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	<title>Sosarme - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<title>Sosarme - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>HAENDEL, Sosarme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 03:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>J’ignore les raisons pour lesquelles cet opéra seria de Haendel n’attire guère ni les metteurs en scène ni les directeurs d’opéra. La seule recension d’une production de l’œuvre, dans les archives de Forum Opéra qui couvrent tout de même un quart de siècle, remonte à juin 2016 à Halle en Allemagne. Et le moins qu’on &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>J’ignore les raisons pour lesquelles cet opéra<em> seria</em> de Haendel n’attire guère ni les metteurs en scène ni les directeurs d’opéra. La seule recension d’une production de l’œuvre, dans les archives de Forum Opéra qui couvrent tout de même un quart de siècle, remonte à juin 2016 à Halle en Allemagne. Et le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’avait guère séduit notre collègue Bernard Schreuders. Je renvoie volontiers le lecteur vers <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://J’ignore les raisons pour lesquelles cet opéra séria de Haendel n’attire guère ni les metteurs en scène ni les directeurs d’opéra. La seule recension d’une production de l’œuvre, dans les archives de Forum Opéra qui couvrent tout de même un quart de siècle, remonte à juin 2016 à Halle en Allemagne. https://www.forumopera.com/spectacle/sosarme-halle-cinq-personnages-en-quete-de-voix-et-une-basse/ Et le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’avait guère séduit notre collègue Bernard Schreuders. Je renvois volontiers le lecteur vers son article qui y trouvera tout ce qu’il faut savoir sur la genèse de l’œuvre, sa rareté, ainsi qu’une description du livret.  Aujourd’hui c’est l’excellent label du Château de Versailles qui propose Sosarme, créé à Londres en 1732. Et certes, cet enregistrement vient combler un grand vide, puisqu’aucun autre n’est plus disponible actuellement. Dans toute l’histoire du disque, trois enregistrements seulement en ont été réalisés, le premier par Anthony Lewis pour l’Oiseau-Lyre en 1954, ça date un peu tout de même, le deuxième pour Newport sous la direction de Johannes Somary (1994), et le troisième, dans la version portugaise de l’œuvre, par Alan Curtis et Il Complesso Barocco pour Virgin Classics (2005). Le livret mêlant intrigue dynastique et passions amoureuses est pourtant riche en péripéties, assez resserré, et offre la possibilité de quelques beaux airs ou duos, sans toutefois atteindre le niveau d’intensité dramatique du Giulio Cesare ou d’Agrippina par exemple. La partition contient son lot d’airs à vocalises particulièrement redoutables, et nécessite des chanteurs aguerris. Elle contient aussi, chose plus rare chez Haendel, trois duos remarquables dont le spectaculaire Per le Porte del Tormento entre Elmira et Sosarme à l’acte II, une page de toute beauté. Avec un orchestre de 26 musiciens, Marco Angiolini, qui tient également le rôle de Haliate, peine à donner à la partition l’ampleur que le sujet mérite. Est-ce une faiblesse de la prise de son, très proche des chanteurs mais reléguant la partie instrumentale à l’arrière-plan, est-ce lié au lieu de l’enregistrement ou à la taille de l’orchestre, le résultat sonore paraît étriqué, manquant de relief et de séduction. Peu de recherche de couleurs orchestrales, une dynamique assez fade, une instrumentation très standardisée, le chef déroule la partition sans réussir à construire véritablement la progression dramatique, générant ainsi un sentiment de longueur et de répétition. Il y met pourtant beaucoup d’énergie et de fougue, c’est plutôt la gravité, la dramaturgie et la profondeur qui font défaut. La distribution vocale devrait être dominée par le rôle-titre, confié au célèbre castrat Senesino au jour de la création de l’œuvre. Le très jeune contre-ténor Rémy Brès-Feuillet qui s’est déjà fait entendre dans des (plus petits) rôles haendéliens à Leipzig ou au festival baroque de Bayreuth y déploie toute son énergie mais peine à atteindre l’impact dramatique ou la grandeur que requiert le personnage. La partition regorge de difficultés techniques qu’il domine globalement, mais sans réussir à produire le feu d’artifice souhaité. De la même génération, sa partenaire Sarah Charles, qui chante Elmira, donne bien plus de satisfaction. Elle présente une voix délicieuse, avec un petit vibrato serré et de grandes facilités dans l’aigu, cultivant l’ingénuité du rôle auquel elle apporte fraîcheur et spontanéité. En contraste et dans un registre beaucoup plus sombre, Eléonore Pancrazi chante Erenice, la mère d’Elmira et l’épouse du roi Haliate. Sa voix aux voluptés un peu vénéneuses est particulièrement propice à l’expression du drame, elle vocalise avec dextérité et expérience, c’est sans conteste l’élément le plus solide de la distribution. Le chef, qui est aussi ténor à ses heures, s’est réservé le rôle du roi Haliate, très exigeant techniquement lui aussi, avec des écarts vertigineux ou des vocalises périlleuses. Fort de son expérience de la musique de Haendel, avec laquelle il a des affinités particulières, il parvient à une belle maîtrise du rôle et se montre finalement plus convainquant comme chanteur que comme chef d’orchestre. Citons encore dans cette très juvénile distribution le contre-ténor italien Nicolo Balducci, qui incarne brillamment Melo, le fils rebelle du roi, et son compatriote le baryton-basse Giacomo Nanni, à peine trente ans, dans le rôle de Altomaro, le mauvais de l’histoire qui conseille le souverain, redoutable dans son grand air de l’acte I Fra l’ombre e gl’orrori farfalla confusa. Logan Lopez Gonzalez contre-ténor belge qu’on a déjà entendu avec la Capella Mediterranea et qui incarne ici Argone, n’est pas plus âgé. Son timbre exceptionnel et la grande liberté de sa voix donnent au rôle une ambiguïté singulière. Cette sympathique cohorte de chanteurs même pas trentenaires ne manque ni d’ambition ni d’avenir. Ils se voient confié des rôles certes pas au-dessus de leurs moyens techniques, mais pour lesquels tous n’ont pas toujours la maturité requise. Accrochée au texte, fort littérale dans sa conception, l’interprétation globale finit par manquer de distance, de légèreté et de conduite dramatique. L’émotion n’est pas toujours au rendez-vous, laissant émerger tout de même ici et là de forts beaux moments de chant baroque." data-wplink-url-error="true">son article</a> qui y trouvera tout ce qu’il faut savoir sur la genèse de l’œuvre, sa rareté, ainsi qu’une description du livret.</p>
<p>Aujourd’hui c’est l’excellent label du Château de Versailles qui propose <em>Sosarme</em>, créé à Londres en 1732. Et certes, cet enregistrement vient combler un grand vide, puisqu’aucun autre n’est plus disponible actuellement. Dans toute l’histoire du disque, trois enregistrements seulement en ont été réalisés, le premier par Anthony Lewis (avec Alfred Deller) pour l’Oiseau-Lyre en 1954, ça date  tout de même un peu, le deuxième pour Newport sous la direction de Johannes Somary (1994), et le troisième, dans la version portugaise de l’œuvre, par Alan Curtis et <em>Il</em> <em>Complesso</em> <em>Barocco</em> pour Virgin Classics (2005).</p>
<p>Le livret mêlant intrigue dynastique et passions amoureuses est pourtant riche en péripéties, assez resserré, et offre la possibilité de quelques beaux airs ou duos, sans toutefois atteindre le niveau d’intensité dramatique du <em>Giulio</em> <em>Cesare</em> ou <em>d’Agrippina</em> par exemple. La partition propose son lot d’airs à vocalises particulièrement redoutables, et nécessite des chanteurs aguerris. Elle contient aussi, chose plus rare chez Haendel, trois duos remarquables dont le spectaculaire <em>Per le Porte del Tormento</em> entre Elmira et Sosarme à l’acte II, une page de toute beauté.</p>
<p>Avec un orchestre de 26 musiciens, <strong>Marco</strong> <strong>Angiolini</strong>, qui tient également le rôle de Haliate, peine à donner à la partition l’ampleur que le sujet mérite. Est-ce une faiblesse de la prise de son, très proche des chanteurs mais reléguant la partie instrumentale à l’arrière-plan, est-ce lié au lieu de l’enregistrement ou à la taille de l’orchestre, le résultat sonore paraît étriqué, manquant de relief et de séduction. Peu de recherche de couleurs orchestrales, une dynamique assez fade, une instrumentation très standardisée, le chef déroule la partition sans réussir à construire véritablement la progression dramatique, générant ainsi un sentiment de longueur et de répétition. Il y met pourtant beaucoup d’énergie et de fougue, c’est plutôt la gravité, la dramaturgie et la profondeur qui font défaut.</p>
<p>La distribution vocale devrait être dominée par le rôle-titre, confié au célèbre castrat Senesino au jour de la création de l’œuvre. Le très jeune contre-ténor <strong>Rémy</strong> <strong>Brès</strong>&#8211;<strong>Feuillet </strong>qui s’est déjà fait entendre dans des (plus petits) rôles haendéliens à Leipzig ou au festival baroque de Bayreuth y déploie toute son énergie mais peine à atteindre l’impact dramatique ou la grandeur que requiert le personnage. La partition regorge de difficultés techniques qu’il domine globalement, mais sans réussir à produire le feu d’artifice souhaité.<br />
De la même génération, sa partenaire <strong>Sarah</strong> <strong>Charles,</strong> qui chante Elmira, donne bien plus de satisfaction. Elle présente une voix délicieuse, avec un petit vibrato serré et de grandes facilités dans l’aigu, cultivant l’ingénuité du rôle auquel elle apporte fraîcheur et spontanéité. En contraste et dans un registre beaucoup plus sombre, <strong>Eléonore</strong> <strong>Pancrazi</strong> chante Erenice, la mère d’Elmira et l’épouse du roi Haliate. Sa voix aux voluptés un peu vénéneuses est particulièrement propice à l’expression du drame, elle vocalise avec dextérité et expérience, c’est sans conteste l’élément le plus solide de la distribution.<br />
Le chef, qui est aussi ténor à ses heures, s’est réservé le rôle du roi Haliate, très exigeant techniquement lui aussi, avec des écarts vertigineux ou des vocalises périlleuses. Fort de son expérience de la musique de Haendel, avec laquelle il a des affinités particulières, il parvient à une belle maîtrise du rôle et se montre finalement plus convainquant comme chanteur que comme chef d’orchestre.<br />
Citons encore dans cette très juvénile distribution le contre-ténor italien <strong>Nicolo</strong> <strong>Balducci</strong>, qui incarne brillamment Melo, le fils rebelle du roi, et son compatriote le baryton-basse <strong>Giacomo</strong> <strong>Nanni</strong>, à peine trente ans, dans le rôle de Altomaro, le mauvais de l’histoire qui conseille le souverain, redoutable dans son grand air de l’acte I <em>Fra</em> <em>l’ombre</em> <em>e</em> <em>gl’orrori</em> <em>farfalla</em> <em>confusa. </em><strong>Logan Lopez Gonzalez </strong>contre-ténor belge qu’on a déjà entendu avec la <em>Capella</em> <em>Mediterranea</em> et qui incarne ici Argone, n’est pas plus âgé. Son timbre exceptionnel et la grande liberté de sa voix donnent au rôle une ambiguïté singulière.</p>
<p>Cette sympathique cohorte de chanteurs même pas trentenaires ne manque ni d’ambition ni d’avenir. Ils se voient confié des rôles certes pas au-dessus de leurs moyens techniques, mais pour lesquels tous n’ont pas toujours la maturité requise. Accrochée au texte, fort littérale dans sa conception, l’interprétation globale finit par manquer de distance, de légèreté et de conduite dramatique. L’émotion n’est pas toujours au rendez-vous, laissant émerger tout de même ici et là de forts beaux moments de chant baroque.</p>
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		<title>HAENDEL, Sosarme — Halle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/sosarme-halle-cinq-personnages-en-quete-de-voix-et-une-basse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jun 2016 06:00:10 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Hormis un célèbre duo, l’amer et langoureux « Per le porte del tormento », que connaissons-nous aujourd’hui de <em>Sosarme </em>(1732) ? La plupart des mélomanes ne l’ont probablement jamais entendu, certains se souvenant peut-être qu’il s’agit du seul <em>opera seria</em> enregistré par Alfred Deller – le premier, en réalité, gravé par un contre-ténor. Cette publication historique vit le jour en 1954, chez L’Oiseau-Lyre, sous la direction d’Anthony Lewis (elle fut rééditée en 2001 par Allegro Corporation), lequel avait, sept ans plus tôt, exhumé l’acte II pour le Troisième Programme de la BBC. Il faudra toutefois attendre 1970 pour que l’Unicorn Opera d’Abingdon programme la recréation scénique de <em>Sosarme</em>, laquelle ne rencontrera guère qu’un succès d’estime. A l’image de <em>Silla</em>, autre rareté à l’affiche du Händel-Festspiehle de Halle cette année, l’ouvrage ne brille guère par sa cohérence dramatique, alors que sa musique vaut à elle seule le détour.</p>
<p>L’intrigue paraît, de prime abord, limpide et relativement simple. Haliate, roi de Lydie, doit affronter la rébellion de son fils légitime, Argone, persuadé que son père a choisi son bâtard, Melo, pour successeur. Altomaro, conseiller félon d’Haliate et aïeul de Melo, cherche, en vain, à éveiller son intérêt pour le trône et attise les tensions entre Haliate et Argone. Au début de l’opéra, Argone a réussi à s’emparer du palais royal, où il retient prisonnières sa sœur, Elmira, et leur mère, Erenice. Haliate décide de reprendre les lieux avec le soutien de Sosarme, roi des Mèdes, qui doit épouser Elmira. Echaudé par le désastre d’<em>Ezio</em>, nous explique Winton Dean, Händel aurait décidé de sabrer dans les récitatifs, qui rebutaient le public londonien, pratiquant ainsi des coupes claires dont les protagonistes ressortent affaiblis. Anthony Hicks, pour sa part, pense que les carences de certains solistes ont nui à la composition de <em>Sosarme</em>, à commencer par celles de Campioli. Créateur de la figure centrale d’Argone, ce médiocre castrat ne chante aucun air, fait assez extraordinaire, et doit se contenter d’un <em>accompagnato </em>ainsi que d’un duo où sa partenaire n’a de cesse de lui clouer le bec. <em>A contrario</em>, la présence de stars de l’envergure de Senesino (Sosarme) et d’Anna-Maria Strada del Pò (Elmira) stimulent aussi l’imagination du Saxon, de même que les prodigieuses ressources de Montagnana (Altomaro), la plus grande basse de son temps.</p>
<p>C’est sans doute pour éviter un incident diplomatique avec le Portugal, le plus ancien allié des Britanniques, que Händel rebaptisa cinq des six personnages de l’opéra, originellement intitulé <em>Fernando, Re di Castiglia</em>, et déplaça l’action de Coimbra à Sardes, capitale de l’antique royaume de Lydie, dans cet orient mythique et si commode pour les artistes redoutant les ciseaux de la censure. <strong>Philip Harnoncourt</strong> opte pour une actualisation radicale, une transposition non seulement historique et géographique, mais également sociale : le conflit familial surgit au cœur d’une cité, une triste masure puis une cour grillagée occupant le plateau. Elmira, blonde et candide jouvencelle, épingle des photos de magasine sur les murs d’une chambre exiguë tandis qu’Argone, ado rebelle en blouson de cuir, ricane à l’envi en toisant leur mère (Erenice), imposante matrone à qui les vicissitudes vont donner l’allure d’une clocharde, hirsute et hagarde.</p>
<p>Si la partition les évoque brièvement au moyen d’une marche et d’un chœur guerriers, dans le livret, les combats servent seulement de toile de fond : un campement au II et, au III, des tentes militaires, dans le lointain ; en vérité, seule l’apparition d’Argone, brandissant un glaive maculé de sang au début de l’opéra, suggère la violence des heurts. Harnoncourt en livre une représentation hyper réaliste où des forces anti émeutes, équipées de casques et de boucliers, affrontent des jeunes en survêtements à capuches, armés de battes de baseball, dont certains finiront le torse nu et ensanglanté. Une échauffourée plus vraie que nature déborde jusque dans la salle et des explosions illuminent la scène, avec force dégagements de fumées (une didascalie mentionne un nuage de poussière et de fumée sur le champ de bataille).</p>
<p>Cette guérilla urbaine en met plein la vue, les oreilles, voire le nez (chez les spectateurs du parterre), sans rien apporter d’essentiel au drame, mais elle dérange finalement moins que le comique, parfois lourd et potache, du metteur en scène. Si Altomaro a la scélératesse joviale, ses fanfaronnades font mouche et ne jurent pas avec la musique. Par contre, pourquoi tourner en dérision le rôle-titre ? Certes, Sosarme ne laisse rien voir de la vaillance que lui prête son entourage et appartient plutôt à cette lignée de monarques contemplatifs et amoureux dont le théâtre haendélien offre d’éminents spécimens, mais Harnoncourt lui ôte toute noblesse en l’affublant de vêtements trop larges et de rouflaquettes qui l’apparentent à Bilbo le Hobbit. En outre, de fastidieuses minauderies viennent gâcher son fameux duo avec Elmira, « Per le porte del tormento ». De tels partis pris ne laissent pas d’étonner car la direction d’acteurs peut également se montrer spirituelle et comporte de jolies trouvailles, comme ce tableau où, après un vif échange, Argone et Erenice s’éloignent puis, n’ayant pas fini de vider leur querelle, reprennent brièvement et <em>a cappella</em> cette fois, leur belliqueux duo.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/buehnen_halle_sosarme_ffw0866_komp.jpg?itok=psgKfCyN" title="Benno Schachtner (Sosarme) © Falk Wenzel, Theater Oper und Orchester GmbH Halle" width="468" /><br />
	Benno Schachtner (Sosarme) © Falk Wenzel, Theater Oper und Orchester GmbH Halle</p>
<p>A rebours de la majorité des productions haendéliennes, une basse domine la distribution et éclipse, sur le plan vocal, ses partenaires. <strong>Ki-Hyun Park</strong> (Altamaro) s’impose d’entrée de jeu dans le spectaculaire « Fra l’ombre » que Händel emprunte à <em>Aci, Galatea e Polifemo </em>et remanie habilement en atténuant son caractère grotesque. L’aisance de l’acteur le dispute à celle du chanteur, dont le mordant et la plénitude de l’organe nous ragaillardissent face à la mollesse de celui de <strong>Benno Schachtner</strong> (Sosarme), <em>falsetto</em> uniformément suave et par trop gracile pour assumer une partie destinée à Senesino. Le soprano juvénile, tendre et ultraléger d’<strong>Ines Lex </strong>(Elmira) ne manque pas de charme, mais bien de flexibilité. Elle frôle plusieurs fois l’accident, quand l’aigu ne s’étrangle pas, trahissant une fragilité qui ne pardonne pas dans ce qui s’avère le rôle le plus gratifiant, mais aussi le plus exigeant de l’opéra.</p>
<p>Court de souffle en particulier dans des coloratures sans éclat, le mezzo-soprano de <strong>Henriette Gödde </strong>(Erenice) s’épanouit dans le <em>cantabile</em> (« Cor di madre »), mais l’artiste peine à s’abandonner. Inutile de s’étendre sur la contre-performance de <strong>Robert Sellier</strong>, ténor au grain plaisant mais éteint à qui reviennent, hélas, le puissant tempérament et les affects richement contrastés de Haliate, ni sur Argone, <em>comprimario</em> fort indigent que <strong>Michael Taylor</strong> endosse avec un louable sens du sacrifice. Mezzo-soprano encore vert et peu agile, mais au métal personnel, <strong>Julia Böhme</strong> retient l’attention en fils aimé et aimant (Melo), dont elle épouse avec finesse la mélancolie inquiète. Quand la virtuosité, l’inspiration ou simplement l’énergie viennent à faire défaut, ce qui, il faut bien l&rsquo;admettre, arrive régulièrement, le salut est dans la fosse. Emmené par son chef attitré, <strong>Bernhard Forck</strong>, qui veille à ne pas couvrir des chanteurs à la projection modeste, le <strong>Händelfestspielorchester Halle </strong>signe une prestation de haute tenue, stylée et d’une remarquable constance.  </p>
<p> </p>
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