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	<title>Titon et l&#039;Aurore - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Titon et l&#039;Aurore - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Des idées de cadeaux pour un Noël européen</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Dec 2022 07:35:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En ces temps difficiles pour l&#8217;Europe, Forum Opéra s&#8217;est avisé de proposer un Noël aux couleurs de notre continent. Paresse oblige, nous avons retenu trois nations ce Noël européen (quatre si l&#8217;on ajoute l&#8217;Autriche) mais on ne saurait douter que chacun des pays composant notre belle Union ne recèle les trésors nécessaires à un joyeux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En ces temps difficiles pour l&rsquo;Europe, Forum Opéra s&rsquo;est avisé de proposer un Noël aux couleurs de notre continent. Paresse oblige, nous avons retenu trois nations ce Noël européen (quatre si l&rsquo;on ajoute l&rsquo;Autriche) mais on ne saurait douter que chacun des pays composant notre belle Union ne recèle les trésors nécessaires à un joyeux Noël !&nbsp;</strong></p>
<hr>
<p><strong>UN NOËL ALLEMAND</strong> par Sylvain Fort</p>
<p>Peut-être devrait-on dire : en allemand car ce Noël-ci nous mène bien au-delà des frontières de l&rsquo;Allemagne&#8230;&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no1b.jpg?itok=yHXeR1Hp" style="width: 150px; height: 150px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;"><strong>DIETRICH FISCHER-DIESKAU, COMPLETE LIEDER RECORDINGS, Deutsche Grammophon. 107 CD</strong></p>
<p>C&rsquo;est la première fois que Deutsche Grammophon rassemble en un gros et unique coffret le thesaurus de DFD. On y retrouve ses grandes intégrales (Schubert, Schumann, Wolf, Brahms) mais aussi les sélections indispensables (Loewe, Liszt, Strauss), les raretés (Von Einem, Debussy&#8230;) &nbsp;et les heureux doublons (Winterreise, Dichterliebe&#8230;). Bref, une somme rassemblant les enregistrements de 1949 à 2003 qui est, pour tout auditeur, la substance d&rsquo;une vie.&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no2.jpg?itok=HkgEKnDa" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>WAGNER, RHEINGOLD (2CD) / DIE WALKÜRE (4CD), Wiener Philharmoniker, dir. Georg SOLTI. Deutsche Grammophon&nbsp;</strong></p>
<p>Quoi ? Encore une réédition &nbsp;de cette base de toute discothèque wagnérienne ? Oui, cher lecteur, mais une fois n&rsquo;est pas coutume, nous parlerons technique. Car si nous ne sommes pas de ceux qui jugent un disque sur la qualité du son, le transfert réalisé ici par Andrew Wedman des bandes de John Culshaw en format 24bit/192kHz est simplement renversant. Même avec une chaîne moyenne, on entendra ici une présence sonore, charnelle, dramatique comme rarement on l&rsquo;avait perçue dans un enregistrement d&rsquo;opéra : on a simplement l&rsquo;impression d&rsquo;être au premier rang d&rsquo;une représentation convoquant dans son salon tout le théâtre de Wagner. Époustouflant et rare, dans un habillage luxueux.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no3.jpg?itok=Bc-xR7yV" style="width: 150px; height: 219px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>Eric CHAILLIER,&nbsp;<em>Anton Bruckner ou l&rsquo;immensité intime</em>. Buchet-Chastel. 384 pages</strong></p>
<p>Il est toujours extrêmement difficile de rendre compte de l&rsquo;humilité de Bruckner et de l&rsquo;ambition cosmologique de son œuvre. Eric Chaillier y parvient admirablement en se mettant à l&rsquo;écoute d&rsquo;un géant modeste, en tenant la plume au plus près de la vibration secrète du compositeur. Ce regard pénétrant et pudique porté sur la vie et l&rsquo;œuvre du maître autrichien fait de ce livre un compagnon indispensable pour cheminer avec Bruckner.&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no4.jpg?itok=KVZClJP8" style="width: 150px; height: 284px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>André TUBEUF,&nbsp;<em>Schubert, l&rsquo;ami Franz</em>. Actes Sud. 192 p.&nbsp;</strong></p>
<p>Œuvre posthume de qui aura sa vie entière scruté Schubert, et y sera comme personne entré, nous livrant année après année le trésor de son écoute. Le livre est bref, non parce qu&rsquo;il est sec ou allusif, mais parce qu&rsquo;il est comme quintessencié. Ici est la substance même de ce que Schubert nous donne à entendre. Non pas une somme, donc, mais un bréviaire.&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no5.jpg?itok=zLJDAfFE" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>Mathias GOERNE, Daniil TRIFONOV, Lieder (Berg, Schumann, Wolf, Chostakovitch, Brahms)</strong>. 1 CD Deutsche Grammophon</p>
<p>Assumons : ce ne sont pas exactement des chants de Noël. Mais tout ce que le lied allemand (et, ici, russe en plus) porte de gravité et de force, par deux interprètes que n&rsquo;effraie aucun abîme. Un des plus beaux programmes et une des plus belles exécutions de l&rsquo;année ; un sommet, tout simplement.&nbsp;</p>
<hr>
<p><strong>UN NOEL FRANCAIS</strong> par Christophe Rizoud</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no6.jpg?itok=xFWkcP6R" style="width: 150px; height: 246px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/cd/offenbach-le-voyage-dans-la-lune-embarquement-pour-la-lune">Jacques Offenbach, <em>Le Voyage dans la lune</em></a> </strong>(CD-livre Palazzetto Bru Zane)</p>
<p>Quand l’inépuisable fantaisie de Jacques Offenbach rencontre l’univers fantastique de Jules Vernes, cela donne <em>Le Voyage dans la lune</em>, un opéra-bouffe-féerie redécouvert récemment grâce aux efforts conjugués de Génération Opéra, du Palazzetto Bru Zane et d’une quinzaine d’institutions lyriques françaises. Servi par une équipe artistique menée de main de maestro par Pierre Dumoussaud, ce <em>Voyage </em>est d’autant plus recommandé qu’il continuera d’occuper l’affiche de nos théâtres l’année prochaine dans une mise en scène de Laurent Pelly – notamment l’Opéra Comique du 24 janvier au 3 février. A compléter évidemment par <a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-le-voyage-dans-la-lune">le numéro de l’Avant-Scène Opéra</a> consacré à cet ouvrage lunaire.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no7.jpg?itok=3HDyJXgQ" style="width: 150px; height: 233px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-de-la-belle-epoque-au-monde-globalise-colossal-proteiforme-et">Hervé Lacombe, </a><em><a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-de-la-belle-epoque-au-monde-globalise-colossal-proteiforme-et">Histoire de l&rsquo;opéra français &#8211; De la Belle Epoque au monde globalisé</a></em></strong> (Fayard)</p>
<p><em>O Monumento </em>! Dirigée par Hervé Lacombe, le 3<sup>e</sup> volume de l’<em>Histoire de l’opéra français</em> passe au scanner l’opéra en France au XXe siècle et au-delà, qu’il s’agisse du genre en lui-même, de ses nombreux avatars – l’opérette notamment –, de ses théâtres, en Province et à Paris, de son répertoire – arc-bouté sur une centaine d’œuvres et cependant sujet à transformation comme en témoigne la révolution baroque –, de l’évolution de sa représentation avec la primauté accordée à la mise en scène, des thèmes abordés par ses livrets, de sa déclinaison cinématographique et numérique… A compléter nécessairement par les deux premiers volets de cette trilogie monumentale&nbsp;: <em><a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-du-roi-soleil-a-la-revolution-et-la-lumiere-fut">Du Roi Soleil à la Révolution</a></em> et&nbsp;<em><a href="https://www.forumopera.com/histoire-de-lopera-francais-du-consulat-aux-debuts-de-la-iiie-republique-salut-a-la-france">Du Consulat aux débuts de la IIIe République</a></em>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no8.jpg?itok=sKbe7XOK" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/cd/marina-rebeka-voyage-voyage-en-douce">Marina Rebeka, <em>Voyage</em></a> </strong>(Prima Classic)</p>
<p>Lorsqu’elle n’incarne pas les grandes héroïnes du belcanto romantique – Norma, Anna Bolena… –, Marina Rebeka voyage en compagnie de Mathieu Pordoy dans le pays merveilleux de la mélodie française, un genre que l’on ne lasse pas d’explorer tant il compte de joyaux, tels ceux proposés dans cet album par une des voix les plus magnétiques du moment. A compléter absolument par <a href="https://www.forumopera.com/cd/faure-complete-songs-une-somme-en-forme-de-pari-faureen">l’intégrale Fauré de Cyrille Dubois et Tristan Raes</a> chez Aparté.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no9.jpg?itok=2ilnCME-" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/cd/benjamin-bernheim-boulevard-des-italiens-le-grand-bleu">Benjamin Bernheim, <em>Boulevard des italiens</em></a> </strong>(DG)</p>
<p>Avec au programme des airs d’opéras composés en français par des musiciens italiens – Spontini, Cherubini, Donizetti, Mascagni, Verdi… – le dernier album de Benjamin Bernheim rappelle l’attraction lyrique exercée par Paris au XIXe siècle. Comme à chaque fois qu’il chante dans notre langue, le ténor y est souverain. A compléter éventuellement par l’enregistrement des <a href="https://www.forumopera.com/cd/les-abencerages-dispensable-chainon-manquant"><em>Abencérages</em> de Cherubini</a>, un exemple cette fois intégral d’opéra français d’origine italienne.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/mondonville_0_0.jpg?itok=9SvEEAVf" style="width: 150px; height: 172px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/dvd/jean-joseph-cassanea-de-mondonville-titon-et-laurore-vraiment-baroque">Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville &#8211; Titon et l&rsquo;Aurore</a></strong> (DVD Naxos)</p>
<p><em>Titon et l&rsquo;Aurore </em>dirigé par William Christie et mise en scène par Basil Twist <a href="https://www.forumopera.com/titon-et-laurore-paris-opera-comique-mondonville-contre-le-blue-monday">à Paris en 202</a>1 rappelait quel grand compositeur d&rsquo;opéra était Mondonville. Le report du spectacle en DVD le confirme.&nbsp;Reinoud Van Mechelen et&nbsp;Gwendoline Blondeel dans les rôles titres sont épatants. Les&nbsp;jeux de marionnettes se laissent regarder avec plaisir et depuis l&rsquo;enregistrement des Grands Motets en 1997, on connaît les affinités des Arts Florissants avec cette musique. A compléter forcément par le récent <a href="https://www.forumopera.com/cd/zoroastre-zoroastre-enfin-dans-sa-splendeur-et-sa-verite-premiere-swag"><em>Zoroastre</em> de Rameau chez Alpha</a> avec de nouveau Reinoud Van Mechelen&nbsp;dans le rôle titre.</p>
<hr>
<p><strong>UN NOEL ITALIEN</strong> par Cédric Manuel</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/natale-alla-scala-interno-due-colonne.jpg?itok=UvjjxjOg" style="width: 150px; height: 94px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>ESCAPADE LYRIQUE A MILAN</strong></p>
<p>Pour un cadeau à la fois inattendu et original (mais qui suppose quelques moyens il est vrai), offrez donc des billets pour un spectacle inoubliable à la Scala de Milan, où tout ne se résume pas à la soirée très <em>select </em>de la Saint-Ambroise ! Tenez, par exemple, quoi de mieux que de savourer un Verdi dans la ville où il repose (vous pourrez d&rsquo;ailleurs en profiter pour aller à la Casa di Riposo où se trouve son tombeau) et ça tombe bien : vous pourrez choisir entre <em>I Vespri siciliani </em>en février (avec en alternance Marina Rebeka et Angela Meade) ou bien encore <em>Macbeth </em>en juin (Salsi, Netrebko / Semenchuk)&#8230; Pour la peine, la Scala vous propose des <a href="https://teatroallascala.org/en/box-office/la-scala-as-christmas-gift.html" rel="nofollow">petits kits cadeaux</a>&#8230;</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/710izs4i3tl._sy450__0.jpg?itok=J4PHunYd" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>&nbsp;Jonas Kaufmann et Ludovic Tézier</strong>, <em><strong>Insieme </strong></em>(Sony Classical)</p>
<p>Enregistré un peu à l&rsquo;improviste au plus fort de la pandémie, ce disque événement affiche non seulement deux voix d&rsquo;exception, mais aussi une réelle complicité artistique et humaine à laquelle se joint avec un sens du théâtre qui dit tout de son art, un Antonio Pappano qui couve les deux chanteurs du luxueux tapis de l&rsquo;Académie Sainte-Cécile. Un disque d&rsquo;âge d&rsquo;or, comme nous le disions à sortie !</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/sardelli_couv-i-1-pdf_0.jpg?itok=PAlkIM-K" style="width: 150px; height: 242px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;"></p>
<p><strong>Federico Maria Sardelli</strong>, <em><strong>L&rsquo;Affaire Vivaldi</strong></em> (Van Dieren)</p>
<p>Mieux qu&rsquo;un casque de réalité virtuelle, une plongée dans le Metavers ou n&rsquo;importe quelle réalité augmentée, le livre de l&rsquo;éminent vivaldien Federico Maria Sardelli vous donnera le sentiment d&rsquo;être immergés dans le coeur de l&rsquo;Italie baroque, autour de la vie mystérieuse et trépidante du Prêtre roux. Un livre érudit, vigoureux, théâtral, en un mot un trésor qui ne déparera pas au bas du sapin !</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/i-capuleti-e-i-montecchi_0.png?itok=cAwdudsz" style="width: 150px; height: 223px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>Vincenzo Bellini</strong>, <em><strong>I Capuletti e i Montecchi</strong></em> (DVD Naxos)</p>
<p>Nul besoin d&rsquo;aller dans les maisons d&rsquo;opéras qui tiennent le haut du pavé lyrique pour trouver des bijoux, ni de courir après les divas à la mode. Cela n&#8217;empêche ni les superbes écrins (ici La Fenice), ni les mises en scène de grande classe (ici l&rsquo;approche picturale d&rsquo;Arnaud Bernard), ni les voix de premier ordre (ici Jessica Pratt, Sonia Ganassi), ni un orchestre qui, sans être celui de la Scala, sert parfaitement l&rsquo;oeuvre de Bellini sous la baguette alerte d&rsquo;Omer Meir Wellber.</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/norma_7.jpg?itok=odKgbJuy" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>Guy Delvaux, Antonio Ferrara,</strong> <em><strong>Norma </strong></em>(Si l&rsquo;opéra m&rsquo;était dessiné&#8230;, Kifadassé)</p>
<p>Et si pour amadouer votre enfant rétif (ou rétive) à l&rsquo;opéra, vous commenciez par lui offrir une bande dessinée ? Le 9e art regorge de ressources et ne cesse de surprendre par son foisonnement. Sortie voici un an, cette <em>Norma</em> sur un texte -très fidèle au livret de Romani- de Guy Delvaux et des dessins remarquables d&rsquo;Antonio Ferrara, est le troisième tome d&rsquo;une série initiée avec <em>Thaïs</em>, puis <em>Alcina</em>. Admirable travail luxueusement présenté, il suffit d&rsquo;en accompagner la lecture par un enregistrement du niveau approprié : pourquoi pas ceux de Callas, si brillamment remasterisés il y a quelques années ? Un cadeau qui en appelle un autre ? Décidément, c&rsquo;est Noël ! Buon Natale, quindi !</p>
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		<title>Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville &#8211; Titon et l&#039;Aurore</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jean-joseph-cassanea-de-mondonville-titon-et-laurore-vraiment-baroque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Jan 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Marc Minkowski avait réalisé le tout premier enregistrement de la pastorale héroïque en 1991, avec ses Musiciens du Louvre et une belle distribution, où l’on comptait Jean-Paul Fouchécourt et Philippe Huttenlocher. C’était au tour de l’infatigable William Christie de reprendre l’ouvrage, avec ses musiciens des Arts florissants et une équipe de chanteurs de premier rang, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Marc Minkowski avait réalisé le tout premier enregistrement de la pastorale héroïque en 1991, avec ses <em>Musiciens du Louvre</em> et une belle distribution, où l’on comptait Jean-Paul Fouchécourt et Philippe Huttenlocher. C’était au tour de l’infatigable <strong>William Christie</strong> de reprendre l’ouvrage, avec ses musiciens des <em>Arts florissants</em> et une équipe de chanteurs de premier rang, pour une production à l’Opéra Comique, privé de public durant la pandémie. La retransmission sous diverses formes connut un succès incroyable (<a href="/titon-et-laurore-paris-favart-mondonville-contre-le-blue-monday">Mondonville contre le Blue Monday</a>), et le DVD sort maintenant.</p>
<p>Prométhée, dans le prologue, nous donne la clé de l’ouvrage : « un mortel qui sait se faire aimer peut l’emporter sur les dieux même ». Eole, amant rebuté de l’Aurore, veut se débarrasser de son rival Titon. Avec l’autre méchante, Palès, divinité protectrice des troupeaux, jeune bergère éprise de Titon, ils vont tout faire pour contrarier les liens qui l’unissent à l’Aurore. Les Aquilons enlèvent Titon, Aurore pleure son amant, et Eole va déclencher une tempête funeste, mais Palès parvient à sauver celui qu’elle aime. Cependant, par vengeance, elle le plonge dans un sommeil profond où elle le vieillit. Titon va expirer dans les bras d’Aurore quand l’Amour rend la vie et la jeunesse au héros en lui conférant l’immortalité.</p>
<p>C’est la première mise en scène d’opéra du marionnettiste new-yorkais, formé en France, <strong>Basil Twist</strong>, qui signe également décors et costumes. A peu de frais, avec une invention renouvelée, il nous offre un beau spectacle, féérique, contemporain et ludique par sa réalisation, où l’esprit baroque est bien présent. Les matières (de l’argile aux voilages), les couleurs, les éclairages, tout concourt au plaisir visuel. Les marionnettes, manipulées ou à fil (les trois Grâces), figurent des mouvements singuliers (des positions des corps, au début, à la gavotte des moutons).  Par contre la danse – essentielle à l’ouvrage – est réduite à peu de choses. La ronde, les danses des bergers déçoivent, à peine esquissées, empruntées. La mise en scène, surprenante, s’accorde à la fable mythique. Elle s’ouvre sur un décor d’arcatures antiques, à trois niveaux, avec de grandes figurines en pleine lumière dans chacune d’elles, et permet de renouveler les cadres. Nous aurons ainsi des couples d’argile, des fées, des moutons, animés par des marionnettistes, qui se prêteront à diverses combinaisons et mouvements. Les apparitions, voiles, vidéos, participent à cette vision onirique. Les costumes mêlent harmonieusement l’antique et le baroque.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/mondonville_4.jpg?itok=l3Gtn8P6" title="Palès (Emmanuelle De Négri) et Eole (Marc Mauillon) © Stefan Brion - Opéra Comique" width="468" /><br />
	Palès (Emmanuelle De Négri) et Eole (Marc Mauillon) © Stefan Brion &#8211; Opéra Comique</p>
<p>La pastorale héroïque vaut par son invention renouvelée, mais, surtout par sa fraîcheur, sa légèreté et sa lumière, qui contrastent avec la pompe de l’opéra versaillais, dont Rameau sera le plus prestigieux des derniers avocats. La vivacité du ton, la délicatesse et la puissance, les contrastes, les couleurs sans autre prétention que la séduction, pour un langage raffiné, lumineux, qui sait s’assombrir ou se déchaîner, pour une émotion réelle.</p>
<p>William Christie nous offre la quasi intégralité de la partition, avec une modification de la scène ultime, qui interroge : le grand chœur d’ouverture est renvoyé à l’extrême fin, et il supprime par là-même occasion l’Air pour les plaisirs, le passepied qui précède la chaconne, enfin le tambourin conclusif. Pourquoi avoir cherché à satisfaire une convention alors inconnue pour une pastorale, fut-elle héroïque ? La vigueur de sa direction se conjugue à son plaisir gourmand, communicatif. Les tempi sont délibérément exagérés, générateurs de contrastes accusés, tout comme les nuances. Un peu maigre – ce sera la principale réserve – son ensemble sera sollicité seul à de nombreuses reprises. Bien sûr pour l’ouverture, mais aussi pour les airs, pour les esprits du feu, légers, pour les vents, pour les nymphes, pour les plaisirs ; mais aussi pour les gavottes, musettes, rondeaux et ritournelle, sans oublier la chaconne, obligée, du dernier acte. Qu’il s’agisse du continuo, réactif à souhait, de l’accompagnato magistral au dernier acte, ou du dialogue avec les voix, c’est un constant bonheur.  Les trois Grâces sont issues du chœur, dont le costume noir se confond avec l’obscurité de la scène, ou en bergers. Il intervient fréquemment pour des passages expressifs, très caractérisés, et l’on ne peut que féliciter les chanteurs pour leur cohésion, leur diction et leur harmonie.</p>
<p>Il nous avait donné le Coridon d’<em>Isbé</em>, de Mondonville, créé par Jélyotte. <strong>Reinoud Van Mechelen</strong>, que l’on ne présente plus, marche une fois encore sur les traces de l’extraordinaire créateur de Titon. Ses qualités sont unanimement reconnues, particulièrement dans ce répertoire. Son timbre, sa prononciation soignée, son sens dramatique, un style recherché et juste, en font un Titon idéal. Dès le premier acte, airs et récitatifs du beau berger sont autant de réussites. Comment rester insensible à sa musette « Votre cœur aimable » comme à l’air suivant, pour les pâtres ? L’accompagnato du III « Que vois-je ? Suis-je prêt à finir ma carrière ? » nous touche par sa sincérité. Le rôle est riche, et l’on pourrait citer bien d’autres interventions. Le finale est impressionnant et il est regrettable que le chef ait choisi d’en réorganiser l’agencement.</p>
<p>L’Aurore est <strong>Gwendoline Blondeel</strong>, dont la délicatesse d’expression est idéalement servie. Le timbre d’une rare pureté, la diction et le jeu n’appellent que des éloges. La palette expressive est large, du « Venez sous ce riant feuillage » à la plainte qui ouvre le deuxième acte. Son duo avec l’Amour est ravissant, et n’oublions pas « la tourterelle tendre et fidèle ».</p>
<p>Excellent choix que celui de la délicieuse <strong>Julie Roset</strong> pour incarner l’Amour, en Chevalier à la Rose. Son émission fraîche, juvénile, déliée, se marie au timbre et à la puissance contenue comme à l’autorité de Prométhée, <strong>Renato Dolcini</strong> dont on retient « Qu’aujourd’hui l’argile respire ». Si ce dernier disparaît après le prologue, l’Amour revient au dernier acte pour un autre duo « Amour, après tant de bienfait », avec l’Aurore. Les récitatifs sont tout aussi remarquables, dont il faut souligner la vie et l’intelligibilité.</p>
<p><strong>Marc Mauillon</strong>, familier lui aussi de ce répertoire, nous vaut un Eole puissant, convaincant, à la voix bien projetée, spectaculairement habillé de soie. Sa grande scène de fureur du II, ventée à souhait, est un grand moment.  La figure de Palès (*), sa complice maléfique, magnifiquement défendue par <strong>Emmanuelle de Negri</strong>, appelle également tous les suffrages. Art de la diction et du phrasé, servis par une voix à la palette la plus riche, c’est admirable.</p>
<p>La prise de vues, signée François Roussillon, avec des caméras positionnées en de multiples endroits, sert remarquablement le propos, et participe à notre bonheur. Au final, une nouvelle référence, servie par des interprètes idéaux et par une mise en scène réjouissante si elle n’évacuait les parties dansées au bénéfice de mouvements qui s’accordent à cette approche singulière, mais prive l’ouvrage d’une de ses dimensions essentielles.</p>
<p>(*) que faisait déjà chanter Bach dans sa cantate de la chasse, BWV 208, quarante ans auparavant.</p>
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		<title>MONDONVILLE, Titon et l&#039;Aurore — Paris (Opéra Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/titon-et-laurore-paris-opera-comique-mondonville-contre-le-blue-monday/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Jan 2021 04:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est difficile ce soir d’être critique. Quand le lecteur attend de lui de la rigueur, de l’exigence, du discernement, le voilà, tel un enfant, tout entier à son euphorie de retrouver un parc d’attraction dont on lui a trop longtemps interdit l’entrée. Difficile de plus de se montrer critique quand on se sent à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il est difficile ce soir d’être critique. Quand le lecteur attend de lui de la rigueur, de l’exigence, du discernement, le voilà, tel un enfant, tout entier à son euphorie de retrouver un parc d’attraction dont on lui a trop longtemps interdit l’entrée. Difficile de plus de se montrer critique quand on se sent à ce point privilégié. Il devrait y être habitué, c’est le seul invité dont on accepte qu’il fasse part aussi ouvertement de son mécontentement, mais cette fois-ci le privilège ressemblait à celui des contrebandiers. Tachons néanmoins de rendre justice à tous les artistes qui méritent bien mieux que l’admiration béate du spectateur frustré.</p>
<p>Commençons par louer la qualité de l&rsquo;écriture de <strong>Mondonville</strong>. Trop souvent, on se trouve réduit à estimer l’intérêt d’une œuvre oubliée au travers d’arguments qui soulignent son importance dans l’histoire de la musique ou du siècle. Si de tels arguments existent pour ce <em>Titon</em> (« sur une idée originale de la Pompadour » dirait-on aujourd’hui, l’œuvre fut de plus le fer de lance des défenseurs du style français dans la querelle des Bouffons), ils sont bien superflus pour goûter les charmes d’une partition exubérante qui s’offre avec une telle évidence. Ce n’est pas par hasard qu’elle fut la première œuvre lyrique de son auteur à avoir eu les honneurs du disque. L’orchestration est d’une richesse extrême, l’inventivité mélodique constante. L’écriture, tant instrumentale que vocale, est très exigeante, mêlant déclamation à la française et virtuosité italienne au sein d’un même air, avec un nombre de notes qui ferait pâlir <a href="https://www.youtube.com/watch?v=urght66WIyU&amp;ab_channel=coreymouth">l’empereur Joseph II</a>. Alors certes le livret fait dialoguer des personnages particulièrement stéréotypés, manquant autant de finesse qu’ils débordent d’excès. Mais l’émerveillement musical est tel qu’il soutient sans peine l’attention deux heures durant. Mondonville est à la fois héritier de la grammaire ramélienne (l’apparition d’Aurore !) qu’il semble prendre un malin plaisir enrichir de sa fantaisie (l’ouverture, l’embrasement du Prologue), tant et si bien que les emportements d’Eole retranchent un peu de génie au père des stupéfiantes <em>Boréades</em>.</p>
<p>Il faut dire que les musiciens des <strong>Arts Florissants</strong> semblent particulièrement heureux de retrouver ce compositeur. Tout le charme harmonique et rythmique de la partition est souligné avec un entrain qui n’empêche jamais la finesse. On pourrait tout juste chipoter en regrettant de les voir privilégier la rondeur du son à la netteté des traits, mais c’est depuis longtemps la signature esthétique de <strong>William Christie</strong>. Ceux qui ne manquent pas de netteté par contre, ce sont les membres du chœur, qui réussissent à être constamment intelligibles sans jamais sonner petit ou précautionneux.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/3_titon_et_laurore_dr_stefan_brion.png?itok=8bQU71GH" title="Emmanuelle de Negri (Palès) © Stefan Brion" width="468" /><br />
	Emmanuelle de Negri (Palès) © Stefan Brion</p>
<p>C’est hélas le cas de plusieurs seconds rôles : à commencer par les trois nymphes, sorties du chœur, et comme dénudées de se trouver ainsi exposées, elles manquent de moelleux dans l’émission et de richesse de timbre pour pleinement envoûter notre berger. Précisons tout de même qu’il s’agit du moment le plus faible de cette pastorale, copie conforme des bergeries les moins inspirées de Rameau. Le Prométhée de <strong>Renato Dolcini</strong> est également à la peine avec une écriture souvent trop basse, qui le pousse à sacrifier l’émission et l’intelligibilité de son texte. L’amour très piquant et malicieux de <strong>Julie Roset</strong> fait valoir de très beaux aigus et une ligne très pure. Même éloges pour l’Aurore de <strong>Gwendoline Blondeel</strong>, même si on aurait préféré des suraigus moins durs. C’est clairement le trio Titon-Palès-Eole que Mondonville a le plus gâté. <strong>Marc Mauillon</strong> est un étonnant dieu des vents qui palie le même manque de notes grave (à la création, le même chanteur interprétait Eole et Prométhée) par une autorité toujours aussi souveraine et percutante de l’émission et une prononciation au cordeau. La Palès d’<strong>Emmanuelle de Negri</strong> le lui rend bien, toute autant expressive et insolente, voire roublarde. Enfin <strong>Reinoud Van Mechelen</strong> semble avoir mangé du lion pour interpréter celui que le livret ne transformera pas en cigale, contrairement à ce que nous dit la mythologie. A l’aise aussi bien dans les traits virtuoses finaux qu’il pare d’une héroïque virilité quasi-rossinienne (la barbe et le gabarit aidant, on croirait presque apercevoir Michael Spyres !) que dans le déchirant et entropique air du vieillissement ou les élans amoureux du premier acte, c’est le grand triomphateur de cette soirée.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/2_titon_et_laurore_dr_stefan_brion.png?itok=cbHUVThJ" title="Reinoud Van Mechelen (Titon), Gwendoline Blondeel (L’Aurore) © Stefan Brion" width="468" /><br />
	Reinoud Van Mechelen (Titon), Gwendoline Blondeel (L’Aurore) © Stefan Brion</p>
<p>Sur la scène, <strong>Basil Twist</strong> cherche l’émerveillement par la fantaisie sans arrière-pensée. Cela ne marche pas toujours (les poupées glaiseuses du prologue lassent vite), mais distrait agréablement, on n’en demandait guère plus à ce livret galant sans ambition. Les éclairages sont élégants (surtout ceux à base de reflets), les costumes brillants et astucieux (les voiles d’Eole empruntés à Loïe Fuller, Palès débarquant avec ses béliers telle une Fricka pastorale). Ce n’est pas aussi inventif que ce qu’ont pu faire en ces mêmes lieux et dans la même veine <a href="https://www.forumopera.com/ercole-amante-paris-favart-cavalli-reenchante-cavalli-venge">Christian Hecq et Valérie Lesort</a> ou <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-miracle-datys-renouvele">Jonathan Kent</a>, mais ces jeux de marionnettes se laissent regarder avec plaisir et amusement. Rien de tel pour soigner son Blue Monday, voir son Blue January grâce au streaming !</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/titon-et-laurore-paris-opera-comique-mondonville-contre-le-blue-monday/">MONDONVILLE, Titon et l&#039;Aurore — Paris (Opéra Comique)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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