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	<title>Bergamo Musica Festival - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Bergamo Musica Festival - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>Poliuto</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/cest-nourrit-quon-ressuscite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Apr 2012 08:58:03 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Même si l’Opéra de Zurich doit en assurer en mai prochain la création en Suisse, et si une nouvelle production doit en voir le jour à Marseille à la fin de cette année, le <em>Poliuto </em>posthume de Donizetti, créé trente ans exactement avant le <em>Polyeucte</em> de Gounod, ne s’est pas vraiment imposé au répertoire, de sorte que le DVD aujourd’hui proposé par Bongiovanni se trouve être, sauf erreur, une première mondiale sur ce support. Et l’on ne parle même pas de la version « grand opéra à la française » créée avant l’original italien, <em>Les Martyrs</em>, encore plus sombré dans l’oubli. Ce sujet chrétien n’est pourtant pas si désuet, comme en témoigne le <em>Polieukt </em>de Zygmund Krause récemment donné à <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3123&amp;cntnt01returnid=54">Toulouse</a>.</p>
<p>			 </p>
<p>			De cet « opéra de ténor » finalement créé en français par Duprez en 1840, mais conçu à la demande et à l’intention de Nourrit, <strong>Gregory Kunde</strong> est ici la pierre angulaire : avant d’aborder Raoul des <em>Huguenots</em> à Strasbourg (voir <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3555&amp;cntnt01origid=57&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">recension</a>),  il avait déjà fait sien cet autre rôle que le grand ténor français aurait dû créer en 1838 si la censure napolitaine ne s’était opposée à cette œuvre jugée sacrilège. Espérons seulement que Kunde ne connaîtra pas le même sort que son illustre prédécesseur (dans un accès de délire, Nourrit se jeta par la fenêtre de son hôtel en 1839). En tout cas, sa voix semble ici parfaitement se plier aux exigences du rôle, les aigus sont dardés avec vaillance et, scéniquement, le personnage sans âge précis du seigneur arménien lui convient bien mieux que celui du jeune comte de Nangis.</p>
<p>			 </p>
<p>			A ses côtés, <strong>Paoletta Marrocu</strong> lui donne une réplique parfaitement à la hauteur (elle fut notamment une superbe Lady Macbeth face à Thomas Hampson). La chanteuse est raffinée et expressive, même si les notes les plus graves gagneraient à être un peu plus sonores, et si elle pourrait avec profit s’affrachir de certains gestes mélodramatiques très dispensables. <strong>Simone Del Savio</strong> est un magnifique baryton-basse au timbre généreux, d’une solidité à toute épreuve. <strong>Andrea Papi</strong> est un grand-prêtre impressionnant de noirceur et d’animosité envers les chrétiens.</p>
<p>			 </p>
<p>			Sans rien de bien remarquable dans la direction d’acteur, la mise en scène élégante de <strong>Marco Spada</strong> a au moins le grand mérite de la sobriété élégante : elle nous évite un énième péplum avec toges plus ou moins bien drapées devant colonnes en toc plus ou moins bien imitées. La transposition discrète vers l’époque fasciste se justifie par le culte mussolinien de l’antiquité romaine : ici, quelques figurants en costume de centurions, puis de gladiateurs, renvoient explicitement au contexte historique initial de l’intrigue, mais tous les personnages portent des tenues « milieu du XXe siècle » simples et seyants (le laticlave est sans pitié pour qui abuse de la cervoise).</p>
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		<item>
		<title>Marino Faliero</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/du-clair-obscur-pour-un-opera-crepusculaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yonel Buldrini]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Oct 2011 16:33:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  « Furore! Fanatismo! Entusiasma!” [traduction inutile !] Ton Marino Faliero fut jugé comme ton Chef-d’oeuvre », écrivait l&#8217;impresario Lanari à l&#8217;issue de la création italienne, à Florence en 1836, de ce quarante-neuvième des soixante-dix ouvrages lyriques du Cygne de Bergame. Opéra crépusculaire, Marino Faliero se révèle superbement uni dans ce que Verdi nommera plus tard « la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           <br />
			« <em>Furore! Fanatismo! Entusiasma!</em>” [traduction inutile !] Ton <em>Marino Faliero </em>fut jugé comme ton Chef-d’oeuvre », écrivait l&rsquo;impresario Lanari à l&rsquo;issue de la création italienne, à Florence en 1836, de ce quarante-neuvième des soixante-dix ouvrages lyriques du Cygne de Bergame. Opéra crépusculaire, <em>Marino Faliero </em>se révèle superbement uni dans ce que Verdi nommera plus tard « la tinta », la couleur musicale, magistralement réussie sombre par un Donizetti qui, six mois plus tard, trouverait pourtant de quoi tirer de son génie inépuisable <em>Lucia di Lammermoor</em> !</p>
<p><em>Marino Faliero</em> est, pour une fois, un opéra d&rsquo;hommes et trouve ainsi son équilibre, entre basse, baryton et ténor. Le soprano y possède un rôle en retrait et ne termine pas l&rsquo;ouvrage par un grand air final, comme c&rsquo;était presque toujours le cas à l&rsquo;époque, mais par une brève <em>scena</em>, fort dramatique et impressionnante du reste. C&rsquo;est ce même splendide Teatro Donizetti de Bergame, où a été réalisé cet enregistrement de l’opéra, qui avait déjà effectué en 1966, la première et glorieuse reprise moderne de l&rsquo;ouvrage.</p>
<p>			Pivot du drame car chef de la conjuration contre le tyrannique Conseil des Dix, est le doge Faliero. <strong>Giorgio Surian</strong>, à défaut de la profondeur attendue dans ce rôle notablement marqué par Agostino Ferrin et Cesare Siepi, lui confère une certaine autorité, et son vibrato apporte une fragilité appartenant également au personnage. Si l&rsquo;aigu est un peu aigre, on a toujours la chair de poule lors de la grande cabalette finale du deuxième acte, le mérite en revenant surtout à l&rsquo;inspiration donizettienne.</p>
<p>			Vieux compagnon d&rsquo;armes du doge et instigateur de la conjuration, Israele Bertucci, chef de l&rsquo;Arsenal est <strong>Luca Grassi</strong>, baryton au beau timbre « gras » et chaleureux avec quelque chose d&rsquo;âpre convenant à merveille à l&rsquo;amertume du personnage. Un grave de cuivre, un médium à la belle pâte homogène, un aigu à toute épreuve et une technique assumant les vocalises dramatiques du Romantisme, en font le meilleur chanteur de la distribution. L&rsquo;altier doge Faliero de Giorgio Surian trouve en lui un noble et vibrant compagnon de conspiration, et l&rsquo;on se réjouit de voir à son répertoire sept autres rôles donizettiens, dont l&rsquo;ardent Enrico di Chevreuse (<em>Maria di Rohan</em>) qui semble idéal pour lui.</p>
<p>			Le troisième personnage masculin important est Fernando, le neveu du doge, combattant pour l&rsquo;honneur de son oncle et mourant dans ses bras. <strong>Ivan Magrì</strong> possède un voix de ténor légère mais capable d&rsquo;une certaine chaleur. Si un certain vibrato assorti de coups de glotte apparait expressif jusqu&rsquo;à un certain point, on craint parfois la défaillance&#8230; qui ne survient heureusement pas. Dans ces conditions, il vaut mieux (hélas !) qu&rsquo;on ait amputé ses cabalettes de leur répétition (mais même un Blake, pourtant champion d&rsquo;une « intégralité rossinienne », ne tentait pas le da capo de la seconde cabalette de Fernando).</p>
<p>			La dogaresse effacée, épouse infidèle puis repentie dans l&rsquo;émouvante catharsis finale, est <strong>Rachele Stanisci</strong>. Ce soprano possède un appréciable timbre corsé, charnu et « de gorge », devenant coupant et laid dans l&rsquo;aigu évidemment <em>engorgé</em> (danger de ce type de voix). On est en revanche agréablement surpris de découvrir une belle ligne de chant dans les moments plus purement lyriques, ainsi qu&rsquo;une capacité à vocaliser, composant une Elena Faliero d&rsquo;autant plus dramatique que son interprète possède aussi à son répertoire Aida, Tosca et Adriana Lecouvreur !</p>
<p>			Parmi des rôles secondaires bien tenus (au point que Steno a une voix aussi ingrate que son rôle est odieux), on remarque avec plaisir <strong>Domenico Menini</strong>, ayant la charge de chanter en soliste la charmante barcarolle du gondolier ouvrant le deuxième acte.</p>
<p>			Les choeurs bergamasques se montrent efficaces et l&rsquo;orchestre du Teatro Donizetti sonne bien, dans cette grande salle qui résonne toujours un peu comme si elle était vide, et sait laisser fleurir la poésie propre à l&rsquo;instrumentation donizettienne.</p>
<p><strong>Bruno Cinquegrani</strong> suit hélas la tendance actuelle de diriger précipitamment, ce qui retire de l&rsquo;impact dramatique à bien des passages. L&rsquo;impressionnant choeur des « figli della notte » (les gondoliers se disant « fils de la nuit »), pris à toute allure, voit son mystère bousculé et amoindri. Il en va de même pour le poignant duo de la confession à la fin de l&rsquo;opéra. Plus grave et impardonnable est le fait de fusiller le grand <em>concertato</em> du <em>Finale Primo</em> qui, bousculé dans sa progression, ne connaît pas la délicate fusion des différentes lignes vocales, et se trouve — tout autant que nous — déconcerté, ce qui est le comble pour un ensemble concertant !</p>
<p>			Heureusement, le chef trouve par ailleurs la juste respiration donizettienne, complétant ainsi un nouvel enregistrement non négligeable de ce chef-d’œuvre au romantisme sombre.<br />
			 </p>
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			 <br />
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