judicieux pour plusieurs raisons. Depuis quelques années, La Ronde de Philippe Boesmans semble en effet occuper &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Pour son premier spectacle de la saison, l’Académie a décidé de présenter un succès de la production lyrique des trente dernières années, lié à un compositeur toujours aussi actif dans le domaine de la création scénique. Le choix est judicieux pour plusieurs raisons. Depuis quelques années, <em>La Ronde</em> de Philippe Boesmans semble en effet occuper une place à part dans le calendrier des programmateurs. La version de chambre réalisée par Fabrizio Cassol n’y est sans doute pas pour rien, puisqu’elle permet à de jeunes chanteurs de s’approprier l’œuvre sans devoir passer au-dessus d’un orchestre sachant se montrer parfois bruyant. En exposant dans chacune des dix scènes un couple dans une relative intimité, Boesmans met en valeur dix vocalités différentes, taillées sur mesure pour beaucoup de chanteurs.</p>
<p class="rtejustify">Mettre en scène <em>La Ronde</em> est doublement dangereux : le spectacle n’est que faussement prévisible dans son déroulement, car chaque scène possède son existence propre, et ne dépend pas de ce qui la suit ou la précède. Par ailleurs, ces dix tableaux de la vie bourgeoise dans la Vienne fin-de-siècle nécessitent chacun une identité forte, défi d’efficacité qui ne laisse passer aucun relâchement dans l’investissement. Malgré toute son intelligence, la mise en scène de <strong>Christiane Lutz</strong> pèche en ce point précis. Conçue pour l’Amphithéâtre Bastille (scène aux moyens tout de même plus réduits que ceux d’un théâtre normal), elle tente de résumer l’action dans un décor unique. Si l’ingéniosité de <strong>Christian Andre Tabakoff</strong> permet de moduler le mur du fond au gré des scènes (tantôt bar, cheminée, boîte de nuit etc), ce qui se passe au devant de la scène ne convainc pas toujours. La direction d’acteurs demeure assez maladroite (ces portes invisibles qu’on ouvre et que l’on referme), ne reposant que sur le charisme de chaque chanteur, les déplacements de décors sont plutôt laborieux et on ne sait trop que penser de la lecture d’ensemble de l’œuvre. Les belles images vidéo du scénographe s&rsquo;avèrent ici un précieux secours.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/idemm.jpg?itok=oneKSg0h" title="© Studio j’adore ce que vous faites !" width="468" /><br />
	© Studio j’adore ce que vous faites !</p>
<p class="rtejustify">Heureusement, l’Académie, c’est aussi et surtout l’assurance de (re)découvrir les talents qui se cachent parmi les recrues des deux dernières années. Si <strong>Sarah Shine</strong> et <strong>Juan de Dios Mateos</strong> ne sont pas les plus convaincants de la distribution (l’allemand leur fait certes défaut mais les rôles ne sont pas non plus les mieux servis), la mezzo <strong>Jeanne Ireland</strong> peut s’enorgueillir d’un timbre rond et d’un aigu chaud et coloré, ainsi que d’une réelle présence scénique. Autres voix remarquables de la soirée, celles du duo Jeune Femme/Jeune Homme incarné par <strong>Marianne Croux</strong> et <strong>Maciej Kwaśnikowski</strong>. Le timbre frais et la projection impeccable de la soprano vont de pair avec un jeu tantôt humoristique et décalé, tantôt plus mélancolique. Même si l’allemand du ténor est perfectible, louons avant tout le timbre brillant et dégagé de sa voix, mise particulièrement à l’épreuve dans les nombreux aigus de cette partie. La basse de <strong>Mateusz Hoedt</strong> demeure un brin monolithique et sa prononciation se teinte volontiers de voyelles russisantes, mais il n’en est pas moins un mari sinistrement crédible. La rondeur et le timbre sombre de la mezzo <strong>Farrah El Dibany</strong> sont remarquables (et on l’imagine volontiers en Carmen), mais force est de constater que ce timbre opulent ne convient peut être pas tout à fait à la jeune fille que requiert le livret. Côté projection, le timbre de <strong>Jean-François Marras</strong> ne semble souffrir d’aucune entrave, mais un jeu plus effacé et un allemand assez franchouillard viennent altérer la qualité de sa prestation. <strong>Sofija Petrović</strong> évolue tout à fait dans son élément, puisqu’elle se donne à fond dans son personnage de diva, pour le plaisir du public. L’interprétation est d’autant plus crédible qu’une projection à peine croyable pour une si jeune voix fait trembler les murs de l’amphithéâtre. De fait, le comte de <strong>Danylo Matviienko</strong> en apparaît un peu en retrait, mais clôt la distribution sur une performance honorable.</p>
<p class="rtejustify">A la direction de l’Orchestre-Atelier Ostinato, <strong>Jean Deroyer</strong> manie la partition avec précision, tirant de son ensemble – bien que réduit – des sonorités qui rappellent le grand orchestre prévu initialement par Boesmans. L’acoustique assez sèche de l’amphithéâtre ne sert pas toujours les ensembles, mais la virtuosité instrumentale de chacun des musiciens suffit pour donner à la partition son relief nécessaire. </p>
<p class="rtejustify">En attendant la finale nationale de Voix Nouvelles en février 2018 à l’Opéra Comique, le public parisien peut se réjouir du renouveau de voix jeunes présentées dans ce spectacle.</p>
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		<title>BOESMANS, Reigen — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ronde-de-printemps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Feb 2013 00:21:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  De toute sa production opératique, qui compte à présent cinq titres, Philippe Boesmans n’avait peut-être pas prévu que la plus populaire serait Reigen, créé à Bruxelles en mars 1993, production ensuite reprise à Strasbourg et à Paris. Vingt ans après, on mesure toute la réussite de cette œuvre qu’avait saluée en son temps un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			De toute sa production opératique, qui compte à présent cinq titres, Philippe Boesmans n’avait peut-être pas prévu que la plus populaire serait <em>Reigen</em>, créé à Bruxelles en mars 1993, production ensuite reprise à Strasbourg et à Paris. Vingt ans après, on mesure toute la réussite de cette œuvre qu’avait saluée en son temps un numéro spécial de <em>L’Avant-Scène Opéra</em>, honneur auquel n’ont eu droit que peu d’opéras contemporains. Cette adaptation de <em>La Ronde</em> de Schnitzler avait marqué la première collaboration du compositeur, lui-même très sensible à une certaine influence germanique, avec le metteur en scène Luc Bondy, qui s’était justement fait remarquer en France par des spectacles comme <em>Terre étrangère</em> du même Schnitzler. Comme l’a montré la suite de leur travail, il est possible de créer de bons, voire de très bons opéras contemporains à partir de pièces de théâtre classiques, et il n’est pas nécessaire de recourir à des livrets déconstruits ou dénués de personnages, comme certains voudraient nous le faire croire. Enfin, dernier argument qui joue en la faveur des œuvres de Boesmans, elles ne sont pas toutes lourdes à monter : <em>Julie</em>, d’après Strindberg, n’exige que trois chanteurs et un seul décor, et une tournée partie d’Orléans l’a promené en France et en Belgique en 2009-2010, production revue l’an dernier à Limoges. <em>Reigen </em>compte une dizaine de personnages, mais ils n’interviennent chacun que dans deux scènes, et c’est peut-être ce qui explique que cette œuvre ait la faveur des « jeunes troupes » et autres écoles d’art lyrique. En 2004, l’Atelier du Rhin en proposa une version de chambre qu’on vit d’abord à Colmar, Mulhouse et Strasbourg, puis à Paris et à Lausanne, dans la même transcription pour vingt-deux musiciens due à Fabrizio Cassol, que dirige ici d’une baguette experte <strong>Tito Ceccherini</strong>, grand défenseur de la musique d’aujourd’hui.</p>
<p>			Pourtant, l’entreprise tient un peu de la gageure quand les moyens sont limités. Scéniquement, <em>Reigen </em>nous promène aussi dans une dizaine de lieux différents, et il faut savoir le montrer au spectateur. L’an dernier, avec <em>Echo et Narcisse</em> de Gluck <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3536&amp;cntnt01returnid=34">au CNSM</a>, <strong>Marguerite Borie</strong> avait fait le choix d’une mise en scène hyperactive, constamment en mouvement, grâce notamment à des décors très mobiles. Peut-être cette agitation était-elle nécessaire pour faire revivre le monde des nymphes et des dieux. Pour l’univers (trop) humain de Schnitzler, dans la scénographie dépouillée mais superbement éclairée de <strong>Laurent Castaingt</strong>, quelques accessoires apportés par les chanteurs eux-mêmes suffisent à situer l’action. Les costumes de <strong>Pieter Coene</strong>, « créés à partir de fripes actuelles », évoquent clairement l’entre-deux-guerres (comme la production originelle de Luc Bondy) pour cette pièce écrite en 1896 mais aisément transposable. Le travail de la metteuse en scène se recentre ici sur la psychologie des personnages, avec de très beaux moments, dans la gravité comme dans le rire. Car c’est une autre spécificité de l’opéra de Boesmans : le comique y a sa place, surtout à travers deux ou trois personnages explicitement bouffons.</p>
<p>
			Même si chaque interprète n’est qu’assez peu de temps en scène, même si le choix d’une œuvre contemporaine leur évite la comparaison avec les grandes voix du passé, cette <em>Ronde </em>peut se révéler un cadeau empoisonné pour de jeunes chanteurs, dans la mesure où certains personnages exigent un format vocal bien particulier, et surtout d’authentiques personnalités. En l’occurrence, le CNSM de Paris avait tout à fait les moyens de ses ambitions, grâce à une promotion particulièrement brillante, d’où se détachent quelques noms. On se souvient qu’à la création, Philippe Boesmans avait réservé un rôle truculent à Françoise Pollet, interprète privilégiée de ses <em>Trakl-Lieder</em> : miracle, la toute jeune <strong>Marie-Laure Garnier</strong>, native de Guyane, est déjà le grand soprano dramatique qu’appelle le personnage de la Cantatrice, qu’elle incarne avec une gourmandise voluptueuse et avec une intensité qui laisse pantois. Succéder à Dale Duesing, dont Boesmans avait exploité les facilités dans le falsetto, est moins facile pour le baryton <strong>Romain Dayez</strong>, qui réussit néanmoins à imposer sa présence. On est en revanche ébahi par l’assurance scénique et vocale de <strong>Jean-Jacques L’Anthoën</strong>, qui hérite du rôle de fort ténor conçu pour le Poète et l’adapte à ses importants moyens. Porté par le rôle « payant » du Jeune Homme, <strong>Enguerrand de Hys</strong>, vu en Don Ottavio <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=4181&amp;cntnt01returnid=54">à Bastia</a> en septembre dernier, remporte un vif succès. Et l’on prête une oreille attentive au soprano délicat de <strong>Laura Holm</strong>, Jeune Femme d’une grande sensibilité, capable de faire passer bien des émotions dans sa voix souple. Sans marquer autant le spectateur, aucun de leurs collègues ne démérite pour autant et tous tiennent dignement leur rôle. Chaleureusement applaudi à l&rsquo;issue de la soirée, Philippe Boesmans devrait livrer son prochain opus lyrique au printemps 2014, <em>Au monde</em>, sur un livret de Joël Pommerat ; espérons qu’il favorisera lui aussi l’éclosion d’autant de nouveaux talents.</p>
<p>			Encore quatre représentations de <em>Reigen </em>au CNSM, les 5, 7, 9 et 13 février à 20h</p>
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