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	<title>Richard Cœur de Lion - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Richard Cœur de Lion - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>L&#8217;Opera Atelier de Toronto honoré à Versailles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Nov 2021 06:01:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opera Atelier a été fondé à Toronto en 1985 par Marshall Pynkoski et Jeannette Lajeunesse Zingg, époux à la ville. L’institution est dédiée aux ouvrages des XVIIe et XVIIIe siècles, et en particulier à l’opéra baroque français, ce qui n’est pas le moindre des défis dans le Canada anglophone. La compagnie produit deux spectacles par &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opera Atelier a été fondé à Toronto en 1985 par <strong>Marshall Pynkoski </strong>et <strong>Jeannette Lajeunesse Zingg</strong>, époux à la ville. L’institution est dédiée aux ouvrages des XVIIe et XVIIIe siècles, et en particulier à l’opéra baroque français, ce qui n’est pas le moindre des défis dans le Canada anglophone. La compagnie produit deux spectacles par an, dans une perspective historiquement documentée (instruments anciens, scénographie&#8230;). L’Opera Atelier ne dispose pas d’un théâtre à elle à Toronto. Elle se lance, tous les deux ans, dans une tournées internationale (New York, Houston, Stuttgart, Brème, Londres, Singapore, Séoul, Tokyo…). A l’Opéra Royal de Versailles, la compagnie a donné le <em>Pygmalion </em>de Rameau couplé avec l’<em>Actéon</em> de Charpentier, l’<em>Armide</em> de Lully, la <em>Médée</em> de Charpentier et, tout récemment, <em>Richard Cœur de Lion</em> de Grétry<a href="/richard-coeur-de-lion-versailles-un-eblouissement"> par lequel nous avons été particulièrement séduit</a>, spectacle <a href="https://www.forumopera.com/dvd/richard-coeur-de-lion-un-chainon-bien-huile">également disponible en DVD</a>. C’est à l’issue de la représentation du 11 novembre dernier que Marshall Pynkoski et Jeannette Lajeunesse Zingg ont reçu, des mains de Laurent Brunner, directeur de Château de Versailles Spectacles, les insignes d’Officiers de l’Ordre des Arts et des Lettres, pour leur contribution à la défense du patrimoine culturel national en France et dans le monde entier, un honneur qui vient récompenser 35 années de passion et de dévouement envers ce répertoire. A la fin de la cérémonie, artistes et public, debout, ont entonné une vigoureuse <em>Marseillaise </em>(sur instruments anciens). Une conclusion paradoxale, qui témoigne de la diversité française : en ces mêmes lieux, le 1<sup>er</sup> octobre 1789, les Gardes du Corps du Roi, qui tenaient banquet au parterre de l’opéra, avaient chanté « Ô Richard ! Ô mon roi ! » lorsque le souverain et la reine étaient venus les saluer ; il n’en fallut pas plus pour déclencher la colère révolutionnaire et Louis XVI, son épouse et leur fils furent ramenés à Paris dès le lendemain.</p>
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		<title>GRÉTRY, Richard Cœur de Lion — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/richard-coeur-de-lion-versailles-un-eblouissement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Nov 2021 04:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 2019 à l&#8217;Opéra royal et captée en DVD à l&#8217;occasion, la production de Richard Coeur de Lion fait cette saison l&#8217;objet d&#8217;une reprise dans une distribution quasiment inchangée. Dans sa conférence introductive, Hervé Niquet confiait avoir eu le sentiment de renfiler des chaussons : la perfection de l&#8217;exécution confirme cette perception d&#8217;un spectacle parfaitement rodé avec des solistes impeccables et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée en 2019 à l&rsquo;Opéra royal et <a href="https://www.forumopera.com/dvd/richard-coeur-de-lion-un-chainon-bien-huile">captée en DVD à l&rsquo;occasion</a>, la production de <em>Richard Coeur de Lion </em>fait cette saison l&rsquo;objet d&rsquo;une reprise dans une distribution quasiment inchangée. Dans sa conférence introductive, Hervé Niquet confiait avoir eu le sentiment de renfiler des chaussons : la perfection de l&rsquo;exécution confirme cette perception d&rsquo;un spectacle parfaitement rodé avec des solistes impeccables et un vrai esprit de troupe. L&rsquo;œuvre, relativement courte (moins d&rsquo;une heure et demi) est donnée sans entracte, avec quasiment aucune coupure dans le discours dramatique grâce à d&rsquo;efficaces changement de décors à vue (Hervé Niquet a également meublé le dernier précipité avec de la musique de ballet de Grétry). L&rsquo;ouvrage est étonnant, avec une multiplicité de personnages sans qu&rsquo;aucun ne prenne vocalement le dessus. Le livret, à la versification laborieuse, compte les efforts de Blondel pour libérer Richard, emprisonné par Léopold V d&rsquo;Autriche. Blondel, qui se fait d&rsquo;abord passer pour aveugle pour ne pas attirer les soupçons, découvre l&rsquo;existence d&rsquo;un prisonnier dans la forteresse de Linz grâce à deux compatriotes, Laurette (courtisée en secret par le gouverneur de la prison) et son père Sir Williams (qui n&rsquo;apprécie pas la chose). Détail amusant, le gouverneur de la prison s&rsquo;appelle… Florestan ! La comtesse Marguerite d&rsquo;Artois, amoureuse du roi Richard, est de passage dans le village : Blondel s&rsquo;en fait reconnaitre en lui chantant une romance que le roi avait composé pour elle. A l&rsquo;acte suivant, Blondel utilise le même subterfuge pour se faire reconnaitre du roi. Une fête est organisée au dernier acte, à laquelle Florestan se présente pour courtiser Laurette : les amis de Richard en profitent pour attaquer la place et délivrer le roi. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/4787-richard-coeur-de-lion-agathe-poupeney-diaporama_big-1_2.jpg?itok=34f3NIl7" title="© Agathe Poupeney" width="468" /><br />
	© Agathe Poupeney</p>
<p>La musique est constamment plaisante, quoique sans mélodies particulièrement entêtantes. Parmi la bonne vingtaine de numéros musicaux, citons « Ô Richard, ô mon roi », interprété par Blondel à l&rsquo;acte I : l&rsquo;air fut chanté le 1er octobre 1789 par les gardes du corps du roi à l&rsquo;arrivée de Louis XVI et de Marie-Antoinette venus les saluer alors que la troupe tenait un banquet à l&rsquo;Opéra royal. L&rsquo;événement ne fut pas au goût des révolutionnaires, lesquels emmenèrent la famille royale à Paris dès le lendemain. La page devint un signe de ralliement des royalistes. L&rsquo;air de Laurette, « Je crains de lui parler la nuit », est connu des amateurs de Tchaikovsky : c&rsquo;est celui que chante la vieille comtesse de<em> La Dame de Pique</em>, lorsqu&rsquo;elle se remémore sa visite au roi de France à Versailles. Le rôle fut créé par la célèbre Madame Dugazon, royaliste fervente qui réussit à garder la tête sur les épaules malgré des sentiments qu&rsquo;elle ne cachait pas. Notons également l&rsquo;amusant ensemble « Quand les bœufs vont deux à deux, le labourage en va mieux » ou la délicate romance de Richard, « Une fièvre brûlante ». L&rsquo;architecture de la partition est pleine de surprises : airs, duos, trios, ensembles, interruptions par des dialogues parlés… Il y a là une liberté formelle étonnante, imprévisible. L&rsquo;orchestration de Grétry est au diapason, pleine d&rsquo;imagination, et l&rsquo;on comprend l&rsquo;enthousiasme du chef Hervé Niquet envers le compositeur liégeois, comme pour ce <em>Richard Coeur de Lion</em> qu&rsquo;il voit comme un ancêtre de la comédie musicale.</p>
<p>Le spectacle de <strong>Marshall Pynkoski</strong>, co-directeur artistique de l&rsquo;Opéra Atelier de Toronto, est tout simplement parfait, dramatiquement sans temps morts. L&rsquo;expression théâtrale est soignée, le metteur en scène ayant par ailleurs choisi de légèrement outrer l&rsquo;expression des sentiments en la soulignant par des postures adaptées, sans pour autant faire sourire. Les décors d&rsquo;<strong>Antoine Fontaine</strong>, à base de toiles peintes en trompe l&rsquo;oeil, sont un absolu ravissement et la scénographie est parfaitement mise en valeur par les superbes lumières d&rsquo;<strong>Hervé Gary</strong>. <strong>Jeannette Lajeunesse Zingg</strong>, également co-directrice artistique de Opéra Atelier de Toronto, signe une vraie chorégraphie classique, exigeante et superbement exécutée par le Ballet de l&rsquo;Opéra Royal. Les brillants escrimeurs, dont les combats sont impeccablement réglés par <strong>Dominic Who</strong>, nous font revivre le temps des films de cap et d&rsquo;épée. Les beaux costumes de <strong>Camille Assaf</strong> sont dans l&rsquo;esprit du XVIIIe siècle.</p>
<p>En Blondel, <strong>Rémy Mathieu </strong>est une sorte de Figaro virevoltant et omniprésent, compensant par sa prestation dramatique des moyens vocaux un peu limités, en particulier dans le haut médium, un brin nasal. La diction est impeccable, le timbre agréable, et sa composition emporte l&rsquo;adhésion. <strong>Melody</strong> <strong>Louledjian</strong> est une Laurette tour à tour délicate et impétueuse, avec un beau timbre de soprano. <strong>Pierre Derhet </strong>offre une belle voix de ténor et sa composition, d&rsquo;une belle noblesse, est du meilleur style. <strong>Marie Perbost </strong>interprète le rôle travesti d&rsquo;Antonio puis celui de la Comtesse, parfaite dans ces deux rôles. <strong>Geoffroy Buffière </strong>est un amusant Sir Williams et <strong>Jean-Gabriel Saint-Martin </strong>sait subtilement rendre les diverses facettes du gouverneur, implacable gardien de prison mais aussi amoureux de la belle Laurette. Tous les autres solistes sont également à saluer. Les chœurs sont excellents. Elément clé du succès de cette résurrection, <strong>Hervé</strong> <strong>Niquet</strong> emporte le spectacle dans un véritable tourbillon musical, à la tête de son <strong>Concert Spirituel</strong> dans une forme éblouissante. Aux saluts, l&rsquo;équipe reçoit un accueil chaleureux d&rsquo;une salle quasiment pleine. </p>
<p>[EDIT] A l&rsquo;issue de la représentation du 11 novembre, Marshall Pynkoski et Jeannette Lajeunesse Zingg <a href="/breve/lopera-atelier-de-toronto-honore-a-versailles">ont reçu les insignes d’Officiers de l’Ordre des Arts et des Lettres</a>.</p>
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		<title>Richard Cœur de Lion</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/richard-coeur-de-lion-un-chainon-bien-huile/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Benoît Jacques de Dixmude]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Dec 2020 10:38:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Certaines œuvres s&#8217;inscrivent dans l&#8217;Histoire sans l&#8217;avoir cherché. Ainsi La Muette de Portici est-elle réputée avoir déclenché la révolution qui en 1830 donnera naissance à l&#8217;état belge, par la seule incandescence de son duo « Amour sacré de la Patrie ». Créé en 1784, Richard Cœur de Lion irritera le peuple français cinq ans plus tard lorsque les Gardes de Louis XVI reprennent &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Certaines œuvres s&rsquo;inscrivent dans l&rsquo;Histoire sans l&rsquo;avoir cherché. Ainsi <em>La Muette de Portici</em> est-elle réputée avoir déclenché la révolution qui en 1830 donnera naissance à l&rsquo;état belge, par la seule incandescence de son duo « Amour sacré de la Patrie ». Créé en 1784, <em>Richard Cœur de Lion</em> irritera le peuple français cinq ans plus tard lorsque les Gardes de Louis XVI reprennent en chœur « Ô Richard, Ô mon Roi », qui deviendra l&rsquo;hymne des royalistes. La foule descend alors sur Versailles et pousse la famille royale à quitter définitivement ce lieu dont la splendeur est devenue insupportable. Mais cet opéra-comique de Grétry constitue aussi un jalon marquant dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;opéra. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une des premières intrigues à sauvetage – mais ici Florestan tient le mauvais rôle – basée sur un argument historique, et la pièce nous épargne nymphes et bergers, ou autres sujets mythologiques. La scène chorale de la taverne « Et zic et zic et zic et zoc » annonce Kleinzack. Les nombreux ballets, les dialogues parlés et la grande scène épique finale de l&rsquo;assaut contre le château où est détenu Richard, tout cela contient les ferments qui aboutiront au grand opéra français. Mais Grétry maîtrise bien son sujet et emballe tous ces ingrédients en trois actes pour une durée totale de 75&prime;, une concision qui ne lui survivra malheureusement pas au XIXe siècle. <em>Richard </em><em style="font-size: 14px;">Cœur de Lion</em> constitue sans doute l&rsquo;opéra le plus populaire de Grétry et connaîtra des centaines de représentations sur les scènes françaises, jusqu&rsquo;en 1910.</p>
<p>C&rsquo;est dire si ce maillon important dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;opéra en France était une machine à succès bien huilée. Reste que le livret n&rsquo;éblouit pas par ses qualités littéraires et  que l&rsquo;intrigue ne brille pas par sa vraisemblance. La vie de Richard 1er d&rsquo;Angleterre, surnommé « Cœur de Lion » par les français, ne manque pourtant pas de péripéties : <a href="https://www.forumopera.com/actu/les-croisades-et-lopera-sanglantes-epopees">il a participé à la troisième croisade</a> et son nom est associé à la légende de Robin des bois. Le livret de Sedaine s&rsquo;attache pourtant à une autre légende, celle de Blondel, ce trouvère et compagnon de Richard qui aurait contribué à sa libération, lorsqu&rsquo;il fut capturé pendant son retour de croisade. Mais Blondel n&rsquo;est pas Orphée et la pièce de Grétry ne renferme guère de grands idéaux qui toucheraient le spectateur d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Le compositeur possède un talent de mélodiste incontestable mais l&rsquo;ensemble reste singulièrement prévisible. Et quand on songe que Mozart écrit deux ans plus tard <em>les Noces de Figaro</em>, on se dit que le filtre du temps remplit parfois assez bien sa fonction.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/4787-richard-coeur-de-lion-agathe-poupeney-diaporama_big-1_0.jpg?itok=t0Wa8nUc" title="Rémy Mathieu et Melody Louledjian @Agathe Poupleney" width="468" /><br />
	Rémy Mathieu et Melody Louledjian @Agathe Poupleney</p>
<p>Château de Versailles mérite pourtant notre gratitude sans réserves pour redonner vie avec autant de panache à cette pièce, charnière entre deux époques et emblématique pour l&rsquo;Opéra Royal de Versailles, <a href="https://www.forumopera.com/dossier/versailles-250-ans-dopera">dont on célèbre le 250e anniversaire</a>. La volonté d&rsquo;inscrire le spectacle dans un cadre historique apparaît déjà dans l&rsquo;équipe réunie pour la production : <strong>Marshall Pynkoski</strong> et la chorégraphe <strong>Jeannette Lajeunesse Zingg</strong>, qui dirigent depuis 35 ans l&rsquo;<em>Opera Atelier</em> de Toronto, figurent parmi les meilleurs spécialistes pour le répertoire des XVIIe et XVIIIe siècles. Quant à <strong>Hervé Niquet</strong>, ses talents pour ressusciter des pièces injustement négligées n&rsquo;est plus à démontrer et <a href="https://www.forumopera.com/breve/le-concert-spirituel-laureat-du-prix-liliane-bettencourt-pour-le-chant-choral-2020">le Prix Liliane Bettencourt a récemment récompensé sa direction chorale.</a> Tant les metteurs en scène que le chef sont tous trois des habitués de Versailles. Pour les décors on reste dans une pratique historiquement informée grâce aux toiles peintes sur chassis réalisées par <strong>Antoine Fontaine</strong>. Cela fonctionne très bien, y compris pour l&rsquo;oeil des caméras, tout en permettant des changements rapides. Côté costumes, point de Moyen Age de pacotille, l&rsquo;univers de <strong>Camille Assaf</strong> reste dans un XVIIIe pré-révolutionnaire de fort bon aloi. La distribution est irréprochable et tous les chanteurs servent avec dynamisme une mise en scène très efficace, soutenue par des ballets qui enchaînent les scènes de manière fluide, ne laissant aucun temps mort. Du côté des dames, saluons la belle prestation de <strong>Melody Louledjian</strong> dans le rôle de Laurette : son soprano clair et lumineux séduit aussi par la pétulance de son investissement scénique. N&rsquo;hésitez pas à écouter s<a href="https://www.forumopera.com/breve/la-playlist-de-la-redaction-du-mois-de-decembre">on air « Je crains de lui parler la nuit », qui figure en 12e place sur la playlist que Forumopera propose en décembre</a> (et sera cité par Tchaïkovski dans <em>La Dame de Pique</em>). <strong>Marie Perbost</strong> excelle dans le rôle travesti d&rsquo;Antonio et dans celui plus court de la Comtesse, l&rsquo;amante de Richard. Chez les hommes, <strong>Reinoud Van Mechelen</strong> donne toute la majesté requise au rôle de Richard, avec l&rsquo;immense talent qu&rsquo;on lui connaît et son impeccable diction. Mais son rôle reste plutôt limité car c&rsquo;est Blondel qui porte toute l&rsquo;action, du début à la fin. Château de Versailles propose à la fois le CD et le DVD de ce spectacle, et on trouve deux interprètes différents pour ce rôle essentiel : <strong>Rémy Mathieu</strong> donne vie à Blondel sur le DVD, avec panache et conviction, alors que c&rsquo;est Enguerrand de Hys qui l&rsquo;incarne sur le CD. De ces deux supports, c&rsquo;est naturellement le premier qui a retenu notre attention, la réussite de ce spectacle reposant pour beaucoup sur l&rsquo;harmonie visuelle. Et pour une œuvre qui contient des dialogues parlés, avouons que le CD n&rsquo;est pas idéal. La réalisation de <strong>Julien Condemine </strong>rend parfaitement justice à ce spectacle. On oublie trop souvent le rôle créatif du réalisateur dans la production d&rsquo;un DVD. C&rsquo;est pourtant lui qui par son regard, son découpage et ses cadrages nous propose une narration originale, inévitablement subjective et différente de ce que l&rsquo;on peut ressentir dans la salle. Il est donc injuste qu&rsquo;il faille feuilleter le copieux livret jusqu&rsquo;à la page 165 pour découvrir le nom de cet acteur déterminant. Le livret propose également le texte complet avec sa traduction en anglais et en allemand.</p>
<p>Bref, si <em>Richard </em><em style="font-size: 14px;">Cœur de Lion</em> ne retrouvera sans doute pas la gloire populaire qu&rsquo;il a connue au XIXe siècle, il mérite notre intérêt par son rôle historique dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;opéra en général et celle de Versailles en particulier. Et puis, comme le souligne Hervé Niquet, ce spectacle convainc par son efficacité parfaitement rôdée, digne d&rsquo;une bonne comédie musicale.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>GRÉTRY, Richard Cœur de Lion — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/richard-coeur-de-lion-versailles-plus-royaliste-que-le-roi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Oct 2019 20:03:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En apprenant que le Richard Cœur de Lion programmé à Versailles serait confié au tandem canadien Marshall Pynkoski – Jeannette Lajeunesse Zingg, on pouvait légitimement se demander si le spectacle ressemblerait à ceux que l’Opera Atelier Toronto vient chaque année présenter à l’Opéra royal. Allions-nous retrouver les éternels costumes employés chez Lully comme chez Rossini, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En apprenant que le <em>Richard Cœur de Lion</em> programmé à Versailles serait confié au tandem canadien <strong>Marshall Pynkoski – Jeannette Lajeunesse Zingg</strong>, on pouvait légitimement se demander si le spectacle ressemblerait à ceux que l’Opera Atelier Toronto vient chaque année présenter à l’Opéra royal. Allions-nous retrouver les éternels costumes employés chez Lully comme chez Rossini, ces tenues de pirates maintes fois décrites, pour les messieurs, ces amples robes aux couleurs vives pour les dames, le tout dans des décors apparemment sortis de réserves des années 1940 ? Par bonheur, le metteur en scène et la chorégraphe ont choisi de se montrer plus royalistes que le roi, et pour un opéra-comique comme le chef-d’œuvre de Grétry, il s’avère qu’ils ont fort bien fait.</p>
<p>D’abord, ils ont travaillé avec un scénographe qui pousse plus loin le souci de recréer les pratiques du XVIII<sup>e</sup> siècle : <strong>Antoine Fontaine</strong>, qui a notamment participé à des spectacles comme <em>Amadis de Gaule</em> à l’Opéra-Comique ou <em>Hippolyte et Aricie </em>au Capitole de Toulouse et à l’Opéra de Paris, pratique l’art de la toile peinte avec beaucoup d’intelligence, et les décors qu’il a conçus pour <em>Richard Cœur de Lion</em>, outre qu’ils permettent un changement à vue entre le premier et le deuxième acte, ont l’avantage de bien caractériser les lieux de l’action, notamment une fort belle prison gothique. Les costumes de <strong>Camille Assaf</strong> doivent avoir été imaginés en fonction du théâtre de Gabriel, car ils en reprennent le délicat camaïeu de bleus et de bruns, pour un résultat raffiné et fort agréable à l’œil. Pas de Moyen Age, toutefois, car Marshall Pynkoski a choisi de transposer l’action au siècle des Lumières, sans toutefois chercher à identifier le souverain incarcéré à un monarque ayant connu les mêmes désagréments peu après 1784, année de la création de l’œuvre. L’essentiel est que le spectacle soit fluide et surmonte l’écueil que peuvent être les dialogues parlés, ce que facilite une distribution (presque) entièrement francophone. Les ballets réglés par Jeannette Lajeunesse Zingg s’intègrent parfaitement à l’action, sans donner l’impression d’y avoir été introduits au chausse-pied. Bref, cette mise en scène se révèle vraiment fort agréable à regarder, et on ne lui reprochera pas, pour une œuvre aussi rarement montée – avait-on souvent revu <em>Richard Cœur de Lion</em> en France depuis les représentations à Saint-Etienne en 1990 ? –, de ne pas avoir voulu tirer du livret de Sedain davantage que ce qu’il contient, c’est-à-dire assez peu de choses à vrai dire.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/191008-richardc-cagathepoupeney0212.jpg?itok=oUlqR0Hm" title="© Agathe Poupeney" width="468" /><br />
	© Agathe Poupeney</p>
<p>Autre artisan décisif de ce succès, <strong>Hervé Niquet</strong> dans la fosse entraîne son Concert Spirituel tambour battant mais sans jamais donner le sentiment de brusquer les choses : la partition a ses mérites et ses limites, l’écriture orchestrale de Grétry ne manque pas de couleurs, et elle inclut assez de morceaux de bravoure pour charmer encore le spectateur d’aujourd’hui. Même si « O Richard, ô mon roi » n’est plus le tube qu’il fut, le compositeur liégeois peut adresser un grand merci à Tchaïkovski, grâce auquel « Je crains de lui parler la nuit » est familier à tous les amateurs d’opéra.</p>
<p>La distribution, on l’a dit, est presque entièrement francophone : la seule exception est <strong>Reinoud van Mechelen</strong>, qu’on pourrait qualifier de francophone honoraire, tant il sert fréquemment notre répertoire. Le rôle de Richard, paradoxalement très peu développé, lui donne néanmoins l’occasion de manifester une facette de son talent que l’on ne connaissait pas forcément encore, car il communique à l’air du roi emprisonné une bien belle vaillance, une fougue plutôt rare dans ses emplois ordinaires. On se réjouit de cette évolution, prélude à l’élargissement de son répertoire, puisque le ténor flamand sera en décembre prochain Nadir des <em>Pêcheurs de perles</em> à Toulon.</p>
<p>Le personnage principal n’est donc peut-être pas le rôle-titre, mais plutôt le troubadour Blondel, ici rendu à un ténor alors qu’une certaine tradition – remontant peut-être à la révision de la partition par Adolphe Adam – voulait qu’on le confie à un baryton. <strong>Rémy Mathieu</strong> l’interprète avec une conviction qui fait mouche, même s’il sonne parfois encore un peu jeune (alors qu’on l’appelle « vieillard » à plusieurs reprises). <strong>Melody Louledjian</strong> est une Laurette délicieuse mais mièvrerie aucune, qui réussit à rendre son air poignant alors même qu’il n’a pas ici l’entourage mystérieux dont l’a habillé Tchaïkovski dans <em>La Dame de pique</em>. Grâce au rôle travesti d’Antonio, <strong>Marie Perbost</strong> trouve l’occasion de déployer sa jolie voix, alors que le personnage de la Comtesse lui laisse assez peu à chanter. <strong>Geoffroy Buffière</strong> est un savoureux Sir Williams, prompt à manier le couteau, et <strong>Jean-Gabriel Saint-Martin</strong> a fière allure en gouverneur Florestan. Dommage que l’interprète de la chanson « Et zig et zig, et fric et froc », au troisième acte – que le programme ne nomme pas – manque un peu de puissance, car il y met une énergie fort louable.</p>
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