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	<title>South Pacific - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>South Pacific - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>ROGERS, South Pacific — Toulon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/south-pacific-toulon-dites-moi-pourquoi-la-vie-est-belle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Mar 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Connaissez-vous les Nouvelles Hébrides, maintenant le Vanuatu ? Cet archipel mélanésien, situé au nord de la Nouvelle-Calédonie, fut une base américaine destinée à contenir et combattre les Japonais durant la seconde guerre mondiale. On y parlait anglais et français, puisque le condominium était partagé par le Royaume Uni et la France. Deux des 83 îles vont &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Connaissez-vous les Nouvelles Hébrides, maintenant le Vanuatu ? Cet archipel mélanésien, situé au nord de la Nouvelle-Calédonie, fut une base américaine destinée à contenir et combattre les Japonais durant la seconde guerre mondiale. On y parlait anglais et français, puisque le condominium était partagé par le Royaume Uni et la France. Deux des 83 îles vont être le théâtre de <em>South Pacific</em>, <em>Musical play</em>, écrit quatre ans après la fin des hostilités, pour devenir l’un des plus grands succès de la comédie musicale (cumulant les récompenses, Tony Award, Prix Pulitzer). Etonnamment, si le film de 1958 fit connaître l’ouvrage en France, jamais l’œuvre originale n’y a été produite. L’Opéra de Toulon, exemplaire dans sa relation ouverte à tous les genres d’expression lyrique, a relevé le défi.</p>
<p>Le sujet n’emprunte pas un exotisme de pacotille propre à satisfaire les Américains à l’issue de la guerre : tiré de nouvelles fondées sur des témoignages directs, le livret, par-delà ses incontestables qualités dramatiques, est d’une rare finesse d’écriture. La psychologie de chacun est juste, fouillée, les relations sociales, le décor, les moindres accessoires sont d’une vérité que chaque spectateur ayant vécu dans le Pacifique sera friand de reconnaître. Oscar Hammerstein II écrit là une histoire parfaitement vraisemblable, et cette authenticité sous-tend la réussite musicale de Richard Rodgers, son complice favori.</p>
<p>« Dites-moi pourquoi la vie est belle » est une chanson française, essentielle à l’ouvrage. Ce sont deux enfants qui la chantent au début, puis à la fin, rejoints par leur père et leur mère adoptive. Emile de Becque, planteur français, veuf d’une Mélanésienne dont il a eu ces deux enfants, s’éprend d’une infirmière américaine, Nellie, dont les préjugés raciaux vont entraver leur amour. Simultanément, un agent de renseignement américain, le Lieutenant Cable aime Liat, fille de Bloody Mary, commerçante Tonkinoise. Mais, pour les mêmes « raisons », le brillant militaire refusera de l’épouser. Dans le cadre  d’une base militaire, dont le personnage le plus haut en couleurs est Seabee Luther Bilis, entre le camp, l’état-major, les fêtes, les réceptions, la recherche des femmes etc. , les intrigues se nouent, jusqu’à ce que la bataille se déclenche… Fin douce-amère, puisque si Emile et Nellie reconstruisent un couple heureux avec les enfants du premier, Cable périt au combat. « Dites-moi pourquoi la vie est belle… » Dans cet après-guerre où la ségrégation demeurait la règle dans le Sud des Etats-Unis, la prise de position des auteurs ne manquait pas de courage. Bernstein ira plus loin avec West Side Story, mais huit ans après, en 1957.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/imgl0034.jpg?itok=scOnuNSe" title="Jasmine Roy (Bloody Mary) et les Boys  © Frédéric Stéphan" width="468" /><br />
	Jasmine Roy (Bloody Mary) et les Boys  © Frédéric Stéphan</p>
<p><strong>Olivier Bénézech</strong> et <strong>Larry Blank</strong> maîtrisent idéalement tous les rouages du genre. La mise en scène n’appelle que des éloges par le cadre renouvelé, toujours juste, offert à l’action. On se souvient de <em>Wonderful Town</em>, donné ici même en 2018. On ne change pas une équipe qui gagne, et celle-ci s’est retrouvée pour cette nouvelle création programmée avant la pandémie et qui voit enfin le jour. Les décors et projections (le ciel tropical changeant), les costumes, que l’on ne compte pas, sont d’une fidélité et d’une richesse d’invention peu communes. Evidemment, la direction d’acteurs et les chorégraphies, directement inspirées par Broadway, sont étourdissantes de virtuosité, de précision et de justesse. La musique est sincère, datée certes – mais <em>Don Giovanni</em> ou <em>Carmen</em> ne sont-ils pas datés ? – avec une saveur rare, propre à évoquer une époque révolue. Parmi les mélodies, plusieurs deviendront des standards (<em>Some Enchanted Evening</em>, qui sera repris par Frank Sinatra, Bob Dylan et même Placido Domingo ; <em>Bali Ha’i </em>; <em>Younger than Springtime</em> ; <em>A Wonderful Guy</em>).</p>
<p>Le rythme qu’impose le livret, proche du scénario d’un film, suscite une attention constante à cette histoire palpitante, où le rire, le sourire le disputent à l’émotion. Car tous les artistes en scène forcent l’admiration : chanteurs, comédiens, danseurs, acrobates, la palette d’expression dramatique est la plus large, exceptionnelle. Les voix sont amplifiées, au bénéfice d’une intelligibilité constante du texte. Les formats vocaux, les styles sont appropriés à chaque personnage. Toutes les femmes sont des mezzos, tous les hommes des barytons ou barytons-basses, à l’exception du Lieutenant Cable, ténor. Cependant, la caractérisation de chacun, la diversité des timbres suffisent à les différencier.</p>
<p>De la distribution, exemplaire, animée par l’esprit de troupe, nous ne retiendrons que les principales figures. Pour Emile de Becque, <strong>William Michals</strong> reprend le rôle créé par Ezio Pinza, reconverti dans la comédie musicale après avoir chanté 52 rôles à l’opéra, particulièrement au MET. Le bonheur comme l’émotion sont au rendez-vous de ce challenge : la voix, chaleureuse, bien timbrée, puissante, le jeu superlatif, la plénitude de l’expression nous valent un planteur d’une justesse physique, psychologique, dramatique et vocale exceptionnelle. Son égale aisance dans les deux langues, sans la moindre trace d’accent contribue à cette vérité. Le jeune Lieutenant Cable (seul ténor de la distribution) est confié à <strong>Mike Schwitter</strong>. On retiendra particulièrement son <em>Younger than springtime</em>, juste, ne cherchant pas à imiter Sinatra. Sa crise de paludisme est plus vraie que nature. <strong>Thomas Boutillier</strong> est le Seabee Luther Billis (CB = <em>Construction Battalions</em> et aussi « abeille de mer »). Il a déjà le physique athlétique de l‘emploi, son élocution et sa prestance. Il brûle les planches, contribuant ponctuellement au caractère bouffe de l’ouvrage. Mais le comique troupier de <em>Thanksgiving</em>, travesti en jupe végétale et brassière de noix de coco, est aussi une grande gueule au grand cœur. Les gradés, <strong>Scott Emerson</strong> et <strong>Sinan Bertrand</strong>, sont de vrais officiers supérieurs. Côté féminin, la réussite n’est pas moins accomplie. <strong>Kelly Mathieson</strong>, campe avec justesse Nellie Forbush, cette jeune femme dépendante de sa mère et de ses préjugés, qui va s’épanouir en choisissant l’amour. La jeunesse, les talents vocaux, dramatiques, chorégraphiques sont au rendez-vous, et la sensibilité pathétique de l’héroïne fait mouche. <strong>Jasmine Roy</strong>, dont on apprécie toujours l’engagement et les compositions, nous vaut une<strong> </strong>Bloody Mary, habile commerçante qui<strong> </strong>n’a pas froid aux yeux. Le portrait est réaliste de cette asiatique sans complexe, autoritaire, habile et aimante. La voix de femme mûre est toujours aussi riche, et sa colère exemplaire. Tous les seconds rôles mériteraient d’être cités, sans oublier les deux enfants, Ngana, chanté par <strong>Léana Tui</strong>, et Jérôme (<strong>Léo Chamant-Lacroix</strong>) qui apportent leur fraîcheur et leur tendresse dans un monde qui en a bien besoin.</p>
<p>L’orchestre de l’opéra de Toulon, sous la direction experte et inspirée de Larry Blank, trouve la dynamique, les rythmes, les couleurs et l’élégance attendus. Quant aux artistes du chœur, individualisés dans leur jeu, mais formant des ensembles (Boys / Girls) proches de la perfection, ils n’appellent que des éloges. Encore un grand bravo à celles et à ceux qui ont dispensé tant de bonheur et d’émotion en cette soirée mémorable.</p>
<p> </p>
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		<title>RODGERS, South Pacific — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-chef-doeuvre-a-voir-et-a-entendre-durgence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2009 05:32:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si vous faites bientôt un séjour à New York ne manquez pas South Pacific au Vivian Beaumont Theater, au Lincoln Center (Le théâtre se trouve à droite du Met). C’est l’une des plus belles réussites de théâtre musical actuellement à l’affiche à New York (depuis le 3 avril 2008). La production a reçu un nombre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Si vous faites bientôt un séjour à New York ne manquez pas <em>South Pacific</em> au Vivian Beaumont Theater, au Lincoln Center (Le théâtre se trouve à droite du Met). C’est l’une des plus belles réussites de théâtre musical actuellement à l’affiche à New York (depuis le 3 avril 2008). La production a reçu un nombre considérable de Tony Awards (les Oscars du Théâtre) dont celui du Meilleur acteur principal décerné au superbe baryton brésilien Paulo Szot.</p>
<p>Les Etats-Unis ont commencé depuis peu à revisiter leur patrimoine lyrique populaire en remontant leurs chefs d’œuvre avec un soin exceptionnel, et des artistes jeunes dont l’approche parvient souvent à donner un relief et une envergure insoupçonnés à des œuvres qu’on croyait simplement légères et insouciantes.</p>
<p>Les Français qui ont vu l’excellente production de <em>West Side Story</em> au Châtelet ont pu se rendre compte de ce travail.</p>
<p> </p>
<p>Il se trouve, de surcroît, que <em>South Pacific</em>, comme <em>West Side Story</em>, est un authentique chef d’œuvre. Il s’inscrit dans la grande tradition dite « classique » de l’âge d’or du « musical » américain, après la seconde guerre mondiale. La musique est superbe, d’un extrême raffinement et le travail de reconstitution minutieux accompli par l’équipe musicale du Vivian Beaumont Theater est digne d’éloges (précision importante : il s’agit d’un « public theater » en partie subventionné, « a not-for-profit theater » dont la qualité des spectacles est internationalement reconnue). L’orchestre, en fosse, est composé de musiciens hors pair qui jouent en tournus. La plupart d’entre eux passent du New York Philarmonic à Broadway, de Ligeti au « musical » avec le même enthousiasme communicatif (d’autant plus qu’ils sont intégrés à la mise en scène). Il n’est qu’à écouter l’ouverture pour se rendre compte du niveau élevé et du travail musical effectué : précision des attaques, virtuosité des différents pupitres, son homogène, etc. Leur parler à l’entracte et entendre le plaisir qu’ils ont à jouer en fosse tant de soirées consécutives laisse rêveur quand on connaît la mentalité de certains orchestres bien de « chez nous ». Cette ouverture d’esprit est à mettre au crédit de la vie musicale américaine en son ensemble et les Européens feraient bien de s’y ressourcer de temps en temps !</p>
<p> </p>
<p>C’est en 1949 que l’œuvre a été créée. L’action se passe à la fin de la deuxième guerre mondiale à l’époque du conflit américano-japonais dans les Îles Salomon entre 1942 et 1944. Le livret est une adaptation de deux des <em>Contes du Pacifique Sud</em> (Prix Pulitzer en 1948) de James A. Michener, qui avait pris part aux combats.</p>
<p>Œuvre militante composée juste après la guerre, et créée en 1949, <em>South Pacific</em> était alors, comme l’explique le metteur en scène Bartlett Sher, « une réponse à cette guerre et c’est devenue une œuvre de sauvegarde de la mémoire nationale, l’expression de la survie. C’est pour cela que le spectacle a un impact aussi profond…Et ce, alors que le pays est à nouveau en guerre dans un pays dont il n’a pas pris le temps de comprendre l’histoire et la culture ». Un an après la création, l’oeuvre recevait à son tour le Prix Pulitzer!</p>
<p>L’action se déroule, en huis clos, sur une petite île du Pacifique où est cantonné un régiment américain dans l’attente d’une éventuelle bataille avec les forces japonaises en présence. Nellie l’infirmière (superbe Laura Osnes, soprano léger, danseuse et comédienne, à la voix d’ange) est tombée amoureuse d’un Français, Emile de Becque, installé depuis plusieurs mois dans une plantation sur la colline. Alors que chez Michener, le personnage est anglais, c’est une idée géniale des librettistes d’en avoir fait cet héritier français de l’Esprit des Lumières. Emile a dû fuir la France occupée après avoir tué un homme (au service de l’occupant ?) qui voulait mettre la main sur son village. Si Nellie en est plutôt fière, elle décide bientôt de le fuir quand elle découvre qu’il a eu deux enfants d’une femme polynésienne décédée. Les préjugés racistes de la jeune fille, originaire de Little Rock dans l’Arkansas (le choix n’est pas anodin), ont eu raison de son amour.</p>
<p>C’est la basse italienne Ezio Pinza, qui a créé le rôle d’Emile. Par son beau timbre et son bel canto un rien monochromes et un jeu d’acteur très conventionnel, il faisait d’Emile un personnage trop lisse et un peu fade. Paulo Szot en fait au contraire un personnage complexe, un idéaliste tourmenté, un séducteur généreux et angoissé. Il donne, par sa fantastique présence et son jeu digne de l’Actor’s Studio, une épaisseur insoupçonnée et un charme très troublant au personnage. La voix généreuse du baryton d’opéra (comme dans Onéguine, Cosi ou Maria Golovin à l’Opéra de Marseille) sait trouver, quand il le faut, toute la palette de couleurs et de nuances du kammersänger pour faire ressortir les richesses de la partition. Toutes ces qualités réunies lui ont valu en 2008 ce Tony Award si mérité. La video est éloquente à cet égard comme le CD édité pour l’occasion.</p>
<p> </p>
<p>Le soir du 3 septembre c’était Bob Gallagher qui le remplaçait, avec un professionnalisme admirable applaudi par le public. Il ne manquait que ce petit plus, pas toujours explicable, qui fait la différence.</p>
<p> </p>
<p>A ces côtés Laura Osnes, construit elle aussi un personnage magnifique que le Français va mener, par la compassion et le courage, sur le chemin de la générosité et de l’amour. Après la vision idyllique de l’île et de la plantation, le décor superbe de Michael Yeargan fait basculer l’œuvre, petit à petit, dans la tragédie : un avion, d’abord, qui annonce des combats imminents, un camion militaire, ensuite, qui servira aussi de scène pour le théâtre aux armées (désopilant et émouvant Danny Bernstein) jusqu’aux manœuvres des troupes.</p>
<p>Désespéré par l’attitude de Nellie, Emile décide de rentrer dans les services secrets américains. Son camarade, le lieutenant Cable (le jeune et énergique Andrew Samonsky), qui avait refusé, lui aussi, l’amour d’une jeune polynésienne, meurt au combat. Emile sauve sa peau de justesse. Nellie est bouleversée en apprenant ce qu’il a fait. Il la trouve, à son retour, auprès des enfants, grandie, elle aussi, par ces tragiques événements qui lui ont enseigné l’amour. </p>
<p>Bartlett Sher a réalisé là une mise en scène exemplaire : pas un moment de relâchement dans ces trois heures de spectacle, une direction d’acteurs époustouflante (mention spéciale pour la délirante Bloody Mary polynésienne de Loretta Ables Sayre), une chorégraphie pleine d’inventions qui n’est jamais gratuite ou plaquée. Vous l’avez compris : un must si vous passez par New York !</p>
<p> </p>
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