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	<title>Brussels Philharmonic - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Brussels Philharmonic - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>Jodie Devos, « Bijoux perdus » : notre disque du mois</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/jodie-devos-bijoux-perdus-notre-disque-du-mois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Jacques Groleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2022 12:09:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Le sourire dans la voix », écrivait à juste titre Charles Sigel ! Un répertoire aussi rare qu&#8217;éblouissant, une Jodie Devos en très grande forme, entourée avec un chic inimitable par Pierre Bleuse et le Brussels Philharmonic&#8230; Ce nouvel album, malicieusement intitulé « Bijoux perdus », s&#8217;est imposé à la Rédaction comme Disque du mois !</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/jodie-devos-bijoux-perdus-des-etincelles-mais-pas-seulement">« Le sourire dans la voix</a> », écrivait à juste titre Charles Sigel ! Un répertoire aussi rare qu&rsquo;éblouissant, une Jodie Devos en très grande forme, entourée avec un chic inimitable par Pierre Bleuse et le Brussels Philharmonic&#8230; Ce nouvel album, malicieusement intitulé « Bijoux perdus », s&rsquo;est imposé à la Rédaction comme Disque du mois !</p>
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		<title>Stabat Mater de Poulenc et Requiem de Desenclos</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/stabat-mater-de-poulenc-et-requiem-de-desenclos-le-tragique-et-la-ferveur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2020 04:14:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Requiem de Desenclos fait ici figure de complément. Or c’est une révélation pour ceux qui ne connaissaient pas l’enregistrement dirigé par Joël Suhubiette en 1998. L’œuvre est d’une sereine beauté, lumineuse, apaisée. Certes l’ombre de Fauré se penche sur elle. On en a fait souvent grief à Desenclos, Mais, comme le dit Hervé Niquet : « Quelle importance ? » &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le <em>Requiem</em> de Desenclos fait ici figure de complément. Or c’est une révélation pour ceux qui ne connaissaient pas l’enregistrement dirigé par Joël Suhubiette en 1998. L’œuvre est d’une sereine beauté, lumineuse, apaisée. Certes l’ombre de Fauré se penche sur elle. On en a fait souvent grief à Desenclos, Mais, comme le dit <strong>Hervé Niquet</strong> : « Quelle importance ? » si la musique apporte un réconfort, ce qui est aussi la fonction d’un Requiem. </p>
<p>Alfred Desenclos (1972-1971) écrivait dans une tradition très française, mélodique, enracinée dans une leçon issue de la Schola Cantorum, il professait une admiration éperdue pour Debussy et Ravel, et se disait romantique, pour se distinguer des cercles bouléziens qui tenaient le haut du pavé : « Pour moi, la musique doit être émotion, expansion. Quand je compose, je n’ai aucune définition précise de ce que la musique devrait devenir ». Il disait aussi que la musique « devrait porter l’émotion au-delà de l’intellectualisme » et que « ce Requiem a été écrit dans la tradition liturgique avec un profond respect pour cette tradition, et tout effet théâtral a été résolument évité. L’orchestre ne contient aucun instrument discordant, et a été traité selon les méthodes anciennes qui conviennent si bien à la langue latine ». Ici, c’est la version avec orgue que nous entendons. Mais la même sage clarté très française baigne l’ordonnance de ce Requiem. On pense à Gounod, et pourquoi pas ? Même pour une œuvre dont la composition commença en 1956, et longuement mûrie puisque la création en eut lieu en 1963. Le « Libera me » est la seule pièce dont les accents rompent un peu avec la lumière de vitrail, le recueillement, la confiance qui émanent de ces longues lignes souples, que le <strong>Vlaams Radiokoor</strong>, le Chœur de la Radio flamande, avec François Saint-Yves, rend avec ferveur, dans l’acoustique claire de la Jezuietenkerk de Louvain.</p>
<p> Le <em>Stabat Mater</em> est, lui, l’une des œuvres les plus connues de Francis Poulenc. Du moins, de l’une des deux facettes de Poulenc, personnage bifrons, et qui le revendiquait. A une dame du Kamtchatka lui écrivant pour savoir comme il est fait, il aurait envoyé, disait-il, <em>Le Bal masqué</em> et les <em>Motets pour un temps de pénitence</em> : « Je crois qu’elle se ferait ainsi une idée de Poulenc-Janus ».</p>
</p>
<p>Ce qu’il y a de bien avec lui (du moins si on l’aime), c’est que sa musique reste la même, avec ses modulations voluptueuses, quel que soit le contexte. Un amoureux du <em>Concerto pour piano</em> (pur Poulenc canaille, style casquette sur l’œil et veston pied-de-poule), qui découvrirait le <em>Stabat mater</em>, aurait le sentiment d’être en terrain connu. Le Poulenc pieux et grave, tendance Vierge noire de Rocamadour, emploie le même langage harmonique, les mêmes couleurs que le Poulenc de Nogent-sur-Marne. Bref on le reconnaît dès la première note, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Sincère tout le temps, il a la courtoisie de ne pas avancer masqué.</p>
<p>Evidemment pas moderne, même s’il était abonné du Domaine musical (pour le plaisir de se gausser des « dodécacas », on est parisien ou on ne l’est pas). Mais en paix (houleuse) avec lui-même.</p>
<p>Bref, ce <em>Stabat Mater</em> est magnifique. Il fut composé après la mort de son cher Christian Bérard. Poulenc retourna à Rocamadour, pour retrouver la Vierge noire qui lui avait inspiré ses <em>Litanies</em> en 1936 : « Imaginez-vous que tout à coup le génie m’est venu et en trois semaines (août 1950), j’ai écrit huit sur douze des numéros de mon <em>Stabat</em>. Je n’en reviens pas et je crois que c’est très émouvant. J’avais fait le pèlerinage de Rocamadour en juillet et comme le but de ce<em> Stabat</em>, c’est de lui confier l’âme du cher Bébé, tout me porte à croire qu’elle m’a exaucé », écrit-il à Yvonne de Casa Fuerte.</p>
<p>Le <em>Stabat</em> sera donc à la mémoire de Bérard, mais il fait écho à un autre désarroi : « Si Raymond (Destouches) reste le secret des <em>Mamelles</em> et de <em>Figure humaine</em>, Lucien (Roubert) est bien celui du <em>Stabat</em> et des <em>Carmélites</em> », dira-t-il.</p>
<p>Le climat n’a rien à voir avec celui du <em>Requiem</em> de Desenclos. Ici la gravité domine, dans la noble tradition d’une pompe funèbre, assez Versailles, qui serait irisée par les modulations évoquées plus haut. Les mouvements rapides qui alternent avec les lents n’édulcorent en rien le dramatisme général. Au contraire, ils parlent de violence et d’angoisse. </p>
<p>Mais les passages<em> a cappella</em>, nombreux (tel le « O quam tristis ») laissent entrapercevoir une lumière d’espérance. Curieusement, certains numéros (le “ Quae moerebat », le « Eja Mater ») sont quasi joyeux et dansants, mais le tragique domine (ainsi le « Qui es Homo », soutenu par cuivres et percussions). Au centre de la partition le « Vidit Suum », chanté par la soprano. Là, aussi on penserait à Fauré, pour cette sensualité nimbée de mystère, un Fauré qui se permettrait quelques audaces harmoniques, un peu acides et coruscantes. </p>
<p>Il y a dans toute cette œuvre une grandeur, une gravité, j’allais dire une majesté, en écoutant le « Fac ut portem », à l’image de cette décennie cinquante qui culminera pour Poulenc avec le <em>Dialogues des carmélites</em>. D’ailleurs les derniers accords du <em>Stabat</em> sont aussi glaçants que le couperet de la guillotine des Carmélites : ni apaisement, ni consolation.</p>
<p>Hervé Niquet dirige ici son Vlaams Radiokoor, avec le <strong>Brussels Philharmonic</strong>, et la soprano <strong>Marion Tassou</strong>. Il choisit des tempi souvent rapides (si on pense à ceux de Prêtre, Baudo ou Reuss). A l’évidence, il aime ce théâtre funèbre, ce côté « grand genre », la richesse de cet orchestre (trois bassons, quatre cors, trois trombones, sans préjudice des flûtes, hautbois et clarinettes). Mais ce décorum, dans une tradition française revendiquée, n’occulte jamais l’humble sincérité du message. Et sa tendresse. </p>
<p>« J’écris un <em>Stabat</em> pour chœur et orchestre. Je m’y sens chez moi et espère toucher les « ceusses » qui aiment la prière » (Poulenc à Marguerite Long, 30 août 1950).</p>
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		<title>Stabat Mater / Requiem</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/stabat-mater-requiem-douces-revoltes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Dec 2019 17:17:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Face aux monuments de pompe funèbre que sont les Requiems de Verdi ou de Berlioz, les Stabat de Dvorak et de Pergolèse ou les Grandes Messes Funèbres et Solennelles qui jalonnent l&#8217;histoire de la musique, on comprend volontiers que quelques compositeurs aient éprouvé un certain vertige à s&#8217;emparer des textes les plus dramatiques de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Face aux monuments de pompe funèbre que sont les <em>Requiems</em> de Verdi ou de Berlioz, les <em>Stabat</em> de Dvorak et de Pergolèse ou les <em>Grandes Messes Funèbres et Solennelles </em>qui jalonnent l&rsquo;histoire de la musique, on comprend volontiers que quelques compositeurs aient éprouvé un certain vertige à s&#8217;emparer des textes les plus dramatiques de la liturgie. C&rsquo;est sans doute pour cela que Fauré fit l&rsquo;impasse sur le « Dies irae » dans son <em>Requiem</em>, et que Szymanowski composa un modèle d&rsquo;épure en guise de <em>Stabat Mater</em>. Sans nécessairement connaître le second, Poulenc et Desenclos se souvinrent certainement du premier lorsqu&rsquo;ils s&rsquo;attelèrent à la composition de leur deux partitions présentées sur le dernier enregistrement d&rsquo;Hervé Niquet.</p>
<p>On nous rappelle dans le livret que le <em>Stabat Mater</em> de Poulenc est la réponse à une crise de spiritualité éprouvée par le compositeur après la perte d&rsquo;un être cher. On croit volontiers à la détresse dans laquelle il devait se situer, mais cette proposition de Stabat n&rsquo;en est pas moins ambigüe. Le « Quis est homo » est bel et bien flamboyant, mais « Quae moerebat » ou le « Eja Mater » baignent dans une insouciance toute caractéristique du moine voyou qu’était Poulenc. Chez Desenclos, la révolte est elle aussi de velours. Tout comme Fauré, il se prive de « Dies irae », car son but n’est pas de marquer les esprits à coups de cymbales et de septièmes diminuées. Tout comme Duruflé, il se souvient du chant grégorien tel qu’enseigné à l’Ecole Niedermeyer, et propose une version avec orgue seul pour cette messe des morts toute en douceur. Il y a un brin d’agitation dans le « Libera me », mais l’ensemble de l’œuvre frappe surtout par sa modestie. Pour autant, Desenclos ne se prive pas d’un travail poussé sur l’harmonie. Alors que l’usage de nombreux parallélismes harmonique justifie une partie de l’étiquette « archaïque » qu’on a pu lui apposer, certains virages ne sont pas bien loin du premier Messiaen ou même de Poulenc (voir le « Requiem aeternam » ou le « Sanctus »).</p>
<p><strong>Hervé Niquet</strong> explique avoir souhaité se rapprocher du parler à l’époque de Poulenc ou de Desenclos (les deux étant peu ou prou contemporains). Il s’agit d’une voix « plus haute, sur-projetée, trop forte, avec trop d’harmoniques », selon les mots du chef d’orchestre. Toutes proportions gardées, cette intention est bien communiquée au <strong>Vlaams Radiokoor</strong>, qui séduit par un son droit, pur, jamais dans le style vaporeux des chœurs autrichiens ou allemands. Cette technique de chant s’avère particulièrement efficace dans le registre grave, où les voix ont naturellement tendance à disparaître derrière l’orchestre.<br />
	Ces caractéristiques, on les retrouve au <strong>Brussels Philharmonic</strong>, dont le relief des solistes de la petite harmonie sied parfaitement au compositeur.<br />
	On regrette que <strong>Marion Tassou</strong> n’ait pas su profiter de cet ensemble. Son timbre nous semble nettement plus terne que lorsque nous l’écoutions dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/claude-vivier-hierophanie-paris-cite-de-la-musique-hierophanie-que-nous-veux-tu"><em>Hiérophanie</em> quelques mois plus tôt</a>, et ses rares interventions dans la partition ne sont encore qu’en demi-teintes.</p>
<p>Reste le toucher de velours de l’organiste François Saint-Yves, qui enveloppe le Requiem de Desenclos d’un drapé chaleureux, convenant tout à fait à la douce révolte exprimée par l’œuvre.</p>
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		<item>
		<title>La Tombelle, perseverare non diabolicum</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-tombelle-perseverare-non-diabolicum/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Nov 2019 16:33:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au printemps 2017, le Palazzetto Bru Zane avait admis Fernand de La Tombelle (1854-1928) dans sa série d’enregistrements de mélodies de compositeurs français négligés. Venant entre Saint-Saëns en 2016 et Gounod en 2018, le baron avait un peu pâti de ce voisinage prestigieux. Le Centre de musique romantique française lui offre une revanche éclatante en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au printemps 2017, le Palazzetto Bru Zane avait admis Fernand de La Tombelle (1854-1928) dans sa série d’enregistrements de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/fernand-de-la-tombelle-melodies-au-culot">mélodies de compositeurs français négligés</a>. Venant entre Saint-Saëns en 2016 et Gounod en 2018, le baron avait un peu pâti de ce voisinage prestigieux. Le Centre de musique romantique française lui offre une revanche éclatante en l’accueillant dans une autre série, « Portraits », panthéon ouvert à ceux que la postérité a dédaignés, qui abritait déjà les deux Théodore (Gouvy et Dubois), <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/vite-encore-du-marie-jaell">Marie Jaëll</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/felicien-david-christophe-colomb-musique-de-chambre-symphonique-et-sacree-le-si-melodieux">Félicien David</a>.</p>
<p>Cette fois, c’est sur trois disques que se donnent à entendre les compositions de La Tombelle. Le premier est consacré à la musique pour orchestre, le deuxième à la musique de chambre et à la musique chorale, le dernier aux mélodies et à encore un peu de musique de chambre. Autrement dit, il y a de quoi persuader les amateurs de voix d’y jeter une oreille. Côté mélodies, aucun doublon avec le disque de 2017. Si l’on retrouve le fidèle <strong>Jeff Cohen</strong> au piano, c’est cette fois un ténor et non plus un baryton qui hante ces pages, en l’occurrence <strong>Yann Beuron</strong>, à qui le PBZ avait confié une partie de son disque de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/saint-saens-melodies-avec-orchestre-concours-deloquence-et-necessite-sociale">mélodies de Saint-Saëns avec orchestre</a>. Des textes empruntés à Lamartine ou Hugo, d’abord, puis un cycle sur des poèmes directement écrits par La Tombelle lui-même, qui donnent à l’interprète l’occasion de déployer un chant plus ardent que le genre ne l’autorise en général. Relativement peu représenté dans ce Portrait, le volet religieux de l’œuvre de La Tombelle n’est pourtant pas tout à fait absent, puisque sur les cinq chœurs figurant à la fin du deuxième disque, trois sont d’inspiration sacrée. Côté profane, si « Le Furet » est une amusante reprise du thème d’une comptine célèbre, « Au fil de l’eau » est une partition beaucoup plus développée (plus de huit minutes), avec volutes envoutantes, bouche fermée ou sur des voyelles, s’enroulant autour du texte. Côté chrétien, « La Voix de l’orgue », de longueur sensiblement égale, est un hommage à l’instrument d’église par excellence, sur un texte du compositeur. Le Chœur de la Radio flamande dirigé par <strong>Hervé Niquet</strong> y manifeste une fois de plus les qualités qui font tout le prix de ses interventions dans les recréations d’opéra oubliés menées par le Palazzetto.</p>
<p>Fernand de La Tombelle, <em>Musique de chambre, chorale et symphonique</em>, Yann Beuron, Jef Coen, Brussels Philharmonic, Flemish Radio Choir, direction musicale : Hervé Niquet, 3 CD Palazzetto Bru Zane BZ 1038, 66&rsquo;20 + 69&rsquo;23 + 64&rsquo;02</p>
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		<item>
		<title>Charles Gounod, Cantates et musique sacrée</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/charles-gounod-cantates-et-musique-sacree-aile-dange-ou-cuisse-de-nymphe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jan 2018 06:37:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour le jeune Charles Gounod, le dilemme fut longtemps cornélien : devait-il se tourner vers la prêtrise ou composer pour le théâtre ? Devait-il écouter ses penchants ou suivre les injonctions de sa mère ? Au fil des années, ayant renoncé à servir Dieu directement, il allait trouver le moyen de concilier ses diverses aspirations, tant en incluant &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour le jeune Charles Gounod, le dilemme fut longtemps cornélien : devait-il se tourner vers la prêtrise ou composer pour le théâtre ? Devait-il écouter ses penchants ou suivre les injonctions de sa mère ? Au fil des années, ayant renoncé à servir Dieu directement, il allait trouver le moyen de concilier ses diverses aspirations, tant en incluant dans ses œuvres scéniques des moments de religiosité – la fameuse « Scène de l’église » dans <em>Faust</em>, l’inspiration de <em>Polyeucte</em> – qu’en consacrant sa musique à l’exaltation de la foi chrétienne, avec des œuvres comme <em>Rédemption </em>ou <em>Mors et vita</em>.</p>
<p>Ouvrant ses portes à Gounod à l’occasion du bicentenaire de sa naissance, la collection « Prix de Rome » du Palazzetto Bru Zane reflète très exactement cette tension entre deux orientations. Les deux disques enchâssés dans le livre réalisé avec tout le soin habituel sont consacrés, l’un aux trois cantates soumises au concours trois années de suite, jusqu’à l’obtention du Premier Grand Prix, l’autre à des œuvres pieuses conçues à Rome entre 1840 et 1842, dont l’un des fameux « envois » exigés par l’administration du concours. Est-ce à dire que le premier disque est tout entier voué au registre profane et aux séductions du théâtre, et le second exclusivement dédié à la plus sévère piété ? Ce serait trop simple.</p>
<p>Le CD1 propose les cantates dans un ordre non chronologique. Comme l’explique Alexandre Dratwicki dans son texte d’accompagnement, Gounod arrive à une date-charnière du Prix de Rome, lorsque la cantate imposée, qui a déjà pris un caractère dramatique plus évident avec le passage à deux voix au lieu d’une, atteint son apogée opératique au moment où l’on introduit une troisième voix. Les effets sur lesquels reposait à la même époque le triomphe de Meyerbeer sont désormais permis aux candidats. On est frappé par les préludes orchestraux que Gounod propose : <strong>Hervé Niquet </strong>ne manque pas de mettre en valeur la saisissante introduction de la cantate de 1837, ou le prologue de celle de 1839, à la fois mozartien et annonciateur du début de l’acte du jardin de <em>Faust</em>. Le premier essai peut sembler un peu laborieux, mais le succès final de <em>Fernand</em> ne surprend pas, car malgré ses concessions aux conventions du temps, c’est une vraie réussite. Et le trio y prend la forme d’une prière, « Dieu qui lit dans les cœurs » (prière aussi dans <em>La Vendetta</em>, mais à deux voix, « Dieu, dont l’éternelle clémence »). Et bien sûr, ce sont ces trois cantates qui offrent aux chanteurs le plus d’occasions de briller. Chez les dames, on retrouve <strong>Chantal Santon-Jeffery</strong>, souvent sollicitée par le PBZ, qui campe avec pudeur son personnage de mère corse. La voix de <strong>Gabrielle Philiponet </strong>ne cesse de prendre de l’ampleur, au point de devoir parfois se montrer précautionneuse pour ne pas malmener la musique. Quant à l’héroïne de <em>Fernand</em>, <strong>Judith Van Wanroij</strong> y est superbe et confirme qu’elle est parfaitement apte à aborder les partitions du XIXe siècle, où l’on commence seulement à l’entendre plus régulièrement : gageons qu’elle sera dans quelques jours une magnifique interprète du <em>Tribut de Zamora</em>. Chez les messieurs, <strong>Nicolas Courjal </strong>confirme sa véritable adéquation avec le répertoire français, <strong>Sébastien Droy</strong> se tire correctement du rôle de Rizzio, mais la véritable révélation, c’est l’autre ténor, ce <strong>Yu Shao</strong> que l’on avait pu voir dans <em>Le Timbre d’argent</em>. Mais qui chante aussi bien, se demande-t-on, qui chante dans un français aussi châtié, avec un timbre aussi charmant ? Le ténor chinois, qui fait ici merveille et qu’il y urgence à retrouver dans cette musique ; espérons que le petit rôle de Ruiz dans <em>Le Trouvère </em>en juin prochain à Bastille lui permettra d’aborder ensuite de vrais grands rôles.</p>
<p>Côté musique religieuse, malgré la belle prestation du Chœur de la radio flamande, on est d’abord un peu refroidi par l’austérité extrême de la <em>Messe vocale</em>, archaïsant et a cappella (l’orgue mentionné dans le livret ne s’entend guère). Les pages avec orchestre sont d’un attrait plus manifeste, et l’on est immédiatement séduit par le <em>Christus factus est</em>, à la mélodie caressante, où le théâtre reprend ses droits, et où Judith Van Wanroij ravit l’oreille une fois encore. Dans l’<em>Hymne sacrée</em>, l’essentiel du texte est confié au baryton soliste, un très convaincant <strong>Alexandre Duhamel</strong>, précédé par le ténor <strong>Artavazd Sargsyan</strong>, à l’aigu souvent un peu tendu. Et la <em>Messe de Saint-Louis-des-Français</em> permet de mieux écouter le beau timbre grave de <strong>Caroline Meng. </strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/charles-gounod-cantates-et-musique-sacree-aile-dange-ou-cuisse-de-nymphe/">Charles Gounod, Cantates et musique sacrée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Les cadeaux de Noël de la rédaction</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Dec 2015 06:29:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Petit Papa Noël de Forum Opéra, quand tu descendras du ciel, n&#8217;oublie pas le petit soulier de mon meilleur ami, et de mon meilleur ennemi. Laurent Bury A mon meilleur ami, j’offre le cadeau d’une découverte enchanteresse, avec les cantates composées par Paul Dukas pour ce Prix de Rome qu&#8217;il n&#8217;obtint jamais. Un compositeur de &#8230;</p>
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<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/les-cadeaux-de-noel-de-la-redaction-5/">Les cadeaux de Noël de la rédaction</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Petit Papa Noël de Forum Opéra, quand tu descendras du ciel, n&rsquo;oublie pas le petit soulier de mon meilleur ami, et de mon meilleur ennemi. </strong></p>
<hr />
<p><strong>Laurent Bury</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/91jaxjhcpbl_sl1500_.jpg?itok=8M7EjTcl" style="width: 100px; height: 155px; margin-right: 10px; margin-left: 10px; float: left;" />A mon meilleur ami, j’offre le cadeau d’une découverte enchanteresse, avec les cantates composées par Paul Dukas pour ce Prix de Rome qu&rsquo;il n&rsquo;obtint jamais. Un compositeur de génie, qui a trop peu écrit pour la voix, des interprètes à la hauteur, avec Hervé Niquet à la baguette et quelques-uns de nos meilleurs chanteurs français et francophones. Preuve qu’on peut encore croire au Père Noël. </p>
<p><strong>Paul Dukas : <em>Cantates, chœurs et musique symphonique – </em>Brussels Philharmonic, Hervé Niquet (direction) – Palazzetto Bru Zane </strong>(<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/paul-dukas-cantates-choeurs-et-musique-symphonique-le-moins-prime-mais-le-plus-gate">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/61hdw0fjyvl_sl1050_.jpg?itok=gRNnq7Sn" style="width: 100px; height: 137px; margin-right: 10px; margin-left: 10px; float: left;" />A mon meilleur ennemi, impitoyable baroqueux qui ne tolère que la reconstitution à la chandelle de suif (la bougie, c’est trop moderne), j’offrirai innocemment le DVD de la magnifique production des <em>Indes galantes</em>, montée par Laura Scozzi à Bordeaux puis reprise <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/amour-gloire-et-laideur">à Toulouse</a>. Ni perruques ni robes à panier ? Zut, j’étais pourtant sûr d’avoir fait le bon choix avec Rameau…</p>
<p><strong>Jean-Philippe Rameau : </strong><em><strong>Les Indes galantes</strong></em><strong> – Les Talens lyriques, Christophe Rousset (direction) &#8211; Alpha</strong></p>
<hr />
<p><strong>Brigitte Cormier</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/podles_0_0.jpg?itok=sZ7zk4W_" style="width: 100px; height: 140px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />Toujours un casse-tête de choisir un cadeau lyrique pour mon meilleur ami ! Cette année, pas besoin d’aller chercher loin, je lui offrirai <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/livre/ewa-podles-contralto-assoluto-le-sacre-du-monstre">mon livre sur Ewa Podleś</a>, la légendaire contralto polonaise, paru chez Symétrie. Pour se le procurer, rien de plus simple : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://symetrie.com/fr/titres/ewa-podles-contralto-assoluto">http://symetrie.com/fr/titres/ewa-podles-contralto-assoluto</a></p>
<p><strong>Brigitte Cormier, <em>Ewa Podleś, contralto assoluto</em> &#8211; Editions Symétrie</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/jvd_0.jpg?itok=nqfwey4_" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />Mon meilleur ennemi est épris de perfection. Même les plus grands trouvent rarement grâce à ses yeux. Je lui ai choisi un « <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/jose-van-dam-coffret-des-75-ans-collection-autograph-jose-van-dam-monument-vivant">monument vivant </a>» devant lequel, pour changer, il ne pourra que s’incliner.</p>
<p><strong>José van Dam : <em>Coffret autographe du 75<sup>e</sup> anniversaire</em> &#8211; 10 CD : Opéra, Oratorio, Mélodies, Lieder &#8211;  Erato, Warner classics</strong></p>
<hr />
<p><strong>Tania Bracq</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/kissmekate_400.jpg?itok=4GD_f6mq" style="width: 100px; height: 62px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />Je choisirai le thème léger des amours à scènes de ménage en invitant ma meilleure amie à une représentation de <em>Kiss me Kate </em>au théâtre du Châtelet. Cole Porter et ses clins d&rsquo;oeil à la <em>Mégère Apprivoisée</em> nous offriront sans aucun doute une soirée revigorante.</p>
<p><strong><em>Kiss me Kate </em></strong><strong>de Cole Porter &#8211; Théâtre du Châtelet du 3 au 12 février 2016 (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://chatelet-theatre.com/fr/les-actualites/spectacle-kiss-me-kate">plus d&rsquo;informations</a>)</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/imf_thumb_9488_149_encart-lyrique-5-110x110px.jpg?itok=GfUz6BCL" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, j&rsquo;offrirai deux billets pour la soirée Guitry/Bernstein de l&rsquo;Opéra de Tours, parce que passer le périphérique et sortir de sa trinité Mozart-Verdi-Wagner lui ouvrira doublement l&rsquo;esprit.</p>
<p><strong><em>La Société Anonyme des Messieurs Prudents</em></strong><strong> de Louis Beydts et <em>Trouble in Tahiti</em> de Léonard Bernstein – Opéra de Tours, 25, 27, 29 mars 2016 (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.operadetours.fr/la-s-a-d-m-p">plus d&rsquo;informations</a>)</strong></p>
<hr />
<p><strong>Stéphane Longeot</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/haendel_messiah_haim_erato_cover5.jpg?itok=Zn3dF6zm" style="width: 100px; height: 104px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, j&rsquo;offrirai<em> </em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/messiah-mais-si-un-messie-de-plus"><em>Le Messie</em> de Haendel</a>, Noël oblige ! Oui mais quelle version ? A la monumentalité de la version de Covent Garden, Emmanuelle Haïm préfère la version chambriste de la création. Cette lecture souple et poétique, au plus près du texte, réserve des surprises à chaque instant. Les chœurs prennent en retour du relief, tour à tour puissants et dépouillés, toujours animés d&rsquo;une grande générosité, délivrant avec coeur une joie lumineuse et communicative. </p>
<p><strong>Georg Friedrich Haendel, <em>Messiah</em> &#8211; Concert d&rsquo;Astrée, Emmanuelle Haïm (direction) &#8211; Erato</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/8_3760106030000-11.jpg?itok=61w0V6f1" style="width: 100px; height: 136px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi qui ne jure que par la générosité flamboyante du bel canto rossinien, j’offrirai <em>L’Autre Monde</em> de Cyrano de Bergerac. Je l’invite à changer d’échelle et à se mettre à l’écoute de l’art de la déclamation baroque d&rsquo;un Benjamin Lazar, qui sait si bien rendre le clair obscur et les chatoiements de la langue française. Ici se révèle à la lumière des bougies un autre monde. Question d&rsquo;échelle !</p>
<p><strong>Cyrano de Bergerac, <em>L’Autre Monde</em> &#8211; La Rêveuse, Benjamin Lazar &#8211; BelAir</strong></p>
<hr />
<p><strong>Sonia Hossein-Pour</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/51ciwxhtul.jpg?itok=FUA0Tfsk" style="width: 100px; height: 89px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />A ma meilleure amie, que ni le charme et la beauté de Jonas Kaufmann, ni la noirceur du timbre ou la sensibilité des interprétations n’indiffèrent, j’offre mon disque de chevet, les <em>Lieder</em> de Strauss interprétés par le ténor allemand et accompagné du pianiste Helmut Deutsch chez Harmonia Mundi.</p>
<p><strong>Richard Strauss, <em>Lieder</em> &#8211; Jonas Kaufmann, Helmut Deutsch &#8211; Harmonia Mundi</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/le-roi-carotte-ok2.jpg?itok=nyfDNlg2" style="width: 100px; height: 125px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, qui prend en otage la beauté du monde, et qui ne sait certainement pas l’injurier comme le faisait Rimbaud, je voudrais offrir une place pour la hardiesse et l’effronterie d’une opérette de Jacques Offenbach, <em>Le Roi Carotte</em>, dans la mise en scène de Laurent Pelly à l’Opéra de Lyon.</p>
<p><strong>Jacques Offenbach, <em>Le Roi Carotte</em> – Opéra de Lyon – Mise en scène : Laurent Pelly &#8211; Avec : Christophe Mortagne, Yann Beuron, Jean-Sébastien Bou, Chloé Briot &#8211; Du 12 au 29 décembre 2015 (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.opera-lyon.com/spectacle/opera/le-roi-carotte">plus d&rsquo;informations</a>).</strong></p>
<hr />
<p><strong>Thierry Bonal</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/90617-boule-de-noel-notes-de-musique.jpg?itok=ozzI7xG5" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="VIGNETTE" />Je surprends mon meilleur ami en substituant à la décoration traditionnelle et impersonnelle de son sapin un assortiment de boules de Noël « Notes de musique » du meilleur goût pour être en totale harmonie avec les chants de Noël qu&rsquo;il ne manque pas de diffuser dès le premier dimanche de l&rsquo;Avent.</p>
<p><strong>Boules de Noël « Notes de musique » edelman chez <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.jardiland.com/ma-maison/32755-decorations-de-noel/32756-decorations-de-noel-pour-le-sapin/140835-boule-de-noel-notes-de-musique">jardiland.com</a></strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/t2ec16zyge9s7hjdgbrle2oqhqg60_57.jpg?itok=ZtGVWrNq" style="width: 100px; height: 97px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi j&rsquo;offre un tee-shirt « note de musique » afin qu&rsquo;il puisse se rendre aux festivals de musique en plein air de l&rsquo;été prochain en toute décontraction, sa couleur noire assurant un minimum de sobriété&#8230;</p>
<p><strong>Tee-shirt « note de musique », 10,9€, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.ebay.fr/itm/T-shirt-Cle-de-Sol-et-Notes-de-Musique-RocknRoll-Rockabilly-Pin-Up-Tattoo-/121111797756">ebay.fr</a></strong></p>
<hr />
<p align="left"><strong>Antoine Brunetto</strong></p>
<p align="left"><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/devereux.jpg?itok=R9Yq4Ioj" style="width: 100px; height: 105px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, amateur de bel canto, j’offre une place pour <em>Roberto Devereux</em> à Gènes en mars prochain. Il a encore du mal à se remettre d’avoir raté Mariella Devia dans le rôle d’Elisabetta <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/roberto-devereux-madrid-un-miracle-nomme-devia">à Madrid en octobre dernier</a>. Qu’à cela ne tienne, je lui propose une séance de rattrapage afin qu’il puisse admirer la soprano que le temps semble miraculeusement épargner, dans une incarnation majeure. Si la chanteuse est aussi en forme qu’à Madrid, il va y avoir du frisson dans la salle ! D’autant que l’entourage pour cette production est plutôt attrayant, avec en particulier Sonia Ganassi.</p>
<p align="left"><strong>Gaetano Donizetti<em>, Roberto Devereux</em> – Mariella Devia, Sonia Ganassi, Teatro Carlo Felice, Gènes, du 17 au 29 mars 2016 (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.carlofelicegenova.it/index.php/index.php/index.php?mod=pages_details&amp;page_id=455&amp;date_timestamp=14582555992030">plus d’informations</a>)</strong></p>
<p align="left"><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/cua4xmpwuaaliux.jpg_large_0.jpg?itok=1zzfja6a" style="width: 100px; height: 143px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, amateur de brumes bavaroises et de blondes walkyries, j’offre des places pour un festival autour du 15 août. Mais s’il espérait gravir la colline sacrée à genoux, c’est raté ! Il aura en lieu et place les plages bondées et bétonnées des Marches, et à défaut du graal, le cygne de Pesaro, avec une cure de Rossini intensive, midi et soir. Je jubile par avance du chant virtuose qui lui écorchera les oreilles, des coloratures qui le feront bondir. Et sait-on jamais, au vu du feu d’artifice promis cet été en termes d’œuvres (<em>La Donna del Lago, Ciro in Babilonia, Il Turco in Italia</em>) et d’interprètes (Juan Diego Florez, Olga Peretyatko, Ewa Podles, Michael Spyres ou encore Nicola Alaimo), finira-t-il par se convertir ?</p>
<p align="left"><strong>Rossini Opera Festival, Pesaro, du 8 au 20 août 2016 (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.rossinioperafestival.it/?IDC=506&amp;ID=686">plus d&rsquo;informations</a>)</strong></p>
<hr />
<p align="left"><strong>Guillaume Saintagne</strong></p>
<p align="left"><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/28947881032.jpg?itok=AYkGhu5w" style="width: 100px; height: 100px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, toujours curieux d&rsquo;inédits baroques et d&rsquo;artistes à la hauteur du défi, j&rsquo;offre le très beau <em><a href="http://www.parnassus.at/index.php?id=20&amp;L=1&amp;tx_artistsdb_productions%5Bproduction%5D=34&amp;tx_artistsdb_productions%5Baction%5D=show&amp;tx_artistsdb_productions%5Bcontroller%5D=Production&amp;cHash=74901d253f1fb9301307f62971e19faa" target="_blank" rel="noopener">Baroque divas</a></em>, qui voit un florilège d&rsquo;airs de Gluck, Veracini, Caldara, Vinci,Vivaldi et Sarro, interprété par rien moins que Vivica Genaux, Sonia Prina, Romina Basso et Mary-Ellen Nesi. C&rsquo;est le Noël des mezzos !</p>
<p><b>Baroque Divas &#8211; Genaux, Basso, Prina, Nesi &#8211; Armonia Atenea, George Petrou (direction) &#8211; Decca</b><br />
 <br />
<img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/4788094.jpg?itok=GHh4QC9P" style="width: 100px; height: 100px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />A mon pire ennemi, qui pense que toutes les voix de contre-ténors se ressemblent, j&rsquo;offre l&rsquo;exact pendant de ce disque, produit lui aussi par Parnassus Arts, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/the-5-countertenors-the-countertenor-pride"><em>The 5 countertenors</em></a>. Il pourra juger par lui-même que leurs timbres vont du vinaigré au velours le plus doux et qu&rsquo;ici comme chez les wagnériens, c&rsquo;est finalement le sens du drame qui distingue les meilleurs.<br />
 <br />
<b>The 5 countertenors &#8211; Cencic, Sabata, Minenko, Yi, Sabadus &#8211; Armonia Atenea, George Petrou (direction) &#8211; Decca</b></p>
<hr />
<p><strong>Cédric Manuel</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/9782213630786-x.jpg?itok=34Zemrc4" style="width: 100px; height: 154px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />A mon meilleur ami qui voudrait rencontrer un peu plus d’un siècle après sa mort un monument mais qui craindrait d’escalader une montagne, j’offre ce condensé virtuose de l’immense biographie consacrée par Henry-Louis de la Grange à Gustav Mahler il y a une bonne vingtaine d’années. Seul l’auteur lui-même pouvait mener à bien cette gageure et c’est une parfaite réussite. Il se laissera emporter par le fleuve Mahler, qui le mènera tout droit à un océan. L’un des plus grands chefs d’opéras, sinon le plus grand de son temps, directeur intransigeant de la Hofoper de Vienne, créateur tourmenté et violemment secoué par une critique aboyeuse, qui n’a jamais composé d’oeuvres lyriques bien qu’ayant corrigé<em> Die Drei Pintos</em> de Weber, mais dont les lieder sont des mondes en eux-mêmes ; avec cet ouvrage, il aura le sentiment de vivre jour après jour auprès de lui. Une lecture incontournable.</p>
<p><strong>Henry-Louis de la Grange, </strong><strong><em>Gustav Mahler</em> – Fayard</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/cd_boxberg_sardanapalus_pan-classics_anaclase.jpg?itok=KsFCh4ZF" style="width: 100px; height: 89px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, pas encore perdu pour la cause de l’opéra, mais qu’il faudrait convaincre d’évacuer définitivement notre voisinage immédiat, j’offre ce disque qui aura le double effet de le faire fuir durablement, non sans l’avoir endormi plus sûrement que le coup de massue qu’il mériterait par ailleurs. Les bornes de l’ennui le plus mortel sont franchies allègrement par l’obscur Christian-Ludwig Boxberg : une armée de mouches tsé-tsé n’obtiendraient pas un meilleur effet. Notre confrère Claude Jottrand ne s’y était d’ailleurs pas trompé, qui <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/sardanapalus-justement-oublie">écrivait en janvier dernier</a> : « <em>Dans l’immense corpus des œuvres oubliées, certaines ont très justement trouvé leur place ; ne les dérangeons pas, et laissons les dormir en paix </em>».</p>
<p><strong>Christian Ludwig Boxberg,</strong><strong><em> Sardanapalus</em> <em>– </em>3CD Pan Classics &#8211; PC10315</strong></p>
<hr />
<p><strong>Christian Peter</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/roberto-alagna-jbm-09244cjean-baptiste-millot2_0.jpg?itok=OJQ5QktS" style="width: 100px; height: 150px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />A mon meilleur ami j’offrirai un billet pour assister à une représentation de <em>La Juive</em> à l’Opéra de Munich avec Roberto Alagna dans le rôle d’Éléazar. Après <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/le-cid-paris-garnier-le-retour-en-fanfare-du-cid"><em>Le Cid</em> à Garnier</a>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/le-roi-arthus-paris-bastille-bronca-et-ola"><em>Le Roi Arthus</em> à Bastille</a>, où il fut un bouleversant Lancelot, et tout récemment <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/vasco-de-gama-berlin-perils-en-haute-mer"><em>Vasco de Gama</em> à Berlin</a>, voici que notre ténor aborde un nouveau rôle emblématique de l’opéra français aux côtés de Kristine Opolais, John Osborn, Aleksandra Kurzak, sous la direction de Bertrand de Billy, dans un nouvelle production signée Calixto Bieito. Nul doute que si Roberto Alagna affiche une forme vocale aussi insolente que lors des <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/lelisir-damore-paris-bastille-un-elixir-de-jouvence">représentations triomphales de <em>L’elisir d’amore</em></a> qui viennent de s’achever à l’ONP, cette <em>Juive</em> s’annonce prometteuse, voire anthologique.</p>
<p><strong>Jacques Fromental Halévy, <em>La Juive</em> &#8211; Bayerische staatsoper Munich, du 26 juin au 8 juillet 2016 (</strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.staatsoper.de/en/productioninfo/la-juive.html?type=0Claudia&amp;cHash=5ec57c7a40b5eb058b24809e10d40040"><strong>plus d’informations</strong></a><strong>)</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/pucciniturandot_0.jpg?itok=qtoJXBIT" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />L’opéra préféré de mon meilleur ennemi est <em>Turandot</em>. Il en possède d’innombrables versions mais c’est celle de Zubin Mehta avec Sutherland, Pavarotti et Caballé qu’il chérit le plus. A lui qui aime les Calaf à l’aigu insolent, les Liù au timbre pur et aux pianissimi lumineux et les Turandot à la voix solide et tranchante, j’offrirai <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/puccini-turandot-hors-format">la toute nouvelle version dirigée à nouveau par Zubin Mehta</a> avec Andrea Bocelli, Jessica Nuccio et Jennifer Wilson parue sous le label Decca, je suis sûr qu’il sera comblé.</p>
<p><strong>Puccini, <em>Turandot</em>  &#8211; Zubin Mehta (direction) &#8211; 2 CD Decca</strong></p>
<hr />
<p><strong>Nicolas Derny</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rusalka_0_0.jpg?itok=AkOlOgNj" style="width: 100px; height: 141px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />Mon ami, depuis vingt ans que tu admires Renée Fleming en Rusalka, réjouis-toi : toi qui n’a pas pu te rendre à New York en 2014 pour l’y entendre, tu la retrouveras drapée en nymphe dvořákienne au pied du sapin et, surtout, au milieu d’un plateau presqu’idéal dominé par Piotr Beczala, Prince sans véritable rival sur la scène actuelle. Côté fosse, on ne prendra jamais Yannick Nézet-Séguin en défaut d’intelligence théâtrale. Du grand art ! Mieux vaut tout de même fermer les yeux.  </p>
<p>Mon ennemi, je te somme en revanche d’ouvrir grand les mirettes : tu t’écorcheras la rétine là où l’oreille de mon ami jubilait. C’est que, fidèle au pire de lui-même, Otto Schenk transpose grosso modo le livret de Kvapil dans le monde de Blanche Neige version Disneyland (en plus poussiéreux). Plus grave que l’absence totale d’idées originales, la direction d’acteur sombre dans le ridicule – le pompon au rôle-titre, dont les minauderies grotesques nous font pouffer  en même temps que son chant nous touche. Le public du Met, lui, semble adorer. C’est dire…</p>
<p><strong>Antonín Dvořák, <em>Rusalka</em> – Yannick Nézet-Séguin (direction) – DVD Decca</strong></p>
<hr />
<p><strong>Catherine Jordy</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/1540-1_0.jpg?itok=fC7UPiFw" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, le coffret Jonas Kaufmann proposé par Decca, parce qu’il s’agit d’une valeur sûre et qu’à ce prix-là, on aurait tort de se priver de quatre productions déjà mythiques&#8230;</p>
<p><strong>Coffret Jonas Kaufmann, 4 DVD, <em>Tosca</em> (Zürich),<em> Carmen</em> (Zürich), <em>Faust </em>(Metropolitan) et <em>Werther</em> (Paris), Decca</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/les-plus-beaux-operas-du-monde.jpg?itok=-rARJ2Vq" style="width: 100px; height: 102px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, avec délectation, j’offre <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/livre/cest-bientot-noel"><em>Les plus beaux Opéras du Monde</em></a> qui présente trente opéras d’exception. À lui qui déteste tout ce qui brille, je le laisse déballer ce cadeau puis ranger le livre au fond de sa bibliothèque, peut-être même sans l’ouvrir.</p>
<p><strong>Antoine Pecqueur, Guillaume de Laubier, <em>Les plus beaux Opéras du monde</em>, Éditions de la Martinière</strong></p>
<hr />
<p><strong>Bernard Schreuders</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/francesca_aspromonte.jpg?itok=UpvcNb89" style="width: 100px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />Si, pour un adolescent, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/faites-votre-coming-out-lyrique-grace-a-joyce-didonato">affirmer son amour de l’opéra s’apparente à un coming-out</a>, il en va de même pour le cavallien, souvent isolé dans l’univers impitoyable des lyricomanes. J’emmènerai donc mon meilleur ami à Marseille la saison prochaine : il pourra y afficher sa passion grandissante pour Cavalli en applaudissant la recréation mondiale de <em>L’Oristeo </em>(1651), confiée à Jean-Marc Aymes et Olivier Lexa. Ce sera aussi l’occasion pour lui de découvrir Francesca Aspromonte (<em>Cf. photo</em>), révélation de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/leritrea-venise-lequivoco-stravagante">l’<em>Eritrea</em></a>, et de s’assurer que le ramage de Romain Dayez se rapporte à son joli plumage&#8230;</p>
<p><strong>Francesco Cavalli, <em>L’Oristeo</em>. A la Criée – Théâtre National de Marseille, 11 et 13 mars 2016 (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://opera.marseille.fr/saison-15-16/opera/loristeo">plus d&rsquo;informations</a>)</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/cavalli_ricercar.jpg?itok=wobW0bvI" style="width: 100px; height: 155px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />Cavalli ennuie prodigieusement mon meilleur ennemi, du moins le croit-il, après avoir écouté distraitement quelques extraits en ligne. Je le mets au défi de plonger dans l’anthologie – historique, dans tous les sens du terme – publiée par Ricercar et d’en ressortir indemne. De ses héroïnes, le Vénitien, à l’égal des poètes qu’il habille de musique, met l’âme à nu et exacerbe les passions, dont Mariana Flores épouse la plus infime nuance. Le disque crée une tout autre intimité que <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/grands-airs-de-cavalli-leonardo-garcia-alarcon-ambronay-entrez-dans-le-siecle-cavalli">le concert</a> et son chant ultrasensible s’insinue au creux de l’oreille pour mieux atteindre le coeur.</p>
<p><strong>Francesco Cavalli, <em>Heroines of the venetian baroque</em>. Mariana Flores, Anna Reinhold, Cappella Mediterranea, Leonardo Garcia Alarcon (direction). Ricercar.</strong></p>
<hr />
<p><strong>Christophe Rizoud</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/hymel2_0.jpg?itok=Q7aL5p-_" style="width: 100px; height: 99px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />Dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/heroique-french-opera-arias-bryan-hymel-superheros"><em>Héroïque</em></a>, album musclé composé d&rsquo;extraits rares et choisis d&rsquo;opéras français, Bryan Hymel pulvérise sans ciller et sans une pointe d&rsquo;accent yankee les sommets de la portée – 19 contre-ut, 2 contre-ut dièse et 1 contre-ré tout de même ! De joie, mon meilleur ami défaillira.</p>
<p><strong><em>Héroïque</em></strong><strong>, French Opera Arias &#8211; Bryan Hymel (Warner Classics)</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/204_0.jpg?itok=oCi1BQ9a" style="width: 100px; height: 139px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />Dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/livre/lopera-mode-demploi-jamais-foi-de-cicerone">la nouvelle édition d&rsquo;<em>Opéra, mode d&#8217;emploi</em></a>, vade-mecum docte et malicieux destiné à tous les amateurs d&rsquo;art lyrique, qu&rsquo;ils soient profanes ou initiés, <em>Forum Opéra</em> figure en tête des sites Internet recommandés avec cette définition : « <em>Magazine très bien renseigné et souvent impertinent </em>». De rage, mon meilleur ennemi s&rsquo;étranglera.</p>
<p><strong>Alain Perroux, <em>L&rsquo;Opéra, mode d&#8217;emploi</em> – <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.asopera.fr/opera-l-opera-mode-d-emploi-perroux-alain-s204.htm">L’Avant-Scène Opéra</a></strong></p>
<hr />
<p><strong>Julien Marion</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/fricsay_opera-choral-editio_0.jpg?itok=zkCTNOS-" style="width: 100px; height: 89px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" />A mon meilleur ami, je n&rsquo;offrirai pas, pour la deuxième année de suite, une nouvelle preuve du talent de Jonas Kaufmann. Pourtant, d&rsquo;<em>Aïda</em> à Puccini, les occasions ne manqueraient pas, mais enfin, évitons la surdose. Je lui offrirai plutôt un cadeau certes moins glamour, sans aucun doute plus marginal, mais sans doute plus essentiel :  je lui offrirai, pour tout dire, l&rsquo;occasion de ne pas succomber aux sirènes parfois pesantes de la nouveauté, en se replongeant dans le leg vocal et choral inestimable de Ferenc Fricsay, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/ferenc-fricsay-enregistrements-complets-vol2-oeuvres-chorales-et-operas-de-miracle-en-miracle">opportunément rassemblé par Deutsche Grammophon en un coffret à chérir</a>. Il y découvrira des interprétations d&rsquo;une modernité saisissante, notamment en Mozart (une <em>Flûte </em>d&rsquo;île déserte) ou en Verdi. C&rsquo;est souvent bouleversant d&rsquo;humilité et de vérité. Et comme mon meilleur ami sait, mieux que beaucoup, faire preuve de discernement, je sais qu&rsquo;il y reviendra souvent.</p>
<p><strong>Ferenc Fricsay &#8211; Enregistrements complets, vol.2 : Oeuvres chorales et Opéras &#8211; Deutsche Frammophon</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/777_0.jpg?itok=C9sM6Wjt" style="width: 100px; height: 99px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />Mon meilleur ennemi n&rsquo;aime pas la musique. Qui plus est, il n&rsquo;a aucun humour. Pour être certain de lui infliger le pire des supplices, je lui offrirai donc un enregistrement offenbachien récent, par exemple cette trop rare <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/genevieve-de-brabant-au-pas-saccade-de-son-cheval-golo-plein-dun-affreux-dessein"><em>Geneviève de Brabant</em>, récemment rééditée</a>, reflet d&rsquo;une production de l&rsquo;ORTF. Il y souffrira mille morts en écoutant les couplets de la poule, le duo des gendarmes ou le boléro de Charles Martel (auquel l&rsquo;actualité donne une résonnance troublante&#8230;).</p>
<p><strong>Jacques Offenbach, Geneviève de Brabant &#8211; Marcel Cariven (direction) &#8211; Malibran</strong></p>
<hr />
<p><strong>Mélanie Defize</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/kapralova_0_0.jpg?itok=U5Bm0P-i" style="width: 100px; height: 156px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" />A toi, mon meilleur ami, j’offre l’éloge d’une compositrice Morave oubliée, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/livre/vitezslava-kapralova-portrait-musical-et-amoureux-portrait-de-femme"><em>Vítězslava Kaprálová &#8211; Portrait musical et amoureux</em></a>. Une question te brûle sans doute déjà les lèvres : qui était cette femme fatale de santé fragile qui choisit l’« impossible » carrière de compositrice et de chef d’orchestre dès sa plus tendre enfance dans les Tatras slovaques des années 1920 ?</p>
<p><strong>Nicolas Derny, Vítězslava Kaprálová &#8211; Portrait musical et amoureux. Le Jardin d&rsquo;essai</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/edison_0.jpg?itok=zLQa2gvj" style="width: 100px; height: 99px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="MASQUER" />Cher pire ennemi, je t’offre les crachins feutrés des <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/les-cylindres-edison-vol-3-le-disque-des-records">Cylindres Edison</a> afin que tu puisses conforter tes préjugés : l’opéra est bien un genre séculaire, aux voix sculptées d’accents « ringards » et à la  prononciation exagérée. Je te défie de te délecter à l’écoute de ce disque-mémoire exquis et vintage à souhait. Si tu y parviens, plus douce qu’amère sera ta victoire.</p>
<p><strong>Les Cylindres Edison &#8211; Malibran</strong></p>
<hr />
<p><strong>Jean-Michel Pennetier </strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/isis_1_0_0.jpg?itok=eBzmYs6u" style="width: 100px; height: 89px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" />Mon meilleur ami trouve Mozart particulièrement rasoir, et en particulier<em> La Flûte enchantée</em>. Mais ce n’est pas de sa faute : enfant, ses parents lui ont infligé cet ouvrage comme premier opéra, précisant, avec un air gourmand « tu verras, il y a un dragon ! ». Ils avaient juste oublié de préciser que ledit dragon était en carton-pâte ou en peluche et qu’il mourrait sans combat dès le premier quart d’heure. Depuis ce triste jour, mon meilleur ami n’approche plus le divin Wolfgang, dans la peur de longs dialogues parlés en allemand, de récitatifs interminables en italien, et de livrets insipides où de vieux barytons courtisent des sopranos obèses. A celui-ci j’offrirai les délicieux <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/les-mysteres-disis-un-cadeau-du-ciel">Mystères d’Isis</a> </em>: c’est en français, ce n&rsquo;est pas vraiment de Mozart, il n’y a pas de dialogues parlés et l’histoire, quoique bancale, est mieux ficelée que celle de <em>La Flûte enchantée</em> qui l’a inspirée. On retrouve dans ce patchwork, assemblé pour l’Opéra de Paris des années après la mort de Mozart, l’essentiel de la partition de <em>Die Zauberflöte</em>, mais aussi des extraits de <em>Don Giovanni</em>, des <em>Nozze di Figaro</em>, de <em>La Clemenza di Tito</em> … Un « best of » en quelque sorte : si après ça mon ami n’est pas réconcilié avec Mozart, c’est à désespérer.</p>
<p><strong>Wolfgang Amadeus Mozart : <em>Les Mystères d&rsquo;Isis</em> &#8211; Le Concert Spirtiuel, Diego Fasolis (direction) &#8211; Glossa / Palazzetto Bru Zane</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/orfeo_fagioli_0.jpg?itok=DebA0825" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" />Mon meilleur ennemi est un baroqueux de la première heure, amateur de ces timides voix blanches supposées ressusciter l’art des castrats : à celui-ci j’offre <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/orfeo-ed-euridice-une-nouvelle-grande-reference">l’<em>Orfeo ed Euridice</em> </a>enregistré par l’extraordinaire <strong>Franco Fagioli</strong>. Ce sera un peu comme jeter de l’eau bénite sur un vampire, car si un artiste peut vraiment rappeler les castrats, c’est bien le contre-ténor argentin !</p>
<p><strong>Christof Willibald Gluck : <em>Orfeo ed Euridice</em> &#8211; Insula Orchestra, Laurence Equilbey (direction) &#8211; Archiv.</strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Paul Dukas, Cantates, choeurs et musique symphonique</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/paul-dukas-cantates-choeurs-et-musique-symphonique-le-moins-prime-mais-le-plus-gate/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Nov 2015 05:08:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deux enregistrements à quelques mois d’écart pour une cantate de Prix de Rome à laquelle le jury n’accorda qu’un second prix ! Qui aurait cru que Paul Dukas aurait un jour cet honneur, dont jusqu’ici seul Berlioz avait bénéficié. Dukas lui aussi se présenta quatre fois au concours, mais sans succès puisqu’après un second prix obtenu &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux enregistrements à quelques mois d’écart pour une cantate de Prix de Rome à laquelle le jury n’accorda qu’un second prix ! Qui aurait cru que Paul Dukas aurait un jour cet honneur, dont jusqu’ici seul Berlioz avait bénéficié. Dukas lui aussi se présenta quatre fois au concours, mais sans succès puisqu’après un second prix obtenu en 1888, et contre toute attente, il repartit bredouille l’année suivante.…</p>
<p>Habilement placé en tête du premier disque, le chœur <em>Les Sirènes</em> (1889) frappe par des harmonies audacieuses, enthousiasme par des effets à la Chabrier. Que de chemin parcouru en quatre ans ! Dans cette même catégorie du chœur avec orchestre, nous pouvons suivre la trajectoire du candidat. En 1886, <em>Pensée des morts </em>a quelque chose de massenétien, mais avec une inspiration un peu courte. En 1887, <em>La Fête des myrtes</em> a un côté pompier, presque lourdaud qui ne laisse guère espérer la suite. L’<em>Hymne au soleil</em> de 1888 renvoie lui aussi à Ambroise Thomas, mais en 1889, on l’a dit, tout change.</p>
<p>Des deux cantates, <em>Velléda</em> (1888) est celle qui a déjà connu une <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/velleda-ou-paul-dukas-chez-les-gaulois">première version discographique</a>, il y a quelques mois à peine. La distribution réunie cette fois est entièrement différente, mais tout aussi francophone (deux Québécois et un Anglais parfaitement rompu au répertoire français), et cette gravure confirme l’intérêt de cette pièce, dès les premiers vrombissements des cordes durant son prélude. La seconde, <em>Sémélé</em> (1889), inclut des beautés plus grandes encore, de celles qu’on s’attend rarement à rencontrer dans ces partitions de commande, où même les candidats les plus audacieux se pliaient aux exigences du plus conservateur des jurys, mettant leur lampe sous le boisseau afin de passer pour des élèves disciplinés. Moins novatrice que ne le serait vingt ans plus tard <em>Ariane et Barbe-Bleue</em>, évidemment, la partition de cette cantate n’en est pas moins magnifique, et l’on aimerait que les programmateurs de concerts s’aperçoivent un jour de la richesse de ce trésor dans lequel ils n’auraient qu’à puiser. Après cela, comment ne pas enrager que Dukas n’ait composé qu’un opéra ? Les projets ne manquèrent pourtant pas (notamment <em>Horn et Rimenbild </em>en 1892, ou <em>L’Arbre de science</em>, vers 1910), quel dommage qu’aucun n’ait abouti.</p>
<p>Comme à son habitude, <strong>Hervé Niquet</strong> sait réveiller ces belles endormies en leur insufflant toute la vie à laquelle elles aspirent. Toujours admirablement secondé par le <strong>Brussels Philharmonic</strong> et le <strong>Flemish Radio Choir</strong>, le chef français se montre une fois de plus chez lui dans ces partitions françaises du XIXe siècle, dont on espère qu’il finira par avoir un jour l’occasion de diriger les équivalents scéniques. Quant aux solistes vocaux, ils ont été choisis, une fois encore, avec le plus grand discernement. Dans les trois premiers chœurs mixtes, on retrouve un <strong>Cyrille Dubois</strong> toujours aussi frémissant et sensible. Pour quelques phrases, <strong>Marie Kalinine </strong>prête son beau timbre aux <em>Sirènes </em>et à <em>La Fêtes des myrtes. </em>On a peine à croire qu’une page aussi charmante que <em>L’Ondine et le pêcheur</em> date soit l’œuvre d’un compositeur de 19 ans, tant Dukas y déploie de délicatesse et de doigté ; elle est servie avec beaucoup de fraîcheur et une excellente diction par <strong>Chantal Santon</strong>, Velléda de l’enregistrement paru dans la collection Musicales-Actes Sud. <strong>Marianne Fiset</strong>, la nouvelle Velléda, a la voix peut-être plus légère, mais elle trouve en son compatriote <strong>Frédéric Antoun</strong> un Eudore des plus solides, cependant que le rôle du « méchant » Ségenax va comme un gant à <strong>Andrew Foster-Williams</strong>. Dans <em>Sémélé</em>, <strong>Tassis Christoyannis</strong> pare Jupiter de sa distinction coutumière, <strong>Kate Aldrich</strong> est une Junon courroucée à souhait, et l’on est totalement conquis par la Sémélé de <strong>Catherine Hunold</strong>, qu’il y a urgence à enregistrer dans bien d&rsquo;autres œuvres de cette époque, conçues pour ce type de voix, et qui attendent encore leur version de référence (<em>Monna Vanna</em> de Février, <em>Aphrodite</em> d’Erlanger…).</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Brahms &#8211; Ein Deutsches Requiem</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/brahms-ein-deutsches-requiem-mefiez-vous-des-outsiders/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Oct 2015 05:18:45 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/brahms-ein-deutsches-requiem-mefiez-vous-des-outsiders/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Qui aurait cru cela possible ? Quelques jours après l’enregistrement de Mariss Jansons paru chez RCO, qui nous avait tant déçu, voici qu’un chef beaucoup moins connu (en tous cas dans le domaine de la musique romantique) vient le coiffer sur le poteau. Et ce n’est pas tout : le label est confidentiel, l’orchestre sort petit à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Qui aurait cru cela possible ? Quelques jours après l’enregistrement de Mariss Jansons paru chez RCO, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/brahms-ein-deutsches-requiem-sur-le-papier-seulement">qui nous avait tant déçu,</a> voici qu’un chef beaucoup moins connu (en tous cas dans le domaine de la musique romantique) vient le coiffer sur le poteau. Et ce n’est pas tout : le label est confidentiel, l’orchestre sort petit à petit d’une longue période d’anonymat, et le chœur ne compte pas vraiment dans les têtes d’affiche du genre. Mais voilà, <strong>Hervé Niquet</strong> a ce qui manque à Mariss Jansons : une volonté de faire vivre chacune des phrases de ce Requiem, une ardeur à empoigner l’œuvre, et surtout une ligne directrice claire, exprimée dans le très beau texte de présentation ; malgré les apparences, cet opus de Brahms est… son plus bel opéra !</p>
<p class="rtejustify">Opéra, cela veut dire action, dramatisme, urgence. L’auditeur est emmené à fond de train : 51 minutes au total, ce qui fait de cette version la plus rapide de l’histoire de l’enregistrement. Vitesse qui ne signifie pas précipitation : aucune fugue n’est escamotée, et la rhétorique, que Niquet place au centre de sa démarche, aide à caractériser au mieux chacun des mouvements. Comme on est loin de l’ennui compassé de la version d’Amsterdam, et quel bain de jouvence. Enfin, un deuxième mouvement qui ressemble à une marche, et non à un corbillard traîné par de vieux chevaux. Le sixième, et son tableau du réveil des morts, donne le grand frisson apocalyptique. Malgré ses tempi rapides, Niquet réussit aussi bien les moments éthérés, auxquels il confère une densité peu commune. Comme quoi, lenteur n’est pas synonyme de profondeur, et vitesse de superficialité. Les grands anciens  (Klemperer, Giulini, Abbado) ne sont pas dépassés, mais l’enregistrement pose un jalon essentiel dans la discographie.</p>
<p class="rtejustify">Si on se penche sur les aspects qui ont permis une telle réussite, il faut citer en premier lieu la prise de son, réalisée dans les conditions acoustique idéales de la Salle Flagey à Bruxelles. Là où Mariss Jansons nageait dans le brouillard, les ingénieurs de Penguin Records placent l’auditeur au plus près des instruments et des voix, sans perdre de vue la grande arche. Un exemple parmi des dizaines : les harpes, détail essentiel de l’orchestration sont parfaitement audibles dans le 1<sup>er</sup> mouvement, et même dans les déchaînements du deuxième. Un régal ! Le <strong>Brussels Philharmonic</strong>, qui vivotait jusqu’il y a une dizaine d’années, est concentré, professionnel et réactif. Il n’offre pas la splendeur de timbres des grandes phalanges internationales, mais le propos est ailleurs.</p>
<p class="rtejustify"><strong>Tassis Christoyannis</strong>, décidemment très présent dans les studios ces derniers temps, confirme tous les espoirs placés en lui : un baryton solide, qui sait doser son vibrato avec habileté et dispose de toute la robustesse requise. <strong>Lore Binon</strong> a une voix qu’on imaginerait plus en situation dans le répertoire baroque, mais puisque Niquet a décidé de faire de son solo une déploration délicate, et non un grand numéro de virtuosité, cela fonctionne parfaitement.  Le <strong>chœur de la radio flamande</strong>, en effectif très léger, passe des effets de puissance à un chant murmuré avec une facilité qui laisse pantois. Les spécialistes pourront ergoter sur certains départs précipités, ou un léger manque d’homogénéité, mais ce ne sont que peccadilles lorsqu’un ensemble est engagé à ce point, et parvient à réaliser toutes les intentions du chef. On imagine le travail qu’il y a derrière cette redécouverte. On tire son chapeau, et on place ce nouveau CD en excellente place dans la discothèque de tous les amateurs de Brahms.</p>
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		<title>Herculanum</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/herculanum-la-perle-du-desert/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Sep 2015 05:09:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’issue de la recréation d’Uthal par le Palazzetto Bru-Zane, les avis étaient unanimes : pour l’occasion, on avait réuni la meilleure distribution possible, mais l’œuvre suscitait nettement moins l’enthousiasme. Avec Herculanum, la distribution est tout aussi brillante, mais la partition restera sans doute le véritable sommet de l’année Félicien David organisée par le Centre de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’issue de la recréation d’<em>Uthal </em>par le Palazzetto Bru-Zane, les avis étaient unanimes : pour l’occasion, on avait réuni la meilleure distribution possible, mais l’œuvre suscitait nettement moins l’enthousiasme. Avec <em>Herculanum</em>, la distribution est tout aussi brillante, mais la partition restera sans doute le véritable sommet de l’année Félicien David organisée par le Centre de musique romantique française. Voilà un opéra qui, bien qu’ayant sombré dans un oubli total, pourrait fort bien être remonté sur une scène un tant soit peu audacieuse.</p>
<p>Avec 74 représentations, <em>Herculanum</em> vient en quinzième position dans la liste des œuvres les plus jouées à l’Opéra de Paris durant la période 1851-1870, entre <em>Hamlet</em> d’Ambroise Thomas et <em>Don Giovanni</em>, et fait presque aussi bien que <em>Les Vêpres siciliennes</em>. Même si l’on est loin du triomphe des « blockbusters » de Meyerbeer (entre 200 et 300 représentations), il y avait là de quoi susciter une légitime curiosité, alimentée par la bonne opinion de Berlioz qui en avait salué les « nombreuses beautés ». Cette curiosité avait déjà été passablement aiguisée lors du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/litalie-ecrasee-par-la-france">concert versaillais</a>, même si le grand opéra de David y apparaissait sous une forme hélas amputée par une indisposition de dernière minute. Heureusement, pour l’enregistrement préalablement réalisé en studio, les quatre rôles principaux étaient au mieux de leur forme.</p>
<p><strong>Nicolas Courjal</strong> sera sans doute pour beaucoup de mélomanes la principale révélation de ce disque. Ayant enfin à interpréter un grand rôle (rôle double, même, puisqu’à mi-parcours, Satan en personne endosse l’identité du proconsul Nicanor), la basse française donne ici le meilleur d’elle-même. Pas vraiment de grand air, mais un duo au deuxième acte, un air avec chœur au troisième, et surtout quantité de récitatifs exigeant un véritable sens du théâtre et une solide personnalité.</p>
<p>Découvert avec <em>Les Barbares </em>de Saint-Saëns,<strong> Edgaras Montvidas </strong>offre à Hélios une voix rayonnante et un français excellent, qualités qu’on se réjouit de retrouver la saison prochaine dans le <em>Dante</em> de Benjamin Godard. Puisse-t-il trouver dans cette résurrection à venir les mêmes occasions de briller.</p>
<p><strong>Véronique Gens</strong> l’avait prouvé avec les volumes successifs de la série <em>Tragédiennes</em>, et surtout dans le dernier : la musique du XIXe siècle lui convient à merveille, ce que confirme une fois encore sa prestation dans <em>Herculanum</em>. La voix est à l’aise dans l’ensemble de la tessiture sans jamais trahir l’effort, l’incarnation est admirable et l’on rêve de la réentendre dans bien d’autres œuvres du même type. Le disque offre à <strong>Karine Deshayes</strong> une superbe revanche sur l’aphonie qui l’avait frappée le soir du concert à Versailles, et l’on peut enfin écouter tous les airs alors coupés ou transposés. La mezzo les chante d’ailleurs avec un brio qui fait regretter le relatif effacement d’Olympia après un premier acte qu’elle domine entièrement.</p>
<p>En Magnus, <strong>Julien Véronèse </strong>montre que son talent est loin de se borner aux personnages comiques dans lesquels on a pu l’applaudir ici et là. Le <strong>Chœur de la radio flamande</strong> excelle une fois encore, grâce à la solidité de ses différents pupitres. Et <strong>Hervé Niquet</strong> défend avec fougue et conviction une partition qui n’attendait apparemment qu’un chef et un orchestre aptes à lui insuffler vie, ce dont le <strong>Brussels Philharmonic</strong> s’acquitte avec les mérites qu’on lui connaît désormais. Maintenant, on guette le retour sur une scène de l’auteur du <em>Désert</em>. Sinon <em>Herculanum</em>, au moins peut-être <em>La Perle du Brésil</em> ?</p>
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		<title>Théodore Dubois : Musique sacrée et symphonique, musique de chambre</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/theodore-dubois-musique-sacree-et-symphonique-musique-de-chambre-les-theodore-se-suivent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Feb 2015 06:58:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour le deuxième volume de sa série « Portraits », le Palazzetto Bru Zane a choisi, après Thédore Gouvy, d’honorer Théodore… Dubois. Mais si la musique vocale de Gouvy était un peu sous-représentée (voir brève), c’est l’intégralité du deuxième des trois disques consacrés à Dubois qui fait la part belle à la voix, à travers la musique &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour le deuxième volume de sa série « Portraits », le Palazzetto Bru Zane a choisi, après Thédore Gouvy, d’honorer Théodore… Dubois. Mais si la musique vocale de Gouvy était un peu sous-représentée (voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/les-surprises-du-palazzetto-bru-zane">brève</a>), c’est l’intégralité du deuxième des trois disques consacrés à Dubois qui fait la part belle à la voix, à travers la musique d’Eglise du compositeur. En effet, plus qu’à l’opéra – malgré la récente résurrection de son <em>Aben-Hamet</em> <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/lavant-dernier-soupir-du-maure">à Tourcoing </a>–, c’est dans la musique d’inspiration religieuse que le talent de Théodore Dubois trouva à s’épanouir, jusque dans des formes aussi ambitieuses que son <em>Paradis perdu</em>. Et si le Centre de musique romantique française brandit depuis quelques années maintenant le drapeau de ce compositeur « officiel », la fortune de Dubois va peut-être prendre une face nouvelle puisque la Bibliothèque nationale de France a opportunément retrouvé tout un lot de partitions crues perdues jusqu’ici, notamment celle de la <em>Messe pontificale</em>. Qu’entend-on alors sur ce disque ? Un arrangement pour effectifs réduits – treize instruments, dont un orgue –, élaboré par les frères Dratwicki en personne (on n’est jamais si bien servi que par soi-même) ; et comme pour <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/lenfer-est-pave-de-bonnes-intentions"><em>Le Paradis perdu</em></a>, on ne peut s’empêcher de penser que les couleurs du résultat final, bien qu’assez séduisantes, et permettant une belle transparence des interventions chorales – le toujours excellent Chœur de la radio flamande –, sont forcément un peu éloignées des intentions initiales de Dubois. Bien sûr, cela valait mieux que d’enregistrer une version accompagnées par le seul clavier d’un piano ou d’un orgue, mais l’on peut désormais espérer entendre un jour la partition complète, son existence étant confirmée depuis peu.</p>
<p>Il n’est pas évidemment question de faire passer Théodore Dubois pour un révolutionnaire qui aurait bouleversé l’histoire de la musique. On peut être un compositeur digne d’intérêt sans être Berlioz ou Debussy. Dans sa <em>Messe</em>, on trouvera un Gloria alternant l’énergie et la grâce, un Credo se concluant sur d’allègres moments trompétants, un Sanctus animé d’un bel élan. Parmi les quatre solistes vocaux, les messieurs semblent un peu plus gâtés que les dames. <strong>Hervé Niquet</strong> retrouve ici deux piliers de son <em>King Arthur</em>, <strong>Chantal Santon</strong> et <strong>Mathias Vidal</strong>, rejoints par des habitués des enregistrements du Palazzetto Bru Zane, <strong>Jennifer Borghi</strong> et un <strong>Alain Buet</strong> en grande forme, sans oublier le Brussels Philharmonic. Par la suite, on remarque le souffle dramatique dont sont animées les interventions de la mezzo <strong>Marie Kalinine</strong>, soliste des trois motets qui complètent ce programme religieux.</p>
<p>Malgré tout, le véritable intérêt de ce livre-disque est sans doute la musique orchestrale de Dubois, dans laquelle il fait preuve de bien plus d’invention et d’audace. La superbe <em>Symphonie n° 2</em> s’ouvre sur un curieux motif tourbillonnant qui revient tout au long de l’œuvre. Et la symphonie dite « française », dirigée par <strong>François-Xavier Roth</strong> à la tête de son orchestre <strong>Les Siècles</strong>, mérite aussi qu’on s’y attarde.</p>
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